AAARGH
PG = W
Un signe est susceptible d’avoir plusieurs significations. Ainsi PG. Ce sont mes initiales. Ce sont aussi celles de mon père. Quand j’étais enfant, à l’école primaire, nous portions des blouses, marquées à l’intérieur du col de nos initiales. Mais ma grand-mère maternelle, en plus, avait brodé ces initiales sur le revers du col, en lettres rouges de trois centimètres de hauteur. À cette même époque, à Épinal, où nous habitions, ou à Rambervillers, où demeuraient mes grands-parents, on pouvait rencontrer dans les rues des hommes portant dans le dos, sur leur vêtement de travail, les lettres PG, à la peinture blanche, en lettre de 30 centimètres de haut. Ma grand-mère n’avait pas fait le rapprochement. Les camarades d’école, si… Et l’on m’appelait: «PG, prisonnier de guerre». Cela pouvait prendre un tour moqueur, voire agressif. Nous étions en 1946[1].
Il se trouve que, bien que les adultes fussent très discrets sur ces sujets à l’égard des enfants, et qu’on les protégeait des récits et évocations trop violents, j’avais reçu dans ma famille les échos de mauvais traitements, voire de traitements monstrueux, infligés à des prisonniers de guerre allemands. Un ami de mon grand-père, Monsieur Nicolas, qui venait souvent passer le week-end à Rambervillers, habitait en face de la caserne de la Vierge, à Épinal. Il n’a pas, de sa fenêtre, été témoin de tortures abominables dont la littérature regorge, mais le simple spectacle de ce qu’il pouvait entrevoir de brimades et de coups infligés aux prisonniers, dans la cour de la caserne, l’avait révolté. Une «affaire» avait aussi concerné des PG internés à Rambervillers, dans une ancienne tuilerie… Enfin mon père s’était élevé avec véhémence contre le principe même d’exercer des mauvais traitements à l’encontre de Prisonniers de Guerre. Cela le révulsait et le dégoûtait profondément.
Si bien que, dressé sur mes ergots de petit coq de combat de cinq ans, je me faisais l’écho, à l’école, des principes paternels. Rien de plus! Car personne dans la famille et l’entourage qui ne fut patriote et convaincu, en bon Lorrain, que l’Allemand n’est pas très différent de nous, mais qu’il est absolument nécessaire de le bouter hors de France quand il s’avise de venir de ce côté-ci du Rhin. Mais cela a cependant suffi à me faire encourir le soupçon de «sympathiser avec l’ennemi», et conduisit à des affrontements d’une grande violence, et jusqu’à des poursuites dans les rues, des ecchymoses, et une arcade sourcilière ouverte (en jouant, ai-je dit à ma mère, j’étais tombé sur l’arête du trottoir).
Ces jeux présentaient l’avantage de former le caractère.
W, c’est aussi l’initiale du mot «War» qui signifie «guerre», en anglais, Wehr en allemand.
La gematria ou «numérologie» est une «Technique visant à dévoiler la signification profonde, cachée ou différente des mots et des phrases» nous dit le Dictionnaire encyclopédique du judaïsme. C’est à l’évidence une technique qui permet surtout de trouver dans un texte ce que l’on a envie d’y trouver, mais comme toutes les techniques, elle est susceptible de détournement. La valeur numérique de P est 16 (16° lettre de l’alphabet). G = 7. 16 + 7 = 23, qui est la valeur numérique de W.
Mais où voulez-vous en venir? «Mais je ne veux en venir nulle part puisque j’y suis déjà! C’est à vous de me suivre!».
L’histoire commence en 1970, à la librairie La Vieille Taupe, 1, rue des Fossés-Jacques, Paris 5° par une visite de Georges Perec, qui s’est renouvelée. Ces visites avaient donné lieu à de longues conversations avec le libraire.
Libraire qui, lui, n’a commencé à comprendre certains éléments de ces conversations que 18 ans plus tard, lorsqu’il eut appris par la lettre d’un Professeur de français philosophie en classe préparatoire aux Grandes Écoles scientifiques (taupe), qu’un livre de Georges Perec W ou le souvenir d’enfance était au programme et que cela pourrait être l’occasion d’une «Sonderaktion[2]» de la VT!
La Sonderaktion eut finalement lieu. La VT ayant assumé l’intendance et les risques.
Le premier acte public en fut la lettre suivante, adressée à environ 600 professeurs, qui révélait une réalité «troublante», W ou le souvenir d’enfance, texte mis au programme intentionnellement pour ses vertus holocaustiquement correctes, dissimulait (mal) son contraire!!!
LA VIEILLE TAUPE
Organe de critique et d’orientation postmessianique
Boîte Postale 98
75224 PARIS cedex 05
Paris, avril 1998
Pierre Guillaume
01 43 26 29 08
à Monsieur le Professeur de Français-Philosophie
en C.P.G.E. scientifique.
Monsieur le Professeur,
Vous avez cette année étudié avec vos élèves le texte de Georges Perec, W ou le Souvenir d’enfance, mis au programme des concours auxquels vous préparez vos élèves des C.P.G.E. scientifiques.
Il s’agit d’un texte explicitement consacré à la “MÉMOIRE”, ou se mêlent l’autobiographie, l’allégorie et le fantasme, d’une manière dont chacun appréciera la pertinence, et d’où il ressort une vision terriblement pessimiste et désabusée du monde.
Savez-vous qu’en 1970 et 1971, Georges Perec fréquentait particulièrement deux librairies, à proximité de chez lui, la Librairie du Temps Retrouvé, au 174 de la rue Saint-Jacques, tenue à l’époque par deux charmantes vieilles dames très cultivées, amies de Jérôme Lindon, le fondateur des éditions de Minuit, et la Librairie La Vieille Taupe, au 1 de la rue des Fossés St-Jacques, tenue par Pierre Guillaume, le libraire le plus inculte (en littérature) de Paris, selon le situationniste René Viénet, probablement à juste raison.
La Vieille Taupe, à l’époque, était fréquentée par toute «l’ultra-gauche» (rien à voir avec le gauchisme estudiantin, qui fréquentait aussi, hélas, cette librairie, sans pour autant se transformer; ce pourquoi la librairie se saborda en 1972), dont certains membres, à la suite du libraire, découvraient l’oeuvre de Paul Rassinier, ce déporté résistant qui avait osé mettre en question certains des poncifs de la littérature concentrationnaire et des mythes fondateurs de la bonne conscience “antifasciste” et stalinienne.
Georges Perec et le libraire avaient abordé cette discussion à plusieurs reprises. Georges Perec avait été particulièrement sensible à cette idée de Paul Rassinier, développée dans Le Mensonge d’Ulysse, selon laquelle les camps de concentration n’étaient que la caricature poussée à l’extrême de la société, et que les mécanismes anthropologiques qui produisent la barbarie dans ces circonstances, ne sont pas différents des mécanismes qui sont à l’œuvre dans nos sociétés “démocratiques”.
Il avait dit, par ailleurs, la “peur” que suscitait en lui l’état d’esprit que révélait la pratique moderne du sport et l’évolution du “sport de masse”, et plus généralement l’esprit de concurrence et de compétition. Il se demandait si cette question avait déjà été traitée, et je n’avais pu, à l’époque, que lui suggérer des articles et un livre de Jean-Marie Brohm, que celui-ci était venu déposer à la librairie…Perec avait trouvé ces textes intéressants mais ils ne correspondaient pas vraiment à ce qu’il recherchait… Il m’avait dit son intention d’écrire une dénonciation de la fonction moderne du sport en faisant un rapprochement avec le système concentrationnaire.
Il serait paradoxal que la décision d’écrire W ou le souvenir d’enfance ait été prise dans les locaux de l’abominable librairie, à la suite de conversations sur Le Mensonge d’Ulysse, et sur Paul Rassinier, avec l’abominable libraire. Il serait pour ma part d’autant plus téméraire de l’affirmer, que la librairie a fermé ses portes en 1972, et que je n’ai plus du tout rencontré Georges Perec après cette fermeture. Je n’ai eu connaissance de l’existence de W… que très récemment, lorsqu’un de vos collègues, professeur de Français-Philosophie en C.P.G.E. scientifique, et néanmoins ami de la Vieille Taupe, m’a écrit pour me signaler que ce texte figurait au programme des concours de cette année. Et je viens seulement de le lire.
Effectivement, sur le plan historique, l’auteur n’affirme rien. À l’évidence il fut profondément marqué, dans sa personnalité profonde, ainsi qu’en témoignent les éléments autobiographiques qu’il nous livre, par ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler la “MÉMOIRE”, et par le fait massif de la disparition de son père, comme soldat, et de sa mère, déportée. Mais chaque fois qu’il révèle tel ou tel élément constitutif de cette MÉMOIRE structurant la personnalité, il se garde d’affirmer.
Il prend le plus grand soin de mettre en scène les médiations intermédiaires (le pléonasme est intentionnel) entre le fait historique…, le document…, son interprétation…, et la représentation dans l’imaginaire individuel. Ainsi la scène décrite dans les trois dernières lignes du chapitre XXXV (page 215) est à la lettre inintelligible: vérifiez! C’est pourtant le souvenir qu’il lui reste d’une exposition sur les camps de concentration que sa tante l’avait emmené visiter.
Mais les photos montrant l’angle supérieur d’une pièce en béton brut de décoffrage, avec ses irrégularités, accompagnées de la légende invitant à voir là l’effet de lacérations dues à des ongles de victimes désespérées en attente de gazage, constituaient un grand classique de la plupart des expositions de ce genre, à cette époque…et naguère encore; même si la doctrine officielle nous invite aujourd’hui à admettre qu’il n’y eut jamais de gazage dans cette pièce, ni dans ce camp, là où les photos de cette pièce avaient été prises. Ces photos parfaitement insignifiantes, ni leurs légendes émotionnellement manipulatrices ne sont plus utilisées dans aucune exposition ou ouvrage historique récents.
Au dernier paragraphe du chapitre XXXVI (page 218), il est fait allusion à “un stock de savon de mauvaise qualité…” dans un contexte (dents en or, alliances, lunettes, vêtements) qui renvoie bien évidemment au “savon” prétendument fabriqué par les nazis avec les cadavres de Juifs. Mais curieusement, c’est dans les soubassements de la Forteresse de W que se trouvent ces objets…!
Il est maintenant admis par les historiens les plus officiels que cette représentation terrifiante du savon n’était qu’un bobard de guerre, dont les propagandes sont si avides. Mais cette représentation n’en continue pas moins de hanter et de structurer la “MÉMOIRE” d’une grande partie de la population.
L’ensemble du dernier paragraphe de ce chapitre XXXVI, et chapitre conclusif de la métaphore W semble lui-même métaphorique. Comment interpréter cette Forteresse vide, de W, dans laquelle il faudra “poursuivre longtemps son chemin avant de découvrir, enfouis dans les profondeurs du sol, les vestiges souterrains d’un monde qu’il croira avoir oublié: des tas de dents d’or, d’alliances, de lunettes, des milliers de vêtements en tas, des fichiers poussiéreux, des stocks de savon de mauvaise qualité….”
Faut-il en déduire que, pour l’auteur, LA MÉMOIRE de ces tas de dents d’or, d’alliances, de lunettes, etc. serait la matrice inconsciente de W…, beaucoup plus que de l’histoire?
Je ne saurais le dire avec certitude, mais les trois derniers et très courts chapitres XXXV, XXXVI et XXXVII m’ont donné l’envie de relire soigneusement ce livre qui m’avait plutôt déçu et lassé. Particulièrement le chapitre XXXVII et dernier, car il m’a remémoré la dernière conversation que j’avais eue avec Georges Perec. Conversation parfaitement sympathique avec cet être hypersensible, dénué de méchanceté, au terme de laquelle il m’avait dit: «Mais moi je ne veux pas entrer dans des polémiques historiques. Pouvez-vous m’indiquer un témoignage de déporté qui soit indiscutable, et qui fasse l’accord de tout le monde?»… et je lui avais indiqué et fourni L’Univers concentrationnaire de David Rousset en lui rappelant que Paul Rassinier, qui avait très vivement dénoncé les analyses ultérieures de David Rousset, en lesquelles il voyait la matrice de la “littérature concentrationnaire”, s’était toujours référé à ce premier témoignage écrit à chaud comme un exemple, rare, d’écrit véridique.
Ce chapitre XXXVII et dernier, consacré à une citation de David Rousset, confirmait soudain les traces de nos conversations que j’avais cru peut-être apercevoir ça et là… Et soudain les multiples passages, où l’auteur montre tout au long du livre à quel point le souvenir n’est pas la réalité, et la MÉMOIRE n’est pas l’histoire (en particulier page 112, l’évocation d’un souvenir obstiné, «en dépit du démenti qui lui a été plus tard apporté»…, juste après l’évocation d’une curieuse fabrication de savon effectuée par sa tante) prenaient un relief et un sens nouveau…
Et soudain la métaphore Gaspard Winkler, et W, et une foule de détails, qui m’étaient demeurés largement opaques, devenaient susceptibles d’interprétations troublantes…, et plurielles! que je me garderai d’affirmer avant d’avoir soigneusement relu le texte et vérifié les interprétations possibles qui me sont venues à l’esprit.
Mais dans tous les cas, ce texte de Georges Perec, consacré à la “MÉMOIRE”, nécessite l’évocation des événements historiques à l’origine de cette “MÉMOIRE”, qui n’est pas constituée de souvenirs d’événements vécus par le “mémoriant”, mais de représentations éminemment sociales et médiates (sinon médiatiques dans le cas d’espèce, et pour les nouvelles générations).
C’est ce devrait être le travail spécifique de l’historien que de vérifier, donc de critiquer, d’authentifier ou d’infirmer, les éléments constitutifs de cette “MÉMOIRE” nécessairement passionnelle et partiale, socialement transmise au cours et à la suite des guerres.
Ce travail de critique élémentaire particulièrement pédagogique en philosophie dans une classe scientifique, est interdit en France (Streng verbotten). La loi du 13 juillet 1990, dite loi Fabius-Gayssot, des noms de son principal maître d’œuvre et de celui qui a accepté d’en endosser la proposition (en échange de la réintégration du P. C. dans la gauche politiquement fréquentable, dans la perspective de la gauche plurielle) interdit de contester, de mettre en question (et pas seulement de nier) les vérités prétendument établies à Nuremberg…
Mais peut-être souhaiteriez-vous connaître le texte exact de la loi?
Peut-être souhaiteriez-vous prendre connaissance d’une étude “révisionniste” sur la rumeur du savon fabriqué à partir de cadavres de Juifs ? Ne serait-ce que pour pouvoir la réfuter.
La Vieille Taupe, dans ce cas, sera heureuse de vous les adresser sur simple demande.
Car du fait de l’existence de cette loi, le simple commentaire du livre de Georges Perec devient un exercice périlleux. Vous encourez les foudres de la loi, même si vous dites une vérité admise maintenant par tous les historiens! dès lors que cette vérité n’est pas conforme à ce qui a été jugé à Nuremberg! C’est du moins ce qu’énonce explicitement le jugement récemment rendu contre Roger Garaudy!
Enfin, Monsieur le Professeur, puisque l’occasion de vous écrire m’a été donnée par le fait que le texte de Georges Perec avait été mis au programme des concours des grandes écoles scientifiques, je me permets de joindre à cette lettre un document qui me semble soulever des questions tout à fait fondamentales, tant sur le plan philosophique que scientifique.
…Avec la certitude que Georges Perec n’aurait pas supporté l’idée qu’on puisse envisager de résoudre de tels problèmes par la censure.
Veuillez agréer, Monsieur le Professeur, de la part de la Vieille Taupe, mes salutations les meilleures.
Pierre Guillaume
P. J.: Lettre aux académiciens, concernant le Rapport Rudolf.
Cette lettre me valut une convocation du 4ème cabinet de délégations judiciaires chargé d’une enquête préliminaire à la suite de la plainte de quelques professeurs, et finalement une convocation au tribunal, à laquelle je ne me suis pas rendu. L’accusation était insane et rien dans cette lettre ne tombait sous le coup de la loi. Effectivement le tribunal a débouté les plaignants par son jugement du 12 avril 1999, audience à laquelle je m’étais rendu cette fois, pour savourer la déconfiture des misérables philosophes.
Mais le procureur était néanmoins parvenu à obtenir, par le même jugement qui me rendait justice sur ce point-là, ma condamnation à 20.000,00 francs d’amende au titre de l’article 24 bis de la loi Fabius-Gayssot, non pas pour la lettre ci-dessus, mais pour la copie d’une lettre précédemment (octobre 97) adressée aux 39 membres de la section «Chimie» de l’académie des sciences. J’avais joint cette lettre d’autant plus sereinement qu’elle avait déjà beaucoup circulé, et n’avait pas fait l’objet de la moindre inculpation jusqu’à cette condamnation surprise in absentia. J’ai donc fait appel de cette condamnation, et, après plusieurs renvois… Enfin c’est allé en cassation! (La VT n°12, p. 147 à 151)
La chronique judiciaire n’est pas ce qui importe aujourd’hui. Revenons au sujet!
Dans ma lettre j’avais réduit au minimum mon témoignage sur mes discussions avec Georges Perec pour appeler l’attention sur des particularités du texte de W… lui-même où certains passages avaient pu être «cryptés» pour faire comprendre au lecteur attentif exactement le contraire de ce qu’il affectait de dire! Mon témoignage, à l’époque, n’aurait eu aucune valeur, m’aurait fait traiter de fou et de menteur, et pouvait même entraîner procès, amendes et réparations astronomiques de «dommages»… Il fallait donc jouer très serré et faire percevoir à l’état-major de la lutte antirévisionniste que le texte lui-même fournissait des éléments «troublants» à mon argumentation perverse et qu’il valait mieux ne pas donner de publicité à cette interprétation perverse, de crainte de voir le terrible «antisémitisme» tapi au cœur de chaque goy profiter de l’occasion pour bondir (chanson connue).
Mais il y a une raison supplémentaire. Quand j’ai écrit cette lettre en trempant soigneusement ma plume dans l’encrier, j’avais certes commencé à comprendre, mais je n’avais pas complètement compris ce qu’avait voulu m’expliquer Georges Perec. Les choses ne se sont définitivement mises en place dans ma tête que récemment, et l’ensemble des informations qui s’agitaient dans mon cerveau se sont finalement structurées comme un puzzle d’où est né enfin le concept de texte «palindrolatique»
Pause!
Revenons à Georges Perec lors de nos rencontres. Il avait donc lu le Mensonge d’Ulysse. Il avait compris immédiatement combien la Chambre à gaz était la clef de voûte d’un récit holocaustique terrorisant et mortifère dans lequel les Juifs s’enfermaient, et dans lequel son propre entourage était enfermé. À l’époque la «question révisionniste» ne se présentait absolument pas comme aujourd’hui. L’holocauste n’était pas un dogme républicain et l’industrie de l’holocauste n’envahissait pas les médiats et ne bombardait pas en permanence les consciences. J’avais constaté, grâce à ma rencontre avec Édouard Taubé (1960) et ma fréquentation intensive de certains milieux juifs, que la version porno horrifique et unilatérale des persécutions et atrocités réelles subies par les Juifs circulait et envahissait ces milieux. Mais elle y restait confinée. Le matraquage et la culpabilisation ne faisaient que commencer. La chasse au nazi semblait terminée et l’antifascisme n’était pas devenu cette recette permanente de la cuisine politique française. Les tentatives de le ressusciter nous semblaient à l’époque ridicules et vouées à l’échec[3].
Georges Perec ne s’intéressait pas aux «questions techniques». Ni de savoir si des «gazouillages réels» commis dans des circonstances particulières et spécifiques avaient pu être à l’origine de la généralisation mythologique. C’était la question que je me posais à l’époque (1970) et j’essayais, 7 ans avant de connaître l’existence de Faurisson (septembre 1978), de convaincre les proches de la VT de la nécessité de lancer le débat.
«Mais vous ne vous rendez pas compte? Moi je ne peux même pas en parler à mes proches! À personne! PERSONNE!» m’avait répondu Perec.
À l’époque, la VT était en crise (voir l’affiche Bail à céder). Il aurait suffi pour survivre de pactiser avec le gauchisme universitaré et le marxisme littéraire, mais cela nous répugnait. Je ne connaissais pas Georges Perec avant que François Martin, qui tenait la boutique ce jour-là, m’ait dit qu’il était passé pour me voir. Je ne le situais même pas. J’avais entendu son nom. Je n’avais lu aucun de ses livres (dommage car ils sont intéressants). Et j’avais (j’ai toujours) un préjugé plutôt défavorable envers le milieu littéraire (ce que Perec ne méritait pas). J’étais aussi à l’époque assailli de problèmes existentiels divers.
Autant nous nous étions parfaitement compris en discutant certains aspects de l’oeuvre de Rassinier (au fait, je ne suis pas sûr qu’il ait lu autre chose que Le Mensonge d’Ulysse et Ulysse trahi par les siens) et des mécanismes d’auto-intoxication holocaustique à l’intérieur de la «communauté», autant j’ai considéré ses objections à mes projets (j’ai toujours des projets grandioses je le voyais bien au charbon pour casser la baraque) comme des dérobades, et un symptôme de la pusillanimité pratique congénitale des littéraires… Au surplus je ne doutais pas une seconde, en 70 71, qu’il suffirait de lancer le débat pour qu’en quelques années s’ouvre le cœur de Juifs, et qu’ils nous en soient reconnaissants! C’était évidemment ne rien comprendre à certaines réalités que Perec mesurait mieux que moi. Je me souviens seulement qu’il m’a parlé de la pratique du ketmann. J’avais lu Czeslaw Milosz, lui aussi. Accord total. Il était très antistalinien et lucide sur bien des compromissions. Il fut d’accord avec moi que ces compromissions avec le stalinisme devraient au moins interdire à leurs auteurs de réclamer le châtiment éternel de ceux qui s’étaient compromis avec le fascisme. Mais c’était le contraire qui se produisait, comme si les ex-staliniens avaient besoin de la diabolisation éternelle des «fascistes» pour n’avoir pas à se regarder eux-mêmes tels qu’ils avaient été. Mais bien qu’il était conscient de l’usage abusif et faussé de «l’antifascisme» il craignait le pire et finalement la renaissance de l’antisémitisme.
«Avais-je lu tel texte de tel auteur???» Cela n’évoquait rien pour moi, et je me souviens seulement avoir demandé s’il voulait parler de Lévi Strauss, dont je ne connaissais rien non plus en dehors de Tristes Tropiques et de son texte fameux sur le racisme, où il ne tombe pas dans les panneaux de l’antiracisme, ce qui était méritoire.
«Non, aucun rapport!»
Je suis persuadé aujourd’hui qu’il voulait me parler de Léo Strauss. Mais c’est peut-être un souvenir reconstruit. Toujours est-il qu’en tant que révisionniste, persécuté en tant que tel, j’avais eu l’occasion, en dehors de toute doctrine, d’éprouver la situation où il faut écrire en ambiance totalitaire au risque permanent de la répression, et j’avais éprouvé que cette situation conduit spontanément à glisser dans les textes, de façon subreptice, des significations impossibles à mettre en clair. La forme la plus élémentaire de cette écriture un peu particulière est le simple pense-bête que l’on glisse pour soi-même et pour affirmer que l’on ne cède pas. Cela peut n’être même pas destiné à être compris par un tiers. J’avais utilisé cette «technique» comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, dans le n° 8 et dernier des Annales d’histoire révisionniste pour protester, sans rendre le conflit public, contre la censure de fait (bien qu’inconsciente) qui m’était infligée dans le microcosme révisionniste. Ce pourquoi j’ai créé en 1990 la librairie, 12, rue d’Ulm, Paris 5e dix-huit ans après avoir fermé la librairie du 1 rue des Fossés-Jacques, Paris 5e puis fondé la revue LA VIEILLE TAUPE, au printemps 1995.
C’était une leçon que j’avais apprise de Guy Debord: quand on est coincé, quand il n’y a rien à faire, il y a quand même quelque chose à faire, et l’on peut au moins laisser une trace de son refus de la situation telle qu’elle s’impose. Ainsi lorsque Joachim Vital, directeur des Éditions de la Différence, sensible à l’aggravation des délires, exigea que je supprime la contribution de Faurisson au livre Intolérable Intolérance que je prévoyais de publier dans la collection Le Puits et le Pendule, et qu’en conséquence j’ai dû demander à Gaby Cohn-Bendit de supprimer de sa propre contribution les critiques les plus dures qu’il adressait à Robert Faurisson, puisque celui-ci ne pourrait plus répondre…
Il était stratégiquement indispensable de publier ce livre avant que le rouleau compresseur de la censure ne ferme les dernières portes, et rien n’aurait été pire que de mettre en spectacle des tensions et affrontements entre révisionnistes. Je me suis borné à mettre en italique, contrairement aux usages typographiques, les capitales rouges du titre INTOLÉRABLE INTOLÉRANCE et de tous les autres titres de la collection, pour signifier que le directeur de collection n’était pas entièrement libre. Voilà bien un exemple de signe absolument incompréhensible et même indécelable, mais qui peut se révéler utilisable 28 ans plus tard: il suffit d’expliquer cet exemple à l’occasion d’une quelconque conversation littéraire pour évoquer sans le moindre risque le sujet tabou et suggérer que le fait que le 8e et dernier livre de cette collection rouge et noire vient de paraître: «UNE ÉCHAPPATOIRE (À QUELQUES RÊVES PÉRILLEUX)», avec son titre en caractères romains(! ) annonce probablement quelque chose! Et ce livre ne coûte que 20,00 Euros. C’est un bon placement, n’est-ce pas?.
J’avais aussi connaissance d’une bombinette à retardement de ce type placée par Debord dans l’un des numéros de l’Internationale Situationniste et qui n’a pas encore explosé.
Et le fameux palindrome qui constitue le titre du dernier film de Guy Debord: «IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI», m’avait fait découvrir à la fois le mot «palindrome» et la réalité qu’il recouvrait. La succession des lettres est la même, qu’on le lise de gauche à droite, comme en français, ou de droite à gauche, comme en hébreux! Cette prouesse littéraire voulait aussi signifier, dans l’esprit de Debord, qu’il fallait savoir aussi parfois lire un texte dans les deux sens, et que ce texte pouvait parfois ne pas signifier la même chose, selon qu’on le lisait dans un sens ou dans l’autre. C’est bien le cas de «IN GIRUM IMUS NOCTE» et de «LÉON» même si «LÉON NOËL» a la même signification (à l’accent près) dans les deux sens. Mais c’est évidemment la lecture attentive (en 1998) de W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec, qui m’a ouvert les yeux sur les possibilités de la communication subliminale lorsque tout le terrain est occupé par le spectacle de l’ennemi.
Je n’avais pas pris au sérieux Perec lorsqu’il m’avait déclaré qu’il allait faire quelque chose… Et les circonstances de la vie me l’avaient fait oublier pendant 18 ans! C’est pourtant lui qui me l’avait dit: PG = W et il m’avait demandé mon nom.
«Ah! mais cela tombe bien, nous avons les mêmes initiales, et Guillaume se dit William en anglais! Rappelez-vous bien PG = W. J’en ferai quelque chose!» m’avait-il répété devant mes réticences à faire même semblant d’écouter ce qu’il tentait de m’expliquer de ses intentions, qui me paraissaient fumeuses!»
C’est donc plusieurs années après sa mort que j’ai commencé à comprendre ce qu’il avait voulu dire, et qu’il a commencé à agir sur moi… pour commencer. Puis j’ai lu Les Choses, et La Vie, mode d’emploi. J’ai découvert que, tout en relevant de caractères et de styles fort différents, certaines observations recoupaient des observations qu’avait faites Debord. À d’infimes détails, je me suis même demandé s’il n’y avait pas eu une certaine communication entre Debord et Perec, mais les années ont passé. Il faudrait que je relise Les Choses pour documenter cette hypothèse fugitive. Par contre, je suis formel, La Vie mode d’emploi contient plusieurs allusions «subliminales» explicites à la mythologie du NOM (Nouvel Ordre Mondial) et à l’industrie de l’holocauste.
Évidemment Perec ne se posait pas du tout la question révisionniste comme elle semble se poser aujourd’hui. Il avait bien compris la fonction imaginaire de la représentation de la chambre sacrale, et que «les camps» étaient la matrice inconsciente du monde moderne. Mais sur beaucoup de points il restait à l’intérieur de l’univers juif. Il pensait encore à l’époque où il écrivait W... que le grand camp de concentration mondial qu’il voyait à l’horizon du monde moderne serait finalement à direction «fasciste et antisémite». Je ne pense pas qu’il ait imaginé la perspective de la constitution du ghetto de Gaza, ni son bombardement par Tsahal, ni que le sionisme USraélien se porterait candidat à la domination du monde concentrationnaire.
La possibilité d’une lecture «révisionniste» de W…, je l’avais donc découverte en 1998. Mais j’avais déjà explicitement proposé une lecture «révisionniste» des Commentaires sur la société du spectacle dans le n° 5 des Annales d’histoire révisionniste, sans avoir rencontré le moindre démenti de Guy Debord, ni d’aucun situationniste autorisé, et j’avais, depuis la mort de Debord, découvert qu’il avait laissé d’autres traces «littéraires» de ses convictions révisionnistes, et aussi que certaines d’entre elles m’étaient explicitement destinées pour être utilisées le moment venu.
Il y avait aussi eu le cas extraordinaire de Jean-Claude Pressac, et son extraordinaire Les Crématoires d’Auschwitz qui avait tant servi à décrédibiliser les travaux révisionnistes du Professeur Faurisson, mais dont la lecture attentive et scrupuleuse donnait tous les arguments, documents et informations qui permettaient de conclure que finalement c’était Faurisson qui avait entièrement raison, pour peu qu’on le lise attentivement (voir A-t-on lu Pressac? Ou Pressac, mode d’emploi.)
Il ne me restait plus qu’à découvrir que la théorie générale de l’emploi de cette littérature «cryptée» à des fins subversives et révolutionnaires, avait déjà été écrite par ce fameux Léo Strauss, que Perec avait évoqué en vain devant moi, et que Debord connaissait très certainement. Le comble c’est que Léo Strauss a aussi la réputation d’avoir été le Maître à penser de l’équipe de judéo-néocons-ex-trotskistes-sionistes, qui entouraient Georges Bush! Peu importe!
Tout était dit en deux extraits de Léo Strauss. C’était la page 25 du numéro 23 et dernier du bulletin confidentiel de la Vieille Taupe, qui va cesser bientôt d’être confidentiel. Car va s’ouvrir:
la phase «palindrolatique» de la Révélation.
qui a débuté, en ce jour de l'Ascension, par la diffusion du tract suivant à Fréville-en-Gatinais :
«La persécution donne ainsi naissance à une technique particulière d’écriture et par conséquent à un type particulier de littérature, dans lequel la vérité sur toutes les questions cruciales est présentée exclusivement entre les lignes. Cette littérature s’adresse, non pas à tous les lecteurs, mais seulement au lecteur intelligent et digne de foi. Elle a tous les avantages de la communication privée sans avoir son plus grand désavantage n’atteindre que les relations de l’écrivain. Elle a tous les avantages de la communication publique sans avoir son plus grand désavantage la peine capitale pour son auteur. Mais comment un homme peut-il accomplir ce miracle de parler, dans une publication, à une minorité de ses lecteurs tout en demeurant silencieux pour leur majorité? On peut expliquer ce qui rend possible cette littérature par l’axiome suivant: les hommes irréfléchis sont des lecteurs inattentifs, et seuls les hommes réfléchis sont des lecteurs attentifs. C’est pourquoi il suffit pour un auteur qui ne veut s’adresser qu’à des hommes réfléchis d’écrire d’une manière telle que seul un lecteur très attentif pourra déceler la signification de son livre. Mais, objectera-t-on, il peut y avoir des hommes intelligents, lecteurs attentifs, auxquels on ne peut se fier, et qui, après avoir découvert le vrai caractère de l’auteur, le dénonceront aux autorités. De fait cette littérature serait impossible si l’adage socratique selon lequel la vertu est connaissance, et selon lequel par conséquent des hommes réfléchis sont en tant que tels dignes de foi et dépourvus de méchanceté, était complètement faux.»
Ce n’est pas de moi. P.G.
Puisque c’est de Léo Strauss, dans La persécution et l’art d’écrire, Éditions de l’éclat, Paris -Tel Aviv 2003
Les rajouts en rouge sont du lundi 13 avril 2009. Le texte en noir correspond au contenu de la page 25 du Bulletin confidentiel de la VIEILLE TAUPE n°23, et dernier, publié en mars 2008
Et ça non plus:
«Dans un nombre considérable de pays, qui avaient joui pendant environ une centaine d’années d’une liberté de discussion publique pratiquement totale, cette liberté est aujourd’hui supprimée et remplacée par l’obligation de conformer les discours aux opinions que le gouvernement croit utiles ou qu’il soutient le plus sérieusement du monde. Il se peut qu’il vaille la peine d’examiner brièvement les effets de cette contrainte ou de cette persécution sur les pensées aussi bien que sur les actions.
Une grande partie de la population, probablement la grande majorité de la nouvelle génération[4] accepte comme vraies les opinions soutenues par le gouvernement, sinon immédiatement, du moins après quelques temps. Comment ces gens ont-ils été convaincus? Et en quoi le facteur temps entre-t-il en ligne de compte? Ce n’est pas la contrainte qui les a convaincus, car la contrainte n’engendre pas la conviction. Tout au plus lui ouvre-t-elle la voie, en réduisant toute contradiction au silence. Ce que l’on appelle liberté de pensée revient dans un grand nombre de cas et se réduit même en pratique à la possibilité de choisir entre deux ou plusieurs opinions différentes, exposées par la petite minorité d’orateurs ou d’écrivains reconnus publiquement[5]. Si on rend ce choix impossible, la seule espèce d’indépendance intellectuelle dont la plupart des gens soient capables est anéantie, et c’est la seule liberté de pensée importante en politique. Par conséquent, la persécution est la condition indispensable de la plus grande efficacité de ce que l’on peut appeler la logica equina».
Si vous avez trouvé d’où sont tirés ces deux passages, d’où découle tout le programme d’action de la Vieille Taupe, et une partie de ses méthodes de communication, et quel éditeur avait publié discrètement son programme depuis 2003, ou si vous voulez l’apprendre, mettez vous en rapport avec Wilhelm Stein.
Rester fidèle à une bêtise est une bêtise de plus
Vladimir Jankéléwitch
Wilhelm Stein n’existe pas. Ce fut d’abord un pseudonyme parfaitement transparent, utilisé ironiquement par Guillaume Pierre. Je précise, car on a encore le droit de ne pas connaître l’allemand, qu’en cette belle langue, Guillaume se dit Wilhelm, et Pierre, Stein, comme une pierre. Cette dénomination n’a jamais été utilisée pour me cacher.
J’ai mis en exergue une citation de V. Jankéléwitch, parce que c’est à lui que je dois la décision tactique de germaniser pédagogiquement quelques éléments de mon expression. Je ne parle pas l’allemand. Mais j’avais été choqué lorsque, devant moi, au cabinet de philo de la Sorbonne, le susdit avait affecté auprès de Kénize Mourad et d’une autre camarade du groupe «Socialisme ou Barbarie» dont le nom m’échappe, d’être bouleversé et de ne pouvoir supporter d’entendre un mot d’allemand! Puis j’ai mesuré ce que cette attitude avait de perfide et de calculé…; surtout quand Edgar Morin m’a révélé, ainsi qu’à Serge Thion, quel avait été la vie et la «résistance» de Yankele contre les «polissons», dans le Sud-Ouest; et Bela Elek, qu’il lui fournissait, en cachette! toute la littérature philosophique allemande! qu’il affectait d’ignorer! pour s’attribuer le mérite autonome, ou à quelqu’auteur juif, de réflexions incontournables de la pensée allemande!
De fil en aiguille, Wilhelm Stein, judéothérapeute est devenu le surmoi de P.G., la part juive qui n’est plus dupe, de sa personnalité, irréductiblement fidèle aux promesses de sa jeunesse. Toutes les promesses!
Castigat ridendo mores !
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[1] Bien des années plus tard j’ai appris que mon père, né en 1909 il avait 9 ans en 1918, avait fait la même expérience après la première guerre. Il avait objecté en voyant ma blouse brodée, sans parvenir à se faire comprendre. C’est la vie! Et chacun doit faire son expérience, s’était-il dit. Il avait raison. Les expériences désagréables sont les plus formatrices.
[2] Anachronisme, puisque le mot allemand, invariable en français, n’a été créé intentionnellement pour désigner une intervention de la Vieille Taupe dans la dernière phase de la bataille pour la restauration de la liberté qu’en 2006.
[3] Ce que je n’avais pas compris c’est que, précisément parce qu’il pouvait contribuer à détourner de la critique du présent et de la préparation du futur, l’antifascisme était bien utile à certains. C’est parce qu’il était ridicule qu’il connaîtrait un grand essor! L’anti-esclavagisme me semble bien de la même nature et avoir pour fonction principale de détourner la critique de l’esclavage salarié et de faire rêver les candidats à la direction du peuple noir à de mythiques «réparations», au lieu de réfléchir à la réalisation d’une société débarrassée de l’économie spectaculaire marchande, et du salariat.
Le fascisme, comme l’esclavagisme sont des problèmes du passé. Personne n’avait rien oublié, contrairement à ce que prétendent maintenant ceux qui voudraient en instrumentaliser la mémoire. Mais avec la crise de la reproduction du capital, le salariat pourrait se révéler pire que l’esclavage!
[4] «Socrate»: Sais-tu quelque moyen de faire croire cette fable? Glaucon: Aucun, du moins pour les hommes dont tu parles, mais je sais comment cela pourrait se faire pour leurs fils et leurs descendants, et les générations suivantes en général. Socrate: … Je comprends, plus ou moins, ce que tu veux dire.» Platon, République 415 c6-d5.
[5] «La raison n’est autre que le choix.» C’est la thèse centrale de l’Areopagitica de Milton