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AFFAIRE THEIL

Limoges, 7 octobre 2005

ARGUMENTAIRE

 

Plaintes contre Georges Theil pour envois de son ouvrage, Un Cas d'insoumission / Comment on devient révisionniste (2002). Procès à Limoges, le 7 octobre 2005 à 8h 30, sur fondement d'une loi interdisant la contestation de l'existence de « crimes contre l'humanité » (2% du texte du jugement de Nuremberg, en 1946).

Contestations du jugement de Nuremberg par les historiens orthodoxes

La loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990 interdit la contestation de l'existence de « crimes contre l'humanité », tels que définis et punis, juste après la guerre, par le Tribunal militaire international (TMI) de Nuremberg. Des vainqueurs jugeant des vaincus ont, sans aucun recours à des historiens, déclaré conformes à la vérité historique un certain nombre d'affirmations non démontrées. Nous sommes libres de contester ces affirmations sans preuve, telles qu'elle figurent dans le texte du jugement, à l'exception toutefois de l'une d'entre elles, et une seule : celle qui se trouve concerner l'« extermination » des juifs et les « chambres à gaz » nazies. Comme ce sujet-là occupe, en deux fragments distincts, 3 pages 1/2, soit 2% des 187 pages de la version française du jugement, on s'étonne du traitement de faveur qui fait qu'environ 98% du jugement sont contestables et que seuls environ 2% du même jugement sont, en 1990, devenus incontestables sous peine de prison, d'amende et de peines diverses. L'histoire des hommes est tissée de milliards d'événements sur la nature de chacun desquels nous sommes libres, en France, de publier le résultat de nos recherches. Bizarrement, un seul sujet est à jamais interdit de véritable recherche et de contestation : cette « extermination » des juifs avec ses « chambres à gaz ».

En quinze années (1991-2005) d'application de la loi Fabius-Gayssot, les magistrats français ont, pour leur honneur, manifesté de plus en plus de répugnance à obéir aux injonctions du législateur socialo-communiste de 1990. Cela se comprend quand on sait que, depuis 1951, les historiens qui soutiennent la thèse de la réalité du génocide et des chambres à gaz ont, à leur corps défendant, révisé tant d'affirmations sans preuves émises par le tribunal de Nuremberg. Même s'ils cherchent à les noyer dans un flot de considérations rituelles et orthodoxes, ces historiens conventionnels ont, sous la poussée des révisionnistes, multiplié les admissions, les concessions et parfois même les redditions ou les capitulations, donnant ainsi raison aux contestataires. L'article 21 du statut du TMI disposait : « Le Tribunal n'exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. » Aujourd'hui, les faits tenus pour acquis par ce tribunal offrent le spectacle d'un champ de ruines. On peut en juger par la lecture des quelques révisions déchirantes qui suivent. Ne sont pas ici pris en considération les innombrables faux dont on a fait usage devant ce tribunal qui, dans l'article 19 de son statut précisait : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l'administration des preuves » : faux savon juif, faux abat-jours de peaux humaines, fausse tête réduite, cheveux, chaussures, lunettes de récupération présentés comme cheveux, chaussures, lunettes de gazés, cadavres de morts présentés comme cadavres de tués, cadavres de victimes de bombardements anglo-américains à Neuengamme présentés comme cadavres de victimes des Allemands, présentations en chambres à gaz d'exécution de locaux qui n'étaient en réalité qu'une salle de bains ou un garage ou un dépositoire de morgue ou une unité de désinfection/désinfestation (Entwesung/Entläusung), faux documents comme le factum Hitler m'a dit attribué à Hermann Rauschning (ce faux a été considérablement utilisé par les ministères publics soviétique et britannique), innombrables faux témoignages oraux ou écrits, chiffres délirants, etc. A titre d'exemples, voici quelques spécimens de ces contestations émanant de sources purement orthodoxes.

1) En 1951, Léon Poliakov écrit au sujet de la « campagne d'extermination des juifs » : «Aucun document n'est resté, n'a peut-être jamais existé » (Bréviaire de la haine, Paris, Calmann-Lévy, 1974 [1951], p. 171).


Remarque : de quel droit interdire la contestation d'une histoire qui ne repose « peut-être » sur aucun document ?

2) En 1960, Martin Broszat, membre de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich, écrit : « Ni à Dachau, ni à Bergen-Belsen, ni à Buchenwald, des juifs ou d'autres détenus n'ont été gazés » (Die Zeit, 19 août 1960, p. 16). Or, au procès de Nuremberg, un film a montré la prétendue chambre à gaz de Dachau et nombreux sont les témoignages de prétendus gazages homicides dans les trois camps susmentionnés. Aujourd'hui, à Dachau, une pancarte indique en cinq langues que « la chambre à gaz » n'a jamais servi. Il est impossible de savoir sur quels critères on a décidé, en 1960, de réviser ainsi l'histoire de ces camps et de ne pas réviser, sur le point précis des chambres à gaz, l'histoire des autres camps.


Remarque: de quel droit interdire la contestation d'une histoire aussi fluctuante et arbitraire ?

3) En 1968, Olga Wormser-Migot, dans sa thèse sur Le Système concentrationnaire nazi, 1933-1945 (Paris, Presses universitaires de France, 1968), consacre tout un développement à ce qu'elle appelle « Le problème des chambres à gaz » (p. 541-544). Elle exprime son scepticisme sur la valeur de célèbres témoignages attestant de l'existence de chambres à gaz dans des camps comme ceux de Mauthausen ou de Ravensbrück. Sur Auschwitz-I, elle est formelle : ce camp où, aujourd'hui encore, les touristes visitent une prétendue chambre à gaz était « sans chambre à gaz » (p. 157).


Remarque : vu que les témoignages sur d'autres camps ne diffèrent pas des témoignages sur ces trois camps, de quel droit interdire, depuis 1990, une contestation qui était encore permise en 1968 ?

4) En 1979, trente-quatre historiens français signent une longue déclaration commune en réponse aux arguments techniques de Robert Faurisson tendant à démontrer que l'existence et le fonctionnement des chambres à gaz nazies se heurtent à des impossibilités matérielles radicales (impossibilité, notamment, de pénétrer « en fumant et en mangeant » dans un local saturé d'acide cyanhydrique pour y toucher, manipuler et en extraire à grand ahan des milliers de cadavres imprégnés d'acide cyanhydrique). Rédigée par Léon Poliakov et Pierre Vidal-Naquet, cette déclaration conclut : « Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu » (Le Monde, 21 février 1979, p. 23).


Remarque : si trente-quatre historiens se trouvent incapables d'expliquer comment un crime de cette dimension a été perpétré, pourquoi n'aurait-on pas le droit de contester la réalité même de ce crime ?

5) En 1982, Raul Hilberg, revenant complètement sur sa thèse de 1961, affirme que le processus de « destruction des juifs d'Europe » s'est finalement déroulé sans plan, sans organisation, sans centralisation, sans projet, sans budget, mais grâce à « une incroyable rencontre des esprits, une transmission de pensée consensuelle au sein d'une vaste bureaucratie », la bureaucratie allemande (an incredible meeting of minds, a consensus mind reading by a far-flung bureaucracy) (Newsday, New York, 23 février 1983, p. II/3). Cette explication, R. Hilberg la confirmera sous serment au procès Zündel de 1985 à Toronto, le 16 janvier 1985 (transcription verbatim, p. 848) ; puis, il la confirmera de nouveau mais avec d'autres mots dans la version profondément révisée de son ouvrage The Destruction of the European Jews, New York, Holmes & Meier, 1985, p. 53, 55, 62 ; en français, La Destruction des juifs d'Europe, Paris, Fayard, 1988, p. 51, 53, 60).


Remarque : de quel droit interdire la contestation de ce que l'historien Number One du génocide des juifs juge lui-même « incroyable » ? Faut-il croire à l'incroyable ? Faut-il croire à la transmission de pensée, en particulier au sein d'un vaste appareil bureaucratique et, plus particulièrement encore, au sein de la bureaucratie du IIIe Reich ? En quoi le processus décrit par ce prestigieux historien diffère-t-il de l'opération du Saint-Esprit ?

6) Toujours en 1982, une association est fondée à Paris pour l'étude des assassinats par gaz sous le régime national-socialiste (ASSAG) « en vue de rechercher et contrôler les éléments apportant la preuve de l'utilisation des gaz toxiques par les responsables du régime national-socialiste en Europe pour tuer les personnes de différentes nationalités, contribuer à la publication de ces éléments de preuve, prendre à cet effet tous les contacts utiles au plan national et international ». L'article 2 des statuts dispose : « La durée de l'Association est limitée à la réalisation de son objet énoncé à l'article 1. » Or cette association fondée, le 21 avril 1982, par quatorze personnes, dont Germaine Tillion, Georges Wellers, Geneviève Anthonioz née de Gaulle, Me Bernard Jouanneau et Pierre Vidal-Naquet, n'a, en près d'un quart de siècle, jamais rien publié et, à ce jour de 2005, elle existe encore. Pour le cas où l'on soutiendrait, à tort, qu'elle a produit un livre intitulé Chambres à gaz, secret d'Etat, il conviendrait de rappeler qu'il s'agit là en fait de la traduction en français d'un ouvrage publié en allemand par Eugen Kogon, Hermann Langbein et Adalbert Rückerl et où figurent quelques contributions de quelques membres de l'ASSAG (Paris, Editions de Minuit, 1984). A lui seul, le titre de l'ouvrage donne une idée du contenu : au lieu de preuves, appuyées de photographies de chambres à gaz, de dessins, de croquis, de rapports d'expertises sur l'arme du crime, le lecteur ne trouve que des spéculations à partir de ce qui est appelé « éléments de preuves » (et non « preuves »), et cela parce que, nous dit-on, ces chambres à gaz auraient constitué le plus grand secret possible, un « secret d'Etat ».


Remarque : de quel droit interdire la contestation des « éléments de preuves » (pas même des preuves) qu'apporterait une association qui, du seul fait de son existence encore aujourd'hui en 2005, n'a toujours pas réalisé l'objet pour lequel elle a été fondée, il y a près d'un quart de siècle ?

7) Le 26 avril 1983 prend fin, en appel, le long procès intenté en 1979, notamment par des organisations juives, à Robert Faurisson pour « dommage à autrui par falsification de l'histoire ». Ce jour-là, la première chambre de la cour d'appel civile, section A (président Grégoire), prononce qu'on ne peut déceler dans les travaux du professeur sur les chambres à gaz aucune trace de légèreté, aucune trace de négligence, aucune trace d'ignorance délibérée, ni aucune trace de mensonge et que, par voie de conséquence, « la valeur des conclusions défendues par M. Faurisson [sur les chambres à gaz] relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public. »


Remarque : comment des juges pourraient-ils, en conscience, châtier ceux qui aujourd'hui reprennent à leur compte la contestation du professeur sur « le problème des chambres à gaz » (expression utilisée par la cour)?

8) Toujours en 1983, Simone Veil déclare au sujet des chambres à gaz : « Au cours d'un procès intenté à Faurisson pour avoir nié l'existence des chambres à gaz, ceux qui intentent le procès sont contraints d'apporter la preuve formelle de la réalité des chambres à gaz. Or chacun sait que les nazis ont détruit ces chambres à gaz et supprimé systématiquement tous les témoins » (France-Soir Magazine, 7 mai 1983, p. 47).


Remarque : si l'on ne trouve ni arme du crime, ni témoignages, n'a-t-on pas le droit de contester la réalité de ce crime ? Que dire des locaux présentés à des millions de visiteurs abusés comme étant des chambres à gaz ? Que penser des personnages qui se présentent en témoins ou en miraculés des chambres à gaz ?

9) En 1986, Michel de Boüard, ancien résistant déporté, professeur d'histoire, doyen de la faculté des lettres de l'université de Caen, membre de l'Institut de France, responsable, au sein du Comité d'histoire de la deuxième guerre mondiale, de la commission d'histoire de la déportation, déclare qu'en fin de compte « le dossier est pourri ». Il précise que le dossier de l'histoire du système concentrationnaire allemand est « pourri » par, selon ses propres mots, « énormément d'affabulations, d'inexactitudes obstinément répétées, notamment sur le plan numérique, d'amalgames, de généralisations ». Faisant allusion aux études des révisionnistes, il ajoute qu'il y a « d'autre part, des études critiques très serrées pour démontrer l'inanité de ces exagérations » (Ouest-France, 2-3 août 1986, p. 6).


Remarque : si un dossier est « pourri », n'a-t-on pas le droit et même le devoir de le contester ?

10) En 1988, Arno Mayer écrit à propos des chambres à gaz nazies : « Les sources pour l'étude des chambres à gaz sont à la fois rares et douteuses » (Sources for the study of the gas chambers are at once rare and unreliable) (The « Final Solution » in History , New York, Pantheon Books, 1988, p. 362 ; en français, La « solution finale » dans l'histoire, préface de Pierre Vidal-Naquet, Paris, La Découverte, 1990, p. 406).


Remarque : de quel droit interdire la contestation de sources historiques d'une telle rareté ? L'historien doit-il se fier à ce qui est douteux ?

11) En 1989, Philippe Burrin, posant en principe et sans le démontrer que chambres à gaz et génocide ont existé, tente de déterminer à quelle date et par qui la décision a été prise d'exterminer physiquement les juifs d'Europe. Il n'y parvient pas plus que tous ses confrères « intentionnalistes » ou « fonctionnalistes » (Hitler et les juifs / Genèse d'un génocide, Paris, Seuil, 1989). Il constate ce qu'il appelle l'absence de traces et « l'effacement obstiné de la trace d'un passage d'homme » (p. 9). Il déplore « les grandes lacunes de la documentation. Il ne subsiste aucun document portant un ordre d'extermination signé de Hitler. [] Selon toute vraisemblance, les ordres furent donnés verbalement. [] les traces sont ici non seulement peu nombreuses et éparses, mais difficiles d'interprétation » (p. 13).


Remarque : si l'historien ne peut produire aucun document en ce sens, signé de Hitler ou d'un autre, mais seulement ce qu'il appelle des « traces », au demeurant peu nombreuses, éparses et difficiles d'interprétation, de quel droit interdire la contestation de la thèse générale que cet historien persiste à défendre ?

12) En 1992, Yehuda Bauer, professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem, déclare lors d'une conférence internationale qui s'est tenue à Londres sur le génocide des juifs : « Le public répète encore, jour après jour, la sotte histoire (the silly story) qui veut que ce soit à Wannsee que l'extermination des juifs ait été décidée » (communiqué de la Jewish Telegraphic Agency reproduit dans The Canadian Jewish News, 30 janvier 1992).


Remarque : outre le fait qu'une lecture attentive du « procès-verbal » de la réunion de Berlin-Wannsee du 20 janvier 1942 prouve que les Allemands envisageaient une « solution finale territoriale [eine territoriale Endlösung (doc. NG-2586, p. 4)] de la question juive », débouchant sur un « renouveau juif » dans un territoire à déterminer, la déclaration bien tardive de Yehuda Bauer ne confirme-t-elle pas qu'il fallait contester ce point majeur de la version officielle du génocide juif ? L'extermination des juifs n'a été décidée ni à Wannsee ni ailleurs ; l'expression de « camps d'extermination » n'est qu'une invention de la propagande de guerre américaine et des exemples prouvent que, pendant la guerre, l'assassinat d'un seul juif ou d'une seule juive exposait son auteur, qu'il fût civil ou militaire, membre ou non de la SS, à passer en conseil de guerre de l'armée allemande et à être fusillé (en soixante ans, jamais un seul historien orthodoxe n'a fourni une explication à ce genre de faits).

13) En 1995, l'historien Eric Conan, co-auteur avec Henry Rousso de Vichy, un passé qui ne passe pas, (Paris Gallimard, 2001 [1994, 1996]) écrit que Faurisson avait finalement eu raison de certifier, à la fin des années 1970, que la chambre à gaz visitée à Auschwitz par des millions de touristes (500 000 par an) était entièrement fausse. Selon E. Conan : « Tout y est faux []. A la fin des années 70, Robert Faurisson exploita d'autant mieux ces falsifications que les responsables du musée rechignaient alors à les reconnaître. » E. Conan poursuit : « [Des personnes], comme Théo Klein, [préfèrent qu'on laisse la chambre à gaz] en l'état mais en expliquant au public le travestissement : " l'Histoire est ce qu'elle est ; il suffit de la dire, même lorsqu'elle n'est pas simple, plutôt que de rajouter l'artifice à l'artifice " ». E. Conan rapporte ensuite un propos stupéfiant de la sous-directrice du Musée national d'Auschwitz, qui, elle, ne se résout pas à expliquer au public le travestissement. Il écrit : « Krystyna Oleksy [] ne s'y résout pas : « Pour l'instant, on la laisse en l'état [cette pièce] et on ne précise rien au visiteur. C'est trop compliqué. On verra plus tard » (« Auschwitz : la mémoire du mal », L'Express, 19-25 janvier 1995, p. 68).


Remarque : ce propos d'une responsable polonaise ne signifie-t-il pas : on a menti, on ment et, jusqu'à nouvel ordre, on continuera de mentir ? Dans toute enquête au sujet des chambres à gaz, ne convient-il pas de commencer par mettre en doute leur existence et donc de contester ce qui nous est montré ou dit à leur sujet par des autorités réputées dignes de confiance ? Il est à noter qu'en 2001 le caractère fallacieux de cette chambre à gaz Potemkine sera enfin reconnu dans un livret accompagnant deux CD-Rom et intitulé : Le Négationnisme ; rédigé par Jean-Marc Turine et Valérie Igounet, ce livret est préfacé par Simone Veil (Radio-France - INA, Vincennes, Frémeaux et Associés, 2001, p. 27-28).

14) En 1996, Jacques Baynac, historien de gauche et, dès 1978, résolument antirévisionniste, admet, toute réflexion faite, qu'il n'y a pas de preuves de l'existence des chambres à gaz nazies. On ne peut, écrit-il, que constater « l'absence de documents, de traces ou d'autres preuves matérielles » (Le Nouveau Quotidien de Lausanne, 2 septembre 1996, p. 16, et 3 septembre 1996, p. 14).
Remarque : en somme, J. Baynac dit : « Il n'y a pas de preuves mais je crois », tandis qu'un révisionniste pense : « Il n'y a pas de preuves, donc je refuse de croire et je conteste » ; va-t-on punir quelqu'un parce qu'il n'a pas la foi ?

15) En 2000, à la fin de son Histoire du négationnisme en France (Paris, Gallimard), Valérie Igounet publie un long texte de Jean-Claude Pressac où ce dernier, reprenant le mot du professeur Michel de Boüard, déclare que le dossier du système concentrationnaire est « pourri », et ce de façon irrémédiable. Il écrit : « Peut-on redresser la barre ? » et il répond : « Il est trop tard ». Il ajoute : « La forme actuelle, pourtant triomphante, de la présentation de l'univers des camps est condamnée ». Il termine en estimant que tout ce qu'on a ainsi inventé autour de trop réelles souffrances est promis « aux poubelles de l'histoire » (p. 651-652). En 1993-1994, ce protégé de Serge Klarsfeld et de Michael Berenbaum avait été célébré dans le monde entier comme un extraordinaire chercheur qui, dans son livre sur Les Crématoires d'Auschwitz, la machinerie du meurtre de masse (Paris, CNRS éditions, 1993), avait, paraît-il, terrassé l'hydre du révisionnisme. Ici, dans le livre de V. Igounet, on le voit signer sa capitulation.


Remarque : si un dossier est irrémédiablement pourri et si tant de ses éléments sont voués aux poubelles de l'histoire, comment peut-on attendre des juges qu'ils en punissent la contestation ?

R. Faurisson a été maintes fois condamné en justice pour contestation de la thèse officielle. Il l'a été avant et après la promulgation de la loi Fabius-Gayssot. Néanmoins, au fil des années, plus il a récidivé, plus les condamnations sont devenues légères ; parfois même, à la fin, le juge d'instruction décidait d'un non-lieu ou bien le tribunal ou la cour, d'une relaxe. A telle enseigne que, lorsque, en 1999, il a publié en quatre volumes un ouvrage de plus de 2000 pages intitulé Ecrits révisionnistes (1974-1998), il a été poursuivi - sans succès - pour n'avoir pas déposé d'exemplaire au Dépôt légal du ministère de l'Intérieur mais le contenu même de l'ouvrage ne lui a valu aucune poursuite. Dans les années suivantes, il n'a été poursuivi pour aucune de ses publications révisionnistes. (Toutefois, curieusement, la chasse vient de rouvrir sur plainte du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui l'a dénoncé pour avoir accordé au téléphone une interview révisionniste à une station de télévision iranienne).

G. Wellers et P. Vidal-Naquet ont été indignés par l'arrêt du 26 avril 1983. Le premier a écrit : « La cour a reconnu que [Faurisson] s'était bien documenté. Ce qui est faux. C'est étonnant que la cour ait marché » (Le Droit de vivre, juin-juillet 1987, p. 13). Le second a écrit que la cour de Paris « a reconnu le sérieux du travail de Faurisson, ce qui est un comble, et ne l'a, en somme, condamné que pour avoir agi avec malveillance en résumant ses thèses en slogans » (Les Assassins de la mémoire, Paris, La Découverte, 1987, p. 182). En 1986, réunis autour du grand rabbin Sirat, ces historiens ont préconisé l'instauration d'une loi spécifiquement antirévisionniste (Bulletin quotidien de l'Agence télégraphique juive, 2 juin 1986, p. 1, 3). Le socialiste Laurent Fabius et le communiste Jean-Claude Gayssot combleront leurs vux avec la création d'une loi conçue pour, à la fois, bâillonner les révisionnistes et ligoter les juges.

Mais le droit à la recherche historique n'a que faire de liens et de bâillons.
Maurice Haas-Colle (Dubitando, n° 7, p. 1-10)


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