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Interview du professeur Allard

Lyon-III


Avec le professeur Allard, le point sur le terrorisme intérieur à Lyon-III



Tempête sur Lyon-III! Depuis 1973, les gauchistes si influents à Lyon-II n'ont jamais admis la concurrence de Lyon-III, à la réputation droitière et dont le sérieux est reconnu comme l'attestent les excellents résultats aux examens et aux concours. L'offensive amorcée de longue main est aujourd'hui publiquement lancée: comme nous l'annoncions le 19 octobre, la Commission d'historiens chargée d'"évaluer les rapports éventuels entre l'extrême droite et certains enseignants de Lyon-III" a été mise en place le 19 novembre par le ministre Jack Lang sous la présidence d'Henri Rousso, une semaine après -- pur hasard, évidemment -- qu'à l'occasion de son 28e congrès tenu à Lyon, l'Union des Etudiants juifs de France eut organisé une manifestation devant Lyon-III aux cris de «Non à l'infiltration du racisme et du négationnisme» et instruit le procès des professeurs qui «salissent l'Université» (cf. Actualité juive du 15 nov., où Patrick Flugman, président national de l'UEJF déclare entre autres: «Nous soutenons invariablement Israël».)
Professeur de littérature médiévale allemande à Lyon-III et à ce titre l'une des principales cibles de cette campagne de haine, Jean-Paul Allard a bien voulu répondre à nos questions.
J. B.

RIVAROL: Pouvez-vous nous en dire davantage sur le harcèlement que vous subissez ?

Jean-Paul ALLARD : Dès janvier 1988 j'ai été molesté par des individus encagoulés sur le parking de Lyon-III. L'agression a été revendiquée à l'époque par l'OJC (Organisation juive de combat). La campagne de diffamation contre moi a pris une vigueur nouvelle au lendemain du Conseil d'administration de l'Université du 12 décembre 2000. Le Progrès de Lyon, dans une virulente attaque, titre alors en gros caractères: "Lyon-III: la chasse au négationnisme rouverte. Un enseignant visé", et ajoute perfidement: "Jean-Paul Allard a toujours mélangé ses cours avec la diffusion de ses idées." De même, Lyon capitale, organe de la gauche locale, dans son numéro du 20 décembre 2000: "La pêche au gros négationniste", me traite de "professeur dont les recherches sont plus que douteuses". Dans la même veine, début mars 2001, Alliance juive écrit: "La chasse au Allard est ouverte", ce qui est une façon de m'animaliser. Curieux, pour des sectateurs de la dignité humaine, de la tolérance et du respect d'autrui !
Naturellement, rien n'est vrai dans ces accusations: je n'ai jamais écrit d'articles "négationnistes"; à plus forte raison, je n'ai jamais abordé ces questions dans mes cours qui, je le souligne, concernent exclusivement la langue et la littérature allemandes du Moyen-Age ou la traduction. Et il est tout aussi mensonger de prétendre que je me "sert de l'université pour valider les pires idées d'extrême droite". D'ailleurs, je n'ai jamais adhéré à aucun parti politique et j'ai même démissionné du GRECE en 1979 dès qu'il m'a paru quitter le combat culturel de réflexion.

Un harcèlement multiforme
Toujours est-il qu'à la haine de la presse locale se sont ajoutées les violentes attaques de groupes étudiants, ultraminoritaires sur Lyon-III, comme d'ailleurs sur l'ensemble universitaire lyonnais (1500 suffrages sur 27.000 étudiants, soit environ 5% si l'on en juge par le résultat des élections estudiantines), mais groupes qui font beaucoup de bruit, puisqu'ils bénéficient de la complicité des media, de la nouvelle municipalité de Lyon et de quelques enseignants gauchistes de Lyon-II qui verraient d'un bon oeil la fermeture de la section de langues de Lyon-III qui leur fait une redoutable concurrence. Ces associations d'agit prop sont l'UNEF-ID, l'UEJF (l'Union des étudiants juifs de France) et le fameux Hippocampe du nom de la partie du cerveau humain qui est le siège de la "mémoire"! Hippocampe regroupe quelques chrétiens fanatiques d'extrême gauche, cornaqués par un ou deux enseignants d'histoire en mal de notoriété qui furent eux-mêmes à l'origine inspirés par feu l'archevêque Decourtray.
La campagne pour les Municipales de mars 2001 a fait monter la tension, car la gauche pour l'emporter avait intérêt à créer un climat passionnel. Plutôt que de parler de l'incendie de la Bibliothèque universitaire (Rivarol, 9 mars 2001) et d'exiger qu'on diligente l'enquête pour identifier les incendiaires, elle a préféré me prendre comme prétexte à un geste théâtral: le 21 février 2001, les membres du fameux "collectif" entreprennent une "occupation illimitée" du Service de la Recherche de Lyon-III pour "chasser Allard". En fait, ladite occupation dure deux jours et, sur le conseil (peut-être injonctif ?) d'un envoyé du ministère, les protestataires quittent les lieux.

R.: Et c'est peu après que vous tombez gravement malade...

J.-P, A.: En effet, le 14 mars 2001. On n'imagine pas le stress, l'angoisse que peuvent engendrer ces campagnes de harcèlement qui ne reculent devant aucune diffamation pour atteindre une personne, et à travers elle, l'institution à laquelle elle est rattachée. Après trois mois de lutte, et en dépit du soutien de mes collègues et de mes étudiants, j'ai dû quitter le terrain pour un temps.

L'ère de la calomnie

R.: Mais comment expliquez-vous pareille persécution ?

J.-P. A.: Tout vient de ce que, en 1985, sur nomination du président de l'Université de Nantes, je me suis retrouvé d'office président du jury de soutenance de la thèse de Henri Roques qui a obtenu la mention très bien et qui fut annulée l'année suivante par le ministre des Universités, Alain Devaquet, pour vice de forme imputable à la seule administration de l'Université de Nantes, sans que le jury puisse être inquiété pour une quelconque faute ! On en a conclu que j'étais "négationniste". Or, cette thèse [LINKLINKLINKroques ] ne cherchait absolument pas à prouver l'inexistence des chambres à gaz homicides hitlériennes non plus que l'absence de génocide. Il s'agissait simplement de faire l'analyse critique du témoignage de Kurt Gerstein, personnage plus qu'ambigu, mais dont on n'a pas hésité à solliciter les dires pour salir la mémoire du pape Pie XII. Or, il règne un tel terrorisme intellectuel sur ces questions que cela a suffi à soulever une tempête médiatique. Rien n'est possible juridiquement contre moi, d'autant plus que cette thèse est antérieure de cinq ans à la promulgation de la loi Gayssot. Cela, mes détracteurs et leurs commanditaires le savent ! Leur acharnement n'était donc pas motivé par l'espoir d'avoir gain de cause contre moi, mais de perturber Lyon-III, de gêner son président tout en semblant dédouaner Lyon-II de sa responsabilité dans l'affaire du DEA de Jean Plantin.
La deuxième raison de s'en prendre à moi, c'est qu'avec Jean Haudry, j'ai, depuis 1981, participé aux publications de l'Institut d'Etudes indo-européennes (IEIE) qui a été accusé stupidement de "reprendre à son compte les théories des raciologues nazis sur la race aryenne" alors qu'il s'agit en fait de s'inscrire dans la voie ouverte par Georges Dumézil dont personne d'intellectuellement honnête ne peut ignorer les recherches novatrices, sur la trifonctionnalité dans les sociétés indo-européennes. Cet institut a publié, de 1982 à 1998, une revue, Etudes indo-européennes, servie à 150 abonnés de différents pays. Le "collectif d'associations" avait exigé depuis novembre 1997 la création d'une commission d'évaluation de l'IEIE qu'il accusait d'être un "laboratoire idéologique" du FN ! Comme ces gauchistes ont le bras long, une commission d'experts (dont on n'a jamais su le nom !) a fini par conclure en juin 1999 que certains articles n'étaient pas de son goût en précisant que les membres de l'institut n'étaient plus assez nombreux pour qu'il persiste à fonctionner. Constat que nous avions fait nous-mêmes dès octobre 1998: du fait du départ à la retraite de la moitié de ses membres, l'IEIE ne pouvant plus continuer dans sa forme d'alors, s'est transformé en une Société internationale des Etudes indo-européennes (loi de 1901) pour assurer la continuité de la revue. Mais, bien qu'elle ait été vraisemblablement composée de collègues concurrents et jaloux, la commission ne s'est pas enhardie à soutenir que nos publications contiennent quoi que ce soit de "raciste". Cet échec met les gauchistes en rage!

"La meute reviendra bredouille!"
R.: Il semble que ce soit maintenant davantage l'africaniste Bernard Lucian et le président de l'Université qui soient mis en cause. Pourquoi selon vous ?
J.-P. A.: Voyant que les attaques contre moi ne mènent à rien, on monte d'un cran en s'en prenant directement au président qui a toujours eu soin de se démarquer vigoureusement de l'extrême droite et du "négationnisme". D'abord on l'accuse d'avoir détourné des fonds de l'université au profit de la Société internationale des Etudes indo-européennes (ce qui est pure calomnie, le dossier est vide, comme une enquête judiciaire l'a démontré en septembre 2001), ensuite on lui fait à tort grief de la promotion comme maître de conférence hors-classe du distingué africaniste Bernard Lugan. Pour l'instant le président tient bon, mais la presse locale s'acharne à créer l'image fallacieuse d'un climat insurrectionnel qui régnerait à Lyon-III.

R.: Où en sont les poursuites judiciaires engagées ?
J.-P. A.: La présidence de l'Université a porté plainte contre X pour diffamation et pour violation du secret de l'instruction sur le prétendu détournement de fonds publics. Bernard Lugan a engagé des poursuites pour diffamation contre les 55 africanistes qui ont mis en cause la valeur scientifique de ses travaux et contre le président du Sénégal qui s'est joint à la pétition contre lui. Quant à moi, j'ai fait citer devant le tribunal correctionnel Le Progrès de Lyon qui a imprimé dans son édition du 26 juin 2001 que j'étais "connu pour (m)es écrits négationnistes". J'ai aussi engagé une action contre l'UNEF-ID qui, dans son Guide de l'étudiant 2001-2002 tient des propos similaires assortis d'un trémolo sur "Lyon, capitale de la Résistance" devenu "le carrefour des négationnistes" ! Ces procès se plaideront dans l'année 2002. Mais rassurez-vous: pas plus que mes collègues injustement attaqués, je n'ai l'intention de me laisser abattre. En dépit de leur virtuosité à manier le vocabulaire cynégétique, les piqueurs qui ont lancé la meute la verront rentrer bredouille.

Propos recueillis par Jérôme BOURBON <jeromebourbon@aol.com>
Rivarol, 23 novembre 2001, p. 6.


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