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Retour sur le poème de Wilhelm Stein, judéothérapeute.
La version définitive a été établie, comme on va le voir ci-dessous, en octobre 2006.
Les bombardements démocratiques du camp de concentration de Gaza par Tsahal (I.D.F.- Israeli DefenceForces) et l’opération terrestre dite Plomb durci donnent à ce poème une actualité évidente qui souligne ce qu’il comportait de prémonitoire, ainsi que la lettre à Tsipi Livni.
L’analyse de l’impasse où se trouve l’État juif reste valable, mais la situation s’est aggravée par le fait que cette impasse est devenue patente et que Tsahal n’a pas seulement bombardé Gaza : Tsahal a bombardé les mythes fondateurs du prétendu humanisme juif.
Diffusé avec le Bulletin confidentiel n°18 de la Vieille Taupe, ce poème avait suscité polémiques et controverses qui ont été utiles. Elles ont donné l’occasion d’argumenter, et l’un de ces échanges a permis une amélioration du texte : le rajout du mot « abusifs » après le mot « Juifs », à la dernière ligne. (Ci-dessous entre crochets […]) dans les éditions ultérieures, au dos des diverses cartes « Vieille Taupe ». Voici cet échange instructif.
Le 1 oct. 06, à 01:26, Mxxxx Ax Fxxxx a écrit :
Merci de lui répondre [à Samuel F.].
Subject:RE: REFLEXIONS : L'État juif et l'état des Juifs
Date:Sat, 30 Sep 2006 16:56:40 +0200
Bonsoir,
Je vous remercie de m'avoir envoyé de très bons articles ces dernières semaines. Je vous demande, néanmoins, d'enlever mon nom de votre liste de distribution. La deuxième partie de cette analyse est clairement anti-Sémite. Je sais que ce n'est pas vous qui avez écrit l'article mais je ne veux pas recevoir ce genre de message.
Il ne faut pas se tromper entre Juif et Sioniste.
Cordialement,
Samuel F.
-----Message d'origine-----
Objet : REFLEXIONS : L'État juif et l'état des Juifs
Réflexions sur l’État juif ou l’État des Juifs
La nécessité affirmée par les sionistes
de disposer pour les Juifs d'un État juif
suppose que les Juifs soient porteurs d'une différence
qui, précisément, les différencie des non-juifs.
Si les juifs sont différents des non-juifs,
et nous laisserons aux juifs le soin de définir cette différence,
les non-juifs sont nécessairement différents des juifs.
Si cette différence justifie que les juifs disposent d'un État juif,
cette différence justifie que les non-juifs disposent d'États non-juifs.
Si cette différence n'existe pas, il n'y a pas lieu de créer d'Étatjuif.
Si cette différence existe mais ne justifie pas la création d'Étatsnon-juifs,
cette différence ne justifie pas non plus la création d'un État juif.
Wilhelm Stein, judéothérapeute. (à suivre)
Réflexions sur l'État juif et l'état des Juifs
Mais les gentils accepteront néanmoins le maintien
d'un État juif, pour les Juifs, en tant que de besoin.
Il appartiendra à cet État d'apprendre à respecter ses voisins
en commençant par ceux qui ont su se faire respecter.
Il appartiendra à cet État d'apprendre à vivre autrement
qu'entouré d'esclaves et de bantoustans.
Il lui appartiendra d'apprendre à faire de réelles concessions,
en échange des concessions réelles qu'il a obtenues
et qu’il obtiendra.
Il lui appartiendra de se faire admettre autrement que par la terreur,
et de mériter sa sécurité.
Il lui appartiendra de cesser de se prendre pour Josué,
et de cesser le génocide des habitants de la Palestine.
Il appartiendra enfin aux Juifs de cesser de traiter les goyim
comme leurs prétendus ancêtres prétendent avoir traité Sichem,
Hamor et les fils de Hamor (Gn 34)
Juifs [abusifs], encore un effort pour devenir humains !
Wilhelm Stein, judéothérapeute. (fin)
Source :
http://editos-lemonde.blog.lemonde.fr/editoslemonde/2005/02/palestinoisrali. html.
De : Guillaume [mailto:pguillaume1@tele2.fr]
Envoyé : 01 October 2006 17:46
À : XXX
Objet : Re: REFLEXIONS : L'État juif et l'état des Juifs
Cher Monsieur Samuel F., bonjour.
Je dois tout d'abord vous avouer ma perplexité, car j'ai soigneusement relu la deuxième partie de mon poème et je ne trouve absolument rien d'antisémite dans ce texte.
À cela une bonne raison, je ne suis absolument pas antisémite, aussi loin que je me questionne et que je m'analyse. Je dirais presque : "au contraire".
Mais cette réponse n'est pas suffisante. L'accusation d'antisémitisme, lorsqu'elle est lancée, colle à la peau. Elle est dévastatrice. Il y a là un problème. En effet, tout goyim, aussi gentil soit-il, qui aborde un sujet sur lequel il risque de mécontenter telle ou telle tendance de la communauté juive, ou même tel ou tel juif non communautaire, s'expose à être traité d'antisémite et de raciste, ce qui peut aboutir à la mort sociale médiatique.
Ce bazooka idéologique dont disposent en pratique les Juifs, est extrêmement dangereux, d'abord pour ceux contre qui il est pointé, mais aussi, à terme, pour l'ensemble des Juifs, car il génère une crainte généralisée, et justifiée, qui ne peut pas ne pas générer en retour une hostilité envers ceux qui se promènent dans les rues en permanence armés de ce bazooka. Et cette hostilité, à son tour, est susceptible de dégénérer en antisémitisme.
Autant je ne suis pas antisémite, parce que je ne suis pas raciste, ni ne crois à l'existence d'une «race» juive, nonobstant le fait que mes deux meilleurs amis juifs, mais aussi Alain Krivine, Noam Chomsky, Gabor Rittersporn, par exemple, font partie de cette fraction des juifs dont on identifie l'origine d'un seul regard; autant je suis d'un antijudaïsme incandescent, comme Karl Marx, Bernard Lazare ou Rosa Luxembourg, et je ne l'ai jamais dissimulé.
Je pense donc qu'il existe chez les Juifs, pour des raisons historiques et du fait d'une endogamie revendiquée, des types, plusieurs types, et plus encore d'exceptions, mais que cela n'a de toute façon aucun intérêt, car la nature de la communauté qui les relie est d'ordre spirituel et non pas "sanguine" contrairement aux rêveries mythiques sur la semence d'Abraham.
Mon antijudaïsme tient au fait que je considère le judaïsme comme une religion monoethnique et raciste, une métaphysique de la terre (d'Israël) et du sang (d'Abraham), et une idolâtrie du lien communautaire, qui est placé, comme dans l'Ancien Testament, au-dessus de tout (uber alles !), alors que le Nouveau Testament est un message universaliste.
Mais pardonnez-moi de ne pas développer ici toutes ces questions très complexes et qui ont déjà fait couler beaucoup d'encre.
Je précise donc que, me méfiant de l'incandescence de ma passion antijudaïque, je reste résolument pacifiste et m'oppose à toute forme de contrainte et persécution antireligieuse ou antijuive de quelque nature qu'elles soient. Je n'admets la violence que de la part des opprimés quand ils ne peuvent plus faire autrement. Ce qui me paraît être le cas des Palestiniens en ce moment.
Venons-en à ma dernière phrase, un tantinet provocatrice, et qui me semble seule pouvoir donner une apparence de justification à l'accusation d'antisémitisme :
«Juifs, encore un effort pour devenir humains !»
Comment ? vous osez !? Les Juifs ne seraient-ils pas humains ? On peut les exterminer alors ? Comme les Nazis, dans les chambres à gaz !
(Excusez-moi, je dis cela parce que l'on m'a déjà fait le coup).
Mais non ! Je demande «un effort pour devenir humain». Tel est l'avenir que je leur propose, aux Juifs, devenir humains, comme tout le monde, et non pas les exterminer. Devenir humain cela veut dire cesser de se comporter comme les sionistes en Palestine et au Liban, et accepter d'établir avec l'altérité des relations équilibrées, mériter sa sécurité donc. Mais il ne faudrait pas faire des sionistes de nouveaux boucs émissaires. Il faut aussi que les Juifs non sionistes, dont vous semblez être, apprennent à sortir en ville sans leur bazooka. Car enfin, si j'ai écrit quelque chose d'inconvenant, ce qui est possible, il faut prendre la peine de me l'expliquer avant de m'ostraciser.
Enfin, pour finir.
Savez-vous que dans la religion juive, les Juifs ont deux âmes et les goyim n'en ont qu'une, car, pour être bref, ils n'ont pas l'âme historique et communautaire qui rattache au projet divin.
Dans la religion juive les non juifs ne sont pas tout à fait humains.
Ceci pour être bref et extrêmement gentil (c'est le cas de le dire).
C'était donc pour renvoyer la balle que je me suis livré à cette petite provocation, dont j'espère que vous ne me tiendrez pas rigueur.
Bien à vous.
Pierre Guillaume
De: Samuel F.
Date: 8 octobre 2006 13:56:28 GMT+02:00
À: "Guillaume" <pguillaume1@tele2.fr>
Objet: RE: REFLEXIONS : L'État juif et l'état des Juifs
Cher Monsieur,
Je crains que la perplexité ne soit contagieuse et c'est à mon tour de l'être.
Ostraciser, sortir mon bazooka, mort médiatique, être traité d'antisémite sont des termes qui, à mon avis, ne s'appliquent pas au courriel que j'ai envoyé.
J'ai reçu un texte (qui apparemment est votre poème mais cela je l'ignorais) à travers une liste de distribution courriel gérée par Sonia Hachani. J'admets ne pas avoir pris la peine de chercher le nom de l'auteur du texte car, en fait, son nom ne m'intéressait pas. Je n'ai pas pour habitude de mener une campagne contre telle ou telle personne à cause de leur opinion politique.
Trouvant ce texte antisémite et ne souhaitant pas recevoir ce genre de message j'ai demandé à Sonia Hachani (seul et unique destinataire de mon courriel) de rayer mon nom de sa liste de distribution. A aucun moment n'ai-je formulé un seul mot sur la personne de l'auteur. Quand elle m'a confirmé qu'elle avait effectivement enlevé mon nom de sa liste, pour moi l'affaire était close.
Pour votre information ce sont les deux dernières phrases de la deuxième partie du texte qui m'ont posé problème. Je n'accepte pas une généralisation à un peuple, une race, etc. quand il s'agit d'attribuer un comportement ou une responsabilité.
Ce qui me désole c'est que, à l'exclusion de ces deux phrases, je suis entièrement d'accord avec votre poème.
Cordialement,
Samuel F.
Un autre point avait suscité controverses avec des interlocuteurs juifs ou non : l’usage du mot « judéothérapeute ». Ce mot a été créé en 1988, dans le n°5 de Annales d’histoire révisionniste, en résultat de l’expérience de 10 ans de persécutions ininterrompues depuis le déclenchement de l’Affaire Faurisson, en septembre 1978, dans les médiats.
Comme on pouvait s’y attendre : « Enfer et damnation ! abomination de la désolation ! Vous traitez les Juifs de malades,…et cœtera, et cœetera ! »
Mais non, mais non ! La judéothérapie, certes, et beaucoup de Juifs en ont grand besoin, je le maintiens. Mais la judéothérapie n’est qu’une branche particulière de l’anthropothérapie, qui comporte une infinité de branches, dont la « révisothérapie », entre autres (voir notamment « Le cave se rebiffe », Bulletin confidentiel n°19 p. 3). En conclusion, ce sont tous les hommes qui sont malades peu ou prou, et qui ont besoin de se soigner pour n’avoir plus besoin de rechercher en dehors d’eux-mêmes un bouc émissaire qui serait responsable de tous les malheurs du monde.
Le 17 mars 2009.
Wilhelm Stein