AAARGH

| Accueil général | Accueil français | Actualité mars 2001|
Le rôle d'Israël dans la grâce marque le coup d'envoi

d'un énorme règlement de compte

 

Pourquoi grâcier Rich et non Pollard?

 

par RACHEL DONADIO et AMY KLEIN

 


 

The Forward, 16 février 2001 [magazine juifniouyorkais]

http://www.forward.com/issues/2001/01.02.16/news1.html

Un bras de fer silencieux mais féroce s'est déclenché entre les hommes de Washington et les activistes de la communauté juive autour du rôle joué par Israël dans la décision de Clinton de grâcier le milliardiaire en fuite Marc Rich.

La grâce octroyée le 20 janvier a soulevé une tempête de protestations. Elle était l'aboutissement d'une campagne soutenue des dirigeants juiifs israéliens et américains. Plus de cent lettres ont été écrites en faveur de M. Rich, près de la moitié par des Israéliens, d'après une liste que s'est procurée Forward. Il en résulte une guerre à laquelle participent les principaux acteurs des plus sales règlements de comptes des dix dernières années.

Les auditions au Congrès dans l'affaire de la grâce sont menées par le député républicain Dan Burton, de l'Indiana, un des principaux opposants à M. Clinton. Certains activistes juifs, pendant ce temps, protestent parce que la pression israélienne et juive aurait dû, à leurs yeux, s'exercer en faveur de Jonathan Pollard, condamné pour espionnage, et non en faveur de celle de M. Rich.

Joseph di Genova, un des avoués qui représentent l'abocat de M. Rich devant la commission d'enquête du Congrès, a déclaré à Forward cette semaine que c'était l'intervention directe et appuyée d'Israël qui avait entraîné la grâce [de Rich]. Barak, le premier ministe israélien, "était intervenu directement trois fois auprès du président pour obtenir la grâce de Rich", dit M. di Genova. "C'est ce que nous avons compris."

Les propos de M. di Genova ont irrité certains dirigeants juifs, dont Malcolm Hoenlein, un des vice-présidents de la "Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines". "Objectivement, je pense qu'il est déplorable que des hommes impliqués dans l'affaire essaient de faire peser la responsabilité sur le gouvernement israélien alors que c'est la Maison blanche qui a pris la décision", dit M. Hoenlein.

M. di Genova a lui-même un rôle direct dans l'affaire: il était procureur fédéral au procès contre Pollard et c'est lui qui a mené en 1987 la transaction qui a abouti (à tort, prétendent les avocats de Pollard) à sa condamnation à perpétuité. Il n'a pas cessé de plaider contre la clémence envers cet espion israélien qui est né citoyen américain.

Jack Quinn, l'avocat de M. Rich que M. di Genova représente devant le Congrès, est un ancien conseiller de la Maison blanche qui a représenté M. Clinton dans plusieurs scandales au milieu des années quatre-vingt-dix.

M. Hoenlein a toujours réclamé la clémence pour Pollard. Il dit qu'il a vu M. Clinton à la fin du mois de décembre pour essayer d'obtenir la grâce de Pollard. Il ajoute avoir été "surpris" de l'intervention répétée d'Israël en faveur de M. Rich.

Tous les jours, on découvre une nouvelle dimension à cette intervention: parmi les cent personnes qui ont écrit à M. Clinton pour demander la grâce de Rich, on trouve des hommes politiques israéliens de premier plan et les chefs des oeuvres charitables juives américaines qui ont bénéficié des largesses de M. Rich.

 

On y trouve ainsi Shabtai Shavit, ex-directeur du Mossad (services secrets); Ehud Olmert, maire de Jérusalem, et Shlomo Ben-Ami, ministre des affaires étrangères. Y figurent aussi Abraham Foxman, directeur national de la ligue contre la diffamation, Michael Steinhardt, un philanthrope (qui est aussi vice-président de cette revue [le magazine Forward]), et Marlene Post, ancienne présidente de Hadassah. M. Rich a fait don de cinq millions de dollars à Birthright Israel, une association fondée par M. Steinhardt et présidée par Mme Post.

En décembre 2000, M. Foxman a adressé une lettre sur papier à en-tête de la Ligue contre la diffamation pour demander la grâce; il était mû "par des raisons humanitaires", d'après sa porte-parole, Myrna Sheinbaum, qui ajoute que M. Foxman refuse d'en dire plus. M. Steinhardt, quant à lui, n'a pas répondu à nos appels téléphoniques. D'après Roberta Elliott, un des porte-parole de Hadassah, Hadassah n'a "pas eu connaissance" de la lettre de Mme Post. "Elle n'a pas écrit cette lettre en qualité de dirigeant de Hadassah", dit-elle, ajoutant que "jamais, jamais", Hadassah n'avait dévoilé le nom de ses bienfaiteurs.

Le prix Nobel Elie Wiesel, qui a fait campagne pour Pollard, a dit à Forward qu'on lui avait demandé d'intervenir en faveur de M. Rich mais qu'il avait refusé: "Ils m'ont demandé mais je n'ai rien fait", dit M. Wiesel. "Ils voulaient que je le fasse, alors ils se sont servis de mon nom." M. Wiesel dit qu'il a "beaucoup" fait pour Pollard mais que les deux cas ne sont pas comparables.

M. di Genova a dit à Forward que l'intervention des personnalités israéliennes avait "certainement joué un grand rôle" dans l'octroi de la grâce de M. Rich, qui s'est enfui en Suisse en 1983, accusé d'avoir fraudé le fisc de quarante-huit millions de dollars. Il est aussi accusé d'avoir fait des affaires avec l'Iran pendant la crise des otages, violant ainsi la législation qui règlemente le commerce avec l'ennemi.

Il est "incontestable", d'après M. di Genova, que les générosités de M. Rich sont la principale raison de sa grâce. "Vous savez que M. Rich a une énorme oeuvre de charité en Israël, qui distribue des millions de dollars aux oeuvres de charité locales", dit-il. "Cette affaire était donc très importante pour le gouvernement israélien."

Outre les oeuvres charitables, M. di Genova dit que M. Rich "a également été d'un grand secours dans le processus de paix, aidant le développement économique et d'autres choses qu'ils [les Israéliens] ne veulent pas révéler."

Lors d'une émission de la chaîne NBC la semaine dernière, M. di Genova a déclaré: "Lorsque le premier ministre israélien, un de nos plus fidèles alliés, demande une grâce au président des Etats-Unis, je crois que le président comprend très bien que l'affaire est importante."

On ignore à peu près tout des liens de M. Rich avec le Mossad, disent les commentateurs. D'après la presse, M. Shavit, ex-dirigeant du Mossad, écrit dans sa lettre qu'il a demandé l'aide de M. Rich pour faire sortir des juifs de pays annemis. D'après certains informateurs proches de l'affaire, les relations de M. Rich en Iran (qui constituent d'ailleurs l'un des chefs d'accusation contre lui) pourraient avoir un rapport avec sa collaboration avec les services secrets. Avner Azulay, le directeur de la fondation israélienne de M. Rich, est un ancien agent du Mossad.

Pollard, condamné pour espionnage, a écrit le 13 février, dans une lettre au nouveau premier ministre , qu'il pensait qu'Israël l'avait abandonné en faveur de M. Rich. "Ehoud Baraque a abandonné un agent israélien pour défendre un escroc richissime, un hors-la-loi. Des informateurs à Washington nous disent que Baraque a répété sans cesse à Clinton qu'il préférait que je reste en prison". M. Baraque n'est jamais que le dernier nom sur la liste des dirigeants israéliens que Pollard accuse de l'avoir abandonné.

On disait en 1998, lorsque Sharon était ministre des affaires étrangères, que c'était lui qui demandait à Nataniahou de quitter les négociations de paix de Wye Plantation si M. Clinton refusait de faire libérer Pollard. M. Nataniahou a retiré sa menace quand il a compris que Clinton ne ferait jamais libérer Pollard. Le bruit a couru aussi à l'époque que le directeur de la CIA menaçait de démissionner si Pollard était libéré.

Certains avocats de Pollard ont dit cette semaine qu'ils pensaient que M. Clinton avait peut-être grâcié Rich pour compenser le maintien en détention de Pollard. "Je crois que Clinton a pensé qu'il ne voulait pas, ou ne pouvait pas, céder dans l'affaire Pollard et qu'il jetterait ainsi un os à la communauté juive", a déclaré à Forward le rabbin Adlerstein, porte-parole du Conseil des rabbins de Californie. "Mais ce n'était pas le bon os, car il nous a apporté beaucoup plus de gêne que de joie et de bonheur." En fait, d'après le rabbin Adlerstein, la grâce de M. Rich était "un signe ultime de mépris pour la communauté juive".

M. di Genova nous a dit qu'il "ne savait pas si M. Rich avait été grâcié à la place de Pollard. Pollard ne méritait pas la grâce et ne l'a pas eue. Marc Rich l'a eue: posez la question à Baraque". M. di Genova dit que Baraque avait aussi réclamé la grâce de Pollard. Il a déclaré également qu'il n'était pas favorable à la grâce de Rich mais que son client M. Quinn n'avait rien fait de mal.

M. Hoenlein a déclaré qu'il avait supplié Clinton de séparer l'affaire Pollard de l'affaire Rich. "Nous tenions à nous assurer qu'on n'oubliait pas la grâce de Pollard, parce que nous savions qu"une telle occasion d'agir ne se représenterait pas ." Il a ajouté qu'il avait rencontré M. et Mme Clinton ainsi que des chefs de bureaux ministériels et des élus dans les derniers semaines de la présidence Clinton. "On m'a dit qu'il y avait une chance", dit-il.

M. Hoenlein a refusé de commenter l'intervention de certaines associations membres de la Conférence des présidents des grandes associations juives en faveur de la grâce de Rich. "Ça les ragarde."

Le président du Congrès juif mondial Edgar Bronfman est le seul dirigeant juif à dire qu'il n'est pas intervenu en faveur de la grâce de Rich. "Toute cette affaire me semble ridicule", dit-il en parlant de la grâce. "La méthode de Clinton est mauvaise. Il n'a même pas consulté le ministère de la justice." Cependant, il atermoie lorsqu'on l'interroge sur l'intervention des autres grandes associations juives: "Ça les regarde, je ne l'ai pas fait et je ne le regrette pas."

La critique la plus acerbe contre l'intervention juive en faveur de M. Rich est venue cette semaine du rabbin Eric Yoffie, président de l'Union des congrégations hébraïques américaines. Il a déclaré que le soutien de la communauté juive à Rich avait "acheté" sa grâce. "En conséquence, nous avons sapé le tissu moral de notre communauté, mis en danger notre stature politique, ruiné les illusions de notre jeunesse et compromis nos valeurs traditionnelles", écrit le rabbin dans une tribune libre qui doit paraître cette semaine dans le New York Jewish Week et le Washington Jewish Week.

En un aparté sarcastique, M. di Genova, qui a souvent critiqué M. Clinton pendant le scandale Levinski, a expliqué pourquoi, à son avis, c'est Rich qui a été grâcié et non Pollard: "Il est évident que le parti de Pollard n'a pas donné assez d'argent au [trésor de campagne du parti démocrate] ou au président et qu'en plus, leur avocat, Alan Dershowitz, était mal vu", a-t-il déclaré le 26 janvier 2001 au journaliste John Mac Laughlin. "Que cela serve de leçon à ceux qui veulent obtenir une grâce."

 

[Note de l'AAARGH: ce dernier paragraphe concernant les fonds de campagne a trouvé confirmation fin février, avec l'annonce de l'ouverture d'une enquête judiciaire sur l'achat des voix des juifs orthodoxes; nous avons un article, en anglais et en français.]

http://www.forward.com/issues/2001/01.02.16/news2.html


Forward | February 16, 2001

 

Des amis haut-placés: les fanatiques juifs de Marc Rich

Cent personnes ont écrit au président Clinton pour obtenir la grâce du présumé fraudeur fiscal (pour quarante huit millions de dollars) Marc Rich. Plus de la moitié des auteurs sont Israéliens: ce sont des ministres en poste, des chefs des services secretsn des maires, des professeurs et des intellectuels. Les autres, en provenance d'Europe ou des Etats-Unis, représentent les grandes associations et institutions communautaires juives (médicales, scolaires, économiques, charitables et culturelles). La plupart des associations mentionnées dans cette liste ont reçu des fonds de la Fondation Rich Doron pour la culture et l'éducation, dont le siège est en Israël, ou de la Fondation Marc Rich, dont le siège en Suisse. Voici une partie de la liste communiquée au magazine Forward par le député Dan Burton.

Israel


* Shabtai Shavit, ex- director of the Mossad * Professor Shlomo Ben Ami, ministre des affaires étrangères et de la sûreté publique * Roni Milo, ministre de la santé; ex-maire de Tel Aviv * Ephraim Sneh, ministre-adjoint à la guerre ; ex-ministre de la santé * Professor Yaakov Neeman, ex-ministre de la justice * Shulamit Aloni, ex-ministre de l'éducation et de la culture * Isaac Herzog, secrétaire général du gouvernement * Ehud Olmert, maire de Jérusalem * Ron Huldai, maire de Tel Aviv-Jaffa * Teddy Kolleck, ex-maire de Jérusalem * Shlomo Lahat, ex-maire de Tel Aviv; président du Conseil pour la paix et la sûreté * Professeur Itamar Rabinovich, président de l'université de Tel Aviv, ex-ambassadeur à Washington * Professeur Avishay Braverman, président de l'université Ben-Gurion du Negev * Professeur Moshe Kaveh, président de l'université de Bar-Ilan * Haim Ben-Ami, président de l'Ecole des technologies avancées et des sciences de Jérusalem * Professeur Avi Israeli, président de l'Association médicale à Jérusalem * Professeurr Shlomo Mor-Yosef, président du centre médical de l'université Soroka à Beer-Sheva * Dr. Dan Oppenheim, président du Centre médical Rabin, Tikva * Professeur Jonathan Halevy, président du Centre médical Shaare Zedek à Jérusalem * Zubin Mehta, chef d'orchestre et directeur muscial de l'Orchestre philarmonique israélien * Yaacov Agmon, président du Théatre national Habima d'Israël * James S. Snyder, président et conservateur en chef du Musée d'Israël à Jérusalem , ex-directeur-adjoint du Musée d'art moderne de New York * Raya Zomer, Mudée d'Ein Hod Dada * Avi Pazner, président pour le monde entier de l'United Israel Appeal-Keren Hayesod; ex-ambassadeur en France et en Italie * le rabbin Yehuda Amital, doyen de la Yeshivat Har Etzion * Le rabbin Shlomo Riskin, chef rabbin d'Efrat * n Simcha Hacohen Kook, chef rabbin de Rehovot * Daniel Tropper, président de la Fondation Gesher et ex-assistant du ministre de l'éducation * Aura Herzog, femme du sixième président de la république d'Israël, Chaim Herzog * Riyad Zanoun, ministre de la santé de l'Autorité palestinienne *


Europe


* Irène de Grèce, président de Mundo En Armonia, Spain * Josef Estermann, maire of Zurich* Rabbin Rene-Samuel Sirat, chef rabbin de France; vice président de la Conférence des rabbins européens * Issac Querub Caro, président de la communauté juive de Madrid * Eyal Sela, conseiller culturel à l'ambassade d'Israël en Espagne * Leo Pavlát, directeur du musée juif de Prague*


Etats-Unis


* Abraham Foxman, directeur national de la Ligue contre la diffamation* Marlene E. Post, ex-présidente internationale de Hadassah; présidente de , Birthright Israelpour l'Amérique de Nord * Noach Dear, conseiller municipal à New York * Michael Steinhardt, président de Steinhardt Associates & Co. * Rabbin Irving Greenberg, président du Conseil d'administration du Mémorial de l'holocauste des Etats-Unis; président du Jewish Life Network [réseau pour la vie juive]* Michael Schneider, vice-président de The American Jewish Joint Distribution Committee [commission judéo-américaine de distribution] * Dr. Anthony J. Cernera, Président, de l'université du Sacré-Coeur et du centre pour la compréhension des chrétiens et des juifs dans le Connecticut * Dr. Paul A. Marks, président, Memorial Sloan-Kettering Cancer Center * Rabbin Shmuel Berenbaum, Rosh HaYeshiva, Mirrer Yeshiva Central Institute

 


Israel's Role in Pardon Sparks Capital Feuding

'Why Spare Rich and not Pollard?'

 

By RACHEL DONADIO and AMY KLEIN

FORWARD STAFF

FORWARD | February 16, 2001

A quiet but nasty tug-of-war has broken out among Washington insiders and Jewish community activists over the role played by Israel in President Clinton's decision to pardon fugitive billionaire Marc Rich.


The January 20 pardon has touched off a storm of protests. It followed extensive lobbying by Israeli and American Jewish leaders. More than 100 letters were written on Mr. Rich's behalf, almost half from Israelis, according to a list obtained by the Forward. The aftermath is fast turning into

a free-for-all involving the lead players of some of the messiest Washington feuds of the last decade.


Congressional hearings into the pardon are being conducted by Indiana Republican Rep. Dan Burton, a leading opponent of Mr. Clinton. Some Jewish activists, meanwhile, are protesting that the Israeli and Jewish pressure for Mr. Rich's pardon should have been directed instead toward a pardon for convicted spy Jonathan Pollard.


Joseph diGenova, an attorney representing Mr. Rich's lawyer before congressional investigators, told the Forward this week that it was Israel's

direct, heavy involvement that won the pardon. Prime Minister Barak "communicated three times about Mr. Rich's pardon with the president," Mr. diGenova said. "That is our understanding."


Mr. diGenova's comments irritated some Jewish leaders, including Malcolm Hoenlein, executive vice chairman of the Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations. "Objectively, I think it is unfortunate for people involved in the process to try to place the onus on Israeli officials when it was the White House that made the decision," Mr. Hoenlein said.


Adding to the intrigue is the role of Mr. diGenova himself. A former federal prosecutor, he personally prosecuted the Pollard case and negotiated the 1987 plea agreement that resulted - wrongly, according to Pollard's advocates - in Pollard's life sentence. He has continued to be an outspoken opponent of clemency for the American-born spy.


The lawyer for Mr. Rich whom Mr. diGenova is representing before Congress, Jack Quinn, is a former White House counsel who represented Mr. Clinton during several scandals of the mid-1990s.


Mr. Hoenlein has been an outspoken advocate of clemency for Pollard. He said he met with Mr. Clinton in late December to lobby for a Pollard pardon. Mr. Hoenlein added that he was "surprised" by the extensive Israeli intervention on Mr. Rich's behalf.


Each day that intervention appears more far-reaching. Among the 100 people who wrote letters to Mr. Clinton lobbying for a Rich pardon are top Israeli politicians and the heads of major Israeli and American-Jewish philanthropies that benefited from Mr. Rich's charitable giving.


The list includes Shabtai Shavit, former director of the Mossad secret service; Ehud Olmert, mayor of Jerusalem, and Shlomo Ben-Ami, minister of foreign affairs. Also listed are Abraham Foxman, national director of the Anti-Defamation League; philanthropist Michael Steinhardt (who is vice chairman of this newspaper), and Marlene Post, a former president of Hadassah. Mr. Rich donated $5 million to Birthright Israel, an organization that Mr. Steinhardt founded and Ms. Post chairs.


Mr. Foxman sent a letter on ADL stationary in December asking for a Rich pardon "on humanitarian grounds," his spokeswoman, Myrna Sheinbaum, said. She said Mr. Foxman declined to comment further. Mr. Steinhardt did not return calls. A spokeswoman for Hadassah, Roberta Elliott, said Hadassah said she had "no knowledge" of Ms. Post's letter. "It was definitely not in her capacity as head of Hadassah," she said. She said they "never, ever" revealed information about donors.


Nobel laureate Elie Wiesel, who lobbied on behalf of Pollard, told the Forward that he had been asked to lobby for Mr. Rich but declined. "They approached me, but I did absolutely nothing," Mr. Wiesel said. "They wanted me to, so they used my name." Mr. Wiesel said he had done "a lot" for Pollard, but that he would not compare the two cases.


Mr. diGenova told the Forward that the involvement of Israeli VIPs was "certainly an important factor" in securing a pardon for Mr. Rich, who fled to Switzerland in 1983 after being accused of $48 million in tax evasion. He was also accused of violating the Trading With the Enemy Act by doing business with Iran during the hostage crisis.


There was "no question," Mr. diGenova added, that Mr. Rich's philanthropy played a major role in his pardon. "As you know, Mr. Rich has a huge foundation in Israel, giving hundreds of millions of dollars to charitable causes there," he said. "This was a very important case to the Israeli government."


Beyond philanthropy, Mr. diGenova said, Mr. Rich "had also been of great assistance in the peace process, helping with economic development and other things that they will not divulge."


Speaking last weekend on NBC's "Meet the Press," Mr. diGenova said: "When the prime minister of Israel, one of our closest allies, communicates with the president of the United States about a pardon, I would say to you that the president has a pretty good idea of how important the case is."


What remains undivulged, observers say, is the extent of Mr. Rich's links to the Mossad. According to press reports, in his letter on behalf of the fugitive, Mr. Shavit, the former head of the Mossad, said he had asked for Mr. Rich's help in rescuing Jews from enemy countries. Some sources close to the case have suggested that Mr. Rich's links to Iran - the basis for one of the charges against him - may have figured in his undercover role. The head of Mr. Rich's foundation in Israel, Avner Azulay, is a former Mossad agent.


Meanwhile, Pollard, the convicted spy, said this week in a letter to Prime Minister-elect Sharon that he thought that Israel had abandoned him in favor of Mr. Rich. "Ehud Barak abandoned an Israeli agent to fight for a wealthy swindler and fugitive from the law," Pollard wrote in his February 13 letter. "Washington sources tell us that Barak repeatedly signaled to Clinton his preference that I remain in prison." Mr. Barak is the latest in a series of Israeli leaders that Pollard has accused of abandoning him.


As foreign minister in 1998, Mr. Sharon was reportedly behind then-Prime Minister Benjamin Netanyahu's decision to walk out of the Wye Plantation peace talks if Mr. Clinton did not agree to free Pollard. Mr. Netanyahu withdrew the threat after it became clear that Mr. Clinton would not release Pollard under any circumstances. It was also reported that CIA director George Tenet had threatened to resign if Pollard were freed.


Some advocates for Pollard said this week that they thought Mr. Clinton may have chosen to pardon Mr. Rich as a way of compensating for his inaction on Pollard. "My guess is that Clinton felt that he wouldn't or couldn't give-in on the Pollard issue, and he thought that this was a way to throw a bone to the Jewish community," Rabbi Yitzchok Adlerstein, a spokesman for the Rabbinical Council of California, told the Forward. "It was the wrong bone. It was a bone that wound up bringing us far more embarrassment than joy and celebration." In fact, Rabbi Adlerstein said, pardoning Mr. Rich was "the ultimate sign of contempt for the Jewish community."


Asked if he thought Mr. Rich was pardoned in place of Pollard, Mr. diGenova said, "I have no idea. Pollard didn't deserve it, and didn't get it. Marc Rich got it. You'll have to ask Barak."


Mr. diGenova said that Mr. Barak had also pushed for a Pollard pardon. Mr. diGenova said that he did not support Mr. Rich's pardon, but that his client, Mr. Quinn, had done nothing wrong.


Mr. Hoenlein said he had urged Mr. Clinton to keep the Pollard case separate from the Rich case. "We were trying to make sure that Pollard was considered because we knew this was the opportunity to do something," Mr. Hoenlein said. He said he had met with Mr. Clinton and Hillary Rodham Clinton, as well as with government agency heads and elected officials, in the waning weeks of the Clinton presidency. "I was told that there was a chance," he said.


Mr. Hoenlein declined to comment on the member organizations of the Conference of Presidents that lobbied for a Rich pardon. "That's up to the individual organizations," he said.


One Jewish leader who said he did not lobby for a Rich pardon was Edgar Bronfman Sr., president of the World Jewish Congress. "I think it was ridiculous," he said of the pardon. "The way Clinton did it was bad. He didn't even go to the Justice Department about it." Yet he demurred when asked what he thought of other major Jewish organizations intervening. "That's their business," he said. "I didn't and I wouldn't have."

The most outspoken criticism of the Jewish advocacy for Mr. Rich came this week from Rabbi Eric Yoffie, the president of the Union of American Hebrew Congregations. Rabbi Yoffie said that Rich's Jewish community support had "bought" his pardon. "The result is we have undermined our community's moral fabric, jeopardized our political standing, disillusioned our youth and compromised the values of our tradition,"Rabbi Yoffie wrote in an op-ed to appear this week in the New York Jewish Week and the Washington Jewish Week.

In an aside, Mr. diGenova, a frequent critic of Mr. Clinton during the Monica Lewinsky scandal, put his own sardonic spin on why Mr. Rich was pardoned and Pollard was not. "It is clear that Pollard's people did not give enough money to the [Democratic National Committee] or the president, and that they had the wrong lawyer, Alan Dershowitz," he told interviewer John McLaughlin on January 26. "So there's a lesson there for people seeking a pardon."


http://www.forward.com/issues/2001/01.02.16/news2.html


Forward | February 16, 2001

Friends in High Places: Marc Rich's Jewish Fans


One-hundred people wrote letters that were included in a packet urging a presidential pardon for alleged tax cheat Marc Rich. More than one-half of the letter-writers are from Israel, including cabinet ministers, intelligence officials, mayors, professors and cultural icons. Others from Europe and the United States represent major Jewish organizations and communal institutions, medical institutions, businesses, yeshivas, museums and humanitarian organizations. Most of the organizations mentioned on this list were among those that received funds from Mr. Rich's Doron Foundation for Culture and Education, registered in Israel, or The Marc Rich Foundation, registered in Switzerland. Following is a partial list of the names obtained by the Forward from Rep. Dan Burton, chairman of the House Committee on Government Reform:


Israel


* Shabtai Shavit, former director of the Mossad * Professor Shlomo Ben Ami, minister of foreign affairs, minister of public security

* Roni Milo, minister of health; former mayor of Tel Aviv * Ephraim Sneh, deputy minister of defense; former minister of health * Professor Yaakov Neeman, former minister of justice * Shulamit Aloni, former minister of education and culture * Isaac Herzog, secretary to the Cabinet * Ehud Olmert, mayor of Jerusalem

* Ron Huldai, mayor of Tel Aviv-Jaffa

* Teddy Kolleck, former mayor of Jerusalem * Shlomo Lahat, former mayor of Tel Aviv; chairman, Council on Peace and Security

* Professor Itamar Rabinovich, president, Tel Aviv University; former ambassador to Washington

* Professor Avishay Braverman, president, Ben-Gurion University of the Negev

* Professor Moshe Kaveh, president, Bar-Ilan University * Haim Ben-Ami, CEO, ORT College for Advanced Technologies and Sciences, Jerusalem

* Professor Avi Israeli, CEO, Hadassah Medical Organization, Jerusalem * Professor Shlomo Mor-Yosef, CEO, Soroka University Medical Center, Beer-Sheva

* Dr. Dan Oppenheim, CEO, Rabin Medical Center, Tikva * Professor Jonathan Halevy, CEO, Shaare Zedek Medical Center, Jerusalem * Zubin Mehta, maestro & musical director, The Israel Philharmonic Orchestra

* Yaacov Agmon, CEO, Habima National Theatre of Israel * James S. Snyder, CEO & chief curator, The Israel Museum, Jerusalem; former deputy director, Museum of Modern Art, New York

* Raya Zomer, Ein Hod Dada Museum

* Avi Pazner, world chairman, United Israel Appeal-Keren Hayesod; former ambassador to France and Italy

* Rabbi Yehuda Amital, dean, Yeshivat Har Etzion * Rabbi Shlomo Riskin, chief rabbi of Efrat * Rabbi Simcha Hacohen Kook, chief rabbi of Rehovot * Dr. Daniel Tropper, president, Gesher Foundation; former assistant to minister of education

* Aura Herzog, wife of Israel's sixth president, the late Chaim Herzog * Dr. Riyad Zanoun, minister of health, Palestinian National Authority


United States


* Abraham Foxman, national director, Anti-Defamation League * Marlene E. Post, past international president, Hadassah; chairperson, Birthright Israel-North America

* Noach Dear, Councilman, 44th District, New York City * Michael Steinhardt, chairman and CEO, Steinhardt Associates & Co. * Rabbi Irving Greenberg, chairman of the board, United States Holocaust Memorial Council; president, Jewish Life Network

* Michael Schneider, executive vice president, The American Jewish Joint Distribution Committee

* Dr. Anthony J. Cernera, President, Sacred Heart University & Center for Christian-Jewish Understanding, Connecticut

* Dr. Paul A. Marks, president, Memorial Sloan-Kettering Cancer Center * Rabbi Shmuel Berenbaum, Rosh HaYeshiva, Mirrer Yeshiva Central Institute


Europe


* Irene, Princess of Greece; president, Mundo En Armonia, Spain * Josef Estermann, mayor of Zurich, Switzerland * Rabbi Rene-Samuel Sirat, chief rabbi of France; vice president, Conference of European Rabbis

* Issac Querub Caro, president, Jewish Community of Madrid * Eyal Sela, counselor for cultural affairs, Embassy of Israel, Spain * Leo Pavlát, director, Jewish Museum of Prague

 


L'adresse électronique de ce document est: http://aaargh-international.org/fran/actu/actu001/doc2001/forward010216.html

Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocaustes (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <[email protected]>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.

Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.

Nous nous plaçons sous la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19 <Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.


[email protected]


| Accueil général | Accueil français | Actualité mars 2001 |