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Notes du chapitre 3.

[(9)]Depuis tout ce temps, Pierre Vidal-Naquet n'a pu produire un seul document qui confirmerait ses dires. Il en ressort surtout une de ces solides inimitiés qui se cimentent sur les bancs du lycée. Le dossier est bien mince, on le voit. Je sais, parce qu'il me l'a raconté, que Faurisson, encore étudiant, a été bouleversé par le spectacle d'un procès d'épuration auquel il assista, un peu par hasard, où il vit lourdement condamner un jeune étudiant comme lui, qui avait appartenu à la milice, et pour cette seule appartenance. La justice de cette époque était d'autant moins sereine qu'elle en avait beaucoup à se faire pardonner.

[(10)]Pin Yathai, L'Utopie meurtrière, un rescapé du génocide cambodgien témoigne. Voir, sur la question des témoignages au Cambodge l'annexe n° 6 ci-dessous.

[(11)]Je n'accorde guère de crédit aux spéculations de Rassinier. Les éléments démographiques sur lesquels il s'appuie ne sont pas fiables. En cette époque de glasnost', il faut aller chercher les éléments à la source qui se trouve dans les archives soviétiques. On saura ainsi ce qui s'est réellement passé dans la Pologne occupée par les Soviétiques à la suite du pacte Molotov-Ribbentrop et, surtout, on trouvera les archives allemandes. Ce sont bien les Soviétiques qui ont pris toute la région des camps de l'Est ainsi que Berlin. De nombreuses questions ont leur clé là-bas. Il faut encore aller les chercher.

[(12)]Gerald Reitlinger, The Final Solution, p. 376-7.

[(13)]Alex Weissberg, L'Histoire de Joel Brand, Le Seuil, 1957.

[(14)]Voir Henri-Irénée Marrou, De la connaissance historique, Le Seuil. Ce livre a joué un grand rôle au début de mes études à la Sorbonne.

[(15)]Cette censure s'exerce. Dans je ne sais plus quel journal, Pierre Vidal-Naquet a eu la bonté de donner son imprimatur à l'article que j'ai publié dans le n° 1 des Annales d'histoire révisionniste, en 1987. (Plus loin, première partie du chapitre 4).

[(16)]En 1973, avec plusieurs collaborateurs français, libanais et palestiniens, nous avons mené une grande enquête dans les camps palestiniens du Liban. Les résultats étaient assez loin d'entrer dans le cadre de référence des organisations politiques qui contrôlaient les camps. Survinrent la Guerre du Kippour et la montée des hystéries qui en découlaient. Mes collaborateurs se virent menacés de mort si le livre prévu était édité. On abandonna le projet. Les matériaux sociologiques que nous avions rassemblés ont depuis disparu.

[(17)]Voir l'excellent recueil intitulé Peuple juif ou problème juif?, Maspero, 1981. J'ai eu, en son temps, l'occasion de discuter un ouvrage de Maxime Rodinson, Marxisme et monde musulman dans les Cahiers internationaux de sociologie, n°56, 1974.

[(18)]Amedeo Bordiga (1889-1970), fondateur, tôt exclu, du Parti communiste italien. Une forte pensée très mal connue en France. Voir Structure économique et sociale de la Russie d'aujourd'hui , où il prévoit très bien, dès 1957, la crise de l'URSS et son intégration au marché mondial, et Espèce humaine et croûte terrestre, 1978. Ce paradoxe sur les ravages de l'antifascisme est illustré de façon ricanante par Curzio Malaparte dans Chapeaux de paille d'Italie.

[(19)]Je trouve, précautionneusement formulé par Dionys Mascolo (Autour d'un effort de mémoire) un sentiment qu'il vécut, avec ses amis, au lendemain de la guerre et qui fut confusément le mien, un peu plus tard, au décours de mon adolescence: "Du mot "juif", on le sait, il n'existe rigoureusement aucune définition que s'accorderaient à reconnaître l'ensemble de ceux qui se disent porteurs de cette identité. (Et n'y aurait-il pas déjà en cela un profond attrait?) Peut-être cherchions-nous surtout à nous innocenter nous-mêmes, ou à nous placer du moins dans le voisinage d'une sûre innocence: la victime parfaite n'est-elle pas la moins suspecte de complicité? Ou encore, à nous approprier quelque chose de la lucidité dont il faut bien que bénéficie cette victime idéale, assurément moins sujette à l'erreur. Nous corrigions en somme une inégalité. De fait, à mon souvenir, il n'y eut rien là d'un mouvement de générosité, rien de semblable à de la compassion. Il était fait bien plutôt d'égoisme, presque d'envie, et d'intense regret, d'avoir été privé de la chance qu'est le malheur d'être juif.

"Comment le dire, ce que ce fut, au juste?" (p. 66-67.)

Cette identification plus ou moins étroite à divers aspects du destin juif allait être durement traversée par les brutales agressions d'Israel. La fraternisation avec la victime innocente-- désormais arabe-- était à l'évidence impensable pour une partie grandissante de l'opinion juive. Pour elle la solidarité jouait en faveur du militarisme israélien. La culpabilité sur laquelle jouait la propagande sioniste me semblait irréelle. Et puis la vie se chargeait de nous faire partager celle de maints autres peuples, irrigués d'autres histoires et d'autres cultures. Comment s'enfermer dans l'une d'elle sans perdre les autres? Pourquoi se faire le patriote d'un canton, revendiquer une identité limitée, restrictive, quand l'univers s'offre à nous?

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