AAARGH

NOTES



1. Le Talmud est du reste tout imprégné de ce rationalisme. Le célèbre passage concernant la dispute entre R. Eliézer et ses collègues en témoigne. Le miracle, y est-il dit, "ne suffit pas à prouver une vérité". (TALMUD: Baba Mezia, 59.)

2. S. MUNK: Mélanges de philosophie juive et arabe, Paris, 1859, p. 478.

3. Chap. VIII.

4. MUNK: loc. cit.

5. Poème de la Descente de saint Paul aux Enfers, cité par Ernest RENAN Averroës et l'Averroïsme, p. 284.

6. E. RENAN: loc. cit.

7. James DARMESTETER: Coup d'oeil sur l'histoire du peuple juif, Paris, 1881.

8. Pour tout ce qui concerne Ibn Gebirol (Avicebron), son rôle dans la philosophie du Moyen Age et surtout dans les discussions entre Thomistes et Scotistes lire les études de MUNK dans les Mélanges de philosophie juive et arabe, et HAURÉAU: Histoire de la Philosophie scholastique, Paris 1872-1880.

9. GOUGENOT DES MOUSSEAUX: Le Juif, le judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, p. XXV.

10. J. BURCKHART: La civilisation en Italie au temps de la Renaissance, Paris, 1885.

11. Sur Spinoza et l'athéisme, lire la Vie de Spinoza par COLERUS, qui fut de ses adversaires, et parmi les nombreux ouvrages publiés contre Spinoza et l'athéisme au XVIIe siècle, voir le De Tribus impostoribus de KORTHOLT, où revit la légende de l'Averroïsme: voir encore le traité du docteur Musaeus, professeur de théologie à Jene "homme de grand génie", dit le bon Colerus qui "Spinoza pestilentium foetum acutissimis, queis solet telis confodit". On connaît aussi les caricatures diaboliques de Spinoza qui furent publiées avec cette légende: "Signum reprobationis in vultu gerens."

12. GOETHE: Mémoires, liv. XVI, Annales, 1811.

13. Voir ch. VII.--WOLF: Bibl. Hebr., t. IV, p. 639.

14. J'espére le montrer mieux encore dans mon Histoire économique des Juifs, dont le Rôle des Juifs dans la Révolution ne formera qu'une partie.

15. GOUGENOT DES MOUSSEUX: loc. cit.

16. M. MATTER: Saint Martin et le philosophe inconnu, Paris, 1862.

17. On a souvent affirmé que Cagliostro était juif, mais sans apporter à l'appui de cette affirmation des preuves sérieuses.

18. Voir Emile CAMPARDON: Le Tribunal révolutionnaire de Paris, Paris, 1866. -- Procès instruit et jugé au tribunal révolutionnaire contre Hébert et consorts (1-4 Germinal), Paris, an II. -- Léon KAHN: Les Juifs à Paris, Paris, 1889.

19. CAPEFIGUE: Histoire des grandes opérations financières, -- TOUSSENEL: Les Juifs rois de l'Epoque.

20. CRÉTlNEAU-JOLY: Histoire du Sonderbund, Paris, 1850, p. 195.

21. Outre Marx et Cohen, on peut citer Neumayer, secrétaire du bureau de Correspondance de l'Autriche; Fribourg, qui fut un des directeurs de la Fédération Parisienne de l'Internationale dont firent partie aussi Loeb, Haltmayer, Lazare et Armand Lévi; Léon Frankel qui dirigea la section allemande à Paris; Cohen qui fut délégué de l'association des cisariers de Londres au Congrès de l'Internationale tenu à Bruxelles en 1868, Ph. Coenen qui fut, au même Congres délégué de la section anversoise de l'Internationale, etc. -- Voir: O. TESTUT: L'Internationale, Paris, 1871, et L'Internationale au ban de l'Europe, Paris, 1871-1872. -- FRIBOURG: L'association internationale des travailleurs, Paris, 1891.

22. Entre autres Fribourg et Léo Frankel.

23. Il y a encore quatre députés social-démocrates juifs au Reichstag allemand et parmi les jeunes socialistes, collectivistes et communistes anarchistes, on compte de nombreux Juifs. Citons aussi parmi les réformateurs autrichiens, le docteur Hertzka, le promoteur de la colonie de Freiland, essai d'organisation sociale. Voir Théodore HERTZKA: Un Voyage à terre libre, Paris, Léon Chailley, éditeur.

24. En avril 1891, les Israélites révolutionnaires de Londres ont fêté l'anniversaire de la fondation de leur club de Berner Street. "Depuis sept ans déclara l'orateur qui fit l'historique du mouvement social juif, les révolutionnaires juifs ont paru, et partout où il y a des Juifs, à Londres, en Amérique, en Australie, en Pologne et en Russie, il y a des Juifs révoltés et anarchistes." (En parlant de sept ans, il veut surtout parler de la date d'entrée des prolétaires juifs dans le mouvement révolutionnaire.)

25. A Londres se publie un de ces journaux: Der Arbeiter Freund, à New York il s'en publie deux dont l'un quotidien: Die Arbeiter Zeitung, et un hebdomadaire: Freie Arbeiter Stimme; paraît en outre une revue mensuelle, Die Zukunft. Ces journaux et revues sont soit socialistes, soit communistes-anarchistes.

26. Les socialistes juifs de Hollande publient un journal dont le titre est: Ons Blad, organe des socialistes israélites. Les ouvriers socialistes juifs de Galicie publient à Lemberg un journal en caractères hébraïques et en jargon hébraeo-germain: La Vérité.

27. M. Edouard DRUMONT par exemple, dans La France juive, t. 1, p. 34-35. Pour la beauté de sa démonstration, M. Drumont a même imaginé une tribu nouvelle, dont il est le premier à parler: la tribu de Jacob, et il en détermine sans hésiter les caractéristiques bien que, dit-il, «dans l'état actuel de cette science embryonnaire, on ne peut formuler aucune règle précise». Je le crois aisément.

28. C'est à Blois, en 1171, que pour la première fois les Juifs furent accusés d'avoir crucifié un enfant à l'occasion de leur fête de Pâques. Le comte Théobald de Chartres, après avoir soumis l'accusateur des Juifs à l'épreuve de l'eau, épreuve qui lui fut favorable, fit brûler, comme coupables, trente-quatre Juifs et dix-sept Juives. [Note de l'AAARGH: on veut bien croire que c'est vrai, mais pourquoi diable ne donne-t-il pas sa source?]

29. Les Mandéens accusaient les chrétiens de pétrir leurs hosties avec le sang d'un enfant juif, et les Chinois affirment que les missionnaires catholiques égorgent leurs enfants et font des philtres avec leurs coeurs. Certaines émeutes, en Chine, n'ont pas eu d'autre cause.

30. Jephté, sacrifiant sa fille, correspond à Agamemnon immolant la sienne. Aux holocaustes molochistes, répondent les holocaustes bibliques. Cette idée barbare du sacrifice de l'individu à la divinité ou à la collectivité se trouve partout; elle est arrivée à son apogée avec la religion chrétienne qui est la religion du perpétuel sacrifice sanglant, dans laquelle le taureau et le bélier des sacrifices mithriaques sont remplacés par la victime humaine mourant sans cesse, tandis qu'on communie de sa chair et de son sang, dernier vestige symbo]ique du cannibalisme religieux. La théorie du sacrifice est encore puissante dans l'idéologie morale et sociale; il serait curieux de l'étudier comme vestige des pratiques anciennes.

31. La superstition du sang dans l'humanité et les rites sanguinaires, par le Dr Hermann L. STRACK, docteur en théologie et en philosophie, professeur extraordinaire de théologie protestante à Berlin, Munich, 1892. -- F. DELITZCH: Échec et mat aux menteurs Rohling et Justus, Erlangen, 1883.

32. WAGENSEIL: Benachrichtigung Wegen einiger Juden schaft angehend vicht Sachen, Aaltdorf, 1707. Le deuxième mémoire de ce livre a pour titre: Judoeos non uti sanguine christiano: il a d'autant plus d'importance que Wagenseil est extrêmement hostile aux Juifs dont il a publié les livres de polémique dans ses Tela Ignea Satanoe.

33. Les exemples des Juifs magiciens et astrologues sont très nombreux. Dés les premières années de leur séjour à Rome, ils disaient la bonne aventure près de la porte Capéne. Dans la légende de saint Léon le Thaumaturge et d'Héliodore c'est un magicien célèbre juif qui instruit Héliodore. Sédéchias le médecin de l'empereur Louis, volait, dit-on, en l'air. Yéchiel de Paris était renommé par la puissance de ses enchantements: de nombreux Juifs étaient astrologues auprès des princes; encore, au XVIe siècle, le Juif Hélas fut astrologue du dernier visconti. Les Juifs et les Sarrasins de Salamanque s'adonnèrent beaucoup à la magie, c'est par eux que les livres magiques se répandirent; de même à Tolède. Dans le ghetto de Rome jusqu'au XVIIIe siècle, les Juifs vendaient des amulettes et des philtres. Aussi, Trithème raconte-t-il l'histoire d'un Juif qui se transformait en loup et de l'Ancre assimile les Juifs aux sorciers. La légende de Simon le Magicien n'est pas non plus étrangère à cette idée que tous les Juifs sont des magiciens.

34. C'était une croyance grecque que les lares demandaient du sang pour se manifester. On connaît la façon dont Ulysse évoqua Tirésias (Odyssée: Rhapsodie XI) en sacrifiant des victimes dont les ombres venaient boire le sang. De même Cicéron accusa Vatinius d'égorger des enfants pour attirer les mânes avec leur sang. Chez les Celtes aussi, le sang jouait un grand rôle. Quand Wortiger, roi des Bretons, sur le conseil des druides, voulut bâtir au pays des Gals une forteresse pour se défendre des Anglais et des Saxons, Merlin arrosa les fondements de l'édifice avec le sang d'un enfant.

35. Il suffit de rappeler le procès du maréchal de Retz et le maréchal ne fut pas un cas isolé. Jusqu'au XVIIIe siècle on pratiqua encore des messes noires dans lesquelles des enfants étaient sacrifiés. Quant au pouvoir thérapeutique du sang, on y crut longtemps. Louis XV ne fut-il pas accusé par la rumeur populaire de prendre des bains de sang?

36. F. DELITZCH: loc. cit.

37. En 1814 se fonda en Bavière une secte chrétienne appelée "les frères et les soeurs en prières", dont les adeptes sacrifiaient des hommes à Dieu. Le fondateur de cette secte se nommait Poeschl. De même en Suisse en 1815, un certain Joseph Ganz fonda une association semblable, à laquelle il donna le même nom, et dont les membres pratiquaient les mêmes rites.

38. Voir le rapport de Ganganelli, plus tard pape sous le nom de Clément XIV, rapport qui conclut à la fausseté des accusations lancées contre les Juifs, après avoir contrôlé les cas de meurtre rituel qui étaient mis à la charge des Juifs (Revue des Études juives, avril-juin 1889). Il est bon d'ailleurs de faire remarquer que les corps d'enfants qui avaient servi aux opérations magiques n'étaient jamais retrouvés et que les goètes les incinéraient prudemment. [Note de l'AAARGH: ça nous rappelle quelque chose, mais de quoi diable peut-il bien s'agir?]

39. La fréquence des légendes sur les hosties sanglantes montre à quel point le Moyen Age fut matérialiste, tout en produisant les mystiques les plus subtils. Quant aux Juifs accusés de recueillir le sang des hosties, l'accusation est absurde, car jamais le Juif n'a cru à la présence du Christ dans l'hostie. S'il y avait cru, il y a des chances pour qu'il se fût converti. C'était même généralement ce qui arrivait.

40. Anatole LEROY-BEAULIEU: Israël chez les nations, Paris, 1893, p. 72 et suiv.

41. Ch. II.

42. Ch. V.

43. Ch. V.

44. Ch. V.

45. Ch. IX.

46. Otto GLAGAU: loc. cit.

47. Période de fondation.

48. Miss. I. Van ETTEN: «Les Juifs russes comme immigrants», The Forum , n· d'avril 1893.

49. Le kopeck vaut quatre centimes.

50. Léon ERRERA: Les Juifs russes.

51. Habituellement on compare les deux millions de Juifs détenteurs de capitaux (à divers degrés) à la totalité des populations chrétiennes. On néglige la majorité ouvrière des Juifs artisans et prolétaires. Si l'on veut considérer les Juifs comme une nation, nation sans territoire fixe, il faut d'abord examiner s'il n'existe pas chez eux une classe de salariés et une classe capitaliste, ce que je viens de montrer, ensuite rapprocher cette classe capitaliste juive de la classe capitaliste chrétienne. De cette façon seulement on arrivera à une statistique comparative exacte et à une juste appréciation des choses.

52. Voir chap. II et chap. III.

53. E. RENAN: Vie de Jésus, p. 142.

54. M. RENAN évalue le nombre des Juifs romains, sous Néron, à 20 ou 30000. (L'antéchrist, p. 7, note 2.)

55. TACITE: V, 5.

56. ClCERON: Pro FLacco, XXVIII.

57. Ces synodes furent réunis à partir du XII siècle, c'étaient les premières réunions rabbiniques depuis la clôture du Talmud. Jacob Tam (Rabbenou Tam), le fondateur de l'école des Tossafistes, provoqua la réunion de ces synodes, qui délibérèrent sans doute des moyens de résister aux persécutions.

58. JOST: Hist. des Juifs, t. II, Berlin, 1820.

59. Anathème de la communauté.

60. Maurice ARON: Histoire de l'excommunication juive, Nîmes, A. Catélan, 1882.

61. L'Alliance Israélite universelle, fondée en 1860 par Crémieux et qui compte plus de trente mille adhérents souscripteurs, n'a pu qu'accroître la solidarité juive. Le but de l'Alliance est de libérer moralement et intellectuellement le Juif des pays orientaux en fondant des écoles, en outre de pallier à leur oppression et de travailler même à leur émancipation totale.

62. Je ne parte pas là des associations maçonniques; j'emploie franc-maçonnerie, dans le sens général qu' on attribue à ce mot.

63. On peut comprendre plus facilement encore l'antisémitisme économique en étudiant la question chinoise aux Etats-Unis d'Amérique. Minorité de race, de religion et d'aptitudes différentes de celles des Américains, les Chinois puissamment associés, sont de même accusés par les capitalistes de drainer l'or et par les ouvriers de faire baisser les salaires. L'hostilité contre eux tend à provoquer des mesures légales qui les puissent mettre en état d'infériorité, contrebalancer leur influence et diminuer leurs avantages, ainsi le bill contre l'immigration Des mesures analogues ont du reste été prises contre les immigrants allemands et russes.

64. Th . MOMMSEN . Histoire romaine (traduction Cagnat et Toutain) , t. XI , p. 63, Paris, 1889.

65. Il n'est pas question de discuter ici la valeur personnelle de tous ces hommes si différents, mais simplement de rappeler leur action.

66. Dans l'Europe orientale, en Perse, au Maroc, nous avons un tableau approximatif de l'antisémitisme au Moyen Age. Préjugés, législations restrictives, avanies humiliations, massacres, émeutes, expulsions, rien ne manque. Je pense du reste l'avoir montré, pour la Roumanie et la Russie, dans le huitième chapitre de ce livre.

67. Les antisémites allemands reprochent aux Juifs de nourrir des sentiments hostiles à l'Allemagne et de favoriser les intérêts français, mais les antisémites français reprochent à leur tour aux Juifs leur prétendue tendresse pour l'Allemagne. C'est une façon d'affirmer que les Juifs sont étrangers, ou, pour mieux dire, non assimilés.

68. Ch. X.

69. Je parle des Juifs pratiquants, bien entendu.

70. Je rappelle une fois encore que je n'ai en vue que les Juifs de l'Europe occidentale, ceux qui ont été admis aux droits de citoyens dans les divers états qu'ils habitent, et non les Juifs orientaux qui sont encore sous le régime des lois d'exception, en Roumanie et en Russie, comme au Maroc et en Perse.

71. Henry GEORGE: Progrés et pauvreté, Paris, 1887, traduction française.

72. M. TUYAU: L'irréligion de l'avenir, Paris, 1893, p. XIX.

73. M. TUYAU: loc. cit., p. XV.

74. Excepté cependant les patriotes exaltés, ceux qui, en France, sont anglophobes et germanophobes par principe, plutôt que par raisonnement.