AAARGH

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UN RENDEZ-VOUS A CINCINNATI

 

par André Chelain


 

David Irving ne baisse pas les bras. Il vient d'organiser un grand colloque historique à Cincinnati pour montrer aux lobbies qu'il est bien décidé à poursuivre le combat.



Le nom de David Irving est étroitement associé aux controverses suscitées par le sort des déportés raciaux envoyés par les autorités allemandes vers les camps de concentration.

L'historien a pour la première fois attiré l'attention des groupes de pression en révélant dans son livre Hitler's war qu'il n'existait aucun document reliant directement Hitler à toute politique homicide concernant des populations déterminées. C'est d'autant plus étonnant au regard de l'histoire officielle que l'on trouve facilement de tels ordres concernant des commissaires politiques de l'Armée rouge ou des prisonniers alliés évadés.

La mise en lumière de cette lacune n'a pas valu à son auteur les félicitations des autres historiens. Bien au contraire. Il a fait l'objet de manoeuvres d'intimidation et de marginalisation de groupes bien organisés à l'échelle mondiale. Par exemple, la communauté juive d'Australie s'est arrangée pour lui interdire l'accès dans le pays, celle du Canada a obtenu son expulsion, celle du Royaume Uni a conduit son éditeur à détruire ses ouvrages en stock, etc.

Au début de l'année, il intentait un procès à la professeuse de philosophie Deborah Lipstadt qui l'avait accusé de nier la magnitude des pertes juives durant la Seconde Guerre mondiale, d'être un antisémite, un raciste et un sectateur fanatique d'Adolf Hitler.

Durant près de trois mois, à raison de quatre jours par semaine, se sont affrontés devant le juge Gray, une foultitude d'experts grassement payés par les milliardaires de l'alcool et de la science fiction (Bronfman et Spielberg) qui ont versé la somme colossale de onze millions de francs à quelques sicaires de l'histoire officielle, venus achever à la face du monde l'hérétique coupable de mal penser.

L'issue du procès était courue d'avance. Le juge, inaugurant ce qui probablement va devenir une belle carrière, ne pouvait faire autrement que de débouter Irving. Dans son jugement, qui a parfois atteint des sommets de surréalisme, il reprend à son compte l'intégrale de la vulgate officielle en ignorant les puissants arguments mis en avant par David Irving pour la mettre en question. [Cf notre dossier très fourni sur le procès Irving. avec énormément d'articles et les principales pièces du procès]

Après quelques mois de repos, David Irving annonçait la tenue de ses deuxièmes rencontres de la véritable histoire (Real History 2000) qui allaient se tenir à Cincinnati les 22, 23 et 24 septembre 2000 dans un grand hôtel du centre ville, à un jet de pierre de l'Ohio.

 

Les scratchings de David Irving

 

Pour débuter agréablement la conférence, les participants ont embarqué à bord du River Belle, un bateau à aubes à l'image de ceux qui naviguaient sur le fleuve au siècle dernier.

David Irving prend place devant le micro installé dans la salle à manger du navire. Tous les orateurs anglophones respectent les mêmes techniques pour mettre à l'aise l'auditoire. Il plaisante pour détendre l'atmosphère:

-- En vous parlant à bord du River Belle, je fais ma première causerie amphibie. Elle présente le double avantage de nous offrir une belle promenade et obliger nos adversaires à nous couler pour interrompre cette conférence. Voici trois jours, dans un restaurant de Chicago, nous avons été attaqués à deux reprises par un groupe d'une douzaine de terroristes sionistes qui ont tout cassé. Comme il se doit, la police est venue en retard et n'a arrêté personne.


David Irving revient à son sujet, les «grattages» de l'histoire.

-- Je voudrais vous rappeler comme il est important d'aller aux originaux des documents et non pas aux versions publiées après la guerre. Lorsque le secrétaire d'Etat américain a visité Churchill en 1940, il a rendu compte que le premier ministre était ivre mort. Vous ne trouverez pas trace de cette observation dans la version qui a été rendue publique. Tout a disparu.

Il arrive que les plus grands généraux se trompent. Ainsi, Rommel a fait face à une offensive britannique en Afrique du nord en commettant un certain nombre d'erreurs tactiques assez grossières. Après la bataille, il s'en est rendu compte et il a réécrit son journal de sorte que l'on ne trouve plus trace de ses erreurs de jugement. Comment le voit-on? Tout simplement par le fait qu'une dizaine de pages du journal n'ont pas été tapées par la même machine à écrire, ne respectent pas les mêmes conventions typographiques, n'ont pas le même nombre de lignes, etc.

J'ai un autre exemple extrait de l'ouvrage sur Churchill que je prépare. Depuis 1940, les Britanniques ont fait le choix d'appuyer un officier général français en rébellion contre son gouvernement, vous avez deviné qu'il s'agit du général De Gaulle. Or, les Américains, qui s'apprêtent à débarquer en Afrique du nord, cherchent à s'entendre avec les forces gouvernementales dans cette partie de l'empire français. Pour y parvenir, ils font venir l'amiral Darlan à Alger afin d'obtenir de lui un renversement des alliances.

Anthony Eden, le ministre britannique des affaires étrangères ne supporte pas cette perspective car il a donné sa parole à De Gaulle et parce qu'il est hostile aux choix faits par Darlan. Churchill, plus pragmatique, se rallie aux options américaines et ne voit pas d'obstacle majeur à jouer la carte Darlan.

Le 7 décembre 1942, les Américains informent qu'ils ont obtenu de l'amiral Darlan que leur soit ouverte la base de Dakar, là où les Britanniques et les Gaullistes s'étaient cassés les dents en 1940. Churchill, beau joueur, adresse un télégramme à Eisenhower pour le féliciter et lui redire son accord sur les négociations avec l'Amiral.

C'est bien plus que l'antifasciste notoire d'Anthony Eden ne peut supporter. Le lendemain, il organise en sous-main un dîner à l'hôtel Savoy en compagnie de De Gaulle, du général Catroux et d'Alexander Cadogan, Eden demande à brûle pourpoint au chef de la France libre:

-- Si Darlan pouvait disparaître demain de la scène politique, pourriez-vous refaire l'unité de. autour de votre nom?

De Gaulle répondit affirmativement à cette question, en précisant seulement que «tout changement, toutefois, devait être mené à bien par des Français, non pas par des étrangers ».

Le lendemain, le ministre Eden dicta un compte rendu de cet entretien. Mais, visiblement, il en a dit beaucoup trop. Il prend la peine de corriger de sa main le texte, une fois à l'encre rouge puis une autre fois à l'encre noire, pour effacer une phrase du compte rendu de telle sorte qu'elle devienne illisible. Dans la marge, toujours de sa main, il ajoute: «Trop secret pour archiver.»


Eden comploteur en chef

Le complot mis au point par Eden, dans le dos de Churchill et des Américains, allait se dérouler sans anicroche. L'assassin de l'amiral Darlan a reçu, dans un premier temps, une arme fournie par le SOE britannique et on trouvera dans ses poches des dollars en provenance de la mallette remise à d'Astier de la Vigerie à Londres quelques jours plus tôt. La police française découvrira les tenants et les aboutissants du meurtre et en informera les Américains en leur révélant que Robert Murphy, un diplomate américain, trop hostile aux Gaullistes, devait lui aussi passer de vie à trépas.

Mais probablement le plus bel exemple de scratching est celui qui entoure Pearl Harbour. Les archives ont été tellement visitées que l'on ne retrouve pas grand-chose. Savez-vous, par exemple, que les conversations entre Churchill et Roosevelt en novembre et décembre 1941 sont encore interdites d'accès aux historiens?

Pour le reste, un nettoyage archivistique soigné a été mené dès le début de l'attaque japonaise par les acteurs anglais et américains du drame pour que disparaissent des archives tout document pouvant conduire à la mise en accusation du président Roosevelt ou de ses proches conseillers militaires.

Comment pouvons nous le savoir? Par exemple, par des oublis ou des failles. Un soir de novembre 1944, Morgenthau, le secrétaire aux finances de Roosevelt, celui-là même qui voulait transformer l'Allemagne en puissance pastorale, téléphone au secrétaire d'Etat à la guerre Henry L. Stimson et ce dernier lui confie qu'il est fatigué d'avoir passé les deux dernières semaines sur le dossier de Pearl Harbour pour en retirer tout ce qui pouvait incriminer le président Roosevelt.

Stimson a même retiré de nombreuses pages de son journal des mois de septembre, octobre, novembre et décembre 1941 et les a retapées longtemps après les faits.

Au Royaume Uni, les archives ont été nettoyées avant d'être rendues publiques et, à ce jour, nous n'avons aucune preuve incontestable que Churchill ait pu connaître à l'avance l'attaque contre Pearl Harbour.

Le souci des Britanniques de cacher tout document permettant de suspecter qu'ils pouvaient décrypter le code JN25 de la marine japonaise est révélé par l'incident du raider allemand Thor. Celui-ci capture le 10 mai 1942 le cargo anglais Nankin et découvre les rapports hebdomadaires secrets des renseignements britanniques destinés au patron de la flotte britannique de l'extrême Orient. De ces rapports les Allemands déduisent à quel point les codes japonais sont transparents pour les Anglais.

Deux mois plus tard, l'attaché naval allemand à Tokyo est autorisé par Berlin à communiquer ces documents aux Japonais. Les Britanniques n'ont jamais révélé ces informations au point qu'en 1958, quand ils ont rendu aux Allemands les archives navales capturées, les historiens allemands ont remarqué que le journal de bord du Thor avait été trafiqué et que les pages concernant la capture du Nankin avaient été retapées pour effacer toute trace des documents compromettants.

De même, l'étude concernant la prise du Nankin, écrite en août 1945 par l'expert en codes secrets le Commander M. G. Saunders, a disparu des archives britanniques.

Parfois, des traits d'esprit peuvent trahir leur auteur. Ainsi, dans le journal d'Alexander Kadogan, le haut fonctionnaire directeur du ministère des Affaires étrangères sous l'autorité du ministre Anthony Eden, écrit dans son journal pour la journée du 7 décembre 1941: «Un beau matin mais un vent fort du NW». Or, j'ai consulté les archives de la météo. Il y avait bien un vent du NW, mais si faible qu'un aussi haut fonctionnaire ne l'aurait pas remarqué s'il n'avait pas été le message codé des Japonais pour annoncer à leurs ambassades que la guerre allait être déclarée. J'en ai déduit que les Britanniques savaient que les Japonais allaient attaquer ce jour là.


Irving le lacunoloque

David Irving fait sa causerie sans notes. Il connaît visiblement son sujet par coeur. Un jour, je l'ai entendu affirmer qu'il était en réalité un gapeologist, un néologisme construit à partir du mot anglais gap («lacune») que l'on pourrait traduire par «lacunologue», le spécialiste des trous dans les archives, les manques, les mensonges.


Après cette courte et brillante, même si un peu prévisible, causerie de David Irving, nous accostons au port fluvial et les bus nous ramènent dans notre hôtel du centre ville.


L'éditeur de Germar Rudolf présente son livre

Je retrouve Richard Countess, un éditeur associé à l'Institute for Historical Review de Los Angeles, qui est la cheville ouvrière du révisionnisme mondial. Il me montre la traduction de l'ouvrage dirige par Germar Rudolf et qui a été interdit en Allemagne. Un livre magnifique. Il m'explique qu'il en a envoyé des exemplaires de presse à Jean Plantin, directeur de la courageuse revue Akribeia et à Robert Faurisson.

En feuilletant le livre je constate avec agacement que toutes les mesures ont été traduites dans le vieux système anglais encore en usage aux Etats-Unis. Je dis à l'éditeur qu'il aurait mieux fait de conserver un double affichage, en indiquant le système métrique entre parenthèses. A son grand étonnement, je l'informe que les Etats-Unis ont adopté le système métrique en 1866, petit fait de l'histoire que la grande majorité des Américains ignore.


Les antécédents de l'holocauste

David Irving présente le premier orateur, Don Heddesheimer, un grand barbu un peu maladroit. L'idée centrale de son exposé est simple: les organisations juives américaines ont monté en épingle des situations de crise et de tension en Europe et au Proche Orient pour inciter leurs coreligionnaires à donner de l'argent.

L'argument le plus rentable est de venir au secours de communautés en péril, sauver des juifs d'une mort atroce entre les mains d'affreux antisémites.


Six millions de victimes en 1920

Il projette une page du New York Times (NYT) du 5 mai 1920 «il faut agir sans tarder pour sauver six millions de juifs de la famine.»

Le terme «holocauste» est utilisé dès cette époque pour caractériser la situation des Juifs de l'Est après la fin de la Première Guerre mondiale. L'orateur a une expression synthétique qui exprime bien le fond des choses: to find the truth, find the money («pour trouver la vérité, trouvez l'argent»).

De grosses pointures de la communauté juive de New York (Felix Warburg, Jacob Schieft), pour la plupart des juifs allemands, ont organisé le Joint Distribution Committee for Jewish Relief pour venir en aide aux communautés juives dans le monde.

Ces deux personnes ont été en pointe dans le combat du judaïsme organisé contre ses ennemis. Ainsi, Jacob Schift était à la tête de la communauté juive de New York et il a organisé la lutte à mort du judaïsme organisé contre le gouvernement de la Russie impériale. Non seulement il a planifié la guerre financière contre le tsar, mais il a aussi financé l'effort de guerre du Japon durant le conflit de 1905 contre la Russie.

En 1914, le Joint recueille des fonds pour venir en aide aux projets sionistes en Palestine, mais en réalité cet argent est envoyé en Allemagne pour venir en aide aux communautés juives de la zone de front en Pologne.

En janvier 1915, le NYT s'alarme de la situation tragique de six millions (encore!) de juifs en danger en raison des prodromes [sic, aaargh] en Russie et de la famine en Palestine. Puis la mobilisation s'intensifie. En 1916, on bat le rappel des juifs d'Amérique au secours de leurs coreligionnaires dans la zone de combats à l'Est que l'on décrit comme une sorte de prison aux gardiens brutaux et corrompus.

Ces juifs allemands qui font la pluie et le beau temps à New York résistent tant qu'ils peuvent à l'entrée en guerre des Etats-Unis aux côtés des Anglais. Ce n'est qu'après la chute du tsar en 1917 qu'ils donnent leur accord.

En 1918 le rabbin Wise fonde l'American Jewish Congress. Son principal argument est que six millions sont en danger de mort et qu'il faut agir sans délai pour les sauver. Felix Warburg n'est pas en reste. Il répète à l'envie: «six millions de juifs sont en danger de mort. Ce sont les juifs qui souffrent le plus des conséquences de la guerre». Pendant ce temps, son parent Max Warburg représente le gouvernement allemand à la conférence de paix de Versailles. C'est ce qui s'appelle jouer en famille sur les deux tableaux.

Tous les moyens sont bons pour accroître l'intensité dramatique de la situation afin d'inciter les juifs américains à payer, à payer beaucoup. Ainsi, Henry Morgenthau junior, en voyage en Pologne, adresse aux journaux américains un compte rendu dramatique où trente-cinq juifs ont été fusillés contre le mur d'une cathédrale. Mais il omet de dire où et quand a eu lieu ce crime. En fait, soit il a complètement inventé cet événement, soit il a été la victime trop crédule d'affabulateurs.

En 1920, les journaux américains se font l'écho de la tragique situation des juifs en Europe: plus de cinq millions meurent de faim.

Comme aujourd'hui, le NYT est le principal vecteur de cette propagande du judaïsme organisé. On lit dans ses colonnes que la mortalité infantile dans certaines communautés juives de l'Est atteint 100%. Bien sûr le journal omet de nous dire où ont lieu ces tragiques événements.

En 1926, une grande manifestation est organisée dans la cathédrale de New York par le Joint où sont invitées des personnalités de toutes confessions. Le New York Times publie en première page un appel signé par 1500 personnalités pour venir en aide à cinq millions de juifs en danger de mort. Il est à noter que durant la Seconde Guerre mondiale le même journal ne publiera jamais aucun appel en faveur des juifs en première page.

Ces quelques exemples extraits du New York Times ne sont que le pâle reflet des centaines d'articles publiés entre 1915 et 1937. Finalement, l'orateur vient à la question cruciale: qu'a-t-on fait de l'argent? Les chiffres sont éloquents. Quand les raisons invoquées pour les appels aux dons sont les six millions de juifs en danger immédiat de mort, les sommes consacrées aux secours sont infiniment moins importantes que celles destinées aux projets de colonisation.

Il est donc patent que les motifs invoqués étaient faux, qu'il ne s'agissait pour les promoteurs que de titiller la corde sensible des juifs américains pour les encourager à desserrer les cordons de leur bourse.

Parmi les projets financés grâce à cet argent extorqué à l'aide de mensonges se trouvent plus d'une centaine de colonies agricoles installées à grands frais en Ukraine pour préparer les Juifs de Russie à leur future vie en Palestine. Ces projets sont menés à bien avec la collaboration des autorités bolcheviques. Ces colonies ont échappé aux tragiques conséquences de la dékoulakisation et de la famine des années trente.

Une différence majeure existe entre notre époque et l'avant guerre. Alors, un grand journal comme le National Geographic Magazine pouvait publier un article où il démontrait que les rumeurs de prodromes répandues par le judaïsme organisé étaient de la propagande. Aujourd'hui, un tel démenti n'est plus possible.

A la fin de son intervention Don Heddesheimer recueille des applaudissements nourris. Il est vrai que sa démonstration est frappante. Il est difficile de comprendre ce que Norman Finkelstein appelle «l'industrie de l'holocauste» d'aujourd'hui si l'on ne connaît pas ses racines historiques.

Il semble qu'une immense bureaucratie se soit créée au sein du judaïsme organisé et pour la financer en permanence il faut sans cesse trouver de nouveaux prétextes, de nouveaux thèmes. Hier l'Etat allemand, aujourd'hui les banques suisses, demain la SNCF?


L'Holocauste a bien eu lieu!

Un jeune Anglais prend place face au public. Il nous apprend qu'il vit en Pologne depuis une dizaine d'années et qu'il y publie un hebdomadaire financier en anglais. Il nous explique qu'il a passé les trois dernières années à visiter des camps de concentration et à recueillir des témoignages.

En préambule à son exposé, il dit qu'il est convaincu de la réalité historique des gazages homicides telle qu'elle est prouvée par des témoignages concordants.

Il raconte que le camp de Belzec était situé au milieu du village et qu'il avait été construit par les gens du cru. Après la guerre, l'enquête polonaise dans le village avait été étonnamment courte. L'orateur en tire la conclusion que les preuves de l'implication généralisée du village dans la construction et le fonctionnement du camp étaient trop importantes pour que l'enquête puisse aller plus loin. Il avance même que la chambre à gaz avait été construite par un ingénieur polonais encore en vie.

Un autre Anglais, résidant à Belzec, avait découvert qu'un des nouveaux millionnaires de la ville, mort en 1998, avait commencé sa fortune en vendant de la nourriture et des boissons aux déportés dans la gare de Belzec.

Il semble qu'un des curés du village, visiteur habituel du camp, était un photographe averti et qu'il aurait conservé une importante collection de clichés du camp. Il est mort en janvier 2000 et l'évêché assure que l'on n'a rien retrouvé dans ses affaires se rapportant de près ou de loin à une collection de photographies. A-t-on détruit les clichés?

Il poursuit sa tournée touristique dont je ne retiens pas grand-chose, sauf que la région de Sobibor est magnifique en été et qu'il faut y passer ses vacances.

David Irving ne pouvait pas laisser Alan Heath s'en tirer à si bon compte. Il ouvre le feu des questions :

-- Quelle preuve avez-vous que des tueries délibérées ont eu lieu dans ces camps?

-- Si vous cherchez des preuves concrètes, il n'y en a pas. Nous ne pouvons nous reposer que sur des témoignages qui se recoupent et qui créent une convergence de preuves.

-- Les témoins auraient-ils pu lire ces données dans la presse?

-- Oui, c'est possible. Toutefois, pour la plupart il s'agit de personnes simples qui ne lisent pas ou peu les journaux.

David Irving rétorque

-- On peut dire la même chose du christianisme. On croit tous en des choses qu'on nous a racontées.

Les témoins ne nous apportent pas de témoignages directs de meurtres de masse. Nous avons des preuves indirectes. Par exemple, après les grands bombardements alliés, les Allemands déshabillaient les corps. Nous avons des messages des autorités locales qui interrogent Berlin. Que doit-on faire des montagnes de chaussures et de vêtements accumulées? Dernière question, qu'avez-vous trouvé à Auschwitz?

-- Je ne suis pas technicien. Je n'ai vu que des ruines. Je ne suis pas allé en dessous du krema Il.

Question d'un auditeur «dans la chambre à gaz du camp du Stutthof avez-vous vu des taches bleues ?»

-- Non.

Question d'un auditeur: «lors de votre visite au krema II d'Auschwitz, avez-vous vu des trous dans le toit?»

-- J'ai vu des choses qui peuvent avoir servi d'ouvertures.

Question d'un auditeur: «pensez-vous que la chambre à gaz du Stutthof a pu servir au gazage homicide de déportés inaptes au travail ?»

-- Oui.

Richard Countess s'approche du micro et invite Alan Heath à lire le gros volume qu'il vient de produire et à tenter de répondre aux questions qui y sont posées puis à revenir pour nous en faire part. «J'invite tous les présents, ajoute-t-il, à se joindre à moi pour ma prochaine enquête en Russie blanche à la recherche des travaux effectués par les déportés dans les marais du Pripiat »

Hans Schmidt, le rédacteur en chef d'une lettre d'information destinée aux Germano-Américains l'interroge:

-- Avez-vous trouvé des preuves de tueries en masse d'officiers polonais entre les mains des Allemands, quelque chose qui se compare aux fosses de Katyn ?

-- Non.

-- Soviétiques et Allemands se sont partagés le corps des 50.000 officiers polonais prisonniers. Nous savons qu'il y a eu environ mille morts parmi les Polonais prisonniers des Allemands, à comparer avec les 22.000 officiers polonais assassinés par les Soviétiques. Il me semble que cette donnée brute met un terme à ce que l'on nous a présenté abusivement comme la volonté des Allemands d'exterminer l'intelligentsia polonaise.


Un film en avant-première

Dans l'après-midi, David Irving présente en avant-première un film réalise pour la BBC sur son procès. Les Britanniques sont passés maîtres dans la réalisation de documentaires basés sur une procédure judiciaire. L'historien nous prévient :

-- Tout ce que disent les acteurs au cours du procès correspond exactement à ce qui a été dit devant le juge, à la virgule près. En revanche, les commentaires ajoutés ainsi que les images des camps sont là pour véhiculer la vulgate officielle. Quant aux images, il y en a une que j'aurais aimé montrer au juge. On voit des déportés raciaux qui sont embarqués dans un train. La caméra du correspondant de guerre est sur le quai puis, à un certain moment pour quelques brèves secondes, la caméra filme depuis l'intérieur d'un wagon de chemin de fer. Ce changement de plan est inconcevable dans le cadre d'un reportage de guerre. De toute évidence, il s'agit d'un film réalisé en temps de paix avec les moyens du cinéma. Si quelqu'un pouvait identifier les images, qu'il me le dise. Quoi qu'il en soit, ce film est une tentative assez honnête de rendre compte du procès. Les images classiques de l'holocauste, les téléspectateurs ordinaires ne les voient plus, elles font partie du paysage télévisuel, de la grammaire visuelle à laquelle tout le monde s'attend. En revanche, ce n'est pas le cas de mes propos. Vous verrez, à la fin de ce film, ce que les gens vont retenir, ce sont mes paroles où je dis :

-- Concernant la chambre à gaz homicide à Auschwitz... [David Irving tient des propos qui lui vaudraient des poursuites judiciaires en France].

-- Je n'ai pas à ce jour retrouvé dans les archives un ordre écrit d'Adolf Hitler donnant l'ordre de procéder à cette extermination de masse.

-- Je n'ai pas retrouvé à ce jour dans les archives de plan prévoyant l'extermination concertée de populations déterminées présentes en Europe occupée par les autorités allemandes.


Le commentaire de David Irving est juste. Les images convenues de l'holocauste glissent comme de l'eau sur des tuiles. On les a vues mille fois. Les commentaires politiquement corrects rappellent ceux du New York Times en 1920 sur les six millions de juifs en danger de mort à l'Est. Aucune réflexion, aucune information, que de l'émotion.

Les moments les plus croustillants n'ont pas été retenus. C'est dommage, mais l'impression globale est là, puissante. Les téléspectateurs de la banlieue de Londres ou de Grand Rapids, dans le Michigan, ne vont pas sortir indemnes. C'est vraiment une victoire à la Pyrrhus pour l'histoire officielle.


Le juif de Linz

Après la pause café durant laquelle on boit un café, qui a tout du jus de chaussettes, et des cookies, David Irving nous présente l'intervenant suivant: Kimberley Cornish, un Australien d'origine anglaise qui a découvert une page méconnue sur la vie de Hitler, pourtant l'homme du XXe siècle sur lequel on fait le plus de recherches.

De taille moyenne, souriant et amène, l'Australien séduit l'auditoire par une rayonnante sympathie. Il a préparé une intervention qui est soutenue par un grand nombre d'illustrations à projeter à partir de son ordinateur. Il a fallu beaucoup de bricolages techniques pour y parvenir mais le résultat est très réussi.

Il ne reste plus de témoins des premières années de la vie de Hitler donc toute information nouvelle sur cette période fait l'effet d'une petite bombe dans les milieux spécialisés. C'est ce qui s'est produit, voici quelques années, lorsqu'un entrefilet dans la presse m'apprend que Hitler et le grand philosophe Wittgenstein ont été à l'école ensemble. Cette nouvelle époustouflante titille ma curiosité car j'ai toujours été fasciné par la personnalité de Wittgenstein. Le résultat de mes recherches, que je vais vous exposer, a été publié au Royaume Uni et en France mais personne n'a voulu le publier aux Etats-Unis. Pourquoi? Parce que dans la critique de mon travail publiée par le Times Litterary Supplement, le journaliste a utilisé le terme «révisionniste». Cela a suffit à me fermer les portes du marché américain.

Revenons à notre sujet. On sait étonnamment peu de choses sur les premières années de Hitler.

Hitler et Wittgenstein sont nés tous les deux en 1889, à seulement six jours de différence. Il n'y a pas de preuves directes qu'ils aient eu quelque chose en commun.

Karl, le père de Wittgenstein, était l'homme le plus riche de l'empire à son époque. Il est considéré comme juif par la loi juive même si, officiellement, la famille s'était convertie au catholicisme pour mieux réussir dans la société autrichienne. Or, le fils de l'homme le plus riche de l'empire partage la même école que Hitler. Etonnant.

On apprend, en lisant les souvenirs des amis ou des témoins, que Hitler et Wittgenstein partageaient les mêmes tics de langage. Ils refusaient de s'adresser à leurs condisciples avec le tutoiement familier du et exigeaient le vouvoiement sie.

En étudiant les archives de la Realschule de Linz, on découvre la liste des 17 juifs de l'école pour l'année 1903-1904, sur un total de 300 élèves. On y découvre que Wittgenstein n'y figure pas. C'est normal puisque la famille est officiellement catholique.

Dans le livre Hitler Jugend de 1956, Franz Keplinger nous rapporte la première remarque antisémite de Hitler: Du Saujud. Nous apprenons qu'il s'adressait un condisciple juif qui ignorait qu'il l'était. A mes yeux, seul un enfant de cette classe remplissait ces conditions: Wittgenstein. Or Franz Keplinger était dans la classe de Wittgenstein. Nous savons aussi que dans la famille Wittgenstein, nombreux étaient ceux qui ignoraient leurs origines réelles. Un jour, une des tantes de Wittgenstein a interrogé un de ses parents: «Est-il exact ce que l'on raconte, que nous serions juifs?» La réponse en français ne manque pas de sel: «Pur sang, pur sang».

Si certains membres de la famille Wittgenstein pouvaient ignorer les origines religieuses de leur tribu, ce n'était pas le cas des citoyens ordinaires car la presse autrichienne ne manquait pas de souligner l'identité religieuse ambiguë des Wittgenstein de la même manière que la presse d'aujourd'hui ne nous cache pas grand-chose de la vie des gens les plus riches de la planète.

Hitler ne pouvait donc pas ignorer les origines juives de Wittgenstein en raison de son apparence physique et par la constante dénonciation de Karl Wittgenstein comme juif par la presse antisémite autrichienne.

Pour répondre par avance aux objectifs de certains esprits hypercritiques, je tente de m'assurer des origines de tous les élèves présents dans cette école en même temps qu'Hitler afin de découvrir s'il y avait d'autres enfants ignorant leurs origines juives.

Hitler ne pouvait guère ignorer les Wittgenstein. Non seulement en raison de leur place dans la vie sociale de l'empire, mais aussi par leur rôle dans le mécénat artistique. Le peintre Klimt a fait le portrait de la soeur de Ludwig et celui-ci fut exposé à Linz quand Hitler y vivait. En outre, Karl Wittgenstein a financé l'immeuble de la Sécession, que tout artiste vivant à Vienne se devait de visiter, pour le louer ou pour le maudire.

Le chef de famille, Karl Wittgenstein ne se contentait pas de financer les artistes. Il a apporté son secours financier à quelqu'un d'aussi inattendu Guido von List, l'auteur du Secret des runes, un des ouvrages de base du futur mysticisme nazi.

Je n'avais pas découvert le document le plus étonnant au moment de la publication de la première édition de mon livre. En revanche, il se trouve dans l'édition française. Il s'agit de la photo de la classe de 1903/1904 de l'école où figurent presque côte à côte rien moins que Ludwig Wittgenstein et Hitler. En voyant cette photographie j'ai éprouvé un choc et je me suis dit: «C'est bien sûr!». Mais mon intime conviction n'était pas suffisante pour convaincre les esprits chagrins. J'ai donc confié cette photographie au laboratoire de la police scientifique de l'Etat de Victoria qui ont retravaillé la tête de l'enfant que je suppose être Wittgenstein afin de la vieillir.


Alors que Kimberley Comish parle, il affiche les différentes photographies qui illustrent le travail du laboratoire de la police.

La comparaison informatique entre les photos de l'enfant vieilli et celles du vrai Wittgenstein sont troublantes. Afin de compléter le résultat, Cornish s'est promené dans la faculté de philosophie en demandant aux étudiants d'identifier la personne au visage reconstruit. Tous les étudiants sans exception ont identifié dans ce portrait le philosophe Ludwig Wittgenstein.

Une autre preuve est venue renforcer la conviction de l'auteur. Le dessin dcg oreilles ne change pas avec J'âge. Les caractéristiques de l'oreille de l'enfant photographié auprès de Hitler sont les mêmes que celles de Wittgenstein.

Pour Kimberley Cornish, il ne fait plus aucun doute que l'enfant photographié aux côtes de Hitler est bien Ludwig Wittgenstein, le futur philosophe de génie.

Il est donc extraordinaire que Hitler, probablement le plus grand communicateur du siècle, ait coexisté avec Wittgenstein, probablement le plus grand spécialiste du langage de notre temps.

Il reste quelques contre-arguments à ma thèse, poursuit le chercheur australien. On peut me rétorquer, et le grand historien Martin Gilbert, me l'a écrit dans une lettre, pourquoi Wittgenstein n'a-t-il jamais parlé de Hitler?

Je ne sais pas. Peut-être le saura-ton un jour à l'ouverture des archives soviétiques.

Là réside ce que je pense être le second grand secret de Wittgenstein. J'ai été mis sur la piste par la proposition que lui a faite en 1935 le gouvernement soviétique de le nommer à la chaire de philosophie de l'université de Kazan. Pourtant, Wittgenstein n'est pas un philosophe marxiste. L'explication réside dans le fait que Wittgenstein est l'homme qui a recruté le réseau des espions de Cambridge. Son grand ami le génial informaticien Alan Turing, est à la base du décryptage des communications secrètes allemandes à Bletchey Park, le secret le mieux gardé de la Seconde Guerre mondiale. Je crois que Wittgenstein les a transmis à Moscou et a ainsi facilité la victoire de Staline à l'Est et a précipité la fin du IIIe Reich.

Pour me résumer, dans un premier temps Wittgenstein a suscité l'antisémitisme de Hitler et le même homme est à la base de sa défaite finale.


Des applaudissements nourris saluent le travail d'un historien amateur qui a su apporter des points de vue originaux sur une page méconnue de l'histoire de l'homme le plus étudié du siècle.


UN JUIF LIBRE PARLE

Un petit homme chauve monte à la tribune. Je ne sais pourquoi, il me fait penser à un shadok. Il s'agit de John Sack que David Irving présente comme un écrivain et humoriste juif. Il est l'auteur d'un grand livre sur les horreurs commises par des Juifs en Pologne après la guerre sur des populations allemandes dans le but d'assouvir une vengeance ethnique. Ce livre a été accueilli par un boycott total. En dehors des milieux révisionnistes personne ne le connaît.

Avec un grand sourire, il nous explique qu'il va parler de la sciosophy. Beaucoup de gens croient dur comme fer dans des choses ridicules. Mais il y en a qui pensent pouvoir les prouver, les démontrer scientifique ment, c'est cela la sciosophy. Par exemple, toutes ces personnes qui affirment avoir été enlevées par des extraterrestres avec lesquels elles ont entretenu des relations amoureuses intenses.

Savourant à l'avance son effet, John Sack nous annonce :

Maintenant je vais vous citer un exemple extrait de la Seconde Guerre mondiale.


La salle murmure, quel exemple de mensonge historique va-t-il choisir?

L'orateur reprend la parole :

Je ne vais pas vous parler des chambres à gaz, mais plutôt de Eisenhower. Ce général américain devenu président des Etats-Unis était l'homme le plus éloigné du communisme que l'on puisse imaginer.

Pourtant, un dangereux frappé d'extrême droite, président de la John Birch society, croyait dur comme fer que le président Eisenhower était un agent dévoué du système communiste international qui menait l'Amérique à sa perte.

En restant toujours très éloigné d'Auschwitz,je vais vous montrer comment la science induit et la sciosophy déduit.

Tout le monde connaît la controverse entourant les oeuvres de Shakespeare. Le grand poète anglais a-t-il écrit ses pièces ou bien est-ce plutôt Francis Bacon? Ou bien l'inverse et l'on rajoute pour la bonne mesure la bible du roi James et d'autres chef-d'oeuvre de la même période. Comment les «sciosophes» le démontrent-ils? Grâce aux messages secrets qui parsèment les textes.

Prenons la Bible du roi James. Elle fut publiée en 1611 quand Shakespeare avait 46 ans. Prenons donc le 46e mot de cette version de la Bible et nous avons Shake; recherchons maintenant le 46e mot avant la fin et on trouve, oh surprise, Peare. C'est donc bien Shakespeare qui l'auteur de la version de la bible dite du roi James.

L'ennui est que l'on peut réussir la même démonstration avec la Grande bible, version anglaise publiée avant la naissance de Shakespeare.

En fait, la sciosophy nous apprend qu'il n'existe pas une ligne écrite par un grand auteur classique qui ne puisse servir à démontrer quelque chose.


L'intervention s'achève parmi les rires et les applaudissements d'un publie séduit par cet exercice de style anglo-saxon, celui de l'intervention humoristique d'après-dîner


LE MYSTERE DU SUAIRE DE TURIN

Aux Etats-Unis on se croit dans une forteresse protestante, en fait il y a des catholiques embusqués là où on s'attend le moins à les trouver.

Un bel homme, assez élégant, a pris place à la tribune. Je n'avais pas lu avec beaucoup d'attention le programme et j'ai été très étonné d'entendre parler du suaire de Turin. En plein Middle West, cette place forte de la réforme, cette présentation avait quleque chose de surréaliste.

J'avoue qu'à ce jour le sujet du saint suaire ne m'avait guère passionné. Eh bien j'avais eu tort. En quelques minutes, Mark Antonacci a su captiver son auditoire de protestants endurcis à l'hérésie. En dépit des affirmations des sceptiques, les questions soulevées par l'étude attentive du suaire sont plus nombreuses que les réponses que peut apporter la science la plus moderne. Les explications que l'on avance, avec prudence, pour tenter d'apporter des lumières sur les interrogations les plus spectaculaires doivent faire appel aux principes les plus révolutionnaire de la physique.

Mark Antonacci commence en douceur par rappeler les grandes dates de l'histoire du suaire, depuis sa redécouverte aux environs du VIIe siècle et son exposition à Constantinople d'où son image s'est répandue dans tout l'occident grâce aux artistes qui ont reproduit dans d'innombrables oeuvres les traits de l'homme figurant sur le suaire.

Ce n'est qu'au début du XIXe siècle que la photographie prise du suaire a révélé l'image telle que nous la connaissons aujourd'hui et que le mystère a commencé à interpeller les hommes.

Les renseignements livrés par le suaire correspondant à ce que nous savons de la passion du Christ. Nous apprenons qu'il a été frappé au côté une fois mort, qu'il n'avait pas les jambes brisées. Nous avons trouvé sur le suaire du pollen d'une série de plantes qui ne poussent ensemble qu'à Jérusalem, on avait placé des pièces de monnaie sur ses yeux, ce qui colle avec la coutume funéraire juive à cette époque.


Aucune trace de décomposition

Plus frappant encore pour un suaire, on ne retrouve en revanche aucune trace de décomposition. Ce qui étonne le plus dans les propos de l'orateur est quand il affirme que tout corps retiré d'un suaire, quelques heures ou quelques jours après y avoir été enveloppé, laisse des traces de cette opération. Or ce n'est pas le cas ici. Le corps semble s'être dématérialisé subitement sans avoir eu besoin de déplier le suaire.

Cette dématérialisation qui, selon la théorie atomique développée longuement par Antonacci, devrait s'accompagner par un intense rayonnement expliquerait pourquoi les datations au carbone 14 indiquent une date de tissage remontant seulement au Moyen Age. Cet intense rayonnement, au moment de la dématérialisation, aurait modifié la structure atomique de la matière, ce qui induirait en erreur les mécanismes habituels de datation.

Cette avalanche de faits et cette montagne d'hypothèses hardies me laissent un peu pantois.

Malheureusement, avant de quitter la tribune, l'orateur ne peut s'empêcher d'entamer un couplet sur le rôle exceptionnel des Juifs dans l'histoire de l'humanité. Je goûte modérément de ce discours mais il le fait comme un passage obligé pour se faire pardonner sa présence à la conférence.


Sir Neville Henderson et la paix

Pour introduire l'orateur suivant, un gros homme à l'aspect moyen-oriental, iranien peut-être, David Irving nous raconte que, durant sa jeunesse, la lecture de deux livres avaient décidé de sa carrière d'historien, les Propos de table d'Adolf Hitler, bien plus intéressants que Mein Kampf, et l'Echec d'une mission, le compte rendu de son ambassade à Berlin, par le diplomate britannique sir Neville Henderson.

Sa mission, commence l'orateur, était de transmettre à Berlin les messages de Londres et de rendre compte à sa capitale des réactions et des propositions allemandes.

Le rôle de Neville Henderson avait été clairement défini lors de son entretien avec le premier ministre Chamberlain: comment faire pour préserver la paix?

Sir Neville était un diplomate professionnel, parlant parfaitement l'allemand et qui avait su établir des liens avec les chefs d'état autoritaires auprès desquels il avait été détaché, comme le roi Alexandre de Yougoslavie.

Le gouvernement britannique ressent parfaitement le besoin d'envoyer un nouvel ambassadeur à Berlin, d'autant plus que personne en Angleterre ne veut d'une nouvelle guerre. Personne? Pas tout à fait, il existe une importante faction belliciste au ministère des Affaires étrangères, le Foreign Office (ou FO).


Chamberlain veut la paix

Chamberlain veut la paix et sait le que FO ne partage pas cet objectif.

Ici, on peut s'interroger sur la nature de la politique étrangère de Hitler. Il me semble qu'il laissait ses subordonnés tenter différentes approches et ensuite il choisissait celle qui lui convenait le mieux.

Ainsi, le maréchal Goering est l'homme de l'Anschluss et des accords de Munich. Joachim Ribbentrop en revanche est l'homme du pacte avec l'Union soviétique et du dépeçage de la Pologne. Cela dit, quelles sont les trois principales raisons de l'échec de Sir Neville à Berlin?

L'hostilité d'Anthony Eden le ministre des Affaires étrangères qui n'aimait pas Henderson, le sabotage par Ribbbentrop de ses relations directes avec Hitler et le sabotage de la presse belliciste londonienne.

Par exemple, chaque propos de l'ambassadeur qui pouvait être considéré comme une ouverture à l'égard de l'Allemagne ou de son gouvernement était violemment critiqué par la presse à Londres et remis en cause par des députés, parfois payés par les Tchèques, à la chambre des communes.

Le seul pont que sir Neville réussit à établir avec le gouvernement allemand passe par la personnalité du maréchal Goering.

En 1938, le comité des affaires étrangères à Londres prépare un plan dans lequel il propose de rendre à l'Allemagne ses colonies en échange de l'arrêt de l'expansion en Europe. Le 13 mars, sir Neville expose le plan à Hitler. Mais celui-ci ne donne aucune suite en faisant remarquer que les Anglais disposent dans ce plan de colonies allemandes contrôlées par d'autres pays sans leur avoir demandé leur avis.

L'orateur fait ensuite un rapide résumé des événements qui ont conduit au déclenchement de la guerre et où le rôle de l'ambassadeur a été minime car tout se jouait en réalité en direct entre les capitales. Il a tout au plus joué le rôle de boite aux lettres.

Cet orateur conclut également par une note critique parfaitement gratuite, en contradiction avec ce qu'il avait dit auparavant, où il se réjouit que Winston Churchill et Roosevelt se soient dressés pour lutter contre le diable.

Sam Dickson, un patriote sudiste, se lève pour apporter un bref commentaire sur la fille de l'ambassadeur américain à Berlin qui détestait sir Neville Henderson et qui le traitait ouvertement de «nazi». Cette jeune femme détestait tant les «nazis» qu'elle a couché avec tous les porteurs de chemises brunes en liberté à Berlin. En réalité elle espionnait pour le compte de l'Union soviétique et par la suite elle a fait défection au profit de Moscou. Belle jeunesse!


Germar Rudolf: un exemple de persécution

Après une brève interruption consacrée à boire du café, plutôt de l'eau teintée, et à manger des petits gâteaux, la conférence reprend avec l'intervention de Germar Rudolf, le jeune et brillant chimiste allemand qui est devenu un fugitif international depuis qu'il a rédigé un rapport sur les résidus d'acide cyanhydrique sur les murs des locaux présentés comme ayant été des chambres à gaz homicides dans les camps de concentration allemands en Pologne.

Grand jeune homme, élancé et d'allure un peu frêle toutefois, Rudolf prend place à la tribune, accompagné par les vifs applaudissements d'un public enthousiaste.

Je suis devenu un hors la loi. Voici dix ans, j'avais une belle carrière de chimiste devant moi, mais j'ai choisi une autre route, j'y ai sacrifié la sécurité et l'aisance matérielle. Je suis en exil au Royaume Uni depuis 1999.

Il passe de nombreuses illustrations d'extraits de la presse britannique où les journalistes partent à sa recherche comme s'il avait été un criminel.

Par exemple, lorsque des attentats ont eu lieu voici un an et demi à Londres, on a tenté de m'assimiler à ces criminels et la presse a demandé à ses lecteurs de me débusquer. Mon cas a été soumis au gouvernement par un député en mai dernier.

Le plus troublant est certes que je n'ai tué personne, mais surtout qu'un tribunal allemand m'a condamné non pas pour le contenu de mon rapport mais pour les ajouts polémiques faits par l'éditeur du rapport, le général Remer.

Les juges n'ont pas hésité à dire que si je n'avais rien écrit de répréhensible, je devais certainement le penser et donc m'ont également condamné pour ce que je n'ai pas écrit mais pour ce qu'ils croient avoir lu entre les lignes.

A ce jour, ils n'ont pas réussi à me briser. J'en veux pour preuve qu'il n'existe pas moins de 27 instructions ouvertes contre moi en Allemagne, chacune pouvant me valoir plusieurs années de prison.

L'émotion est à son comble. Tout le monde mesure ce que veut dire de vivre dans un pays vaincu où n'existe pas la liberté d'expression. Un personne se lève pour poser une question :

-- Avez-vous écrit dans votre rapport qu'il n'y avait jamais eu de gazages homicides de Juifs?

-- Non. J'ai dit que je doutais qu'il y en ait eu dans les lieux que j'avais visités compte tenu des éléments de preuves que j'avais recueilli.

-- Avez-vous songé à solliciter l'asile politique aux Etats-Unis ?

-- C'est politiquement très délicat. Les Etats-Unis froisseraient grandement le gouvernement actuel de l'Allemagne. En outre, j'aurais besoin d'un avocat et de beaucoup d'argent. Si je trouve un mécène, pourquoi pas?


Van Pelt au tapis

Après la pause déjeuner, Brian Renk, un jeune homme à l'air chafouin, prend la parole. Le sujet est intéressant, il réfute les arguments de van Pelt, le spécialiste officiel d'Auschwitz, celui qui a pris la place de J.-C. Pressac, devenu trop encombrant et trop dérangeant.

Malheureusement, il parle d'une voix monocorde et fait peu d'efforts pour attirer l'attention du public.

En tout premier lieu, il expose l'aveu fait devant le tribunal par van Pelt qu'il n'y a pas d'ouvertures sur le toit du Krema II par où les Allemands versaient le Zyklon B. Selon van Pelt, les Allemands auraient bouché les trous. Ce prétendu architecte ignore qu'il est impossible de réparer du béton sans que l'on ne puisse distinguer de traces de réparations.

Durant le procès à Londres, David Irving avait dit à ses adversaires:

"Si vous trouvez un seul trou, j'abandonne et je me retire de l'affaire."

On a su, par une indiscrétion du Times de Londres, que les groupes soutenant Déborah Lipstadt ont demandé aux Polonais un examen d'urgence du fameux toit pour tenter d'y retrouver les trous. Mais ils n'ont pas décelé le moindre trou, grand, petit, ouvert ou rebouché. Depuis, les autorités polonaises refusent de communiquer les résultats de ces recherches que nous savons avoir été infructueuses.

Puis Brian Renk reprend la chronologie usuelle de l'historiographie d'Auschwitz et montre l'apparente incohérence du rôle de centre d'extermination avec les plans de développement du site en un vaste complexe industriel et un centre de redistribution de la main d'oeuvre concentrationnaire dans une myriade de sous-camps.

D'autre part, les exterminationnistes se gaussent en pointant du doigt les caves à cadavres du Krema II où il était prévu un système de chauffage: «Où avez-vous vu qu'on a besoin de chauffer des morts?» Ce chauffage est à leurs yeux bien la preuve d'une volonté homicide puisqu'il sert à réchauffer la température et facilite ainsi la diffusion des gaz mortifères.

Eh bien oui, les morts ont bien besoin d'être chauffés. Il suffit d'ouvrir le manuel d'architecture se trouvant dans la bibliothèque de la Bauleitung d'Auschwitz pour constater que, dans les plans tout prêts qui s'y trouvent, les morgues sont chauffées afin de maintenir en hiver les corps à une température précise. Les morts comme les vivants n'aiment pas le froid trop vif.

En outre, l'ascenseur indispensable pour tenir les cadences n'existe pas. On trouve seulement une machine provisoire qui ne sera remplacée qu'au printemps 1944.

Selon nos recherches, seulement 7 à 10% des déportés aptes au travail arrivant à Auschwitz restaient sur place, les autres auraient été réexpédiés vers d'autres camps.


Je n'ai pu noter grand-chose de plus. Le nez plongé dans son texte, l'orateur ne fait aucun effort pour rendre son intervention intéressante. Je perds le fil de ses explications et me contente de transcrire quelques phrases à la volée.

Avec cet orateur si peu attrayant, prend fin le colloque organisé par David Irving. Le prochain aura lieu à nouveau à Cincinnati. J'espère que cette fois davantage de francophones feront le déplacement, il en vaut la peine.


Monsieur 100 000 volts

Les participants qui le souhaitent peuvent assister à la projection du documentaire Mister Death, le film consacré à Fred Leuchter par un grand documentariste juif américain. David Irving nous précise qu'il s'agit de la première version, celle qui fut diffusée dans les universités et qui dut être modifiée car les lobbies estimaient qu'elle faisait la part trop belle au révisionnisme.

La caméra accompagne en permanence Fred Leuchter et le laisse parler. On pénètre avec lui dans la chambre d'exécution d'une prison américaine et il fait la revue de détail d'une chaise électrique.

Que c'est compliqué ce tuer un homme! Leuchter nous explique qu'il faut assez de courant pour arrêter le coeur, mais pas trop, sinon le corps du malheureux commencerait à cuire. Je ressens une nausée devant des détails aussi macabres et la fatigue aidant, je préfère les bras de Morphée à ceux d'un Thanatos à haute tension pour révisionniste qu'il soit.


L'Autre histoire
, numéro 16, décembre 2000, p. 30-42, avec de nombreuses illustrations qui ne sont pas reproduites ici. 75 F. Correspondance: La Licorne bleue, 3 bis rue Jules Vallès, 75011 Paris. <autrehistoire@yahoo.co.uk>

 


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