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21 avril 1991

TEXTE EN DROIT DE REPONSE

par Robert Faurisson

 

Dans votre livraison du 15 avril 1991, vous prétendez soumettre à vos lecteurs le dossier d'une "enquête" sur les révisionnistes. En réalité, vous dressez là un réquisitoire contre les révisionnistes que vous baptisez les négateurs des chambres à gaz et ce réquisitoire fourmille d'erreurs.

Je ne me prénomme pas Pierre (p. 14) mais Robert (p. 2) et je n'ai pas soixante-sept ans mais soixante-deux. L'âge que vous m'inventez vous permet de me présenter comme un "ancien pétainiste" mais l'âge que j'ai en fait ne vous le permettrait pas; j'ajoute qu'ainsi que je l'ai relaté dans un écrit que vous ne semblez pas avoir lu, j'ai, en 1942, à l'âge de treize ans, gravé sur mon pupitre d'écolier "Mort à Laval" parce que Laval venait de déclarer qu'il souhaitait la victoire de l'Allemagne plutôt que celle du bolchevisme en Europe. Je n'ai pas été un "zélateur de l'OAS" et je n'ai jamais été "inculpé de coups et blessures pour [mes] prises de position violentes en faveur de l'OAS" (p. 16) mais j'ai cotisé au Comité Maurice Audin contre la torture en Algérie, et cela en un temps où j'étais secrétaire de section du SNES, majoritairement communiste et socialiste.

Ce n'est pas moi qui ai fondé les Annales d'histoire révisionniste mais Pierre Guillaume, responsable de la Vieille Taupe (marxiste) et disciple de Paul Rassinier, lui-même ancien socialiste et ancien déporté résistant. J'aurais ainsi une dizaine d'autres erreurs à corriger sur mes supposées accointances avec le Ku Klux Klan, avec les néo-nazis anglais, etc.

Sur la question de fond, celle du génocide et des chambres à gaz, vous affectez de présenter nos arguments. Mais quand on accuse, c'est à l'accusé lui-même qu'il faut donner la parole, en direct. Ce n'est pas au procureur de présenter la thèse de la défense. A la fin, dans vos conseils de lecture ("Pour en savoir plus"), vous fournissez à vos lecteurs les références précises de huit publications mais aucune d'entre ces publications n'est révisionniste et toutes sont résolument hostiles au révisionnisme.

Nos arguments sont essentiellement d'ordre physique, chimique, topographique, architectural, documentaire et historique. Il faut les connaître à la source ou alors on s'abstient de les juger.

Vous croyez confondre les révisionnistes en produisant sous le titre "Vérités de l'histoire" (sic) une photographie dont la légende porte: "Au camp de Dachau, la manette des gaz". Or, vous devriez savoir que, depuis 1960, l'historiographie officielle a soudainement décidé que, contrairement à ce qu'affirmait le Tribunal de Nuremberg, photographies et témoignages à l'appui, il n'y avait jamais eu de gazages homicides à Dachau. Aujourd'hui, un panneau en avertit les visiteurs du camp.

Selon un procédé assez courant, votre photographie a été mise sens dessus dessous et n'en paraît que plus bizarre et inquiétante. Remettez-la sur pied et vous constaterez la présence, en tout et pour tout, de deux inoffensives canalisations isolées pour vapeur d'eau; voyez les manettes, les volants, les axes, les vannes, le contacteur et le dispositif de contrôle.

Vous écrivez: "Les révisionnistes seront-ils un jour condamnés pour délit de presse? Il faudrait pour cela que la loi Gayssot soit appliquée plus strictement." Vous écriviez ces lignes durant le délibéré du procès où, à vous en croire, je me "pavanais". L'athée que je suis demande au chrétien que vous êtes s'il est humain d'en appeler ainsi à la loi contre un homme qui, en onze ans, a subi cinq agressions physiques et une tentative d'assassinat, qui a été accablé de procès et d'amendes, qui a vu saisir son salaire, et dont la vie personnelle, familiale et professionnelle a été bouleversée parce qu'il défend les conclusions de ses recherches. Le 18 avril, nous venons d'être condamnés, mon éditeur (pour le temps d'une simple interview) et moi-même, à une sanction de 430.000 F (dont 100.000 F avec sursis). Professeur à salaire unique, marié, père de trois enfants, dépourvu de toute fortune, j'ai, dès le prononcé du jugement, récidivé, car tel est mon devoir.

Ne hurlez pas avec les loups.


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