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Résumé de la thèse

par H.Roques lui-même

(extrait de la 8e Conférence annuelle révisionniste, Los Angeles, 1987)

 

A la fin du chapitre I, j'ai dressé de grands tableaux qui permettent de comparer les principaux extraits des "confessions" de Gerstein dans leurs six versions, et même dans leurs huit versions, puisque la version n. 5 présente deux textes en français différents et une traduction en anglais.L'étude de l'authenticité des textes me conduit à mettre en doute l'authenticité des deux versions rédigées en allemand; je considè[492]re, en effet, que ces textes allemands ont été fabriqués, aumoins partiellement, à partir des textes en français qui, eux, semblent avoir été rédigés par Gerstein. L'un de ces deux textes, celui qui est daté du 4 mai 1945, a d'ailleurs été retrouvé au printemps de 1946, dans des circonstances peu claires, à l'hôtel Mohren de Rottweil dans le Wurtemberg, où Gerstein avait été interné comme prisonnier de guerre par l'armée française.

Quant à la véracité des textes, elle trouve son point fort dans le relevé des invraisemblances et des étrangetés qui parsèment le récit de l'ex-officier S.S. J'en ai énuméré 29, mais j'ai bien conscience que ma liste est incomplète. Je ne vous infligerai pasl'énoncé de ces vingt-neuf invraisemblances; certaines sont d'ailleurs bien connues.

- Selon Gerstein, dans trois petits camps de Pologne nommés Belzec, Treblinka et Sobibor, on exterminait 60 000 personnes par jour. Or, pour ces trois camps, l'Encyclopaedia Judaica donne les statistiques suivantes, qui ne reposent d'ailleurs sur aucun fondement scientifique: 1 600 000 personnes, ce qui est déjà peu crédible. Selon Gerstein, le total des victimes serait de 28 millions, à raison de 60 000 morts journalières pendant les périodes officielles de fonctionnement des trois camps. D'ailleurs, dans la version qui porte la cote PS-1553, Gerstein lui-même donne le chiffre de 25 millions de victimes.

- Cet étrange officier S.S. qui ne manquait pas d'imagination a vu des tas de chaussures ou de linge qui atteignaient 35 à 40mètres de hauteur, soit l'équivalent de 10 à 12 étages. N'a-t-il pas eu conscience de l'absurdité d'une telle affirmation? Comment aurait-on pu accéder à de telles hauteurs pour placer ceschaussures? Ces monticules, en outre, auraient été repérables de très loin, alors que Gerstein nous dit que l'extermination dans les camps devait se dérouler dans le plus grand secret.

- Gerstein nous dit encore, dans chacune des versions de son récit, que 700 à 800 personnes étaient entassées debout dans une pièce de 25 m2. Une simple division permet de s'interroger sur la possibilité d'entasser 30 personnes environ sur 1 m2.

- Enfin, Gerstein se vante d'avoir fait disparaître son stock d'acide cyanhydrique en l'enterrant 1 200 m avant l'entrée du camp. On peut déjà penser que l'opération ne dut pas être facile.

- Mais, pour comble d'invraisemblance, l'officier S.S. prétend que personne ne lui a demandé de rendre compte de sa mission à [493] son retour à Berlin. Etait-il courant, dans l'armée allemande comme d'ailleurs dans n'importe quelle armée du monde, de charger un officier d'une mission ultra-secrète et de ne pas se soucier de savoir si cette mission avait été remplie?

La conclusion de ma thèse explicitait les buts que je m'étais proposé d'atteindre:

1) offrir aux historiens, par mon édition critique des textes appelés communément "rapport Gerstein", une base solide à partir de laquelle ces historiens pourront confronter leurs opinions;

2) démontrer que le récit de l'officier S.S. n'a pas la valeur que l'on doit exiger d'un document historique;

3) inciter mes lecteurs à se poser des questions, tout particulièrement la question suivante: pourquoi les "exterminationnistes" considèrent-ils comme un témoignage capital, comme une des meilleures preuves de l'existence des chambres à gaz, un texte aussi extravagant, aussi bourré d'invraisemblances?Je terminais ma conclusion par une formule empruntée à un auteur français d'origine juive, Raymond Aron: "l'esprit fécond du doute". L'expression est très belle; elle exprime simplement la nécessité d'exercer son esprit critique dans toute étude scientifique, y compris naturellement dans le domaine historique.

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