AAARGH
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Le véritable
procès Eichmann
ou les
vainqueurs incorrigibles
Paul Rassinier
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APPENDICE
I
REQUÊTE
COLLECTIVE
PRÉSENTÉE
PAR LA DÉFENSE
LE 19 NOVEMBRE
1945 1
- Les deux effroyables guerres mondiales,
ces conflits gigantesques qui ont violé la paix entre
États et soulevé le monde, ont eu pour conséquence,
la constance, chez les peuples torturés, que la réalisation
d'un ordre réel entre États n'est pas possible
tant que l'un d'eux, en vertu de sa souveraineté, a le
droit dé déclencher une guerre à tout moment
et à tout propos. Pendant les dix dernières années,
I'opinion publique mondiale repoussa avec de plus en plus d'énergie
l'idée selon laquelle la décision de déclencher
une guerre dépassait la notion de bien et de mal. Elle
distingue entre les guerres justes et injustes, et exige que
la communauté des États demande à celui
qui entreprend une guerre injuste de rendre des comptes et lui
dénie, s'il est victorieux, les fruits de son outrage.
Bien plus, on réclame que, non seulement. l'État
coupable soit condamné, et sa responsabilité démontrée
mais encore que les hommes responsables du déclenchement
d'une guerre injuste soient jugés et condamnés
par un Tribunal International. Eu égard à ces considérations,
on va, de nos jours, plus avant que ne l'ont jamais fait les
juristes les plus sévères du début du Moyen-Âge.
Cette pensée est le fondement du premier des trois points
de l'Acte d'accusation soulevés dans ce Procès,
en l'espèce l'accusation [220] du chef de crimes contre
la Paix. L'humanité insiste pour que cette idée
soit, dans l'avenir, plus qu'une exigence: une règle viable
du Droit International.
- Ce n'est pas encore de nos jours, cependant,
une règle vivante du Droit International.
- Cette idée n'a été
réalisée, ni dans le statut de la Société
des Nations organisation mondiale contre la guerre, ni dans le
pacte Briand-Kellog, pas plus que dans l'un quelconque des traités
conclus après 1918 au cours de cette première vague
d'efforts dont le but était de bannir la guerre d'agression.
Mais jusqu'au tout dernier moment, la ligne de conduite de la
Société des Nations est restée sans équivoque
à cet égard. A plusieurs reprises, la Société
des Nations eut à décider de la légalité
ou de l'illégitimité de l'emploi de la force par
l'un de ses membres. Mais, si elle a toujours condamné
ce recours à la force comme une faute de l'État
à l'encontre du Droit international, jamais elle n'a eu
la pensée d'en rendre responsables les hommes d'État,
généraux et industriels de cet État qui
avait recouru à la force, et encore moins, de les traduire
devant une juridiction répressive internationale. Et lorsque
fut établie l'été dernier, à San
Francisco, la nouvelle organisation pour la paix mondiale, aucun
principe juridique ne fut élaboré, aux termes duquel
un tribunal international infligerait dans l'avenir, un châtiment
aux hommes responsables du déclenchement d une guerre
injuste.
- Le Procès ne peut donc pas, autant
que puissent être punis les crimes contre la Paix, invoquer
un droit international en vigueur: c'est bien plutôt une
procédure fondée sur un droit pénal nouveau
sur une règle répressive instituée après
le crime. Cela répugne au principe de jurisprudence sacré
aux yeux du monde civilisé, et dont la violation partielle
par l'Allemagne hitlérienne a été fort blâmée,
à l'intérieur comme à l'extérieur
du Reich. C'est celui-ci : seul peut être puni celui
qui contrevient à une règle répressive préexistant
à l'acte. Cette maxime appartient aux grands principes
fondamentaux du système politique des Signataires du Statut
de ce Tribunal: l'Angleterre, depuis le Moyen-Âge, les
États-Unis depuis leur création, la France depuis
sa grande Révolution, et l'Union Soviétique. Et,
lorsque récemment le Conseil de Contrôle pour l'Allemagne
prit la décision d assurer le retour à une juste
application du droit pénal en Allemagne, il décréta
en premier lieu la restauration de la maxime «Nul ne sera
puni sans une règle pénale en vigueur au moment
de l'accomplissement de l'acte.» Cette maxime n'est pas
précisément une règle d'opportunité,
mais elle découle de la reconnaissance du fait que tout
accusé peut se considérer comme injustement traité
s'il est puni par un droit postérieur à la commission
de ses actes.
- Les avocats de tous les accusés
présents négligeraient leur devoir s'ils acceptaient
silencieusement l'abandon du Droit international en vigueur et
le retrait d'un principe universellement reconnu par la jurisprudence
criminelle moderne, et étouffaient les scrupules exprimés
ouvertement aujourd'hui, et cela, même en dehors des frontières
de l'Allemagne. D'autant plus que la Défense est unanimement
convaincue que ce Procès pourra servir hautement au progrès
de l'Ordre mondial, à condition qu'il ne s'éloigne
pas du Droit international en vigueur. Là, en particulier,
où l'accusation vise des faits qui, lorsqu'ils ont été
accomplis, n'étaient pas punissables, le Tribunal devrait
se borner à en faire une mention générale
et à constater ensuite ce qui a été commis:
la Défense, en véritable auxiliaire du Tribunal,
lui apportera sa collaboration la plus totale. Sous le poids
de ces déclarations du Tribunal, les États de la
communauté internationale, d'un commun accord, institueraient
alors un droit nouveau, selon lequel celui qui, dans m'avenir,
se rendrait coupable du déclenchement d'une guerre injuste,
serait menacé d'un châtiment par le Tribunal international.
- Les avocats estiment aussi que d'autres
principes de caractère pénal contenus dans le Statut
sont en contradiction avec la maxime «Nulla poena sine
lege».
- Enfin, les avocats considèrent
de leur devoir de mettre en lumière une autre particularité
de ce Procès qui s'écarte des principes communément
reconnus ,par la jurisprudence pénale moderne. Les juges
ont été exclusivement désignés par
les États ayant formé l'un des partis belligérants.
Celui-ci est tout en un: créateur du Statut du Tribunal
et des règles de droit, procureur et juge. La conviction
juridique commune voulait qu'il n'en fût pas ainsi. De
même, Les États-Unis d'Amérique, en tant
que champions de l'institution d'une juridiction et d'un arbitrage
internationaux, ont toujours réclamé que des neutres,
amenés par des représentants des parties en cause,
occupassent le siège des juges. Ce principe a été
réalisé d'une façon exemplaire par la Cour
permanente de Justice Internationale de La Haye.
- En considération des difficultés
soulevées par la complexité de ces questions de
droit, la Défense dépose la requête:
- Que le Tribunal pourrait puiser dans
les avis émanant de spécialistes universellement
réputés en matière de droit international
les bases juridiques de ce Procès fondé sur le
Statut du Tribunal.
- Au nom des avocats de tous les accusés
présents:
-
- Signé Dr STAHMER
***
LE
DOCUMENT GERSTEIN *
(PS. 1553 . R.F. 3503 Refusé
à Nuremberg)
- «Le troisième camp d'extermination
dont il a été question (à l'audience du
6 juin du procès Eichmann), celui de Belzec, entre Lublin
et Lemberg, n'a laissé qu'un seul survivant au lendemain
de la guerre, lequel est mort depuis. Le ministère public
s'appuie sur une série de dépositions faites devant
les officiers alliés par Kurt Gerstein, lieutenant 2 du service de santé des Waffen SS, qui
se pendit ensuite dans une prison militaire de Paris. Gerstein
avait été chargé par Eichmann d'étudier
des poisons plus rapides.»
(«Le Figaro», 7
juin 1961).
Dans les tout premiers jours de mai 1945
(à ma connaissance la date exacte n'a jamais été
donnée) les troupes françaises entrant dans Rottweil
(Wurtemberg) firent prisonnier un certain Kurt Gerstein: il portait
l'uniforme des SS. à tête de mort et, sur l'uniforme,
I'épaulette d'Obersturmführer (commandant).
Sans doute est-ce la raison l'affirmer serait cependant témérairepour
laquelle, au lieu de le traiter comme le commun des autres officiers,
on l'achemina sur Paris où il fut «bouclé»
au Cherche - Midi. Un matin de juillet qui suivit, on le trouva
mort dans sa cellule: il s'était suicidé pendant
la nuit. Quel matin? On ne l'a non plus jamais dit (à ma
connaissance toujours) et pas davantage par quel moyen il s'était
donné la mort.
[224]
Sur le moment d'ailleurs, cet événement
ne semble avoir été rendu public par personne
C'est seulement le 30 janvier 1946 que
quelques indiscrets de marque commencèrent à en
parler. Le premier et le plus notoire de ces indiscrets fut M.
Dubost, procureur français près le Tribunal de Nuremberg:
dans les archives de la délégation américaine,
il avait découvert un certain nombre de factures de Cyclon
B fourni aux camps de concentration d'Auschwitz et d'Orianenburg
par la Degesch Gesellschaft de Frankfurt/M annexées à
un récit en français portant la signature de Kurt
Gerstein et daté de Rottweill le 4 mai 1945.
D'où il faut déjà
conclure que les Français qui avaient trouvé l'homme,
s'ils avaient flairé qu'il s'agissait d'un personnage important,
n'avaient pas trouvé les documents, c'est - à -
dire que, contrairement à un usage assez courant cependant,
I'un ne portait pas les autres. Comment les Américains
les ont trouvés, on ne l'a jamais su et, maintenant, on
ne le saura vraisemblablement jamais plus. Les Américains,
d'ailleurs, ne s'étaient pas aperçus, eux, de l'importance
de ces documents et ils ne les avaient pas jugés dignes
d'être produits comme preuve contre les accusés devant
le Tribunal
Heureusement, M. Dubost était là:
le 30 janvier 1946, il les sortit de sa serviette et les déposa
sous la référence PS 1553 - RF 350.
Et voici ce qui arriva...
***
Mais d'abord, qui était Kurt Gerstein?
A cette première question, la lecture
des quarante-deux volumes du compte rendu du Procès de
Nuremberg ne permet pas de répondre: pour des raisons que
le lecteur ne tardera pas à comprendre, le Tribunal, en
effet, n'a voulu entendre parler ni de Kurt Gerstein ni de son
récit: de la liasse de documents produits par M. Dubost,
il n'a retenu que deux factures à la date du 30 avril 1944,
de chacune 555 kgs de Cyclon B, I'une pour Auschwitz, I'autre
pour Orianenburg.
Le lendemain, 31 janvier 1946, cependant,
les journaux du monte entier reproduisaient sans sourciller et
chacun à sa manière, le récit de Kurt Gerstein,
dont la lecture avait été refusée à
l'audience et dans une forme telle que personne ne pouvait douter
de son authenticité et de son admission comme preuve par
le Tribunal.
C'est de cette
«offensive de presse» que date l'exploitation qu'ont
faite de ce document depuis quinze ans gagne sa vie comme on peut!
ces historiens éminents sortis de l'École Normale
Supérieure de la Rue de la Libération sic (Fondateur:
le père Loriquet) que sont M. Poliakov (Le Bréviaire de la
Haine: quel joli titre!) et quelques autres comme les Allemands
(bons teints, bien sûr! ) H. Krauschnik (Documentation
sur l'extermination par les gaz), [225] J.-J. Heydecker et
J. Leeb (Le Procès de Nuremberg), Gerhardt Schoenberner
(L'Étoile jaune), etc., etc. (On m'excusera, je
n'ai lu que ceux-là et on ne peut pas tout lire, surtout
dans ce genre de littérature!) qui font actuellement leurs
choux-gras du Procès Eichmann. Après une année
de publicité autour de ce dernier procès on les
voit, en effet, tous les uns après les autres, remonter
au premier plan de l'actualité comme la lie sur les fonds
de tonneauxdifficilement, il est vrai, car nous ne sommes plus
en 1946 et l'opinion est heureusement un peu plus difficile. Bref...
Autant que l'on puisse déduire des
écrits de ces brillants historiens, Kurt Gerstein était
un ingénieur - chimiste. En 1938, il eut maille à
partir avec la Gestapo et fut interné au camp de concentration
de Welzheim. Comment il réussit à en sortir, on
ne le sait pas. Toujours est-il qu'en 1941, on le retrouve dans
la SS. (où il s'est engagé, dit-il, pour saboter
de l'intérieur l'oeuvre d'extermination!) et, en 1942,
dans les Waffen-SS. avec le grade d'Obersturmführer,
à la «section hygiène» (Abt. der
Entwesung und der Entseuchung) du service sanitaire central
(Hauptamt des Sanitätdienste). En cette qualité,
il était chargé de recevoir les commandes de Cyclon
B utilisé comme désinfectant par la Reichswehr depuis
1924, puis par la Wehrmacht qui n'avaient pas la chance de connaître
le D D.T. Ces commandes, il les transmettait avec ordre de livrer
à la Degesch Gesellschaft de Frankfurt/M. ou à sa
filiale, la Testa de Hambourg. Et naturellement, il recevait les
factures...
Les faits qu'il raconte qu'on
trouve dans le récit qui lui est attribué, serait
plus exact 3 se situent en 1942.
Le 8 juin de cette année-là
donc, il reçut dans son bureau le SS. Sturmführer
Gunther qui lui dit avoir un besoin urgent de 100 kgs de Cyclon
B pour les conduire dans un lieu que seul le chauffeur du camion
devait connaître.
Quelques semaines après, le chauffeur
du camion en question se présente accompagné de
Gunther: on charge les 100 kgs de Cyclon B, on embarque Gerstein
et on part pour Prague d'abord, pour Lublin ensuite où
l'on arrive le 17 août. Le même jour, on rencontre
le Gruppenführer (général) Globocnick
chargé de l'extermination des juifs dans le Warthegau et
qui n'a encore trouvé d'autre moyen de conduire sa tâche
à bien que.. Ie gaz d'échappement des moteurs Diesel
(!!) qu'il fait arriver dans des chambres spécialement
aménagées à cet effet.
[226]
Naturellement, le Gruppenführer
qui a le sens de la logique commence par raconter. Dans sa région,
il existe trois installations pour exterminer les juifs au gaz
de Diesel: Belzec, d'abord (sur la route de Lublin à Lwow)
avec une capacité de 15.000 personnes par jour; Sobibor
(il ne sait pas exactement où ca se trouve!) avec une capacité
de 20.000 personnes par jour; Treblinka (à 120 km. au N.-N.
E. de Varsovie, sans indication de capacité d'après
M. Poliakov, mais MM. Heydecker et Leeb précisent: 20.000
personnes par jour, car ce singulier document ne parle pas le
même langage aux uns et aux autres!) Une quatrième
installation, Maïdanek, est en préparation, mais aucune
indication n'est donnée par personne, ni sur sa situation,
ni sur la capacité prévue). Pour être complet
sur ce point, il faut dire que, dans L'Étoile jaune
(édition allemande) de M. Gerhardt Schoenberner, cette
partie du document n'est pas reproduite: sans doute s'agit - il
encore d'une autre méthode historique (!) Citant cependant
ces quatre localités, M. Gerhardt Schoenberner met sous
la plume de Gerstein une capacité totale de 9.000 personnes
par jour pour les quatre installations (!).
Du Bréviaire de la Haine
de M. Poliakov
et de la Documentation sur l'Extermination par les gaz
de M. Krauschnick, on déduit encore que le Führer
était à Lublin l'avant-veille, 15 août, avec
Himmler et qu'ils ont «ordonné d'accélérer
toute l'action». Mais cette partie du document n'est reproduite,
ni dans L'Étoile Jaune de Schoenberner, ni dans
Le Procès de Nuremberg de MM. Heydecker et Leeb.
Enfin, Globocnick met toujours d'après
ces deux auteurs seulement Kurt Gerstein au courant de sa mission:
améliorer le service des chambres à gaz, notamment
au moyen d'un gaz plus toxique et d'un usage moins compliqué.
Puis on se quitte après avoir décidé
d'aller sur place, à Belzec, le lendemain.
Et après avoir dit ce qu'on lui
a raconté, Gerstein raconte ce qu'il a vu...
***
En arrivant à Belzec le 18 août,
M. Kurt Gerstein a commencé par visiter le camp sous la
conduite d'une personne que Globocnick met à sa disposition.
M. Poliakov n'a pas pu lire le nom de cette personne. Mais, en
s'appliquant un peu, il a cru déceler «Wirth»:
plus heureux que lui, M. Schoenberner a pu lire clairement «SS.
Hauptsturmführer Obermeyer de Pirmasens», le malheur
étant seulement que, quand il parle du SS. Wirth, qui est
une autre personne que celle dont parle M. Poliakov, il lui colle
le grade de «Hauptmann» qui... n'a jamais existé
dans la S S.!...
Quoiqu'il en soit, au cours de cette visite,
il a vu les chambres à gaz opérant au gaz d'échappement
de Diesel et il les a mesurées: 5X5 [227] = 25 m2 de superficie,
1,90 m de hauteur = 45 m3, calcule-t-il: on ne dira rien pour
les 2,5 m3 d'erreur. MM. Krauschnick, Heydecker, Leeb et Schoenberner
n'ont d'ailleurs rien dit non plus. Plus soucieux de la vraisemblance,
M. Poliakov
a corrigé le document (comme on a l'honneur de vous le
dire!): 93 m2 de superficie, a-t-il évalué (Bréviaire
de la Haine, p. 223, deuxième édition . je n'ai
pas lu la première!) sans autres indications et c'était
plus prudent.
Mais, comme il a eu raison de corriger
le document! Dans la suite, Kurt Gerstein raconte, en effet, que,
le lendemain 19 août, il a vu les chambres à gaz
quatre, disent les uns, dix protestent les autres en action:
Au petit jour, un train de juifs de 6.700
personnes 6.000 a lu M. Poliakov hommes, femmes, enfants,
contenues dans 45 wagons (entre 148 et 150 personnes par wagon
donc, et pour ceux qui connaissent les wagons polonais de marchandises,
la bonne mesure) arrive de Lemberg en gare de Belzec située
en bordure même du camp...
200 Ukrainiens, cravache de cuir à
la main, se ruent sur les portières, les arrachent (!)
et font descendre tout le monde sous la protection d'autres Ukrainiens,
fusil chargé à la main... Le «Hauptmann de
la SS» Wirth dirige la manoeuvre, assisté de quelques
- uns de ses SS... Se déshabiller complètement,
se faire couper les cheveux après avoir remis les valeurs
et en route pour les chambres à gaz.
«Les chambres s'emplissent. Bien
se serrer, a ordonné le «Hauptmann» Wirth.
Mes gens se tiennent sur la pointe des pieds: 700 à 800
sur 25 m2 en 45 m3. Le S.S. bourre autant qu'il peut. Les portes
se ferment», dit M. Schoenberner dans L'Étoile
jaune; mais, au style près, les autres disent la même
chose, à l'exception de Poliakov qui tient à ses 93 m2
de superficie.
Où tout le monde est d'accord, par
contre, c'est sur la durée de l'opération mesurée
par Gerstein, chronomètre en main: d'abord les 700 à
800 personnes entassées dans les chambres à gaz
ont dû attendre 2 heures et 49 minutes que le moteur Diesel
consente à se mettre en marche, après quoi il a
fallu encore 32 minutes pour que tout le monde soit mort. Chronomètre
en mains, je le répète .
C'est cette histoire macabrement rocambolesque
que M. Dubost pas n'importe qui: un procureur et sans doute réputé
puisqu'il a été choisi parmi tous ses pairs pour
représenter la France à Nuremberg a voulu faire
admettre par le Tribunal International le 30 janvier 1946.
Le Tribunal n'a pas marché: rendons
à César... En précisant toutefois que, pour
qu'il n'ait pas marché, il fallait que ce soit un peu gros,
car, en d'autres circonstances, il a avalé, apparemment
sans sourciller, bien d'autres couleuvres de cette taille.
Il n'empêche que, le lendemain 31
janvier 1946, la presse mondiale a présenté l'histoire
à dormir debout et à pleurer en dormant de ce Kurt
Gerstein comme un document authentique et indiscutable.
Aujourd'hui encore quinze ans après!
des hommes qui prétendent au titre d'historien osent encore
la présenter comme authentique et indiscutable dans des
livres et n'en perdent pas pour autant l'estime et la faveur de
la presse mondiale.
Et il en a encore été fait
état au Procès Eichmann.
Il est vrai qu'il ne faut s'étonner
de rien. A ce procès Eichmann, les juges ont accepté
pour vrais à longueur de journée, des récits
de gens qui ont vu de leurs yeux vu en action les chambres à
gaz de Bergen - Belsen desquelles il n'est pas jusqu'à
l'Institut für Zeitgeschichte de Munich, parangon
du résistantialisme mondial qui n'ait convenu qu'elles...
n'avaient jamais existé.
Comme s'il n'y avait pas assez de ce qui
s'est réellement produit pour accabler le nazisme.
Tous les jours, avec des tremolos dans
la plume, la grande presse s'étonne de la renaissance du
nazisme, du racisme et de antisémitisme entre lesquels
d'ailleurs elle ne fait pas de différence. Ce qui m'étonne,
moi, c'est que les tripatouillages de textes des Poliakov et Cie
n'aient jusqu'à ce jour, pas réussi à donner
plus de virulence encore, au moins au racisme et à l'antisémitisme
antijuifs 4.
Car ils n'ont rien négligé
pour.
APPENDICE
III
LE DOCUMENT KASZTNER
Au paragraphe D du chapitre II de cet ouvrage
(Crimes contre l'humanité) il a été question
du document Kasztner (Rapport du Dr Rezso Kasztner, prési
dent du Comité pour le salut des juifs de Budapest de 1942
à 1945) qui raconte dans ses moindres détails la
déportation des juifs hongrois (1944) et qui fut utilisé
par l'avocat du Standartenführer (colonel) Kurt Becher
pour sa défense à l'un des treize procès
de Nuremberg. Grâce à ce rapport, qui l'innocentait,
ce Kurt Becher qui semble bien avoir été le supérieur
direct d'Eichmann (lequel n'était que lieutenant-colonel),
le grand maître et le grand responsable devant Himmler des
opérations de déportation en }Hongrie fut acquitté.
Sioniste convaincu, le Dr Kasztner s'installa
en Israël au lendemain de la guerre et il y devint rapidement
un membre influent du Mapaï, parti de M. Ben Gourion. En
1954, au titre de prési dent du Comité de Budapest
sous l'occupation allemande, il fut accusé par un autre
Hongrois qui était, lui aussi venu s'établir en
Israël où il exerçait la profession de journaliste
au service du parti religieux conservateur, (que toutes les autres
formations politiques d'Israël traitent de fasciste et accusent
d'avoir des accointances avec les partis néofascistes)
de s'être vendu au nazisme pour sauver sa famille grâce
au convoi de Bergen - Belsen (on était donc sauvé
quand on était envoyé à Bergen-Belsen? Mais
alors, les chambres à gaz?) de s'être fait pourvoyeur
de la Gestapo avec laquelle, au surplus, il partageait les biens
des Juifs pillés avant d'être déportés,
etc., etc. Et, parce que son rapport sur l'activité du
Comité de Budapest avait été produit à
décharge en faveur de Becher et avait effectivement permis
son acquittement, le journaliste en question accusait en outre
Kaszt[230]ner d'avoir été partisan de la dénazification
d'un «criminel de guerre avec qui il avait fait des affaires»
Kasztner attaqua son accusateur en diffamation.
Le Procès se déroula à Jérusalem en
1955 et il prit des dimensions inattendues: 73 séances,
2.000 pages de débats le pays en émoi, une lutte
des partis à couteaux tirés, les bases mêmes
de l'État en tremblèrent Le jugement reconnut que
toutes les accusations du journaliste étaient fondées
à l'exception d'une seule (association avec les nazis en
vue du pillage des victimes) et il l'acquitta. C'était
la condamnation de Kasztner et le parti de M Ben Gourion auquel
il appartenait en entra dans les voies de la déconsidération:
aux élections législatives qui suivirent, il perdit
un nombre appréciable de voix et de sièges, bien
qu'il gardât encore la majorité absolue.
Il fallait donc renverser la situation
pour celles qui suivraient: Kasztner fit appel et le procès
vint en cassation devant le tribunal suprême le 20 janvier
1957 Il fut la répétition du premier en pis... Influencé
ou non par le gouvernement de M Ben Gourion contre lequel un courant
d'opinion hostile nourri par les débats s'amplifiait en
se précisant, le Tribunal suprême laissa tout de
suite percer sa conviction qu'il était nécessaire
de condamner le journaliste pour parer au danger de mise en minorité
à terme de M. Ben Gourion, et l'opinion ne s'émut
que davantage de cette attitude. Le 5 mars 1957, deux mois après
l'ouverture du procès, les débats menaçant
de traîner longtemps encore et de mettre dans l'État
un désordre annonciateur de catastrophes, en sortant de
la 44e audience, sur les marches mêmes du palais de Justice,
Kasztner fut grièvement blessé par un terroriste
dont la main avait été armée par les violences
de langage et peut-être aussi l'aide matérielle de
l'extréme - droite, de la droite et de l'extrême-gauche
tacitement associées contre Ben Gourion. Il mourut quelques
jours après.
Le procès se termina ainsi au grand
soulagement de tout le monde: l'assassin de Kasztner ne fut pas
autrement inquiété. En août 1958, Kasztner
fut réhabilité par un jugement qui ne condamnait
pas son accusateur. Et dans une atmosphère sinon d'unité
nationale retrouvée, du moins purgée par ce «jugement
de Salomon» de ses miasmes les plus empoisonnés,
on ne parla plus de l'affaire. Dans le but de ne pas ressusciter
la discorde, on tomba de part et d'autre aisément d'accord,
sur la nécessité qu'il y avait dans l'intérêt
de l'État de ne pas rendre public le Rapport Kasztner,
c'est-à-dire de ne le pas mettre en librairie.
Vint le procès Eichmann: pour innocenter
Becher, Kasztner avait fait retomber sur celui-ci toutes les responsabilités
de la déportation et de ses horreurs en Hongrie. Il devenait
alors un témoin principal: en accord avec le gouvernement
israélien, ses ayants-droits publièrent donc son
rapport, chez Kindler à Munich, avec une préface
du [231] professeur Carlo Schmid, député socialiste
au Bundestag. Il ne fallait rien négliger pour justifier
aux yeux de l'opinion mondiale la condamnation d'Eichmann. Mais,
tel qu'il était, le Rapport Kasztner pouvait être
utilisé par un avocat habile pour innocenter Eichmann en
ce qu'il semait le doute expressément sur la version officielle
relative au traitement des juifs dans les camps de concentration
et, notamment, sur la matérialité des exterminations
par les gaz mises au compte du camp d'Auschwitz. Il fallait donc
le modifier quelque peu: on ne recula pas devant le procédé.
En comparant l'édition Kindler avec
l'original dont j'ai réussi, en employant des ruses de
Sioux, à prendre connaissance, j'ai relevé de nombreuses
sollicitations par falsification ou suppression des textes et
j'en ai cité deux à titre d'exemples:
1. La suppression d'une lettre écrite
le 24 mai 1944 par 6 juifs déportés au camp de
Theresienstadt et dont les assertions relatives au traitement
des internés ne concordent, ni avec tout ce qui a été
dit jusqu'ici sur ce camp par ceux qui en étaient revenus,
ni avec ce que certains «témoins» à
charge sont encore venus déclarer à la barre du
Tribunal de Jérusalem, au cours du procès Eichmann;
2. La falsification d'un passage relatif
aux chambres à gaz d'Auzschwitz dont j'ai cité
la version originale et la version rendue publique: on trouvera
ci-après, les photocopies de l'une et de l'autre;
Les deux documents originaux étant
naturellement rédigés en langue allemande, on trouvera,
en regard, leur traduction en langue française.
[232]
Lettre
d'un groupe de juifs internés au camp de Therensienstadt
- THERESIENSTADT 23. mai 1944 [le fac-similé
reproduit par Rassinier comporte une vue du camp; se reporter
à l'édition de La Vieille Taupe)
- Lieber Chaver,
-
- mit herslichem Dank beetätigen wir
Ihr Schreiben von 8.ds.Ets. Mit grosser Freude benutzen vir die
Gelegenheit, Ihnenn zu entworten und Sie zu bitten, allen Freunden
Grüsse zu bestellen und dafür zu danken, dass sie sich
unserer annehesn. Wir dürfen davon ausgeben, da Sie auch
dessen in Ihren Brief Erwähnung tun, dass die zahlreichen
Sendungen aus Lissabon und Istanbu ein Werk unserer Freunde sind.
Auch die Freunde sus Wien, die hier mit uns zusammenleben, haben
Sendungen aus den genannten Orten erhalten. Wann unsere Verpflegsituation
auch durcaus geordnet ist und zu keinerlei Serge Anlass gibt,
so freuen und doch diese Sendungen inner wieder, weil wir sir
als ein Zeichen Ihrer Freundschaft anschen.
- In Theresuenstadr ist eine richtige jüdische
Stadt entstanden, in der alle Arbeiten von Juden besorgtr werden,
von der Strassenreinigung angefangen bis zu einem modernen Gesundheitswesen
mit Krankenhaäusern und einem durchorganisierten ärztlichen
Betreuungsdienst mit einem grossen Stab von Pflegepersonal, von
sämstlichen technischen Arbeiten bis zur Verpflegung in
den Gemeinschafttsküchen, von der eigenen Polizei und Feuerwehr
bis zu einen besonderen Gerichts, Post- und Verkehrwesen, von
einer Bank mit eigenem Siedlungsgeld und von Verkaufsläden
für Lebensmittel, Kleidung und Hausrat bis zur Freiseeitgestaltung,
in deren Rahmen regelmässig Vorträge, Theteraufführungen
und Konzerte stattfinden? Die Kinder, denen besondere Sorge gilt,
sind in Kinder- und Jugendheimen, die nicht arbeitsfähingen
Alten in Alters- und Siechenheimen unter A^rzliher Aufsicht und
Pflegeuntergebracht. Die Arbeitsf¨ ahigen sçind vor
allem für den inneren Dienst singesetzt. Aus allen Gebieten
sind bervorragende Fachkräfte zusallengekommen. Dies kommt
nicht nur der hier zu leistenden Facharbeit auf technischen,
hygienischen und administrativen Gebiets zugute, auch in der
Freizeit hat sich dadurch ein reiches kulturelles Leben auf jüdischen
und allgemeinem Gebiet entwickeln können. Eine Bibliothek
mit nahezu 50.000 Bänden mit mehreren Lesezimmern, ein Kaffeehaus
mit ständingen Musikdarbietungen dienen der Serstreuung,
insbesonders für die älteren Lenschen. Zentralbad und
Zentralwäscherei förderne die allgemeine Hygiene, auf
die naturgemäss besonderer Wert gelegt wird. So kann man
sich hier, wenn man die äussere und innere Unstellung und
Einordung vollzogen hat, durchaus wohlfühlen. Eine Ansicht
der Stadt ersehen Sie auf dem Briekopf.
- Der Gesundheitszustand ist als durchaus
günstig anzusehen, was neben der klimatischen Lage von Theresienstadt
in erster Linie der hingebenden, unverdrossenen Arbeit unserer
Aerzte, der ausreichnden Versorgung mit Lebensmitteln und mit
Medikamenten zu danken ist. Zuwendungen, die wir erhalten, stehen
uns in Rahmen der Jüdischen Selbstverwaltung zur Verfügung
und können zusätzlichen Verwendunszwecken zugeführt
werden. So haben wir jetzt von Ihrer Zuwendung Kenntnis arhalten
und danken Ihnen und den Freunden herzlichst dafür.
- Auch wir wären froh, wenn wir häufiger
die Möglichkeit hätten, von Ihnen Nachricht zu erhalten.
Wir denken oft an die Freunde, die uns durch Sie haben grüssen
lassen. Auch unsere Gedanken bewegen sich oft um Möglischkeiten
einer Alijah; mit besonderen Interesse haben wir aus Ihren Zeilen
entnommen, dass aych Ihre Bemühungen einer wenn auch noch
so bescheidenen Lösung dieses Problems gelten.
- Wir danken Ihnen für Ihr freundschaftliches
Gedenken und sinf froh darüber, dass wir Ihrer Verbundenheit
gewiss sein dürfen? Lassen Sie bald wieder von sich hören.
- Mit herzlichem Schalom
- Ihre
- Dr Franz Kahn, Dr Erich Munk
- Dr Paul Eppstein, Ing. Otto Zucker
- Dr. Erich Oesterreicher, Gert
Körbel
[233]
1 Texte français de la lettre qui
figure dans le document Kasztner et qui ne figure pas dans le
livre publié par Kindler de Munich (original ci-dessus).
Theresienstadt, le 23 mai 1944.
- Cher Chawer,
-
- C'est avec nos remerciements cordiaux
que nous vous accusons réception de votre lettre du 8
courant. Avec une grande joie, nous profitons de cette occasion
que nous avons de vous écrire pour vous prier de saluer
et de remercier tous les amis qui s'occupent de nous. Nous notons
que, comme vous nous le dites dans votre lettre, les envois qui
viennent de Lisbonne et Istamboul sont aussi l'oeuvre de nos
amis. Des mêmes endroits, les amis de Vienne qui vivent
avec nous ont aussi reçu des envois. S'il est vrai que
notre situation soit bien organisée et ne laisse en aucune
façon à désirer, il ne l'est pas moins que
ces envois nous réjouissent chaque fois autant, car ils
sont pour nous un symbole de votre amitié.
- Dans le camp de Theresienstadt, une véritable
ville juive a été créée dans laquelle
tous les travaux sont accomplis par des juifs, depuis le nettoyage
des rues jusqu'à la mise sur pied d'un ensemble sanitaire
moderne avec maisons de malades et un service de soins médicaux
parfaitement organisé, comprenant un personnel hospitalier
important; depuis les travaux techniques les plus divers jusqu'à
la préparation des repas dans les cuisines de la communauté;
depuis une police et des pompiers particuliers jusqu'à
des services spéciaux judiciaires, postaux et de circulation;
depuis une banque avec une monnaie spéciale à la
colonie et des magasins d'alimentation, d'habillement et d'articles
ménagers jusqu'à l'organisation des heures de loisirs
dans le cadre desquelles sont régulièrement données
conférences, séances théâtrales et
concerts. Les enfants dont nous prenons particulièrement
soin vivent dans des homes d'enfants et de jeunesse, les vieux
qui ne peuvent plus travailler, dans des hospices confiés
à la surveillance et aux soins de médecins. Ceux
qui peuvent travailler sont avant tout affectés au service
intérieur. Dans tous les secteurs de la vie, nous avons
réuni de remarquables concours professionnels. Et ceci
n'est pas seulement à l'avantage des travaux de spécialistes
qui sont ici à accomplir au point de vue technique, hygiénique
et administratif, mais encore à celui de la vie culturelle
qui est riche du point de vue juif comme des autres. Une bibliothèque
d'environ 50.000 volumes avec plusieurs salles de lectures, un
café avec musique permanente pour les plus vieux. Un bain
central et une laverie urbaine [235] répondent aux besoins
de l'hygiène générale à laquelle
nous attribuons "une grande importance. Vous pouvez voir
une vue de la ville en tête de cette lettre.
- L'état de santé général
est tout à fait satisfaisant, ce dont nous devons remercier
en tout premier lieu et outre la situation climatique de Theresienstadt,
le dévouement de nos médecins que rien ne rebute
et qui assurent parfaitement notre ravitaillement en denrées
alimentaires et en médicaments. Avec les envois que nous
recevons de nos amis et ce qui est mis à la disposition
de la direction autonome juive du camp, nous sommes parfaitement
soignés du point de vue alimentaire et sanitaire. Ayant
pris connaissance de l'arrivée de votre envoi, nous vous
en remercions donc, vous et les amis, de tout coeur. Nous serions
aussi heureux de recevoir plus souvent des nouvelles de vous.
Nous pensons souvent aux amis qui, par votre entremise e, nous
témoignent qu'ils pensent à nous. Nos prières,
souvent aussi, ont pour objet la possibilité d'un Alijah.
C'est avec un intérêt particulier que nous avons
appris que vos efforts tendaient aussi vers une solution., si
modeste soit elle, de ce problème.
- Nous vous remercions pour vos amicales
pensées et sommes heureux que nos relations aient pu être
rétablies. Donnez - nous de nouveau de vos nouvelles.
- Avec un salut cordial,
- Vos
-
- Dr Franz Kahn, Dr Erich Munk,
Dr Paul Eppstein, Ing. Otto Zucker, Dr Etich Oesterreicher, Gert
Rorbel.
***
I.
Le document falsifié
1. Le document original
a) Photocopie du passage relatif aux chambres
à gaz tel qu'il figure à l'original page 30:
- « Meldungen
aus Bratislava bestatigten auch diese Befürchtungen 24. Die dortige Waadah leitete uns
die Meldungen ihres Nachrich tendientes weiter. Demgemsess war
die SS im Begriffe die Gaskam[99]mern und Krematorien in Auschwitz
die seit dem Herfst 1943 aussen Gebrauch waren 25, auszubessern und zu renovieren... »
b) Traduction du passage relatif aux chambres
à gaz tel qu'il figure à l'original (Photocopie
ci-dessus).
- « Des nouvelles
venues de Bratislava confirmèrent aussi nos craintes.
Notre comité de là-bas 5 continuait à nous adresser
les informations de son service des nouvelles. Il résultait
de celles-ci que la S.S. était en train de remettre en
état et de perfectionner les chambres à gaz et
les fours crématoires d'Auschwitz qui étaient hors
service depuis l'automne 1943. On augmentait le nombre des gardiens,
etc.»
[236]
2. Le document publié
a) Photocopie du même passage, tel
qu'il a été rendu public, p. 82 du document Kasztner
publié par Kindler de Munich, avec une préface du
professeur Carlo Schmid, député socialiste au Bundestat.
- « deln. Meldungen
aus Preßburg bestätigten diese Beturchtungen. Das
dortige Komitee leitete uns die Meldungen seines Nachrichtendienstes
weiter. Demgemaß war die SS im Begriff, die Gaskammern
und Krematorien in Auschwitz auszubessern und zu renovieren.
Die Zahl der Mannschaften surde erhöht, und einer der Scharführer
soll sidl die Außerung geleistet haben: »Bald essen
wir feine ungarische Salami.« Er dachte hierbei offenkundig
an die mitgebrachten Lebensmittel der Juden. »
[237]
b) Traduction de la version Kindler (Photocopie
ci-dessus):
- «Des nouvelles
venues de Presbourg (Bratislava) confirmèrent nos craintes.
Notre comité de là-bas continuait à nous
adresser les informations de son service des nouvelles. Il résultait
de celles-ci que la SS. était en train de remettre en
état et de perfectionner les chambres à gaz et
les fours crématoires. On augmentait le nombre des gardiens,
etc...».
Le passage souligné tans la traduction
de I'original («qui étaient hors service depuis l'automne
1943») p. 235, a été supprimé: le main
tenir eût été avouer huit mois de non-fonctionnement
des chambres à gaz d'Auschwitz, ce qui est loin de la thèse
du Centre de documentation juive et lui eût porté
un coup très rude sinon fatal.
****
APPENDICE
IV
GERMANY MUST
PERISH!
par Théodore
N. Kaufman
De ce livre, dont il est question page
109, il suffit que nous donnions ci-dessous la carte de l'Europe
telle que son auteur, un juif américain, la concevait,
l'Allemagne une fois vaincue et, dans les pages qui suivent, les
passages les plus significatifs (photocopies de l'original de
la thèse dont le lecteur trouvera l'essentiel à
la page ci - dessus indiquée de cet ouvrage et la traduction
en regard des photocopies) pour que le lecteur comprenne à
quel point, porté à la connaissance de tous les
Allemands par la radio et la presse du Dr Joseph Göbbels,
il a pu les dresser contre les juifs. [Nous ne reproduisons pas
la carte qui est une carte de l'Europe du centre-nord d'où
l'Allemagne a disparu, son territoire étant partagé
entre la France, la Pologne, la Tchéquie et la Hollande.
Il faut pourtant préciser encore
que le dénommé Théodore N. Kaufman n'a pas
été traduit devant le Tribunal de Nuremberg *.
[fac-similé des pages 87,88 et 89 de l'édition originale
- ...byword of science, as the best means
of ridding the human race of its misfits: the degenerate, the
insane, the hereditary criminal.
- Sterilization is not to be confused with
castration. It is a safe and simple operation, quite harmless
and painless, neither mutilating nor unsexing the patient. Its
effects are most often less distressing than vaccination and
no more serious than a tooth extraction. Too, the operation is
extremeley rapid requiring no more than ten minutes to complte.
The patient may resume his work immediately afterwards. Even
in the cas of the female the operation, thoutgh taking longer
to perform, is as safe and simple. Performed thounsands of times,
no records indicate cases of complication or death. When one
relizes that such health measures as vaccination and serum treatments
are considered as direct benefits to the community, certainly
sterilization of the German people cannot but be considered a
great health measure promoted by humanity to immunize itself
forever against the virus of Germanism.
- The population of Germany, excluding
conquered and annexed territories, is about 70,000,000, almost
equally divided between male and female. To achieve the purpose
of Germane extinction it would be necessary to only [p. 87 de
l'original américain] sterilize some 48,000,000 a figure
which excludes, because of their limited power to procreate,
males over 60 yeatrs of age, and females over 45.
- Concerning the males subject to sterilization
the army groups, sas organized units, would be the easiest and
quickest to deal with. Taking 20,000 surgeons as an arbitrary
number and on the assumption that each will perform a mnimum
of 25 operations daily, it would take no more than one month,
at the maximum, to complete their sterilization. Naturally, the
more doctors available, and man more than the 20,000 we mention
would be available considering all the nations to be drawn upon,
the less time would be required. The balance of the male civilian
population of Germany could be teated within three months. Inasmuch
as staerilization of women sneeds somewhat more time, it may
be computed that the entire female population of Germany could
be sterilized within a period of three years or less; complete
sterilization of both sexes, and not only one, is to be considered
necessary in view of the present German doctrine that so much
as one drop of true German blood constitutes a German.
- Of course, after complete sterilization,
there will cease to be a birth rate in Germany. At the normal
death rate of 2% per annum, German life will diminish at the
rate [p. 88 de l'édition américaine] of 1,500,000
yearly. Accordingly in the span of two generations that which
cost milions of lives and centuries of useless effort, namely,
the elimination of Germanism and its carriers, will have been
an accomplished fact. By virtue of its loss of self-perpetuation
German Will will have atrophied and German power reduced to nigligible
importance.
- Reviewing the foregoing case of sterilization
we find that several factors resulting from it firmly establish
its advocacy.
- Firstly, no physical pain will be imposed
upon the inhabitants of Germany through its application, a decidedly
more humane treatment than they will have deserved. As a matter
of fact it is not inconceivable that after Germany's defeat,
the long-suffreing peoples of Europe may demand a far less humane
revenge than that of mere sterilizatiohn.
- Secondly, execution of the plan would
in no way disorganize the present population nor would it cause
any sudden mass upheavals and dislocations. The conseuent gradual
disappaerance of thez Germans from Europe wille leave no more
negative effect upon that continent than did the gradual disappaerance
of the Indians upon this. [...]
Traduction française (fac-similé de la traduction publiée
en France)
- Stérilisation ne doit pas être
confondu avec castration. C'est une opération sans danger
et fort simple, anodine et sans douleur, sans mutilation ni assexuation
du patient. Elle n'est pas plus dolosive qu'une vaccination,
pas plus grave qu'une extraction de dent. De plus, elle est extrêmement
rapide, ne requérant que quelques minutes pour être
menée à terme. Le patient peut être remis
au travail immédiatement après. Même dans
le cas des femmes bien que l'enlèvement soit plus long,
l'opération est anodine et simple. Sur des milliers d'opérations
dans le temps, on n'a jamais enregistré de cas de complication
ni de mort. Quand on comprend que des mesures sanitaires telles
que la vaccination et la sérothérapie sont considérées
comme bénéfices directs pour la population, la
stérilisation du peuple allemand favorisée par
la population [le texte original dit humanité]
elle - même pour s'immuniser elle - même à
perpétuité contre le virus du germanisme ne peut
être tenue comme une mesure de santé représentant
un travail considérable.
- La population de l'Allemagne, à
l'exclusion des territoires conquis ou annexés est d'environ
70.000.000 d'âmes presqu'également réparties
entre mâles et femelles. Pour mener à bien le projet
d'élimination totale de la race germanique, il serait
nécessaire de stériliser seulement quelque 48.000
000 de personnes, chiffre qui exclut, en raison de leur pouvoir
limité de procréation, les hommes au - dessus de
60 ans et les femmes au - dessus de 45.
- A propos de la stérilisation des
hommes, les formations militaires organisées en unités
s'en occuperaient de la manière la plus simple et la plus
expéditive. Si l'on prend, par exemple, 20.000 médecins,
en supposant que chacun fasse seulement 25 opérations
par jour, l'opération pourrait être terminée
dans un délai maximum d'un mois. Naturellement, on peut
trouver bien plus de médecins que les 20.000 ci - dessus
mentionnés si toutes les nations veulent bien participer
à l'opération et on aurait besoin de beaucoup moins
de temps. Le reste de la population mâle pourrait être
traité en 3 mois. Attendu que la stérilisation
des femmes prendrait un peu plus de temps, on peut estimer que
toutes les femmes allemandes pourraient être stérilisées
en trois mois, peut - être moins. Cette stérilisation
complète des deux sexes et non d'un seul doit être
considérée comme nécessaire en conséquence
de l'actuelle doctrine germanique selon laquelle une seule goutte
de sang allemand est un allemand potentiel.
- Bien entendu, après cette stérilisation
complète, le taux des naissances en Allemagne sera nul.
Avec un taux de mortalité de 2 % la population allemande
sera diminuée de 1.500.000 par an. En conséquence,
en l'espace de deux générations qui pourraient
coûter au monde des millions de vies et des siècles
d'efforts, l'élimination du Germanisme et de ses porteurs
sera un fait accompli. Dans l'immédiat, en raison de l'impossibilité
de se perpétuer la volonté germanique sera atrophiée
et la puissance allemande réduite à quantité
négligeable.
APPENDICE
V
MÉDECIN
A AUSCHWITZ
A propos de «Médecin à
Auschwitz» publié par la revue Quickde Munich
en janvier 1961 et que vient de republier en France l'Éditeur
Julliard qui l'avait déjà publié en 1951
dans la revue Les Temps Modernes de M. Jean - Paul Sartre,
j'ai écrit à l'Éditeur Julliard.
On trouvera ma lettre et sa réponse
dans les pages qui suivent.
- Le 16 novembre 1961.
- Monsieur René JULLIARD, Directeur
des Éditions Julliard 30, rue de l'Université PARIS
(7e).
- Monsieur le Directeur,
- Je viens d'achever la lecture de «Médecin
à Auschwitz» du Dr Miklos Nyiszli sorti de vos presses
le mois dernier et dont, sous le titre «SS . Dr Obersturmführer
Mengele», j'avais déjà lu de larges extraits
dans les numéros de mars et avril 1951 de la Revue «Les
Temps Modernes».
- [246]
- A l'époque, au double titre d'historien
et de déporté, pensant qu'à publier des
récits qui étaient manifestement en contradiction
avec la matérialité des faits en ce qui concerne
le comportement politique du nazisme, on ne pouvait, si on était
à plusieurs reprises pris en flagrant délit, que
semer le doute dans l'opinion et progressivement la convaincre
que le nazisme était une fable, je me suis insurgé
contre la tendance des éditeurs à publier n'importe
quel récit de n'importe qui sur les camps de concentration.
Son récit étant, d'après ce que «Les
Temps Modernes» en avaient publié, plein d'invraisemblances
et de contradictions et l'introduction de M. Tibère Kremer
y ajoutant encore, j'ai donc écrit au Dr. Nyiszli sous
le couvert des «Temps Modernes». Par l'intermédiaire
de M. Tibère Kremer, 11, rue des Moulins à Toulouse,
j'en ai reçu une lettre que je tiens à votre disposition
et qui est en contradiction avec le texte que vous venez de publier.
Ex.: M. Tibère Kremer, dans son introduction de 1951,
parlait de 6.000.000 de juifs de telle sorte que toute la presse
a répercuté l'information en les portant au compte
des chambres à gaz d'Auschwitz. Le Dr. Nyiszli, lui, dit
2.500.000 et c'est le chiffre retenu par le Tribunal de Cracovie
qui a condamné Hoess, directeur du camp à la pendaison,
le 4 avril 1947. Autre exemple: arrivé fin mai à
Auschwitz et parlant de 20.000 juifs exterminés chaque
jour dans les chambres à gaz + 5.000 dans les foyers de
plein vent, Nyiszli précisait que cela durait depuis QUATRE
ans et on retrouve cette précision dans votre livre p.
50. Or, s'il y a eu des chambres à gaz à Auschwitz,
les documents produits à Nuremberg établissent:
- Qu'elles ont été commandées
à la Maison Topf à Erfurt le 8 août 1942,
mais sous la dénomination «Leichenkeller»
et «Badeanstalt».
- Mises en place au camp en février-mars
1943.
-
- Et le Rapport du Dr Kasztner établit,
de son côté ce rapport a été
retenu à Nuremberg qu'elles n'ont pas fonctionné
de «l'automne
1943 à mai 1944».
- Etc... Je pourrais allonger la liste,
mais étant donné le temps que cela me prendrait,
je ne le ferai que si cela vous intéresse.
- Ce sur quoi j'attire par contre votre
attention, c'est sur la version allemande de «Médecin
à Auschwitz» parue en feuilleton dans l'illustré.
munichois «Quick» en livraisons à partir du
15 janvier 1961 Cette version est en contradiction formelle avec
la traduction de M. Tibère Kremer à peu près
sur tout. J'ai noté 31 contradictions sans compter celles
qui relèvent de la défaillance de syntaxe, ni celles
qui se trouvent dans le texte lui - même Exemple de contradiction
absolue: dans le texte allemand, les crématoires incinèrent
quotidiennement 10.000 personnes et dans le texte français,
20.000. Exemple de contradiction d'auteur: on tond les morts
à une page, mais vingt pages plus loin on dit que la récupération
des cheveux se fait [247] avant l'envoi à la chambre à
gaz. En sus, il y a les corrections que M. Kremer a faites sur
sa première version: un tireur au pistolet qui fait mouche
à 40/50 m. dans la première version ne fait plus
mouche qu'à 20 ou 30 m. dans la seconde, un institut qui
est le plus célèbre du IIIe Reich dans la première
est le plus célèbre du monde dans la seconde, etc.
De deux choses l'une: ou bien il s'agit d'un document qu'on rend
public et il doit être le même en 1951 et en 1961,
dans sa version allemande et dans sa version française,
ou bien il s'agit d'un document apocryphe. Comment voulez - vous
que, nous autres historiens, nous sortions honorablement de cette
affaire, si nous sommes amenés à en parler? Automatiquement,
on nous dira qu'il s'agit d'un document apocryphe. Et, comme
la description des lieux ne concorde ni en allemand, ni en français
avec la description officielle déduite des documents produits
à Nuremberg, si on nous dit que ce Nyiszli n'a jamais
mis les pieds à Auschwitz, on aura beaucoup de raisons
de nous le dire.
- Exemple: les chambres à gaz, nous
dit Miklos Nyiszli ont 200 m. de long et le document produit
à Nuremberg nous dit qu'elles ont, soit 210 m2, soit 400
m2, soit 580 m2 de superficie; cela fait des largeurs respectives
de 1 m. 05, 2 m. ou 2 m. 90 et cela ne tient pas. Cela tient
d'autant moins que 3.000 personnes y entrent en y circulant aisément,
qu'il y a des colonnes au milieu et des bancs de chaque côté.
Autre exemple: dans la version française, il y a 500 m.
d'un point à un autre, dans la version allemande, 3 km.
ou vice-versa. Etc.
- Quand cette version allemande a été
publiée par Quick, j'ai voulu écrire à
M. Tibère Kremer: la lettre m'est revenue avec la mention
«n'habite plus à l'adresse indiquée».
J'ai écrit à Quick: on m'a répondu
qu'on ne pouvait pas transmettre au Dr Nyiszli parce qu'il était
mort (! )
- Peut - être pouvez - vous transmettre
ces observations à M. Tibère Kremer dont vous devez
savoir l'adresse puisque vous tenez de lui la traduction que
vous publiez.
- Il ne me reste plus qu'à vous
demander de bien vouloir ne pas vous méprendre sur le
sens de ces remarques que je me permets de vous adresser. Les
documents historiques ont droit au respect et on n'en doit pas
publier à la légère des versions qu'on ne
peut garantir. En l'occurrence, depuis quinze ans, mes travaux
l'impliquant, je recherche l'original de celui - ci et jamais
personne n'a pu me dire où on le pouvait consulter. Les
historiens les plus qualifiés du monde en ignorent tout.
Les versions qui en sont rendues publiques sont divergentes et
se contredisent d'une page à l'autre. L'auteur parle de
lieux qu'il n'a visiblement jamais visités sans quoi il
ne donnerait pas 200 m. de long à une salle qui n'aurait,
si c'était vrai, que 1 m. 05 de large ou, au plus 2 m.
00, etc. Toutes choses qui portent à conclure qu'il s'agit
bien d'un document apocryphe.
- [248]
- Si donc il vous était possible
de me donner assez de certitudes pour me permettre d'écrire
la mention «document authentique» sur la fiche du
Dr Nyiszli dans les références de mes travaux,
je vous en serais particulièrement reconnaissant.
- Veuillez agréer, Monsieur le Directeur,
l'expression de mes sentiments distingués.
- Paul RASSINIER.
LA RÉPONSE DE JULLIARD
8 Décembre 1961.
- Monsieur Paul RASSINIER,
- 36, rue Bapst, ASNIERES (Seine).
- Monsieur,
- Je vous remercie bien vivement de m'avoir
fait parvenir la copie dactylographiée de votre lettre
du 16 novembre.
- Je la transmets aujourd'hui même
à M. Tibère Kremer, traducteur du livre du Docteur
Miklos Nyiszli «Médecin à Auschwitz»
afin qu'il vous réponde.
- Je puis cependant vous dire qu'il est
vrai que le Docteur Nyiszli est mort, mais sa femme est toujours
de cc monde. J'ai d'ailleurs montré son livre à
plusieurs déportés qui m'en ont confirmé
l'authenticité .
- Je vous prie de trouver ici, Monsieur,
l'assurance de mes sentiments très distingués.
- Pierre JAVET.
J'attends toujours la réponse de
M Tibère Kremer.
Il est vraisemblable que je ne la recevrai
jamais. D'abord, en date du 24 octobre 1951, M. Tibère
Kremer m'a transmis une réponse du Dr Nyiszli à
ma lettre à laquelle je fais allusion d ans celle que j'écris
à M. Julliard. Ensuite, Ies recherches auxquelles je continue
à procéder relativement à ce singulier témoin
m'ont valu, de New York où le livre traduit par M. Richard
Seaver a été publié en 1951 avec une [249]
préface du professeur Bruno Bettelheim, une information
selon laquelle le Dr Nyiszli était mort bien avant que
son témoignage ne fût publié pour la première
fois *
.
Si c'était vrai, ce témoin
mort un de plus aurait cette particularité qu'il m'aurait
écrit lui - même après sa mort.
Et on comprendrait alors le silence de
M. Tibère Kremer.
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