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Le Drame des juifs européens

Paul Rassinier

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CHAPITRE III

STATITISTIQUES : SIX MILLIONS OU... ?

 

REMONTANT le cours de l'histoire, en quinze années de recherches, je suis arrivé à la conclusion suivante : c'est en 1943 que, pour la première fois, l'Allemagne nationale-socialiste a été accusée d'exterminer massivement et systématiquement les juifs européens dans des chambres à gaz. L'auteur de cette première, horrible et infâmante accusation était un juif polonais réfugié en Angleterre, juriste de son état : le professeur Rafael Lemkin. Et il la porta dans un livre publié à Londres et en anglais cette année-là : Axis rule in occupied Europe. Sur le moment, ce livre ne sembla pas avoir été pris au sérieux. En novembre 1943, lorsque je fus arrêté par la Gestapo, il était encore totalement inconnu dans les milieux les mieux renseignés de la Résistance française et je n'entendis parler de chambres à gaz pour la première fois qu'à Dora, vers le milieu de l'année 1944. En 1945-1946, pourtant, Axis rule in occupied Europe faisait l'objet de toutes les conversations dans les coulisses du Procès des grands criminels de guerre à Nuremberg où il fut cité à charge contre Seyss-Inquart (T. XIX, pp. 70 et 92) et le point de vue qui y était défendu était soutenu par le Rapport Kasztner sur la tragédie des juifs hongrois qui, lui aussi, faisait l'objet de toutes les conversations dans les coulisses de ce procès. Il faut toutefois préciser que c'est seulement à partir du 30 janvier 1946, date à laquelle le Procureur français Dubost rendit publique la découverte du document Gerstein, que ces deux écrits prirent de l'importance : c'est, en effet, ce jour-là que, dans la presse mondiale, les chambres à gaz se mirent à danser tous les tons et sur un rythme endiablé, cette sarabande effrénée et pleine de faux-pas qu'elles n'ont jamais cessé d'y danser depuis.


Essayons de reconstituer les faits. jusqu'au 30 janvier 1946, outre Axis rule in occupied Europe et le Rapport Kasztner, qui n'étaient que des témoignages de seconde main, le ministère public et les juges de Nuremberg ne disposaient que de témoignages directs qui, juridiquement, n'étaient pas beaucoup plus probants étant donné la forme dans laquelle ils étaient produits par leurs auteurs : tous ces gens avaient bien été internés à [108] Auschwitz, mais, les chambres à gaz, ils ne les connaissaient ou ne savaient comment elles avaient été utilisées que par ce que leur en avaient dit de leurs camarades de détention « dignes de foi » que, généralement, ils ne nommèrent pas ou qui étaient morts s'ils les nommaient. Encore des témoignages de seconde main. Le type même en était celui du Dr Benedikt Kautsky 1, lequel ne vint pas à la barre mais ainsi qu'on l'a vu, écrivit un livre qui témoignait dans cette forme et eut son heure de courte célébrité. Ou celui de Mme Vaillant-Couturier qui arriva au camp d'Auschwitz en janvier 1943q qui était communiste, qui, pour cette raison, fut « planquée » à l'hôpital où elle était un personnage important du self-government, et qui à la question de savoir si l'hôpital était ouvert aux juives en cas de maladies répondit froidement au procureur français Dubost : « Non, quand nous sommes arrivées, les juives n'avaient pas le droit d'y aller, elles étaient (dans ce cas) directement conduites à la chambre à gaz ». (I.M.T. Tome VI, p. 219). Or, jamais faux-témoignage ne fut, à mon sens, produit à la barre d'un tribunal avec autant de tranquille assurance car, en janvier 1943, il n'y avait - s'il y en eut jamais ! - pas de chambre à gaz à Auschwitz, la thèse officielle étant qu'elles n'y ont été installées qu'à la fin février 1943 (Doc. N.O. 4463). Mais on n'en finirait pas de citer tous les faux-témoins de ce genre. Toujours est-il qu'avec le document Gerstein, pour la première fois, on avait un témoin de première main. Il était mort ? Oui, mais il avait écrit ou, au minimum, signé une déclaration du moins le prétendait-on. Cette déclaration ne concernait pas Auschwitz ? Non, pour ce qu'il disait avoir vu ; mais des factures de cyclon B livré à ce camp y étaient annexées, et, d'autre part, sa description de l'extermination par les gaz dans d'autres camps portait l'opération à un tel degré d'horreur, que les journalistes accrédités au procès décidèrent que la campagne sur ce thème pouvait commencer à rouler. Les juges, eux, accordèrent beaucoup moins d'importance à tout cela, mais ils laissèrent les mains libres aux journalistes et, s'ils ne les encouragèrent pas, jamais ils ne démentirent leurs allégations qui les mettaient en cause ainsi que ce fut le cas du document Gerstein, présenté à l'opinion comme s'il avait été admis comme preuve alors qu'il avait précisément été refusé (cf. chapitre précédent).

Le livre du Dr Benedikt Kautski ne parut qu'à fin 1946 : il ne put donc en être question au procès des grands criminels de [109] guerre. Témoignage de seconde main sur les chambres à gaz, il n'eût d'ailleurs pas été d'un très grand secours. Pour avoir sur les opérations d'extermination par les gaz au camp d'Auschwitz une description aussi précise que celle du document Gerstein en ce qui concernait le camp de Belzec, il fallut attendre 1951 et Médecin à Auschwitz du docteur-ectoplasme Miklos Nyiszli dont on a aussi vu ce qu'il fallait penser au chapitre précédent. Depuis, plus rien : pas d'autres témoins de visu. La littérature concentrationnaire, les historiens du type Rothfels, Golo Mann ou Raul Hilberg, la Commission des crimes de guerre de Varsovie et les Centres de documentation juive contemporaine, leurs propagandistes du type Poliakov ou Hannah Arendt, l'Institut für Zeitgeschichte de Munich et les saltimbanques ou les montreurs du type Piscator (metteur en scène de Der Stellvertreter du dénommé Hochhuth) n'ont, à ma connaissance, jamais pu produire que ces deux-là qui sont, je crois l'avoir démontré, visiblement apocryphes. Je n'insisterai donc pas.

N'ayant pas mieux que cela réussi à établir la matérialité des exterminations par les gaz d'ordre gouvernemental, les champions de l'accusation n'eurent pas beaucoup plus de chance lorsqu'ils voulurent chiffrer les dégâts en vies humaines. En 1945-1946, au procès des grands criminels de guerre, ils se trouvèrent devant la situation suivante :

- le Professeur Rafael Lemkin disait seulement : « des millions » ;
- le Dr Rudolf Kasztner ne parlait que des juifs hongrois dont il évaluait le nombre à environ 800.000 (p. 1 de son Rapport) et estimait (p. 8) que « 500 .000 avaient été déportés sur la ligne Kaschau-Oderberg entre le 15 mai 1944 et le début de juillet » - le début de juillet, c'est-à-dire le 7, précise-t-il un peu plus loin  ;
- les données chiffrées du document Gerstein aboutissaient à des résultats tellement astronomiques qu'elles étaient absolument inutilisables (il n'est peut-être pas inutile de rappeler que le reste de son contenu ne fût, à l'époque, utilisé que dans la presse, le président du Tribunal ayant refusé même d'en entendre la lecture de la bouche du procureur français Dubost)  ;
- fort heureusement, en trouva Hoettl et Wisliceny qui, dans les circonstances que l'on sait parlèrent, le premier de 6 millions, le second de 5 millions, évaluations que l'un et l'autre disaient tenir d'Eichmann.

C'est dans ces conditions que, ainsi qu'on l'a vu, M. Justice Jackson déclara dans son réquisitoire le 21 novembre 1945 :

[110]

« Des 9.600.000 juifs qui vivaient dans l'Europe dominée par les nazis, on estime en toute connaissance de cause à 60 % le nombre de ceux qui périrent : 5 .700.000 juifs manquent « dans les pays où ils vivaient auparavant et plus de 4.500.000 ne peuvent être portés ni au compte du taux naturel des décès, ni à celui de l'immigration dans les autres pays ». (I.M.T., Tome 11, page 128.)

Telle fut, au départ, l'accusation : 4 .500.000 exterminés.

Mais on ne voit pas bien comment, entre le 8 mai 1945 et le 21 novembre, M. justice Jackson a pu être mis « en toute connaissance de cause ». Aucune opération officielle de recensement n'ayant eu lieu dans ce laps de temps comment d'ailleurs eût-elle été possible dans un tel chaos de populations déplacées par les événements et en mouvement dans tous les sens ? il ne s'agit là, de toute évidence, que d'une évaluation purement conjecturale. Quoiqu'il en soit, le jugement prononcé contre les grands criminels de guerre ne la retint pas et, quant à la presse mondiale, c'est celle de Hoettl qu'elle retint : depuis, à l'exception de M. Gerald Reitlinger qui est le seul à arriver à un résultat concordant à peu près avec celui de M. Justice Jackson (4.200.000 à 4.600.000) tout s'est passé comme si, ayant posé en principe que cette évaluation de Hoettl d'après Eichmann était fondée, tous les autres statisticiens qui ont travaillé sur les chiffres dans les dispositions d'esprit de la Commission de Varsovie, des Centres de documentation juive contemporaine ou de l'Institut für Zeitgeschichte de Munich, n'avaient jamais eu d'autre but que de démontrer que les évaluations de Hoettl et Wisliceny correspondaient à la réalité. Ce qui est, dès l'abord remarquable, c'est que, s'ils arrivent tous à un résultat global qui se situe autour de ces 6 millions, ils n'y arrivent pas tous par les mêmes voies, la répartition détaillée de ce résultat global par pays présentant, dans presque tous les cas des différences considérables. L'exemple le plus suggestif de ces différences me paraît être la Pologne où M. Shalom Baron, titulaire de la chaire d'histoire juive à l'université de Columbia trouva, dès l'arrivée des troupes russes dans ce pays, 700.000 juifs survivants (sa déclaration du 24 avril 1961 au Procès Eichmann), le Centre mondial de documentation juive de Paris 500.000 (communiqué au Figaro Littéraire du 4 juin 1960, l'Institute of Jewish Affairs 400.000 (Eichmann's Confederates and the Third Reich Hierarchy, op. cit. p. 59) et M. Raul Hilberg seulement 50.000 (The Destruction of the European Jews, p. 670). La répartition par camp ou par secteur de destruction non plus n'est pas la même et présente des différences aussi considérables selon qu'on se réfère à l'un ou à l'autre de ces singuliers statisticiens. Exemples :

Tout cela dit le sérieux de ces calculs et le crédit qu'on peut accorder aux documents sur lesquels ils se fondent qui, étant les mêmes pour tous les statisticiens, parlent à chacun d'eux un langage si différent qu'il ne les met d'accord entre eux que sur le total général des pertes juives situé par tous, lorsqu'ils font leurs additions, entre 5 et 6 millions de vies humaines exceptés Reitlinger plus modeste et Poliakov qui dit « entre 5 et 7 millions » (Le Troisième Reich et les juifs) pour, finalement, se ranger aux 6 millions qui sont la moyenne arithmétique des deux : on admirera l'originalité de la méthode !

Le lecteur comprendra aisément qu'en présence de ce fatras de calculs si contradictoires, plutôt que de reprendre toutes les références une à une et de refaire, une à une aussi, toutes les additions, j'aie préféré, au moyen de statistiques toutes d'origine juive, essayer de reconstituer dans son détail par pays, la population juive mondiale en 1946 et la comparer à ce qu'elle était, dans la même présentation, à l'arrivée au pouvoir du national-socialisme en Allemagne en 1933. A tort ou à raison, ce procédé m'a paru être le meilleur moyen, chemin faisant, de mettre en évidence les falsifications éhontées de la Commission de Varsovie, du Centre mondial de documentation juive contemporaine, de l'Institut für Zeitgeschichte de Munich et de tous leurs supporters, littérateurs, saltimbanques, montreurs, [ 112] historiens ou autres juifs ou autres aussi. Que les données statistiques qui suivent ne puissent pas être considérées comme justes à une unité près, le lecteur le comprendra, je suppose, très aisément aussi : en matière de populations, où la statistique ne repose que sur l'interrogatoire des intéressés dont les réponses sont toujours sujettes à caution quand on peut les atteindre, où il n'est pas possible de les atteindre tous, étant donné les défectuosités ou même l'absence des services de l'état-civil dans un très grand nombre de pays, il n'est jamais possible que d'arriver à des conclusions approchantes seulement.

En matière de population juive, l'aversion qu'indistinctement tous les juifs ont, depuis Hérode, toujours témoignée pour tous les recensements, est un autre facteur d'erreurs. Ces deux réserves étant des constantes qui condamnent toutes les statistiques à l'approximation, il suffit pourtant, tous les statisticiens l'admettent, que deux ou plusieurs statistiques comparées soient de même origine pour que les conclusions qu'on en tire par différence ne présentent que des erreurs assez minimes pour être considérées comme insignifiantes.

Ceci étant dit, où en est la question en ce mois de juillet 1963 ?

 

I - STATISTIQUES D'APRES-GUERRE

 

En 1951, le World Almanac publiait une statistique de laquelle il résultait qu'il n'existait plus que 11.303.350 juifs dans le monde contre 16.643.120 en 1939. Elle était donnée comme étant le fruit des travaux de l'American Jewish Comittee Year Book et du Jewish Statistic Bureau of the Synagogue Council qui avaient passé les années 1949 et 1950 à l'établir.

Présentée comme elle l'était, on a beaucoup de raisons de penser que cette statistique du World Almanac de 1951 avait pour premier souci de répondre à une étude parue le 22 février 1948 dans le New-York Times sur les données statistiques de son expert en matière de population juive, Hanson W. Baldwin. Celui-ci prétendait qu'en 1947, d'un recensement secret auquel les juifs avaient eux-mêmes procédé, il résultait qu'il y avait cette année-là, vivant dans le monde, un nombre de juifs qui se situait entre un minimum de 15.000.000 et un maximum de 18.000.000. Il prétendait, en outre, que 650.000 à 700.000 d'entre eux vivaient en Palestine et 500.000 dans les autres états du Moyen-Orient. En octobre 1959, l'American Mercury (pp. 14 à 17) a repris tous ces chiffres en les considérant comme sérieux et, ainsi, ramené la controverse au premier plan de l'actualité. En réponse, l'édition de 1960 du World Almanac donne, pour l'année 1959, une population juive mondiale de 12.299.780 per[113]sonnes. Une dernière information de source juive répercutée dansle monde entier par toutela presse dans la forme où l'a donnée Die Welt, quotidien de Hambourg le 1-4-1963, c'est-à-dire ainsi :

« Nur 13 millionen Juden (Sad. 31.3-63)
London, 31. Marz (sad.)

Mais, dans l'Israel Almanach (5719 de l'ère juive, 1958-1959 de l'ère vulgaire p. 282) un M. Eric Peretz nous dit que « la population juive de l'état d'Israël représente un huitième de la population juive mondiale » et la fixe à « un million huit cent mille » (en toutes lettres) et un M. Marc Cohen fixe (p. 9) ce huitième à « deux millions » : cette année-là, donc, les 13 millions de juifs recensés dans le monde de 1962 par l'Institut des Affaires juiyes de Londres étaient, soit 14.400.000 si l'on s'en tient à l'estimation du premier, soit 16 millions, si l'on s'en tient à celle du second. L'Israel Almanach est publié à Jérusalem par « le Département de la jeunesse et du Hehabouts de l'Organisation sioniste mondiale ». Sans autre commentaire.

Je ne donne que par souci d'information la déclaration infantile que, brandissant son titre de professeur d'histoire juive à l'université de Columbia, M. Shalom Baron est venu faire à la barre du Tribunal de Jérusalem le 24 avril 1961 (d'après Le Figaro du lendemain) et qui se résume à ceci :

[114]

A défaut de bien connaître l'histoire qui est son métier, celui-ci, au moins, connaît bien l'arithmétique  : 16 millions - 6 millions = 10 millions + 20 % = 12 millions. Arithmétiquement indiscutable ! Il ne reste plus au professeur décidément, depuis la guerre, il y a de tout et n'importe qui dans ce métier ! qu'à établir, premièrement que le taux d'accroissement de la population juive mondiale est bien de 20 en 16 ans, deuxièmement que 6 millions de juifs ont bien eté exterminés. Bref, passons.

Passons à un détail de l'information de Die Welt : la population juive des États-Unis. En 1950, l'American Jewish Comittee Year Book et le Jewish Statistical Bureau of the Synagogue Council l'évaluait à 5.185.000 pour l'année 1949 et, en 1959, à 5260.000 pour l'année 1958. De quoi l'on peut déjà conclure que, si la population juive dans le monde a cru de 20 %, en 1961 par rapport à 1945, soit 1,25 % par an, ainsi que l'a proclamé le singulier professeur Shalom Baron devant le tribunal de Jérusalem, l'Amérique, au moins, a fait exception à cette règle - en moins-value.

Et pour la Russie, l'information de l'Institut of Jewish Affairs de Londres qui y évalue la population juive à 2,3 millions de personnes en 1962 ne paraît guère plus sérieuse si on en croit M. Nahoum Goldman qui, dans un Rapport présenté au World Jewish Congress le 12-9-63 s'exprimait ainsi : « De 1948 à 1963, la culture juive en U.R.S.S. se résume pour environ TROIS MILLIONS DE JUIFS, à cinq livres d'auteurs disparus, à un almanach et à deux périodiques...  » (Figaro - Paris 13-9-63). En 1961, M. Nahoum Goldman avait d'ailleurs déjà produit ce chiffre de trois millions devant le World Jewish Congress : de 2,3 millions à 3 millions, il y a tout de même une marge de 700.000...

Pendant toute l'année 1959, la population juive des États-Unis a fait, aux États-Unis mêmes, l'objet de controverses très serrées à partir d'un livre, The Iron Curtain over America publié en 1951 et dans lequel l'auteur, le professeur John Beaty se plaignait que la loi de 1924 sur l'immigration fût si constamment violée et que, «  depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le problème de l'entrée illégale se soit épouvantablement accru  ». Et il citait l'immigration juive... Ici encore, c'est l'American Mercury (op. cit.) qui a donné toute sa signification à cette controverse. Pour ce qui est plus particulièrement de l'immigration juive, il soulignait deux faits  :

Depuis, ce chiffre de 12 millions a fait des progrès dans l'opinion américaine, témoin cet entrefilet extrait du National Observer du 2 juillet 1962  :

Assaut collectif sur un problème.

Tels sont les points de vue qui s'affrontent. On verra plus loin que, pour la Pologne, la Russie et, d'une manière générale, toute l'Europe centrale et balkanique, les statistiques d'origine juive ne posent pas de façon moins brutale, le problème de leur falsification évidente.


II. - STATISTIQUES D'AVANT ET D'APRÈS-GUERRE


En 1932, un journal juif de New-York, le Menorah Journal (n° 2, Février1932) publiait une analyse de la population juive mondiale dont les données étaient empruntées au plus réputé des [117] statisticiens juifs de l'époque, le Dr Arthur Ruppin 4. Ce dernier, disait le Menorah Journal, avait classé les juifs du monde entier, par professions et par pays. Par professions, il donnait la conclusion du statisticien telle qu'il l'avait formulée. Par pays, il ne donnait, en ordre décroissant, que ceux dans lesquels il y avait plus de 100.000 juifs, se contentant, pour les autres, de les classer en trois catégories entre 50.000 et 100.000, entre 10.000 et 50.000, et au-dessous de 10.000. Voici ce que cela donnait :


 A) PAR PROFESSIONS
 Commerce 6.100.000  soit 38,6 %
 Industrie et artisanat 5.750.000  - 36,4 %
 Rentiers 2.000.000   12,7 %
 Professions libérales 1.000.000   6,3 1%
 Agriculture 625.000   4 %
 Domestiques, ouvriers, etc. 325.000   2 %
 Totaux 15.800.000

soit
- 100 %

 B) PAR PAYS
  États-Unis 4.500.000
 Pologne - . 3.100.000
 Russie 3.000.000
 Roumanie 900.000
 Allemagne 500.000
 Angleterre 330.000
 France 250.000
 Palestine 250.000
 Argentine 240.000
 Autriche 230.000
 Canada 170.000
  Lithuanie   60.000
  Pays-Bas  120.000
  Maroc français  120.000
 Irak  120.000
 Autres pays du monde  1.890.000
  Total  15.800.000

[118]

Les autres pays du monde se présentaient ainsi :

l. Pays comptant entre 50.000 et 100.000 juifs

Lettonie, Grèce, Yougoslavie, Belgique, Italie, Turquie, Bulgarie, Algérie, Afrique du Sud, Tunisie, Egypte.

 

2. Pays comptant entre 10.000 et 50.000 juifs :

Suisse, Brésil, Mexique, Uruguay, Perse, Syrie, Yemen, Inde, Afghanistan, Chine, Maroc Espagnol, Tripolitaine, Australie.

 

3. Pays comptant moins de 10.000 juifs :

Dantzig, Suède, Danemark, Esthonie, Irlande, Espagne, Rhodes, Memel, Portugal, Norvège, Finlande, Cuba, Chili, japon, Singapour, Nouvelle-Zélande.

 

Enfin, les chiffres produits dataient de 1926 à 1928 selon le cas.

 

En 1932, les mouvements de population ne m'intéressaient que professionnellement, c'est-à-dire dans leurs grandes lignes de force et, en ce qui concernait celui de la population juive, sur le moment, cette statistique me parut en rendre assez bien compte pour que je me juge suffisamment renseigné sur ce point. Je me souviens d'avoir noté que de 1877 à 1932, la population juive des États-Unis était passée de 230.000 personnes a 4.500.000, celle de la France de 150.000 à 250.000 de 1850 à la même date et conclu que la migration des juifs européens allait en direction des États-Unis via l'Europe occidentale. Des pays à pogroms aux pays de liberté. Pour moi, c'était l'essentiel. En 1934, donc, lorsque parut en France Les juifs dans le Monde moderne, d'Arthur Ruppin, je ne m'y reportai pas. J'eus tort : j'aurais sûrement remarqué que Menorah Journal avait, par exemple, omis de mentionner la Hongrie et la Tchécoslovaquie. J'eus encore plus tort de n'avoir pas prévu que, plus tard, j'aurais besoin de chiffres plus précis que ceux que cette publication donnait pour la Belgique, la Yougoslavie, la Grèce, etc. Après cette guerre, quand j'eus besoin de tout cela, il ne me fut possible de mettre la main sur l'étude dArthur Ruppin mystérieusement disparue de la circulation qu'en employant des ruses de Sioux : en 1960, quand je publiai Ulysse trahi par les siens, je n'y étais pas encore parvenu et, pour la Hongrie et la Tchécoslovaquie, je dus me contenter de faire [119] figurer, en note à la statistique qui y figurait, les chiffres du Centre mondial de documentation juive contemporaine, en laissant au lecteur le soin de les ajouter au total que je trouvais pour la population juive européenne des pays occupés par l'Allemagne et qui s'élevait à 8.700.000, mais en le prévenant qu'ils étaient manifestement exagérés (424.000 pour la Hongrie, 315.000 pour la Tchécoslovaquie). On excusera ma légèreté de 1934 : malgré les deux faits inquiétants que constituaient, d'une part, la montée du National-Socialisme en Allemagne et la politique de bascule du bolchevisme entre lui et les démocraties, ce qu'en somme je n'avais pas prévu, c'est la seconde guerre mondiale et que je serais un jour entraîné dans une polémique aussi misérable.


Voici maintenant ce que disait la statistique d'Arthur Ruppin pour les pays de l'Europe occupée par les Allemands :


 Pologne  3.100.000
 Russie  3.000.000
 Roumanie  900.000
 Allemagne  500.000
 Hongrie  320.000
 Tchecoslovaquie  260.000
 France  250.000
 Autriche  230.000
 Lithuanie  160.000
 Pays-Bas  120.000
 Lettonie  80.000
 Grèce  75.000
 Yougoslavie  70.000
 Belgique  60.000
 Italie  50.000
 Bulgarie  50.000
 Danemark  7.000
 Esthonie .  5.000
 Norvège ...  2.000
 Finlande ......  2.000
 Luxembourg  2.000
 Total  9.243.000

[120]

De 1932 à 1939, philosémites ou antisémites, tous ceux qui ont parlé de la population juive européenne ou mondiale se sont référés à Arthur Ruppin : en Europe, les premiers attiraient l'attention sur le fait qu'environ neuf millions de juifs européens étaient menacés par le national-socialisme, les seconds utilisaient sa classification par professions pour conclure que, d'après les juifs eux-mêmes, peu d'entre eux travaillaient réellement et, en Allemagne, ce ne fut pas un des moindres arguments du national-socialisme pour les accuser de parasitisme social.

 

Je dois préciser que, dans son étude, Arthur Ruppin prévenait qu'en raison des difficultés que présentaient tous les travaux de statistique en matière de population et plus particulièrement en matière de population juive, les chiffres qu'il donnait n'avaient pas une valeur indiscutable et absolue. En vertu de quoi je concluerai que  :

1. les 9.243.000 juifs dans l'Europe occupée par les Allemands peuvent être aussi bien 9 millions que 9,5 millions.
2. et qu'en les évaluant à 9,6 millions, M. Justice Jackson n'avait pas tellement exagéré. Beaucoup moins, énormément moins, en tout cas que les statisticiens d'après-guerre du Worid Almanac (cf. p. 112, l'évaluation de la population juive en 1938 d'après son édition de 1948). C'est même à peine si on peut parler d'exagération de sa part : il n'avait oublié personne, c'est tout. Son grand tort est de n'avoir pas pensé qu'en 1939, la population juive de ces pays n'était pas la même qu'en 1932, c'est-à-dire de n'avoir pas tenu compte de l'émigration juive pendant cette période au fur et à mesure que le national-socialisme la menaçait directement. Et surtout d'avoir déclaré absolument sans preuve, n'étant pas et ne pouvant pas être « en connaissance de cause » comme il le prétendait effrontément, que 60 % de cette population de toutes façons considérablement surévaluée par lui (voir plus loin l'étude du mouvement de la population juive entre 1933 et 1945) manquaient à l'appel au moment où il prononçait son réquisitoire.

On trouvera enfin pages 122 et 123, mises en parallèle, deux évaluations des pertes juives publiées, l'une par le Centre Mondial de Documentation juive contemporaine de Paris (Figaro Littéraire, 4 juin 1960), l'autre par M. Raul Miberg en 1961 (The Destruction of the European Jews, p. 670).

[121]

Mon intention première était de mettre en parallèle, non pas deux mais trois statistiques, la troisième étant celle qui a été publiée pai l'Institute of Jewish Affairs dans Eichmann's Confederates and the Third Reich Hierarchy (op. cit. p. 59) en 1961 aussi. Mais elle se borne à donner le détail des pertes juives par pays sans autres références à leur population en 1939 que des pourcentages. En forçant encore un peu sur les chiffres de M. Raul Hilberg pour la Pologne, la Tchécoslovaquie et la Russie, elle arrive au total de 5.717.030 exterminés représentant, précise-t-elle, 68 % de la population juive de ces pays en 1939. D'où l'on peut conclure que cette population juive s'y élevait à 8.400.000 personnes. Elle n'est significative que pour ta Pologne où elle trouve 400.000 survivants alors que M. Raul Hilberg n'en trouve que 50.000, le professeur Shalom Baron 700.000 et le Centre mondial de documentation juive contemporaine de Paris 500.000 - pour la Russie où elle trouve 2 millions de survivants, la Tchécoslovaquie où elle fait vivre 360.000 juifs en 1939, M. Raul Hilberg se contentant de 315.000 et Arthur Ruppin de 260.000 et quelques autres petites forfaitures. La dose de fantaisie m'ayant, à la réflexion, paru bien suffisante pour une seule fois avec deux statistiques de ce genre, j'ai finalement renoncé à citer encore celle-ci.

Examinons, maintenant, nos deux statistiques.

En commun, elles ont ceci :

1. Par rapport à la statistique d'Arthur Ruppin, elles rendent toutes deux compte de la migration juive entre 1933 et 1939, mais pour l'Allemagne et l'Autriche seulement - assez exactement, d'ailleurs pour ce qui est de celle du Centre mondial de documentation juire contemporaine de Paris, tout le monde, y compris les services officiels du IIP Reich (statistique en date du 17 avril 1943, de Korherr, chef du Bureau de la population du III' Reich) étant, fait rare, tombé d'accord pour estimer l'émigration juive de ces deux pays à 300.000 pour l'Allemagne et 180.000 pour l'Autriche. L'exagération de M. Raul Hilberg est sans importance puisqu'étant de même grandeur et allant dans le même sens dans les deux colonnes, elle ne se répercute pas sur le nombre des exterminés obtenu par différence. Elle n'appelle qu'un commentaire : une pièce du dossier qu'il ne connaissait pas.

2. Les victimes, qu'ainsi perdent leurs auteurs, ils les récupèrent largement en majorant la population juive d'avant-guerre et en minimisant celle d'après, un peu partout mais particulièrenient en Pologne, en Hongrie et en Tchécoslovaquie. On remarque que, pour l'avant-guerre, ces majorations se situent en[124]tre 50.000 et 100.000 par pays, parfois plus (200.000 pour la Pologne !) et que s'ils ont minimisé dans la même proportion le inonde des survivants, en supposant que dix pays sur les vingt que compte cette statistique soient affectés d'une exagération de cet ordre (elle n'était évidemment pas possible partout, en Norvège ou au Danemark, par exemple) au minimum de 50.O0O par pays, elle se répercaterait par un million sur le nombre des exterminés obtenu par différence ct, à 100.000 par pays, elle deviendrait 2 m ;llions. Mais, cela n'est qu'une supposition que j'avoue gratuite et je ne la fais ici que pour montrer comment un petit ruisseau peut facilement devenir une grande rivière. On verra plus loin ce qu'il en est exactement de la valeur de ces deux statistiques. Chaque chose en son temps.

[122]

Centre mondial de documentation juive


 Pays en 1939 en 1945 Pertes
 France 300.000 180.000 120.000
 Belgique 90.000 50.000 40.000
 Hollande 150.000 60.000 90.000
 Danemark 7.000 6.500 500
 Norvège 1.500 600 900
 Esthonie 5.000 1.000 4.000
 Lettonie 95.000 10.000 85.000
 Lithuanie 150.000 15.000 135.000
 Pologne  3.300.000 500.000  2.800.000
 Allemagne  210.000  40.000  170.000
 Tchécoslovaquie 315.000 55.000 260.000
 Autriche 60.000 20.000 40.000
 Hongrie 404.000 204.000 200.000
 Yougoslavie 75.000 20.000 55.000
 Roumanie   850.000  425.000  425.000
 Italie 57.000 42.000 15.000
 U.R.S.S . 2.100.000 600.000 1.500.000
 Bulgarie 50.000 43.000 7.000
 Grèce 75.000 15.000 60.000
 Luxembourg 3.000 1.000 2.000
 Totaux  8.297.500 2.288.100 6.009.400

 Pertes juives . 6.009.400
 [Note : En réalité, dans la statistique ci-dessus, le Centre mondial de documentation juive contemPoraine avait remplacé par des points d'interrogation les pertes juives en Bulgarie, fait figurer la Macédoine à part et omis le Luxembourg. C'est seulement dans la suite que le sprécisions concernant ces trois pays ont été données officiellement et je n'avais pas pu en faire état dans Ulysse trahi par les siens.]

 

[123]

M. Raul Hilberg

 

 Pays en 1939 en 1946 Pertes
 France 270.000 200.000 70.000
 Belgique 90.000 50.000 40.000
 Hollande 140.000 20.000 120.000
 Danemark 6.500 5.500 1.000
 Norvège 2.000 1.000 1.000
 Esthonie 4.500 - 4.500
 Lettonie 95.000 - 95.000
 Lithuanie 145.000 - 145.000
 Pologne  3.350.000 50.000 3.300.000
 Allemagne  240.000  80.000  160.000
 Tchécoslovaquie 315.000 44.000 271.000
 Autriche 60.000 7.000 53.000
 Hongrie 400.000 200.000 200.000
 Yougoslavie 75.000 12.000 53.000
 Roumanie  800.000  430.000  370.000
 Italie 50.000 33.000 17.000
 U.R.S.S . 3.020.000 2.600.000 420.000
 Bulgarie 50.000 47.000 3.000
 Grèce 74.000 12.000 62.000
 Luxembourg 3.000 1.000 2.000
 Totaux  9.190.000 3.770.500 5.419.500

 Pertes juives . 5.419.500
[Note : Elles résultent de cette statistique qui figure à la page 670 du livre, mais, page 767, elles sont données au niveau de 5.100000 ainsi qu'il a déjà été dit.]

 

Et voici les divergences qu'elles présentent :

 

1. Le nombre total des survivants varie de 1,5 million de l'une à l'autre, et celui des exterminés d'un peu moins de 600.000 dans les deux cas, c'est important comme marge.

2. A y regarder de près, cette divergence provient des évaluations respectives qui concernent la Russie et la Pologne. Pour la première, le chiffre de 2.100.000 avancé par le Centre mondial de documentation juive contemporaine de Paris ne concerne pas toute la Russie mais seulement la partie qui en a été occupée par les troupes allemandes : ne peuvent le savoir que ceux qui ont lu Le IIIe Reich et les juifs (op. cit.) de Poliakov d'où cette statistique est extraite et où cette particularité est indiquée. Si l'on y réintègre, dans les deux colonnes, le million de juifs que M. Poliakov en a très arbitrairement distrait, l'estimation des survivants diffère exactement d'un million de l'une à l'autre pour ce pays, le nombre total des exterminés pour tous les pays continuant toujours à différer d'un peu moins de 600.000. On ne sait pas comment M. Poliakov a réussi à chiffrer à 2.100.000 le nombre des juifs qui vivaient dans la portion de Russie occupée par les troupes allemandes : il ne le dit pas. Mais, on peut être sûr qu'il ne s'agit pas d'une évaluation recensée, opération absolument impossible dans tous les pays du monde à des échelons locaux qui ne sont pas des circonscrqbdons administratives, ce qui était le cas ici, l'O.K.W. n'ayant pas décidé de conquérir la Russie circonscription administrative par circonscription administrative mais en fonction des impératifs géographiques de la stratégie. Une évaluation purement conjecturale, donc, et qui tient pour assuré que les juifs de cette région, loin de fuir devant une invasion qu'ils savaient meurtrière pour eux, ont gentiment attendu sur place l'arrivée de leurs bourreaux. On ne sait pas non plus comment M. Polia[125]kov a réussi à v évaluer à 600.000 le nombre des survivants à la date de 194d, date à laquelle on peut aussi tenir pour assuré que, la guerre n'étant terminée que depuis une année, l'ordre n'était pas suffisamment rétabli pour qu'une opération de recensement fût possible : encore une évaluation à vue de nez ! Qu'elle fasse apparaître une perte de 1,5 million de juifs était sans doute ce qui importait avant tout à M. Poliakov et sans doute aussi avait- il fixé à l'avance ce résultat auquel il devait arriver pour qu'il cadrât avec la légende des six millions... Il ne pensait pas que M. Raul Hilberg passerait derrière lui !

3. En lisant le commentaire de M. Raul Hilberg, on s'aperçoit qu'il a, lui, tenu compte de la fuite des juifs devant l'avance des troupes allemandes en Russie. Dans une mesure qui correspond à la réalité ? C'est ce qu'on verra plus loin. Force est, en tout cas, de reconnaître que lorsqu'il fixe à 3.020.000 le nombre des juifs vivant en Russie en 1939, il est d'accord avec Arthur Ruppin et que, lorsqu'il évalue à 2.600.000 le nombre de ceux d'entre eux qui ont survécu, soit les pertes à 420.000, il est aussi en accord avec le journaliste juif David Bergelson qui, dans Die Einheît, édition de Moscou (5-12-1942) écrivait : « Grâce à l'évacuation, la majorité (80 %) des juifs d'Ukraine, de Russie Blanche, de Lithuanie et de Lettonie a été sauvée » (cité d'après Der Weg, Buenos-Ayres janvier 1953). Où M. Raul Hilberg n'est plus d'accord, c'est avec lui-même : si, comme il le dit, 2.600.000 juifs russes ont été sauvés, comment peut-il soutenir (p. 190) que pour la Lettonie, la Lithuanie et la Russie, 1,5 million seulement se sont « échappés derrière les lignes russes » lors de l'avance des troupes allemandes ? Et comment, d'autre part, peut-il soutenir aussi comme il le fait dans sa statistique elle-même, qu'aucun des juifs lettoniens n'a survécu ?

4. Pologne. Ici, les deux statistiques à peu près d'accord sur la population juive de 1939, ne le sont plus du tout sur le nombre des survivants : 500.000 pour l'une, 50.000 pour l'autre, résultats dans le rapport de 1 à 10 - de 1 à 14 par comparaison avec ceux du professeur Shalom Baron. On ne sait pas comment le Centre mondial de documentation juive contemporaine de Paris est arrivé à cette conclusion : aucune référence. Quant à M. Raul Hilberg, il est irrémédiablement perdu dans le brouillard de chiffres qu'il crée autour de lui : on a vu, en effet (cf. ci-dessus p. 32) qu'à la page 767 de son livre, il donnait 3.000.000 de juifs polonais exterminés et seulement 50.000 survivants sur 3.350.000, et toute autre explication est superflue.

[126]

5. Petit jeu. Ces deux statistiques étant indifféremment et souvent même simultanément cautionnées par le Centre mondial de documentation juive contemporaine et le Mouvement sioniste international, le lecteur conserve, entre les deux, la liberté du choix. Se mettre à la place de quelqu'un qui trouverait plus proche de la réalité la population juive de 1939, telle qu'elle est donnée dans la statistique du centre de Paris et plus proche de la réalité le nombre des survivants tel qu'il est donné dans celle de M. Raul Hilberg. Ou inversement. Dans cette sarabande de chiffres, il n'y a pas d'hypothèse plus vraisemblable. Dans le premier cas, on obtient :


8.297.500 - 3.770.500 = 4.527.000 victimes.

 

Et dans le second :

9.190.000 - 2.283.100 = 6.901.900 victimes.

 

Soit un écart impressionnant.


A poursuivre plus avant l'étude comparée de ces deux statistiques, on pourrait sans doute mettre en évidence des anomalies plus frappantes encore. Mais à quoi bon ?

 

Le moment me semble venu de parler de choses plus sérieuses : de ce mouvement de la population juive européenne entre 1933 et 1939 auquel je n'ai, jusqu'ici, que fait allusion et qui, parce qu'il n'a été étudié correctement par aucun des auteurs de ces statistiques à l'emporte-pièce, lesquels l'ont le plus souvent passé sous silence, laisse planer sur cette affaire une infinité de points d'interrogation, qui permettent toutes les jongleries. S'il est vrai, comme le prétend l'American Mercury (op. cit.) que le mouvement sioniste international se refuse à un recensement de la population juive mondiale - quel aveu ! - et, par là, le rende impossible, je ne vois guère où on pourrait trouver la vérité ailleurs que là.


Si tant est qu'on la puisse trouver.

 


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