Un livre révisionniste niait le massacre des
habitants du village de Haute.Vienne par les troupes allemandes.
Le ministre de l'Intérieur vient del'interdire.
Sur "400 pages grand format", illustrées de "nombreuses photos et documents" le livre se proposait de faire la "vérité" sur le massacre d'Oradour et "un demi- siècle de mise en scène". Rien n'avait été négligé pour assurer la publicité de ce nouvel avatard du révisonnisme. En mai dernier, un tract promotionnel avait été adressé aux notables et institutions du département de la Haute-Vienne, provoquant l'émoi et l'indignation.
La municipalité d'Oradour, l'Association des familles des martyrs, puis le conseil général avaient aussitôt demandé la saisie et l'interdiction de la publication. En juin, le ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, avait saisi le garde des Sceaux pour que des poursuites soient éventuellement menées contre son auteur.
Un arrêté du ministère de l'Intérieur a été publié au "Journal officiel" interdisant la circulation, la distribution et la mise en vente d'un ouvrage qui" constitue une provocation à l'égard des victimes des crimes de guerre nazis commis à Oradour-sur-Glane" et "fait courir un risque à l'ordre public".
Dans le même temps, on apprenait qu'un tribunal du Brandebourg (est de l'Allemagne) avait remis en liberté Heinz Barth, lieutenant nazi de 76 ans, qui avait participé au massacre d'Oradour. Condamné à la prison à vie, il a été libéré en raison de son âge, de son mauvais état de santé et des regrets qu'il a exprimés pour ses actes.
L'auteur, Vincent Reynouard, un professeur de mathématiques de 27 ans, a été exclu en avril de l'Education nationale pour avoir notamment stocké sur l'ordinateur du lycée professionnel de Honfleur des documents niant l'Holocauste. Appliquée au massacre d'Oradour, perpétré le 10 juin 1944 par la division SS "Das Reich", la démarche visait à exonérer la Waffen SS en particulier et l'Allemagne nazie en général de toute responsabilité dans l'assassinat des 642 habitants de la cité (sic; le Grand Robert électronique donne comme définition du mot cité: considéré sous son aspect juridique, la communauté politique. 4. Cour. (du sens 2). Ville importante considérée spécialement sous son aspect de personne morale, mais parfois sous son aspect concret. MEME POUR LA DESCRIPTION DES REALITES LES PLUS ORDINAIRES, LE JOURNALEUX BEGAIE DU CERVEAU). Elle substitue à la vérité historique la thèse d'un complot des autorités de la République (QUE NOUS SACHIONS - MAIS NOUS NE SOMMES QU'HISTORIEN - IL N'YA PLUS DE REPUBLIQUE EN FRANCE DEPUIS JUIN 1940; LE 10 JUIN 1944, DEUX POUVOIRS POLITIQUES S'AFFRONTAIENT EN FRANCE: L'ETAT FRANCAIS, FONDE PAR LA DELEGATION DE POUVOIR DU PARLEMENT DE LA IIIe REPUBLIQUE AU MARECHAL PETAIN, ET LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE DU CFLN (Conseil français de libération nationale), AUTOPROCLAME LE 26 MAI 1944) pour falsifier les événements, et use des méthodes habituelles en la matière amalgame, mensonges, calomnie et affabulations. A Oradour, les SS, est-il soutenu en substance, auraient été attaqués, tandis que la Résistance (des maquisards espagnols) aurait entreposé dans l'église des armes et des munitions dont l'explosion aurait causé le massacre.
Publié par une maison d'édition d'Anvers, vendu 190f par correspondance, le livre se présente comme le fruit d'un "collectif de libres chercheurs" animé par Vincent Reynouard. Il reprend en fait la plus grande partie des thèses développées par Otto Veidinger, ancien officier de la "Das Recih", dans Tulle et Oradour, une tragédie franco-allemande, déjà interdit par arrêté en 1991.
Reynouard se targue d'une enquête de sept ans. Effectivement, le jeune révisionniste a sollicité aussi bien les pompiers de Honfleur que des habitants de la région d'Oradour et des survivants du massacre. "Mais bien sûr, il n'a jamais indiqué le but qu'il poursuivait", explique Jean-Marcel Darthout, président de l'Association des familles des martyrs d'Ordadour-sur-Glane, que les SS avaient laissé pour morts dans une grange au milieu des cadavres des hommes du village (DE QUOI PEUT-IL BIEN S'AGIR? LES MARTYRS NE SERAIENT PAS LES MORTS, MAIS D'AUTRES INDIVIDUS, "laissés pour morts"? ET LES MORTS ALORS, ON SE FOUT DE LEUR MEMOIRE?). "Il a interrogé un autre rescapé de ce massacre et fini par trouver une variation d'un quart d'heure entre son récit et mon témoignage, publié par France-Soir en 1945 (AH VOILA L'EXPLICATION: QUICONQUE CONTESTE UN "DOCUMENT" PUBLIE PAR FRANCE-SOIR DOIT ETRE PUNI; QUI A DIT, LE 18 SEPTEMBRE, QUE FRANCE-SOIR AVAIT PUBLIE UNE FAUSSE PHOTO DE LA PRINCESSE DE GALLES MOURANTE?) C'est dire le niveau de l'argumentation... (TOUT LECTEUR DE ROMANS POLICIERS SAIT QUE LE QUART D'HEURE MANQUANT EST TOUJOURS CELUI DU CRIME, MAIS BIEN SUR, LES CRIMES DE GUERRE N'ONT PAS A ETRE ETUDIES COMME LES CRIMES CONTRE LES PARTICULIERS. QUELLE IDE DIABOLIQUE ET REPUGNANTE, QUAND MEME, CONFRONTER DES TEMOIGNAGES...).
D'autres sources, contactées à visage découvert, elles, sont invoquées par l'auteur qui remercie notamment Robert Faurisson de lui avoir "ouvert ses archives". Plus inquiétant, les instigateurs de cette offense à la mémoire d'Oradour ont joué à plusieurs reprises de la provocation pour assurer leur publicité (C'EST VRAIMENT REPUGNANT; DEPUIS QUAND A-T-ON LE DROIT, DANS CE PAYS, DE RECOURIR A D'AUTRES MOYENS DE PUBLICITE QUE CELLE QU'ON PAIE DANS LA PRESSE?). L'un des "chercheurs" s'est ainsi rendu aux cérémonies commémoratives du 10 juin dernier.
"Avant les dépôts de gerbes, il a voulu intervenir. Je lui ai dit de déguerpir. Les gendarmes l'ont contrôlé. Et il est parti se faire pendre ailleurs", (QUEL DOMMAGE QUE LA PEINE DE MORT N'EXISTE PLUS EN FRANCE; JE FAIS APPEL ICI, SOLENNELLEMENT, AU MINISTRE DE l'INTERIEUR ET A SON AMI LE GARDE DES SCEAUX, POUR QU'ELLE SOIT RETABLIE CONTRE TOUS CEUX QUI NE DISENT PAS COMME EUX) raconte Jean-Marcel Darthout. L'Association n'a pas porté plainte (CONTRE UN TROUBLE PAREIL? C'EST D'UN LAXISME CRIMINEL, N'AYANT PAS PEUR DES MOTS) "Pour une seule raison. Nous ne voulions pas offrir à ces gens-là la tribune d'un procès. Les morts d'Oradour n'ont pas besoin de ça." (DE QUOI LES MORTS ONT-ILS BESOIN EN GENERAL?)
Arnaud Lévy
Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <aaarghinternational@hotmail.com>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.
Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.
Nous nous plaçons sous
la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits
de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19
<Tout individu a droit à la liberté d'opinion
et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être
inquiété pour ses opinions et celui de chercher,
de recevoir et de répandre, sans considération de
frontière, les informations et les idées par quelque
moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme,
adoptée par l'Assemblée générale de
l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.