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National Post (Canada)| 12 mars 2001


La conférence de l'ONU sur le racisme tourne mal:

Les Etats-Unis menacent de ne pas participer et le Canada prend les armes parce qu'on attaque l'Occident et Israël.


Steven Edwards



http://www.nationalpost.com/home/story.html?f=/stories/20010312/497928.html


 


Une conférence des Nations Unies sur le racisme, au budget de vingt et un millions de dollars, s'embourbe dans un flot de ressentiment anti-occidental et anti-Israël.

Les pays d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine et les Antilles ont rejeté le projet de "plan d'action" de l'ONU contre le racisme, au profit de leur propre interprétation de la justice raciale.

Le groupe asiatique de l'ONU qui comprend notamment tous les pays du Proche Orient à l'exception d'Israël, exige que l'ONU qualifie à nouveau le sionisme de racisme, un concept de l'époque de la guerre froide que l'Assemblée générale de l'ONU a abandonné en 1991. Ce groupe veut aussi que la globalisation soit considérée comme du racisme et demande aux ex-puissances coloniales d'indemniser les pays qu'elles ont dominés autrefois.

L'Afrique demande à l'Occident de verser d'énormes indemnités en réparation de la traite des Noirs qui a amené la déportation de quatorze millions d'Africains en Amérique du XVIe au XIXe siècle.

Ces demandes dérangent les Etats-Unis qui, d'après la rumeur, envisageraient de ne pas assister à la Conférence mondiale contre le racisme la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, convoquée à Durban, en Afrique du Sud, du 31 août au 7 septembre 2001, si la campagne qualifiant Israël de raciste continuait.

Le gouvernement Bush a déjà annoncé à Marie Robinson, haut-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, qu'il ne voulait pas que l'esclavage soit à l'ordre du jour. La position du Canada est plus souple: "Nous nous opposons à ce que le sionisme soit qualifié de racisme mais nous n'avons pas encore décidé si nous assisterions à la conférence dans le cas où ce débat figurerait à l'ordre du jour", a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères.

En même temps, les pays asiatiques sont aussi dans la ligne de mire. Une association new-yorkaise de droits de l'homme a reproché à l'Inde d'essayer d'exclure la discussion par la conférence, de la discrimination fondée sur les castes: "Nous sommes étonnés que la plus grande démocratie du monde essaie d'interdire la discussion d'une violation sérieuse des droits de l'homme qui touche deux cent quarante millions de personnes en Asie", a déclaré Smita Narula, le directeur des recherches de cette association en Asie du Sud. "En fait, le gouvernement indien refuse simplement d'admettre qu'il a de sérieux problèmes nationaux de droits de l'homme internationaux [sic]."

Des dissessions sont apparues avant même la tenue des réunions préparatoires en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique, qui avaient pour but de mettre au point chacune un document régional.

Le groupe asiatique a refusé d'incorporer l'Australie et la Nouvelle Zélande, bien que ce soit géographiquement justifié. Ces deux pays se sont donc joints à l'Europe. "Il est inadmissible que le système de l'ONU laisse à penser qu'on peut exclure certains pays démocratiques libéraux parce qu'ils pourraient ne pas être d'accord avec la majorité du groupe ", a déclaré Michael Colson, directeur adjoint d'une association genevoise de surveillance [des droits de l'homme qui porte le nom d'"UN Watch", bien qu'elle n'ait aucun lien avec l'ONU; adresse de l'association: http://www.unwatch.org/level2/about.htm]. "Et quand ça se manifeste à propos d'une conférence sur la tolérance, c'est particulièrement ironique." [Note de l'aaargh: l'Australie et la Nouvelle Zélande, non seulement sont des pays d'Océanie, mais encore sont d'anciennes puissances coloniales semblables aux Etats-Unis ou au Canada, où la population autochtone est dominée par une population descendant des colons qui ont capturé les richesses du pays à leur profit, le plus souvent en exterminant la population locale -- exclusivité anglo-saxonne et en la remplaçant par des Africains déportés et incapables de reconstituer des groupes susceptibles d'une opposition politique. Géographiquemet, malgré l'affirmation de ce propagandiste, on ne voit pas pourquoi les pays d'Asie seraient obligés d'accepter en leur sein l'Australie, qui est certainement plus proche de l'Europe que de l'Inde qui, elle, a chassé l'envahisseur anglais et tous les colons, ce qui lui a permis de conserver sa population et sa civilisation.]

Le choix de Téhéran pour la réunion de la réunion préparatoire asiatique est aussi source de contradiction puisque le gouvernement iranien a refoulé deux associations approuvées par l'ONU: les visas pour les délégués du Centre Simon Wiesenthal, une association parisienne de chasseurs de nazis [Note de l'AAARGH: on ne voit pas très bien ce que des chasseurs, d'hommes qui plus est, viennent faire dans une conférence de droits de l'homme!], sont arrivés trop tard tandis que ceux des délégués des fidèles de Baha'i, religion née en Iran au XIXe siècle et persécutée depuis la chute du Chah, ne sont jamais parvenus.

"C'est du racisme, ni plus ni moins", a déclaré Ruth Klein, directrice nationale de l'Institut des affaires internationales du Bnai Brith du Canada, association pour les droits des juifs. "Si c'est un avant-goût de ce qui va sortir d'Afrique du Sud, l'issue de la conférence est très douteuse."

Pour rédiger le plan de l'ONU, les commissaires de ont fait référence aux documents régionaux mais ils ont omis les passages qui n'avaient que peu de chance, à leurs yeux, d'être approuvées à Durban. Le plan propose de lutter contre le racisme par une législation plus juste, une meilleure éducation et des conditions matérielles égales pour tous. Mme Robinson déclare dans une note accompagnant le plan que son contenu "est forcément sélectif et inspiré par la volonté de déterminer les blocs sur lesquels un accord pourra se construire, afin de permettre à la communauté internationale d'aller de l'avant, unie dans sa lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance raciale." Mme Robinson s'est déclarée surprise par la volée de critiques qu'a suscitée le plan.

Les premiers à prendre connaissance du plan ont été les délégués d'une rencontre de quatre jours, qui s'est tenue à Genève la semaine dernière. Un délégué iranien qui le rejette a dit que "la seule base de discussion et de négociation" serait une "compilation" des plans adoptés par les conférences régionales. Ces propos ont alarmé les pays occidentaux: "Les règles du jeu ont quelque peu changé", a déclaré Kevin Lyne, un délégué britannique. Il a rappelé aux pays membres qu'ils avaient accepté que l'ONU dresse un plan d'action que la Planète pourrait mettre en oeuvre à l'unisson.

L'ONU projette maintenant de faire une compilation des propositions mondiales, des déclarations régionales et des amendements proposés à Genève. "C'est impossible", a déclaré M. Colson, "et il est évident que cette proposition est une tactique dilatoire des gouvernements qui veulent faire échouer la conférence." Cet échec serait grave pour Mme Robinson, ex-président de la république d'Irlande. "En effet, elle a publiquement fait du succès de cette conférence une affaire personnelle", dit un proche. "Si elle doit présider une conférence qui traite de toutes les propositions du groupe asiatique et réclame des indemnités et des réparations pour l'esclavage, son avenir est très compromis."

Certains opposants se font entendre: en inaugurant le sommet d'Afrique de l'Ouest de Dakar, en janvier, Abdoulaye Wade, président du Sénégal, a prévenu qu'une "spéculation hasardeuse" naîtrait si l'on réclamait que les effets du commerce des esclaves soient réparés: "Qui paierait qui? Et combien, a-t-il demandé avant d'ajouter: "Nous avons tort de pleurer sur le passé au lieu d'envisager l'avenir avec sérénité." [Note de l'AAARGH: sur ce personnage, on peut lire un article récent de L'Humanité. Wade, élu président du Sénégal en mars 2000, est un politicien sénégalais formé en France, qui a créé l'opposition à Senghor, en 1973, à la demande expresse de celui-ci. Son opposition à Senghor puis à son successeur Diouf, qui l'a amené deux fois en prison , est centrée sur son libéralisme: on ne s'étonnera donc pas de le voir adopter une position occidentale servile. La presse française a superbement ignoré la conférence en question.]

Mais peu de pays ont suivi son exemple et critiqué les déclarations régionales. "Les pays séparément ne sont pas d'accord, mais il faut défendre le groupe", dit M. Colson.

***

National Post | March 12, 2001


UN racism conference turns ugly


U.S. may boycott, Canada on fence as West, Israel assailed


Steven Edwards


A $21-million United Nations conference on racism has become mired in a flood of anti-Western and anti-Israeli sentiment.

Asian, African, Latin American and Caribbean countries have rejected a draft UN "plan of action" to combat racism in favour of their own interpretation of racial justice.

A regional UN group representing Asia -- including all Middle Eastern nations but Israel -- wants the UN to re-equate Zionism with racism, a Cold War concept the UN General Assembly expunged from its literature in 1991. It also wants to link globalization to racism, and calls for former colonial powers to compensate the countries they once ruled.

Africa is demanding the West pay massive compensation for the transAtlantic slave trade, during which 14 million black Africans were transported to the Americas in the 16th to 19th centuries.

But the demands have upset the United States, which is rumoured to be considering boycotting the meeting -- the World Conference Against Racism, Racial Discrimination, Xenophobia and Related Intolerance, set for Aug. 31 - Sept. 7 in Durban, South Africa -- if efforts to brand Israel racist persist.

The Bush administration has also already told Mary Robinson, the UN's chief human rights official, that it does not want slavery to dominate the agenda.

Canada's position is more fluid.

"We oppose attempts to equate Zionism as racism, but we haven't yet decided if we'll attend should this debate be on the agenda," said François Lasalle, spokesman for the Foreign Affairs department.

However, Asian countries have also come under fire.

Human Rights Watch, the New York-based monitoring group, criticized India for trying to exclude caste-based discrimination from discussion at the conference.

"We find it odd that the largest democracy in the world should try to stop discussion of a serious human rights abuse that affects 240 million people in Asia," said Smita Narula, the group's senior researcher for South Asia.

"This was simply a question of Indian officials not wanting to admit having serious international human rights problems at home."

Dissent arose even before preparatory conferences in Europe, the Americas, Africa and Asia were held to produce four regional documents.

The Asian group refused to allow Australia and New Zealand to join it, even though this made most sense geographically. The two countries joined the European group.

"The tendency in the UN system to think that it's OK to exclude some liberal democratic countries because they might not agree with the larger group is unacceptable," said Michael Colson, executive director of UN Watch, a Geneva-based monitoring group.

"But when this takes place in a conference that is supposed to be about tolerance, the irony is palpable."

Holding the Asian regional conference in Tehran also led to contradictions as the Iranian government barred two UN-approved organizations. Visas for representatives of the Simon Wiesenthal Centre, the Paris-based Jewish Nazi hunters, arrived too late, while those for representatives of the Baha'i faith, which arose in Iran in the 19th century but has been persecuted since the fall of the Shah, never arrived at all.

"That's the essence of racism," said Ruth Klein, national director of the Institute for International Affairs with B'nai Brith Canada, a Jewish advocacy group. "If this is a taste of what will emerge from South Africa, the conference is in trouble."

In producing the UN plan, UN officials referred to the regional documents. But they passed over sections they thought stood little chance of receiving consensus at the Durban gathering.

The plan called for combatting racism through fairer laws, better education and equal economic opportunities for all.

Ms. Robinson says in a note attached to the UN plan its contents are "necessarily selective and are inspired by the quest to identify consensus building blocks that would enable the international community to go forward together united in the struggle against racism, racial discrimination, xenophobia and related intolerance."

Ms. Robinson has been surprised at the level of criticism of the plan.

Delegates at a four-day meeting in Geneva last week were the first to see it. Rejecting it, an Iranian delegate said a "compendium" of the plans from all four regional conferences is the "only basis for further discussion and negotiation."

Such talk alarmed Western countries. "The rules of the game are being changed somewhat," said Kevin Lyne, a British delegate. He reminded countries that they had agreed the UN should draft an action plan the globe could implement in unison.

The UN now plans to create a compendium of the world body's proposals, plus the regional statements, plus amendments suggested in Geneva.

"It's an impossible task," said Mr. Colson. "Pushing for this is clearly a delaying tactic by governments who wish to see this conference fail."

Failure would be a bitter blow to Ms. Robinson, the former Irish president.

"The problem is that she has clearly identified herself with the success or failure of this conference," said one insider. "If she has to preside over a conference that contains all the Asian group's proposals and also pushes for compensation and reparations for slavery, I don't know what that says for her future."

But some dissenters are speaking out. At the opening of Africa's regional meeting in Dakar, Senegal, in January, the country's President, Abdoulaye Wade, warned of the "hazardous speculation" involved in claiming reparations for the effects of slave trade. "Who pays whom? And how much?" he asked, adding, "We're wrong to cry about the past while failing to face the future with optimism."

But few countries have followed his example in criticizing the regional declarations.

"Countries might disagree, but they have to defend the group," said Mr. Colson.

http://www.nationalpost.com/home/story.html?f=/stories/20010312/497928.html

 


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