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Jour de la Terre

Les Saboteurs Sionistes se sont démasqués

 


 

S'il existe une fois dans l'année une occasion pour les Palestiniens de se regrouper et de manifester leur revendication la plus fondamentale, c'est bien ce qu'ils appellent al Yom al Ard, le Jour de la Terre. Ils proclament haut et fort leur droit à leur terre, non pas comme certains cafouilleux le disent, les terres occupées en 1967, mais toute la terre de Palestine, occupée bien avant 1948 par divers moyens para-légaux ou financiers, celle que les juifs ont occupée par la force militaire en 1948 et après. C'est cette revendication fondamentale qui est la base du droit au retour de quatre millions d'exilés palestiniens, retour qui amènera obligatoirement l'abolition de l'instrument terroriste appelé Etat d'Israël.
Cette année, en raison du retour de l'Intifada, moyen de la lutte des masses palestiniennes accablées par le résultat de sept ans de négociations bidon avec le régime des tueurs d'enfants, la solidarité avec les Palestiniens en lutte était particulièrement nécessaire.
Dans la nébuleuse des gauchistes socialoïdes ou salonnards, il apparaissait comme particulièrement urgent de contrôler les manifestations qui pouvaient avoir pour thème le Jour de la Terre. Parallèlement au retour de la guerre des pierres, les "juifs de gauche" parisiens entendent exercer leur hégémonie pour empêcher la revendication palestinienne de porter atteinte à l'existence d'Israël. Limiter, réduire, affadir, affaiblir la revendication palestinienne est l'objectif de tous les mouvements politiques qui se disent juifs et de tous les mouvements politiques où des juifs jouent un rôle important. On y retrouve tout l'éventail, depuis le Tagar-Bétar, typiquement fasciste, appuyant le Likoud sous le contrôle du Mossad, jusqu'à des organisations comme le MRAP ou la LICRA, spécialisées dans le contrôle idéologique de ce qui se dit d'Israël et des citoyens potentiels d'Israël que sont les juifs en vertu de la Loi du Retour, le parti socialiste qui se prosterne, en la personne de Jospin, devant les tueurs de Tel-Aviv, et d'autres petites organisations qui se vouent à la défense d'un Etat d'Israël qui ne ferait pas les vilaines choses qu'il fait en ce moment tous les jours devant les caméras de télévision. Les socialistes, on devrait s'en souvenir, furent ceux qui ont donné l'armement nucléaire à Israël, avec qui ils ont monté l'aventure de Suez en 1956. Quant à la nébuleuse des "juifs de gauche" elle est à géométrie variable, entre l'engagement dans l'armée israélienne lors de la Guerre des Six Jours et la critique chochotte des "excès" de la répression.
Certains, et c'est leur droit, ont affirmé qu'ils voulaient exprimer leur solidarité avec les Palestiniens. Mais il y a Palestiniens et Palestiniens. Il y a ceux qui coquètent dans les salons parisiens, les proches d'Arafat, les slalomeurs d'Oslo, qui n'ont en vue que la promotion de leurs petites personnes dans un futur "Etat" croupion qui leur serait octroyé pour faire le sale boulot que leurs maîtres israéliens réclament d'eux, celui de chiens de garde, avec collier, niche, pâtée et compte à l'étranger. Et puis il y les autres, qui ne sont pas à Paris, ou à Berne, ou à New York. Ceux qui sont à Ramallah ou à Naplouse. Ceux qui se battent dans la rue, qui sont bombardés, qui sont sous le couvre-feu, sans argent, sans écoles, sans médecins; ils n'ont que des cailloux -- et quelques fusils pour lutter contre la plus puissante armée du Moyen-Orient.
A l'occasion de la Journée de la Terre du 30 mars 2001, certains groupes qui participaient à une "coordination pour la Palestine" ont voulu imposer leurs mots d'ordre réducteurs: retrait des territoires occupés en 1967 ! Création d'un Etat palestinien ! création d'une force d'interposition ! Rien de tout cela n'a de rapport avec ce que les Palestiniens entendent par "Jour de la Terre". Ils ont ensuite prétendu épurer cette coordination en éjectant les gens qu'ils jugeaient trop radicaux, pas assez dans le genre "Oslo". Ces groupes -- qu'il faut nommer: Association des Palestiniens de France (arafatiste), Union Juive Française pour la Paix (UJFP, probable sous-marin communiste), Ligue Communiste Révolutionnaire (trotskistes mondains achetés par le PS) -- ont essayé d'expulser les militants solidaires des Palestiniens. Pour finir, ils ont décidé de saborder entièrement le Jour de la Terre. Plus de manif! Comme ça, ils étaient tranquilles.
Quelques organisations de solidarité avec les peuples palestinien et irakien ont décidé de résister et ont maintenu l'appel à manifester à Paris le 31 mars, à la Nation.
Les saboteurs auraient pu se contenter de ne pas venir à une manifestation à laquelle ils avaient renoncé à appeler. Ils sont venus. Une poignée, en marge, cherchant comment détruire la manif. Ils crurent en trouver le prétexte quand ils virent circuler des tracts de la Vieille Taupe, tracts parfaitement licites de tous les points de vue. Deux provocateurs de l'Union juive française attaquèrent un quidam qui avait ces tracts dans un sac. Une vive réaction du service d'ordre allait aboutir à leur expulsion et leur remise aux mains de la police. Laquelle, d'ailleurs regrettait à mi-voix que les provocateurs n'aient pas été un peu "arrangés" par les manifestants. Ce merveilleux service d'ordre était celui du Parti des Musulmans de France, venu de Strasbourg pour l'occasion. Ces militants aussi enthousiastes que disciplinés ont assuré le succès de cette manifestation.
Au moment du départ vers la Bastille, un autre provocateur de l'UJFP est venu se plaindre qu'on ne respectait pas "la laïcité". Ils ont essayé de persuader la police qu'on distribuait des tracts "négationnistes", ce qui n'était nullement le cas. Ils ont ainsi bien marqué leur but: faire interdire la manifestation. Se faire aider par les flics. C'est comme ça qu'ils conçoivent leur lien aux Palestiniens: le silence des cimetières.
Bref, pour la première fois à Paris depuis très longtemps, on a eu une manifestation, digne et ordonnée, où les sionistes masqués n'avaient aucune part. C'est donc la solidarité pleine et entière avec les masses combattantes qui a été portée haut et fort. La lutte contre le sionisme commence là: au coeur du mouvement de soutien à la Palestine qu'ils cherchent à infiltrer, à contrôler, à orienter vers des revendications ridicules qu'ils formulent eux-mêmes pour protéger l'appareil de terreur et de spoliation avec lequel ils ont, finalement, et après maintes contorsions mentales, une solidarité de type ethnique.
Longtemps, les organisations qui se réclamaient de la solidarité avec les Palestiniens opprimés, ont cru qu'il fallait faire une place à cette nébuleuse des "juifs de gauche", prétendument "anti-impérialistes", se disant "progressistes" et agitant d'autres prétentions au magistère politique. Ce temps est fini. Cette manifestation du 31 mars a montré qu'on pouvait et qu'on devait se passer des saboteurs sionistes occultes. C'est en expulsant ces sionistes "modérés" et cachés, ces Arabes honteux et collaborationnistes, ces défenseurs inavoués d'un prétendu droit à l'existence d'Israël, qu'on libérera la parole de solidarité, qu'on sera dans la réalité de la lutte obscure, sanglante, calomniée, de nos frères palestiniens qui font vrombir, au bout de leurs frondes, le premier des droits de l'homme: celui d'exister.

Serge Thion
2 avril 2001.


Annexe : un texte de 1997, pour le centenaire du sionisme.

UN NOUVEAU JOUR DE LA TERRE

Cela fait cent ans. Cent ans que ça dure, avec des hauts et des bas, des moments d'activité et des moments de moindre intensité, mais ça dure, ça perdure. Tous les jours. Chaque jour que fait Dieu sur cette Terre. Chaque jour, des morceaux de cette terre sont volés. Chaque jour, depuis cent ans, un morceau, un fragment, un champ, un bord de route, un verger, quelques arpents de rocaille, sont soustraits à leurs légitimes propriétaires, des Arabes, des petits ou grands propriétaires fonciers, des bédouins, des collectivités locales, des grandes familles ou des fondations religieuses qu'on appelle wakf, pour devenir propriété légale d'une institution juive, soit l'État israélien directement, soit une de ces dix mille créations du sionisme qui, depuis cent ans, a multiplié les fonds, les fondations qui recueillent l'argent des millions de pauvres juifs dispersés dans le monde et qui, dans la joie, la piété religieuse, la ferveur du respect aux ancêtres, donnent leur obole pour permettre à ces bureaucraties avides de torturer la Terre et se l'approprier.

D'abord, on utilisait l'argent des riches banquiers juifs. Les Rotschild et d'autres pouvaient s'acheter une bonne conscience civique et rituelle en donnant de l'argent pour la colonisation juive en Palestine. Elle permettait de se débarrasser à bon marché de tout un tas de crève-la-faim qui hantaient les ghettos de Pologne et de Russie.

Cinquante ans de ce petit jeu, démultiplié par la cynique Déclaration Balfour, pendant la première guerre mondiale, avaient abouti à créer un domaine foncier juif qui était loin d'être négligeable dans la Palestine d'avant 1948. L'argent trouve partout des serviteurs obligeants. Mais le résultat restait dérisoire par rapport aux ambitions des dirigeants sionistes. Il fallut la guerre de 48 et toutes les manoeuvres pour chasser les habitants arabes. (On voit d'ailleurs quelques historiens révisionnistes hébreux qui commencent à reconnaître, bien timidement, qu'on a chassé du monde en 1948.) Le domaine foncier juif s'est alors vastement étendu. Mais ça ne suffisait pas encore. De nouvelles guerres ont suivi, la plus profitable étant celle de 1967 qui a soumis la quasi totalité de la Palestine à la dictature sioniste.

Alors on a vu se déployer des moyens nouveaux pour voler la terre. On a élaboré un arsenal de lois, de règlements et d'actions policières totalement monstrueux. Il suffirait d'exposer ces règles en vigueur pour montrer que les Nazis étaient des enfants de choeur, à côté de la ruse et de la saloperie juridiques déployées par la "justice" et la police israéliennes. Il n'y a que la construction juridique de l'apartheid qui puisse rivaliser.

Donc, chaque jour, légalement, réglementairement, des terrains qui appartiennent à des familles palestiniennes sont saisis, déclassés, reclassés et deviennent des "terres juives". Le prétendu "processus de paix" n'y a évidemment rien changé. La dépossession continue, comme elle le fait depuis cent ans.

Chaque année, les Palestiniens fêtent ce Jour de la Terre. Chaque années, elle s'est un peu rétrécie.

Mais chaque année montre que la revendication palestinienne est irrésistible. C'est sur elle que s'est brisée l'ambition sioniste. Le processus de domination et de dépossesssion s'est enrayé. Les dirigeants israéliens n'ont plus aucune marge d'initiative. Ils en sont à nous baratiner sur la paix. C'est l'amorce du recul. Ils ont tué Rabin pour nier ce recul. Mais il est là. Le glas d'Israël a commencer à sonner. Peu à peu, les juifs d'Israël reprendront la route de l'exil (New York, Miami, Sarcelles). Ils commencent à se rendre compte que c'est beaucoup plus sûr que de rester sur une terre volée, le dos tourné vers celui qu'on a dépouillé.

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DE CUISINE

 

Serge Thion
12 mars 1997

Mise sur l'aaargh: 10 avril 2001.

 

 


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