AAARGH
II. DOCUMENTS OFFICIELS
Souvent, on n'expose à l'appui des thèses officielles,
que des documents isolés, retirés de leur dossier et de leur contexte, de
sorte qu'il est difficile de les comprendre et de les juger. Encore s'agit-il
souvent de copies, voire de copies de copie (non
par carbone mais par redactylographie). Souvent, on ne sait même pas ou est
l'original, de sorte qu'aucune expertise ne peut être faite.
Ces documents sont rares, bien que des tonnes d'archives aient été saisies.
Même les historiens reconnaissent qu'ils ne sont pas très probants et ils en
ont déduit que ce gigantesque assassinat avait été ordonné et organisé
verbalement.
Ces documents sont parfois visiblement fabriqués, souvent falsifiés, mal
traduits, mal interprétés, toujours sollicités sous prétexte qu'ils sont « codés »
(par exemple, par « réimplantation des juifs à l'est », il faudrait systématiquement comprendre « extermination
»). [1]
Nous reparlerons plus loin de ce codage supposé et de cette prétendue absence de documents (comme nous pourrons nous en convaincre facilement, les Allemands n'ont pas détruit les archives d'Auschwitz, contrairement à ce que les historiens ont également prétendu).
Le plus célèbre document est probablement le « Protocole de Wannsee », qui serait le compte rendu (vraisemblablement par Eichmann)
d'une réunion de divers fonctionnaires allemands réunis le 21/1/1942 à
Wannsee par Heydrich, qui avait été chargé de trouver une solution
définitive (la « Solution finale ») au « problème » juif.
Certains révisionnistes pensent que ce document est des plus curieux :
C'est Kempner qui l'a produit mais sans jamais indiquer son origine ; Kempner, signalons-le, fut un des collaborateurs du procureur général américain auprès du TMI (le Tribunal de Nuremberg) et plus tard, procureur général adjoint au cours des 12 procès satellites ; il était d'origine judéo-allemande ; avant d’émigrer aux USA dans les années 30, Kempner avait été fonctionnaire dans l'administration prussienne. En réalité, cette affirmation est inexacte : Kempner a précisé au plus tard en 1969 que ses collaborateurs l’avaient découvert au ministère des Affaires étrangères au cours du procès dit de la Wilhelmstrasse engagé précisément contre les hauts fonctionnaires de ce ministère. Ceci explique pourquoi il nen a pas été question au procès de Nuremberg contre Goering et ses collègues.
Cet exemplaire est une copie sur papier pelure (la 16ème de 30 copies, est-il précisé en page 1). On ne sait pas où est l'original et on a, depuis, récupéré deux autres exemplaires de cette 16ème copie mais dactylographiés sur d'autres machines. [2] On ne comprend pas par ailleurs, comment un document qui était censé organiser l'extermination secrète des juifs ait pu être édité en 30 exemplaires.
Il ne comporte ni date, ni en-tête, ni nom du service émetteur, ni paraphe
du destinataire, ni indication de classement, ni références (sauf, au bas de
la première page, l'indication « D.III.29.9.RS » qui
correspond à une indication de classement chez Rademacher, le
spécialiste des questions juives au ministère des Affaires Etrangères).
Tout cela est fort curieux et contraire aux pratiques administratives en cours
dans une armée, surtout l'armée allemande (et plus encore les Waffen SS).
Ce « Protocole » se caractériserait aussi, paraît-il, par des fautes de syntaxe, l'emploi d'un vocabulaire inapproprié, une grande pauvreté de style (Mais -nous en reparlerons- Eichmann était un crétin et cela peut expliquer beaucoup de choses.), la présence de « polonismes » caractérisés. La machine à écrire dont on s'est servi pour l'exemplaire de Kempner, ne comportait pas le caractère-logo SS (sous la forme de deux éclairs) qui équipait, disent certains, toutes les machines utilisées dans la SS et ce serait là la marque du faussaire ; mais d'une part, le troisième exemplaire de cette 16ème copie a été dactylographié sur une machine de ce type, d'autre part, l'examen des innombrables documents que Pressac a reproduits dans son monumental ouvrage, semble indiquer que les deux types de machines étaient couramment utilisés dans la SS.
Selon nous, il n'y a toutefois là rien qui permette de contester l'authenticité du document, lequel traite donc de la déportation en masse des juifs européens ; encore que les chiffres de population repris par Eichmann soient parfois gravement erronés (ce qui, selon nous, constitue un indice solide dauthenticité !), le document ne comporte qu'un seul passage qui soit sujet à contestation car, selon les historiens, il prouve que la déportation projetée était synonyme d'extermination (pages 7 et 8) :
« Dans le cadre de la solution définitive, les juifs seront emmenés vers l'Est sous direction appropriée et de la manière qui convient pour y être mis au travail. Formés en grandes colonnes de travail, hommes d'un côté, femmes de l'autre, les juifs aptes au travail seront conduits dans ces territoires tout en construisant des routes ; sans doute une grande partie d'entre eux s'éliminera-t-elle par réduction naturelle.
Ce qu'il en restera de toute façon à la fin, c'est-à-dire sans doute la partie la plus capable de résistance, devra être traitée de façon appropriée parce que, constituant une sélection naturelle, ce reste, à sa remise en liberté, est à considérer comme portant en germe les éléments d'une nouvelle renaissance juive. (voir la leçon de l'histoire.) »
D'une part, on relèvera la proposition extravagante de
faire construire des routes entre Paris, Bruxelles ou Amsterdam et l'Ukraine
par les juifs déportés : à la page suivante, le bon sens semble être
revenu au rédacteur et lui fait parler du transport par chemin de fer (Poliakov
contourne l'obstacle et traduit « en construisant des routes » par « pour construire des routes » ; Reitlinger fait de même : « et employé à construire des routes » ! Après tout, peut-être ne s'agit-il là que
d'un lapsus calami de la part d'Eichmann).
D'autre part, le dernier alinéa a reçu une double interprétation :
l'exterminationniste : Les juifs doivent être exterminés jusqu'au dernier.
la révisionniste : Après la guerre, les survivants seront réinstallés dans des territoires autonomes (où ils rejoindront ceux qui n'ont pas été retenus pour le travail). Les révisionnistes disent en trouver confirmation en page 8 : « Les juifs évacués seront tout d'abord transférés, convoi par convoi, dans des ghettos dits de transit, pour être transportés ensuite plus loin vers l'Est. »
Les historiens présentaient donc cette conférence de Wannsee comme le début du processus secret de l'extermination des juifs. Ceci appelait deux commentaires :
D'une part, on rappellera qu'il avait été fait 30 copies de ce compte rendu, ce qui ne permet plus d'affirmer qu'il contenait quelque secret que ce soit, d'autant moins que les historiens nous affirment par ailleurs que les ordres avaient été donnés verbalement.
D'autre part, aucun des participants n'a été poursuivi après la guerre pour sa participation à cette monstruosité (sauf Stuckart, auquel on a avait d'autres reproches à faire, et encore ne fut-il condamné qu'à une peine couvrant la préventive et aussitôt remis en liberté et Schöngarth, qui fut pendu mais également pour d'autres motifs). C'est dire si la Justice allemande, qui n'a pas toujours été très regardante (elle ne l'est toujours pas) sur la qualité des preuves qui lui étaient soumises, a bien dû convenir que cette réunion n'avait pas été un signal donné à l'extermination.
La présentation de Wannsee comme lieu où a été décidé et programmé le génocide, vient d'ailleurs d'être qualifiée d' « histoire inepte » par une sommité de l'exterminationnisme, Yehuda Bauer du Yad Vashem : à l'occasion de la célébration du 50ème anniversaire de Wannsee, Bauer a en effet déclaré :
« Le public répète encore, jour après jour, l'histoire inepte qui veut que ce soit à Wannsee que l'extermination des juifs ait été décidée. Wannsee n'était qu'une étape dans le déroulement du processus du meurtre de masse ».
Kurt Patzold de l'Université Humbold de Berlin a tenu des propos semblables dans la revue semi-officielle « Das Parlament » du 3/1/1992. Benoît Majerus du CEGES (Bruxelles) aussi : « Ce nest pas non plus à la conférence de Wannsee que lextermination des Juifs a été décidée ( ). » [3] En France, George Bensoussan également : « La 'conférence' de Wannsee du 20 janvier 1942 (qui n'a pas 'décidé' de la 'Solution finale' comme on le lit souvent), n'a pas créé une structure particulière destinée à planifier l'assassinat de masse. » [4] Jean-Claude Pressac, qui est -était, devrait-on dire maintenant- devenu la coqueluche de beaucoup d'exterminationnistes, dit (en 1993) de cette conférence :
« Si une action de 'refoulement' des juifs vers l'Est fut bien prévue avec l'évocation d'une élimination 'naturelle' par le travail, personne ne parla de liquidation industrielle ». [5]
En fait, il
semble bien que Wannsee ne fut le siège que d'une simple réunion
d'information : Heydrich avait été chargé de régler la question juive en
Europe et il avait donc invité diverses administrations confrontées à ce
problème pour le leur faire savoir ; à tant qu'à faire, Heydrich avait fait
part de ses projets et avait consenti à écouter les doléances et remarques
de ses invités. La concertation n'avait pas été plus loin. [6]
On continuerait donc à nous tromper en nous présentant Wannsee comme le siège d'une conférence au cours de laquelle fut concertée l'extermination des juifs et le compte rendu de cette réunion comme une preuve de l'extermination des juifs dans des usines de mort.
D'autres documents sont présentés, eux, comme des preuves de l'existence des chambres à gaz. Pressac en a fait l'inventaire et nous en reparlerons abondamment plus loin. Nous aurons aussi l'occasion de citer de très nombreux autres documents.
NOTES
| [1] |
Ci-après quelques exemples de diverses manipulations par les historiens :
Nous aurons l'occasion par la suite de signaler encore d'autres manipulations de textes. |
| [2] |
Selon Reitlinger, ce 16ème exemplaire était celui de
Ernst von Weizsäcker, secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères (Cet antisémite
enragé est le père de Richard von W. qui allait devenir président [archi-philosémite]
de la République Fédérale.) ; celui-ci
l'avait paraphé et annoté (« Pas pour Presseschmidt » («Aber nicht für Presseschmidt »)),
Presseschmidt étant le surnom d'un fonctionnaire de son service nommé
Schmidt et qui avait la réputation d'être bavard ; selon Hilberg, il
appartenait à la division Presse.). On possède, par ailleurs, la lettre qui accompagnait l'envoi de ce protocole
à Luther, autre secrétaire d'Etat du même ministère. Mais, on en a deux versions originales
dactylographiées sur des machines différentes ; de plus, toutes deux sont
signées par Heydrich et annotées (longuement et de la même manière) par
Luther. |
| [3] |
Cahiers d'Histoire du Temps Présent, n° 9, novembre 2001, p. 353 |
| [4] |
« Auschwitz en héritage ? D'un bon usage de la mémoire », Les Petits Libres, Paris, 1998, p. 94. Pas encore bien habitué à cette révision, Bensoussan écrit toutefois un peu plus loin, en page 165 : « La brève réunion de Wannsee discute des modalités de l''extermination'. » |
| [5] |
Nous nous référerons souvent à Jean-Claude Pressac du fait du volume et de l'importance de la documentation qu'il a publiée, de l'originalité des thèses qu'il a exposées et du succès extraordinaire qu'il a obtenu auprès des historiens lors de la publication de ses différents livres à savoir :
Jean-Claude Pressac est le seul chercheur exterminationniste digne d'être lu car il est le seul (après Georges Wellers, il est vrai) à s'être penché sérieusement sur les éléments matériels de cette affaire. Les autres intervenants exterminationnistes sont plutôt de simples propagandistes. |
| [6] |
On notera que le
plus enragé des antisémites nazis, Goebbels, n’avait même pas envoyé de
délégué et cela, bien qu’il y ait été invité. |
L'adresse électronique de ce document est
<http://aaargh-international.org/fran/bsdf/bdf1/documents.html
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