AAARGH

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Notes du chapitre 7.1

[(1)] Voir plus loin, dans les annexes, "Le révisionnisme à chaud".

[(2)] Il a fallu créer une nouvelle catégorie sociologique, l'illetrisme, pour désigner ceux qui savent lire mais ne comprennent pas ce qu'ils lisent. Elle est évaluée à 20 ou 30% de ceux qui sortent des écoles.

[(3)] Les dernières colonnes de l'Eglise, 1903.

[(4)] "Lorsqu'on écrit, on est hanté par la peur d'être bête", avoue Alain Finkielkraut, interview au Monde, 31 juillet 1983. On comprend sa hantise.

[(5)] Ce sont eux que l'on trouve dans le film de Moatti, auquel il est fait allusion dans la dernière note du chapitre 4. Ils servent beaucoup.]

[(6)] D'ailleurs, tout cela n'est pas très original et semble, pour l'essentiel, pompé d'un article de J. Tarnero publié dans le Monde du 18 août 1983 où se trouvent avancés déjà les mêmes arguments, avec moins de gongorisme. Ce Tarnero se croit obligé d'affirmer comme beaucoup d'autres qu'il s'agirait pour moi de me "dédouaner du soutien apporté au Cambodge génocidaire". Cette affirmation est à l'exact opposé de la vérité. J'ai dénoncé ce régime comme "barbare", alors qu'il était encore en place, après les missionnaires, il est vrai, mais avant la plupart des autres commentateurs. Voir Libération, 7 mars 1977. En outre, je n'avais jamais écrit une ligne pour le soutenir. Ce grossier mensonge, propagé un temps par Jean Lacouture, a la vie dure. La promesse d'une paire de calottes l'a ramené à une saine prudence mais on en trouve une variante dans l'Evénement du Jeudi qui publie le 15 octobre 1985 les fantasmes déchaînés d'une certaine Martine Gozlan: "La faillite des Khmers rouges vient frapper Thion de plein fouet. Ainsi tout serait perdu, et il faudrait se résigner au bonheur plat des démocraties?... Et avec Noam Chomsky, un linguiste américain et gauchiste, Thion se lance dans une réhabilitation des Khmers rouges." A la suite de quoi, l'honnête Martine Gozlan invente froidement une phrase qu'elle met entre guillemets et qu'elle m'attribue, méthode radicale qu'elle applique à plusieurs reprises ensuite. "Ainsi, les Juifs ne sont pas morts, mais sournoisement cachés. Thion est persuadé qu'ils se terrent quelque part-- en Chine?-- et qu'ils vont réapparaître..." Ce canard est écoeurant.

[(7)] Il y met une majuscule, en contravention avec le Code typographique: "On composera en bas de casse les noms des doctrines, écoles, groupements, religions, sectes ainsi que ceux de leurs adeptes, adhérents, disciples, fidèles ou membres".

[(8)] Il est à peine besoin de dire que l'on retrouve la sempiternelle équation antisionisme= antisémitisme. Taguieff, drapé dans sa sociologie de pacotille, ne dit rien d'autre que l'ancien grand rabbin Kaplan, évoquant des propos qu'il tenait en 1970: "Je ne déclare pas qu'il n'existe pas d'antisionistes qui ne sachent se garder-- mais pour combien de temps?-- de l'antisémitisme. Mais ils sont une minorité; de plus, par une tendance naturelle, quand on s'habitue à dire du mal des Israéliens qui sont des juifs, on en arrive, qu'on le veuille ou non, à dire du mal des juifs qui ne sont pas israéliens... Nous sommes entrés dans une phase de l'histoire où l'antisionisme devient masque de l'antisémitisme..." (Le Monde, 5 novembre 1980). Pensée typiquement totalitaire.

[(9)] Pierre-André Taguieff fait grand cas de déclarations politiques-- fort confidentielles-- d'un littérateur connu qui s'appelle Pierre Gripari. J'ai connu Pierre Gripari en 1960 dans un cercle d'amis comédiens. Je ne l'ai pas rencontré depuis cette époque-là. Il était déjà réfugié grec et partisan de Hitler. Il ne cadrait malheureusement pas du tout avec l'image conventionnelle du nazi. Homme charmant, plein d'humour, conteur délicieux, il fréquentait des gens de gauche très proches des insurgés algériens. Que je sache, il n'a jamais fait de mal à une mouche et ses contes de fées sont très appréciés des enfants. On pouvait l'écouter régulièrement sur France-Culture jusqu'à son décès récent. Comment concilier tout cela avec les stéréotypes en vigueur? Quel est aujourd'hui le statut autorisé d'une pensée d'extrême-droite, dans le cadre de l'affirmation des "Droits de l'Homme"? Fallait-il fusiller Gripari?

[(10)] Voir la liste des ouvrages cités, pour se limiter à trois ouvrages essentiels. Il en est d'autres. En français, rien de vraiment comparable. On se reportera néanmoins à des livres écrits par Bernard Lazare, Abraham Léon, Maxime Rodinson, Maurice Rajsfus et à celui d'Ilan Halévi, Question juive.

[(11)] On a dit beaucoup de bêtises sur ce thème, faute d'accès à l'ouvrage original de Theodor Lessing, paru à Berlin en 1930. La traduction française date de 1990. Sous prétexte de "syntaxe et de clarté", l'éditeur a cru bon de modifier le titre qui veut dire: "la haine juive de soi"en La haine de soi, le refus d'être juif. Ce livre est un des derniers feux d'une époque où la vitalité intellectuelle du monde germanique, autour de son centre viennois, fait ressentir celui des intellectuels juifs d'aujourd'hui comme une sorte de désert de Gobi. Lessing, pour sa part, était un sioniste modéré de gauche. Il mena de nombreux combats par la plume et périt assassiné à Marienbad par les nazis.

[(12)] "Une couronne pour Sion", texte écrit au lendemain du Congrès de Bâle, fondateur du mouvement sioniste, en 1898, in Karl Kraus, La Littérature démolie, p.100.

[(13)] Cf. un bon article de Langellier dans Le Monde des 12-13 mai 1985, qui décrit la Pâque sur le Mont Gazirim.

[(14)] Les Neturei Karta ont exposé leur point de vue dans un texte intitulé "Pourquoi verser le sang juif et le sang arabe?", publié à leurs frais dans Le Monde du 5 février 1983.

[(15)] Sur la société israélienne infectée par la racisme et les difficultés qu'elle a à voir les Palestiniens comme des êtres humains, voir David Grossman, Le Vent jaune. Sur la routine de la répression de l'Intifada, voir Jacques Pinto, Journal de Judée.

[(16)] Le classique est ici le livre d'André Harris et Alain de Sédouy, Juifs et Français, 1979, et surtout la masse énorme de commentaires qu'il a suscités dans la presse.

[(17)] Radio J, 15 mars 1990, dans l'après-midi.

[(18)] Par exemple, "Les Assises du judaisme progressiste s'interrogent sur le civisme juif français et la paix au Proche-Orient", Le Monde, 28 avril 1982. Cet article a été publié à la veille de l'invasion du Liban par l'armée israélienne, qui fut l'occasion de rallier bon nombre d'"intellectuels juifs de gauche" à l'idée que la presse internationale, pourtant contrôlée par la censure militaire israélienne, noircissait le tableau et s'attachait à la perte d'Israel. On vit se développer une campagne (toujours le chantage à l'antisémitisme) pour intimider la presse et tâcher d'effacer la réalité d'une agression brutale, utilisation de l'aviation et les bombes sophistiquées contre les populations civiles. Dans cette campagne de propagande qui rappelait beaucoup celle de Mussolini justifiant son invasion de l'Ethiopie, Alain Finkelkraut s'est mis en avant et s'est gagné un discrédit durable, utilement exposé dans un petit recueil, La réprobation d'Israel, 1983.

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