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Le Monde, 19 janvier 2000, p. 1.

David Irving, ce révisionniste qui se proclame "fasciste moderne"


LONDRES

de notre correspondant

 


D'un côté, l'un des chefs de file des négationnistes des chambres à gaz, David Irving, «historien» du Troisième Reich, pourfendeur de ce qu'il appelle l'«industrie de l'Holocauste» [NOTE DE L'AAARGH: The Holocaust industry est le titre du dernier livre de l'exterminationniste anti-goldhagenien Norman Finkelstein. C'est une expression utilisée couramment en américain, de même que shoah-business, pour désigner les p'tits geschaft-geshaft que font nos amis les juifs avec les souffrances de leurs coreligionnaires. Il n'y a guère que les imbéciles français pour croire que l'emploi de ce terme est un crime contre l'humanité. La semaine dernière, David Cesarini, historien exterminationniste, consacrait un article dans le Times cde Londres à l'holocaust-industry. Nous avons le texte.]. De l'autre, Deborah Lipstadt, professeur d'études juives contemporaines et de la Shoah à l'université d'Emory, à Atlanta, auteur du livre Démenti de l'Holocauste, un assaut contre la vérité et la mémoire,[texte anglais intégral sur le site de l'aaargh : Denying the Holocaust] et son éditeur Penguin Books. Le procès qu'intente le premier à la seconde pour diffamation passionne l'Angleterre. L'éditeur Penguin place l'affaire dans la même catégorie que deux autres causes célèbres, l'Amant de Lady Chatterley de D. H. Lawrence ou les Versets sataniques de Salman Rushdie.

Deborah Lipstadt accuse Irving d'avoir «applaudi à l'internement des juifs, dans les camps de concentration», d'être «un partisan d'Hitler qui déforme les documents pour parvenir à des conclusions historiquement intenables, notamment celles qui excusent Hitler». Irving, qui se défend sans avocat, se dit victime d'un «complot à l'échelle internationale», fomenté par la communauté juive et destiné à l'abattre. Derrière son interdiction de séjour en Ausralie, au Canada et dans plusieurs pays européns, et les poursuites pour incitation à la haine raciale dont il est l'objet en Allemagne, il croit distinguer l'influence des organisations juives américaines, en particulier la Ligue contre la diffamation du Bnai Brith. Quelques nazillons du British National Party, la formation d'extrême droite anglaise, sont présents aux audiences pour encourager un écrivain qui se qualifie de «fasciste moderne».

Auteur de plusieurs ouvrages sur le Troisième Reich, David Irving ne conteste pas l'«assassinat de un à quatre millions de juifs lors de la deuxième guerre mondiale», mais il met en doute l'existence des chambres à gaz. «Je ne vois aucune raison de traiter le sujet de l'Holocauste avec des pincettes. C'est une légende. C'est ridicule quand on sait qu'il ne s'agit que de camps de travail où beaucoup de gens sont morts», ajoute-t-il. La presse a révélé q'un autographe du Führer figure sur son bureau et qu'il sert les cocktails de ses invités dans des verres décorés de croix gammées.

Plusieurs facteurs expliquent l'énorme intérêt que suscite dans les médias ce procès à grand spectacle. Le projet du gouvernement Blair d'établir une «Journée de l'Holocauste» et la mise à l'étude par l'Imperial War Museum, avec l'aide du centre de la Shoah de Manchester, d'une aile consacrée au drame des juifs dans l'Europe occupée ont provoqué une vive polémique dans ce pays à l'origine de la controverse sur les fonds suisses en déshérence.

«Ne peut-on pas dire aux juifs de Manchester qu'on en a assez de leur histoire d'Holocauste et qu'ils sont trop âpres au gain à notre goût», écrit par exemple, dans l'Evening Standard, le journal du soir londonien, le chroniqueur Brian Sewell. Les organisations juives espèrent que la publicité entourant ce procès va permettre de faire taire pareils commentaires.


Marc Roche

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Commentaire de l'aaargh

Il faut être soit un imbécile illettré soit un idéologue impuni pour donner à entendre que l'historien David Irving, dont les trente-cinq livres d'histoire sont dans toutes les bibliothèques anglaises, serait, sous une fome ou sous une autre, un "fasciste". Le Monde de l'an 2000 ressemble comme deux gouttes d'eau à l'Humanité de 1950. Comment ce journaliste véreux, qui met des guillemets à "historien", va-t-il pouvoir continuer à rendre compte d'un procès qui va durer trois mois et qui "passionne l'Angleterre". Est-ce que les Anglais sont aussi des "fascistes modernes"? A-t-on besoin d'une "Journée de l'Holocauste" alors qu'il y en a déjà 364 autres chaque année? Et la "connerie moderne", à qui l'attribuer?

 

 


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