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Interview donnée par Ernst Zündel
au Foreign Policy Journal

 par Kourosh Ziabari
30 avril 2010

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LA VIEILLE TAUPE

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http://www.foreignpolicyjournal.com/2010/04/30/testing-the-limits-of-freedom-of-speech-ernst-zundel-speaks-out/

 

 

Les limites de la liberté d’expression à l’épreuve : Ernst Zündel s’exprime

Entretien exclusif avec l’un des plus célèbres prisonniers politiques européens

 

Auteur et historien allemand, Ernst Zündel a passé sept années de sa vie derrière les barreaux pour avoir exprimé des points de vue et opinions controversés. C’est un révisionniste : il nie l’Holocauste tel que le décrivent la plupart des historiens. C’est le plus illustre prisonnier politique d’Europe, il a été emprisonné dans trois pays, sur deux continents.

 

Après avoir été arrêté aux États-Unis en 2003, il a été déporté vers le Canada, où, considéré comme « une menace pour la sécurité de la nation », on l’a incarcéré pendant deux ans. Déporté ensuite vers l’Allemagne en mars 2005, il a été condamné en 2007 [dans ce pays] à cinq années supplémentaires de prison pour révisionnisme [les 5 années sont comptées à partir de son arrivée sur le sol allemand – NDT]. Il a finalement été libéré le 1er mars 2010.

 

Cet entretien est le premier que donne Ernst Zündel depuis sa libération.

 

Question : Tout d’abord je voudrais vous féliciter de votre récente libération. Avez-vous jamais été victime de mauvais traitements ou soumis à quelque type de châtiment mental ou physique contrevenant aux conventions internationales ?

 

Réponse : La totalité du traitement que j’ai subi pendant ces sept années de la part des gens qui m’ont arrêté, jugé et condamné, et qui m’ont incarcéré, est en parfaite infraction avec les conventions internationales. J’ai été arrêté en plein jour sur le sol américain par deux fonctionnaires du gouvernement américain qui ont agi en commando pour le compte d’un lobby malfaisant. Il n’y a eu aucun mandat d’arrêt. On ne m’a pas fait lecture de mes droits. On m’a emmené sur-le-champ, menottes aux mains, sans me laisser la possibilité de prendre mon portefeuille, d’appeler un avocat, sans pouvoir plaider ma cause devant un juge de l’Immigration ni même embrasser ma femme avant de partir.

J’ai été emprisonné dans six prisons différentes, sur deux continents et dans trois pays – les États-Unis, le Canada et l’Allemagne – sans le moindre répit. Dans les faits, on m’a volé 10 pour cent de ma vie – et pour quel crime ? Pour avoir « dépassé la limite de validité de mon visa américain » ?

 

Tout au long de mon emprisonnement on a foulé aux pieds sans vergogne et impunément les principes fondamentaux des droits de l’homme. Les prisons les pires ont été les centres de détention canadiens : Thorold, dans l’Ontario, et Toronto West, où j’ai été détenu pendant deux longues années en isolement cellulaire, un froid de canard en hiver, chaussures et chaussettes interdites. La lumière électrique dans ces cellules, suffisamment forte pour pouvoir lire, marchait 24 heures sur 24. Toutes les 20 minutes on me contrôlait à travers une petite ouverture vitrée dans la porte et mes activités étaient méticuleusement notées par les gardiens : une feuille pour chaque jour. Pas de dignité, pas d’intimité. Ma brosse à dents était remisée dans une boîte en plastique dans le couloir. Je n’avais pas le droit de parler aux autres prisonniers. Les draps n’étaient changés que tous les trois mois. Pas d’oreiller. Pas de chaise. Quand j’écrivais à ma femme ou à mes avocats, je devais m’asseoir sur un siège que j’avais improvisé en empilant les dossiers de mon procès. Pas de radio, pas de télévision, pas même de prise de courant pour tailler mes crayons. Pas de crayons à bille, uniquement des bouts de crayons sciés en deux. Pas droit aux cuillères, aux fourchettes ni aux couteaux : seulement une cuillère en plastique blanc avec une fourchette appelée « spork » qu’il fallait rendre chaque fois à la fin du repas. Mis à part quelques très rares exceptions où des gardiens me témoignaient furtivement quelque gentillesse à l’abri de la surveillance des caméras, j’ai été traité comme si j’étais le pire des criminels. Voilà ce qui vous attend au Canada, le pays où j’ai vécu et travaillé pendant plus de 40 ans, avec un casier judiciaire vierge.

 

C’était un petit peu mieux aux États-Unis, mais guère mieux. En Allemagne, les conditions étaient quand même bien meilleures pour ce qui concernait les nécessités de base mais le courrier personnel m’était constamment confisqué – 1.700 lettres confisquées sur cinq ans – alors même que j’avais obtenu d’un tribunal l’ordre de me faire remettre ces courriers. Le prétendu procès qu’on m’a fait à Mannheim a été un procès politique spectacle à la mode stalinienne en ce que ma culpabilité était courue d’avance. J’avais demandé de verser au dossier pour ma décharge des pièces à conviction pour justifier ce que je crois, ce que j’ai écrit et ce que j’ai dit. Aucune défense sérieuse n’a été permise. Je n’ai pas pu faire en sorte que soient enregistrés la moindre preuve scientifique, le moindre document historique, ni même le moindre témoignage d’expert. Cette simple demande de pouvoir apporter des preuves a été considérée comme un nouveau délit et aurait pu conduire à de nouvelles poursuites – comme cela a été le cas, en fait, contre mes avocats dans ce procès qui avaient tenté de passer outre à ces restrictions.

 

Q. : Tout comme les autres membres de l’Union européenne, l’Allemagne critique régulièrement d’autres pays qu’elle accuse de violer la liberté d’expression et les droits de l’homme. Pourtant votre cas prouve l’inanité de ces allégations européennes. Quelle est votre opinion à ce sujet ? La liberté, et en particulier la liberté d’expression, est-elle vraiment une utopie en Europe ?

 

R. : La plupart des pays européens réservent la liberté d’expression aux opinions officiellement approuvées et sanctionnées. Presque tous les pays de l’UE possèdent des lois enfreignant cette liberté d’expression sous un faux prétexte ou sous un autre, comme, par exemple, pour lutter contre les activités racistes ou néo-nazies. C’est l’État qui décide comme bon lui semble qui est raciste et ce qui est raciste. Ces lois sont hypocrites, et, dans le cas de l’Allemagne, cela va même jusqu’à supplanter leur propre Loi fondamentale.

 

En Occident les dissidents ont très peu de chance d’être lus ou entendus dans les principaux médiats. Les mécanismes de contrôle de la presse sont nombreux, souvent subtils mais tout le monde les comprend et s’y conforme – par crainte de perdre son emploi, de voir réduire son tirage, de ne plus bénéficier des publicités gouvernementales, etc. Il n’existe plus de liberté sans réserve dans aucun des pays occidentaux, pas même aux États-Unis en dépit de leur magnifique Constitution et leurs Amendements tels que la Charte des droits de l’homme.

 

Permettez-moi de préciser à vos lecteurs les grandes lignes d’une pratique de censure connue sous le terme neutre de « rendition » [transfert extraordinaire] mais qu’on peut définir plus honnêtement par enlèvement politique destiné à faire taire par la force tout discours dissident ou toute pensée différente. Les renditions en Occident sont de plus en plus souvent pratiqués non seulement à l’encontre de prétendus « suspects terroristes » mais contre les simples militants politiques et auteurs dont les opinions ne plaisent pas à des bandes d’individus comme l’AIPAC et autres lobbies sionistes et groupes d’intérêt du même genre, B’naï B’rith, le Congrès juif canadien, etc.

 

Afin de mieux faire comprendre ce que je ne saurais décrire qu’à grands traits, je voudrais vous éclairer brièvement sur la période qui, aux États-Unis et au Canada, a précédé mon arrestation, sur la connivence, la similitude avec des cas comme le mien où une infraction bénigne ou même fausse a servi de prétexte pour faire taire un opposant politique.

 

Viet Dinh, professeur de droit à l’Université de Georgetown et directeur de leur programme d’études de droit et politique asiatiques, qui a été un des artisans du Patriot Act, a résumé la chose en quelques mots <http://www.wired.com/politics/law/news/2004/02/62388> comme on peut le lire dans la publication américaine Wired qui traite de la question de la liberté d’expression sur la Toile. Voici ce qu’on lit dans son interview :

 

Wired News : On estime à 5.000 le nombre de personnes emprisonnées depuis le 11-Septembre. Parmi elles, cinq seulement – trois non-citoyens américains et deux citoyens américains – ont été accusées de délit relevant du terrorisme et l’une d’elles a été condamnée. Comment justifie-t-on une législation qui ratisse aussi largement mais qui aboutit sur aussi peu de condamnations relevant du terrorisme ?

 

Dinh : J’ai entendu ce chiffre de 5.000. Le chiffre officiel publié par le ministère de la justice indique qu’environ 500 personnes ont été accusées d’avoir violé les lois sur l’immigration et ont été déportées parce qu’elles présentaient un intérêt dans l’enquête sur le 11-Septembre. Il est possible qu’un certain nombre de ces citoyens n’aient pas été poursuivis pour des délits se rapportant au terrorisme mais il n’était pas nécessaire qu’ils le fussent. Là où le ministère soupçonnait une personne de terrorisme, il l’inculpait pour d’autres infractions de la loi plutôt que d’attendre de voir se développer une conspiration terroriste et risquer [en ne l’arrêtant pas] de passer à côté d’une conspiration et ainsi sacrifier la vie d’Américains innocents.

 

C’est exactement ce qui m’est arrivé. La raison invoquée initialement était une prétendue infraction aux règles de l’immigration – c’est-à-dire que j’aurais « dépassé la limite de validité de mon visa ». Je n’étais pas un terroriste, j’étais un auteur dissident. Mes détracteurs politiques savaient très bien que j’étais en Amérique légalement, que j’attendais que l’on modifie mon statut suite à mon mariage à une citoyenne américaine. Une procédure pour Modification de statut d’immigré était en cours et je suivais scrupuleusement les étapes requises. Je vivais ouvertement dans une région rurale du Tennessee et mon nom figurait dans l’annuaire de téléphone local. Le gouvernement américain m’avait attribué un numéro de Sécurité sociale, un permis de travail, un document qui me permettait de quitter le pays et d’y retourner sans être inquiété. J’avais subi, avec succès, un contrôle de la part du FBI ainsi qu’un examen médical approfondi. La seule et dernière étape qui manquait c’était un entretien personnel avec un fonctionnaire des services de l’immigration qui devait s’assurer de la validité de mon mariage avec ma femme citoyenne américaine.

 

On nous avait avertis, par lettre, que cet entretien pouvait demander jusqu’à trois ans et qu’il ne serait pas donné de compte rendu sur l’état d’avancement du dossier. Nous attendions tranquillement cette dernière étape, qui était un entretien de routine avec un fonctionnaire des services de l’immigration. Notre avocat chargé des questions d’immigration avait réclamé par écrit un tel entretien – deux fois ! Il a témoigné sous serment avoir écrit ces lettres. Ces lettres ont mystérieusement disparu de notre dossier d’immigration. Quand on m’a arrêté, on a prétendu que j’avais par négligence « manqué une audience », ce qui leur a fourni une raison de m’arrêter pour dépassement de la limite de validité de mon visa. En d’autres termes, on a trouvé ou forgé une simple faille bureaucratique qui m’a coûté sept ans de ma vie.

 

Ce qui m’est arrivé dans le contexte d’une politique d’État délibérément trompeuse est aussi arrivé à d’autres. Des stratagèmes de ce genre à base de fausses accusations ont été utilisés dans des cas comme celui de Germar Rudolf, lui aussi marié à une citoyenne américaine, de El Masri en Allemagne, de Maher Arar au Canada, de Gerd Honsik en Espagne, de Siegfried Verbeke en Belgique, de David Irving, et maintenant de l’évêque Williamson en Angleterre, pour ne nommer que quelques individus qui se sont trouvés broyés par une politique criminelle qui, aux États-Unis, n’a été possible que grâce au Patriot Act, et, dans d’autres pays, par des législations du même genre. Si l’on intègre mon affaire à ce contexte de politique et de pratique secrètes généralisées visant à obtenir par la force une conformité politique, elle se comprend parfaitement. Il ne s’agit plus de parler d’aberration. Ces déportations extrajudiciaires donnent sur le 11-Septembre et le Patriot Act un jour nouveau prouvant qu’ils sont les instruments d’une politique mondiale destinée à censurer brutalement les penseurs et écrivains qui ne pensent pas comme il faut.

 

La portée d’une publication prestigieuse comme la vôtre devrait normalement traiter des politiques des gouvernements étrangers, des renditions, des enlèvements et des incarcérations, pas uniquement dans le cas d’ennemis étrangers mais aussi dans des cas comme celui de Vanunu, un scientifique atomique qui est né et a grandi en Israël : Vanunu n’était pas néo-nazi, il n’était pas raciste, il n’était pas révisionniste, et pourtant il a été implacablement poursuivi par le Mossad et finalement enlevé et emprisonné pendant 18 ans.

 

Cette façon de transgresser le droit et les conventions internationales, cette utilisation de fausses identités et cette pratique éhontée consistant à pénétrer par effraction grâce à des agences d’espionnage ou de renseignement, etc. – ces activités criminelles, on en parle tous les jours dans les nouvelles. Le décor est planté et mon affaire représente la progression logique par rapport à la vieille politique bien établie, avec cette seule différence qu’on ne parle plus de faire la chasse et enlever de prétendus « criminels de guerre nazis » comme Eichmann ni de Palestiniens jetant des pierres ni même de « terroristes arabes » ; au lieu de cela on cible les auteurs et autres dissidents politiques dans ces pays occidentaux qui se disent des « démocraties ».

 

Mon histoire ne s’arrête même pas là. Dans mon cas, mon profil de « révisionniste » les arrangeait, mais c’est du passé. Il ne s’agissait même pas, comme on le prétend si communément et à tort, de révisionnisme, ni même, plus bizarre encore, de mon « visa périmé » ! Par l’un de nos amis qui a des relations avec des gens de haut niveau aux Nations unies j’ai appris ce qui s’était réellement passé.

 

Il m’a dit exactement : « C’est à cause du Petit Livre bleu ! C’est à ce moment-là que la décision a été prise en très haut lieu de t’écarter une fois pour toutes ! »

 

Voici ce qui s’est passé, en bref : Dans les tout premiers mois qui ont suivi le 11-Septembre ma femme, passionnée d’Internet, découvrait un fascinant document de recherche qui avait pour titre Stranger than Fiction: An Independent Investigation of 9/11 and the War on Terrorism [Plus étrange que de la fiction : Une enquête indépendante sur le 11-Septembre et la Guerre contre le Terrorisme], signé Anonyme, du 2 novembre 2001. Elle me le donne pendant notre petit-déjeuner. Je l’ai lu, l’ai trouvé intéressant et en ai tiré quelques copies à partir de mon imprimante pour les gens figurant dans ma liste de correspondants. Ce n’est pas moi qui ai écrit ce papier accompagné d’un luxe de notes de bas de page. Ce n’est pas moi qui en ai fait la recherche. Je n’ai fait que le copier. Quelqu’un a dû tirer la conclusion que, avec mon habitude de diligenter des enquêtes fouillées sur d’autres sujets, je manifestais un intérêt un peu anormal pour le 11-Septembre en y voyant une possible opération déguisée, courante dans les opérations des agences de renseignement !

 

Lors de mon procès à Mannheim, apparemment pour « révisionnisme », le procureur a considéré comme délictueux certains passages de ma lettre d’information mensuelle où je mentionnais cette brochure et l’affaire du 11-Septembre. Ce n’est que lorsqu’il a été clair que je saisissais volontiers l’occasion de demander à mes avocats d’apporter les preuves que le 11-Septembre pouvait avoir été une opération de camouflage que ces parties de l’accusation contre moi ont été prestement retirées, et mon procès est devenu un procès-spectacle de révisionnisme dans la tradition stalinienne, « … accusez sans frein mais n’autorisez aucune défense ! »

 

Comme nous l’avons découvert ultérieurement grâce à diverses demandes de libre accès à l’information déposées dans divers pays, un plan délibéré, tortueux a été mis en place pendant des années afin de m’arrêter sous de faux prétextes pour se débarrasser de moi en me mettant derrière les barreaux.

 

Je mentionne ce fait simplement comme exemple logique, global, de la manière diaboliquement ingénieuse employée par mes adversaires politiques pour utiliser l’accusation de « révisionnisme » et la persécution de révisionnistes comme armes dans leur arsenal de guerre afin d’étayer, de consolider et de protéger le pouvoir et l’influence qu’ils ont acquis par leurs tromperies.

 

Q. : Quelle est la réalité derrière  cette histoire d’Holocauste ? Il n’a donc pas eu lieu du tout ? Que dire de gens comme Élie Wiesel, Thomas Blatt, Wladyslaw Bartoszewski et Leopold Engleitner qui sont des survivants de l’Holocauste et ont raconté leur expérience de ces jours douloureux, qui ont été personnellement témoins de la mort de leurs parents dans les camps de concentration et des machines à broyer les os. Comment résoudre ces contradictions ?

 

R. : Je ne répondrai pas à cette question. Je risquerais de faire encore cinq autres années en prison si je répondais à cette question de manière honnête et sincère. Mais à l’époque de l’Internet, il en est des moins connus que moi qui trouvent le moyen de simplifier un problème pénible à multiples facettes, comme explicité par le dessin de Carlos Latuff ci-après :

 

http://static.foreignpolicyjournal.com/wp-content/uploads/2010/04/Prevent_Holocaust_BOMB_IRAN_by_Latuff2.jpg

 

Q. : Dans d’autres pays bien des gens sont arrivés à la conclusion catégorique que le monde occidental est un phare de liberté et qu’il y règne une liberté d’expression sans réserve. Mais on a parfois l’impression que la réalité est autre et que des personnes peuvent être facilement poursuivies simplement pour avoir publié des opinions qui ne sont pas appréciées. La brochure que vous avez publiée, Did Six Million Really Die ?[Y a-t-il eu réellement six millions de morts ?], est un bon exemple. Qu’en pensez-vous ?

 

R. : Voici encore un exemple de ce que j’ai souligné tout à l’heure. Nous avons des faxes et autres documents qui prouvent, avec en-têtes officiels de l’ambassade, que la justice américaine, tellement vantée et dont on fait tant de publicité, a servi d’arbitre à ces kidnappeurs et à ces responsables de renditions à la suite de communications ex parte en coulisses, se livrant ainsi à une opération de camouflage et à une mascarade pires que celles auxquelles se livrent ceux que le gouvernement américain accuse toujours, dans ses campagnes de presse hypocrites, de violer les droits de l’homme, comme la Chine au Tibet, Lukashenko en Biélorussie, Poutine à Moscou et, évidemment, l’Iran récemment au cours de ce qui a été appelé la Révolution verte.

 

Q. : Beaucoup de sites sionistes vous présentent comme un suprémaciste blanc. Cette définition est-elle  juste ?

 

R. : Cette affirmation relève d’une technique pratique de la diffamation. Je n’ai jamais été un suprémaciste blanc et l’ai dit pendant des décennies, publiquement, au cours d’innombrables interviews, de lettres d’information, de discours, d’émissions, etc. C’est le modus operandi de mes adversaires qui aiment schématiser les problèmes complexes par une diabolisation politiquement appropriée.

 

Q. : Vous êtes hostile au régime israélien en raison de son traitement discriminatoire et atroce de la nation palestinienne. Vous vous considérez comme pacifiste, un pacifiste qui préconise la stabilité et la paix ; ces convictions ne sont-elles pas incompatibles avec votre vision d’Hitler, un homme considéré dans le monde entier comme un tristement célèbre dictateur et un tueur implacable? Comment concilier votre attitude de recherche de la paix avec le fait que vous approuviez Hitler ?

 

R. : Je ne peux pas répondre à cette question en raison de restrictions légales. Une réponse honnête et complète me ferait très vite atterrir en prison en tant que récidiviste. Je devine par votre question que vous avez de moi l’image sulfureuse que mes détracteurs souhaitent que vous ayez. Etre appelé Nazi, c’est pire que d’être appelé un lépreux. Pendant des dizaines d’années j’ai fait les frais, justement, d’une campagne de diffamation dirigée dans ce sens. J’ai été emprisonné plusieurs fois non pas pour avoir prêché une idéologie mais pour avoir exprimé un point de vue dissident, alternatif sur bien des sujets, y compris sur le rôle d’Adolf Hitler dans l’histoire. Le révisionnisme n’est pas une idéologie. C’est simplement une méthode scientifique visant à réexaminer les événements historiques et à essayer de comprendre les personnages influents dont la personnalité a fait l’histoire.

 

Permettez-moi de répondre à votre question comme ceci : J’ai toujours exécré toute espèce de violence à la poursuite de buts politiques. De la part de qui que ce soit ! Politiquement j’étais et je suis un pacifiste, un peu dans le style de Gandhi. Je préconise un regard sérieux et neutre sur l’histoire, y compris sur la période qu’on appelle le IIIe Reich. Quel que soit le système de gouvernement sous lequel ils vivent, les peuples du monde ont le devoir de s’émanciper des images simplistes de propagande et de malhonnêteté qui passent pour de l’histoire.

 

Q. : En mai 1995, votre résidence de Toronto a été la cible d’un incendie criminel qui a eu pour résultat 400.000 dollars de dommages. Quelques jours plus tard, certains de vos adversaires extrémistes ont été pris en train de forcer l’entrée de votre propriété. Quelques jours plus tard encore, vous avez reçu un colis piégé que la police de Toronto a fait exploser. Avez-vous jamais essayé de déposer une plainte contre eux ? Ont-ils jamais été condamnés légalement ?

 

R. : Là c’est le revers de certaines des questions que vous m’avez posées plus haut. Alors que je n’ai jamais préconisé ni usé de violence, on a à plusieurs reprises pratiqué à mon encontre des actes de violence flagrants, dont l’enlèvement politique de 2003 n’a été que le dernier en date. Quant à ce qui concerne l’incendie et le colis piégé, non, ces affaires n’ont jamais été résolues. La police a arrêté les gens qui avaient fabriqué et envoyé la bombe, mais la plainte est restée sans suite. Il semble qu’aux plus hauts niveaux du gouvernement canadien la volonté politique ait fait défaut. Il n’y avait politiquement rien à gagner à poursuivre des pyromanes juifs, même s’ils avaient avoué leur acte.

 

Q. : Faites-vous une distinction entre les sionistes et les juifs en tant que partisans d’une religion divine et monothéiste ?

 

R. : Oui, les deux sont totalement différents. C’est l’avis aussi de certains juifs orthodoxes qui sont unis contre le sionisme, comme ceux de Neturei Karta. Ils savent que les parrains du communisme et du sionisme ont suivi des politiques identiques. L’esprit directeur derrière les deux systèmes est le même. Les rabbins de Neturei Karta ont assisté à la Conférence de Téhéran organisée par votre président pour tenter de prendre leurs distances par rapport à ce qu’ils considèrent une dangereuse clique athée poursuivant une politique de conquête illégale à laquelle ils ne veulent pas s’associer.

 

Q. : Alors que les grands médiats vous ont déjà vilipendé, ils n’ont pas dit un mot de votre libération. Qu’avez-vous à dire à ce sujet ? Allez-vous poursuivre votre chemin idéologique ou préférez-vous garder profil bas et laisser tomber vos activités intellectuelles ?

 

R. : Curieusement, c’est précisément ce que j’avais l’intention de faire quand je me suis installé au Tennessee et que j’ai épousé Ingrid : faire profil bas et me tourner vers des aventures personnelles, comme mon amour pour l’art et pour la musique. J’avais l’impression que mon travail de sensibilisation au révisionnisme était fini, j’étais intimement satisfait de cet aboutissement. Que les autres lisent les deux points de vue et se fassent ensuite leur opinion ! Tous les arguments, tous les renseignements dont on a besoin sur l’Holocauste sont à portée de main sur l’Internet, sur des dizaines de milliers de sites, il n’y a qu’à les prendre. Combien de fois faut-il creuser un site archéologique pour y trouver un os de plus, un fragment de plus pour servir de preuve ? Ma femme aime à dire qu’on n’a pas besoin de manger un chameau pour savoir quel goût a une côtelette. J’étais tout à fait prêt à prendre ma retraite et assouvir mes envies et mes désirs créatifs. Je pouvais laisser à d’autres le soin de terminer les activités politiques de nettoyage. Mais mes adversaires politiques étaient-ils capables, comme toute personne sensée l’aurait fait, de faire l’effort d’en rester là ? Non, ce n’est tout simplement pas dans leur nature.

 

Comme vous le faites remarquer de manière fort convaincante, il y a encore en ce moment une puissante campagne de diffamation qui va bon train. Mon nom est ainsi maintenu sur la scène médiatique et les gens pourront se faire leur opinion sur ce que je suis. Lors de ma libération, ma femme a recueilli des milliers et des milliers de lettres de lecteurs, trois seulement ont été négatives ! Pas mal comme bilan, quand on pense aux millions de dollars qui ont été dépensés et aux millions de mots qui ont été répandus pour tenter de me dépeindre comme un diable avec des cornes.

 

Permettez-moi une question : Votre prestigieuse publication aurait-elle pris le soin de m’interviewer si vous aviez pensé que je méritais l’étiquette de Diable Incarné ?

 

 

[Note de la rédaction : Les opinions et convictions de Ernst Zündel lui appartiennent et ne reflètent pas celles du Foreigh Policy Journal. Le FPJ a pour politique de respecter le principe de la liberté d’expression, ce qui signifie la liberté de dire des choses que d’autres estimeraient odieuses. Sans cela ce principe n’a pas de sens. Le FPJ estime également que les deux versions d’une histoire méritent d’être entendues. Il revient aux lecteurs de tirer leurs propres conclusions et se faire leur propre opinion.]

 

Kourosh Ziabari est un correspondant de presse iranien, journaliste freelance et auteur d’un ouvrage intitulé 7 + 1. Il collabore à des sites et des magazines aux Pays-Bas, au Canada, en Italie, à Hong Kong, en Bulgarie, en Corée du Sud, en Belgique, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Il est membre du comité éditorial des publications de l’Université de Stony Brook et du comité de rédaction du magazine Media Left ainsi que collaborateur du magazine finlandais primé Ovi. Jeune journaliste iranien, il a été interviewé et cité par plusieurs grands médiats, dont le BBC World Service, le PBS Media Shift, le réseau Media Line, le Deutsch Financial Times, le Los Angeles Times et Sky News. Il est collaborateur du quotidien Tehran Times. Ses articles et interviews ont été traduits dans de nombreuses langues, dont l’espagnol, l’italien, l’allemand et l’arabe. On peut le contacter à :

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