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Le Drame des juifs européens

Paul Rassinier

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Chapitre 3.2

 

 

III. - LA MIGRATION JUIVE OU « LE JUIF ERRANT »

 

Pour bien comprendre le mouvement de la population juive européenne entre 1933 et 1945, un rapide survol historique de la migration juive à l'échelle du monde me paraît indispensable : l'histoire du « juif errant » en somme.


Successivement ou simultanément popularisé sous les noms de Cartaphilus, Ahasvérus ou Laquedem selon les lieux et les époques, le juif errant paraît être entré dans la tradition européenne aux environs du XIII' siècle. L'image et la chanson l'y ont définitivement fixé au XVIII' dans une complainte naïve en vingt-quatre couplets avec un « Portrait dessiné d'après nature par ies bourgeois de Bruxelles, lors de la dernière apparition du [127] juif, le 22 avril 1774 » et qui traduit à sa manière une des plus anciennes et des plus originales réalités historiques : la migration juive.


Une des plus anciennes : sous les espèces des pérégrinations de la branche, présentée comme légitime des descendants de Noé par Sem et Abraham 1 elle est, dans sa forme légendaire et mythique, toute la substance de l'Ancien Testament qui date ses premiers pas du non moins légendaire et mythique Déluge universel. La plus originale : entrée dans l'histoire à une date toujours incertaine mais très probablement contemporaine de l'invasion de l'Égypte par 1es Hyksos (18e siècle av. J.-C.) en tout cas, entre le 20e et le 12e siècles avant J.-C., alors que toutes les autres migrations humaines se sont depuis longtemps fixées, soit qu'elles aient assimilé les populations du territoire d'expansion qu'elles avaient choisi, soit qu'elles s'y soient assimilées, non seulement celle-ci n'est pas terminée, mais vingt siècles après J.-C., elle se présente clans les même termes que dans la légende et elle a toujours les mêmes mobiles. « La vocation commerciale du peuple juif, disait Otto Heller (La fin du judaïsme, Guilde, Paris 1933) est une longue tradition. » De fait, de Sumer qui, si on en croit l'Ancien Testament, fut son premier but, à New-York qui semble être son actuel point de mire, la migration juive a suivi, comme toutes les migrations humaines, les grendes artères naturelles, mais non pas, comme elles, à l'aventure, en se dirigeant sur la course du soleil et en ne les considérant que comme des voies de communication d'un point à un autre : au fur et à mesure, seulement, que ces artères naturelles sont devenues des artères commerciales et, avec un esprit de suite certain, en se dirigeant constamment vers les points ou les régions du globe qui avaient atteint le plus haut degré de développement économique. C'est la raison pour laquelle, au lieu d'aller carrément de l'Est vers l'Ouest comme [128] toutes les autres migrations humaines, celle-ci s'est déplacée en zig-zag un peu dans toutes les directions. Que des circonstances historiques accidentelles et notamment l'hostilité dont elle fut l'objet dans certaines des zones d'expansion qu'elle s'était choisies, ne soient pas étrangères à ce déplacement en zig-zag est certain, mais ces circonstances n'ont qu'à peine modifié son mouvement par rapport aux buts qu'elle s'est toujours fixés. Cette hostilité ne fut d'ailleurs, historiquement parlant, jamais, ni systématique, ni permanente et ce fut sans doute parce que, contrairement aussi à toutes les autres migrations humaines, elle ne fut toutefois non plus, pour ainsi dire jamais, ni massive, ni agressive : la souplesse du commerçant par vocation. A deux exceptions près : Dans sa phase biblique durant la période ou, successivement Saül, David et Salomon tentèrent de l'installer à demeure et de force au point d'intersection des deux grandes artères commerciales de leur temps qui reliaient en se croisant l'Europe et l'Afrique à l'Asie, je veux dire en Palestine, dans l'espoir d'y vivre en prélevant une dîme sur tous les échanges alors forcés d'emprunter ce passage ; et aujourd'hui, toujours en Palestine où le mouvement sioniste international projette de reconstituer dans la forme d'un État-comptoir, le royaume de Salomon, ce pays se trouvant de nouveau sur la plus importante artère commerciale du monde moderne qui, allant de New York à New York, fait le tour de la Terre en passant par Londres, Paris, Tel-Aviv, Calcutta, Singapour, Hong-Kong, Shangaî et Tekâo. C'est, en tout cas, ce qui ressort de la lecture attentive du petit livre d'un certain Kadmi Cohen, porte- parole du Sionisine international qui eut son heure de célébrité entre les deux guerres mondiales : L`État d'Israël (Kra - Paris 1930) dont la thèse quoique présentée en termes volontairement assez vagues pour ne pas laisser percer le bout de l'oreille, semble bien être que le mouvement sioniste international ne doit pas se fixer pour but de rassembler tous les juifs du monde dans un État porté aux dimensions du royaume de Salomon et de les y organiser en nation moderne, mais seulement son aile marchante avec mission d'en faire le port d'attache d'une diaspora rationnellement répartie aux points de convergence des richesses du monde et qui les rabattrait sur lui. A l'échelle du monde moderne, ce serait en quelque sorte, la répétition de l'opération réalisée au l er siècle avant J.-C. à l'échelle du monde romain, décrite par Cicéron dans son célèbre plaidoyer Pro Flacco et qui se traduisait par des chargements périodiques, sur des galères à destination de la Judée, de tout l'or de ce monde qui convergeait alors vers Rome. Si, à deux reprises, Rome mandata Titus (70 [ 129] ans ap. J.-C.) puis Hadrien (135 ap. J.-C.) pour détruire le royaume de Judée et en disperser tous les habitants dans l'Empire, entre autres raisons, elle avait au moins celle-ci : récupérer ce quelle considérait comme son or jusqu'à Titus, elle avait été très bienveillante pour les juifs, l'affaire Bérénice en est la preuve.

Aujourd'hui, c'est, pour parler par métaphore, l'or de Fort Knox qui est visé. Si l'opération réussissait il suffirait que la branche américaine du mouvement sioniste international mît la main sur Wall-Street, pour qu'il en soit ainsi le port d'attache israélien de la diaspora deviendrait non seulement le Toit commercial du monde atlantique mais, le pétrole étant la source énergétique par excellence de son développement, et son contrôle lui étant assuré en totalité du Moyen-Orient au Texas, le poste de commande aussi de toute son industrie. « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » dit l'Éternel à Adam, et à Eve : « Tu enfanteras dans la douleur », en chassant le couple du Paradis terrestre qu'il avait créé à leur intention et pour leur descendance. Les femmes d'Israël continuraient, bien sûr, à enfanter dans la douleur, mais leurs hommes, c'est à la sueur du front des autres qu'ils leur gagneraient leur pain et celui de leurs enfants : le moins qu'alors on pourrait dire, c'est que la qualification de « Peuple élu » à laquelle les juifs prétendent prendrait toute sa signification.

Les chances de réussite de cette opération ? En 1932, Arthur Ruppin (Les juifs dans le monde moderne - op. cit.) nous dit qu'en 1927, aux États-Unis, les 4.500.000 juifs disposaient d'une propagande écrite se décomposant ainsi : 9 quotidiens, 68 hebdomadaires, 18 mensuels, 16 sans périodicité assurée. Il précisait, en outre, que : 65 de ces publications étaient présentées en langue anglaise, 41 en yiddisch, 3 en hébreu, 2 en allemand. Et que, le plus lu des quotidiens, le New-York Vorwaerts tirait à 250.000 exemplaires. Il ne s'agissait là que de la presse interne au judaïsme et dont le but était seulement d'assurer son homogénéité, c'est-à-dire, aucun compte n'étant tenu des participations financières juives dans la grande presse d'opinion dont Arthur Ruppin dit seulement qu'elles étaient très importantes. Ce qu'il en est aujourd'hui ? On le verra plus loin quant à ce qu'on peut penser de l'importance de la population juive aux États-Unis. Quant à l'importance de la presse interne du mouvement sioniste, je n'ai aucune donnée qui me permette de l'évaluer : il n'est pas pensable qu'elle soit inférieure à ce qu'elle était en 1927. Et quant à celle des participations financières juives dans la presse d'opinion, il me suffira, pour en donner une idée, de [130] noter que cette presse vulgarise avec un remarquable ensemble et en les reprenant à son compte, toutes les thèses de l'American Council for judaïsm. Que ces thèses ne soient pas toujours en parfaite concordance avec celles du Centre mondial de documentation juive contemporaine et de ses succursales dont la propagande est inspirée par M. Ben Gourion, il en faut voir la raison dans le dissentiment politique qui oppose ce dernier à M. Nahoum Goldman, inspirateur de celle de l'American Council for judaïsm. Les discordances entre les deux hommes et les deux organismes ne portent, du reste, que sur des détails et ne se traduisent que par des nuances ; lorsqu'il s'agit de conclure ils se retrouvent toujours d'accord sur le thème général. Et leurs supporters respectifs imitent leur exemple, M. Raul Hilberg et Mme Hannah Arendt nous en fournissent la plus belle illustration qui, au service de M. Nahoum Goldman, mettent au compte d'Auschwitz, un million de juifs exterminés (près de trois millions de moins que les Poliakov et autres Olga Wormser ou Henri Michel du Centre mondial de documentation juive contemporaine et de ses succursales !) et 950.000 à celui des cinq autres centres d'extermination par les gaz (plus d'un million de moins : en tout, une marge de divergence de près de quatre millions sur un total général de six !) mais qui, lorsqu'ils font leurs additions pour établir le bilan général des pertes juives, n'en trouvent pas moins le moyen d'arriver quand même à un chiffre voisin ou, en tout cas du même ordre de grandeur (ici est la nuance dans le thème général) que les six millions du Centre mondial de documentation juive contemporaine et de ses succursales au service de M. Ben Gourion. Même remarque pour l'analyse des pertes juives par pays, où, selon qu'on se rapporte aux thèses de l'American Council for judaïsm mises en forme par M. Raul Hilberg ou M. Shalom Baron, ou à celles du Centre mondial de documentation juive contemporaine mises en forme par la bande Poliakov, on arrive à un nombre de survivants qui peut varier de 50.000 à 700.000 pour la Pologne, de 500.000 à 2.600.000 pour la Russie, de 0 à 85.000 pour la Lettonie et de 0 à plusieurs millions pour chacun d'une dizaine d'autres pays sans que le total général des pertes pour tous les pays en smt sensiblement affecté.

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Et tout cela fait que, dans le thème général qui leur est commun des six millions de juifs exterminés ou à peu près, ces deux thèses se détruisent mutuellement l'une par l'autre lorsqu'elles en donnent le détail.

Mais, revenons à notre migration juive qui fait leur malheur - commun aussi.

Des circonstances historiques accidentelles qui ont influé sur la direction générale de la migration juive, les plus importantes paraissent être la captivité de Babylone (588-536 av. J.-C.), l'intervention de Titus (70 ap. J.-C.) et Hadrien (135), les réactions de la chrétienté moyennâgeuse (plus particulièrement du 13' au 16' siècle), la politique des Tsars de Russie dans la seconde moitié du 19', le bolchevisme et l'hostilité pour ainsi dire atavique de la population polonaise depuis la fin de la première guerre mondiale, et enfin, Hitler de 1933 à 1945. Mais il n'y eut pas que des circonstances hostiles : depuis 1850, l'accession progressive des États-Unis au leadership industriel et commercial du monde est un facteur d'attrait qui a été décisif sur l'orientation actuelle de la migration juive et l'a singulièrement accélérée dans cette orientation. Les chiffres sont significatifs : 230.000 juifs aux États-Unis en 1877 - 475.000 en 1896 - 1.775-000 en 1906 - 3.300.000 en 1916 - 4.461.184 en 1926, si l'on en croit M. John Beaty (The Iron Curtain over America, op. cit.) qui dit citer d'après les différents recensements officiels de la population américaine. Et cela signifie que, pendant ces cinquante années, la population juive des États-Unis s'est multipliée par 20 : une véritable invasion. Il est vrai que, pendant ces cinquante années, il n'est pas que les juifs qui aient été attirés par les États-Unis. En 1926, dit la dernière statistique officielle à laquelle se réfère M.. John Beaty, sur une population totale de 150 millions d'habitants, les Blancs représentaient 107 millions. Dans ces 107 millions, 33 millions, étaient ou nés d'étrangers à la première génération ou étrangers eux-mêmes. (Larousse, XX` siècle). C'est que ces cinquante années ont correspondu à ce qu'en Europe nous avons appelé la ruée vers l'or dont le branle avait été donné en 1848 par la découverte des mines d'or de Californie qui fut à l'origine de la fondation et de l'extraordinaire développement de San Francisco.

 

Si l'on tient compte qu'en 1926, les Allemands ou fils d'Allemands qui représentaient le plus fort groupe ethnique ou national d'étrangers aux États-Unis étaient 7.250.000, les Anglais 5 millions, les Italiens 3.500.000, avec ses 4.461.184 unités, le groupe juif était, avec les Irlandais (4 millions) celui qui par rapport à son importance mondiale, représentait proportionnellement le plus fort contingent - et de loin ! Il faut encore remarquer que, tandis que tous les autres groupes étrangers se sont installés aux États-Unis entre 1850 et 1900, les juifs n'ont commencé à y arriver massivement qu'aux environs de 1900, surtout après 1906 et que, dit la statistique, ils étaient, pour la [ 132] plupart, Russes et Polonais d'origine, ceux qui ne l'étaient pas, étant presque tous Allemands. Il semble donc qu'on puisse associer les débuts de la migration massive des juifs vers les États-Unis à deux événements qui lui sont contemporain : l'échec de Théodore Herzl (mort en 1904) dans sa tentative de fonder un état juif en Palestine, ce qui intéressait surtout les juifs russes et polonais victimes de pogroms périodiques, et les premières mesures prises par les États-Unis de contingenter l'immigration chez eux (1901-1903) qui, d'après les chiffres ci- dessus cités, font apparaître celle des juifs comme ayant été clandestine dans sa presque totalité entre 1906 et 1926. Ce qu'elle fut depuis cette date, on en aura une idée dans un instant : dès maintenant, on ne risque rien à dire que les juifs russes, polonais et allemands n'y tiennent pas moins de place qu'au début de ce siècle et que, surtout entre 1933 et 1945, elle ne fut pas moins clandestine malgré le renforcement des mesures de contrôle de l'immigration prises en 1924 (The national origins Law) qu'étant donné les événements dont les juifs étaient victimes en Europe on ne fit - c'est à l'honneur de l'Amérique - pratiquement jamais jouer contre eux pendant cette période, bien que, dans la théorie, jamais ils n'y aient été officiellement soustraits.

 

Si, chaque fois que le problème juif s'est posé dans le monde, il l'a été par les juifs russes, polonais et allemands - dans ce que nous appelons la période contemporaine de l'histoire, tout au moins - c'est à Titus et Hadrien qu'on le doit, leur intervention fracassante en Palestine ayant déplacé ce qu'on pourrait appeler au choix, le centre de gravité ou le bassin d'alimentation de la migration juive dans le triangle européen défini par les embouchures de la Volga, du Danube et de la Vistule : maltraités comme ils le furent alors par Rome, les rescapés des massacres ne furent pas tentés par l'Égypte, elle aussi romaine, comme leurs pères l'avaient été au temps d'Hérode, et ils preférèrent gagner l'extérieur du limes, la plus grande partie par le Caucase, le reste s'allant installer en Babylonie jadis assignée à leurs ancêtres par Nabuchodonosor au temps de la grande captivité (6' siècle av. J.-C., cf. Otto Heller op. cit.). Sous le règne tolérant des Arsacides, ceux-ci y formèrent une sorte d'Etat vassal qui, du IIP au Ve siècle, rayonna intellectuellement sur tout le monde juif par ses académies théologiques de Sora, Poumbadita et Nahardea. Là et à cette époque, le Talmud dit de Babylone fut mis au point. Mais, cette branche regagna progressivement le gros de la migration et s'y réincorpora.

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Leur expérience palestinienne les avait-elle instruits ? C'est très probable. Toujours est-il que tous les auteurs qui ont relaté ces événements ou les ont commentés sont d'accord sur ce point : de l'autre côté du Caucase, les juifs étaient très bien accueillis par les populations autochtones auxquelles ils apparaissaient, non pas comme les racistes que sont leurs descendants d'aujourd'hui, mais comme des porteurs d'une religion nouvelle en faveur de laquelle ils se livraient au prosélytisme. Au rythme des conversions qu'ils opérèrent parmi elles, ils se mélangèrent à elles et, essaimant ainsi, gagnèrent d'abord une ligne qui alla très rapidement de l'embouchure du Danube à celle de la Volga puis, les habiles commerçants qu'ils étaient restés se sentant attirés par la mer Baltique, forma bientôt, avec celle de la Vistule, un triangle où passaient obligatoirement toutes les voies terrestres, routes et fleuves, qu'empruntaient les échanges entre l'Europe continentale et l'Asie par la mer Noire et la Caspienne.

Caracalla ayant levé les mesures d'exception prises contre eux sous Titus et Hadrien, durant tout le III' siècle et jusqu'à Constantin qui les rétablit (début du IV') leur essor commercial fut favorisé par la normalisation de leurs relations avec leurs coreligionnaires restés dans l'Empire et ils apparurent aussi comme porteurs d'un bien-être jusque là inconnu des populations barbares de ces régions et qui les attira vers eux tout autant, sinon plus que leur religion. Les conversions et les métissages consécutifs aidant, les deux ou trois douzaines de milliers de juifs qui, fuyant devant les soldats de Titus et d'Hadrien, avaient franchi le Caucase étaient, au Moyen-Age, devenus des centaines de milliers qui vivaient en communautés commerçantes fermées aux non-initiés et dont les synagogues étaient à la fois le ciment et la clef de voûte, mais dont l'ensemble formait un groupe ethnique très différent du groupe originel. A la veille de la guerre de 1939, ils étaient plusieurs millions dits Askenazim dans la communauté juive mondiale, par opposition aux Sephardim, descendant de ceux qui avaient gagné l'Europe occidentale par les rives de la Méditerranée sans se mélanger aux populations autochtones des pays traversés et avaient gardé le type originel.

 

Je profite de l'occasion qui se présente ici pour dire que, des Askenazim aux Sephardim, la communauté juive mondiale du XX' siècle est composée d'hommes et de femmes d'une infinité de types très nettement différenciés dans leurs caractères somatiques - il y a même des juifs jaunes et des juifs noirs ! - seulement unis entre eux par une religion, des coutumes, un [ 134] genre de vie ou, pour tout dire, une tradition qui est le ciment d'une unité de vues et d'une solidarité à toute épreuve mais ne suffit pas à définir une race dans le sens biologique que nous donnons au mot. En vertu de quoi, donnant l'un et l'autre un caractère racial à leur combat, Hitler et Ben Gourion commirent la même erreur : celui-ci en voulant, par la création de l'état d'Israël, non seulement sauver des hommes, mais un type d'homme qui n'existe pas ou plus, celui-là, en voulant protéger du métissage par cet homme imaginaire, une communauté allemande qu'il disait du type germanique mais qui, racialement, ne l'était pas plus qu'aujourd'hui la communauté israélienne n'est juive. Car, envisagé sous l'angle de sa population, voici ce qu'est l'état d'Israël de M. Ben Gourion : un rassemblement de types humains qui va du juif yéménite bâtardé d'Arabe, au juif allemand bâtardé de Germain, en passant par le juif russe, roumain ou hongrois bâtardé de Slave, tous ces types n'ayant entre eux que peu ou pas de caractères somatiques communs. Le seul résultat que le mouvement sioniste peut espérer d'un rassemblement aussi hétéroclite, c'est ethniquenient ou racialement parlant, la naissance d'un nouveau type humain de juif, à la longue issu du brassage de tous ces types, si tant est qu'ils consentent à se brasser, et, politiquement, un État théologique, c'est-à-dire dans la forme la plus archaïque actuellement connue de cet organisme et qui n'aurait d'autre avantage que de correspondre à ce qui semble être le niveau intellectuel moyen de cette masse, lequel est peut-être très élevé du point de vue religieux ou mystique mais assurément assez bas ou très en retard sur notre temps du point de vue philosophique. Par quoi l'on voit que le mouvement sioniste international n'a pas, pour des populations aussi arriérées, voire aussi primitives que les juifs du Yémen avec lesquels il projette, en théorie au moins, de fondre tous les juifs du monde en un seul peuple sur la terre d'ancêtres qui, de toute évidence leur sont beaucoup moins communs qu'il ne le prétend, la même et aussi insurmontable répulsion dont, depuis le temps où Théodore Herzl le tenait sur les fonts baptismaux, il n'a cessé de faire preuve à l'endroit des populations européennes à la pointe de la civilisation : on sait, je suppose, avec quelle obstination indignée le mouvement sioniste international n'a jamais cessé de repousser les thèses de celui qui me semble être le plus grand philosophe juif de tous les temps, je veux dire Moïse Mendelsohn (1729-1786) qui, voulant mettre fin au judaïsme d'apartheid, prônait l'assimilation des juifs aux populations des pays dans lesquels ils vivaient. Explication de ce comportement : tentant d'élever le ju[ 135] daïsme du plan de la religion et du mythe de la race à celui de la philosophie, les thèses de Moïse Mendelsohn signifiaient, si elles avaient été prises en considération, la mort du rabbinat, paravent commode dans l'ombre duquel est née et n'a cessé de prospérer, la plus ambitieuse, la plus vaste et la plus solide entreprise commerciale de tous les temps. Menacée de mort ou, pour le moins, du détournement de ses profits en faveur d'une communauté beaucoup plus large par l'assimilation des juifs aux populations civilisées européennes, cette entreprise commerciale ne courait aucun risque du fait de leur croisement avec les juifs yéménites sur le territoire d'Israël - au contraire ! Mais on frémit à la pensée de ce que pourrait être le type juif de l'avenir si, le judaïsme proliférant parmi les noirs et les jaunes comme il a proliféré en Europe et, le mouvement sioniste international les séduisant à leur tour, il prenait fantaisie à ces juifs noirs et jaunes de venir, eux aussi, participer à cette entreprise de croisement sur une terre, ma foi, à eux aussi « promise ».

Voici, maintenant, ce qu'était l'Allemagne de Hitler vue sous le même angle : une communauté d'hommes d'une infinité de types parmi lesquels le type germain caractérisé par la réunion en une seule personne de la haute taille, de la dolichocéphalie et de la carence pigmentaire (pâleur du,teint, blondeur des cheveux) ne représentait qu'une toute petite minorité. « Entre 1874 et 1877, nous dit Pierre Gaxotte (Histoire de l'Allemagne, Paris 1963, chez Flammarion, tome I, p. 21) une enquête faite dans les écoles allemandes et qui portait sur six millions d'enfants, n'a révélé que trente et un pour cent de blonds. Selon d'autres recherches, précise-t-il, les Allemands du nord que la tradition représente cependant comme les mieux préservés, ne comptent plus que dix-huit dolichocéphales sur cent. » Que les Allemands n'en soient pas déçus : une enquête analogue qui se fixerait pour but de rechercher l'importance que représente, par exemple, le type celtique dans la population française aboutirait à des résultats du même ordre. Dans une Europe occidentale dont les populations sont le résultat du grand brassage plusieurs fois millénaire de toutes les migrations qui s'y sont donné rendez-vous et croisées en s'entretuant, il n'y a pas de peuple homogène au regard de l'anthropologie, ni même, dans lequel le type d'homme représentatif de l'une quelconque de ces migrations soit à la fois majoritaire et parfaitement conservé. En admettant qu'il soit possible de définir le type juif originel avec autant de précision que le type germain ou celtique, il est très probable que si on procédait à [136] des investigations de même nature dans la communauté juive mondiale, on arriverait à des résultats du même ordre en ce qui te concerne : les juifs sephardins qui sont assurément les plus proches de ce type originel n'y représentent en tout cas qu'une infime minorité. Et ceci dit à quel point Hitler et Ben Gourion se sont, l'un et l'autre, fourvoyés dans un combat contre un mythe. Au plan racial, tout au moins. Que l'humanité du XXe siècle soit affrontée à un problème racial ne paraît pas douteux : celui, par exemple, des rapports qui peuvent ou doivent exister entre la race blanche et les races de couleur et entre ces races entre elles, c'est-à-dire, qui se pose à la fois à une autre échelle et à un niveau intellectuel un peu plus en rapport avec les données de la science moderne en matière d'anthropologie. En ce qui concerne plus particulièrement les juifs, ce n'est pas une race qu'ils représentent aujourd'hui mais un genre de vie et des aspirations, et ce n'est pas un problème racial qu'ils posent mais, l'état d'Israël ne le prouve que trop, d'ordre économique et social dans la mesure où, à l'abri d'une tradition d'essence religieuse, ils ambitionnent de s'ériger en une féodalité commerciale qui, ainsi qu'il a déjà été dit, coifferait le monde entier.

 

Cette parenthèse se fermant d'elle-même sur cette conclusion à laquelle on revient toujours, pour reprendre la migration juive au point où son ouverture l'a laissée, il faut d'abord dire que c'est par les juifs askenazim, de loin les plus nombreux, que l'Europe occidentale y a été intéressée et qu'y sont aujourd'hui, les États-Unis : de Constanza par l'artère danubienne qui fut à peu près leur seule voie vers l'Ouest jusqu'aux environs du XIe siècle, de Varsovie par les pays de la Hanse (dont l'essor commercial ne pouvait manquer de les attirer !) qui leur furent dans la suite, une voie complémentaire, ils gagnèrent progressivement la grande artère Rhône-Rhin reliant la mer du Nord à la Méditerranée. L'Angleterre les intéressa, certes, au temps de la Ligue hanséatique mais surtout à partir de la découverte de l'Amérique. Une mention spéciale pour l'Espagne et le Midi de la France, régions qui attirèrent leurs coreligionnaires restés dans l'Empire romain à partir de la chute de sa portion occidentale (4' siècle) et des mesures d'exception rétablies contre eux par Constantin, lesquelles ne furent levées dans sa portion orientale que progressivement au fur et à mesure de sa dislocation, dans les contrées qui s'en détachaient, puis définitivement lors de sa chute et de sa conquête par les Turcs (XV' siècle) : c'est la branche de la migration qui gagna l'Europe occidentale par les rives de la Méditerranée. Au moment de la découverte de l'Amérique, elle était sur place - ou plutôt, ce [137] qui en restait, car, entre temps, l'Inquisition avait passé sur elle et la pointe avancée du judaïsme se trouvait portée sur une ligne Madrid-Londres qui était justement celle sur laquelle s'étaient déplacés les centres nouveaux d'un commerce qui, d'Eurasiatique était devenu mondial.

 

Dans l'Europe occidentale affranchie des empereurs romains, il semble qu'on puisse dater du Xe siècle 2 les premières réactions violentes contre les juifs. Or, c'est aussi au X' siècle que l'influence de l'Église chrétienne consacrée par Charlemagne et que les Croisades y ont définitivement assise comme la plus importante des forces spirituelles, commence à s'y faire sentir un peu partout. Frappés par la coïncidence, la plupart des historiens ont noté ces réactions violentes en les portant au compte de la chrétienté, le mot étant pris dans le sens de christianisme. L'inquisition - dont on a facilement tendance à oublier qu'elle visait, non seulement les juifs mais toutes les hérésies et que, par voie de conséquence, elle ne peut absolument pas être considérée comme d'inspiration antisémite ou raciste - qui, à cheval sur le XIIe et le XIII' siècle, fut, en Espagne et dans le sud de la France, la plus tragique de toutes celles de cette époque, les confirma dans cette opinion. L'Église, c'est exact, n'aimait pas les juifs : elle leur reprochait, non pas leur race car en dépit qu'on en ait, il faut tout de même reconnaître que c'est une des constantes historiques de sa doctrine, jusque dans ses pires entreprises obscurantistes, d'avoir toujours été universaliste et de n'avoir jamais considéré les hommes qu'en fonction de leurs hérésies par rapport à ses dogmes - mais ce qu'elle considérait comme le plus grand de tous les crimes : la crucifixion du Christ. L'hostilité dont les juifs furent l'objet de la part des populations de l'Europe occidentale est pourtant très antérieure à l'époque où l'Église chrétienne eut une influence sur elles et il semble bien aussi qu'elle ait son ongine dans le caractère des communautés qu'ils créèrent au fur et à inesure de leur progression vers l'ouest et qui, par le commerce et le prêt usuraire, draînèrent vers elles toutes les richesses en espèces des régions où elles s'installaient. Aussi, par peur de tomber entre leurs mains et de se trouver expropriée, ce qui, semble-t-il encore, ne pouvait manquer de se produire étant donné leur génie commercial, au fur et à mesure qu'elles apparaissaient, [138] la féodalité naissante interdit-elle à leurs membres qu'elle accusait de gruger le peuple, de se rendre acquéreurs de richesses foncières : contre eux, alors même qu'on ne parlait pas encore du christianisme, le patriciat romain avait eu la même réaction de défense. En vertu de quoi, il me paraît légitime de penser que l'Église chrétienne n'a fait qu'ajouter des raisons religieuses à celles d'essence économique de la féodalité ou du patriciat romain et non l'inverse. Si cette manière de voir était justifiée, ce que j'appelle une confusion de la part des historiens n'aurait d'ailleurs d'importance que dans la mesure où il s'agit de fixer la cause originelle des réactions de l'Europe moyennâgeuse contre les juifs. Elle s'expliquerait même très bien, cette confusion : d'une part, au moment où les premières de ces réactions furent notées, la conscience que l'Europe avait d'elle-même c'était d'être, non pas l'Europe, notion alors politiquement inconnue, mais la chrétienté qui s'affirmait contre le paganisme synonyme de barbarie ; de l'autre, ce fut l'Église qui, catholique ou réformée, prit la tête du combat contre les juifs et, soit en revendiqua l'honneur dans sa lutte contre les hérétiques, soit en porta la responsabilité aux yeux de ceux qui la lui imputèrent à crime. Mais c'est là un problème pour mandarins : quelle que soit l'hypothèse, la réalité tangible pour les juifs, c'est que, de ce Xe siècle au XVI' environ, dans toute la chretienté, ils furent ici ou là, périodiquement dépouillés de richesses qu'ils étaient réputés avoir mal acquises, par les princes, les rois ou les empereurs, soit avec la bénédiction, soit à l'instigation de l'Église associée au partage des bénéfices de l'opération. Le procédé était simple : la confiscation des biens assortie de la prison ou de l'exil. Et le motif toujours le même - l'usure ou la profanation d'un lieu ou d'un objet de piété ou les deux. On peut même citer de nombreux cas de bourgeois - car, au cours de cette période, la bourgeoisie de vocation commerciale était née dans les villes et ils étaient pour elle de très dangereux concurrents - qui accusèrent des juifs d'une profanation quelconque devant l'autorité ecclésiastique pour obtenir qu'on les mît en prison ou qu'on les exilât et, ainsi, se libérer de dettes qu'ils avaient contractées envers eux.


La période qui, sans aucun doute fut la plus dure pour les juifs est celle qui s'étale sur les XIII', XIV' et XV' siècles 3 au cours desquels on nota un reflux de leurs communautés vers l'Est européen resté assez libéral à leur endroit pour qu'on y [ 139] enregistrât toujours des conversions au judaïsme. C'est, en effet, plus tard, au fur et à mesure que la religion orthodoxe gagna ces régions et que la notion d'empire de toutes les Russies y naquit que, parallèlement, y naquit aussi l'hostilité contre les juifs, mais alors elle s'y traduisit par des mesures bien terribles qu'à l'Ouest : le mot pogrom appartient au vocabulaire russe 4. A l'Ouest, c'est l'apparition de l'humanisme dans le mouvement intellectuel qui apporta les premiers allègements à la condition des juifs et c'est celle des encyclopédistes qui porta le coup décisif à l'hostilité dont ils étaient l'objet. La Révolution française les fit citoyens comme tout le monde (1791) et le mouvement gagna l'Europe, la Prusse (18l2), la Confédération germanique (1848), l'Angleterre (1858), l'Italie (1870). Mais l'ère des « pogroms » avait commencé dans « toutes les Russies » 4. La migration n'en reprit que de plus belle dans la direction de l'Ouest où, dans la seconde moitié du XIX' siècle, elle fit apparaître, par réaction, le mot antisémitisme dans tous les dictionnaires et la chose qu'il désignait assez improprement ainsi qu'il a déjà été dit dans toutes les politiques nationales.

C'est dans cette seconde moitié du XIX' siècle que ses premiers éléments franchirent l'Atlantique où la ruée vers l'or les entraîna et où, venant principalement de « toutes les Russies », Pologne comprise et d'Allemagne, les juifs qui avaient mis plus de vingt siècles à devenir, selon leurs statistiques, un peu plus de 10 millions dans le reste du monde n'eurent pas besoin de plus de cinquante ans pour avoisiner les cinq millions aux États-Unis (cf. ci-dessus p. 131) c'est-à-dire pour y devenir aussi nombreux que dans ce qui, avant 1914, était l'empire des Tsars.

Au XX' siècle, la Révolution russe, la politique générale de la Pologne, plus particulièrement à partir du moment (1932) où le Colonel Beck commença d'y jouer un rôle, et enfin Hitler, accélérèrent encore le mouvement vers les États-Unis, seuls ceux qui n'avaient pas les moyens de les gagner s'arrêtant encore en Hollande, en Belgique, en Angleterre et en France. Une partie d'entre eux essaya d'atteindre le « Foyer national juif » créé en Palestine par la Commission Balfour (2 nov. 1917) et y réussirent malgré l'hostilité de l'Angleterre qui avait fixé des quotas d'entrée. Mais les États-Unis restaient le centre d'attrac tion par excellence. En 1928, la politique stalinienne de la Russie qui n'était pas paticulièrement bienveillante pour les juifs mais les voulait quand même garder dans ses frontières, leur ferma comme à tous les sujets russes les portes de sortie par l'Ouest et érigea, pour le mettre à leur disposition, le Birobidjan situé aux frontières de la Mandchourie, en Territoire autonome dans le sein de l'U.R.S.S. : très vite, Staline s'aperçut que si le nombre des juifs diminuait en Ukraine et en Russie Blanche, il n'augmentait pas au Birobidjan où pourtant ils se dirigeaient, et qu'ils ne s'y dirigeaient que pour fuir le régime en franchissant la frontière toute proche de la Chine ce qui était un jeu avec la complicité des Chinois alors hostiles à l'U.R.S.S. et, de là, par Hong-Kong et Shangaï, gagner les États-Unis où la complicité de ceux qui les avaient précédés et y étaient devenus, politiquement très puissants, leur permettait d'entrer clandestinement. A la veille de la guerre, en Russie, personne ne parlait plus du Territoire juif autonome du Birobidjan. Dans le reste du monde non plus, d'ailleurs. On faillit en reparler pendant la guerre dans des circonstances qui seront définies plus loin et dont pour l'instant, il suffit de dire que, faisant reprendre aux juifs la route de la Sibérie - de l'Asie centrale disaient les nouvelles venues de Russie - elles donnèrent une consistance très importante à leur mouvement de migration vers les États-Unis par l'Est.


IV. - LE MOUVEMENT DE LA POPULATION

JUIVE EUROPÉENNE DE 1933 A 1945


En 1933, l'aire de départ de la migration juive ou, si l'on veut, son bassin d'alimentation, n'est plus le triangle défini par l'embouchure de la Vistule, celle du Danube et celle de la Volga : s'y sont joints successivement, les pays de l'Europe danubienne que l'instabilité politique et les troubles consécutifs à la première guerre mondiale les incitaient à quitter et, en dernier lieu, l'Allemagne, l'Autriche et la Tchécoslovaquie. Au surplus, outre les États-Unis, depuis 1917 (Convention Balfour) il y a un second point d'arrivée : la Palestine.

 

Malgré la confusion créée et, fort heureusement pour la vérité historique, beaucoup plus systématiquement que savamment ou adroitement entretenue par le Mouvement sioniste international autour de la période postérieure à 1933 de cette migraticn, il y a, de son aire de départ à ses deux points d'arrivée, un certain nombre de faits aujourd'hui parfaitement connus et indiscutablement établis, qui, dans le temps comme dans l'espace, jalonnent les voies qu'elle a empruntées et détruisent irrémédiablement la thèse des six millions de juifs extermines.

 

Pour la plupart d'entre eux, c'est d'ailleurs, par sa politique générale à l'égard de l'Allemagne et, notamment, le nombre devenu incalculable de procès qu'il a réclamés contre des Alle[141]mands pour prouver et prouver sans cesse que ces six millions de juifs avaient bien été exterminés, le mouvement sioniste international lui-même qui nous a révélé ces faits si nous les ignorions ou en a confirmé la matérialité dans nos esprits si nous ne faisions que soupçonner leur existence : un nombre incalculable de procès demande un nombre plus incalculable encore de témoins pour appuyer l'accusation, de journalistes pour rendre compte des débats et, c'est la loi des grands nombres, il était fatal que, parmi eux, se trouvassent des sots du type Shalom Baron (professeur à l'université de Columbia, ne l'oublions pas témoin au procès Eichmann et qui, par-dessus le marché n'avait rien vu !) ou Hannah Arendt (journaliste envoyée spéciale du The New-Yorker au même procès voir son pedigree par ailleurs) pour vendre la mèche. Il n'était pas moins fatal qu'arrivât un jour à la barre du Tribunal de l'histoire, un hurluberlu en mal d'originalité comme M. Raul Hilberg et que cet hurluberlu y utilisât tous ces procès de telle sorte, non seulement que tout ce qui avait été dit avant lui s'en trouvât réduit en miettes, mais encore, par ricochet, tout ce qu'il disait lui-même. « Qui veut trop prouver... » dit le proverbe.

 

Pour être aujourd'hui parfaitement connus et indiscutablement établis, tous ces faits qui nous ont mis sur la voîe de la vérité historique, ne le sont, malheureusement que des spécialistes dont, par indifférence, par souci politique ou par intérêt, la plupart les taisent ou s'évertuent mal, on l'a vu et en le verra encore en ce qui concerne ceux du mouvement sioniste international à les tenir sous le boisseau. Je suis de ceux qui, par respect de ma profession et soumission aux impératifs moraux qui lui sont propres, attachent une très grande importance à ce qu'ils soient aussi connus du grand public. Par souci aussi de l'évolution générale des sociétés que leur méconnaissance oriente vers les impasses et les catastrophes. Car, c'est parce que la politique se fonde généralement sur des conjectures, le plus souvent sinon toujours, élaborées en fonction de leurs intérêts personnels par les politiciens qui les avancent, et non en fonction des vérités établies, que les sociétés sont périodiquement jetées dans ces impasses et précipitées dans ces catastrophes. D'où la nécessité de rechercher et d'établir, à l'intention de la masse des honnêtes gens, ces vérités qui leur permettront de se défendre contre les entreprises intéressées des politiciens.

 

L'histoire, disent les historiens, s'enseigne en suivant son cours et se vérifie en le remontant. Dans leur langage, les policiers expriment cette idée en disant que c'est en « remontant les filières » non en les descendant, que la vérité se découvre.

[142]

 

Comme il s'agit de vérifier une statistique, donc une addition, empruntons encore au langage des mathématiciens qui enseignent à l'usage des comptables que, vérifier une addition, c'est la refaire en totalisant de bas en haut si elle a été faite en totalisant de haut en bas, ou inversement. Le haut, dans celle-ci, c'est l'aire de départ de la migration juive : l'Europe où s'est produit le drame, une forêt de témoignages n'exprimant que des vues partielles d'événements imbriqués les uns dans les autres et, au surplus, faussées par les éléments constitutifs de la psychologie du témoin. C'est par ce haut que les historiens et statisticiens du Mouvement sioniste international ont commencé à totaliser leurs morts en feignant, parce qu'ils désiraient qu'il en fût ainsi, de ne pas voir que la somme obtenue ne pouvait qu'être démultipliée à l'infini, comme, à l'infini aussi, serait agrandi un paysage reconstitué en mettant bout à bout toutes les photographies partielles qui en ont été prises et dont, au préalable, on n'aurait pas, dans chacune d'elles, fait disparaître ce qui figure aussi dans une ou plusieurs autres par raison de chevauchement des vues. Les vues partielles des témoins se chevauchent comme celles des objectifs des appareils photographiques et, un paysage naturel n'est pas plus la somme des secondes non retouchées par les topographes qu'un paysage historique n'est la somme des premières non recensées par les historiens. Jusqu'à ce que ce recensement général soit fait, tout restera confus, donc incertain et conjectural, sur les lieux mêmes du drame. Or, il apparaît que nous ne sommes pas à la veille qu'il soit fait : la loi absurde des cinquante ans ou le bon plaisir des politiciens. Jusqu'à l'expiration de ce délai, si les historiens sont néanmoins tentés d'éclaircir les circonstances de ce drame - et la nécessité urgente de la lutte contre le mensonge historique les y contraint quotidiennement - ils resteront condamnés à procéder par approches successives à partir des faits établis. Et c'est dans ce contexte que s'inscrit la démarche de cette étude.

 

Le bas de l'addition, ce sont les deux points d'arrivée de la migration : les États-Unis et Israël où, par contre, presque tout est connu, bien que noyé dans ce qu'on pourrait appeler le film Nuit et Brouillard de la propagande sioniste. Suivre le conseil des historiens en remontant le cours de l'histoire, la filière si l'on suit celui des policiers, ou refaire l'addition en commençant par le bas si l'on suit celui des mathématiciens, c'est refaire l'inventaire de la population juive mondiale en partant de ce qu'elle est aujourd'hui aux États-Unis et en Israël. La méthode offre cet avantage insigne qu'elle obéit à la règle d'or de toutes [143] les investigations scientifiques : partir du connu pour aller à l'inconnu et en dissiper les mystères au moyen de ce connu.

A tout seigneur, tout honneur : Israël d'abord.

En 1926, nous dit Arthur Ruppin (cf. statistique p. 117) il y avait 250.000 juifs en Palestine. Mais, les statistiqves officielles reproduites par M. André Chouraqui (L'état d'Israël op. cit. p. 62) nous disent qu'il y en avait seulement 150.000 en 1927 et 174.610 en 1931, veille de l'accession au pouvoir du colonel Beck (ministère des Affaires étrangères) en Pologne et de Hitler en Allemagne. Cette étude visait à démontrer, outre qu'elles ne concordent pas entre elles, que toutes les statistiques de source juive publiées après la guerre ne concordent pas non plus avec celle d'Arthur Ruppin publiée avant-guerre et prise comme base de référence, il faut, si l'on veut faire des comparaisons valables avec la seconde, d'abord savoir exactement ce que disent les premières relativement à l'évolution de la population juive en Israël. Et, pour la période postérieure à 1931, voici ce que M. André Chouraqui leur fait encore dire : 1947 = 629.000  ; 1952 = 1.450.000  ; 1957 = 1.763.000.

Sur le niveau qu'elle y atteint en 1962, nous possédons, d'autre part, deux informations peut-être contestables mais, en tout cas concordantes, dont la première est déjà connue du lecteur :

- Le communiqué du 31-3-63 de l'Institut des Affaires juives de Londres publié le l' avril par Die Welt de Hambourg (cf. p. 113) où il est dit que cette population s'élève à 2.045 millions 5.

- Un discours prononcé le 17 juillet 1963 devant la Knesseth (Parlement israélien) par M. Levi Eskhot (successeur de M. Ben Gourion) où il est dit que, sur les 2,27 millions d'habitants que compte l'état d'Israël, il y a 2,05 millions de juifs.

Nous admettrons que M. Levi Eskhol, président du conseil de l'état d'Israël, est très probablement mieux renseigné que l'Institut des affaires juives de Londres et retiendrons son chiffre. De toutes manières, à 5.000 unités près, c'est sans importance.

[144]

Nous voici donc en présence de quatre points significatifs de l'évolution de la population juive israélienne : 1931 (veille de l'accession au pouvoir du colonel Beck en Pologne et de Hitler en Allemagne) 1947 et 1952 (veille et lendemain de la création de l'état d'Israël) et enfin 1962.

Pour déterminer l'importance de l'immigration juive en Israël de 1931 à 1962, il nous manque une troisième information : le taux d'accroissement naturel de la population juive mondiale. Or, M. Shalom Baron, professeur (d'histoire juive, il est vrai - « d'histoires juives » serait d'ailleurs plus indiqué) à l'université de Columbia, nous en a fourni un lorsque, le 23 avril 1961, il est venu déclarer à la barre du Tribunal de Jérusalem quee par rapport à ce qu'elle était en 1945, la population juive mondiale s'est accrue de 20 %.

Une fois n'est pas coutume : d'entrée de jeu, à simple vue, je refuse catégoriquement d'accepter une telle estimation comme fondée. Un taux d'accroissement naturel de 20 % calculé sur 16 années, c'est, en effet, un taux annuel moyen de 1,25 %, c'est-à-dire celui de la population mondiale dont les démographes estiment qu'à son rythme actuel de prolifération, elle doublerait tous les 80 ans. Mais, ce taux, c'est seulement à la quatre-vingtième année qu'elle l'atteint. Ce qu'il est à la seizième, il ne paraît pas qu'on l'ait calculé ou, si on l'a fait, je ne l'ai pas su : ce qui est certain, c'est qu'il est de beaucoup inférieur. La France qui, paraît-il, prolifère au rythme mondial est, par exemple, passée d'un peu moins de 42 à un peu plus de 46 millions d'habitants pendant ces 16 années, soit un taux global d'accroissement de 10 % et annuel moyen de 0,62 %. Pendant la même période, l'Italie qui prolifère à un rythme supérieur au rythme mondial n'est tout de même passée que d'un peu plus de 43 à un peu moins de 50 millions, soit un taux global de 14 % et annuel moyen de 0,89 %. Les États-Unis, eux, paraissent être parallèlement passés de 168 à 186 millions, soit un taux global d'environ 12 % et annuel moyen de 0,75 %, mais il faut, ici, compter avec une immigration importante que les mesures législatives de 1901 à 1924 n'ont pas réussi à endiguer. Ce qu'il en est de la population juive mondiale ? Voici d'abord, reportée à l'échelle des 80 années de référence des démographes et du siècle, ce que donne l'estimation du professeur Shalom Baron, c'est-à-dire ce qu'il n'en est sûrement pas :

[145]


- à la 16e année :
10 millions + 20% = 12 millions (+ 1,25 % par an).

- à la 32e année : 12 millions + 20 % = 14,4 millions (+ 1,37 % par an).

- à la 48e année : 14,4 millions + 20 % = 17,28 millions (+ 1,51 % par an).

- à la 64e année : 17,18 millions + 20 % = 20,76 millions (+ 1,68 % plus que doublée !)

- à la 80e année : 20,76 millions + 20 % = 24,83 millions (+ 1,86 % par an).

- à la 96e année : 24,83 millions 20 % = 29,86 millions (+ 2,06 % par an)

ce qui signifie que, plus que doublée dès la 64e année, la population juive mondiale serait presque triplée dès la quatre-vingt-seizième : autant dire que les juifs sont, sinon plus, du moins aussi prolifiques que les Chinois, ce que leurs autres affirmations sur le sujet ne rendent tout de même pas évident.


En l'absence de toute information vérifiée en ce qui les concerne, je me suis interrogé sur le taux annuel moyen d'accroissement naturel qu'il convient de leur appliquer et je suis arrivé aux conclusions suivantes :

 

- La population juive mondiale est toujours en état de migration.

- Les populations en état de migration s'accroissent proportionnellement moins que les populations sédentaires.

- Une population sédentaire qui double tous les 80 ans atteint un taux annuel moyen de 1 % à partir de la 64e année.

- Limitée à une extrémité par l'année 1931, à l'autre par l'année 1962, les périodes considérées dans les calculs qui sui[146]vent, non seulement ne pourront pas dépasser 31 années mais seront même de 16, de 10 ou seulement de 5 et de 4 années, ce qui signifie que le taux annuel moyen de 1 %, si on le retient dans les calculs, sera, pour les juifs en état de migration, supérieur à celui des Italiens sédentaires, c'est-à-dire à la normale.

Soyons beau joueur : retenons-le quand même - en vertu du principe qui veut que le doute profite toujours à l'accusé.

Méthode de calcul maintenant : l'accroissement naturel d'une population étant la différence entre le nombre de ceux qui en naissent et celui de ceux qui y meurent, si on réussit, à partir des quatre points significatifs de l'immigration juive en Israël, à déterminer l'accroissement naturel de chacune des quatre grandes vagues, il devrait suffire de la retrancher de la poputation juive de l'Etat d'Israël en 1962 et d'ajouter le nombre des morts sur place ou résultat obtenu pour avoir le nombre des immigrants réels de la période 1931-62. Dans ce cas particulier, il faudra aussi tenir compte de ceux que l'expérience a déçus et qui ayant émigré en Israël en sont repartis, donc les ajouter aussi au résultat obtenu.

 

1. Accroissement naturel :

 

de 1931 à 1962, les 174.610 juifs recensés en Palestine en 1931, se sont accrus de 31 %, = 54.129. Ci 54.129

- de 1947 à 1962, les 629.000 recensés en 1947 se sont accrus de 15 % = 94.350. Ci 94.350

 

- de 1952 à 1962, les 1.450.000 recensés en 1952 se sont accrus de 10 % = 145.000 Ci 145.000

 

A quoi il faut ajouter l'accroissement naturel

- de ceux des 629.000 juifs recensés en 1947 qui sont arrivés en Israël entre 1931 et 1947  ;

- de ceux des 1.450.000 recensés en 1952 qui y sont arrivés entre 1947 et 1952  ;

- de ceux, enfin, des 2.050.000 recensés en 1962 qui y sont arrivés entre 1952 et 1962.

Voici ce que donne cette deuxième série de calculs mise en forme selon les règles qu'on m'a enseignées à l'école élémentaire :

[147]

 

a) de 1931 à 1947, les 174.610 juifs recensés en 1931 se sont accrus de 16 % et sont devenus :

 

174.610 x 116 = 205.547.
100

Il s'ensuit que, leur accroissement naturel compris, les nouveaux arrivants de cette période représentent : 629.000 - 205.547 = 426.453 et, leur accroissement naturel lui-même

426.453 x 16 = 58.821
100

Ci 58.821

b) de 1947 à 1952, les 629.000 juifs recensés en 1947, se sont accrus de 5 %,, et sont devenus :

629.000 x 105 = 660.450
100


Il s'ensuit que, leur accroissement naturel compris, les nouveaux arrivants de cette période, représentent : 1.450.000 - 660.450 = 789.550 et, leur accroissement naturel lui-même

789.550 X 5 = 37.598
105

Ci 37.598

c) de 1952 à 1962, les 1.450.000 juifs recensés en 1952 se sont accrus de 10 % et sont devenus :

1.450.000 x 110 = 1.595.000
100


Il s'ensuit que, leur accroissement naturel compris, les nouveaux arrivants de cette période représentent : 2.050.000 - 1.595.000 = 455.000 et, leur accroissement naturel lui-même


455.000 x 10 = 41.364
110

Ci 41.364

 Accroissement naturel total 431.262

 

2. Immigrants réels pendant cette période (mortalité sur place non comprise). Pour en obtenir le nombre, il faut, non seulement déduire ce chiffre de la population juive de l'état [148] d'Israël en 1962, mais aussi les 174.610 personnes recensées en 1931 qui y sont comprises, ce qui donne :

2.050.000 - (431-262 + 174.610) = 1.444.128 7

  Ci 1.444.128.

 

3. La mortalité sur place parmi les immigrants. Sur le taux de mortalité, les sources juives ne sont pas prolixes. Sur le taux de natalité non plus, d'ailleurs. A ma connaissance, du moins. En ce qui concerne le second, en trouve de temps à autre des informations de ce genre : « La moyenne des enfants par famille est de 3,8 » (L'état d'Israël - André Chouraqui p. 77) qui ne signifient rien. En ce qui concerne le premier, de temps à autre aussi, un journaliste lance un chiffre : treize pour mille, quatorze pour mille, certains descendent à dix pour mille. Les spécialistes du genre Shalom Baron sont fascinés par le taux d'accroissement naturel seulement et ils l'établissent au niveau de la population juive mondiale, non en fonction du nombre des naissances et de celui des décès mais en fonction de la représentation qu'ils désirent en donner au monde aux deux dates de 1946 et 1962 après avoir, au préalable, déduit les six millions d'exterminés. C'est un taux décrété par soumission à des impératifs politiques. Et aberrant, on l'a vu. La population juive israélienne est une population jeune : dans toutes les migrations, ce sont les jeunes qui partent, les vieux qui restent à Buchenwald où il y avait des juifs internés, je n'ai pas le souvenir d'en avoir rencontré qui fussent âgés de moins de cinquante ans. Chez les peuples d'Europe occidentale, le taux de mortalité se situe aux environs de dix-sept pour mille. Qu'il soit de treize à quatorze pour mille en Israël est vraisemblable. Mais, en 1946, 1947 et 1948, il y a eu les événements de la guerre qui l'ont un peu élevé pour l'ensemble de la période. Disons donc : quatorze pour mille. De toute façon, si erreur je commets, elle ne peut être que de quelques centaines, ou, au plus, quelques milliers et je suis tout disposé à la corriger éventuellement. Mortalité comprise, l'immigration entre 1931 et 1962 devient alors

1.444.128 x 1 000 = 1.464.632
986

  Ci 1.464.632


4. Émigration. Il y a ceux que l'expérience a déçus. Mais il y a aussi ceux qui ont considéré la Palestine d'abord, Israël [149] ensuite, comme une étape imposée par les circonstances pour aller ailleurs. Jusqu'en 1939, par exemple, un certain nombre de juifs polonais, russes ou allemands, etc. n'eurent pas les moyens financiers d'aller plus loin : certains même n'ont pu dépasser l'Afrique du Nord, soit pour cette raison, soit que l'Angleterre eût limité l'immigration. Entre 1939 et 1945, la Palestine était devenue, pour ceux qui continuaient à fuir clandestinement, soit par Istamboul, soit par Constanza, le seul lieu de refuge accessible. Pour ceux que les armées allemandes ont refoulés au-delà des Ourals et de la Volga, dont le nombre est considérable, qui, en 1962, n'ont pas encore tous réussi à quitter le territoire soviétique, Israël reste le plus accessible s'ils en sont plus proches que de la Chine où, ceux qui en sont le plus proches passent pour gagner les États-Unis par Hong-Kong et Shangaï. Bref : M. André Chouraqui nous dit que « sur cent émigrants, 95 ont réussi à vaincre les difficultés de l'adaptation au pays et à y faire souche, tandis que 5 renonçaient à l'expérience » (op. cit. p. 75). C'est peu, mais ne discutons pas 8. Immigration totale donc :

1.464.632 x 100 = 1.541.718
95

  Ci 1.541.718

entre 1931 et 1962.

Et maintenant, dernière opération pour en finir avec Israël faire la part de ceux de ces 1.552.437 immigrants qui sont venus d'Europe. Ici, l'élément d'appréciation nous est fourni par M. André Chouraqui : « L'Asie, nous dit-il (op. cit. p. 65) a fourni depuis 1948, 258.181 immigrants en Israël, représentant 28,8 % de l'immigration totale. Ces 258.181 personnes venaient de Turquie (34.797), d'Irak (122.987), d'Iran (31.274), du Yemen (45.887)  ; la Syrie, le Liban, Aden, d'Inde même et la Chine fournirent un contingent global de 14.092 âmes. L'Afrique vint en troisième rang (24,8 %) après l'Europe (43,4 %) et l'Asie (28,8 %) ; elle fournit à Israël un contingent de 222.806 immigrants représentant 24,8 % « de l'immigration récente. L'Afrique du Nord, en tête du contingent africain fournit plus de 150.000 immigrants origi« naires principalement du Maroc et de Tunisie.

 

Note importante : ceci a été écrit en 1958, publié en 1959 [150] et les informations données le sont à la date du 31 décembre 1957.

Première conclusion : Le style amphigourique dans lequel est rédigée cette information sème le doute sur l'authenticité du pourcentage des immigrants d'origine africaine présenté dans une phrase comme une proportion de « l'immigration totale » et, dans la suivante, comme une proportion de « l'immigration récente ». Par voie de conséquence, on peut penser que les autres pourcentages ne sont ni plus authentiques, ni plus signifiants.


Seconde conclusion : Les 3 % qui ne sont pas comptabilisés dans cette énumération (100 % - 24,8 %, - 43,4 % - 28,8 % = 3 %) et dont, en vertu de ce qui précède, on ne sait pas s'ils sont une proportion de l'immigration totale ou de l'immigration récente, concernent le continent américain et le continent australien. Il est pourtant assez précis pour signifier que peu de juifs sont venus de ces deux continents.


Troisième conclusion : A l'exception de ceux du Yemen dont l'odyssée bien connue pourrait fournir un thème non dépourvu d'intérêt à un roman d'humour noir 9 tous les autres immigrants dont M. André Chouraqui fait état peuvent être, soit des juifs qui ont quitté l'Europe après 1931, soit leurs descendants au premier ou second degré nés en Afrique ou en Asie. Je dis bien « peuvent être » et non « sont », je prie qu'on le note. La Palestine, par exemple, c'est l'Asie et tous ceux qui sont arrivés en Israël de sa partie non israélienne après 1948, peuvent figurer comme ayant été « fournis » par l'Asie dans l'information de M. André Chouraqui. Passe pour ceux qui y sont nés, mais leurs parents ? La Turquie, l'Irak, l'Iran, la Syrie, le Liban, c'est aussi l'Asie et ce sont précisément ces pays qui, avant et pendant la guerre étaient pratiquement les plus accessibles aux juifs européens. Souvent les seuls. II y en a qui ont gagné l'Afrique par la France, notamment jusqu'en 1939 et on peut faire le même raisonnement à leur propos. Mettez-vous à la place du juif polonais qui a quitté son pays en 1932 ou 1933, [151] ne pouvant arriver en Israël avant 1948, puisque l'état du même nom n'existait pas, il n'y est, dans beaucoup de cas, arrivé qu'après 1948, souvent longtemps après, avec les enfants qu'il a eus entre temps, c'est-à-dire après avoir passé quinze, seize années ou plus en Palestine, en Irak, en Syrie, en Algérie, en Tunisie ou au Maroc, etc. et, si on lui demande d'où il vient, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il désigne celui de ces pays où il a vécu en dernier lieu car, le cosmopolitisme étant, pour ainsi dire par atavisme, un des traits caractéristiques de l'âme juive, il y a longtemps qu'il n'est plus polonais, s'il se souvient de l'avoir été. Pour lui, la Pologne où il est né n'a jamais été une patrie mais un « pays d'accueil », expression employée par tous les juifs du monde pour désigner le pays où ils vivent, même s'ils y sont nés... quand ils en parlent entre eux. Dans son esprit, la Pologne est devenue le pays qui l'a mal accueilli et son véritable « pays d'accueil » est celui où il a pu se réfugier quand il a été obligé de la quitter. Et de même de tous ceux qui, entre les années 1939-45, ont réussi à quitter clandestinement, non seuiement la Pologne mais aussi la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie, la Russie même s'ils n'ont pas été refoulés au-delà des Ourals ou de la Caspienne, et qui ne sont arrivés en Israël que ces toutes dernières années ou y arrivent seulement. M. André Chouraqui n'étudie que l'immigration en Israël : c'est seulement ce qui l'intéresse, cet homme, et c'est son droit. C'est même le sujet qu'il traite et on ne peut lui reprocher de se limiter à son sujet. Mais c'est bien commode : il peut ainsi diminuer à son gré le nombre de juifs européens qui ont immigré en Israël en les faisant arriver de leur dernière résidence antérieure à 1948 pardon : du dernier « pays d'accueil » - qui était en Afrique ou en Asie. Et augmenter dautant le nombre des exterminés. Dans quelle mesure ce subterfuge a-t-il été utilisé ? L'élément capital de la réponse à cette question nous est fourni par le paragraphe qui suit.


Quatrième et dernière conclusion . Le livre de M. André Chouraqui porte la date de 1959 et la situation qu'il nous présente est celle de 1957, ai-je dit. Or, nous dit-il, en 1957, « l'Asie avait fourni depuis 1948, 258.181 immigrants représentant 28,8% de l'immigration totale (se reporter à la citation p. 149) à la date du 31 décembre 1957. D'où immigration totale :

 

258.181 x 100 = 896.642
28,8


  Ci 896.642

Or, encore, la population juive israélienne est passée de 1.763.000 au 31 décembre 1957 (André Chouraqui, op. cit. p. [152] 74 et statistique officielle pour cette année-là dixerunt) à 2.050.000 au 31 décembre 1962 et cela signifie une augmentation de : 2.050.000 - 1.793.000 = 257.000 qui, déduction faite de l'accroissement naturel, représentent 159.381 immigrants 10 nouveaux pendant cette période de 5 années. Comme il y en a eu, au total, 1.552.437 (cf. p. 149) au 31 décembre 1957, il y en avait déjà : 1.552.437 - 159.381 = 1.393.056, non 896.642. Et, calculée sur ses propres chiffres, l'erreur de M. André Chouraqui, je veux dire le coefficient de minimisation, est de 1,55.

 

Autre exemple : celui des juifs marocains et tunisiens qui nous dit M. André Chouraqui, ont rallié Israël au nombre de 150.000. Voyons un peu. Au Maroc, ils étaient 120.000 en 1926, nous a dit M. Arthur Ruppin et, en Tunisie, 60.000. Total pour les deux pays : 180.000. En 1948, ils auraient dû être : 180.000 + 22 % = 219.600. Si 150.000 d'entre eux ont rallié Israèl, il en restait à cette date : 219.600 - 150.000 = 69.600. Qui, en 1962, sont devenus : 69.600 + 14 % = 79.344. Or, l'étude de The Jewish Communities of the World (op. cit. ci-dessus p. 113, note 10) nous apprend qu'en 1962, il restait : 125.000 juifs au Maroc + 35.0010 en Tunisie = 160.000. The Jewish Post Weekly (du 19-4-63, op. cit.) confirme. D'où il appert que 160.000 - 79.344 = 80.656 des juifs donnés comme Marocains et Tunisiens par M. André Chouraqui ne l'étaient pas : ceux-là sont ceux qui n'ont pu aller plus loin en raison de circonstances personnelles ou autres. N'étaient donc réellement Marocains et Tunisiens que : 150.000 - 80.656 = 69.344. Ici, c'est d'un coefficient d'exagération qu'il s'agit (c'est la même chose, cette manipulation des chiffres dans les deux sens n'ayant d'autre but que d'augmenter le nombre des exterminés en Europe en diminuant par tous les moyens le nombre de ceux qui ont réussi à la quitter) et il va plus que du simple au double : de 1 à 2,16 exactement.

Troisième exemple : les juifs allemands. « Les juifs allemands, nous dit M. André Chouraqui (op. cit. p. 66) ont été presque totalement exterminés par les Nazis ». Or, on sait, tous les historiens et statisticiens juifs en sont d'accord et M. André Chouraqui lui-même, que, sur les 500.000 donnés par M. Arthur Ruppin comme vivant en Allemagne en 1926 ou les 540.000 [153] donnés par les statistiques juives d'après-guerre comme y vivant en 1933, 300.000 environ ont quitté le pays entre 1933 et 1939, que 40.000 selon M. Poliakov et le Centre mondial de documentation juive contemporaine, 80.000 selon M. Raul Hilberg (cf. ci-dessus p. 122 les deux statistiques côte à côte) étaient encore vivants en 1945. D'où total des rescapés : 300.0U0 + 40-000 = 340.0JO ou 300.000 + 80-000, = 380.000. Sur 500.000 ou 540.000 : « presque totalement exterminés » traduit le bonhomme. Par quoi l'on voit que le style amphigourique qui [--rmet de serncr la confusion (cf. ci-dessus conclusions 1 et 2) permet aussi de cultiver l'effet de serveation. Il ne dispense malheureusement pas de la légèreté : le chiffre de l'immigration totale à la date du 31 décembre 1957, est de 896.462 d'après sa donnée de la p. 65, de 896.085 d'apres une autre de la p. 66 et, finalement, quand il le produit d'après % la statistique elle-même, il devient 905.655. De même pour la population totale de l'état d'Israël qui, toujours à la date du 31 décembre 1957, est de 1.954.954 (p. 64) et devient : 1.763.000 juifs + 213.000 chrétiens et musulmans 1.976.000 (p. 74). S'il s'agissait d'ordres de grandeur, on comprendrait et passerait mais, dans tous les cas, ce sont là des estimations données à l'unité près. Alors, c'est un test. Mme Hannah Arendt et M. Raul Hilberg, je l'avoue, n'ont pas fait beaucoup mieux.

 

On n'en finirait pas de citer les exemples. Bref : ce que je veux dire ici, c'est que si ces coefficients d'exagération sont du même ordre - et pourquoi pas, puisqu'il ne s'agit pas d'erreurs mais d'un calcul délibéré ? - en ce qui concerne les pourcentages des juifs européens, africains ou asiatiques qui ont, selon lu4 immigré en Israël, il suffira de leur appliquer le coefficient moyen d'exagération pour les rétablir approximativement dans leurs rapports réels entre eux. Coefficient moyen :

 

1.55 + 2.16 = 1,85
2

 

D'où, pour les juifs d'Afrique et d'Asie :

24,8 + 28,8 % = 29
1,85


Et, pour les juifs européens : 43,4 % + (53,6 % - 29 %) 68 %. Il manque toujours les 3 % non comptabilisés (cf. ci-dessus, 1re conclusion sur l'information de M. André Chouraqui).

Traduit en chiffres, le nombre des immigrants d'origine européenne devient alors :

[154]

- calculé sur l'immigration totale (mortalité et émigration comprises) :

1. 541.718 x 68 = 1.048.368.

  100

 

- calculé sur celle qui a survécu et s'est fixée

1.444.128 X 68 = 982.007.000

  100

 

Ainsi parle l'arithmétique du moins celle que j'ai apprise. Au surplus, c'est très vraisemblable et voici pourquoi : ces chiffres concordent presque parfaitement avec ceux que, sur renseignements à lui fournis par son expert Hanson W. Baldwin, le New-York Times publiait le 22 février 1948 et que, pour éviter tout malentendu, je me permets de citer dans le texte même : « There are 650.000 ta 700.000 Jews in Palestine. Another - 500.000 inhabit other countries in the Middle East... In these countries the Jeivs are tied by bonds of religion to the rest of the fifteen to eighteen million Jews of the world - Dans ces 1.150.000 à 1.200.000 juifs signalés ainsi comme se trouvant en Palestine et dans les autres pays du Moyen-0rient en 1947, déduction faite de ceux qui, de source juive, y vivaient en 1931, il y avait un peu plus ou un peu moins de 750-000 immigrants, selon qu'on fonde son opinion sur les statistiques juives d'avant ou d'après-guerre. Et ces immigrants venaient presque tous d'Europe pour la simple et bonne raison qu'à l'exception près, ceux d'ailleurs n'avaient pas de motifs d'éprouver en masse le besoin de s'y rendre et ne l'éprouvaient pas. Ceux-là ont été les premiers à rallier Israël parce que, pratiquement, ils étaient sur place. Qu'ils aient été rejoints dans la suite par 200 à 250.000 autres juifs européens et, pour l'immigration de cette origine, nous tombons dans des chiffres de l'ordre de ceux qui résultent de mes calculs.

 

Si j'invoque Hanson W. Baldwin à l'appui de ma thèse, ce n'est pas seulement parce que ses estimations sont vraisemblables mais pour une raison plus solide : en ce qui concerne la population juive palestinienne, elles ont été cenfirmées par la statistique officielle de source israélienne publiée au début de 1949 pour l'année 1947, laquelle donnait le chiffre de 629.000. Elles l'ont été aussi, toujours pour la Palestine, par M. Ben Gourion soi- même qui, à la date de mai 1948 y estimait la population juive à 650.000 (Le Peuple et l'état dIsraël - Paris 1959 - p. 102). Elles n'ont donc rien de conjectural : sur ce point au moins, il s'agit d'une estimation vérifiée. Et elle vérifie les miennes.

[155]

Je dirai même plus : si Hanson W. Baldwin était aussi bien renseigné sur le niveau de la population juive palestinienne en 1947, il n'y a pas de raison qu'il l'ait été moins bien sur le niveau de la population juive mondiale et qu'il ne soit pas aussi proche de la vérité en le situant entre 15 et 18 millions à la même date. Si ce que dit le New-York Times, à savoir que ces informations venaient des juifs eux-mêmes (en propres termes : « from the secret census made by them in every country in the world ») tout s'explique très bien : par un moyen ou par un autre, Hanson W. Baldwin a eu connaissance de ce « secret census ». Mais c'est égal - si ce « secret census » a vraiment eu lieu, si le Mouvement sioniste international est si parfaitement fixé sur les pertes juives réelles, il s'agit alors d'une affaire d'extorsion de fonds (Indemnisation à Israël par l'Allemagne) montée avec préméditation - et beaucoup mieux que l'attaque qui défraie encore la chronique tandis que j'écris ceci, du train Glascow-Londres par des gangsters. Je dis bien : « si ». Et je prie qu'on note la nuance, car je ne crois guère à ce « Secret Census ».

Mais revenons à nos juifs européens qui ont immigré en Israël entre 1931 et 1%2 : 1.048.368, mortalité et re-émigration d'Israël comprises, avons-nous dit. Les sources juives en avouent 388.901 à la date du 31 décembre 1957 et, en 1963, c'est à ce chiffre que la presse mondiale continue à faire de la publicité. Voici donc déjà : 1.048.000 - 388.901 = 659.467 juifs europeens qui n'ont pas été exterminés par les nazis mais qui figurent quand même à la colonne des exterminés dans les statistiques de source juive. Ou, si l'on aime mieux, 1.048.368 à déduire des 9,243 millions donnés par Arthur Ruppin (cf. sa statistique p. 119) comme vivant dans l'espace européen contrôlé par les Nazis à des dimensions et pendant des durées diverses et variables entre 1933 et 1945 ou des 9,6 millions donnés à Nuremberg par le justice Jackson. Au choix.

Les estimations qui résultent de mes calculs sont données aussi à l'unité près, mais c'est seulement parce que, lorsque l'on calcule on ne peut échapper à cette servitude, les mathématiciens n'ayant, à ma connaissance, pas encore inventé d'autre méthode de calcul. Le lecteur a compris, je pense, qu'il ne s'agissait que d'ordres de grandeur à arrondir. Tous les éléments qui sont entrés dans ces calculs ayant été retenus au niveau le plus bas possible pour qu'on ne puisse pas m'accuser de porter un tort plus grand qu'il ne convient aux thèses du Mouvement sioniste international, du Centre mondial de documentation juive contemporaine, et tutti quanti, mon opinion est qu'en ordres de grandeur, ces estimations signifient 1.100.000 juifs européens à déduire de la statistique antérieure à l'accession de Hitler au Pouvoir en Allemagne et 700.000 à déduire des six millions annoncés, selon qu'on préfère l'une ou l'autre méthode. Si des informations nouvelles venaient, en effet, à être découvertes qui en imposent la révision, il ne fait pas de doute dans mon esprit que ce sera sûrement en hausse, non en baisse. Justement parce que, à force de vouloir retenir au niveau le plus bas possible et avec un tel esprit de système, il n'a pu manquer de m'arriver plus d'une fois de retenir à un niveau trop bas le nombre des survivants.

 

A l'intention des amateurs de vues panoramiques voici ce ordre de grandeur quoique présenté à l'unité près un tableau récapitulatif de l'étude qui précède et qui donne, en même temps que la structure de la population juive israélienne eu 1962, celle de l'immigration de 1931 à 1962. (V. p. suivante)

Et, maintenant, passons aux États-Unis.


| T. des m. et introduction | Ch.1 | ch.2.1 | ch.2.2 | ch.2.3 | ch. 3.1 | ch.3.2 | ch.3.3 | ch.3.4 |


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