AAARGH
Elena Nicola
c/o Nuovoa Ordine Nazionale
34134 TRIESTE-I
M. Pierre GUILLAUME
Paris
Trieste, le 27 novembre 2001
Monsieur,
Nous nous permettons de vous adresser quelques remarques sur votre lettre ouverte du 1er septembre, dans laquelle vous suggérez que le mouvement Fascismo e Libertà aurait l'intention de s'approprier, éventuellement afin de l'étouffer, le révisionnisme historique dans le seul pays européen, l'Italie, où les activités révisionnistes ne sont pas encore interdites par la loi.
Votre réaction nous a pris de court et nous a déçus, car nous eussions cru que vous seriez plutôt enclin à saluer les efforts désintéressés de Fascismo e Libertà, aidé de la précieuse collaboration de MM. Vincent Reynouard et "Guillaume Fabien", pour rétablir la vérité historique dans notre Europe soi-disant démocratique, où nombre de révisionnistes ont été condamnés par les tribunaux et chassés de leur travail pour n'avoir commis d'autre méfait que d'exprimer des réflexions différentes de celles qu'inspire l'histoire "officielle".
Pour entrer quelque peu dans le détail de votre texte, il me semble utile de vous indiquer que vous êtes mal placé pour savoir combien de personnes M. "Fabien" a pu amener au révisionnisme (votre page 10), à moins que vous ne le suiviez de près dans son évolution quotidienne. Pour sa part, il me fait savoir qu'il n'a pas le souvenir d'avoir distribué quoi que ce soit qui risquât de compromettre qui que ce fût (libraire etc.); ainsi me vient à l'esprit la question suivante: auriez-vous des éléments tangibles, pour ne pas dire preuves, qui viendraient à l'appui de cette affirmation-là ?
Pour ce qu'il en est des "groupes sulfureux", M. "Fabien" nous affirme avoir adhéré quelque temps (moins d'un an) au Parti Nationaliste Français et Européen, où M. Reynouard lui-même avait milité auparavant. Puis, après un passage au Front National (cinq ans) il a choisi de collaborer avec les gens du Parti Nationaliste Français (Militant), dont j'ai récemment eu le plaisir de faire la connaissance et qui ne me paraissent pas des forcenés suintant la haine et la rage.
Le mot "Martiniquaise" (p. 11) ne fut pas de M. "Fabien" mais de M. Reynouard, qui a jugé bon de le mettre à la place de "négresse", un vocable français, soit dit en passant, qui fut parfaitement courant avant que notre divine ère anti-raciste ne naquît des écumes du sillage du serpent de mer nommé "Holocauste".
D'autre part, pour vous répondre sur l'idée d'un Adolf Hitler qui serait plus au goût de M. "Fabien" s'il avait été plus radical (p. 10), il nous semble s'agir d'une attitude pleinement justifiable d'au moins un point de vue précis : en juin 1940 Hitler laissa délibérément filer l'armée britannique du nord de la France, par solidarité germanique (par naïveté, en clair), et cette armée, cinq ans plus tard,a allégrement participé à la destruction de son pays et de son peuple, un "génocide" que ni M. "Fabien" ni nous-mêmes n'approuvons. Pas un simple point de détail, vous en conviendrez.
Pour revenir à vos arguments, Fascismo e Libertà, en participant à l'organisation des conférences révisionnistes, ne veut nullement s'emparer des "résultats" de la critique historique (p. 14). Il s'agit plutôt, ici, d'un effort concret et soutenu pour faire connaître au grand public, et non seulement à ceux qui partagent nos idées politiques, la vérité historique. En outre, M. "Fabien", à ce que nous avons vu (il a fait trois séjours à Trieste cette année), ne peut justement être accusé de se perdre dans des rêveries "racistes"et "fascistoïdes", comme vous le laissez entendre (p. 1), ni d'être attiré outre mesure par les miroirs; cela dit, il nous donne l'impression de vouloir défendre notre race, sa civilisation et son territoire.
Notre mouvement, lui, ne saurait être considéré une "menace fasciste" (p. 4), sinon chez quelques esprits superficiels et gauchisants, ou chez d'autres antifascistes de mauvaise foi.
Je tiens, cependant, à vous faire savoir mon point de vue, qui est également celui du parti politique auquel j'adhère : Italienne, je me dois de me servir de toutes les armes pour défendre mon pays, pour le conserver tel que me l'ont légué mes ancêtres, c'est-à-dire blanc et policé. Parmi ces moyens de défense se trouve la vérité, sous ses formes historique, biologique et autres. Vous, en revanche, me semblez défendre les valeurs d'un monde qui n'a jamais existé que dans la tête de certains théoriciens dont, dit-on, feu "Léon Trotsky". Ainsi il est entendu que nous nous trouvons en complète opposition.
Nous n'avons donc décidément pas la même conception du monde ni de l'homme ni, par conséquent, de la politique. Cependant cette réelle et importante différence d'orientation ne nous oblige pas, à mon sens, à nous affronter en ennemis : autrement dit, loin de moi l'idée de prétendre un instant vous empêcher d'agir à votre guise; mais ne gênez pas, je vous prie, la démarche que nous, militants fascistes et révisionnistes italiens, entreprenons dans une cause que nous tenons pour sacrée.
Pierre Guillaume, La Vieille Taupe
le 6 février 2002
à Elena Nicola, Nuovo Ordine Nazionale, Trieste
Chère Madame,
Vous avez été "prise de court" et "déçue" par mon texte. Peut-être tout simplement parce que j'essayais de voir loin.
Toute prise de position "négationniste", comme disent les sionistes, expose à des déceptions de toutes sortes, pour la simple raison que: ce n'est pas gagné! pour les raisons que j'expose précisément dans mon texte, et mon expérience me permet de vous prévenir que vous vous exposez à connaître encore des déceptions beaucoup plus sévères.
Je ne suggère nullement que "Fascismo e libertà aurait l'intention de s'approprier le révisionnisme". Je prends acte (et je m'en réjouis) du fait qu'il s'approprie certains résultats révisionnistes, en m'inquiétant de l'éventualité que ce fait puisse s'inscrire dans la stratégie des adversaires du révisionnisme, en précisant bien (page 7)Nolens, volens. Je ne pense pas cependant que le révisionnisme puisse dorénavant être étouffé, surtout depuis qu'il a enfin pénétré le monde arabo-musulman, parce qu'il est intellectuellement irréfutable. Mais je suis conscient qu'il est politiquement si faible que ce sont encore presque exclusivement ses ennemis qui lui assurent sa notoriété.
Commençons par la fin de votre lettre:
"Nous n'avons donc décidément pas la même conception du monde ni de l'homme ni, par conséquent, de la politique. Cependant cette réelle et importante différence d'orientation ne nous oblige pas, à mon sens, à nous affronter en ennemis : autrement dit, loin de moi l'idée de prétendre un instant vous empêcher d'agir à votre guise; mais ne gênez pas, je vous prie, la démarche que nous, militants fascistes et révisionnistes italiens, entreprenons dans une cause que nous tenons pour sacrée."
Le fait que le mouvement ouvrier prolétarien, dont je me revendique (bien qu'il n'existe plus qu'à l'état de traces1 à peine perceptibles et relève de ma part quasiment d'un acte de foi) ne partage pas avec le fascisme dont vous vous revendiquez "la même conception du monde, ni de l'homme ni, par conséquent de la politique" n'est ni une découverte, ni une nouveauté2. Nous partageons cependant la commune condition humaine, et "le révisionnisme de Rassinier et le révisionnisme de la Vieille Taupe, tirent leurs méthodes des règles universelles de la connaissance, ce qui permet une collaboration avec quiconque pratique ces règles universelles, et dans la mesure où il les pratique". Je ne vois donc aucune objection à collaborer avec des fascistes dans l'établissement ou le rétablissement de la vérité historique, en pratiquant les règles universelles de la connaissance. Je l'avais dit. Je le répète.
Je note cependant que la cause que vous tenez pour "sacrée", c'est explicitement (§ précédent de votre lettre) non pas la cause du révisionnisme historique, mais "la défense de l'italianité de [votre] patrie pour la conserver telle que l'ont léguée vos ancêtres, c'est-à-dire blanche et policée". Pour servir cette cause "vous vous devez de vous servir de toutes les armes disponibles", dites-vous, et "Parmi ces moyens de défense se trouve la vérité, sous ses formes historique, biologique, et d'autres". Fort bien. En ce qui concerne la vérité sous ses formes biologique et autres, je suis incompétent. En ce qui concerne la vérité sous sa forme historique, je suis compétent.
Le révisionnisme historique ne peut que constater que la diabolisation excessive (et même délirante) dont le fascisme historique a été et continue d'être l'objet repose sur des falsifications de la propagande antifasciste, et sur une instrumentalisation abusive et perverse d'un prétendu antiracisme.
Dans l'éditorial du n/12 et dernier de La Vieille Taupe j'écrivais ceci: "On connaît aussi le rôle que joue la mythologie de l'holocauste dans l'idéologie antiraciste, qui sert à culpabiliser et à désarmer tous les Européens face à une immigration utilisée par les pouvoirs mondialistes pour briser les résidus de résistance nationale". Cela, c'est un fait. Et d'aucuns ressentent l'immigration massive particulièrement en provenance d'Afrique noire et d'Afrique du nord, de populations qui conservent une forte identité nationale ou culturelle qui s'exprime au travers d'une identité religieuse musulmane réaffirmée, comme une menace pour leur propre identité au point de faire de la lutte contre l'immigration le centre de leurs préoccupations. Dans cette perspective il est clair, à la fois que les résultats révisionnistes de la recherche historique viennent détruire la mythologie de l'Holocauste jusqu'ici instrumentalisée contre eux, et que le sionisme, qui a été jusqu'ici le principal promoteur de l'Industrie de l'Holocauste (selon l'excellente formule de Norman Finkelstein) et qui possède une longue tradition d'instrumentalisation de l'antiracisme et de l'immigration à son profit3, devient par le fait même leur propre ennemi. Fort bien.
Mais imaginons maintenant que par impossible, survienne un attentat terroriste tout à fait inattendu4 et parfaitement médiatisé, qui donne l'occasion aux sionistes de prendre la tête et le contrôle de la lutte internationale contre le terrorisme, pour laquelle les sionistes avaient depuis quelques années déjà proclamé et proposé leur expertise5.
Imaginons enfin que dans cette nouvelle situation ainsi créée, les sionistes proposent dans le cadre des nécessités de la lutte anti-terroriste les mesures de lutte idéologiques contre l'Islam et les mesures de contrôle de l'immigration africaine qu'ils avaient jusqu'alors refusés au nom de la défense des droits de l'Homme. Imaginons au surplus que les immigrés musulmans puissent être suspectés, sinon d'être, au moins d'être susceptibles de pouvoir devenir, des supporters du révisionnisme historique! Alors le révisionnisme historique cesserait de constituer une arme bien utile dans la défense de la cause "sacrée" qui vous préoccupe. On peut même penser qu'un certain nombre de vos amis d'extrême-droite seraient conduits à penser que les nécessités impérieuses de la lutte contre "le danger principal" (l'immigration africaine musulmane, selon eux) justifieraient que soient mises entre parenthèses les vérités historiques susceptibles de blesser inutilement la susceptibilité du nouvel allié sioniste qui ne verra pour sa part aucun inconvénient à endosser la défense d'une italianité blanche et policée dont il se chargera d'ailleurs de préciser le contenu!
Sont-ce là des élucubrations de la Vieille Taupe?
Mais c'est, mutatis mutandis, à peu de chose près ce qui est en train de se passer en France avec une partie de l'extrême-droite, et en particulier avec le MNR de Bruno Megret, qui a renoncé non seulement à la défense du révisionnisme historique, mais même à la défense du principe de la liberté d'expression et de la liberté de recherche en histoire, afin de ne fâcher personne et de ne pas mettre la puce à l'oreille de qui vous savez. La priorité donnée aux "nécessités" de la lutte contre l'Islam et l'immigration musulmane a conduit à faire ce "sacrifice". Et Bruno Megret a su trouver soudain pour évoquer les victimes du bombardement de New-York des trémolos ridicules et politiquement corrects communs à toute la classe politique, Robert Hue et Arlette Laguiller compris.
Le même processus est en train de se développer aux Etats-Unis, où une bonne partie de l'extrême-droite raciste se rapproche du sionisme dans la prétendue "guerre de civilisation" dans laquelle celui-ci voudraient nous entraîner, et dans la défense de l'"Amérique blanche". Bon nombre de "White supremacists" américains, traditionnellement "antisémites", sont en train de découvrir que leur identité sacrée est beaucoup plus menacée par les Noirs et les arabo-musulmans américains, que par les juifs.
De façon prémonitoire, mon texte, pourtant daté du 9 septembre 2001 (J 2) se terminait par le paragraphe suivant:
"Et d'autant plus que le sionisme, dans ses tendances les plus extrêmes, faisant en cela retour à ses origines racistes et colonialistes, ne va pas tarder à rechercher l'alliance des bellicistes de toutes tendances qui voudraient un affrontement guerrier avec le monde arabe [j'aurais dû écrire arabo-musulman]".
Il n'a pas tardé, en effet.
Autrement dit, il y a loin de la coupe au lèvres, et l'histoire et la politique réservent des surprises.
Mais notez bien que je n'attribue pas ce genre de palinodies à la "méchanceté" des fascistes. Ces palinodies sont communes et universelles en politique. Le même genre de débats existent aujourd'hui dans le monde arabo-musulman autour du révisionnisme historique, entre ceux qui cherchent d'abord à savoir si les thèses historiques révisionnistes sont exactes et véridiques, et ceux qui s'interrogent pour savoir si elles peuvent être utiles ou néfastes à leurs projets et entreprises particulières, en tenant compte du rapport des forces internationales (ou plutôt des analyses qu'ils en font). Certains musulmans notamment, qui partagent en gros les analyses révisionnistes concernant la deuxième guerre mondiale, s'inquiètent déjà de l'usage qui pourrait être fait de la méthode révisionniste appliquée aux fondements historiques de leurs propres croyances. D'autres font un raisonnement analogue à celui qui est attribué à Henri IV, et se disent que la création d'un Etat palestinien vaut bien la reconnaissance du génocide-holocauste-shoah, de même que "Paris valait bien une messe".
Mais il s'agit là, vous en conviendrez, d'un autre chapitre.
"Notre mouvement ne constitue en aucun cas une "menace fasciste", sinon pour quelques esprits superficiels gauchisants et antifasciste de mauvaise foi."
Ou bien les mots n'ont aucun sens ou bien votre mouvement constitue un mouvement fasciste. Cela que l'on soit de bonne ou mauvaise foi, superficiel ou gauchisant, antifasciste ou pas. Je suis bien d'accord qu'il ne constitue pas une "menace", pour la raison que les conditions pour que cette "menace" devienne crédible n'existent pas. La menace fasciste est un fantasme mis en spectacle et instrumentalisé par les vainqueurs dès que leur gouvernance est contestée. Ce qui menace réellement, ce sont des régimes de plus en plus totalitaires, intolérants, appuyés sur l'idéologie démocratique et sur l'antifascisme, et couronnés spirituellement par la nouvelle religion de la shoah, qui permet tout et excuse tout. Ce qui menace réellement les "démocraties occidentales", c'est, sous couvert de lutte contre le fascisme et contre le terrorisme, l'instauration d'un fascisme juif. Le reste n'est que poudre aux yeux.
Comprenez donc bien que je ne reproche pas à Fascismo e Libertà de s'approprier les résultats des travaux révisionnistes. Au contraire, je m'en réjouis. Mais je mets en garde Vincent Reynouard, dont je rappelle tout le bien que je pense de lui, contre le risque de surévaluer l'importance et les conséquences de ce fait, dont je persiste à dire qu'il pourrait bien s'inscrire dans une stratégie des ennemis du révisionnisme. Je donne des arguments et des exemples auxquels vous ne répondez que par la réaffirmation de vos bonnes intentions révisionnistes, mais vous ne répondez pas à la description que je fais de comportements que je juge négatifs. L'enfer est pavé des meilleurs intentions, et les exemples de manipulations policières et étatiques d'organisations d'extrême-droite abondent. Ces jours-ci encore la presse évoquait le cas du NPD en Allemagne, contre lequel est engagée une procédure d'interdiction devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. Un dirigeant, convoqué par cette Cour s'est révélé être un agent infiltré, et l'on évoque une centaine de cas semblables, dans le seul NPD!
Et encore, dans cette affaire, la seule chose qui me surprenne vraiment, c'est que cette information, pour une fois, ait filtré dans la presse. Mais rassurez-vous. C'est exactement la même chose à l'extrême gauche, et tout le monde sait maintenant ce que la Vieille Taupe savait depuis toujours, que le parti communiste américain était composé de plus de 50% d'agents du FBI.
Ne pas le savoir expose à bien des déconvenues.
Mais si vous m'aviez bien lu, vous auriez vu que je ne reproche pas à Guillaume Fabien de faire du révisionnisme. Je lui reproche de n'en faire pas assez et de ne s'intéresser aux résultats de la recherche historique que dans la mesure où ces résultats sont susceptibles de servir ses passions qui elles-mêmes ont d'autres origines qu'il ne m'appartient pas de discuter. Et je lui reproche de falsifier l'histoire du révisionnisme lui-même, en occultant le rôle séminal de Rassinier et de la Vieille Taupe.
En ce qui concerne son comportement, je suis au contraire très bien placé pour savoir qu'il n'a jamais amené personne au révisionnisme. Tout au plus a-t-il peut-être convaincu des gens qui partageaient déjà ses conceptions fascistes et racistes, de l'intérêt qu'il pourrait y avoir à promouvoir certains résultats dus à la recherche révisionniste6. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
En ce qui concerne les tracts et documents divers d'un antisémitisme obsessionnel diffusé par Guillaume Fabien, c'est évidemment une question d'appréciation. Mais il se trouve que même quand ces documents contiennent des informations factuelles avec lesquels je pourrais être d'accord, ils ont une agressivité formelle et une facture antisémite tellement connotée qu'ils ne peuvent contribuer qu'à conforter les uns et les autres dans leurs préjugés et même contribuer à déconsidérer aux yeux des lecteurs les informations factuelles exactes qu'ils contiennent. Par contre, et le silence de votre lettre sur ce point le confirme, il n'a jamais diffusé le moindre document émanant de La Vieille Taupe et signé par elle, ce qui, compte tenu de l'importance, du nombre et de la qualité, de l'efficacité révisionniste de la plupart de ces documents, constitue, pour un révisionniste en France, une véritable prouesse, et pourrait dénoter une volonté constante d'occulter le rôle de la Vieille Taupe plus forte que celle de promouvoir la vérité historique.
Ce qui constitue une falsification de l'histoire
A l'appui de mes affirmations, outre les multiples mel dont Guillaume Fabien abreuve ses correspondants, en témoignent deux tracts dont je vous joins photocopie.
En ce temps-là, la tension était très forte autour de la librairie roumaine qui avait été l'objet de plusieurs agressions graves. Je remarquais cependant une nette augmentation de regards hostiles ou gênés à mon égard dans le quartier (j'habite à coté de cette librairie où je me rends souvent) de la part de gens qui d'habitude faisaient preuve de plus de sérénité ou de compréhension à mon égard. J'ai fini par en découvrir la cause. Deux tracts de facture antisémite avaient été distribués dans le quartier. L'un à l'en-tête de la librairie roumaine, l'autre apparemment signé GRECE. 99-103 Rue de Sèvres, 75006 PARIS. Tél. : 01 40 24 19 50. La librairie roumaine ni le GRECE n'y étaient pour rien!
Et j'en étais venu à craindre qu'il ne s'agisse d'une provocation sioniste destinée à préparer une nouvelle agression, de façon à ce que même les personnes du quartier les plus susceptibles de me manifester leur solidarité (qui font bien la différence entre le révisionnisme historique et l'antisémitisme) ou tous ceux qui auraient pu protester, en viennent à penser que finalement, si nous étions agressés une fois de plus, nous n'avions que ce que nous avions bien cherché.
Finalement, il n'y eut pas de nouvelle agression, mais lorsque je m'indignais auprès d'un ami arabe du quartier qu'il ait pu croire un seul instant que j'aurais pu avoir le moindre rapport avec de tels tracts, il me répondait : "Ah bon! J'aime mieux ça. Mais c'est le type qui était avec toi l'autre jour qui les distribue". J'étais effectivement passé quelques jours plutôt chez ce photocopiste en compagnie de Guillaume Fabien!
Et, pour clore notre aimable échange, mon épouse est une "négresse". C'est indiscutable, et notez bien que cela n'empêchera absolument pas mes ennemis de me dépeindre en raciste épouvantable, et cela ne m'a pas empêché d'être poursuivi, au nom de la loi dite antiraciste par des associations telles que le MRAP, la LICRA, la Ligue des droits de l'Homme, et parfois condamné par la justice française, ce qui, vous en conviendrez, est plus fort que le Roquefort!
Mais figurez-vous que j'avais été, dès l'origine, averti par un ami que la version italienne de l'exposé de Guillaume Fabien parlait de "négresse" et non pas de "martiniquaise". Et j'avais bien compris que Vincent Reynouard avait eu la délicatesse de falsifier la version qu'il publiait, pour la bonne cause. J'avais cru bon de faire comme si je ne l'avais pas deviné.
Vous avez tout à fait raison, soit dit en passant, au moins sur un point: le mot négresse, féminin de nègre, était d'un usage courant. Il a pris une acception péjorative pour des raisons historiques complexes, et ceux des Noirs qui sont bien dans leur peau ne s'en offusquent plus. Nègre, négresse, et alors! Chaque groupe humain dénomme l'altérité d'un autre groupe humain. L'adjectif substantivé : "Blanc" peut lui aussi être prononcé avec agressivité. Tout comme le vocable "Nègre", ou "Noir", le vocable "Blanc" peut certes être employé de façon péjorative et volontairement blessante. Ils peuvent être employés, l'un comme l'autre, de façon amicale7 par des Antillais par exemple. Et ils le seraient beaucoup plus sans la pression de l'idéologie antiraciste et politiquement correcte et l'activité perverse des ligues de vertu. "Négresse" peut-être dit amoureusement comme il peut être dit agressivement, comme il peut être parfaitement neutre. Il était employé spontanément sans aucune connotation péjorative dans les milieux populaires avant qu'ils ne soient rééduqués par les médiats. Je pourrais en donner une multitude d'exemples et raconter forces anecdotes. Mais cet emploi naïf ne me parait justement pas être celui de Guillaume.(Fabien).
Cela dit, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.
Les Noirs aussi utilisent toutes sortes de substantifs pour désigner les Blancs. Les "petits suisses", les "camemberts", les "fromages blancs", en usage courant dans la banlieue parisienne. Aux Antilles françaises, on dit plutôt les "zoreilles". Cela tient au fait que les Blancs ont le pavillon des oreilles beaucoup plus développé et décollé que les Noirs, qui trouvent cela plutôt laid et comique, eux qui ont, au contraire, de petites oreilles très fines.
Il est donc parfaitement vain, injuste, unilatéral, de vouloir criminaliser, comme le font les idéologues "antiracistes8" l'usage de certains mots au travers desquels les groupes humains pensent et disent leurs différences. On aboutit même à un racisme anti-blanc parfaitement odieux et totalitaire lorsque des idéologues peuvent impunément traiter quiconque ne se soumet pas à leur magistère de fasciste, de raciste, d'antisémite, de lepeniste, avec tout ce que ces mots véhiculent de nos jours dans la tête de ceux qui les emploient péjorativement. Ce sont dans la pratique et dans la France subjuguée des injures beaucoup plus effectives et potentiellement meurtrières que nègre ou négresse. Au surplus les exemples historiques abondent où des vocables utilisés de façon péjorative sont ensuite assumés et revendiqués par ceux qui en étaient l'objet, et qui témoignent ainsi qu'ils s'émancipent eux-mêmes du système de valeur dans lequel le vocable était péjorant, ce qui constitue le premier pas de leur émancipation.
Pour l'ensemble de ces raisons, et pour quelques autres, j'ai décidé, en tant que nègre par alliance, de ne pas relever l'intention injurieuse que constitue l'emploi par Guillaume Fabien et par vous-même du vocable "négresse", qui me semble plutôt dérisoire et ressemble au cas de l'enfant qui croit s'affirmer et affirmer son autonomie en s'exerçant à dire des "gros mots".
Permettez-moi maintenant de m'interroger, non plus en tant que nègre par alliance, mais en tant que révisionniste.
Etait-il opportun, était-il intelligent, même d'un point de vue "politique", pour Guillaume Fabien, d'utiliser le mot "négresse"? Et dans ce cas quelle est la "politique" que cet emploi dénote? Etait-il opportun de donner des verges pour se faire battre, et de se conformer si exactement à l'image "raciste" que les sionistes voudraient donner du révisionnisme, pour une maigre satisfaction d'amour propre, et se persuader soi-même qu'on ose encore utiliser des "gros-mots" en dépit des diktats antiracistes de l'idéologie dominante de l'époque, c'est-à-dire l'idéologie de la classe dominante.
Pour ma part, cet emploi par Guillaume Fabien ne dénote qu'un manque de maturité, un manque d'intelligence, une faute stratégique, au moment où le révisionnisme est attaqué et menacé de toute part, et très précisément au moment où le mouvement sioniste, particulièrement inquiet de voir le révisionnisme faire une percée dans le monde arabo-musulman mais aussi chez les Noirs américains et africains9, voudrait imposer l'idée, comme seul argument qui lui reste, que le révisionnisme ne concernerait que les nostalgiques du fascisme. Alors que la vérité est qu'il concerne aussi les nostalgiques du fascisme et que le mouvement révisionniste comporte beaucoup, parmi ceux qui rament réellement, de chercheurs qui ne sont nullement des nostalgiques de quoi que se soit ayant existé.
Vous écrivez d'ailleurs (fin de l'avant dernier paragraphe)
"Vous, en revanche, semblez défendre les valeurs d'un monde qui n'a jamais existé que dans la tête de certains théoriciens. Il est donc entendu que nous nous trouvons en opposition l'un à l'autre".
Vous avez mille fois raison: Je suis nostalgique d'un monde à construire, et je vous reproche d'être nostalgique d'un monde qui n'a que trop existé, et dont je pense qu'il n'était dans les faits pas très différent du monde dans lequel nous survivons. Je pense que le monde à construire, qui n'existe que dans ma tête, devrait être basé sur la possibilité pour chacun d'affirmer sa propre identité individuelle et collective, et donc sur le respect de l'identité individuelle et collective des autres dans leur altérité10. Je pense que le non respect de l'autre dans son altérité dénote une faille dans sa propre identité11.
La seule valeur universelle à laquelle la vieille taupe soit irréductiblement attachée existe, ainsi que son contraire, le mensonge, depuis l'origine du langage humain. C'est la vérité. Non pas la Vérité métaphysique, mais la simple vérité matérielle des faits, la vérité vérifiable, avec en filigrane cette idée peut-être naïve que la recherche de la simple vérité matérielle, la grossière vérité scientifique, est la plus susceptible d'approcher asymptotiquement de la Vérité métaphysique, qui doit rester inaccessible pour continuer à Être, ce qui permet de réconcilier Karl Marx (" La vérité est révolutionnaire!") et Saint Jean (" La Vérité vous rendra libre!") sans aucun compromis12.
Ne faisant aucun compromis, la vieille taupe ne demande à personne d'en faire. C'est pourquoi le Nouvel Ordre Mondial (NOM) qui n'existe que dans la tête de la vieille taupe devra être construit selon moi, selon des méthodes entièrement nouvelles qui répudient la méthode par laquelle se sont construits tous les ordres mondiaux antérieurs, qui reposaient sur le triomphe successif et transitoire d'impérialismes concurrents
Mais cela ferait sortir de notre sujet actuel.
Pour le moment, comme vous le dites très bien, "cette réelle et importante différence d'orientation ne nous oblige pas à nous affronter en ennemis", et puisque j'apprends que votre mouvement organise une nouvelle Conférence internationale sur le révisionnisme historique à Trieste les 25 et 26 mai prochain, je vous informe que je suis tout disposé à y participer. Si le sujet n'a pas été déjà prévu par un autre conférencier, j'aimerais parler du rôle de Pie XII dans l'histoire, et de "L'opération Vicaire", auquel la sortie du film de Costa Gavras va redonner actualité dans les jours qui viennent. Sinon je pourrais faire un exposé intitulé "psychanalyse de l'antilepenisme".
Veuillez agréer, chère Madame, l'expression de mes meilleures salutations.
P. Guillaume
Le 6 février 2002. L'an prochain à Aelia Capitolina