AAARGH

| Accueil général | Accueil Rassinier |

***************

 

Un esprit libre en lutte contre les idées toutes faites :

 

PAUL RASSINIER (1906-1967)

L'homme qui avait dit

NON a la guerre !

***

par Henri Roques



Réflexions à partir du livre de Nadine Fresco, Fabrication d'un antisémite. La Librairie du XXe siècle, Le Seuil, Paris, février 1999, 803 pages.


«Pour faire un républicain, il faut prendre l'être humain si petit et si humble qu'il soit [...] et lui donner l'idée qu'il faut penser par lui-même, qu'il ne doit ni foi, ni obéissance à personne, que c'est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite [...] croire, c'est ce qu'il y a de plus facile, et penser, ce qu'il y a de plus difficile au monde [...] «Il ne s'agit de rien moins que de faire un esprit libre [...]».

Cette mâle déclaration 1, extraite d'un discours de Ferdinand Buisson (1841-1932), l'un des fondateurs de la Ligue des Droits de l'Homme, est reprise par Nadine Fresco à la page 604 de son livre (note 39); elle signale, en outre, que Ferdinand Buisson est l'auteur d'un Dictionnaire de Pédagogie qui guida plusieurs générations d'instituteurs.

Il suffirait de remplacer le mot «républicain» par celui de «révisionniste» pour faire de ce texte une très belle profession de foi à laquelle tout Révisionniste souscrirait.

Croire, c'est ce qu'il y a de plus facile. C'est cette facilité que Dame Fresco a choisi en croyant à l'holocauste de millions de juifs dans des chambres à gaz quasiment magiques.

Elle n'éprouve d'ailleurs même pas le besoin d'exprimer et d'analyser sa croyance. Analyse-t-on l'air que l'on respire ? Dès la page 69 de son livre, elle énonce son credo : «un négationniste est un antisémite»

Penser par soi-même, passer au crible de l'esprit critique les idées toutes faites, c'est ce que Paul Rassinier a fait toute sa vie. En récompense de ses efforts constants, il est devenu un esprit libre.

Nadine Fresco étudie Rassinier depuis sa naissance jusqu'à sa mort, mais elle s'étend plus sur les quarante premières années de sa vie à Belfort que sur les vingt et une dernières, grâce auxquelles Rassinier est devenu le «Père fondateur du Révisionnisme»


Elle dit elle-même qu'elle a cherché «Rassinier avant Rassinier».

Brillant élève à l'école primaire de Bermont (territoire de Belfort), le petit Paul a appliqué, pendant toute son existence les principes qui lui ont été inculqués par son institutrice entre 1912 et la fin de la première guerre mondiale. Devenu lui-même instituteur, il a enseigné les mêmes principes à ses élèves, jusqu'à son arrestation par la police allemande, en novembre 1943.


NÉCROLOGIE OU NÉCROPHAGIE ?


«Nécrologie», tel est le titre choisi par la chercheuse au C.N.R.S. pour le premier chapitre de son livre. Ce chapitre commence en 1967 au cimetière de Bermont où Rassinier est inhumé, un jour d'été; il se termine au même endroit, après avoir relaté les obsèques à l'église parisienne de St Nicolas du Chardonnet en septembre 1998 de l'écrivain Maurice Bardèche qui fut l'ami et l'éditeur de Paul Rassinier. Entre ces deux enterrements, Mme Fresco a placé des noms et quelques textes rédigés par des fidèles de Paul Rassinier, au moment de son décès. Les uns étaient étiquetés à l'extrême gauche parce qu'ils étaient socialistes, libertaires et pacifistes de toujours; les autres étaient étiquetés à l'extrême droite parce que, tout aussi antibellicistes que les premiers, ils refusaient d'accabler de tous les maux les vaincus de la seconde guerre mondiale.

Toujours sous l'emblème de la nécrologie, sont cités des révisionnistes, qualifiés de négationnistes. On lit les noms de quelques étrangers et ceux de révisionnistes français toujours bien vivants.

En qualité de chef de file et de successeur de Paul Rassinier, le professeur Robert Faurisson est gratifié de quelques pages; ses adeptes sont moins bien servis. Dame Fresco se garde bien d'étudier les écrits des uns et des autres. Elle sait une fois pour toutes, qu'ils n'ont été inspirés que par la haine des juifs.

Elle n'a consulté préalablement aucun d'entre eux. Ses pages reprennent des informations, généralement déformées, glanées ici ou là dans la presse que l'on dit «grande !» à cause de ses tirages.

Dans le reste du livre, il ne sera plus question des révisionnistes. L'auteur a d'autres chats à fouetter : il s'applique à tenter de démontrer, par l'exemple de Rassinier, comment, depuis la ferme familiale jusqu'à la région parisienne, se fabriquerait un antisémite.

Nous sommes prévenus : ils nous sera présenté le processus de fabrication d'un antisémite à travers sa biographie.

Faute d'y parvenir, l'auteur s'expose à dévoiler le processus de fabrication lui-même.


TERRITOIRE...(DE BELFORT).


Dès 1989, le CNRS a financé quelques séjours de Mme Fresco à Belfort (ex. note 105 page 663 et quelques autres). Il fallait effectivement se hâter pour rencontrer à Bermont et à la préfecture du Territoire, des contemporains de Paul Rassinier. Ils avaient tous dépassé les 80 ans. La chercheuse étudie longuement la famille Rassinier (parents, frères, oncle, neveux, cousins de Paul).

Dame Fresco, en citadine déracinée, n'a peut-être pas de village natal. Bermont et Charmois où vécurent des générations de Rassinier, dont le nom précise-t-elle, s'orthographiait jadis avec un C au lieu de deux S, sont pour elle des objets d'observation qu'elle examine avec un oeil d'entomologiste.

Quand elle insiste sur les querelles familiales, nous ne la suivons guère. Nous donnerons un seul exemple : l'oncle de Paul, maire de Charmois, votait à droite; or il fit intervenir le député «réactionnaire» de Belfort, André Tardieu, pour que son neveu, militant à l'époque au parti communiste, obtienne un poste d'instituteur, avant d'avoir décroché son brevet supérieur.

Le passe-droit fut de très courte durée, mais c'est un bel exemple de solidarité familiale.

Que penser des relations entre le père, Joseph Rassinier, cultivateur à Bermont et son fils aîné Paul ?

A en croire Nadine Fresco, il y aurait eu entre eux des querelles continuelles, des incompréhensions réciproques.

Quant à moi, qui ai eu le privilège de fréquenter Paul Rassinier quand il habitait Asnières de 1962 à 1967, je crois plus plausible la version qu'il m'a donnée.

Parlant assez souvent de son père, il m'a dit qu'il avait été préparé par son milieu familial à sa vie de militant. Le fils avait conscience d'être, dans une certaine mesure, le continuateur de son père 2.

Notre chercheuse patentée a porté un avis discutable sur le comportement de Joseph Rassinier pendant la première guerre mondiale. Agé de 36 ans, père de trois enfants, il avait été mobilisé dans l'armée territoriale à 20 ou 30 km de sa ferme. Mme Fresco admet qu'il est allé plusieurs fois en prison militaire, mais elle affirme que des concours de pinard avec d'autres territoriaux soiffards étaient à l'origine de ces punitions.

L'enquêteuse a peut-être ajouté foi aux propos malintentionnés de quelques vieux villageois de Bermont peu au fait des activités réelles de Joseph Rassinier.

Je préfère la version de Paul, le fils. Son père qui, avant son mariage, avait fait trois ans d'armée au Tonkin, comme volontaire, était revenu au pays, à la fois content d'avoir découvert une contrée lointaine et assez antimilitariste et pacifiste. Ses séjours en prison militaire étaient dus, selon son fils, à des propos et à des actes jugés défaitistes par ses supérieurs. Joseph Rassinier était certes revenu du Tonkin avec ce qu'on appelait pudiquement «un foie colonial». Il était, c'est un fait, alcoolique. Ce n'était pas un ivrogne.

Cette version explique mieux que celle de Nadine Fresco les raisons qui ont poussé Joseph Rassinier, qui avant la guerre votait à droite par tradition familiale catholique, à se présenter en 1922 sur une liste communiste aux élections cantonales, dans le sillage d'un homme politique belfortain, L.O. Frossard.

Élu, Joseph devint donc conseiller général et suivit Frossard quand il quitta le P.C. pour la S.F.I.O. en 1923. Il conserva la confiance de ses électeurs puisqu'il siégea au conseil général jusqu'en 1940, deux ans avant sa mort.

Sur un autre plan, Dame Fresco, née après la seconde guerre mondiale (tant mieux pour elle!) démontre qu'elle connaît bien mal l'état d'esprit des habitants des provinces françaises entre les deux guerres mondiales.

Elle ignore qu'à cette époque, beaucoup de familles modestes (cultivateurs, artisans, ouvriers, fonctionnaires subalternes ) étaient très fières lorsqu'un fils ou une fille «travaillait bien» à l'école primaire. Sur le conseil du maître d'école, le (ou la) bon élève était dirigé vers l'école primaire supérieure pour tenter le concours d'entrée à l'école normale d'instituteurs du département.

Devenir instituteur ou institutrice, c'était une promotion. Certes, le traitement mensuel était peu élevé, mais la retraite était prise à 55 ans. Le secrétariat de mairie mettait «du beurre dans les épinards» et surtout, l'enseignant gagnait la considération des gens des campagnes et aussi des villes, qui respectaient les fils ou les petits-fils des «Hussards noirs de la République», comme les appela Péguy.

Nadine Fresco s'acharne, tout au long de sa biographie haineuse et méprisante à présenter Paul Rassinier comme une sorte de raté, envieux, prisonnier de son petit territoire de Belfort, se défoulant dans la politique locale où il collectionnait les échecs. En un mot, il est pour elle un «primaire» vaniteux, appréciation fort choquante de la part d'une personne dite de «gôche», qui aspire, elle, à être un fleuron reconnu de l'intelligentsia parisienne.

Dame Fresco, fort bien en cour au journal Le Monde, a d'ailleurs réussi à convaincre un rédacteur de ce quotidien. Ce dernier écrit dans la livraison du 12 février 1999 : «consacrer à un destin si piteux un si gros ouvrage ? Il le fallait sans aucun doute. Tant qu'à faire, on finit par regretter que [Nadine Fresco] n'ait franchi les limites de sa discipline, utilisé le roman et la psychanalyse existentielle, imaginé la sexualité 2 de cet homme triste, pour donner un livre qui aurait pu s'appeler "L'Aigri de la famille"[...]».

Voilà l'affligeante conclusion d'un journaliste qui n'a jamais consulté un ouvrage de Paul Rassinier, qui ne sait du révisionnisme que les mensonges diffusés par les journaux et qui a dû lire avec beaucoup d'ennui le livre de Nadine Fresco.

Obéissance au rédacteur en chef oblige ! Il était chargé de faire une critique flatteuse de l'ouvrage en question. Il l'a faite comme on se débarrasse d'une corvée. Il devrait exister un bonnet d'âne, décerné, chaque année, à l'article le plus stupide. Ce critique littéraire du Monde des Livres aurait de bonnes chances de l'obtenir.


Du parti communiste à la guerre, en passant par la fédération communiste indépendante de l'Est et par la «vieille maison» (la S.F.I.O.).


A 16 ans, en 1922, Paul Rassinier adhéra au parti communiste; cette même année et sous la même étiquette, son père fut élu conseiller général.

C'était l'époque où le quotidien L'Humanité ne mâchait pas ses mots pour réclamer la révision du «Traité de Versailles, qui humiliait les vaincus». Le «parti de la classe ouvrière» n'hésitait pas à apporter son soutien aux travailleurs allemands, réduits par la défaite de 1918 à la misère, et même à la famine. Le journal communiste s'en prenait sans complexe aux capitalistes et aux banquiers exploiteurs, sans craindre de dire qu'ils étaient parfois juifs.

Nadine Fresco suppose que le jeune Rassinier buvait cette prose comme du petit lait. Ils étaient nombreux dans son cas. Rapidement, la bolchevisation fit du P.C.F. une machine à exclure ceux qui n'étaient plus dans la ligne du parti. Le tour de Paul Rassinier arriva en 1932, pour une obscure histoire d'entente avec des organisations non communistes en vue de constituer un comité de soutien à un jeune antimilitariste emprisonné, donc une initiative liée au refus intransigeant de la guerre, et prise en rupture avec les consignes du sectarisme stalinien.

Rassinier réagit en créant, avec quelques autres exclus, une Fédération Communiste Indépendante de l'Est, dont le siège était à Belfort. D'anciens membres du P.C.F. qui menaient à Paris une action comparable, collaborèrent pendant quelque temps avec les Belfortains. Parmi ces Parisiens, il y avait Boris Souvarine, de son vrai nom Lifschitz.

En 1934, les émeutes de février décidèrent Rassinier à s'intégrer «en désespoir de cause» à la S.F.I.O. (ce parti socialiste que Léon Blum appelait la «vieille maison»)

Depuis janvier 1933, en Allemagne, Hitler était au pouvoir.

Dans les années suivantes, les événements se précipitèrent :

1935 : occupation militaire allemande de la Rhénanie

1936 : guerre civile espagnole

1938 : Anschluss de l'Autriche et accords de Munich, concernant les Allemands des Sudètes.

Pacifiste convaincu, Rassinier suivit à la S.F.I.O. le courant de Paul Faure qui, progressivement, s'opposa au camp, dénommé belliciste par ses adversaires, où se distinguaient avec plus ou moins de virulence Léon Blum, Salomon Grumbach, Jules Moch et bien d'autres.

Pour Rassinier, moins de vingt ans après la fin de cette horrible boucherie que fut la première guerre mondiale, la paix, et la transformation des structures sociales qui provoquaient l'exploitation et la guerre, représentaient les valeurs suprêmes à préserver par tous les moyens.

Pour certains, très influents, la priorité consistait, au contraire, à abattre la «bête immonde» qui, bien installée de l'autre côté du Rhin, prenait des mesures vexatoires à l'égard des juifs résidant en Allemagne.

La suite est connue. En septembre 1939, sous prétexte de défendre Dantzig et la Pologne, la France, à la remorque de la Grande-Bretagne, se considéra en état de guerre avec l'Allemagne. Elle se lança donc dans une aventure guerrière qui se termina par une déroute rapide et complète en mai et juin 1940.

Que fit Paul Rassinier, après un séjour sous les drapeaux, loin du front ? Dès sa démobilisation, il revint à Belfort pour reprendre son poste d'instituteur avec son épouse, elle-même institutrice.

Un certain nombre de pacifistes de gauche, après avoir approuvé l'inévitable armistice, allèrent plus loin. Ils estimèrent, avec plus ou moins de détermination, qu'il fallait trouver le moyen de s'entendre avec l'Allemagne victorieuse, car, quelle que soit l'issue du conflit, elle resterait géographiquement notre voisine, au centre de l'Europe.

Mme Fresco reproche beaucoup à Paul Rassinier d'avoir écrit un article un seul article pour une publication diffusée en zone occupée, nommée «Le Rouge et le Bleu». Le directeur politique en était Charles Spinasse, socialiste de tendance Paul Faure, ancien ministre d'un gouvernement de Front Populaire en 1936.

Cet article de Rassinier n'exprimait aucune prise de position politique. Il parut en mars 1942 sous le titre suivant : «Charles Péguy nous avait prévenus».

Pendant l'occupation allemande, Péguy fut revendiqué par tout le monde en France. Chacun qu'il soit vichyssois, collaborationniste, ou résistant, voyait «Péguy à sa porte» et l'enrôlait sous sa bannière.

Rassinier, dans son texte, cite et commente des extraits de Péguy, tirés de «Notre jeunesse». Dame Fresco en profite pour tenter d'appliquer la méthode révisionniste à cet article. Elle fait grief à l'auteur d'avoir confondu «L'immortelle affaire Dreyfus» avec «L'affaire dreyfusisme» qui lui a succédé; elle l'épingle pour avoir mentionné le scandale de Panama, alors que Péguy n'en avait dit mot. Toutefois, comme Rassinier, en parlant de Panama, n'a pas prétendu reproduire une citation de Péguy entre guillemets, on est amené à conclure que la méthode révisionniste de Mme Fresco n'est pas au point. Au surplus, on comprend mal quel crime il y a à évoquer l'affaire de Panama, le «scandale» qui marqua les esprits en révélant l'ampleur de la corruption et la dégradation affairiste de la République. Ou plus précisément, doit-on comprendre que l'évocation de cette affaire serait interdite, dès lors que des membres éminents de la communauté juive s'y trouvaient impliqués ?

Quelques pages plus loin, Nadine Fresco revient à Péguy qui a écrit : «Les antisémites ne connaissent point les juifs. Ils en parlent, mais ils ne les connaissent pas [...]». A chacun de penser ce qu'il veut de cette affirmation. Toujours est-il qu'elle ne s'applique pas à Rassinier qui, dans sa vie, a connu beaucoup de juifs 4, tant parmi ses amis, ses camarades, que parmi ses ennemis 5. A Belfort, la communauté juive était importante et il a bataillé, durant des années, contre Pierre Dreyfus Schmidt, maire et député du territoire. Il fréquenta Boris Souvarine, ainsi que Victor Serge (Kilbatchiche), dont Mme Fresco ne parle pas, mais que Rassinier admirait beaucoup (je tiens cette dernière information de Paul Rassinier lui-même). A la S.F.I.O., il côtoya beaucoup d'Israélites, comme il convenait de dire alors, et discuta longuement avec eux.

Après guerre, il eut pour principaux adversaires Léon Poliakov, Georges Wellers et Bernard Lecache, président de la L.I.C.A. ( devenue par la suite L.I.C.R.A.) qui l'assigna en justice en 1965.

Paul Rassinier était déjà très bien informé quand il écrivit ceci : «Comme s'il suffisait d'être Israélite pour avoir le droit de faire une politique contre laquelle personne n'aurait le droit de protester» (La IVe République- du 22 Octobre 1946).


LE RÉSISTANT ET LE DÉPORTÉ, MATRICULE 44 364


Rassinier eut des activités dans la Résistance. Toutefois, en pacifiste conséquent, il était radicalement opposé aux attentats contre des soldats allemands, aux parachutages d'armes, à leur stockage, etc.

Il souhaitait, avec une naïveté certaine, continuer sous l'occupation à diffuser ses idées pour l'après-guerre, pour la IVe République, qui succéderait à la IIIe. Il réservait son soutien aux prisonniers de guerre évadés, aux réfractaires au S.T.O., aux candidats à l'émigration momentanée en Suisse, toute proche de Belfort. Bien des personnes en difficulté eurent, grâce à lui, des fausses cartes d'identité et d'alimentation Parmi elles, de nombreux juifs, ce que Nadine Fresco n'a pas jugé bon de signaler 6. A ma connaissance, aucun de ces juifs n'a osé déposer publiquement en faveur de Rassinier, lors de ses procès d'après-guerre.

Il y eut un journal clandestin qui ne dépassa pas le premier numéro.

Arrêté fin novembre 1943 dans sa classe, Rassinier fut soumis à des interrogatoires qui s'achevèrent en tortures par le S.D.(Sicherheitsdienst) de Belfort. Mâchoire brisée, rein gravement atteint, ce sont les séquelles de ces sévices qui expliquent la vie de souffrances quotidiennes menée par Paul Rassinier pendant près d'un quart de siècle jusqu'à sa mort en 1967.

Si le futur historien révisionniste fut à ce point torturé, c'est parce que les policiers allemands n'ont pas réussi à lui arracher la moindre information. Il aurait été honnête de le dire, ce qu'a négligé Nadine Fresco 7. Nous le faisons à sa place.

Le déporté immatriculé 44 364 connut Buchenwald et Dora; il revint à Belfort le 18 juin 1945.

Comme l'auteur du livre que nous analysons ne parle de Paul Rassinier en déportation que dans un dernier chapitre intitulé «Autorévision », nous suivrons son plan.


L'APRÈS-GUERRE À BELFORT


Le 25 novembre 1944, le dernier soldat allemand a abandonné la forteresse de Belfort. Dans la ville elle-même, quelques jours plus tôt, de nouvelles autorités issues de la Résistance ont été installées.

L'ancien maire, qui va retrouver sa mairie, Pierre Dreyfus-Schmidt est revenu dans la Ire armée française, juché sur un char. Paul Rassinier ne reviendra que six mois et demi plus tard, allongé sur un brancard; il sera réformé à 100%+5 degrés.

L'image est saisissante : l'un, en brillant uniforme, arrive comme un vainqueur, le second comme un vaincu, bien qu'il ait enduré les pires souffrances pour une victoire dont il ne tira aucun profit (et la classe ouvrière non plus, d'ailleurs).

Il est banal de dire qu'il ne faut pas se fier aux apparences. De Pierre Dreyfus-Schmidt et de Paul Rassinier, lequel des deux est entré dans l'Histoire ?

Dans les années de l'immédiat après-guerre, les Français votèrent beaucoup, probablement pour rattraper le temps perdu entre 1940 et 1944.

Les luttes électorales à Belfort eurent un arrière-goût de IIIe République. Le parti socialiste était représenté par René Naegelen qui avait suivi le parcours de L.O. Frossard et collaboré à son journal Le Mot d'ordre qui, pendant l'occupation, paraissait à Marseille.

Paul Rassinier était associé à Naegelen. A des élections législatives en 1946, Naegelen fut élu. Toutefois, il avait conclu un accord avec son second de liste, en faveur duquel il avait promis de démissionner. Il tint parole et c'est ainsi que Rassinier devint député de Belfort. Son mandat fut de très courte durée, puisqu'en novembre 1946, il fut battu lors de nouvelles élections, par une coalition, habituelle dans le territoire, entre les radicaux menés par le maire Pierre Dreyfus-Schmidt et les communistes locaux.

Mme Fresco reproduit un extrait d'un éditorial de Paul Rassinier publié dans son journal La IVe République du 3 septembre 1946. On lit : «[...] prenant la succession de René Naegelen, j'ai accepté sans enthousiasme avec beaucoup d'hésitations et d'atermoiements, avec des appréhensions multiples, un destin cependant inéluctable». L'auteur du livre ironise sur cette inéluctabilité.

Il est exact que Rassinier cédait à une illusion. Son destin ne lui commandait pas d'être député 8, peut-être maire de Belfort, voire ministre. Même s'il avait cumulé ces fonctions, qui se souviendrait de lui aujourd'hui, à part des Belfortains âgés...?

Les spiritualistes attribuent à chaque être humain une âme et une destinée. Toutefois, seul un très petit nombre d'êtres humains ont la conviction d'avoir un destin que l'on peut qualifier d'historique et qui s'exerce dans des domaines très divers. Ces privilégiés s'égarent souvent, tâtonnent avant de trouver, enfin, leur voie.

Paul Rassinier trouvera sa voie à partir de 1949-1950, en écrivant ses premiers livres, Le Passage de la ligne et Le Mensonge d'Ulysse. Son destin s'affirmera dans la dizaine d'ouvrages qui suivra.

En 1947, il avait quitté Belfort avec sa femme et son fils pour vivre successivement à Mâcon, à Nice, puis à Asnières, près de Paris où il terminera sa vie.


LE RÉVISIONNISTE PAUL RASSINIER VU PAR NADINE FRESCO.


La chercheuse au C.N.R.S. a rencontré des anciens déportés de Buchenwald et de Dora.

Certains ignoraient jusqu'au nom de Paul Rassinier. Grâce à Mme Fresco, ils ont lu Le Mensonge d'Ulysse et ont donné leur avis sur le témoignage de leur ancien compagnon de déportation. Les réflexions de ces anciens de Buchenwald et de Dora, telles que Mme Fresco les rapporte, sont assez médiocres. L'un d'eux déclare: «Huit mois au Revier (hôpital) ? Et il en est sorti vivant ?»

Un autre ajoute : «Je suis passé plusieurs fois au Revier, mais jamais aussi longtemps; il fallait qu'il ait un traitement de faveur.» Ne serait-il pas plus logique de conclure que Rassinier est resté plus longtemps que d'autres à l'hôpital, parce qu'il était plus malade qu'eux ? D'ailleurs, ces anciens déportés sont aujourd'hui octogénaires, ou très près de l'être, pour les plus jeunes.

Paul Rassinier, lui, est mort à 61 ans des suites des tortures infligées par les policiers allemands de Belfort et des souffrances endurées dans l'univers concentrationnaire. Pour être très précis, les fonctions rénales étaient irrémédiablement atteintes. Le surcroît de soucis, de travail, de tension, dû aux procès lui a été fatal.

Il était revenu sans haine : il est mort sans haine. Un ancien de Buchenwald, Pierre Bridonneau, bien qu'à la pointe du combat contre le Révisionnisme, a malgré tout, écrit dans un petit livre paru en 1997 sous le titre Oui il faut parler des négationnistes (en mal, bien entendu !) les phrases suivantes: «J'ai lu Le Mensonge d'Ulysse «avec intérêt et une certaine mélancolie[...]. J'ai retrouvé chez Rassinier bon nombres d'observations que j'avais faites au camp.[...] Il est exact que la grande majorité des coups que nous recevions nous étaient administrée par les membres de la Häftlingsführung (direction interne exercée par certains détenus) Kapo, Vorarbeiter, Blockaltester ou Stubendienst (différents titres de ceux qui étaient chargés de l'encadrement). Il est exact que ces hommes formaient une sorte de maffia qui vivait grassement sur les rations et les colis des déportés». Pour conclure, Bridonneau fait quand même peser la responsabilité de ces exactions sur le nazisme et la S.S. C'est un point de vue parfaitement défendable. Dès lors qu'on ne cache pas la réalité des faits, l'interprétation est libre.

Dame Fresco, dans son dernier chapitre titré «Autorévision» s'apparente à une Diane chasseresse qui, partie pour ramener un cerf ou un sanglier, rentre le soir, fourbue mais malgré toute fanfaronne, avec un lapin efflanqué dans sa gibecière.

Elle pose parfois des questions assez saugrenues. Comment Mme Rassinier a-t-elle pu envoyer, chaque jour, à son mari, un colis de victuailles, ce qui lui a permis de survivre ? Comment dénicher et financer ces denrées rares et chères en 1943-1944 ? La réponse coule de source : Les familles Rassinier, à Bermont et à Charmois, cultivaient la terre et élevaient des animaux de toutes sortes. Ceux qui ont vécu cette époque savent que les paysans, fort heureusement, n'ont jamais souffert du manque de ravitaillement et que le troc se pratiquait sur une grande échelle.

Voici un autre exemple d'autorévision qui se retourne contre son auteur : dans Le Mensonge d'Ulysse, Rassinier relate une anecdote qui peut se résumer ainsi : Le nouveau déporté marche dans les rangs, en route vers le lieu de travail de la journée; son voisin est un petit boiteux, plus ancien dans le camp. Rassinier, par distraction, est un peu sorti des rangs quand il reçoit un magistral coup de poing. Le petit boiteux lui crie: «Tu ne peux pas faire attention, c'est Thaelmann (ancien chef du parti communiste allemand)» Quelques instant plus tard, c'est le petit boiteux qui est cogné à son tour; il grogne: «Pas étonnant c'est ce c... de Breitscheid (ancien dirigeant socialiste allemand)». Rassinier commente: «Je n'éprouve pas le moins du monde le besoin de vérifier l'identité des deux lascars. Je me borne à sourire à la pensée qu'ils ont enfin réalisé l'unité d'action dont ils ont tant parlé avant guerre [...]».

Pour tout esprit clair et de bonne foi, Rassinier s'est contenté de faire un court récit qui permet de mieux comprendre l'ambiance du camp de Buchenwald. S'il y a un menteur dans l'affaire, ce ne peut être que le petit boiteux qui a probablement voulu «épater le nouveau».

Il est attesté que ni Thaelmann, ni Breitscheid n'ont été Kapo à Buchenwald.

Or, certains comme l'écrivain Jorge Semprun, ancien communiste, ancien déporté, ancien ministre de la culture dans un gouvernement espagnol ont accusé Rassinier d'être un menteur. Florent Brayard, dans son livre Comment l'idée vint à Rassinier paru en 1996, ne va pas aussi loin. Il reprend toutefois l'anecdote et pour l'expliquer, il a recours aux théories psychanalytiques de Bruno Bettelheim. Comprenne qui pourra !

Quant à Nadine Fresco, elle consacre à son tour, une page de son livre à ce récit assez mineur. Elle l'accompagne de commentaires ambigus sur les comptes que Rassinier avait à régler avec les communistes depuis les combats politiques de Belfort. Le lecteur peu averti sera troublé et conclura que ce Rassinier était un mythomane rancunier. Qui pratique la désinformation ?

Autre grave interrogation au sujet du Rassinier d'après-guerre, la plus grave sans nul doute : était-il un agent de l'Internationale néo-nazie comme l'en accusa Bernard Lecache en 1965 ? Il convient de poser une question préalable: L'Internationale néo-nazie a-t-elle existé ? Existe-t-elle encore ? La réponse est non. Il n'y eut jamais que quelques individualités qui, de divers pays du monde, correspondirent entre elles, se rencontrèrent rarement et se querellèrent parfois. Pas la moindre trace de structure, de mots d'ordre à suivre sous peine d'exclusion. Ces personnes isolées étaient motivées par le spectacle affligeant de la décadence européenne, aggravée par le triomphe de deux superpuissances extra européennes. En plagiant Ernst von Salomon, on pourrait écrire que «L'Europe brûlait sourdement dans quelques cerveaux hardis».

Quant à Paul Rassinier, il resta inconditionnellement fidèle aux idéaux de sa jeunesse. Dans les années 20 et 30, il militait pour la paix, la réconciliation franco-allemande, estimant que le vainqueur devait tendre la main au vaincu et que le «Traité de Versailles» devait être révisé. Il avait coutume de dire : «Ce n'est pas moi qui ai changé; c'est la gauche qui n'est plus elle-même».

Dans sa préface à un numéro spécial de «Contre-courant, (novembre 1956)» rédigé par Paul Rassinier et intitulé Le Parlement aux mains des banques, Henri Jeanson écrit : «Nous vivons dans un monde absurde et sordide [...] qui gêne aux entournures les quelques rares Rassiniers qui n'ont pas perdu tout sens de la dignité et qui refusent de se laisser robotiser [...]».

Ces «quelques rares Rassiniers» dont parle Jeanson, on les trouvait à gauche parmi les libertaires et les pacifistes, et aussi à droite, parmi les persécutés et les exclus de l'après-guerre. La philosophe Simone Weil a tout exprimé en une phrase : «La Justice est l'éternelle fugitive du camp des vaincus».

Il était naturel que l'ancien déporté non-conformiste en vînt à travailler avec l'ancien bagnard de l'île de Ré, Henry Coston, avec l'ancien détenu de Drancy et de Fresnes, Maurice Bardèche, beau-frère du poète fusillé Robert Brasillach.

En allant au-devant des nouveaux opprimés de France, d'Allemagne et d'ailleurs, Rassinier renforçait la continuité de sa pensée et de son comportement. Autour de lui, se retrouvaient ceux qui, comme lui, avaient apporté en naissant le goût de dire ce qu'ils pensent, et comme ils le pensent.

Il est vrai que Nadine Fresco a fait une grande découverte; Paul Rassinier avait quelques défauts, qui, selon elle, lui enlèverait tout crédit. En revanche, elle est muette sur ses qualités, n'en admettant qu'une : son exceptionnelle énergie de militant. Il était vaniteux, dit-elle. N'avait-il pas simplement conscience de sa valeur et de la mission qu'il devait remplir ? Comme l'accès à la presse de grande diffusion lui était interdit, il faisait de la publicité pour ses ouvrages dans la moindre publication, presque confidentielle, qu'elle fût de droite ou de gauche.

Mme Fresco n'a jamais été confrontée à un problème de cet ordre.

La chercheuse au C.N.R.S. ne dit à peu près rien du contenu des ouvrages de Rassinier. Il ne faut pas compter sur elle pour savoir ni comment ni pourquoi l'ancien déporté a été mondialement reconnu comme le fondateur du «révisionnisme» de la seconde guerre mondiale.

On lit seulement à la page 163 la liste de ses ouvrages avec les noms des éditeurs et la date de publication. Puis sur dix pages (769 à 778) l'auteur adresse ses remerciements aux très nombreuses personnes qui lui ont fourni des informations au cours des dix dernières années.

La note 112 (p.589) mérite d'être signalée: «Le 5 juin 1990, précise Mme Fresco, Maurice Bardèche m'a autorisée à consulter chez lui le contenu de trois boîtes de correspondances archivées et triées par lui, allant de 1956 à 1968 [...]» A-t-elle bénéficié de la gentillesse habituelle de Bardèche qui approchait de ses 83 ans ? A-t-elle eu recours à une ruse pour gagner sa confiance ?

J'ai cherché vainement le nom de Maurice Bardèche dans la très longue liste de ceux qui ont eu droit à des remerciements. Est-ce parce qu'il est décédé ? Certainement pas, car de nombreux défunts sont cités, tels Léon Poliakov, Georges Wellers, André Frossard et d'autres.

Imagine-t-on Dame Fresco remerciant un écrivain fasciste ?

Cette petite mesquinerie est significative. Elle dénote la partialité de tout le livre.

Reconnaissons, malgré tout, un mérite à Nadine Fresco. Elle semble avoir beaucoup travaillé pour rassembler une fort importante documentation (184 pages de notes écrites en très petits caractères, qui seront une mine de renseignements le jour, qui ne devrait plus tarder, où des historiens sérieux se mettront au travail).

Elle est donc parfaitement informée sur Paul Rassinier.

Elle tire de ses informations des conclusions opposées à celles des révisionnistes.

Peut-on expliquer ce paradoxe ?

Récemment dans les Mémoires de Pierre Vidal-Niquet (tome 2), j'ai remarqué une phrase que l'éminent helléniste François Chamoux avait lancé un jour à son collègue universitaire :

«Nous ne devons pas avoir le cerveau qui fonctionne de la même manière» (p. 213 )

Je n'hésite pas à en dire autant à Nadine Fresco.

Au terme de la lecture attentive de son livre, une seule conclusion s'impose : L'antisémitisme de Paul Rassinier est «un produit de pure fabrication», ce qui justifie paradoxalement le titre du livre. La Fabrication d'un antisémite nous en apprend plus sur le fonctionnement du cerveau, sur les schèmes interprétatifs, les structures mentales et les préjugés de l'auteur que sur la personnalité de Paul Rassinier.

HENRI ROQUES, le 20 avril 1999


Quelques révisions suggérées à Nadine Fresco

L'auteur a commis quelques erreurs ou omissions, certaines sont mineures, d'autres beaucoup moins. En voici quelques unes :

1) Page 533 : «Paraz, tuberculeux, mourut en 1957».

Nadine Fresco n'en dit pas plus. Or, il est très connu qu'Albert Paraz fut aussi une victime de guerre . Mobilisé dans le Sud algérien, il était affecté à des essais de gaz de combat, effectués par l'armée française en 1939-1940. Accidentellement, il fut gazé et ses poumons irrémédiablement ravagés le condamnèrent à une vie de souffrances jusqu'à son décès.

2) Page 604 : Selon le petit Larousse, Ferdinand Buisson se vit .décerner le Prix Nobel de la Paix en 1926 et non en 1927 -

3) A plusieurs reprises, il est question dans le chapitre «Territoire» du général Denfert-Rochereau qui dirigea la défense de Belfort en 1870-71. Toujours selon le Petit Larousse, c'est le colonel Denfert-Rochereau qui a laissé son nom dans l'Histoire même s'il a été promu ultérieurement général. Le capitaine Dreyfus termina sa carrière comme commandant, mais l'affaire est celle du capitaine Dreyfus.

4) Page 743, note 34 : Nadine Fresco a demandé l'aide de l'Allemand Lothar Baïer pour traquer les fautes d'orthographe ou les impropriétés commises par Paul Rassinier dans des phrases allemandes simples qui parsèment, dit-elle, son livre Le Passage de la ligne. Elle tire la conclusion que les phrases ont été fabriquées par Rassinier après coup, à l'aide d'un dictionnaire. Elle donne un exemple : Un Allemand dirait : Dort ist das Krematorium et non : Hier ist das Krematorium.

Or dans Le Mensonge d'Ulysse (2e édition - 1955) à la page 88, je lis : Dort ist Krematorium.

Mme Fresco cherche vraiment la petite bête... immonde, bien sûr.

Nous regrettons pour elle que Lothar n'ait pas été expert. Car enfin, c'est tout le raisonnement qui est stupide. Il n'eût pas été au dessus des forces de Paul Rassinier, bénéficiant de l'aide de l'Internationale nazie, bien qu'il fût «primaire», de faire traduire en bon allemand les phrases en question. Mais, précisément, le sabir germanique parlé dans les camps n'était certainement pas de l'allemand classique.


Enfin, puisque l'auteur consacre une vingtaine de lignes à l'affaire de la «thèse de Nantes» (p. 58-59) je tiens à apporter les rectifications suivantes :

1) Je n'ai pas rencontré mon directeur de thèse trois mois avant la soutenance, mais trois ans avant, pendant l'été 1982. Il m'a spontanément proposé de faire partie de mon jury. Il en a été de même pour le président de ce jury.

2) Je ne sais pas ce que signifie «Jury de complaisance».

Je ne connais aucun universitaire qui ait soutenu une thèse devant un jury hostile, composé de professeurs avec lesquels il n'aurait eu aucune affinité, et qui seraient en désaccord systématique avec son travail. Ma thèse a été soutenue devant un jury qualifié et compétent. Ce jury m'a décerné la mention «très bien». Aucun point de ma thèse n'a été réfuté à ce jour.

3) Quant à la fausse signature qui a été découverte sur le procès verbal, voici ce qu'a écrit à son sujet l'avocat de l'université de Nantes dans ses observations en défense adressées au Conseil d'État le 13 Septembre 1988 : «Il est exact que les premiers juges [du tribunal administratif de Nantes] n'ont pas estimé utile d'examiner les conséquences éventuelles de l'apposition de cette signature. Sans doute, ont-ils jugé, avec le requérant (souligné par moi) que cette fausse signature était superfétatoire, puisqu'elle émanait d'un membre qui avait été sollicité de s'adjoindre au jury sans voix délibérative, et qui n'était finalement présent, ni à la soutenance de thèse, ni à la délibération du jury.

Point n'est besoin d'insister sur ce point»...

Nadine Fresco ignorait probablement le conseil de cet avocat. Près de quatorze ans après la soutenance de thèse, elle insiste avec lourdeur et délectation sur cette fausse signature, si providentielle(!?) pour mes adversaires.

H. R.



 

Livres de Paul Rassinier actuellement disponibles en librairie.

Paul Rassinier. Le Mensonge d'Ulysse. Bordeaux 1998, 262 p., 129,00 F

Paul Rassinier. Le Drame des juifs européens. Paris 1985, 224 p., 90,00 F

Paul Rassinier. Les Responsables de la deuxième guerre mondiale. Paris 1967, 288 p., 150,00 F

Si vous rencontrez des difficultés pour vous procurer ces livres chez votre libraire habituel,
vous pouvez les commander par correspondance à :

Librairie du Savoir

(Librairie Roumaine antitotalitaire)

5, rue Malebranche, 75005 Paris

Tous les jours de 10 h. à 13 h., et de 16 h. à 19 h. 30

Tel.: 01 43 54 22 46 Fax : 01 43 26 07 19


Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <[email protected]>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.

Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.

Nous nous plaçons sous la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19 <Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.


<[email protected] >

| Accueil général | Accueil Rassinier |

L'adresse électronique de ce document est:

http://aaargh-international.org/fran/archRassi/depr/hrnf990424.html