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Nabuchodonosor est un grand roi !
Écrivez le en deux lettres. Bon ! Avouez que je vous ai facilité le travail en séparant les deux parties de l’énigme. La première partie dans le titre et la deuxième partie au début de ce texte.
La véritable énigme doit être posée oralement. La voici :
« Nabuchodonosor est un grand roi, écrivez le en deux lettres. »
Vous n’avez pas trouvé la bonne solution ? Réfléchissez !
La bonne solution est toute simple.
Ne faites pas comme Vidal-Naquet, qui habitait rue du Cherche-Midi [à quatorze heures].
Ni comme Maria Torok, et comme Castoriadis, qui habitaient la même rue.
La bonne réponse est : LE. « L-E » Tout simplement !
Et écrite correctement (c’est pourquoi l’énigme doit être posée oralement) cela donne :
Nabuchodonosor est un grand roi. Écrivez « le » en deux lettres.
Eh bien, maintenant, posez l’énigme à votre entourage. Faite un sondage !
C’est ma mère qui m’avait posé cette énigme lorsque j’étais encore enfant. Elle avait été surprise que je ne trouve pas la solution. Mais à l’époque j’avais d’autres chats à fouetter. Elle-même l’avait apprise à Molsheim, au Couvent des Oiseaux, dont elle avait gardé un excellent souvenir, et même une nostalgie. Le régime de la pension était réputé sévère, mais il ne l’était pas tant que ça, et l’enseignement qui y était dispensé lui avait ouvert des horizons intellectuels que ne lui offrait pas le travail au magasin de son père, et la vie très encadrée par son père et ses frères, à Rambervillers (88), une fois le Brevet obtenu. Mais passons…
Cette énigme lui avait été enseignée dans le cadre de l’enseignement religieux ! Pour alimenter la réflexion, de ceux qui réfléchiraient, sur l’usage qui peut être fait de la « restriction de pensée© » ou « restriction mentale ». Je rappelle que précisément la théorisation de l’usage de la restriction de pensée, et sa justification dans certaines circonstances, fut vivement reprochée aux Jésuites.
C’était donc une époque où l’on enseignait encore quelque chose d’intéressant aux jeunes filles dans les écoles catholiques…Et où l’on ne jugeait pas indispensable de leur enseigner ce qu’on savait qu’elles étaient capables d’apprendre toutes seules (enfin, pas tout à fait). Mais passons.
La pratique de la « restriction de pensée » n’est donc pas sans rapport avec la pratique du « ketmân ». L’usage de l’une et de l’autre se développe nécessairement en climat totalitaire, comme l’avait fort bien compris Léo Strauss, qui n’avait cependant pas prévu que le lobby juif deviendrait un jour la source d’un totalitarisme peu banal. Tout cela est susceptible d’ouvrir des liens et d’engager des réflexions pour les gens qui réfléchissent, qui sont rares, en particulier chez les intellectuels. Mais il ne faut jamais désespérer…
« Mais enfin Guillaume, où voulez-vous en venir ? »
« Patience ! Tout vient à point à qui sait attendre. Et rappelez vous la phrase de Trotsky, qu’il n’a pas su mettre en pratique : « L’ironie et la patience sont les principales qualités du révolutionnaire. » ».
Savez-vous que le volume 7 des Études révisionnistes vient d’être publié. En Octobre 2009. Sa couverture est verte, un peu comme le n°11 d’Internationale Situationniste, qui était sorti en Octobre 1967 et qui est bien intéressant à relire aujourd’hui. Il commence par la publication d’une correspondance entre Faurisson et Chomsky, sous le titre : « Un échange avec Noam Chomsky sur l’exterminationnisme et le sionisme » (le n°7, pas le n°11 de l’I.S.).
Très important cet « échange ». Surtout quand il vient à point nommé.
Décidément le mois d’octobre est le mois des Révélations. C’est en octobre, le huitième mois de l’année selon le calendrier romain (qui commençait aux Ides de Mars) qu’a été révélée la correspondance échangée entre Michel de Boüard et Henri Roques. Ces lettres prouvent que ce grand historien, unanimement respecté, ce grand universitaire, ce grand résistant, était aussi un « révisionniste », mais pas encore un « négationniste ». Mais peut-être en était-il sur le chemin ? N’avait-il pas rencontré le Professeur Faurisson, le 18 avril 1986, au restaurant « Les Muses », maintenant disparu©, qui se situait au Palais Royal, devant la Comédie Française. Et n’avaient-ils pas échangé, aussi, une correspondance ?
Mais n’anticipons pas. Pour le moment nous en sommes à la correspondance entre Faurisson est Chomsky, qui vient donc d’être rendue publique dans le volume 7 des Études révisionniste.© Cette correspondance était déjà disponible sur le blog inofficiel de Faurisson©. Et j’y ai déjà fait allusion dans le texte intitulé : « Je comprends votre position…© » qui commence par un courriel de Bocage, auquel on pourra se référer.
« I understand your position, but I do not agree. »
[Je comprends votre position, mais je ne suis pas d’accord.]
Tels sont les derniers mots de Chomsky. Mais Faurisson les a-t-il bien lu ?
Cette phrase contient deux propositions. (Comme plus haut Nabuchodonosor…)
Étudions chacune de ces propositions :
« Je comprends votre position ». Ces quatre mots ne comportent aucune ambiguïté. Ni en français, ni dans l’anglais original. Cette position que Chomsky comprend se réfère à la position que Faurisson vient précisément de lui exposer dans trois lettres, auxquelles ont été joints plusieurs textes brefs. Comme on peut s’en douter, connaissant le Professeur, les lettres et les textes sont brefs, clairs, explicites.
C’est là que cela devient intéressant. Chomsky est bien connu pour défendre la liberté d’expression en général. Il est même connu pour défendre la liberté d’expression en particulier. Ce qui suffit à le différentier de la canaille universitaire commune. Mais il ne s’est jamais privé de critiquer, voire d’attaquer, les positions de ceux dont il défendait le droit de s’exprimer, en particuliers les dissidents soviétiques dont certains étaient de fieffés réactionnaires. Ainsi quand il avait défendu Soljénitsine© avait-il exprimé des critiques à son égard.
Dans sa réponse à Faurisson, on ne voit vraiment pas pourquoi Chomsky se serait abstenu de relever dans les thèses de Faurisson, telle faute logique, telle lacune documentaire, telle erreur fautive, ou telle abomination morale.
Au lieu de cela : « Je comprends votre position, ! » Moi, Chomsky, je le dis avec l’autorité que certains m’attribuent : Votre position est compréhensible !
Mais alors pourquoi écrire ensuite : « , mais je ne suis pas d’accord. »
Ben ! Euh ! Parce qu’il n’est pas d’accord. Évidemment !
C’est justement cela qui devrait mettre la puce à l’oreille.
Si vous lisez la partie Faurisson de l’échange, c’est charpenté. Chomsky comprend, et bien qu’il comprenne, il n’est pas d’accord ! Hic jacet lepus.
Je comprends le théorème de Pythagore, mais je ne suis pas d’accord ! Ce serait idiot mais moins idiot cependant que la masse des philosophes, qui sont d’accord avec la théorie de la relativité, mais ne la comprenne pas.
Oui mais là Guillaume, ce n’est pas pareil, les mathématiques ce sont la structure même du raisonnement. Déjà en physique, qui est pourtant une science dure, ce n’est plus pareil.
Certes. Vous avez entièrement raison. Mais outre une éventuelle faute logique, Chomsky, qui n’est pas une tête molle, n’a pas relevé non plus de faute morale, d’erreur ou de lacune documentaire, ou que sais-je encore.
Donc cela voudrait dire, d’après vous, que les deux propositions de Chomsky devraient se comprendre séparément. Indépendamment l’une de l’autre, en quelque sorte. Comme dans votre histoire de Nabuchodonosor ?
Vous chauffez, vous chauffez… Encore un effort.
Cela voudrait donc dire que Chomsky comprend, et qu’en fait il est d’accord ?
Mais Non de Dieu de Non de Dieu, bien sûr que non, puisqu’il dit qu’il n’est pas d’accord ! Mais vous chauffez. Comme dans Nabucho, les deux propositions ont une certaine indépendance. C’est-à-dire que la deuxième n’anéantit pas la signification de la première : La position de Faurisson, exposée dans sa correspondance, est compréhensible, et n’a pas été réfutée jusqu’ici.
Donc vous voulez bien dire que Chomsky ne croit pas aux chambres à gaz ?
C’est à Chomchom de le dire lui-même si ça lui chante. Et je me suis toujours abstenu de lui poser la question, d’autant plus que mon problème à moi, c’était de réunir et de rendre efficaces tous ceux qui sont attachés à la liberté d’expression de ceux qui pensent autrement qu’eux. Mais bien sûr je ne prends pas Chomsky pour un con. C’est pourquoi l’apparente contradiction entre chacune des deux propositions qui composent sa phrase de neuf (9) mots en anglais et 10 mots en français, me laisse penser qu’il pratique là une forme particulièrement élaborée de ketmân.
Il dit en tout cas deux choses qui sont parfaitement claires et destinées à être utilisées en direction de publics différents : 1°/ Il comprend la position de Faurisson ; 2°/ Il n’est pas d’accord avec la position de Faurisson.
Mais ce avec quoi Chomsky n’est pas d’accord dans la position de Faurisson, ce ne sont pas ses thèses historiques, sur lesquelles il ne se prononce pas autrement qu’en disant qu’elles sont compréhensibles. C’est autre chose que Chomsky perçoit, dans la position de Faurisson, et avec quoi il ne peut pas être d’accord. Et qui excède ce qui est exposé par Faurisson dans cette correspondance.
En conclusion, ce avec quoi Chomsky a voulu signifier qu’il n’était pas d’accord, pour conclure cet échange avec Faurisson, ce n’était pas les thèses historiques révisionnistes ou négationnistes de Faurisson, sinon il n’aurait aucune raison de ne pas l’avoir dit et écrit. Ce qu’il a voulu signifier c’est qu’il ne partageait pas la position de Faurisson consistant (métaphoriquement) à s’opiniâtrer à refuser de mettre un T aux médiats. Quand à savoir ce que pense vraiment Chomsky de l’existence ou de l’inexistence des chambres à coucher dehors, c’est à lui qu’il faut le demander directement.
Mais Guillaume, il y a un truc qui coince et qui s’oppose à votre analyse. Dans l’histoire Nabucho, qui doit être dite oralement, quand vous l’avez finalement écrite, vous avez mis un point après la première proposition, et une majuscule pour commencer la deuxième, pour signifier que la deuxième proposition était une phrase indépendante. Or Chomsky, lui, il a écrit sa phrase. Et non seulement il a mis une virgule, mais il a commencé la deuxième proposition par un «but » (« mais » en anglais) qui relie bien logiquement la deuxième proposition à la première. Votre belle théorie ne tient pas debout.
Mes félicitations, vous commencez à observer et à vous intéresser aux détails. Vous avez entièrement raison. Donc Chomsky est un con qui ne s’est pas aperçu de la contradiction inhérente à une phrase de neuf mots qu’il a dû peser, contradiction qui a sauté aux yeux de Faurisson et de Bocage. À moins que ce ne soit vous qui poussiez trop loin l’analogie avec Nabucho. Effectivement sur ce point là la structure diffère. Dans la phrase de Chomsky, contrairement à la phrase Nabucho, la deuxième proposition est indubitablement reliée à la première par une virgule et un lien logique. Bon, maintenant j’abrège et vais directement au but. Cette phrase se lit donc : « Vos thèses sont compréhensibles » (je n’y reviens pas) mais, mais, mais : « Je ne suis pas d’accord avec votre position ».
(restriction de pensée : parce que par delà vos thèses vous rejetez et dévalorisez les principes auxquels la Vieille Taupe tient par dessus tout ; principes que j’ai exposé, pour votre défense, dans mon avis en préface au Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire. La question des chambres à gaz[1] ; principes dont vous avez obstinément refusé de discuter avec Pierre Guillaume ou avec moi. Et mon petit doigt me dit que si vous ne changez pas de position sur ce point là, vous serez vous-même, progressivement et de plus en plus, conduit à « arranger », donc à falsifier, l’histoire même de l’Affaire qui porte et portera votre nom dans l’histoire, comme vous le méritez. Dans ce cas vous risquez de retardez vous-même la reconnaissance universelle de la valeur de vos travaux. Pour des raisons que Pierre Guillaume pourrait vous expliquer si vous acceptiez de le lire.)
Pierre Guillaume Le mercredi 4 novembre 2009
En la Saint Charles
P. S. : Toute la journée ont nous a bassiné avec les hommages rendus de toute part à la mémoire de Claude Lévy-Strauss. fRance-Inter s’est surpassé par un montage manipulateur où, en surimpression sonore sur fond de citations du grand homme, on entendait « identité nationale ». Le but de la manœuvre était d’imposer l’idée que Lévy-Strauss aurait jugé ridicule l’idée d’identité figée et aurait été en faveur du métissage universel. Ce qui est l’alpha et l’oméga du programme « humaniste » de cette radio.
Or rien n’est plus faux et rien ne le dégoûtait plus que le processus d’unification et de « mondialisation » universelle en cours. Nous reviendrons plus tard sur cet homme si peu Juif et sur sa récupération abusive par la bien pensance. P. G© La restriction de la pensée - gredin
Commentaire de Bertrand Ricard sur "Prodiges et vertiges de l'analogie" de Jacques Bouveresse.
gredin.free.fr/.../restrictiondelapensee.html - En cache - Pages similaires
© Tout passe, tout lasse, tout casse, sauf le …. « Le fascisme ne passera pas ! »
© Et non pas « négationnistes ». Rendre public, c’est une manière de parler. Cette publication est réservée à l’usage interne d’un cercle privé, qui ne demande qu’à s’élargir. Public pour ceux qui le méritent, en quelque sorte.
© http://robertfaurisson.blogspot.com/
© http://aaargh.codoh.com/fran/archVT/vt09/vt090510.html
© Pour qui j’ai la plus grande admiration, encore augmentée pour son dernier livre Deux siècles ensemble, 2 vol., Fayard, Paris 2001- 2003, sur lequel son éditeur français n’a fait aucune publicité lors de la mort de l’auteur. On peut dire que c’est à Soljénitsine qu’est revenu la gloire de porter l’estocade décisive au régime « soviétique » (bien qu’il n’ait révélé RIEN de plus que ce qui se trouvait déjà dans Socialisme ou Barbarie). Ainsi toute la sincère admiration que je lui voue ne m’empêche pas de dire que je ne le suis pas dans son nationalisme qui reste étroit et impérialiste. Il est clair que jusqu’à sa mort Soljénitsine a regretté que la Russie du Tsar n’ait pas mis la pâtée en 1914 à l’armée allemande. Au contraire la vieille taupe travaille à la défaite de l’impérialisme dans les deux camps.
[1] Toujours en vente libre en France, selon les lois de la République. Disponible par correspondance chez Akribeia, et dans quelques librairies, notamment Librairie Duquesne, 27 avenue Duquesne, 75007 Paris et Librairie Antitotalitaire, 27 bis, avenue René Coty, 75013 Paris. Tel. : 01 43 54 22 46 pour vérifier horaire d’ouverture.