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| Bonne Année. Bienvenue aux nouveaux lecteurs. A titre exceptionnel et en raison des nécessités de l'actualité, nous republions, avec quelques remarques supplémentaires, nos communiqués du 10 et du 18 mars 1998 concernant l'affaire Roland Dumas. On sent bien que la presse hésite et que les journalistes ont tendance à s'oublier dans leurs pantalons. Il faudra bien, à un moment donné, river les clous. |
La justice d'abord, la presse ensuite s'intéressent à
M. Roland Dumas, président du Conseil constitutionnel (les
membres y sont nommés), pendant dix ans ministre des Affaires
étrangères sous la présidence de François
Mitterrand, avocat mondain fort connu, spécialiste, entre
autres, des successions d'artistes, marié dans la riche
bourgeoisie bordelaise. Il est également président
de la fondation Mitterrand qui a, semble-t-il, pour charge principale
d'archiver les papiers de l'ancien président.
Il est soupçonné d'avoir été le destinataire
d'une fraction non encore évaluée des énormes
quantités d'argent détournées par la direction
de l'entreprise pétrolière d'Etat, Elf, pour des
fins de corruption. S'il faut en croire la presse, les juges d'instruction
n'auraient pas en main la preuve qu'il a reçu une fraction
de cet argent. Il est assuré en revanche que l'une de ses
maîtresses, Mme Deviers-Joncour, a servi, elle, de récipiendaire
à des sommes très importantes, plus de 50 millions
de Francs, hébergées sur des comptes suisses. Elle
a été mise en prison pendant plusieurs mois à
la fin de 1997. Elle a écrit ensuite un livre qui donne
sa version des affaires de corruption pour lesquelles elle a été
recrutée par la compagnie Elf. Le principal manipulateur
des fonds, M. Sirven, employé d'Elf pour ses activités
politiques occultes, a disparu depuis l'été 1997.
La presse de décembre 1998 a révélé
qu'il n'avait pas jusque là fait l'objet de recherches
actives. On ne sait s'il faut attribuer ce surprenant laxisme
à des protections politiques occultes ou à l'ineptie
des bureaucraties, tant françaises qu'internationales.
Avec une belle unanimité qui fait sentir l'odeur d'une
campagne bien orchestrée, la presse donne à penser
que Roland Dumas aurait reçu de l'argent, et l'aurait reçu,
qui plus est, sur son compte en banque à Paris. Cette affirmation
est tellement imbécile que nous devons tout de suite chercher
quel est le véritable but de la manoeuvre.
Il faut commencer par rappeler qui est Roland Dumas, non pas l'homme
ou l'avocat, mais chercher dans la fonction très spéciale
qu'il a remplie depuis près de cinquante ans: il a été
l'ombre de Mitterrand. Il a été l'avocat, certes,
qui pouvait organiser la défense de Mitterrand, ancien
avocat mais surtout homme politique mêlé à
toutes sortes d'affaires, mais surtout celui qui organisait l'obscurité
autour de Mitterrand quand celui-ci la jugeait nécessaire.
Dumas, qui a laissé sa riche épouse dans un manoir
du Bordelais, avait les mains libres à Paris pour mener
plusieurs existences, y compris celle de l'ombre de Mitterrand.
Il a été de tous les coups tordus. Lorsque Mitterrand
abandonnait une nouvelle maîtresse, et elles furent légion,
Dumas était chargé de consoler, de dédommager,
de recaser l'abandonnée dont il fallait bien acheter le
silence. Nous ne donnerons pas de noms mais nous savons ces choses
de source directe. Ce système a très bien marché
jusqu'à l'élection de Mitterrand en 1981. Ainsi
personne n'a jamais posé ouvertement la question de savoir
d'où provenait la fortune de Mitterrand, un avocat qui
n'a prratiquement jamais plaidé, qui lui a permis d'acheter
un immeuble rue de Bièvre. Une partie a certes été
payée par la vente de son appartement de la rue Guynemer,
un appartement que Mitterrand avait volé à la Libération.
L'ancien propriétaire était un collabo qui ne l'a
pas réclamé.
Arrivé au pouvoir, Mitterrand le florentin recevait des
institutions anti-démocratiques de la Cinquième
république, qu'il avait lui-même dénoncées
dans un livre excellement intitulé Le Coup d'Etat permanent,
un pouvoir quasi-absolu dont il allait jouir jusqu'à la
dernière goutte, pendant quatorze ans. Il avait placé
son âme damnée, Roland Dumas, au poste-clé
des Affaires étrangères. Dans son palais, Mitterrand
entretenait à la fois une police privée (Prouteau
et les gendarmes), ses hommes d'affaires véreux (Pelat)
et ses maîtresses que de nouveaux factotums pouvaient recaser
dans des postes avantageux (il y en a encore plein les ministères).
Avec Dumas aux Affaires étrangères, Mitterrand pouvait
s'inventer un nouveau rôle, mais il avait surtout là
un homme qui pouvait organiser les ponctions financières
que la raison d'Etat allait rendre invisibles. Tout le monde sait
que Mitterrand était fondamentalement malhonnête
et totalement dépourvu de moralité. Il a fallu attendre
l'automne 1998 pour que l'ancien premier ministre protestant,
Michel Rocard, confirme publiquement ce que nous avançons:
Mitterrand n'était pas un honnête homme. Cette affirmation
n'a soulevé que des piaillements de pucelle chez les gens
actuellement au pouvoir en France, qui sont les héritiers
réticents du Machiavel de la rue de Bièvre. Jamais
aucune enquête n'a été faite sur la fortune
que Mitterrand a laissée et qui, pour une grosse part,
celle justement qui n'est pas avouable, revient à sa fille
adultérine, la fille Pingeot. La question complexe de la
reconnaissance de cette fille par Mitterrand apporte des lueurs
sur cette succession. Certes, des rumeurs ont fait état
de comptes en Suisse dotés de sommes colossales. Mais la
fameuse presse d'investigation n'a pratiqué aucune investigation.
Elle aurait pu nous dire, par exemple, comment Mitterrand s'est
acheté un palais à Venise.
On commence à comprendre. Les grandes sociétés
nationales étaient amenées à pratiquer, dans
leurs opérations à l'étranger, des paiements
de certains "services" en dehors des règles comptables.
Le ministère des finances fermait les yeux. Dumas, au Quai
d'Orsay, pouvait alors piloter l'acheminement des fonds vers les
comptes suisses. Il utilisait pour cela les services de quelques-unes
de ses maîtresses, dont sans doute une bonne partie était
passée par les mains de Mitterrand auparavant. Et s'il
prélevait une commission au passage, elle ne devait pas
figurer dans ses relevés de banque du boulevard Saint Germain.
Voila de quoi on peut penser que Dumas est innocent: d'avoir pris
l'argent qui était destiné au patron, à Mitterrand
lui-même. Dans un geste défensif, il vient de dire,
d'ailleurs, que les détournements étaient beaucoup
plus importants que le montant examiné par les juges. Il
a parlé de 250 millions pour Elf (50 million $).
Avant de mourir, Mitterrand a pris deux précautions pour
bloquer la situation: il a nommé Dumas au Conseil constitutionnel,
un poste qui dure neuf ans et assure une forte protection judiciaire,
pensait-il. Et il lui a confié ses papiers.
Les socialistes français ont compris depuis longtemps que
leur survie politique serait proportionnelle à la distance
qu'ils sauraient prendre par rapport au petit monde machiavélique
et pourri de Mitterrand. Mais l'effet de sidération et
la capacité de chantage des barons du mitterrandisme, au
premier rang desquels il faut placer le maire du Palais de l'Elysée
pendant la dernière période, Charasse, ont permis
aux profiteurs du système de se maintenir sans être
pris à partie par leurs collègues avides de pouvoir.
Voici Dumas en première ligne. Il est abondamment pourvu
de munitions. On l'attaque sur un mauvais terrain. Il pourra évidemment
justifier sa comptabilité parisienne. C'est le BA BA. Il
s'en sortira en n'y laissant que quelques plumes. Ce sont les
comptes suisses qu'il faut analyser. On connaît les noms
de quelques-uns des comptes qui ont servi à Mme Joncour:
"oror", "sissi", "nersiv" en quoi
la presse a facilement reconnu "Sirven", "nitram"
en quoi elle a curieusement omis de voir "mitran", prononciation
classique de "Mitterrand".
L'homme de main, Sirven, a disparu. Il aurait eu plus de 200 compte
en Suisse. Il y a deux façons de disparaître. L'une
d'entre elle est définitive. Si notre analyse est juste,
cet homme-là avait toutes les raisons de choisir la première
pour éviter la seconde. Mais en a-t-il eu le temps?
Le monde politique redoute l'explosion d'une affaire Mitterrand.
Les institutions vermoulues de la Cinquième république
n'y survivraient peut-être pas. Mais on voit bien, en même
temps, que le dégel de ces quinze ans de glaciation a commencé.
Gare aux icebergs. Dumas ferait bien d'aller voir Le Titanic.
Le
lendemain du jour où nous avons fait circuler notre premier
texte sous ce même titre, M. Roland Dumas se plaignait devant
la presse de ce que "certains" voulaient attaquer ce
qu'il a appelé "l'héritage de François
Mitterrand". L'héritage de François Mitterrand
ne peut être la personne de l'avocat Roland Dumas, quelque
peu décrépit et dévalué. Or personne,
sauf nous, ne mentionne François Mitterrand dans cette
affaire. Il faut donc voir dans le lapsus de Dumas une forme d'aveu:
l'argent disparu fait bel et bien partie de "l'héritage
de François Mitterrand". Michel Rocard, qui aime bien
faire son naïf, affirme (Le Monde, 3 février 1998)
que Mitterrand "aimait à s'entourer de gens un peu
à la limite", ce qui, en bon français, veut
dire de franches canailles. Rocard, toujours scout protestant,
l'explique par un penchant qu'aurait eu Mitterrand pour "une
sorte d'esthétisme". Cette affirmation est grotesque.
Feu Tonton aimait à s'entourer de crapules parce qu'il
était lui même une manière de patron mafieux
et qu'il avait besoin de main d'oeuvre pour faire ses coups. Rocard,
on l'a vu, a voulu plus tard enfoncer le clou.
Dans la presse apparaissent de sourdes plaintes: si Dumas n'a
pas touché, il s'agit peut-être alors d'un rideau
de fumée. Mais qu'est devenu l'argent? Aucun journaliste
ne voudra désigner le coupable évident. Quand le
roi est nu, ces gens-là se taisent. Céline avait
raison de traiter les journalistes de: "blablas catastrophes
tant par mois, chasseurs de pourliches émargeurs, mégottiers,
crevards, tâtonneurs, bourriques, faux-fileurs, double-jetonneurs,
provocantistes, invertistes, renversistes, cyclistes, fileurs
de trains, d'échafauds, de croisades, de pêche à
la ligne, Bérésinas des Nogents, fous, hannetons
tous les sens de bon droit" (Maudits soupirs pour une autre
fois, p. 62).
A ceux qui voudraient s'accrocher à l'idée enfantine
d'un Mitterrand propre, il est bon de rappeler les propos d'une
victime rapportés dans Le Monde du 7 mai 1996 (p. 12):
M. Antoine de Galembert, ex-PDG de la compagnie fermière
de Vichy, a dit le 12 avril 1996 devant le juge d'instruction
que les enveloppes d'argent liquide données par lui ou
sa secrétaire à François de Grossouvre, d'un
montant total de plus de 1,5 million de Francs "avaient été
versées à la demande de François Mitterrand
lui-même, afin de subvenir à certaines dépenses
liées à l'entretien de sa fille Mazarine."
Voici donc les faits que la justice ne semble pas avoir examinés
tout à fait à fond: Mitterrand s'adresse à
une importante société; il leur dit qu'il a besoin
d'argent, pour sa fille, paraît-il. Le PDG trouve 150 millions
de centimes en liquide et les envoie à l'Elysée.
Point. Ajoutons que de Grossouvre, qui semblait se désinfatuer
de Mitterrand et qui annonçait qu'il allait parler a été
tué d'une balle dans la tête dans son bureau de l'Elysée.
Affaire classée sans suite.
Sa fille, logée gratuitement dans un appartement du Quai
Branly, avec résidence secondaire dans le château
de Souzy-la-Briche, près d'Arpajon, propriétés
de l'Etat, qu'elle continue à occuper, ne devait pas coûter
tellement cher. Le président Chirac, soucieux de maintenir
cette tradition néo-monarchique, a maintenu l'héritière
dans ses meubles. Si Mitterrand abusait les gens à qui
il extorquait de fortes sommes en prétextant de sa fille,
qu'a-t-il fait de l'argent? Cette question va hanter la gauche
et contribuera, si elle n'est pas résolue, à sa
destruction politique. Ce ne sera pas une grande perte.
Quelque peu ébranlé par le choeur des grenouilles
qui lui demandent de quitter la présidence du Conseil constitutionnel
et par les articles de presse qui étalent complaisemment
ses habitudes de parvenu, riche et avare, Dumas se retranche dans
la forteresse en carton-pâte de l'Institut François-Mitterrand.
Il fustige les ingrats qui rechignent à rendre hommage
au bradeur de la république, avec son invention géniale
d'une monnaie unique et francfortoise. Il organise même
un pince-fesse au ministère de l'agriculture où
se presse une maigre foule de deux cents obligés de la
tontoncratie. (Le Monde du 9 janvier 1999). Dumas n'a qu'un seul
objectif: jouer la montre, gagner du temps, après moi le
déluge: c'est exactement la leçon de Mitterrand,
l'oublié de Jarnac.
Avec une droite en train d'exploser et une gauche menacée
d'implosion, on pourrait avoir quelques jolis lendemains qui déchantent.
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