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Le Soir, Bruxelles, 12 novembre 1998, p. 2.

 

Sur le négationnisme en général et celui de la Shoah en particulier à partir du colloque qui vient de se tenir à Bruxelles.

Entretien avec Florent Brayard

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Un colloque international sur la négation de la Shoah et les phénomènes de falsification historique contemporains répond-il, plus que jamais, à une nécessité aujourd'hui?

-- Il est très important, sinon nécessaire d'organiser ce type de colloque dans un cadre scientifique pour faire la somme des connaissances sur un mouvement certes très marginal mais qui peut peser lourdement sur la démocratie. Et aussi pour voir les différents problèmes que pose ce type de discours à la fois sur le terrain historique et sur celui du droit. La thématique est également très interpellante sur le problème de la preuve sans oublier tout ce qui a trait à la réception du phénomène et à sa médiation par la presse [Ah mesdames et messieurs, le gai charabia !] . Il n'était pas sans intérêt non plus de se demander pourquoi ce phénomène idéologique a été récupéré à la fois par l'extrême droite et par l'ultra-gauche. Enfin, le colloque de Bruxelles s'imposait parce que pour la première fois en Europe, on a pu parler du révisionnisme et du négationnisme "à froid", sans que l'on ne soit pris dans une controverse, face à une affaire négationniste de plus.

 

Que faut-il le plus redouter de la part des négationnistes?

-- Du point de vue de la mémoire collective, le négationnisme est condamnable parce que c'est une offense à la mémoire d'un crime mais pas de n'importe quel crime... d'un des plus grands de ce siècle. Par une série de subterfuges, il essaie de mettre en doute la réalité historique et scientifique de la Shoah. Il est évident que pour les historiens, cette stratégie est vaine mais elle peut, c'est vrai, faire des ravages auprès d'un public moins informé. En outre, il peut être aussi bien l'expression d'un phénomène politique -- l'antisionisme -- que celle d'un phénomène raciste -- l'antisémitisme -- avec le danger d'en faire une nouvelle forme d'expression du "politiquement correct".


Quelles conclusions peut-on tirer de ces trois jours de travaux?

-- Tout d'abord, une heureuse évolution sémantique... On est parvenu à une sorte de consensus sur l'emploi des mots: entre scientifiques, nous ne parlerons plus de révisionnisme mais uniquement de négationnisme. Si les négationnistes n'ont cessé de se présenter comme des révisionnistes, c'était à dessein par référence à toute une série de traditions idéologiques dont certaines étaient certes critiquables mais dont d'autres ne l'étaient pas. C'était somme toute une qualification neutre pour un discours qui se voulait neutre mais qui ne l'était pas. Il y avait du reste déjà une évolution dans ce sens: pendant le colloque une chercheuse de l'université de Southampton qui a étudié la manière dont la télévision parlait du révisionnisme a constaté un changement de vocabulaire depuis l'affaire Garaudy. Auparavant, révisionnisme et négationnisme étaient synonymes, ils ne le sont plus aujourd'hui... [Pour tout dire, moi négationnisme ça me plaît bien: d'abord, la négation c'est la définition de la liberté chez Hegel; et si la philosophie de l'histoire de Hegel me paraît complètement romantique et sans aucun fondement scientifique, en revanche il me semble que le progrès dans l'individu se fait bien suivant une méthode dialectique où la phase de négation est articulatoire. En plus, nier la légitimité de l'état d'Israël et le droit de tuer ou de parquer des Palestiniens...]


Il y a aussi l'éternelle question de savoir s'il faut parler ou non des négationnistes et de leurs thèses...

-- C'est un débat récurrent qui vous interpelle, vous la presse, autant que nous... D'une certaine manière, c'est dans la synergie de nos réflexions qu'on pourra trouver une voie. Mais à mon humble avis, l'affaire Garaudy était un piège médiatique dans lequel il ne fallait pas tomber... [Oui, mais voilà, vous y êtes tombés, y compris Brayard. De toute façon, médias ou pas médias, le révisionnisme, on en parle, on en parle et on y croit. A la fin du mois d'octobre 1999, Annette Wievorka était l'invitée d'une émission de la Cinq (cinquième chaîne hertzienne française). Interrogée sur ce qui distingue le génocide des juifs des autres génocides de c"e siècle, elle répondait qu'à ses yeux, c'était le fait d'avoir fait venir des gens, notamment des enfants, des quatre coins de l'Europe pour les faire mourir dans des camps de concentration de l'Europe de l'Est. Qui a oublié de parler des chambres à gaz ? Rassinier ? L'AAARGH ?]


Dans l'état actuel des recherches, peut-on considérer qu'il y a une internationale négationniste bien structurée?

-- Il faut distinguer les producteurs des propagateurs de discours négationnistes. Les premiers ont noms, en France, Faurisson, Henri Roques... Depuis cinquante ans, pour l'Europe, ils ne sont pas plus de dix ou de quinze mais il faut compter avec les propagateurs du message, avec une certaine base qui est aussi bien celle du Front national en France, véritablement imbibée de cette idéologie -- ce n'est pas un hasard si Le Pen parle d'un détail [Là où Wievorka ne parle plus de rien, cf supra...]... -- qu'une certaine ultra-gauche qui soutient le combat négationniste par antisionisme [Oui, c'est nous.]. Il existe des connexions entre ces groupes français, britanniques, allemands...


Si la presse fait l'impasse sur les thèses négationnistes, il y a quand même de plus en plus le recours à Internet que l'on ne peut empêcher de les diffuser...

-- La "toile" montre, en effet, qu'il y a des limites à notre action. Là, c'est l'outil technologique lui-même qui permet sa mondialité. Il est vraiment illusoire de croire que l'on peut aller à son encontre, même en harmonisant les différentes législations nationales. Mais il y a des moyens simples pour éviter la contagion : c'est, par exemple, que l'on ne diffuse plus les adresses des sites négationnistes comme cela a été malheureusement fait par une certaine presse. Il est clair qu'il nous faut ici compter sur l'aide des hommes politiques pour ramener le négationnisme à ce qu'il est réellement: une scorie dans l'Histoire du monde... [C'est de l'histoire, de la politique, de la police ou du droit ? Ne vous en faites pas, la menace contre votre liberté est absolument illusoire : tapez chambre à gaz dans n'importe quel moteur de recherche, vous verrez le résultat.]


Vous avez évoqué le monde politique. Il a quand même voté des lois condamnant le négationnisme. Seraient-elles inopérantes ?

-- Ces lois fonctionnent à la fois bien et mal si l'on se réfère à toute une série de jugements contradictoires. Le problème est évidemment de combattre la diffusion de propos négationnistes sans porter atteinte à la liberté d'expression. Cela dit, sans ces lois, les situations seraient bien pires...


Propos recueillis par Christian LAPORTE


Brayard est co-organisateur du colloque de Bruxelles sur le négationnisme, chercheur au Centre Marc Bloch de Berlin


Commentaires

On ne sait si on comprend l'élocution embrouillée de ce débile. Il y aurait un "danger" à faire du "négationnisme" (pur fantasme de ces gens-là) "une nouvelle forme du politiquement correct". Il se fout de la gueule du monde. Il y a des lois barbelées partout et il nous ramène le "politiquement correct". Est-ce que le "politiquement correct" relève des tribunaux?


Ils sont parvenus à s'entendre sur l'emploi de mots : "entre scientifiques, nous ne parlerons plus de révisionnisme mais uniquement de négationnisme." Ou ces gens sont l'Empereur de Chine, qui créait ou tabouait les mots à son gré, ou ils sont de pauvres idiots qui préfèrent les notions qu'ils s'inventent aux réalités qu'ils répugnent à observer. Quant à l'idée que Brayard est un scientifique, nous voudrons bien l'admettre le jour où il nous aura expliqué pourquoi quand Wievorka oublie de parler des chambres à gaz, c'est un détail mais quand Le Pen dit que c'est un détail, c'est un crime.


Il apparaît qu'une certaine presse a diffusé les adresses des "sites négationnistes". On aimerait bien savoir laquelle, car nous ne l'avons jamais vue. Ce type raconte des salades.


Brayard compte sur l'aide des "hommes politiques". Traduit dans la réalité la plus terre à terre, cela désigne l'armée et la police. Brayard enfant rêvait d'une petite panoplie avec bâton blanc et képi, ça se voit. D'ailleurs les lois qui portent atteinte à la liberté d'expression sont regrettables mais bonnes. Qui accuse l'autre de fascisme????


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