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Oradour, un problème français également.
Le cas Oradour a posé, pour la France aussi, un problème important et causé une tragédie d'un genre particulier: un tiers de la 3ème compagnie était composé d'Alsaciens incorporés à la Waffen-SS. Il faut y ajouter la section d'Alsaciens qui avait été placée en sécurité et surveillance devant l'église d'Oradour..
Compte tenu du fait que le retour de l'Alsace à l'Empire Allemand n'a jamais été reconnu par la France, les Alsaciens étaient donc des Français qui avaient combattu côté allemand et avaient participé, en tant qu'exécutants, aux événements d'Oradour. Tragédie pour ces hommes -- et pour la France!
Un autre problème, le fait que quelques Alsaciens de la 3ème Compagnie étaient devenus soldats de l'Armée française, avaient combattu plusieurs années en Indochine, et portaient des décorations françaises! Eux aussi furent amenés à Bordeaux en uniformes français! Ils furent tenus, en prison, sévèrement à l'écart de leurs camarades de la 3ème Compagnie.
Mais en Alsace, apparut bientôt une forte réaction. A l'Assemblée Nationale, les députés alsaciens exigèrent catégoriquement la libération immédiate de tous les Alsaciens incorporés à la Waffen-SS, sous menace de favoriser des développements politiques importants en Alsace -- ouvertement sous-entendu: une agitation indépendantiste.
On mesure la sensibilité de la France, sur ce terrain, au fait que les Alsaciens de la 3ème Compagnie en uniforme français furent immédiatement relâchés. Très réjouissante pour ces jeunes gens, cette libération était tout de même, pour leurs camarades allemands, du point de vue humain comme de celui du droit, une grossjère injustice, car, tout comme les Alsaciens, ils avaient été incorporés à la Waffen-SS.
[44] Le fait qu'environ la moitié de ces hommes avait, au moment des événements, pas encore dix-huit an et n'était donc pas passible de peines, ne fut même pas pris en considération.
L'auteur se renseigna, à Bordeaux, pendant leur détention préventive, auprès des hommes de la 3ème Compagnie, sur la disposition d'esprit dans laquelle se trouvait le Commandant Diekmann à Oradour. Tous furent d'accord pour dire que c'est avec un air de froide et farouche détermination -- manifestement après son entretien avec le maire -- qu'il faisait les cent pas dans la rue principale et que personne ne se serait aventuré à lui désobéir. Ces hommes étaient donc en état de nécessité absolue d'obéir aux ordres, ce dont le tribunal ne tint non plus aucun compte.
Que la guerre est donc cruelle, qui place ces jeunes gens mineurs et innocents dans la tenaille diabolique du cas de conscience et de la nécessité d'obéir! Il n'y a pas d'échappatoire. Aucun d'eux ne se fut trouvé en temps de paix et dans la vie civile, dans une situation aussi épouvantable.
Nécessité d'obéissance aussi pour Diekmann?
L'ordre "Sperrle" semble avoir joué, pour Diekmann, un rôle dans l'incendie et la fusillade d'Oradour. Les hommes de la 3ème Compagnie ont rapporté que, pendant l'incendie, dans presque toutes les maisons, des munitions et des explosifs sautèrent.
L'esprit de détermination et d'entrée en action rapide est placé au premier rang,dans l'ordre "Sperrle". Mot à mot:
"...Ce n'est qu'après ces mesures, ou d'autres semblables, qu'il sera rendu compte." A un autre endroit: "Des mesures sévères ne pourront, compte tenu de la situation du moment, donner lieu à punition."
Cet ordre datait du 3 Février (!) 1944, alors que la résistance contre la puissance d'occupation n'en était qu'à ses débuts! N'aurait-il pas été valable pour la citadelle des maquis français dans le Massif Central?
Par ailleurs, dans l'ordre du LXVlème (66) Corps il est écrit: "...La consigne est donnée d'agir, contre les bandes du Sud de la France, avec la plus grande sévérité, sans aucune complaisance et avec une rigueur impitoyable." (Extraits [45] d'un ordre de l'Etat-Major des Armées).
Voilà les ordres clairs et sans équivoque, qu'il fallait exécuter.
L'appel à la résistance
A ces ordres il faut comparer l'ordre du jour du commandement en chef des F.T.P.F.-Zone Sud (Francs-tireurs et partisans de France = partisans communistes de France), en date du 6 Juin 1944)(8):
On y lit: "L'heure des combats décisifs est arrivée ... L'armée d'Hitler, battue et décimée à l'Est par la glorieuse Armée Rouge, n'est plus que l'ombre de ce qu'elle fut en 1940...
C'est l'heure de la France: ... pour l'expulsion de tous les envahisseurs et l'exécution de tous les traîtres; que tous les hommes valides, jeunes et vieux, prennent les armes; que les femmes et les enfants se mobilisent pour les aider ... Pour une victoire française aux côtés de nos grands alliés, soviétiques, anglais et américains... nous ordonnons... à tous officiers, sous-officiers et soldats des F.T.P.F.:
1 ) Sur chaque territoire, en liaison avec les forces armées intérieures, la mobilisation des hommes valides dans les milices patriotiques; dans les usines, les villes, les villages ...
2) Partout où le rapport des forces le permet -- c'est, depuis ce jour, le cas dans les provinces lointaines de la Savoie, des Alpes, du Massif Central et du Limousin -- de tout entreprendre pour la libération du territoire et faire, de ces actions, la base de la résistance et de l'attaque.
Dans ces régions: Destruction de toute garnison allemande et de toutes unités de la Waffen-SS et de la Milice de Darnand; désarmement et arrestation des policiers, gendarmes et G.M.R. qui refusent de se joindre aux patriotes; déposition de l'administration vichyssoise et retour de tous les pouvoirs aux comités de libération; ouverture des prisons et réarmement immédiat des patriotes en état de porter les armes ... [46]
3) Partout où, pour le moment, l'équilibre des forces n'est pas en faveur des patriotes armés, utilisation de la tactique de guérilla et aide à la reconnaissance du renouveau national ...
... Destruction sans répit des petites garnisons allemandes, des postes de D.C.A., des unités isolées, tuer sans pitié les assassins et crapules de la Milice, où qu'ils se trouvent ...
4) ... Ouverture des rangs F.T.P.F. à des milliers de Français ... En avant ... Pas de pitié ... Pas de pardon ..."
Quand on lit cet ordre du jour, on comprend ce qui s'est passé les 9 et 10 juin, et qu'aussi bien ni Oradour ni Tulle n'étaient de paisibles bourgades.
Du fait que, des deux côtés, ordres aussi sévèrement formulés se faisaient face, il fallait inéluctablement qu'on en arrive à une explosion, comme il en fut à Tulle et le lendemain à Oradour.
Seul le "droit des vainqueurs" permet qu'aucun des crimes des maquisards n'ait, jusqu'à ce jour, été puni par les lois, et que toutes les responsabilités aient été reportées sur les perdants de la guerre et sur le peuple allemand, quoique, incontestablement, la première attaque soit venue des maquisards.
La tragédie de la population d'Oradour.
Les femmes et les enfants ont d'abord été amenés à l'église pour les séparer des hommes; ceux-ci devaient être emmenés comme otages. Il n'a jamais été question d'une "liquidation" des femmes et des enfants. L'église, d'après la déclaration sous serment du Lieutenant-Colonel Matthes, n'a manifestement pas été mise à feu par les Allemands; elle a brûlé, après dynamitage par les maquisards, au milieu de très fortes détonations, qui dégagèrent, aux dires des hommes de la 3ème compagnie, une telle chaleur que la cloche dans le clocher fondit et tomba à terre.
Par ailleurs, Matthes déclare qu'aux dires des femmes d'Oradour, la fusillade près des granges n'a commencé qu'après l'explosion dans l'église.
L'arrestation et l'emprisonnement des hommes dans les granges avait évidemment pour objet la conservation d'otages, avec un effectif de garde minimum. Parmi ces otages, sur ordre de [47] Stadler, on aurait ensuite trié des chefs de maquis pour les échanger contre Kämpfe. Il est possible que Diekmann n'ait appris que plus tard que Kämpfe n'est plus à sauver.
C'est après l'explosion de l'église par munitions détonantes, prise sans doute par les responsables de la garde des otages pour un début de combat des partisans, que l'ordre de tirer a probablement été donné, du côté des granges.
Diekmann ne pouvait imaginer que les maquisards avaient fait sauter l'église, (ce qui ne fut confirmé que plusieurs années plus tard par les déclarations des habitants d'Oradour au Colonel Matthes); c'est la raison pour laquelle, en tant que soldat et chef responsable, il a pris l'ensemble des événements à son compte. Pourquoi les maquisards ont-ils fait sauter les explosifs entreposés dans l'église? Nous ne pouvons qu'émettre des suppositions. Peut-être pour qu'ils ne tombent pas aux mains des Allemands? Ou bien pour faire de l'église en flamme une sorte de fanal appelant au soulèvement populaire contre la puissance d'occupation allemande? Pour attiser la haine contre les Allemands? Toujours est-il que le centre de la France avec la Corrèze et la Dordogne constituaient le centre de l'ensemble de la résistance francaise sous direction entièrement communiste.
Le pire fut la mort tragique des femmes et des enfants qui furent entraînés dans cet immense malheur et moururent dans l'église. Nous autres Allemands, déplorerons toujours ce destin fatal.
Les verdicts du procès d'Oradour.
Le grand procès d'Oradour-sur-Glane se déroula du 13 Janvier au 12 mars 1953, pendant huit semaines donc, devant le Haut Tribunal Permanent des Armées, à Bordeaux, avec un grand déploiement de propagande, devant une foule de journalistes du monde entier. Les Alsaciens relâchés durent également y paraître.
Inutile de souligner qu'il ne s'agissait pas là d'une cour de justice neutre et impartiale, mais d'un "tribunal des vainqueurs" jugeant des vaincus. Parmi les juges du Tribunal Militaire, il eut au moins deux chefs de la résistance en tant qu'assesseur.
Les verdicts, pour raison de politique intérieure furent de deux catégories: [48]
1) -- 43 hommes de la 3ème Compagnie condamnés à mort par contumace.
-- 1 sous-officier allemand, muté de l'aviation à la Waffen-SS condamné à mort par contumace.
-- 1 sous-officier alsacien, engagé volontaire à la Waffen-SS condamné à mort par contumace.
-- Les éléments allemands de la 3ème Compagnie furent condamnés à 8-12 ans de travaux forcés.
2) -- Par contre, les Alsaciens incorporés à la Waffen-SS furent condamnés à 4-8 ans de travaux forcés. Pour faire la différence avec les Allemands, ceux-là obtinrent le sursis.
3) -- Un Allemand fut acquitté.
Alors que les Alsaciens furent relâchés aussitôt après le procès et purent rentrer chez eux, les Allemands durent entamer leurs peines. Après plusieurs réductions de peine, ils furent relâchés quelques mois plus tard.
Les deux condamnations à mort furent, peu après, commuées en réclusion à perpétuité, puis privation de liberté. Ils furent enfin libérés, en 1959, après, depuis 1945, 14 ans de captivité de guerre, enquêtes et détention.
Le procès de Tulle.
Le procès avait eu lieu le 5. 7. 1951. Les verdicts suivants avaient été rendus:
-- Général de Division Lammerding: Peine de mort par contumace.
-- Capitaine Kowatsch du 2ème bureau de la Division: Peine de mort par contumace.
-- Adjudant Hoff, chef de peloton de sapeurs de la Section d'Eclairage: perpétuité.
-- Commandant Wulf, chef de la Section d'Eclairage: 10 ans de travaux forcés et 10 ans d'interdiction de séjour en France. Wulf rentra chez lui, après amnistie et libération en mai 1952. Hoff fut libéré après en cassation, en 1953.
Une mention élogieuse pour les avocats français de la Défense commis d'office, à leur tête avant tout Maître de la Pradelle, qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour assister leurs mandants allemands et alsaciens.
[49] Il y eut encore plusieurs procès dans les années 1951-1953 contre les hommes de diverses unités de la Division "Das Reich" qui entraînèrent des verdicts, des sentences, des condamnations à prison, et des acquittements.
14 ans après la fin de la guerre, en 1959, I'ensemble des procès était clos et tous les condamnés rentrés chez eux.
Eu égard au tragique amalgame entre la faute et la fatalité partagées entre les deux camps, les Gouvernements français et allemand ont, dans un geste de compréhension réciproque, mis en sommeil et classé ce chapitre douloureux et tragique de l'histoire de nos deux peuples. (9)
Pour conclure et avant de terminer, il faut, une fois de plus, reconnaître que le combat des maquisards contre la puissance d'occupation allemande fut mené en violation de l'armistice Franco-Allemand de 1940, en violation du traité de la Haye et en offensant gravement la Convention de Genève pour ce qui concerne le traitement des prisonniers.
L'armée allemande n'avait aucun intérêt à combattre les Français, mais seulement à résister à l'invasion alliée en Normandie Si la France voulait malgré tout, sous la houlette des F.T.P.F communistes, mener à bien sa libération, ceci malgré violation de deux traités internationaux, encore devait-elle compter sur les plus sévères contre-mesures allemandes et les prendre en compte.
Comment la France eut-elle agi dans une situation inverse?
La Divison "Das Reich" n'a jamais porté le premier coup; ses engagements contre les maquisards ne furent toujours que des réactions devant les crimes des maquisards contre les soldats et les civils allemands.
Malgré une étude approfondie des affaires de Tulle et d'Oradour, beaucoup de détails et de conclusions d'investigation n'ont pu trouver place dans cette histoire de la Division.
Dans ce contexte, nous renvoyons au livre de Herbert Taege: "Où est Cain?" (Documents et révélations sur l'affaire de Tulle-Oradour) Editions Askania Lindhorst.
[50]
Suite de la progression vers le front de Normandie.
Toutes les recherches pour retrouver le Commandant Kämpfe étaient restées vaines.
La Division, le Régiment "Der Führer" en tête, continua sa progression vers le front d'invasion sur la nationale 147, par Bellac, Poitiers, puis sur la nationale 10 par Tours, jusque dans la région de La Flèche.
Postface
Il est grand temps que nous écartions définitivement ce dernier obstacle à la réconciliation et à l'amitié de nos deux peuples: cette tragédie franco-allemande de Tulle-Oradour.
Pour ce faire nous acceptons volontiers la proposition de rédacteur de Weltbild, Eugène-Georges Schwarz. Celui-ci, dans son article "Meurtre en masse à Oradour", fait preuve de partialité et ne prend en compte aucun argument à décharge pour les Allemands.
En fin d'article, il propose alors de constituer une commission paritaire franco-allemande qui examinerait objectivement les événements de Tulle-Oradour et leurs préliminaires, ainsi que le déroulement du grand procès d'Oradour de 1953 devant le Haut Tribunal Militaire de Bordeaux, avec déblocage sans réserve de tous les documents contenus dans les archives et concernant Tulle et Oradour.
Ce serait alors la fin de la version des événements telle qu'elle est donnée par le mouvement de résistance communiste, telle qu'elle a été admise sans réserve comme élément constitutif de la propagande alliée et telle qu'elle est encore admise à ce jour. L'équitable répartition des torts contribuerait à l'établissement de la vérité historique, pour le grand bien de nos deux peuples.
Nous n'avons qu'un souhait: que le drame de la population d'Oradour, -- drame qui hélas, n'a pas été le seul dans le monde depuis la fin de la guerre --, ne se reproduise jamais.
[51]
Traité d'Armistice Franco-Allemand du 22 Juin 1940 (extraits)
Entre le Général Keitel, Haut Délégué du Führer du peuple allemand, Commandant en Chef des Armées allemandes d'une part, et les plénipotentiaires du Gouvernement français: Le Général d'Armée Huntzinger, président de la délégation, l'Ambassadeur Noël, le Vice-Amiral Le Luc, le Général de Corps d'Armée Parisot et le Général d'aviation Bergeret d'autre part, l'armistice ci-après a été conclu:
1) Le Gouvernement français abandonne le combat contre l'Empire allemand, en France comme dans ses territoires, colonies, protectorats et mandats, aussi bien que sur mer. Elle donne l'ordre aux troupes françaises, déjà encerclées, de déposer immédiatement les armes.
2) Pour la sécurité des intérêts de l'Empire allemand ...
3) L'Empire allemand use, dans la partie occupée de la France, de tous les pouvoirs de la puissance occupante. Le Gouvernement français s'oblige à soutenir par tous les moyens les décrets pris pour exercer l'usage de ces droits et à faire exécuter ces décrets par son administration.
Le Gouvernement français ordonnera sans délai à toutes troupes et services d'exécuter les ordres du Commandant-en-chef allemand et de collaborer correctement avec lui.
.......................................
4) Les forces Armées Françaises, terrestres, maritimes et aériennes seront immobilisées sur place et désarmées dans un délai restant à préciser. Ne seront exceptées que les troupes nécessaires au maintien de l'ordre intérieur
......................................................
5) En garantie de l'observation de cet armistice ....
[52].....................
6) Les armes, munitions et matériels de guerre restants ................
7) En territoire occupé, toutes les fortifications, terrestres ou côtières .......................................
8) La flotte de guerre française ...
9) Le Haut-Commandement Français ....................
10) Le Gouvernement français s'oblige à n'entreprendre, à l'avenir, aucune action hostile contre l'Empire allemand, à partir d'un élément quelconque des forces armées qui lui restent. De même, le Gouvernement français empêchera le départ à l'étranger de membres de l'Armée française ainsi que le transfert de matériels quelconques, navires, avions, etc, vers l'Angleterre ou tout autre pays.
Le Gouvernement français interdira à ses ressortissants de combattre, au service des pays encore en guerre avec l'Empire allemand, contre ce dernier.
Les ressortissants français qui contreviendraient, seront considérés, par les troupes allemandes, comme des francs-tireurs.
11) -20) Des mesures complémentaires pour la réglementation de l'armistice ................................
21) Le Gouvernement français répond de la sécurité ...........
Le Gouvernement français est tenu à réparation pour toutes destructions, dommages ou enlèvements contrevenant au présent traité.
22) Une commission d'armistice règle et surveille l'accomplissement du traité d'armistice; elle agira sur les indications du Haut-Commandement allemand. La commission d'armistice veillera en outre à assurer la concordance du présent traité avec l'armistice franco-italien. Le Gouvernement français placera, auprès du siège de la commission d'armistice allemande une délégation, pour la présentation des desiderata français et la prise en considération de ceux-ci par la commission. [53]
23) Ce traité entre en vigueur ........................
24) Le traité d'armistice est valable jusqu'à la conclusion du traité de paix. Il pourra être résilié à tout moment, avec effet immédiat par le Gouvernement allemand, si le Gouvernement français ne remplit pas les obligations qu'il a acceptées dans le présent traité.
Ce traité d'armistice a été signé dans la forêt de Compiègne le 22 juin 1940, heure d'été allemande: 18 h 50.
signé:Huntzinger
signé: Keitel
Remarques:
Nous n'avons extrait du traité d'armistice que les paragraphes de quelque importance pour le combat de l'Armée allemande, au sein de laquelle la 2ème SS Panzerdivison "Das Reich" s'est battue contre la résistance française, au printemps et pendant l'été 1944.
Les parties en vedette en 10) et 21) l'ont été pour expliciter la situation de droit dans laquelle se trouvaient les éléments de troupe engagés.
La commission d'armistice franco-allemande était, encore en 1944, en pleine activité, puisqu'on n'en était jamais arrivé au traité de paix. Cette constatation rend d'autant plus remarquable le fait que les autorités françaises voulaient faire intervenir la commission d'armistice à propos de Tulle et Oradour, alors que c'était justement les combattants de la résistance qui avaient violé cet armistice de façon éclatante.
D'après le paragraphe 10) de ce traité, même les deux divisions blindées françaises mises sur pied par les Américains, qui débarquèrent en France et attaquèrent la Wehrmacht, étaient, d'après le droit international en vigueur, des "francs-tireurs".
O. W.
[54]
Règlement sur les lois et usages de la guerre sur terre. (Convention de la Haye. 18 octobre 1907
Première Section: Les belligérants.
Chapitre 1: Le concept de belligérant.
Article 1.
Les droits et les devoirs de la guerre ne sont pas uniquement applicables à l'armée, mais aussi aux milices et aux corps de volontaires, s'ils réunissent les conditions suivantes:
1) Que quelqu'un soit à leur tête, qui soit responsable pour ses subordonnés,
2) Qu'ils portent un signe distinctif reconnaissable de loin
3) Qu'ils portent ostensiblement leurs armes
4) Qu'au cours de leurs activités, ils respectent les lois et usages de la guerre.
Article 2.
La population d'un territoire non occupé qui, à l'approche de l'ennemi, prend les armes de son propre chef pour combattre les troupes d'invasion sans avoir le temps de s'organiser comme le veut l'article 1, sera considéré comme belligérante si elle porte ostensiblement ses armes et se conforme aux lois et usages de la guerre.
Article 3.
La force armée des belligérants peut comporter des combattants et non-combattants. En cas de capture par l'ennemi, les uns et les autres ont droit au traitement de prisonniers de guerre.
Chapitre Il:
Les prisonniers de guerre.
Article 4.
Les prisonniers de guerre sont sous l'autorité du gouvernement ennemi mais non pas sous l'autorité des personnes ou des unités qui les ont capturés. Ils doivent être traités avec humanité. Tout ce qui leur appartient personnellement reste leur propriété, à l'exception des armes, des chevaux et des écrits militaires.
Article 5 à 19.
Autres droits et devoirs des prisonniers de guerre.
Chapitre III: Les malades et les blessés.
Article 21.
Les devoirs des belligérants, en ce qui concerne le traitement des malades et des blessés, sont définis par la Convention de Genève.
Article 22.
Les belligérants n'ont pas de droits illimités dans le choix des dommages à infliger à l'ennemi.
Article 23.
Outre les interdits édictés par des traités spéciaux, sont prohibés notamment: a) L'utilisation de poison ou d'armes empoisonnées. b) Le meurtre ou la blessure par traîtrise d'un ressortissant civil ou militaire. c) Le meurtre ou la blessure d'un ennemi qui dépose les armes ou se trouve désarmé, qui s'est rendu, que ce soit de gré ou [56] de force. d) L'utilisation d'armes, de munitions ou de matières capables de causer des souffrances inutiles. e) L'emploi abusif du drapeau parlementaire, du drapeau national, des insignes militaires ou de l'uniforme de l'ennemi, ainsi que de l'insigne de la Convention de Genève.
Article 40
Toute atteinte grave au traité d'armistice, par l'une des parties donne à l'autre le droit de le dénoncer et, en cas d'urgence, de reprendre les hostilités.
Remarques:
Le Haut-Commandement Allemand n'a jamais considéré les maquisards comme des belligérants, mais, conformément au traité d'armistice, comme "francs-tireurs".
Même si le Général Eisenhower a déclaré les groupes de résistance française "partie inhérente des Forces Françaises de l'Intérieur", cette déclaration resta internationalement sans effet, ayant été faite unilatéralement et n'ayant jamais été reconnue du côté allemand.
Cependant, même si le mouvement de résistance s'était considéré comme "partie inhérente des Forces Françaises de l'Intérieur", et se fût trouvé sous commandement unifié, il n'a pas porté de "signe distinctif reconnaissable de loin". Il n'a pas porté "ostensiblement ses armes". Il n'a en aucun cas respecté les "lois et les usages de la guerre". Au contraire, il a, la plupart du temps, agi de façon inhumaine. Les soldats allemands tombés aux mains des maquisards n'ont en aucun cas été traités en "prisonniers de guerre", mais ont trouvé au contraire, une fin horrible. Ils ont été, contrairement aux stipulations de la convention de Genève, continuellement sous l'autorité des personnes ou des unités qui les avaient capturés.
En contradiction avec l'article 23, les maquisards communistes se rendirent coupables de:
[57] "Assassinat de ressortissants civils et militaires allemands (blessés allemands brûlés vifs dans une ambulance, meurtre de 4 gendarmes de prévôté, assassinat de 64 Allemands membres du personnel ferroviaire et du service de santé, rien que dans la région de cantonnement de la division "Das "Reich").
[58]
Transcription d'extraits du recueil des Lois du Reich 1, 1934 (p. 227 à 254).
Convention sur le traitement des prisonniers de guerre du 27 juillet 1929 (Convention de Genève) (traduction)
Le Président allemand, etc, etc ....
Sachant qu'il est du devoir de toute Puissance d'atténuer l'inévitable cruauté de la guerre et d'adoucir le sort des prisonniers de guerre,
Poussé par le désir de développer les principes des Conventions Internationales de la Haye, en particulier la Convention sur les Lois et Usages de la Guerre et prenant pour base les status qui en ont découlé,
ont décidé dans ce but de conclure une convention et ont désigné, pour ce faire, leurs plénipotentiaires: ... etc, etc ...
Titre Premier: Stipulations générales
Article 1
Cette convention s'applique, sans préjudice des stipulations du titre VII à:
1) Toutes les personnes désignées aux articles 1, 2, 3 de l'annexe à la conventions de la Haye du 18. 10. 1907, concernant les lois et usages de la guerre, qui ont été faites prisonniers de guerre ...
Article 2
Les prisonniers de guerre seront placés sous l'autorité de la puissance ennemie et non sous l'autorité des personnes ou des unités qui les ont capturées.
Ils doivent, en tout temps, être traités humainement et protégés contre toute brutalité, outrage ou curiosité publique. Toutes représailles à leur encontre sont interdites. [59]
Article 3
Les prisonniers de guerre ont droit au respect de leur personne et de leur honneur. Les femmes seront traités avec tous égards dus à leur sexe.
Les prisonniers conservent tous leurs droits de citoyens.
Article 4
L'Etat sous l'autorité duquel se trouvent les prisonniers de guerre (Etat détenteur) est tenu de subvenir à leurs besoins.
La discrimination dans le traitement des prisonniers de guerre n'est permise que s'il s'agit d'améliorations basées sur le grade, l'état physique ou moral, l'aptitude professionnelle ou le sexe.
Titre Deux
La capture des prisonniers
Article 5
Tout prisonnier de guerre doit, sur interrogation, décliner son identité véritable, son grade et son matricule.
S'il refuse, les améliorations propres à sa catégorie pourront lui être refusées.
Aucune coercition ne sera exercé contre un prisonnier de guerre, pour obtenir des renseignements sur la situation de son armée ou de son pays.
Les prisonniers de guerre qui refusent de donner un renseignement ne seront pas maltraités ni ne subiront aucun préjudice d'aucune sorte.
Si un prisonnier de guerre, par suite de son état physique ou moral, n'est pas en mesure de veiller sur sa propre intégrité, il sera remis aux services de santé.
Article 6
Toutes les affaires personnelles et d'usage courant, hormis les armes, les chevaux et les documents militaires, resteront, tout comme les casques et les masques à gaz, propriété des prisonniers de guerre.
[60] L'argent en possession des prisonniers de guerre ne peut leur être enlevé que sur ordre d'un Officier, et après détermination du montant. Un reçu sera délivré. Les prisonniers devront être crédités de ces montants.
Pièces d'identité personnelles, insignes de grade, décorations et affaires de valeur ne sauraient être soustraits aux prisonniers de guerre.
Remarques.
Tous les titres, chapitres et articles suivants traitent en rapport avec prescriptions générales, des particularités de la captivité comme le rapatriement, les camps de prisonniers et leur aménagement, la nourriture et l'habillement, les soins médicaux, les besoins spirituels des prisonniers, la discipline dans les camps etc, etc, qui n'ont pas d'importance dans le contexte présent.
Conclusion.
En résumé, on peut dire que les maquisards communistes, qui ont entrepris le combat contre la division "Das Reich", ont contrevenu aux articles 1, 2 et 3 des prescriptions générales de cette convention.
[61] -- Bibliographie--
Dr. Hans Luther, La Résistance française contre la Puissance d'Occupation allemande et sa destruction (Institut fur Besatzungsfragen, Tübingen).
Albert Stückler, Stückler Bericht (Le rapport Stückler), Archives fédérales et archives militaires à Fribourg.
Hubert Taege, Où est Cain? -- Révélations et documents sur l'affaire de Tulle-Oradour, AskaniaVerlag, Lindhorst, 1981.
Otto Weidinger, Division das Reich - Der Weg der 2. SS-Pz.Div. "Das Reich" (L'itinéraire de la Division-mère de la Waffen-SS, tome V (Munin-Verlag GmbH, Osnabrück, 1982.
Sadi Schneid, SS-Beutedeutscher (Pérégrinations d'un Alsacien), Askania-Verlag, Lindhorst, 1979) .
Annexes:
Le Traité d'Armistice franco-allemand du 22 juin 1940 (Extraits).
Réglementation des Lois et Usages de la Guerre sur Terre du 18 Octobre 1907 (Convention de la Haye), (Extraits).
Accord sur le traitement des prisonniers de guerre du 27 Juillet 1929 - (Convention de Genève). - traduction et transcription d'extraits.
[62] L'auteur
Otto Weidinger fut le dernier Chef des Corps du SS-PanzerGrenadier-Regiment "DF" de la 2ème Panzer-Division "Das Reich".
Pendant les six ans et demi de sa captivité de guerre, il fut extrait, par les Américains, du camp spécial de Dachau en août 1947 et livré à France. Il resta jusqu'en 1951, donc trois ans et demi en détention préventive près du Haut Tribunal Permanent Militaire de Bordeaux. Au cours de nombreux interrogatoires, il a fait ses déclarations au sujet de Tulle à Oradour, dans la mesure où il a pu reconstituer les faits qu'il a vécus, ayant été détaché, à l'époque, à l'Etat-Major du régiment "DF", au titre de "responsable de l'information".
N'étant pas, dans l'affaire de Tulle-Oradour, en position d'accusé, il fut présenté à la justice dans un procès sommaire, avec 50 de ses camarades, avec comme seul chef d'accusation: appartenance volontaire à la Waffen-SS en tant qu'"association de malfaiteurs". Il fut acquitté de ce chef d'accusation, avec tous ses camarades, par le tribunal militaire, le 19. 6. 1951 et libéré de sa captivité en France le 23. 6. 1951.
Depuis son rapatriement, il a publié, les années suivantes, l'histoire du Régiment "DF", sous le titre: " Camarades jusqu'à la fin, (1962, K.W. Schütz-Verlag K. G., Preuss. Oldendorf) et l'histoire en six volumes de sa Division, sous le titre: "Division "Das Reich" (1967-1982 Munin-Verlag GmbH, Osnabrück).
Il a aussi pris position, dans de nombreuses publications et répliques à des articles de presse, à propos de "l'affaire de Tulle-Oradour" .
NOTES
(1) Werner Haupt: Retraite à l'Ouest. Motorbuch-Verlag, Stuttgart.
(2) Docteur en droit Hans Luther: La résistance francaise contre les troupes d'occupation allemandes, pages 76 à 78 (Institut für Besatzungsfragen, Tübingen).
(3) Sadi Schneid: SS-Beutedeutscher -- Weg und Wandlung eines Elsässers, (Askania Verlag, Lindhorst,1979, page 7).
(4) Herbert Taege: Où est Cain? Révélations et documents sur l'affaire de Tulle-Oradour. (Editions Askania, Lindhorst, 1981) page 231.
(5) délivrés la veille.
(6) Auteur du livre: Où est Cain? (Editions Askonia, Lindhorst), dans un rapport "der Freiwilige"; (Edition Munin, Osnabrück, N· 9/83).
(7) Herbert Taege: Où est Cain?, page 304.
(8) Hubert Taege: "Où est Cain?" page 217.
(9) La relation des événements de Tulle et Oradour a été approfondie et complétée par Herbert Taege, d'après les documents laissés par le Général Lammerding, et les résultats d'enquête les plus récents.
FIN 3/3
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Cet ouvrage, publié vraisemblablement en 1985, ne comporte aucune mention d'éditeur, de date, de copyright ou d'imprimeur. Rédigé en allemand, il a été très probablement traduit en français par un Allemand. Nous en avons corrigé les fautes d'orthographe les plus gênantes, mais nous avons laissé intactes les tournures incorrectes. Pour s'assurer des propos de l'auteur, il vaut mieux vérifier sur le texte original allemand.
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