Premier mars 2003
Chers Amis de la vieille taupe,
11 septembre 2001 - Je remontais en voiture le boulevard Sébastopol, passablement encombré.
En fait je me rendais chez Madame Rassinier. Je lui rends visite de temps à autre. Trop rarement. Elle est clouée chez elle depuis plusieurs années par une sévère insuffisance cardiaque très invalidante. À chaque visite j'ai l'impression de rencontrer l'une des rares personnes qui ait conservé intactes ses facultés humaines en ce monde inhumain de malades télé visionnaires et de cinglés.
Le numéro 12 et dernier de la Vieille Taupe était paru un an plus tôt. À peu près aucun des projets qui y étaient suggérés n'avait pu se réaliser. La plupart des espoirs manifestés à la fin du texte «Les Révélations de Nancray» étaient restés lettres mortes. Ni Lyotard, ni Debord, ni Barjot ne semblaient avoir accompli leur mission de là où ils étaient placés.
La situation était grave… mais pas désespérée. Même si les raisons d'espérer ne relevaient pas de la raison très rationnelle. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Précisément, tout allait mal et j'avais beau relire la célèbre phrase de Sun-Tse, dans L'Art de la guerre, qui figure au dos du numéro 5 des Annales d'histoire révisionniste, rien n'y faisait.
Deux jours plus tôt, j'étais allé à Thouars, d'où j'avais posté ma seconde et dernière lettre ouverte à Lionel Jospin, dans le cadre d'une Sonderaktion de la Vieille Taupe.
Mais la Vieille Taupe, pour la circonstance n'était parvenue qu'à réunir un Sonderkommando étique composé de deux personnes[1] ! et n'attendait pas d'effets visibles de cette opération avant plusieurs mois.
Dans la lettre, commencée le 27 août 2001 à Amman et postée de Thouars le 9 septembre, j'annonçais à Lionel sa future défaite électorale et je détaillais les motifs de cette défaite. Je concluais :
«Autrement dit, l'avenir est devenu aléatoire. Le résultat des élections est aléatoire, le CRIF et le fric ne tiennent plus toutes les cartes. Nous entrons dans une nouvelle ère, l'ère des accidents nécessaires selon la formule de Chaulieu. Ce pourquoi la Vieille Taupe est allée à Thouars. Mon pauvre Lionel, les temps sont difficiles, et ça ne fait que commencer.»
L'idée de poster cette lettre, que je savais devoir être «prophétique», de la ville de Thouars s'était imposée à moi peu à peu, en méditant une fois de plus sur l'art de la guerre et la phrase de Sun-Tse déjà évoquée. J'avais griffonné sur un bout de papier : «Pour être invincible il faut être imprévisible et pour être imprévisible il faut être aléatoire». Rien jusqu'ici qui ne relève de l'évidence. Quant au jeu de mots sur la ville de Thouars, il a été fait dès le dix-huitième siècle, dans le cadre d'une réflexion sur la guerre amoureuse, et la vertu des femmes, qu'un gentilhomme ne saurait suspecter[2] même si…
Si bien que, lorsqu'un journaliste de V.S.D. qui faisait une enquête sur la Vieille Taupe a demandé à me rencontrer, je lui ai donné tout à trac rendez-vous le 9 septembre à midi, sur le parvis de l'église de Thouars, que je n'étais à l'époque pas même capable de situer en France. Par cette idée, ainsi transformée en acte, la Vieille Taupe, complètement anéantie, renaissait de ses cendres.
Elle avait démenti sa fin prévisible et prévue[3]. Elle était donc, pour sa part, redevenue vivante, fidèle à elle-même, donc imprévisible pour ses ennemis : aléatoire.
Je me rendais donc chez Madame Rassinier pour lui faire part de cette bonne nouvelle.
Et je pestais dans les encombrements du Sébasto, en pensant que… Si il avait suffi à la Vieille Taupe qu'elle croie apercevoir une lueur au bout du tunnel pour retrouver vie, c'est à dire foi et espérance, il y avait néanmoins loin de la coupe aux lèvres… et j'aurais bien aimé pouvoir faire part de quelque chose de plus tangible, qui aurait manifesté objectivement les progrès du révisionnisme. Cela, d'autant plus que Madame Rassinier m'avait plusieurs fois fait remarquer que mes visites avaient coïncidé avec des événements significatifs. Je ne me souviens d'ailleurs plus très précisément lesquels, mais le fait est là. Madame Rassinier m'avait dit : «Eh bien alors ! Chaque fois que vous venez me voir, il se passe quelque chose». Mais cette fois le présent ne laissait pas d'être désespérément désespérant et je n'avais rien à lui annoncer en dehors de ma certitude que ma lettre à Lionel serait prophétique. Mais ne voila-t-il pas 25 ans que j'ai annoncé au professeur Faurisson qu'il avait gagné ? !
Cette Sonderaktion relevait donc aussi, dans une certaine mesure, de la pensée magique, ou plus exactement de l'Aktion magique. Mais justement, que reste-t-il d'autre à faire lorsque l'on est absolument réduit à l'impuissance, pour manifester la réalité de ses désirs, sans pour autant prendre ses désirs pour la réalité ? Cette activité magique est donc parfaitement rationnelle en ce qu'elle manifeste la réalité de notre volonté. Et la conscience que son impuissance actuelle est le gage de son triomphe futur ! Elle ne devient irrationnelle que lorsque l'idéologie magique conduit à attribuer une performativité excessive à l'activité magique et donc à négliger de rechercher les moyens les plus efficaces pour réaliser les vœux que la prière rend manifestes.
Dans ce cas l'idéologie magique, la religion magique, est évidemment stérile et stérilisante. De cela j'étais depuis longtemps bien convaincu, mais j'étais en train de découvrir qu'un acte magique pouvait aussi être un moment nécessaire d'une activité libératrice, l'ultime manifestation d'une volonté de résistance à la réalité désespérante. Abracadabrah !
J'en était là de mes pensées lorsque, après avoir écouté en boucle sur mon autoradio les Valses de Vienne par Herbert von Karajan, Les deux oncles de Georges Brassens, et Le Premier qui dit la Vérité, il doit être exécuté de Guy Béart, j'appuyais sur le bouton d'éjection de la cassette, et… sur l'un des postes présélectionnés, le flash d'information annonçait l'impact du premier avion sur une tour du World Trade Center, suivi, alors que je me trouvais à Barbès[4], de l'annonce du deuxième impact !
Cette fois encore Madame Rassinier ne serait pas déçue.
Le compte rendu que je m'apprêtais à lui faire de l'acte quasi-magique effectué deux jours plus tôt par la Vieille Taupe par le fait d'être… allé à Thouars, prenait instantanément une toute nouvelle signification.
Effectivement, ma lettre à Lionel contenait une analyse appuyée sur une doctrine. Analyse qui fondait des prévisions et se risquait à plusieurs prédictions dont on pouvait espérer que la réalisation plusieurs mois plus tard contribuerait à renforcer l'autorité doctrinale de la Vieille Taupe parmi ceux qui voulaient bien lui accorder quelque attention. Rien de magique donc.
Mais une prédiction essentielle se trouvait réalisée beaucoup plus tôt que prévu : «Nous entrons dans une nouvelle ère, l'ère des accidents nécessaires selon la formule de Chaulieu.» Accessoirement ce bombardement de New-York par des moyens non conventionnels manifestait que deux jours à peine après qu'elle se fut elle-même ressuscitée, les ennemis de la Vieille Taupe ne restaient pas inactifs.
Mais ici n'est pas le lieu. Et le moment n'est pas venu, ni d'exposer la conception de l'accident nécessaire du camarade Chaulieu, ni d'analyser les événements du 11 septembre, leur genèse, leurs auteurs et l'ensemble des réactions qu'ils ont suscitées. Alors pourquoi raconter cela maintenant ?
Parce que… Le samedi premier février 2003, vers 15 heures 15, je pénétrais, accompagné de Michel Sergent, dans la Basilique de Saint-Denis, où j'avais rendez-vous pour participer à une récitation publique du Rosaire. Le fait en lui-même pourrait paraître paradoxal. Précisément parce qu'il est paradoxal.
Il résulte d'un ensemble de circonstances particulières qui déterminent cette situation. Il faut donc exposer l'ensemble de ces circonstances pour comprendre la situation et ce qu'elle révèle.
Je suis athée. Complètement athée. J'ai déjà eu l'occasion de m'en expliquer publiquement dans deux textes[5] que j'avais signés Don Quichotte pour que ma réputation de «négationniste» ne vienne pas perturber l'entendement des choses que j'avais à dire sur un mouvement d'hystérie collective survenu en janvier 2000, dans la région de Nancray sur Rimarde.
J'ai été baptisé et j'ai eu, dans mon enfance et mon adolescence, une éducation religieuse approfondie. J'ai fait ma communion solennelle et ma confirmation. A 18 ans, alors que j'étais élève du Prytanée National Militaire de La Flèche (Matricule 9696), j'ai complètement tourné la page, sous l'influence de Jean-François Lyotard, mon prof de philo en classe de Cyr VII). Je n'ai depuis pas eu de préoccupations religieuses, ni anti-religieuses d'ailleurs.
Je suis viscéralement attaché à la liberté d'expression des idées, qui me parait la seule et ultime garantie du respect de l'autre et de soi-même.
Instruit par l'expérience judiciaire de l'affaire Faurisson des menaces qui pesaient sur elle, j'avais pris la peine d'adhérer à l'Union des athées[6] fondée par Albert Beaughon. Il m'avait semblé que des athées seraient, par tradition historique, plus particulièrement attachés à la défense de ce principe[7] souvent bafoué par de nombreux religieux. J'ai été en partie déçu sur ce point par les athées. Néanmoins c'est en tant qu'athée complètement athée que je me rendais consciemment et volontairement à la récitation du Rosaire en la basilique de Saint-Denis !
L'occasion fortuite avait été provoquée par un fait banal. Je devais récupérer 4 exemplaires des Mythes fondateurs de la politique israélienne, de Roger Garaudy, et 5 exemplaires du n°3 de la revue confidentielle La Vieille Taupe, consacrée à la prépublication pour les initiés du livre d'Israël Shahak : Histoire juive - Religion juive, le poids de trois millénaires, chez une dame, à proximité immédiate de la Basilique. Pour un ensemble de circonstances le samedi semblait le jour le plus pratique.
Cette adhérente du Front National avait assuré la diffusion, sous le manteau, des livres de la Vieille Taupe, puisque cette diffusion s'avère impossible dans le circuit normal du livre en France. Elle m'annonçait donc qu'elle participait tous les premiers samedis du mois à une récitation du Rosaire dans la Basilique, et elle me racontait les difficultés et l'hostilité à cette initiative manifestée par le prêtre de la paroisse, qui faisait montre par ailleurs d'une surprenante complaisance envers les initiatives du prétendu parti de la classe ouvrière.
Il se trouve au surplus que l'Évêque du lieu est le signataire d'une surprenante déclaration de «repentance» des Évêques de France, qui n'est qu'un tissu de démagogie et de flagornerie à l'égard du lobby qui n'existe pas, et le matin même, facteur probablement déclenchant, j'avais entendu sur France-Inter ou France-Info, évoquer l'affaire de l'église Saint-Éloi à Bordeaux. Des catholiques de tradition avaient obtenu de la municipalité (Alain Juppé) l'autorisation de restaurer et réhabiliter cette église désaffectée, et c'est l'Évêque de Bordeaux, Monseigneur Ricard, allié au groupe socialiste, qui avait porté plainte contre la décision municipale ! Ce comportement de l'Évêque de Bordeaux m'avait scandalisé.
J'avais découvert naguère, à l'occasion des événements de Nancray, toute la mauvaise foi et les comportements répugnants de certains catholiques conciliaires et de certains Évêques de France à l'encontre des catholiques de tradition. Les querelles religieuses me sont étrangères mais l'intervention du mensonge, de l'amalgame et de la diffamation, appuyée sur des méthodes de basse politique et de basse police, pour régler des querelles théologiques me paraissent déshonorantes à titre humain, et mériter réprobation et sanction. Un point c'est tout. Ce fut donc d'abord une impulsion spontanée et irréfléchie qui me conduisit à dire : «Eh bien je viendrais à la prochaine récitation du Rosaire», pour signifier mon hostilité à ces Évêques de pacotille soumis aux modes et à l'air du temps.
C'était une parole verbale. Pas même une promesse. Je pouvais parfaitement passer à 16 heures prendre mes livres, et on n'en parlerait plus. D'ailleurs mon interlocutrice ne m'a pas pris au sérieux. Mais quelques jours plus tard, un autre catholique de tradition que j'avais rencontré, dans le cadre de mon enquête sur la croix de Nancray et sur les «sectes dozuléennes» me faisait parvenir, avec les renseignements que je lui avais demandés, un dossier sur divers démêlés avec quelques Évêques de France sur des questions religieuses et un dossier tiré du site internet du Vatican :
«2002 2003 Année Rosaire à l'initiative du Pape Jean-Paul II», suivi d'une «Lettre apostolique sur le Rosaire du Pape Jean-Paul II à l'Épiscopat, au clergé et aux fidèles.»
Je dois admettre que je suis réfractaire la plupart du temps au langage religieux. Le texte me tombe des mains. La petite musique saint sulpicienne me sort par les trous de nez. Mais je dois avouer aussi que quelques passages de ces documents dont je m'imposais la lecture parvenaient à retenir mon attention. Au surplus j'y trouvais une tonalité théologique «traditionnelle» qui avait totalement disparu de la communication de l'Église de France. C'est à dire que j'y décelais, et c'était pour moi une révélation, un élément de résistance au monde moderne qui me semblait avoir totalement déserté l'Église depuis longtemps. Si bien que cette lecture me remettait en mémoire un événement beaucoup plus ancien :
Douze ans plus tôt, en pleine guerre du Golfe, j'avais rencontré l'ambassadeur d'Irak près l'Union Européenne à Bruxelles, dans des conditions plutôt dramatiques. Il recherchait un livre : Le Pape contre la guerre du Golfe, par le père Jean Toulat, qu'il ne parvenait pas à se procurer à Bruxelles et il m'avait demandé de passer chez l'éditeur à Paris et de le lui envoyer.
Ce que j'avais fait.
A l'époque je connaissais cet éditeur, uniquement parce qu'il avait sa boutique rue de l'Abbé Grégoire, à une encablure de la Librairie Française, de Jean-Gilles Malliarakis, et qu'il avait été l'éditeur de Claude Tresmontant. Or, peu de gens le savent, Claude Tresmontant, était devenu révisionniste peu avant sa mort[8], et il m'avait présenté à son éditeur comme l'éditeur de Faurisson.
L'ensemble de ces circonstances m'avait fait découvrir que le Vatican avait eu, avant et pendant la guerre du Golfe, une attitude méritoire extrêmement ferme contre cette guerre. Et c'était pour moi, qui reprochait plutôt au Pape et à l'Église d'avoir au cours des guerres, béni les belligérants des deux camps, une nouveauté. Je découvrais surtout, puisque je n'en avais rien su avant de rencontrer l'Ambassadeur d'Irak, que l'Église de France n'avait pas répercuté, qu'elle avait censuré, voire falsifié, la position du Vatican, en participant aux quarts d'heure de la haine orwelliens anti-Saddam Hussein. Dix ans plus tard, les révélations de Nancray m'avaient fait découvrir une face cachée et répugnante de cette même Église de France et de certains de ces Évêques. Plus généralement, au fur et à mesure que s'approfondissait mon enquête, j'avais découvert que la religion professée par l'Église de France n'avait plus beaucoup de rapport avec la religion professée dans mon enfance et mon adolescence, et ce Dieu en guimauve, malléable et corvéable à merci[9] me faisait plutôt rigoler.
Mon point de vue n'était certes pas celui des catholiques de tradition, mais sur un point capital leur nostalgie rejoignait mes préoccupations. Ce point capital c'est la question des rapports avec le judaïsme, et ce qui en découle conséquemment : la question des rapports avec le sionisme et l'État d'Israël.
J'avais donc, on l'aura compris, une dent contre l'Église de France. Et la lecture du dossier sur le Rosaire me faisait découvrir que, sur une question purement religieuse, j'irai même jusqu'à dire cucutement religieuse, l'Église et les Évêques de France manifestaient à l'égard des demandes pressantes du Pape une attitude qui allait de la réticence à la résistance et à la trahison ! et cette attitude n'était pas sans analogie avec celle qu'avait adoptée cette même Église dite de France, au cours de la guerre du Golfe à l'égard des demandes non moins pressantes du Pape.
Et enfin, last but not least[10] l'affaire du film AMEN de l'immonde Costa Gavras et l'affiche provocatrice qui avait accompagné son lancement médiatique m'avait conduit à publier pour nos amis un dossier très complet sur toute cette affaire, composé en particulier du texte du livre de Paul Rassinier : L'Opération Vicaire, le Rôle de Pie XII devant l'histoire. J'avais donc relu ce texte dont l'importance m'avait largement échappé lors d'une première lecture, trente ans plus tôt.
L'absence de réaction appropriée de l'Église de France à l'encontre du mensonge absolu que constituait ce film, la veulerie de certains Évêques, de prêtres et de fidèles en la circonstance, rendaient manifeste ce qui ressemblait bien à une apostasie, un reniement. En tant qu'athée, je n'étais évidemment pas concerné. Sauf que… l'exploitation politique de ce reniement par le lobby qui n'existe pas assurait le triomphe du judaïsme, par lequel je ne serais d'ailleurs pas plus concerné s'il n'était que religieux. Mais la partition du religieux et du politique n'existe pas avec le judaïsme, à plus forte raison depuis qu'il s'est abîmé en un national bellicisme juif : le sionisme.
Au contraire, dès lors qu'averti par l'expérience, on prenait la peine de s'informer à la source, sans faire confiance aux intermédiaires sur les dires, les faits et les gestes du Pape, le message était sensiblement différent[11].
Pour résumer, quelques soient les concessions, réelles ou apparentes, faites au judaïsme et au sionisme, pour manifester son extrême bienveillance à leur égard, le Pape n'a rien cédé doctrinalement ! Mais je ne peux pas en apporter ici la preuve, du moins pour le moment, pour ne pas perturber le développement de la Sonderaktion en cours.
En particulier, les actes de repentance du Pape n'ont pas eu le caractère de complète apostasie que lui avait donné certains Évêques de France et le cardinal Lustiger en particulier. Théologiquement, le Pape n'a pas cédé, comme l'a d'ailleurs parfaitement et instantanément compris le Rabbin Six-cent-soixante[12]. Ce pourquoi les attaques incessantes contre l'Église et contre le Pape avaient repris immédiatement après le passage du Pape au Mur des lamentations, par toutes les courroies de transmission habituelles du lobby qui n'existe pas.
La Vieille Taupe avait fait exactement la même analyse que le Rabbin six-cent-soixante des actes et déclarations du Pape. C'est pourquoi j'avais collé sur un certain nombre de photos médiatiques de l'événement, dans la bouche du Pape, la future célèbre bulle : Lewkovicz a raison.
Cette interprétation commune à la Vieille Taupe et au Rabbin Sitruk allait se voir confirmée dans les mois qui suivirent par les voyages du Pape, significativement sur les pas de Saint Paul, à Damas, mais aussi à Kuneitra et à Malte. Et pour ceux qui ont des oreilles pour entendre, les propos raisonnables de Bachar-el-Assad, qui indignèrent tant les sionistes, ne pouvaient pas avoir été tenus en présence du Pape par le chef de l'État syrien sans négociations avec le Vatican, et approbation préalable.
L'ensemble de ces circonstances, et quelques autres encore, parmi lesquelles l'information selon laquelle, en audience privée, Jean-Paul II aurait évoqué la mémoire du «Cher père Théry» m'avaient rendu très attentif aux faits et gestes de ce Pape materialiter.
La lecture du dossier sur le Rosaire qui m'avait été remis m'avait donc troublé. J'y avais trouvé ce que je persistais à considérer comme les habituelles cucuteries religieuses. Mais de même que la lumière, (phénomène) se manifeste à nos sens (éventuellement augmentés et relayés par l'appareillage scientifique) alternativement sous forme corpusculaire et sous forme ondulatoire sans que l'on parvienne à comprendre complètement l'articulation intrinsèque de ces deux «réalités» contradictoires et néanmoins objectivables, je percevais soudain dans ce texte même, intimement mêlé à la réalité «corpusculaire» un peu cucul-la-praline, du texte, une non moins réalité «ondulatoire», encryptée dans le même texte, et de plus, ce message que j'appellerai subliminal faute d'autre mot, entrait en résonance mystérieuse avec mon «âme[13]» puisque je le décryptais immédiatement !
Pour toutes ces raisons, la parole imprudente, presque la plaisanterie que j'avais lancée en annonçant que je participerais à la récitation du Rosaire, se transformait progressivement en détermination.
Ce qui fut déterminant, définitivement, ce furent les paroles catégoriques dénonçant la prétendue guerre préventive contre l'Irak et qualifiant cette guerre de guerre injuste. Dits de sa position, au milieu des pressions formidables de l'extérieur et de l'intérieur de l'Église, ces mots allaient beaucoup plus loin dans le sens des conférences de Zimmerwald et de Kienthal qu'on aurait seulement osé l'espérer.
Comment mieux manifester réellement mon immense reconnaissance[14] à l'égard de ce Pape, mieux qu'en faisant précisément ce qu'il demandait instamment que l'on fît ?
N'est-ce pas la meilleure manière de manifester sa reconnaissance, que d'utiliser le propre idiome de ceux par qui on souhaite être compris, en la circonstance l'idiome religieux ?
Et cela même si je n'en pénètre pas toutes les arcanes[15].
Toujours est-il que le samedi premier février 2003 vers 15 heures 15…
Au moment même où j'entrais dans cette magnifique basilique, une pensée me traversait l'esprit : un acte, quel qu'il soit, dépasse toujours par sa signification toutes les idées qui ont pu le provoquer, l'expliquer, le justifier.
Un léger bruissement de voix nous dirigeait vers l'une des chapelles latérales, où trois femmes, dont la personne que je devais rencontrer, récitaient le «je vous salue Marie…». Avec un léger salut de la tête, nous prenions place à coté d'elles. Il faisait froid. Au troisième «Je vous salue…» je commençais à penser qu'il était heureux que nous soyions arrivés avec un quart d'heure de retard, c'était toujours ça de gagné, mais il n'était pas question que nous partions avant la fin. C'était une conviction intime, un impératif catégorique.
Un document remis par ma voisine : «Rosaires pour la vie» me faisait découvrir que la présente récitation n'avait pas été instituée pour répondre à la demande pressante du Pape du 16 octobre 2002, comme je l'avais cru, mais bien avant. Je prenais donc connaissance des «Mystères Joyeux», des «Mystères douloureux» et des «Mystères glorieux». Puis mes voisines entonnaient le «Pater» en latin. Là j'étais largué. En même temps, le calme et la majesté du lieu avaient un effet apaisant et rassurant. Pendant les récitations, des personnes passaient s'associer à la prière pendant un ou deux «Ave» et repartaient. J'évalue leur nombre à une dizaine. Parfois des touristes en visite jetaient un œil effaré ou méprisant. J'imagine leur tête s'ils avaient su que l'éditeur des historiens révisionnistes faisait partie des récitants !
Une dame métisse, accompagnée de ses deux enfants qu'on devinait plutôt turbulents venait allumer une bougie et réciter une prière devant la statue de la Vierge. Elle faisait agenouiller le petit. Non sans mal. Comme j'avais moi-même subi la même éducation, je me suis dit in petto que cette éducation avait peut-être du bon, et qu'elle ne produisait pas que des enfants de chœur. Faurisson, lui-même athée, n'est-il pas un fils-de-jéses. Je levais les yeux sur cette statue. C'était la même, ou à peu près la même, que la statue de la Vierge qui se trouvait sur le clocher de la Basilique de Bethleem et qui avait naguère été mitraillée par l'armée de l'Israël. La photo de la statue mitraillée était parue en première page de l'Observatore Romano. La revue Sodalitium l'avait reproduite.
J'étais à Amman lors du siège dramatique de la basilique de Bethleem. J'avais entendu sur une télévision arabe le Père supérieur du couvent, joint au téléphone par un journaliste au début du siège, proclamer avec insistance : «Dites bien que nous ne sommes pas des otages…!, dites bien…». Les moines catholiques du couvent avaient donc volontairement accordé l'asile et la trêve de Dieu aux combattants palestiniens et fait preuve d'une fermeté héroïque face à l'armée de l'Israël, qui dut finalement concéder un sauf-conduit aux Palestiniens assiégés. A l'époque l'idée m'était venue que pareille attitude face à la «Tsahal» ne pouvait pas avoir été tenue sans l'accord, sinon les instructions du Vatican. Et j'eus soudain le sentiment profond qu'il était bien que je sois là où j'étais.
«Je vous salue Marie, pleine de grâce, le seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, mère de Dieu [mitraillée par la «Tashal»] priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.
Si la foi que je n'ai pas a été nécessaire aux Dominicains de Bethleem pour faire preuve du courage et de la détermination qui furent les leurs, je suis prêt à réciter encore des «Ave» si cela peut susciter des vocations semblables.
Soudain, la très belle voix cristalline de ma voisine entonnait : «Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat». Mon voisin murmurait à mon oreille :«Vous ne trouvez pas ça un peu fasciste ?!»
Et moi, qui me méfie par dessus tout des vainqueurs incorrigibles !… et dénonce l'impérialisme ! J'avais bonne mine !
Évidemment dans le contexte actuel, ce n'était qu'un vœu pieux. Mais quand même !
Aujourd'hui ce serait plutôt la synagogue de Satan qui vincit et qui impérat. Christus, il est mal barré… Il ne serait pas mauvais que «l'agneau de Dieu qui efface les péchés du monde» vincit, qu'il régnat un peu et qu'il impérat à la place d'Israël… Ce serait toujours un répit de gagné.
Mais il faut rester lucide et vigilant. Et continuer à se méfier des curés qui veulent impérater à la place de Christus.
Je pensais que la même tension contradictoire existe dans l'Islam, où Allah donne la victoire… à ceux qui lui sont soumis. C'est à dire à ceux, notamment, dont les buts de guerre sont conformes à l'ordre divin… et qui donc se montrent justes. De même que «Muslim» (Musulman) signifie soumis à Dieu seul. Ce qui peut être interprété de manière tout à fait libertaire par rapport aux autorités constituées, lorsqu'elles prétendent abusivement commander au nom d'Allah… Tout cela ne dément pas l'existence d'une tentation impérialiste et réactionnaire dans l'Islam, qu'il était en France, naguère encore, interdit de dénoncer sous peine d'être accusé de «racisme». Jusqu'au jour où les intérêts du sionisme en ont décidé autrement. (Voir le tract : Brigitte Bardot traînée devant les tribunaux…)
Je n'avais plus froid. Le calme et la sérénité du lieu me faisaient du bien, et le fait de méditer en roue libre, hors du temps, me procurait un véritable bien être,…
…et je sus que mon hypertension chronique avait diminué.
J'avais ressenti une sensation comparable dans un temple bouddhiste en récitant des mantras (je crois) comme le cancre de l'école primaire récitait les tables de multiplication : il connaissait la musique mais avait oublié les paroles.
J'en étais là dans mes pensées lorsque ma voisine à la si belle voix, qui osait chanter au cœur du 9/3, en Seine-Saint-Denis, en pleins territoires occupés, me tendait une feuille et me demandait si je voulais lire la méditation qui ponctue chaque dizaine de chapelet. Mais je déclinais l'invitation, parce qu'il ne faut pas aller plus vite que la musique.
Je pensais à la prière de Sainte Thérèse d'Avila que je venais de découvrir en lisant le manuscrit du prochain livre de Roger Garaudy[16]. Cette prière explicite le «mystère» de la foi, et le mystère plus grand encore de la performativité de la foi, sur lequel mon esprit achoppait :
Quand même il n'y aurait ni de ciel ni d'enfer,
je le sais, ô mon Dieu, je t'aimerai encore.
T'aimer est mon bonheur autant que mon devoir.
Ne m'accorde donc rien, même si je t'implore.
L'amour que j'ai pour toi n'a pas besoin d'espoir.
Et je sais, par expérience, que la foi, quand elle est vraie, déplace les montagnes !
Et qu'on le sait vraiment quand la montagne est déplacée !
Fort de ces réflexions je ne pouvais réprimer cette autre pensée : «Et pourtant on est bien dans la merde !». Le révisionnisme historique est dans une situation des plus désespérées. Je passe les détails. Évoquant les dernières paroles du Christ, je m'adressais en pensée à la statue devant moi : «Pourquoi m'as-tu abandonné ?». La statue, imperturbable me répondait : «C'est réciproque !». Ce qui n'était pas faux.
On tournait en rond.
Le temps passait, les chapelets se succédaient.
Serais-je capable de concevoir une prière à Marie, qui exprimerait mon état d'esprit ?
Je pensais à la formule : « Oh Marie conçue sans péché, faites que je pèche sans concevoir» dont les catholiques les plus intransigeants ont tort de ne pas comprendre qu'elle est théologiquement irréprochable, mais qui relève d'une problématique un peu ringarde maintenant que le sexe prostitué est devenu le dernier argument alibi de la marchandise, avant son abolition.
Je n'allais quand même pas faire moins que Thérèse, découverte quelques jours plus tôt dans le manuscrit de Garaudy et réclamer à la bonne mère un signe pour croire !
Les idées s'enchaînaient dans ma tête. Je pensais à Lyotard expliquant la différence entre croire, savoir et connaître et entre découvrir et connaître. Je pensais à Debord et aux réflexions situationnistes sur le sens des mots. Il va falloir que je cherche les citations exactes dans l'I.S…
Soudain, à ma stupéfaction, je pensai au Père Lassias. Un père mariste qui avait été mon prof d'histoire en quatrième au Collège Fénelon à La Rochelle. Au cours d'une retraite, il avait tenté de nous expliquer la double nature du Christ, vrai Dieu et vrai homme, et soudain mon cerveau entrait en ébullition et partait dans tous les sens.
C'était une stupéfaction de découvrir qu'il restait dans ma mémoire des traces du Père Lassias et de ses enseignements, alors que je n'avais absolument pas pensé à lui pendant 50 (cinquante) ans !
Je pensais à Alain Finkielkraut, éructant de haine et dévoré de tics au procès Garaudy, me révélant que j'était un disciple de Marcion ! dont je ne connaissais pas même l'existence. Je pensais à René Girard. Et soudain un vœu, une prière s'imposait à moi :
«Mon honneur c'est ma fidélité. Accordez-moi de ne pas croire… jusqu'au bout !
Oui, mais quel bout ?
C'est alors qu'il me vint une idée extrêmement ingénieuse, mais extrêmement difficile à exposer. Je le ferai un jour ou l'autre, bien que je ne sois probablement pas le premier à l'avoir eue. Je fais confiance à notre Finkielkraut national pour me révéler de qui je suis devenu le disciple inconscient.
«Pater noster qui est in caelis…»
«Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat..
On attaquait les Mystères glorieux.
En attendant, la situation sur terre n'était guère glorieuse. J'avais découvert il y a déjà belle lurette, en lisant René Girard[17] (La Route antique des hommes pervers notamment) que la situation des révisionnistes dans le monde avait une dimension christique. Mais tout ça n'était pas très bien articulé dans ma tête. J'avais entendu le matin même ou la veille, sur une quelconque radio, annoncer le retour de la navette Columbia, dont j'ignorais même qu'elle était partie. On précisait la présence d'un cosmonaute israélien, rescapé de la Shoah, comme il se doit. On précisait même qu'il avait emporté dans l'espace un objet, je ne sais plus quoi, qui commémorait le génocide-holocauste-shoah. Et je m'était dit : «En ces temps où, comme le dit le Rabbin six cent soixante, "la plus grande démocratie du monde se trouve confrontée aux mêmes problèmes que la seule vraie démocratie du Proche-Orient", et où l'unité d'action entre ces deux démocraties se concrétise dans les projets de guerre contre l'Irak, le colonel israélien va devenir le héros symbolique de cette communion, et on va assister à l'holocaustication shoatique de l'espace». Ça commençait même avant l'atterrissage !
Troisième Mystère glorieux
«La Descente du Saint Esprit : Fruits du Mystère : La Charité
On approchait de la fin. Et je ne sais pourquoi, je me voyais soudain dans ma voiture, en haut du Sébasto, précisément à l'instant où j'avais reçu la révélation d'une formidable accélération de l'histoire, et la prière suivante me venait aux lèvres :
«Oh Marie ! Conçue sans péché, accordez moi la grâce d'une coïncidence.»
Et mes yeux se portaient sur le «Prologue de Saint Jean», sur le papier que m'avait donné ma voisine :
Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
Tout a été fait par lui et sans lui rien n'a été fait de ce qui existe.
En lui était la Vie et la Vie était la lumière des hommes.
Une voix cristalline : «Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat…»
On attaquait le quatrième Mystère glorieux :
l'Assomption de Notre Dame : fruit du Mystère : la grâce d'une Bonne Mort.
Je notais particulièrement le deuxième paragraphe de la méditation :
«Prions Notre Dame de vivre en "esclave de ses désirs", comme nous l'a formulé le Père de Montfort, pour saintement mourir… en ayant le temps de demander "pardon" !
Montfort, c'est le nom du Président de la 17° chambre du tribunal de Paris, qui m'a régulièrement condamné, non sans bénévolence, au titre de la loi Fabius-Gayssot, et que je soupçonne fort d'être devenu lui-même révisionniste à force d'avoir à en juger. Aucun rapport. Évidemment.
Mais qui était ce Père de Montfort ? Quel rapport avec Simon de Montfort et la croisade des Albigeois contre les Cathares ?
Mon esprit vagabondait à nouveau. Je pensais au Pape, annonçant depuis le Canada, à Toronto, ville où avait été condamné Zündel[18], que les prochaines JMJ auraient lieu à Cologne, et je pensais à Karl Marx devant les jurés de Cologne… Je divague…
Mais au fait,
Cologne, c'est en Allemagne. Et je pense à Pie XII, le Pape révisionniste. Le Pape dont le silence est d'or. Mais au fait, ce Pape, le nouveau, ce successeur de Pierre, ce Jean-Paul II, quand il proclame Urbi et Orbi : «N'ayez pas peur», ne lançait-t-il pas à la Vieille Taupe l'injonction d'avoir à continuer son travail sans avoir peur des Juifs, et aux Juifs de n'avoir plus peur de la Vieille Taupe ? Dès lors qu'ils se tolèrent mutuellement dans la Pax Christi.
N'avait-il pas une idée derrière la tête quand il a choisi Cologne pour les prochaines JMJ ?
Et cette idée ne serait-elle pas la même que la mienne ?
Les communications télépathiques entre Chomsky et la Vieille Taupe (voir Droit et Histoire page 155) auraient-elles connu un développement en réseau et de nouvelles ramifications qui incluraient le Vatican.
On peut toujours rêver. Ça ne coûte rien et ça ne fait de mal à personne !
Pour tout dire, ça fait même du bien, surtout quand on n'a plus que ça. !
En tout cas, Je ne suis pas prêt à faire ma téchouva catholique par peur de l'enfer, parce qu'après le séjour déjà effectué sur terre, je n'ai plus peur de rien. Mais je suis prêt à croire en Dieu si cela pouvait aider à la conversion des Juifs, afin qu'ils acceptent de re-connaître l'altérité de l'autre sous la figure du Palestinien et du révisionniste .
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat…
Pater Noster qui est in caelis : sanctificetur nomen tuum…
La récitation du Rosaire touchait à sa fin.
J'étais finalement satisfait de cette heure de méditation hors du temps, mais ça fait quand même du bien quand ça s'arrête.
Après un rapide tour de la Basilique, je rejoignais les organisatrices et participantes sur le seuil de l'église. J'étais entré sans faire le signe de croix. Mais pour marquer mon estime à ces femmes, et les remercier d'avoir institué ces récitations courageuses, j'ai éprouvé qu'il serait convenable de faire le signe de croix avec elles en sortant. Ce que je fis en leur disant : «Il y a bien quarante ans que je n'ai pas fait le signe de la croix, et je ne suis toujours pas croyant, mais rien ne s'oppose à ce que je fasse le signe de la croix de Nancray.( C'est à dire le signe qui, pour moi, symbolise la solidarité avec toutes les victimes de l'hystérie collective des hommes).
Et parce qu'un acte excède la somme de ses déterminations, je sus que cela était bon.
Et ma voisine de me dire :«De toute façon, on n'en sait rien… Ce n'est pas nous qui choisissons Dieu, c'est Lui qui nous choisit !» en me remerciait chaleureusement d'être venu participer.
Dehors le temps était gris et pluvieux. Nous allions récupérer les livres de la Vieille Taupe et nous rentrions sur Paris. J'avais rendez-vous au métro Pigalle, avec une nièce qui devait passer le dimanche à la maison. C'est elle qui devait nous apprendre que la navette Columbia s'était pulvérisée en entrant dans l'atmosphère[19] pendant que nous étions en prière.
Je dois avouer que j'ai instantanément perçu cet événement comme un coup d'arrêt matériel et symbolique à l'entreprise américano-sioniste qui se développait tant dans l'espace que dans les projets guerriers d'occupation de l'Irak. Et comme une nouvelle et formidable accélération de l'histoire. Accessoirement, cette catastrophe stoppait net l'holocaustication shoahtique de l'espace dont j'avais perçu les prodromes dans les infos radiophoniques sur la bande FM. Je précise bien que je n'ai nullement souhaité cette catastrophe et que je déplore la perte de l'équipage. Je n'attribue pas non plus cet accident à l'intervention de la Vierge Marie[20]. Sur le plan matériel, je n'ai aucun élément pour en déterminer les causes. Pas plus d'ailleurs que pour l'explosion qui demeure inexpliquée à l'usine AZF[21] peu de temps après le bombardement du WTC. Pas plus que pour l'échec d'Ariane 5, dont l'explosion entravait le développement des projets européens.
On peut tisser entre tous ces événements, et d'autres encore, toutes sortes d'hypothèses, et probablement n'en vérifier aucune. Qu'importe.
En ce qui concerne l'explosion de Columbia pendant que la Vieille Taupe priait dans la Basilique des Rois, c'est une coïncidence. Sans aucun doute. Mais pour que de telles coïncidences se produisent, encore faut-il que les différents éléments constitutifs de la coïncidence existent séparément. Et il faut que les schèmes interprétatifs qui font percevoir la coïncidence signifiante comme autre chose qu'une simple simultanéité dénuée de sens, existent dans l'univers spirituel.
Sans les saintes femmes, pas de coïncidence.
Par contre ce qui me paraissait réellement merveilleux, c'est l'intuition bizarre[22] qui m'avait conduit à demander à la Vierge, non pas un signe, mais une coïncidence. Je pouvais être exaucé sans que la Vierge ne commette aucun péché. Et dès lors le verbe s'était fait chair…
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat !
Le lendemain j'entendais, sur la bande F.M., que des morceaux de la navette étaient tombés sur une petite ville du Texas nommée : «Palestine», et Hayat m'apprenait que le colonel israélien, ex-futur héros messianique de l'Espace shoahtique, était aussi le fils du général israélien qui avait organisé le bombardement d'Osirak.
Expliqué prosaïquement, cela signifie simplement que l'entreprise américano-sioniste, idéologico-matérialiste et holocaustico-shoahtique, est susceptible de connaître des échecs, imprévus par le Rabbin six-cent-soixante, alors que nous venions de vivre cette longue période, dite «post-moderne», où toutes ses prévisions semblaient inéluctablement devoir se réaliser, et où toute résistance à ses projets semblait inutile, sinon criminelle, et en tout cas vouée à l'échec.
Nous sommes donc bien entrés dans l'Ère nouvelle, une ère où l'interprétation des coïncidences ne sera pas toujours unilatéralement désespérante pour qui ne partage pas la foi monoethnique du Rabbin sioniste.
L'histoire est aléatoire, Un vent divin s'est levé sur la Palestine.
L'ânesse de Balaam n'a plus peur.
N'ayez pas peur ! Le vendredi 21 février 2003
L'An prochain à Aelia Capitolina
El Dakhel, Inch 'Allah
P. S. Eu égard à l'abondance exceptionnelle des grâces qui se sont abattues sur la terre, jusqu'à transfigurer Jacques Chirac et faire reculer la menace de guerre, et eu égard au rôle du successeur apostolique légitimement élu sur le trône de Pierre, dans cette évolution inattendue, je ne peux m'empêcher de me sentir immensément reconnaissant et donc débiteur envers l'inexplicable.
C'est pourquoi, à l'instant même, vendredi 21 février à 12 heures, j'ai pris la décision irrévocable de participer, dans les mêmes conditions, à la récitation du Rosaire qui doit se tenir le samedi premier mars 2003, à 17 heures, en la Cathédrale Notre-Dame de Paris, afin de manifester ma reconnaissance envers ce Pape pour n'avoir pas dit AMEN à la guerre.
La Vieille Taupe sera fermée pendant tout le mois de Mars, pour cause de vacances de son personnel
«Mais il sera là quand? Qui ? Le personnel Il sera là quand il sera utile. Mais où est-il ? Probablement aux Philippines !»
Le service « Livres par correspondance » pour les amis, sera assuré par des bénévoles.
[1] Qui avait quand même laissé quelques milliers de traces. Le chemin de St Jacques !
[2] Même si on lui apporte des preuves aussi crédibles que celles présentées par Colin Powel devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Elle n'est donc pas aléatoire ! Mais Marguerite peut être allée à Thouars en tout bien tout honneur.
[3] Bulletin confidentiel n° 13, dernier paragraphe : "Le Pape devant le Mur des lamentations"
[4] Exactement à l'endroit où Serge Thion prendra la Parole au terme de la manifestation du P.M.F. en faveur d'une intifada généralisée contre la guerre en Irak le samedi 8 février 2003.
[6] 8 novembre 1982, n° 1613
[7] C'est la raison pour laquelle j'avais invité Faurisson à me rejoindre dans cette Union. Ce qu'il fit, avec les conséquences que l'on sait.
[8] Il habitait à l'angle de la rue Lhomond et de la rue d'Ulm. Ce sont d'ailleurs les prolétaires de La Vieille Taupe, librairie au 12 de la rue d'Ulm, Pierre Guillaume et Alain Gandillon qui ont déménagé les derniers meubles de son appartement.
[9] Puisqu'à l'évidence ils n'y croient pas !
[10] Dernière (last) mais pas (but not ) la moindre(least).
[11] L'étude des messages subliminaux [prétendument] reçus par la Vieille Taupe en provenance du Pape materialiter Jean-Paul II fera l'objet d'un texte séparé. Les historiens du futur pourront, dans les archives du Vatican, comparer les messages émis et les messages [prétenduments] reçus.
[12] 6trucs
[13] Je précise que j'utilise faute de mieux le mot «âme» mais que je ne vois là rien de métaphysique ou de surnaturel et que je peux fournir le code parfaitement rationnel de déchiffrement. Il subsiste cependant un mystère : Les messages sont publics. Les codes de l'Église ont tous été publiés depuis longtemps, et les codes de la Vieille Taupe ont tous été publiés au cours des 25 dernières années puisque, comme il était indiqué dans le n° 12 et dernier de la revue : «Le présent n° 12 clôt la révélation». Et nos ennemis ne comprennent toujours pas !
[14] Et à cette époque je n'aurais pas même osé espérer que le Pape reçoive un peu plus tard Tarek Aziz au moment même où le cardinal Etchégaray rencontrait longuement Saddam Hussein. Tarek Aziz est un chrétien oriental. Il avait participé en septembre 1999 à la réunion de Beit Al Hikma à laquelle Serge Thion et moi-même avions participé, et au cours de laquelle nous avions déposé à la Bibliothèque nationale de Bagdad et à la bibliothèque de la vénérable Maison de la Sagesse les quatre volumes d'Écrits révisionnistes en indiquant que selon nous ils constituaient le Bréviaire de la Paix dont nous avons indiqué le mode d'emploi à quelques privilégiés.
[15] Ce n'est qu'en écrivant cette phrase que j'ai compris qu'en déférant ostensiblement au désir du Pape je tentais aussi, par une opération quasi magique, de conjurer la situation déplorable qui règne à l'intérieur de la sorte d'Église que constitue la Vieille Taupe, pour laquelle mutatis mutandis je serai, par analogie, l'équivalent du Pape. De prétendus «Amis de la V.T.», qui me semble-t-il, lui devraient bien ça, s'opiniâtrent cependant à ne pas mettre de T à médiats dans leurs écrits publics, sous le fallacieux prétexte qu'ils ne comprennent pas à quoi cela peut-il bien servir et plus généralement à ne pas déférer à mes demandes stratégiques alors qu'ils prétendent vouloir me faire plaisir, bien qu'ils s'obstinent à ne pas me nommer par le nom que j'ai choisi et illustré avec Guy Debord.
[16] qui devrait sortir ces jours-ci en Algérie en version française.
[17] Voir La Vieille Taupe n°1, page 114 à 123.
[18] Jeudi 20 février. J'apprends à l'instant que Zündel, arrêté quelques jours plus tôt aux États-Unis dans des conditions juridiques abracadabrantes, vient d'être transféré à Toronto.
[19] Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?
[20] Bien d'autres miracles se sont produits, comme la réception de Tarek Aziz par le Pape pendant que Monseigneur Etchegaray rencontrait Saddam Hussein à Bagdad, et la transfiguration de Chirac, et toutes sortes d'autres choses encore, toutes plus belles et bonnes les unes que les autres. L'éventualité de la transfiguration de Jacques Chirac avait été annoncée page 297 de la deuxième édition du livre de Hussein Triki, Voici la Palestine, à la réédition duquel la Vieille Taupe avait participé, sans avoir la maitrise de l'opération. Cette trace sur le chemin de saint Jacques (achevé d'imprimer en février 2001) peut être obtenue de la Vieille Taupe, dans la limite des stocks disponibles, au prix de 100,00 Euros
[21] Au fait, où se trouvait la V. T. au moment de l'explosion de l'usine A.Z.F. à Toulouse?
[22] Bizarre… Vous avez dit : «bizarre» ! Tiens ? Pourquoi cette note s'écrit-elle en New York, alors que je l'ai programmé en Times ?