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LA VIEILLE TAUPE

Organe de critique et d'orientation postmessianique

 

B.P. 98, 75224 PARIS cedex 05

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Communiqué - "A propos de l'interdiction du Rapport Rudolf,"
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précédé d'un communiqué de l'Académie des Sciences

 

 

LA RECHERCHE, n.300, juillet-août 1997. Rubrique: courrier des lecteurs :
 
RAPPORT RUDOLF
Les membres de la section de Chimie de l'Académie des sciences ont reçu il y a quelques semaines un document intitulé "Rapport Rudolf", accompagné d'une lettre dont l'anonymat était expliqué par la "chasse aux sorcières" en cours contre les historiens révisionnistes.
Quelques jours plus tard, Le Monde nous apprenait que la diffusion et la mise en vente de ce document étaient interdites en France.
Cet ouvrage mêle des données scientifiques sans aucun rapport avec le sujet à un délire morbide prétendant démontrer que les chambres à gaz d'Auschwitz n'ont pu être utilisées que pour l'élimination des poux apportés dans leurs vêtements par les déportés d'Europe centrale.
Nous n'aurions pas prêté grande attention à ce document, s'il n'y était dit que le rapport avait été envoyé à tous les professeurs de chimie minérale des universités allemandes et n'avait "pas suscité la moindre critique". Notre silence aurait donc à coup sûr pu être interprété comme une approbation. Nous tenons donc simplement à dire que cet ouvrage est un exemple remarquable de perversion de la science; il n'est intéressant que sur le plan de la psychopathologie, mais est évidemment très dangereux par l'apparence de sérieux qui en résulte.

Les membres de la section de Chimie de l'Académie des sciences

 

 

Ce texte est surprenant. Il s'agirait d'une déclaration collective des membres, tous les membres, de la section de chimie de l'Académie des sciences, qui auraient donc convenu d'un texte commun les engageant collectivement. Il faut, pour susciter une telle démarche, que le sujet soit important, et pour susciter une telle unanimité, que la position adoptée relève de l'évidence, mais qu'il soit néanmoins nécessaire de rappeler cette évidence.

Cette évidence est donc, à l'évidence, contestée par d'autres. Et c'est ce qui motive l'insertion de ce texte surprenant dans une revue scientifique faisant autorité.

Nous y voilà. On veut manifestement par la publication de ce texte unanime mobiliser l'autorité de cet impressionnant aréopage. On s'étonne dès lors qu'un sujet soit à la fois si important qu'il justifie d'une initiative collective des académiciens, mais fasse l'objet d'une publication à la sauvette, et l'on est conduit à s'interroger sur la nature et la signification de ce texte, et de l'unanimité qu'il affiche.

S'agit-il d'une unanimité spontanée, ou d'une unanimité consentie sous la pression de zélotes échauffés prêts à dénoncer quiconque manquerait de fermeté?

Quelle que soit la réponse à cette interrogation, peu importe. Le fait est là. La section de Chimie de l'Académie des sciences, et chacun de ses membres, engage son autorité... Mais la science ne connaît pas, n'a pas à connaître, d'argument d'autorité! Effectivement l'avis et l'opinion unanime de la section de chimie de l'Académie des sciences n'ont rigoureusement rien à voir ni avec la chimie, ni avec la science. Même si on accepte de considérer la psychiatrie comme une science, les membres de la section chimie n'ont aucune compétence dans cette science-là. Et pourtant ils co-signent:"Nous tenons donc simplement à dire que cet ouvrage est un exemple remarquable de perversion de la science; il n'est intéressant que sur le plan de la psychopathologie,...".

Les membres de la section de chimie engagent leur autorité collective dans une déclaration où ils demandent textuellement à être cru sur parole, et qui est l'antithèse parfaite d'une démarche scientifique, puisqu'elle substitue à la démonstration l'argument d'autorité.

Quelque grande et légitime que soit l'autorité d'un scientifique, il la perd dès lors qu'il l'invoque à l'appui d'un raisonnement, en lieu et place d'une démonstration.

Mais s'agit-il d'un raisonnement? Ou de la reconduction d'un anathème de nature religieuse? Ainsi, le "Rapport Rudolf" serait un exemple remarquable de perversion de la science. Fort bien! La perversion de la science est une menace grave qui justifierait effectivement une intervention de l'Académie des sciences. Le dévoilement et la "déconstruction" scientifique d'un exemple particulièrement remarquable de cette perversion honorerait l'Académie et renforcerait son autorité et son rayonnement dans le monde. Mais au lieu de nous le montrer, de nous le démontrer, d'étaler sous le regard du public ébahi, et d'abord de toute la communauté scientifique, les erreurs, les apories, et les méthodes perverses qu'ils ont décelées dans le Rapport Rudolf, les académiciens se bornent à déclarer...

Ce Rapport, qui n'est intéressant que sur le plan de la psychopathologie, est néanmoins "très dangereux par l'apparence de sérieux qui en résulte".

Comme c'est bizarre...!

Un rapport, présenté à l'appui d'une thèse, et qui relève de la psychopathologie manifeste, a toute les chances de contribuer à la ruine définitive de la thèse qu'il prétend soutenir. Comment donc ce Rapport pourrait-il être dangereux?

-- Parce qu'il en résulte une apparence de sérieux pour la thèse qu'il défend.

Ce Rapport aurait-il donc une apparence de sérieux?

Comme c'est étrange! On vient de nous dire que: "Cet ouvrage mêle des données scientifiques sans aucun rapport avec le sujet à un délire morbide prétendant démontrer..."

Si tel est le cas ce rapport ne trompera personne en dehors du public qui relève de la psychopathologie, et sa diffusion auprès d'un public scientifique ne peut contribuer qu'a convaincre de l'inanité des thèses révisionnistes ceux qui auraient pu avoir été amené à se poser des questions.

Une démarche collective des académiciens, qui résonne comme une mise-en-garde, semble exagérée. Si les données scientifiques exposées dans le Rapport sont sans rapport avec le sujet, et si le sujet est bien celui qui est défini par les membres de la section de Chimie, on ne voit pas bien quelle apparence de sérieux peut en résulter. Mais évidement, si le Rapport, qui n'est pas sérieux, peut néanmoins paraître sérieux, toute intervention susceptible de déjouer les apparences sera la bienvenue.

Lorsque l'apparence ne coincide pas avec l'essence, la seule intervention susceptible d'être utile et efficace ne peut qu'être de l'ordre de la démonstration. Une simple déclaration anathèmisante faisant appel à l'argument d'autorité constitue en la circonstance la pire des ripostes possibles. Dans la mesure où des apparences sont susceptibles de tromper certains, il importe d'aller au delà des apparences et de les détromper en désignant clairement l'erreur. Faute de quoi le silence sur ce point pourrait "à coup sûr être interprété"... car ce texte des académiciens en dit trop... ou...pas assez.

Au surplus, on apprend incidemment que ce Rapport avait été envoyé à tous les professeurs de chimie minérale des universités allemandes et "n'avait pas suscité la moindre critique". C'est précisément ce qui aurait motivé le poulet collectif des académiciens.

Ils ne voulaient pas qu'il puisse être dit par les affreux révisionnistes: "Le Rapport Rudolf a été envoyé a tous les membres de etc... et n'a pas suscité la moindre critique".

Mais les affreux révisionnistes seraient en droit de dire que le Rapport a suscité un rejet total et une réaction de duchesse outragée, mais pas la moindre critique un tant soit peu circonstanciée.

La réponse est évidente, et c'est probablement le message que les auteurs ont voulu faire passer: Le Rapport n'est même pas digne d'une critique un tant soit peu circonstanciée.

-- Mais alors en quoi est-il "évidement très dangereux"?

Si il est dangereux, il appelle impérativement une critique circonstanciée, qui devrait être d'autant plus facile qu'il comporterait des erreurs plus grossières, mais d'autant plus nécessaire que ces erreurs seraient difficilement identifiables.

La réfutation du Rapport Rudolf est-elle facile ou est-elle difficile?

C'est selon,...

Mais l'histoire qu'on nous baille-là n'a ni queue ni tête et ouvre sur une nouvelle aporie. Que sont ces affreux révisionnistes qui enverraient à grands frais et grands tracas, aux personnalités les plus compétentes pour déceler leurs supercheries, un Rapport si mal ficelé, avec des développements scientifiques sans rapport avec le sujet, dans le seul but de pouvoir exciper d'un silence...!!!

Voilà une stratégie bien compliquée qui, de plus, peut être mise instantanément en déroute par une rupture de ce silence, précisément.

A moins que les membres de la section de Chimie de l'Académie des sciences ne s'avèrent incapables de réfuter le Rapport Rudolf: Rapport d'expertise sur la formation et le contrôle de la présence de composés cyanurés dans les "chambres à gaz" d'Auschwitz. mais aient imprudemment consenti leur signature sans avoir réellement étudié le sujet.

De toute façon, maintenant ils en encourent le soupçon

Mais heureusement, "Le Monde nous apprenait que la diffusion et la mise en vente de ce document étaient interdites en France".

Il n'y a donc plus de problème!

Dormez... Dormez les petit... Dormez!

Circulez, il n'y a rien à voir...!


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