QUAND les rouages sociaux sont grippes au point qu'une une guerre peut survenir, on ne cherche pas à l'éviter: on la prépare. Par voie de conséquence, on ne cherche plus à l'expliquer: on la justifie.
Ceci aussi est une tradition.
Les arguments utilises de part et d'autres sont toujours les mêmes: la légitime défense, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, l'aide à la révolution en marche chez les peuples opprimés, l'Honneur national, la défense de la Liberté, du Droit, de la Civilisation, etc. On met des majuscules aux mots et on en met aux thèmes, jusqu'au jour où il devient évident que «sans la liberté, la vie ne vaut pas la peine d'être vécue» et qu'il «vaut mieux mourir debout que vivre à genoux».
Ces arguments ont ceci de particulier qu'ils s'adressent aux instincts et aux passions les moins nobles, qu'ils sont généralement ambivalents et qu'ils ne se greffent sur les réalités que par le souci de les masquer.
[190]
Elle se définit par la définition de l'agresseur. Or, depuis 1919, les conciles internationaux se sont multipliés, mais ne sont jamais arrivés à donner, de l'agresseur, une définition qui fût, sinon correcte, du moins satisfaisante ou seulement acceptable. Il s'ensuit déjà cette première difficulté que cette notion est laissée à l'appréciation des belligérants et que. pour chacun d'eux, l'agresseur est celui d'en face. Il s'ensuit aussi qu'en l'absence d'un texte arbitral irrécusable, les justifications qui sont tentées, de part et d'autre, ont la même apparence d'inattaquable logique et de légitimité.
Le plus probant exemple de ce double subterfuge est la guerre de 1939. Aux yeux des Anglo-Saxons, l'agression allemande avait commencé: avec l'occupation de la Rhénanie ou, pour le moins, avec l'annexion de l'Autriche, puis s'était poursuivie par l'invasion des Sudètes, de la Pologne, etc. Mais, aux yeux des Allemands, elle avait commencé en 1919 à Versailles et s'était poursuivie par une politique constante d'encerclement économique. Les premiers ne la concevaient que militaire, les seconds l'étendaient aux problèmes des échanges et de la répartition arbitraire des matières premières et des marchés nécessaires à la vie d'une nation. C'était un dialogue de sourds.
S'il ne peut être question de départager les plaideurs, il faut cependant reconnaître que la thèse allemande était susceptible d'ouvrir des horizons beaucoup plus vastes que toutes celles qui ont tenté de la révoquer en suspicion. Elle offrait, en tout cas, l'occasion de repenser la structure économique du monde et, en ce sens, elle était révolutionnaire. A l'époque, il était à peu près impossible de le faire remarquer parce [191] qu'elle était défendue par Hitler, ce qui la rendait tout de même d'assez mauvais aloi et, d'autre part on avait oublié que, si elle était défendue par Hitler, c'était uniquement parce qu'on avait, au préalable, condamné à mort le régime de Weimar qui l'avait également faite sienne avec l'assentiment et les encouragements des progressistes du monde entier.
Les moins passionnés de ceux qui refusaient de considérer l'agression sur le plan économique en même temps que sur le plan militaire se retranchaient derrière la coutume: l'Allemagne devait accepter les conditions de Versailles, qui étaient justes, comme la France avait accepté celles de Francfort, en 1870, bien qu'elles fussent injustes. Ceux-ci posaient un double problème dans la mesure où refusant de confondre le Droit et la Civilisation avec le droit du plus fort, ils rejetaient sur l'Allemagne la responsabilité unilatérale des trois guerres franco-allemandes. Ils en posaient un troisième dans celle où ils permettaient à l'Allemagne de leur renvoyer l'argument avec autant de pertinence. L'ensemble de la discussion revenait alors à propoger au spectateur impartial, le problème théologique de la poule qui fait l'oeuf d'où est sortie la poule: qui a fait le premier oeuf ou la première poule? transposé en: qui a pris la première responsabilité? Dans une page remarquable, Louis-Ferdinand Céline est remonté jusqu'au traité de Verdun de 843, mais on voit bien qu'il n'y a pas de raison de s'arrêter là.
Tout ceci relève des appréciations qu'on peut porter sur la vendetta corse, sur la guerre des Montaigu et des Capulet ou sur celle qui est le thème du Rivage des Syrtes, de Julien Gracq: il y a des états d'hostilités familiales ou autres qui se résolvent dans ou par la guerre, après des siècles, alors que les protagonistes n'en ont jamais su les raisons exactes, mais [192] veulent quand même les justifier. Encore faut-il supposer des deux côtés qu'il y a eu un premier et unique responsable.
Sur ce point particulier, il y a un dogme de la doctrine chrétienne qui est inspiré du Nouveau Testament et qui dispense de l'établissement des responsabilités: celui de la rémission des péchés. La signature d'un traité comporte la rémission des péchés comme l'absolution donnée par le prêtre dans son confessionnal. Moralement, du moins. Pratiquement, il n'en est jamais ainsi: pas plus que les traités de Vienne de 1815 n'avaient remis ses péchés à la France de Napoléon, celui de Francfort, de 1871, n'a remis les siens à la France du Second empire et le traité de Versailles de 1919 les siens à l'Allemagne. C'est que ceux qui font les traités en sont encore à la loi du Talion qui remonte à l'Ancien Testament.
En foi de quoi, les guerres s'enchaînent les unes aux autres. Celle de 1939 n'est pas encore terminée que les adversaires qui restent aux prises se considèrent toujours en état de légitime défense, l'un vis-à-vis de l'autre, dans le cadre d'une morale surannée, et qu'un troisième conflit a déjà pris naissance en Corée dans les mêmes conditions. Les Coréens du Nord et les Coréens du Sud s'en renvoient mutuellement et sur ordre la responsabilité: un jour, on s'apercevra peut-être que le responsable, c'est cette ligne de démarcation tracée d'un commun accord par des étrangers au pays et qui condamne les deux parties d'un même peuple, indispensable l'une à l'autre, à mourir économiquement chacune de son côté en leur interdisant de communiquer entre elles...
Le même problème se pose dans les mêmes termes à l'échelle de l'Allemagne, puis à celle de l'Europe, puis à celle du monde. L'agresseur, c'est le régime des lignes de démarcation par la personne interposée des classes privilégiées [193] qui le font perdurer et dont on croit trop volontiers, comme le disait Victor Hugo, qu'elles se battent entre elles pour nous, alors qu'elle ne font que s'entr'aider contre nous. Et les agressés, ceux qui sont en état perpétuel de légitime défense, ce sont les peuples ainsi condamnés à s'entretuer.
Le traité de Versailles et la guerre de 1939 ont, une fois de plus, mis en évidence que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes était très limité. Si on va au fond des choses, on s'aperçoit très vite que ce droit est seulement celui des grands peuples à disposer des petits ou des vainqueurs à disposer des vaincus.
En 1919, ainsi qu'il a été dit au chapitre 1er, c'est contre leur gré que les petits peuples de l'Europe centrale ont été démantelés puis répartis ou assemblés par fractions par les vainqueurs. En 1939, l'Europe centrale n'était plus qu'un foyer d'irrédentismes divers dont le pôle d'attraction était l'Allemagne. Ce ne fut pas un mince argument pour Hitler: l'agression militaire dont il était accusé se nuançait de ces circonstances qui lui permettaient de se donner comme allant porter, à la pointe de ses baïonnettes, la liberté aux peuples opprimés par le traité de Versailles. En fait, tous ces peuples étaient coincés entre deux oppressions: celle du traité et celle du national-socialisme. Il n'en reste pas moins qu'ayant choisi l'une on voulut néanmoins continuer de leur imposer l'autre. On ne pouvait sortir de cette impasse qu'à la condition de poser le problème non plus sur le plan du droit d'un peuple entier, mais sur celui du droit de l'individu à disposer de lui-même en toutes circonstances. Mais trop d'intérêts s'y opposaient.
[194]
Les principes au nom desquels on agissait ont d'ailleurs pris toute leur valeur et toute leur saveur en 1945, date à laquelle on a livré à la Russie soviétique, et sans plus leur demander leur assentiment, tous ces peuples dont on voulait, contre leur gré, défendre la liberté quand l'Allemagne la menaçait. Pour rester objectif, il faut reconnaître qu'on a découvert, il y a quelque temps, que, de nouveau, ils étaient opprimés.
Cette notion du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est donc très élastique: il n'en peut être autrement. Ses protagonistes sont tous des peuples qui en tiennent d'autres sous leur joug. A ce sujet, il est caractéristique qu'on ne juge pas à propos d'en étendre le bénéfice aux peuples coloniaux ou classes sous mandat. On sait les difficultés que l'Angleterre a faites à l'Irlande et à l'Inde. On sait celles qu'elle fait encore à l'Iran et à l'Egypte. Et on sait, enfin, celles que la France fait à Madagascar, à l'Indochine, a la Tunisie et à toute l'Afrique du Nord. De toute évidence, il n'est pas question de reconnaître à tous ces peuples le droit de disposer d'eux-mêmes.
Cette morale, dans laquelle tous les cas sont particuliers et ne relèvent que par exception de la règle générale, est en réalité une très basse escroquerie. Elle prend tout son sens si on veut bien tenir compte que les entreprises colonialistes ont jadis été justifiées par le souci de porter à tous ces peuples la liberté qu'on leur refuse aujourdhui...
C'est encore à L. Emery qu'il faut en revenir: nul mieux que lui n'a rendu sensible la misère de ce poncif et l'impasse [195] à laquelle il conduisait si on le prenait comme centre d'intérêt. Voici ce qu'il écrivait, le 10 septembre1939, dans Feuilles Libres:
Le moindre commentaire affaiblirait la portée de ce raisonnement.
La dénommée Dolorès Ibaruri, dite la Passionaria, est à jamais le plus beau spécimen de ces gens qui pensent que «sans liberté la vie ne vaut pas la peine d'être vécue» et qui préfèrent «mourir debout plutôt que vivre à genoux». Elle l'a dit, répété, clamé, claironné dans toute l'Espagne. Elle le hurlait encore aux foules en montant dans l'avion qui avait mission de la sortir subrepticement de l'enfer et douillettement déposer en France. A la gare de Lyon, elle fut accueillie par une foule en délire qui la magnifia. Quelques jours après, elle était confortablement installée dans un luxueux hôtel des Champs-Élysées. Mais ceux à qui elle s'était adressée et qui avaient suivi son conseil, étaient restés et, eux, ils étaient morts...
Quand l'Italie entreprit la conquête de l'Albanie, Sa Majesté le roi Zogou lança un vibrant appel à son peuple: défendre la liberté jusqu'à la dernière goutte de sang. Le peuple albanais a répondu à cet appel, mais... son roi a f... le camp ! Un mystérieux avion est encore intervenu fort opportunément pour empêcher que fût versée la dernière [197] goutte de sang. Ce roi vint, lui aussi, s'installer confortablement dans quelque luxueux hôtel avec la princesse Géraldine, sa femme, et ses trois soeurs. Les journaux firent grand cas de son attitude courageuse et se répandirent en lamentations sur l'infortune de la famille royale. Du peuple albanais qui était resté sur place et était mort, il fut beaucoup moins question.
On pourrait se borner à dresser une liste d'exemples et conclure qu'est sans aucune valeur une morale uniquement prêchée par des gens de toute manière assurés de n'en subir pas personnellement les conséquences. J'ai vécu près de deux années dans un camp allemand de concentration, c'est-à-dire dans la pire des servitudes. J'y ai coudoyé des gens dont certains avaient acquis un grand nom dans la défense et l'illustration du slogan: ils ne se sont pas suicidés. J'ai même observé que les mieux disposés à vivre à plat ventre sous la férule et jusqu'au prix des plus inimaginables forfaitures, étaient ceux qui, quelques années auparavant, clamaient à tous les échos qu'ils préféraient la mort à la servitude et mourir debout plutôt que vivre à genoux. Je ne me suis pas suicidé non plus? Bien sûr. Mais, moi, j'ai toujours pensé qu'en désespoir de cause ou pour toute autre raison, le suicide était une affaire rigoureusement personnelle, qu'on n'avait pas le droit d'en faire une règle générale pour les autres - surtout pour eux seulement - et que, placé entre la servitude et la mort, sans autre alternative, il était plus sage de choisir la servitude, ne serait-ce que parce qu'on peut en sortir, tandis que, de la mort, on ne revient jamais. Je vis, mais au moins, je ne survis pas à quelqu'un qu'une de mes attitudes, gratuite pour moi, aurait entraîné dans la mort et, en ce sens, je n'ai pas de sang sur les mains.
Étendu aux collectivités, le raisonnement qui béatifia la Passionaria et le roi Zogou débouche sur une pre[198]mière objection: s'il avait quelque valeur, il faudrait conseiller le suicide aux peuples coloniaux et à tous les prolétariats du monde, lesquels n'ont jamais connu d'autre état que la servitude. Or, de toute évidence, ce n'est pas ce que l'on fait - fort heureusement, d'ailleurs.
Historiquement, il se situe dans l'ombre du dernier vers de l'Enéide qui révèle, dans sa plénitude, le caractère de relativité de la servitude:
Philosophiquement, ce n'est que par un abus de l'abstrait qu'on a pu persuader des millions d'êtres humains que certaines valeurs matérielles ou morales, aussi arbitrairement définies que choisies dans le nombre, méritaient d'être défendues jusqu'à la mort et qu'il valait mieux mourir que les perdre. Il est clair qu'une guerre qui anéantirait le genre humain, anéantirait du même coup toutes les valeurs matérielles et, à plus forte raison, les valeurs morales, en les privant de leur moyen d'expression. A partir du moment où il devient évident que le pire des fascismes étendu au monde entier anéantirait moins d'êtres humains qu'une guerre, il faut admettre que ce pire des fascismes est préférable a la guerre. Du moins nos aïeux étaient-ils gens bien sensés qui, sur ce point... avaient le sens du moindre mal.
Supposez, maintenant que Galilée ait préféré la mort à la servitude intellectuelle et que Pasteur l'ait préférée à la misère. Supposez que Scarron n'ait pu supporter son infirmité et Voltaire son exil. Et, combien d'autres au cours des siècles, combien de savants, d'artistes, de littérateurs, etc., ont vécu persécutés, emprisonnés, embastillés, torturés, qui eussent été en droit de préférer la mort à la vie servile et ont vécu quand [199] même! J'ose affirmer que la vie de servitude et de misère de beaucoup de grands hommes qu'on révère, aujourd'hui seulement, a été socialement préférable à leur suicide par désespoir ou dans n'importe quelle aventure condamnée à l'échec et que celle des générations actuelles, du plus grand savant au plus humble laboureur, l'est de même et en toutes circonstances pour les générations futures. «Après le pain, disait Danton, l'instruction est le premier besoin des peuples.» Après le pain, c'est-à-dire après la vie.
Ou encore: d'abord la vie.
La vie est le premier des biens, celui sans lequel les autres n'existent pas.
J'ajoute qu'il est parfaitement ridicule de tenter une comparaison entre la guerre et la servitude, car, quelle que soit son issue, la guerre entraîne toujours la servitude et c'est toujours avec des peuples préalablement asservis qu'on a fait les guerres. Sous cet angle, il y a une loi qui est commune aux peuples libres et aux peuples asservis: refuser la guerre sous quelque prétexte que ce soit parce que, précipitant les premiers dans la servitude, elle ôte aux seconds, pour de longues éeriodes, l'espoir d'échapper au joug qui les oppresse. La guerre est toujours le commencement ou l'aggravation de la servitude.
II faut retourner le slogan: sans la vie, pas besoin de liberté !
[200]
C'est un mot d'ordre dont il a été usé et abusé au Congrès socialiste de Royan (1938) et à celui de Montrouge (décembre 1939).
De celui-ci, c'est Paul Faure qui a fait justice dans un article publié par Le Pays Socialiste, le 20 octobre 1939:
Sous l'occupation, les classes privilégiëes se sont beaucoup servi du socialisme, et c'est encore en son nom qu'elles justifiaient la Résistance: à la Libération, il ne pouvait être question, disaient-elles, de revenir au système d'injustice sociale et d'oppression d'avant la guerre...
On voit où nous en sommes sous ce rapport !
[202]
Je sais bien par quelles aspérités tous ces sophismes s'accrochent à la vie spéculative des peuples et en arrivent à être des règles de leur comportement.
En 1914, on a entraîné quelque vingt nations dans la guerre du Droit et de la Civilisation. Quand il y a eu, de par le vaste monde, vingt et quelques millions de morts, le Droit et la Civilisation, soûles de ruines, de sang et de pourriture, ont arrêté le massacre.
On a proclamé bien haut que la dernière des guerres venait de prendre fin. Quelqu'un s'est levé qui a dit, ou à peu près: «On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour les industriels». Pendant des années, les rescapés se sont dressés contre le crime avec une énergie farouche et en ont véhémentement dénombré toutes les horreurs et toutes les supercheries. De leurs rangs sont sortis des Barbusse, des Dorgelès, des Duhamel, des Ernst Johanssen, des Remarque, des Jean Giono, etc.
Vingt ans après, la guerre était là de nouveau. Quelqu'un s'est levé qui a déclaré indispensable de remettre sac au dos et de rejoindre la Ligne Maginot pour défendre la liberté menacée et quelques autres grues tout aussi métaphysiques. «Le grand troupeau» s'est reformé, docile et résigné, puis mis en marche vers la mort, partant de toutes les capitales. Et il n'est reste que Jean Giono, ou à peu près, pour protester contre l'escroquerie. Henri Jeanson, Félicien Challaye, Lecoin et quelques autres ont éte mis à la raison ou n'ont point été entendus.
Dans son livre De prison en prison Louis Lecoin a remarquablement stigmatise la facilité avec laquelle certains [203] hommes qu'on croyait grands se sont révélés infidèles 1 à eux-mêmes et ont changé d'opinion sous la pression de circonstances qu'ils redoutaient.
Tout le monde a, dans sa vie, des exemples - hélas, nombreux ! - de compagnons de lutte qui, en prenant de l'âge, ont «tourné» à l'épreuve comme le lait au feu par temps d'orage. Entre 1939 et 1945 , quelques militants pacifistes, et non des moindres, qui ne voulaient pas faire la guerre contre l'Allemagne, ont, par on ne sait quel miracle, tout à coup réalisé qu'il était urgent et nécessaire de la faire contre l'Angleterre. D'autres pensent aujourd'hui qu'il est impossible de ne pas la faire à la Russie, et ce sont généralement les mêmes. J'ai connu un homme intelligent qui fut jadis un disciple de Gustave Hervé première manière et qui, le 11 octobre 1939, écrivait dans un grand journal de Paris:
Ce qui revient à dire qu'a l'époque, il était le plus forcené parmi les forcenés.
Bien sûr, il n'était qu'un précurseur des «grands politiques» de 1953, dont c'est la manière de voir. Encore faut-il remarquer que, parmi ceux-ci, les plus agressifs et les plus chauds partisans des solutions militaires dans le conflit américano-russe, sont des Munichois de 1938-39.
Il y a là un problème d'évolution de l'esprit chez [204] l'homme dont la clé est probablement l'âge et l'évolution de la situation sociale. Peut-être y a-t-il aussi un problème de structure dans la mesure où il peut, être admis que, dans les décisions graves, c'est toujours une sorte de gérontocratie qui l'emporte.
Ce qui est certain, c'est que les problèmes de la guerre et de la paix ne relèvent toujours que des solutions de force et non des propositions de la raison.
Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <aaarghinternational@hotmail.com>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.
Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.
Nous nous plaçons sous
la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits
de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19
<Tout individu a droit à la liberté d'opinion
et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être
inquiété pour ses opinions et celui de chercher,
de recevoir et de répandre, sans considération de
frontière, les informations et les idées par quelque
moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme,
adoptée par l'Assemblée générale de
l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.