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Le Drame des juifs européens

Paul Rassinier

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Chapitre 3.3

 

 

L'étude de la population juive israélienne ne nous a permis de retrouver que les juifs européens qui avaient réussi à gagner la Palestine puis l'Etat d'Israël, cela va de soi, et qui y étaient arrivés, soit par l'ouest, soit par la voie du Danube via Constanza ou Constantinople ou les deux. Il y a un autre as. pect de la migration des juifs européens entre 1933 et 1945 : son mouvement vers l'Est.

 

Cet autre aspect nous est révélé par au moins deux sources juives: le Dr Reszo Kasztner (Bericht des Komittees zur Rettung der ungarischen Juden op. cit.) et Alex Weisberg en collaboration avec Joël Brand (L'histoire de Joël Brand - Un troc monstrueux: un million de juifs pour dix mille camions - op. cit.). Et il est confirmé par M. Raul Hilberg soi-même - par Mme Hannah Arendt aussi bien sûr, mais cette dernière m'excusera: au risque de paraître peu galant, je me permettrai de dire que sa caution a beaucoup moins de valeur et de signification.

Voici ce que dit le premier:

«Bis zum 19. Mârz 1944 gait «unsere Arbeit hauptsächlich der Rettung und Betreuung polo- nischer, slowakischer, jugoslawischer Flüchtlinge. Mit der «deutschen Besetzung Ungarns erstreckten sich unsere Ans«trengungen auf die Verteidigung der ungarischen Juden.. «Die Besetzung brachte das Todesurteil für die nahezu 800.000 «Seelen zählende ungarische Judenheit» (op. cit. p. 1 - Ein. leitung).



[156]
 Structure de la population israélienne
 Immigration juive entre 1931 et 1962  Population juive de 1931 à 1962
 Nature Européenne non européenne Totaux en 1931 Accroissement naturel en 1962
 Globale  1.048.368  493.350  1.541.718      
 Fixée  982.007  462.121  1.444.128  +174.610 + 431.262 (5)  =2.050.000
 Mortalité  13.943  6.561  20.504(l)      
 Émigration  52.418  24.668  77.086(2)

 Discours de M. Levi

Eskhol (4).= 2.050.000 (1)

 Vérification (3)  1.048.368  493.350 1.541.718

 1) Mortalité calculée P. 148 paragraphe 3 et répartie dans la proportion de 2/3 - 1/3 qui est celle des européens et des non européens dans l'immigration.

(2) Emigration calculée p. 148 paragraphe 4 et répartie dans la même proportion pour les mêmes raison.

(3) Par addition dans chaque colonne des chiffres qui figurent aux lignes 2, 3 et 4, le total devant reproduire les chiffres de la ligne 1.

(4) cf. p. 143.

(5) Je préviens le lecteur non familiarisé avec les études démographiques que, s'il était tenté de penser que l'accroissement naturel doit correspond au nonibre de juifs qui vivent actuellement en Israël et qui sont âgés de moins de 31 ans, il commettrait une grave erreur: ceux qui, par exemple, ont quitté l'Allemagne en 1938 sur les bras de leurs parents n'ont en 1962 que 24 ans et figurent dans les 1.444.128 immigrants. De même de tous les enfants d'Européens qui sont nés en Afrique du Nord ou ailleurs. Parmi eux, il en est qui sont arrivés sur les bras de leurs parents en 1957 ou 58, n'étaient àgés que de 4 ou 5 ans en 1982 et ne pouvaient quand même pas figurer dans la colonne de l'accroissement naturel sur place. Ils sont des immigrants au même titre que leurs parents.

 

[158]

La Hongrie, où les juifs n'étaient pas persécutés par le gouvernement de l'amiral Horthy (un juif, le banquier Stern, y était même conseiller aulique et de nombreux autres y étaient députés) fut, en effet, un lieu d'asile pour les juifs polonais, tchécoslovaques et yougoslaves. En même temps qu'il établit la matérialité des faits, ce texte en donne l'importance : 800.000 - 320.000 (Arthur Ruppin dixit) = 480.000 juifs polonais, tchécoslovaques et yougoslaves en Hongrie à la date du 19 mars 1944.

Comment le Comité pour le salut des juifs de Budapest s'occupait-il de les sauver, le Dr Reszo Kasztner vous le dit aussi, mais le couple Alex Weisberg-Joël Brand est plus précis: par l'émigration via Constanza en les munissant de passeports vrais ou faux. Arrivés à Constanza, ils étaient sauvés: la Roumanie n'avait persécuté les juifs que pendant une très courte période entre 1939 et 1945. pour couper court à toute discussion, citons nos deux auteurs associés:

 

 

Pour qu'un mouvement puisse mettre impunément «trente à quarante mille» faux-passeports suédois et suisses en circulation dans un pays aussi surveillé par la double police allemande et hongroise que l'était la Hongrie, il fallait que la Suède et la Suisse en eussent délivré sinon beaucoup plus, du moins autant. Et comme il en circulait «plus de la République de San Salvador que de tous les autres pays réunis», cela ne doit pas faire très loin de 200.000 «immunisés contre les déportations».

 

Mais, pour autant, ces, «immunisés» n'étaient pas absolument tranquillisés sur leur sort par leurs passeports vrais ou faux: la plupart ne cherchaient à s'en procurer que pour quitter plus facilement la Hongrie. Il y en eut même qui la quittérent. sans passeport. Presque avec 1a complicité d'Eichmann car, nous disent nos auteurs, celui-ci «qui avait pratiqué avantguerre, l'émigration massive des juifs... interrompue par l'entrée en guerre de l'Allernagne contre la Russie... avaiî repris [159] cette idée, dès son arrivée à Budapest» (op. cit. p. 93). Plus loin, ils nous disent - en substance - qu'avec ou sans passeports, ils gagnaient Constanza et, de là, essayaient de trouver un bateau qui les transportât jusqu'à Haïfa, ce qui n'était pas toujours facile, précisent-ils. S'ils n'en trouvaient pas, ils essayaient de gagner au moins Constantinople. Il n'était pas tou. jours facile non plus de débarquer à Haïfa. Ceux qui réussissaient ne pouvaient pas tous rester en Palestine en raison de la limitation de l'immigration par l'Angleterre et, pour n'être point arrêtés, beaucoup furent obligés de s'éparpiller dans les autres pays du Moyen-Orient d'où ils essayèrent de gagner Hong Kong et, de là, les États-Unis ou un autre pays du continent américain (Argentine, Brésil, Canada ... ). Même mouvement par les mêmes voies à partir de Constantinople.

 

Mais c'est M. Raul Hilberg qui, par les renseignements qu'il nous donne involontairement si bien et qu'il interprète si mal, justement parce qu'il ne s'aperçoit même pas qu'il nous les donne, nous permet de reconstituer entièrement et dans toute son ampleur le mouvement de la population juive européenne en direction du continent américain via Hong-Kong. A vrai dire, il seraît plus juste de dire que, par ces renseignements, il ne fait que nous apporter confirmation de leur atithenticité, car nous les possédions déjà et même avions déjà utilisés et rendus publics la plupart d'entre eux. je veux parler ici des juifs polonais et russes qui, entre 1939 et 1945 ne se sont, dans les opérations de guerre, jamais trouvés du côté allemand de la ligne de feu. Le nombe de ceux-ci était considérable et l'étude des horreurs de la seconde guerre mondiale à laquelle je me livre depuis une bonne quinzaine d'années m'a convaincu que c'était des États-Unis qu'on en avait la représentation à la fois la plus claire et la plus juste plus exactement: du continent américain étudié en commençant par les États-Unis. Accessoirement, les quelques crochets que nous serons amenés à faire en Eurcoe en cours d'étude, nous fixeront sur le nombre de ceux qui ont réussi à l'atteindre par l'Ouest.

 

En ce qui concerne les États-Unis qui sont le point de départ de notre périple, voici le mensonge évident qui, en tout premier lieu, saute aux yeux: il n'est pas vrai que, comme le prétend l'Institut des Affaires juives de Londres (cf. p. 113), 5,5 millions de juifs y vivaient en 1962. A la date de 1926, Arthur Ruppin nous a donné le chiffre de 4.500.000 et les services officiels de recensement des É.U., celui de 4.461.184: évaluations concordantes. Chose curieuse: pour une fois, tous les historiens et statisticiens juifs sont, eux aussi, d'accord sur ce chif[160]fre. Appliquons le coefficient d'accroissement naturel de 1 % annuellement et, à la date de 1962, soit trente-six années plus tard, nous obtenons une population juive américaine de: 4.461.184 + 36 = 6.067.210. Si j'avais appliqué celui du professeur Shalom Baron (le lecteur m'excusera mais celui-ci s'est présenté à la barre de Jérusalem en brandissant son titre de «professeur à l'université de Columbia», avec tant d'ostentation et il y a dit des choses d'une si incontestable sottise, que j'avoue un malin plaisir à lui reconnaître, avec non moins d'ostentation, ce titre chaque fois que son nom vient sous ma plume) de 20 % tous les seize ans, j'aurais obtenu

 

4.461.184 + 20 % = 5.353.421 en 1942

 

5.353.421 + 20 % = 6.424.105 en 1958

 

et 6.424.105 + 5 % = 6.745.310 en 1962

 

et je n'eusse pas demandé mieux que de pouvoir accuser l'Institut des Affaires juives de Londres d'une exagération de 1.245.310 au lieu de 567.000 et quelques seulement. Mais ce n'est pas là mon genre et il me suffit de montrer à quel point deux autorités juives sont en désaccord entre elles. Ci, donc: 6.067.210. Attention: sans tenir compte de l'immigration. C'est important. Sans tenir compte non plus, il est vrai, de l'émigration mais elle est négligeable: M. André Chouraqui nous dit en effet (op. cit. p. 67) que, des Amériques et d'Océanie, 7.232 immigrants seulement sont venus en Israël entre 1933 et 1957. Et l'on ne voit pas bien quelles raisons eussent pu en pousser d'autres à se rendre ailleurs.

De toutes façons, c'est l'immigration juive aux États-Unis que nous recherchions.

Nous avons déjà vu comment, depuis 1848, mais surtout depuis 1880, elle s'était inscrire dans le mouvement général des peuples européens connu sous le nom de Ruée vers l'or. Entre les deux guerres, en France où l'on était le mieux placé pour l'observer parce que, par l'ouest, la France est un point de passage quasi obligatoire, le courant fut assez lent jusque vers les années 1930. A partir de 1932, date de l'accession du colonel Beck au poste de ministre des affaires étrangères en Pologne, nous avons vu les juifs polonais commencer à arriver massivement. Et, à partir de 1933, les Allemands. Les premiers s'y installèrent dans le conwnerce et y appliquèrent des méthodes à la fois si peu connues des commerçants indigènes et si peu orthodoxes qu'elles provoquèrent souvent des protestations indignées de leur part. Puis, un beau jour, ils disparaissaient mais on s'apercevait bientôt qu'ils avaient été remplacés à la tête de leur commerce par d'autres juifs polonais. Les juifs allemands, [161] eux, ne faisaient généralement que passer. A la fin de 1937 sont apparus les juifs autrichiens dont le courant s'est renforcé en 1938 après l'Anschluss. Et, fin 1938-début 1939 les juifs tchécoslovaques. jusqu'en 1932 et depuis la fin de la première guerre mondiale, nous n'avions principalement noté le passage ou la fixation que des juifs russes, roumains ou bulgares auxquels quelques juifs polonais seulement s'étaient mélés, les uns et les autres chassés de leurs pays respectifs par la tempête bolchevique et l'instabilité qui la suivit. En petit nombre, je le répète. Pour l'ensemble du mouvement, ce qui confirme bien qu'il ne s'agissait que d'une transhumance, c'est que, de source juive comme de source gouvernementale, la population juive n'était passée que de 250.000 à 300.000, de 1926 à 1939 1- à 270.000 selon M. Raul Hilberg - soit tout juste le taux d'accroissement naturel ou, à peine plus.

 

Combien sont ainsi passés et où allèrent-ils?

Pour les juifs allemands, il est assez facile de répondre quant à leur nombre. En 1939, il n'en restait plus que 210.000 en Allemagne selon le Centre mondial de documentation juive conterriperaine et 240.000 selon M. Raul Hilberg. Les statistiques officielles de source allemande et notamment celle de M. Korherr, chef des services hitlériens de la population, donnent des chiffres voisins: 220.000, disent-elles. Si donc l'on dit que 300.000 juifs environ avaient quitté l'Allemagne avant 1939, tout le monde sera d'accord. Or, nous dit M. André Chouraqui (op. cit. p. 66) «120.000 ont immigré en Israël entre 1933 et 1939», ce qui signifie que 180.000 au moins sont allés ailleurs. Ici, on me permettra d'invoquer mon témoignage personnel. A Belfort, ville proche de la frontière franco-allemande et qui se trouvait sur l'itinéraire du plus grand nombre parce qu'en mème temps, elle était proche de la frontière franco-suisse, j'étais entre 1933 et 1939 le leader du Parti socialiste. A ce titre, ceux qui étaient sociaux-démocrates et qui réussissaient à passer la frontière savaient en général mon adresse et, pour aller plus loin, préféraient avoir recours à mon aide plutôt qu'à celle de la communauté juive: la plupart m'ont déclaré qu'ils se proposaient de gagner les États-Unis où ils avaient des parents, ce qui leur permettrait facilement, à la fois d'y entrer et d'y rester malgré la loi des quotas sur l'immigration dont ils savaient d'ailleurs qu'en raison des circonstances on la leur opposait assez rarement. Quelques-uns m'ont indiqué le Canada: pour la même raison. Très peu le Brésil ou l'Argentine: dans ces deux [162] derniers pays, c'est seulement après la guerre que l'immigration juive prit des proportions. Sous l'occupation, à Belfort toujours, mais où j'étais cette fois comme responsable du mouvement de résistance le plus important, le plus sérieux et le plus sage (Libération-Nord) la seule filière efficace pour eux, mêmes réponses, à ceci près qu'il fallait d'abord les faire passer en Suisse où, avec l'aide du Joint Distribution dont Sally Mayer était le représentant, ils espéraient un passeport régulier pour le continent américain, de préférence pour les États-Unis ou le Canada. Aucun, jamais, ni avant ni pendant la guerre, ne m'indiqua l'Angleterre pour laquelle ils nourrissaient tous une haine solide.

 

En 1937-1938, même phénomène avec les juifs autrichiens et en 1938-1939 avec les juifs tchécoslovaques. De ces deux dernieres nationalités, on ne vit plus en France pendant la guerre: ils empruntaient la voie du Danube, les premiers depuis l'Anschluss, les seconds depuis la conclusion de l'affaire des Sudètes. Pour les premiers, la statistique du Centre mondial de documentatioii juive contemporaine et celle de M. Raul Hillberg sont d'accord avec les sources allemandes: avant 1939, 180.000 sur 240.000 avaient réussi à quitter l'Autriche. Et M. André Chouraqui (op. cit.) trouve si peu important le nombre des juifs autrichiens qui ont immigré en Israël, qu'il n'éprouve même pas le besoin de le mentionner. Où, alors, sont-ils allés? je ne puis que répéter: tous ceux qui se sont adressés à moi, avant comme pendant la guerre, m'ont indiqué les États-Unis par préférence et, en tout cas un pays du continent américain.

 

Voici donc 300.000 + 180.000 = 480.000 juifs allemands et autrichiens qui ont réussi à quitter l'Europe entre 1933 et 1939. Ceux-ci, par exception, aussi bien le Centre mondial de documentation juive contemporaine que M. Raul Hilberg ont eu l'honnêteté de ne les pas faire figurer au nombre des exterminés dans leurs statistiques. S'ils les ont fait figurer tous au nombre de ceux qui ont augmenté la population juive des pays autres qu'Israël où ils se sont obligatoirement rendus puisqu'ils ne sont plus en France, c'est ce que nous verrons au tableau récapitulatif des émigrants européens réels.

 

Sur le nombre des juifs polonais ou des pays danubiens qui sont passés par l'Ouest pour gagner le continent americain - ou l'Afrique - je ne possédais pas d'indications précises qui m'eussent permis de le fixer autrement que par la formule «un nombre très appréciable». Fort heureusement, mon excellente collaboratrice, Mme Hannah Arendt est venue très utilement compléter ma documentation. M. Raul Hilberg aussi, bien sûr, [163] à qui elle a emprunté à peu près tout ce qu'elle dit. Si je préfère citer Mme Hannah Arendt, c'est qu'elle présente les choses beaucoup plus clairement: elle ne sait rien, elle emprunte tout, mais il lui faut reconnaÎtre la clarté. C'est à propos des juifs français, luxembourgeois, belges et hollandais qu'elle a utilement complété ma documentation sur ceux de la Pologne et des pays danubiens qui ont quitté l'Europe par l'ouest.

 

En France, nous dit-elle (The New-Yorker, 9 mars 1963) il y avait 300.000 juifs environ en 1939 cela je le savais et, en février-mars 1940, avant les événements qui déclenchèrent l'occupation du pays, 170.000 juifs étrangers étaient venus s'y ajouter: c'est ce que je ne savais que de façon très imprécise. A l'époque, tous les journaux français avaient, je m'en souvenais, parlé des quelques 200.000 juifs étrangers qui avaient fui leur pays devant le nazisme et qu'on avait le devoir d'aider. Mais je n'avais gardé aucune coupure: j'étais beaucoup plus préoccupé de les aider que de les compter. Parmi eux, 40.000 Belges et autant de Hollandais. Les autres? Pas de précision. Au total, en tout cas, ils étaient 170.000: on peut être sûr, toutefois, que Mme Hannah Arendt n'a pas forcé la dose, Le gouvernement du maréchal Pétain ayant refusé de livrer les juifs français aux autorités allemandes et leur ayant créé tant de difficultés au sujet des juifs étrangers, poursuit-elle en substance, de cette masse de 300.000 + 170.000 = 470.000 personnes, 52.000 seulement dont 6.000 de nationalité française avaient été déportés à la fin de l'été 1943, soit en dix-huit mois (les opérations de déportations massives n'ont commencé qu'en mars 1942). En avril 1944, deux mois avant le débarquement, il y avait encore 250.000 juifs en France, dit-elle, et aucune mesure ne fut plus prise contre eux. Donc ils furent sauvés. Ceci n'empêche pas M. Raul Hilberg de n'en faire figurer que 200.000 à la colonne des survivants de sa statistique. Il ne faut pourtant pas croire que la différence, soit 470.000 - 250.000 = 220.000 fut déportée. Sur cette différence, hormis son indication de «52.000 dont 6.000 de nationalité française» à la fin de l'été 1943, Mine Hannah Arendt ne nous donne aucun renseignement. Mais le Centre mondial de documentation juive contemporaine nous dit qu'en tout 120.000 juifs ont été déportés de France, sans préciser le nombre de ceux de nationalité française, ce qui ne l'empêche pas, lorsqu'il fait le compte des survivants, de déclarer péremptoirement que 470.000 - 120.000 = 180.000, ainsi qu'on le verra au tableau récapitulatif pour la France, la Belgique, la Hollande et le Luxembourg. Tout simplement, il n'a calculé cette différence que sur le nombre de ceux qui exis[164]taient en France en 1939 sans tenir compte de l'immigration.

Pour la Belgique, voici son tableau: les 40.000 qui ont fui en France devant l'invasion allemande + 25.000 étrangers au pays qui ont, dit-elle, été presque tous déportés et exterminés + les 50.000 que le Centre mondial de documentation juive contemporaine y a retrouvés vivants en 1945 = 115.000. Mais, les statistiques de source juive officielle ne donnent que 90.000 juifs en Belgique en 1939. Précision importante: aucun juif belge n'a été déporté parce que c'est Mme Hannah Arendt qui le dit, voyez comme elle est en Belgique, il n'y avait pas de Conseil juif (Judenrat) pour les enregistrer et les désigner à la déportation. Les juifs étrangers à la Belgique l'ont, par contre, tous été - ils étaient presque tous Polonais ou Russes et leur allure les désignait aux autorités allemandes à simple vue, dit-elle encore.

 

Et voici pour la Hollande: les 40.000 qui ont fui en France + 118.000 qui ont été déportés (et exterminés naturellement) + les 60.000 survivants que le Centre mondial de documentation juive contemporaine y a retrouvés vivants en 1945 = 218.000. Mais, de source juive officielle, il n'y avait que 150.000 juifs en Hollande en 1939.

 

Au Luxembourg: 3.000 juifs en 1939, 2.000 déportés et exterminés = 1.000 en 1945.

 

Si donc on dresse un tableau récapitulatif pour les quatre pays à la date de 1945, voici comment il se présente

 

 

 Survivants en 1945
 
 Pays 1939 1940(1) Déportés  réellement  + ou - qu'en 1939  Officiellement Exterminés officiellement
 France 300.000 470.000 120.000 (2) 350.000  + 50.000 180.000 120.000
 Belgique 90.000 115.000 25.000 90.000 = 50.000 40.000
 Hollande 150.000 218.000 118.000 100.000 - 50.000 60.000 90.000
 Luxembourg  3.000  3.000  2.000  1.000  - 2.000 1.000 2.000
 Totaux  543.000  806.000 265.000 541.000 -.2.000 291.000 252.000

 (1) En réalité, pour l'année 1940, deux colonnes devraient figurer à ce tableau: une avec les données d'avant l'invasion de la Hollande et de la Belgique (printemps) et c'est celle-ci, une avec les données d'après cette invasion et qui ferait état des 40.000 juifs belges et des 40.000 juifs hollandais qui ont fui en France. Elle se présenterait alors ainsi: 75000 juifs en Belgique, 178.000 en Hollande et 550.000 en France en juillet 1940. Le total général pour les 4 pays n'en eût pas été changé, ni les autres données du problème, ni les circonstances et il n'a pas été jugé utile de compliquer des calculs qui eussent abouti au même résultat et aux mêmes conclusions.

(2) Je répète que l'attendu du n' 100 du Tribunal de Jerusalem n'a essayé de justifier que 52.000 déportés de France - et pas tous Français, loin de là - à la date du 21-7-1943 (cf. note p. 46).

.

 

Ainsi, un certain nombre de juifs ayant été arrêtés en France, en Belgique, en Hollande et au Luxembourg pendant la guerre, 265.000 d'entre eux ayant été exterminés dans les camps de concentration où ils ont été déportés, la guerre terminée, il en restait encore 541.000 dans l'ensemble des quatre pays, soit 2.000 seulement de moins qu'en 1939. Ce n'est pas moi qui le dis: ce sont là les propres chiffres de Mme Hannah Aréndt et du Centre mondial de documentation juive contemporaine. Mais, sans qu'on sache comment, ni pourquoi, lorsqu'il s'agit de conclure à partir de ces chiffres, ce dernier qui a rang de porte-parole officiel décrète qu'il n'y a eu que 291.000 survivants. A la colonne des exterminés, il trouve un chiffre voisin: 252.000.

 

Pour se distinguer, sans doute, faire preuve d'originalité ou de personnalité, sans qu'on sache mieux comment ni pourquci, M. Raul Hilberg trouve 261.000 survivants et 242.000 exterminés. A partir des mêmes chiffres. Et, naturellement, Mme Hannah Arendt lui emboîte le pas lorsqu'elle conclut. Dam «Eichmann's Confederates and the third Reich Hierarchy (op. cit. p. 59) Institute ot Jewish Affairs du Worid Jewish [166] Congress trouve 261.000 survivants et 292.000 exterminés. Donc, à la nuance près, tous d'accord.

Le mécanisme de cette opération d'une grossièreté qui crève les yeux et qu'on retrouve dans tous les calculs de tous ces gens est, au demeurant, assez simple sinon assez simpliste: en 1945, dès les lendemains immédiats de la tourmente, les communautés juives de chaque pays étant supposées avoir été invitées à communiquer leurs pertes assez rapidement pour que le Justice Jackson en puisse faire état dans l'Acte d'accusation du procès de Nuremberg - car enfin, pour déclarer (Nur. T. 11, p. 128) que «on estime en toute connaissance de cause»  2 etc. (cf. page 110) si peu scrupuleux qu'on le connaisse, il est certain, bien qu'il ne dise pas pourquoi, qu'il a fondé son opinion sur quelque chose et que ce quelque chose ne pouvait être qu'un renseignement de cette source elles les ont calculées, non pas en fonction de tous les juifs qui étaient survivants dans le pays, mais seulement en fonction de ceux qui en possidaient la nationalité et comptaient au nombre de leurs membres en 1939. Aux communautés des autres pays de tenir compte des juifs d'autres nationalités qu'elles avaient sous les yeux. Mais, dans tous les autres pays européens, on a fait de même et, dans le cas présent, il s'ensuit que 541.000 - 291.000 = 250.000 juifs n'ont été comptés comme survivants nulle part et ont figuré partout dans la colonne des exterminés des statistiques. C'est par ce procédé multiplié par le nombre de pays qu'on est arrivé aux six millions de juifs européens exterminés.

Car, rien que pour ces quatre pays, il n'est pas que ceux-là qui soient dans ce cas: il y a aussi ceux qui en possédaient la nationalité et qui n'y étaient pas encore revenus beaucoup n'y sont jamais revenus donc n'y étaient pas présents au moment où cet inventaire truqué a été dressé. Manquants, ceux-là ont été considérés comme exterminés. Or, la plupart avaient émigré. On ne le pouvait pas démontrer en 1945: aujourd'hui on le peut. On sait, par exemple ne serait-ce que par le couple Hilberg-Hannah Arendt - qu'au moment de l'arrivée des [167] troupes allemandes, en Belgique, il n'y restait pas plus de 5.000 juifs qui en possédaient la nationalité et que, parce qu'aucun Conseil juif ne les a dénoncés aux Allemands, aucun d'entre eux n'a été arrêté. (Hannah Arendt, op. cit.). D'où l'on peut déduire:

- que, comme il y en avait 60.000 en 1926 (Arthur Ruppin dixit), donc, pas loin de 70.000 en 1939, taux d'accroissement naturel compris, ce n'est pas 40.000 qui ont fui en France comme Mme Hannah Arendt le dit, mais entre 60.000 et 65.000. Cette excellente personne qui emprunte beaucoup, rend tout ce qu'elle emprunte, mais sans vérifier la monnaie.
- et que lorsque le Centre mondial de documentation juive contemporaine fait figurer 40.000 juifs belges dans la colonne des exterminés, il s'agit d'une abominable escroquere.

De même pour la France où l'on sait aussi qu'à la fin de l'été 1943 seulement 6.000 juifs qui en possédaient la nationalité avaient été déportés. Ici encore, le couple Raul Hilberg-Hannah Arendt est d'accord. Pour la période qui va de la fin de l'été 1943, à la fin de la guerre, aucune donnée précise n'a été à ma connaissance, rendue publique. Mais MM. Poliakov (Le IIIe Reich et les juifs) Michel Borcwicz (Les solutions finales à la lumière d'Auschwitz-Birkenau dans la Revue d'Histoire de la seconde guerre mondiale, oct. 1956) et M. Joseph Billig (Le Dossier Eichmann) disent tous que c'est au cours de l'année 1942 que le plus grand nombre de juifs français ont été arrêtés et déportés, pour conclure sur la formule d'un admirable jésuitisme que «au total environ 120.000 juifs ont été déportés de France». Mais, si le plus grand nombre des juifs français déportés a été 6.000, il y a peu de chance qu'arithmétiquement, le nombre total dépasse 11.999. Car, le plus grand nombre étant 6.000, arithmétiquement, le plus petit ne peut pas être supérieur à 5.999. Question: où sont passés les autres 110.000 environ (au minimum 108.000) qui figurent dans les 120.000 exterminés français alors que, c'est établi, ils n'ont même pas été arrêtés et, à plus forte raison, pas déportés. Si je réponds qu'ils avaient quitté la France, je ne pense pas qu'on puisse m'accuser de conjecturer. Car, s'ils n'ont pas été déportés, donc pas été exterminés et s'ils n'y étaient plus, il faut bien qu'ils soient allés quelque part.

 

C'est de Hollande que le plus grand nombre de juifs de la nationalité ont été déportés. Combien? Les données contradictoires du tableau récapitulatif autorisent deux réponses égalen'eut contradictoires, et dont l'une est forcément sans valeur:

[168]

- d'une part, si 40.000 juifs hollandais ont fui en France d'où ils n'ont pas été déportés et où on ne les a pas retrouvés en 1945 et si en 1945 en en a retrouvé 60.000 qui ont survécu en Hollande, par référence à la statistique de 1939, c'est 150.000 - (40.000 + 60.000) = 50.000 de la nationalité qui ont été réellement déportés et ne sont pas revenus - du moins n'étaient pas revenus en 1945;

- d'autre part, si sur les 543.000 de la statistique d'ensemble pour les quatre pays considérés en bloc et qui y vivaient en 1939, 291.000 qui possédaient l'une ou l'autre des quatre nationalités ont seulement été retrouvés en 1945, c'est que 541.000 -- 291.000 = 250.000 de ceux-là ne possédaient ni l'une ni l'autre, y étaient étrangers et y avaient remplacé, nombre pour nombre, 250.000 juifs français, belges, hollandais ou luxembourgeois qui n'y avaient pas été arrêtés, n'en avaient pas été déportés et, cependant, n'y étaient plus. Parmi eux, on sait, de source certaine que figuraient au minimum 108.000 Français et 60.000 Belges. Il y avait 1.000 Luxembourgeois qui, eux, étaient officiellement là. Donc un maximum de: 250.000 - (108.000 + 60.000 + 1.000) = 81.000 juifs hollandais. A la colonne des déportés non revenus en 1945 en figureraient alors 150.000 - 81.000 = 69.000. Et cela, c'est la seule vérité qui peut être donnée comme vérifiée par les sources juives elles-mêmes au regard des détails qu'elles donnent. Qu'elle le soit aussi au regard de la réalité, c'est une autre histoire. Et que ces 69.000 déportés hollandais aient été exterminés, c'en est encore une autre: c'est en tout cas, loin d'être établi car il faudrait qu'aucun ne soit revenu de déportation, ce qui est insoutenable et ceci ne vaut pas seulement pour la Hollande mais aussi pour la France et le Luxembourg. Pour la Belgique pas de problème puisqu'aucun juif belge n'a été déporté - à l'exception près au moins.

 

Pour la France, la Belgique, la Hollande et le Luxembourg considérés en bloc, la conclusion qui s'impose est la suivante: un maximum de 12.000 juifs français + 0 Belge + 69.000 Hollandais + 2.000 Luxembourgeois = 83.000 juifs ont été déportés d'après les détails donnés par les sources juives et non 252.000 comme elles le prétendent en bloc. Même si aucun n'était revenu, ce qui est exclu, cela ferait encore une exagération de 252.000 - 83.000 = 169.000 juifs à déduire de la colonne des exterminés. Pour ces quatre pays seulement.


Mais, d'autres conclusions s'imposent encore:

 

- au regard des 250.000 juifs de ces quatre pays qui n'ayant pas été déportés et donc pas exterminés n'étaient plus [169] ni dans l'un ni dans l'autre en 1945. De deux choses l'une: (m bien ils y sont revenus postérieurement à 1945 et, dans ce cas il faut les réinclure dans la population juive européenne, ou bien ils n'y sont pas revenus et il faut alors les inclure dams celle des pays où ils se sont rendus et où ils sont restés. Cest le second cas qu'il faudra envisager puisqu'ils ne sont donnés par aucune statistique de source juive comme y étant revenus. Question: où se trouvent-ils alors? Aux États-Unis? Au Canada? En Argentine? En Afrique du Nord ou du Sud? A ces questions, il ne sera possible de répondre que lorsque nous connaîtrons le total des juifs qui ont réussi à quitter l'Europe et par un examen d'ensemble de la population juive de tous les pays où elle a augmenté à propos desquels il n'y a qu'une seule inconnue de source juive: les États-Unis. De toute façon, n'étant pas officiellement revenus en Europe, ces 250.000 qui ne peuvent avoir quitté l'Europe que postérieurement à 1940 sont à ajouter aux 300.000 Allemands + 180.000 Autrichiens qui, eux, l'avaient quittée avant 1940 730.000 émigrants européens. Ci 730.000

- au regard des 250.000 juifs qui ne possédaient la nationalité ni de l'un, ni de l'autre des quatre pays, qui ont remplacé, nombre pour nombre, les 250.000 du paragraphe précédent et qui y ont été retrouvés vivants en 1945: dans la statistique des pays d'où ceux-ci sont venus, ils figurent dans la colonne des exterminés et, pour faire le compte arithmétique des vivants et des morts de ces pays, ce qui est la toute première opération qui s'impose, il les y faudra réintégrer comme vivants. Mais, réin. tégrés dans la statistique, ils ne seront pas pour autant revenus dans ces pays: officiellement, aucun n'y est revenu, puisqu'aucun n'a été officiellement réintégré dans la statistique et, en fait non plus, parce qu'à l'exception de l'Allemagne occidentale, ces pays sont de l'autre côté du Rideau de fer. Pour la même raison, ils ne sont plus non plus ni en France, ni en Belgique, ni en Hollande, ni au Luxembourg. La seconde opération qui s'impose sera donc de les réintégrer dans la statistique des pays où ils sont allés après qu'on les aura déterminés. De toutes fa. çoîu, il est déjà possible de dire que voici encore 250.000 nouveaux juifs européens qui ont émigré et qu'à ce moment du discours, cela fait, au total,

730.000 (cf. ci-dessus) + 250.000 = 980.000.

ci .... 980.000

 

- au regard enfin des 265.000 juifs qui ont été arrêtés en France, en Belgique, en Hollande et au Luxembourg: parmi ceux-ci, 83.000 on l'a vu, possédaient la nationalité de l'un ou l'autre de ces quatre pays. D'où il s'ensuit que 265.000 - 83.000 170 = 182.000 ne possédaient la nationalité, ni de l'un, ni de l'autre. Même raisonnement que ci-dessus, à ceci près que ces 182.000, c'est à la colonne des exterminés (il serait plus exact de dire: des manquants en 1945) des pays d'où ils étaient venus qu'il les faudra réintégrer.

 

Pour réintégrer correctement ces 250.000 vivants donnés comme morts + ces 182.000 exterminés qui ne l'ont sûrement pas tous été = 432.000 juifs dans les statistiques des pays d'où ils étaient venus, il importe d'abord de connaître ces pays. Le peut-on exactement? Mme Hannah Arendt s'est laissé dire par M. Raul Hilberg qu'ils étaient «des Polonais, des Russes, des Allemands, etc...» (op. cit.). Or, en ne voit pas bien, déjà, ce que peut recouvrir cet «etc.»: les Yougoslaves qui voulaient quitter l'Europe passaient, soit par l'Italie, soit par la Grèce, soit par la Hongrie; depuis l'Anschluss, les Autrichiens empruntaient, soit la voie du Danube, soit celle de la Suisse , la Tchécoslovaquie empruntait aussi la voie du Danube par la Hongrie, le Dr Kasztner le précise ; les Russes ne pouvaient plus partir que par Constantinople, les rives de la Caspienne ou le Birobidjan. Depuis la guerre, seuls les Allemands continuaient à émigrer clandestinement par la Hollande et la Belgique ou le Luxembourg pour la raison qu'il leur fallait franchir le Rhin s'ils étaient sur l'autre rive et que c'était plus facile pour eux en territoire allemand que là où il est frontière. Il y avait donc des Allemands. En nombre appréciable sans doute mais sûrement pas important: seulement ceux qui avaient quitté l'Allemagne postérieurement à septembre 1939 - les autres, nous a dit M. Chouraqui, avaient déjà quitté l'Europe et 120.000 d'entre eux se trouvaient en Israël - auxquels les ayant rattrapés et dépassés, les armées allemandes (offensive de mai 1940) avaient coupé la route de l'émigration libre. Restent les Polonais: pour eux, l'émigration vraiment massive avait commencé au printetimps de 1939, quand les choses commencèrent non moins vraiment à se gâter entre l'Angleterre et l'Allernagne et, la Belgique, la Hollande et la France étant aussi leur itinéraire - jusqu'à fin août 1939, ils purent même traverser l'Allemagne avec des passeports polonais - ils constituaient la presque totalité de ces 432.000 juifs qui n'étaient ni Français, ni Belges, ni Hollandais, ni Luxembourgeois et se trouvaient dans l'un ou l'autre de ces pays en mai 1940...

 

Je ne dispose d'aucune information précise qui me permette de répartir exactement ces 432.000 juifs entre toutes les nationalités ci-dessus citées et, comme il se doit puisqu'ils n'y pouvaient plus être comptés, de les retrancher séparément de la [171] statistique de source juive donnée pour chacune d'elles à la date de 1939 ou de les réintégrer dans celle de 1945 en faisant la part des morts et des vivants. Hormis ceci: tous ceux d'entre eux qui n'étaient ni polonais, ni allemands n'y repré. sentaient que l'exception, soit quantité négligeable. Les Allemands eux-mêmes n'y constituaient qu'un faible contingent: 20.000, 30.000, 40.000 peut-être, on ne sait pas. De cet ordre en tout cas. Dès lors, deux méthodes étaient possibles:

 

- ou bien étudier globalement la population juive de tous les pays ci-dessus cités, en retranchant globalement au départ ces 432.000 personnes de la statistique de 1939 et, aux termes des calculs, en ajoutant à la date de 1945, les 182.000 qui ont été arrêtés dans la colonne correspondante. Comme nous recherchons les juifs européens, non les juifs par nationalité, arithmétiquement et à ce niveau, aucune erreur n'eût été coin, mise. Mais, deux circonstances s'y opposent: la répartition des juifs polonais entre zone russe et zone allemande après l'invasion germano-russe, et leur migration en direction de la Hongrie qui, toutes deux calculées en faisant abstraction d'une masse aussi importante que 350.000 à 400.000 juifs polonais ne pouvait conduire qu'à des résultats dont le caractère aberrant au plan de la Pologne n'eût pas non plus manqué de se répercuter en se multipliant à l'échelle de l'Europe.

 

- ou bien, puisque ces 432.000 juifs étaient polonais dans leur énorme majorité, les considérer arithmétiquement comme étant tous polonais, les réintégrer dans la statistique polonaise seulement: aux termes des calculs, les résultats n'étaient plus faussés que par les 20.000, 30.000 ou 40.000 d'entre eux qui n'étaient pas polonais, mais l'erreur ne dépassait plus, au total, une ou deux dizaines de milliers de personnes au plan des nationalités et, d'autre part, arithmétiquement, elle pouvait se trouver automatiquement et exactement corrigée au plan de la population juive européenne, par une erreur exactement correspondante en sens inverse, si je décidais de ne pas tenir compte non plus de ces 20.000, 30.000 ou 40.000 dans l'étude de la population juive allemande.

 

C"est cette seconde méthode que j'ai adoptée: la solution d'un problème, en somme, par le procédé enfantin bien connu de la fausse supposition.

 

Cette explication indispensable à la compréhension de ce qui suit étant donnée, passons au détail...

POLOGNE.

 

En Pologne, nous dit Arthur Ruppin, il y avait 3.100.000 juifs en 1926. En 1939, il y en avait 3.300.000 nous disent le Centre mondial de documentation juive contemporaine et l'Institute of Jewish Affairs de New-York, et M. Raul Hilberg porte la surenchère à 3.350.000. En période normale, il est certain qu'entre 1926 et 1939, la population juive polonaise fût passée de 3.100.000 à 3.350.000. Mais, penser que cela fut, alors qu'elle était en état de migration plus que très sensible depuis 1932 est un non-sens. Disons donc: 3.100.000 au printemps de 1939, alors que commença la migration massive. Nous avons décidé qu'arithmétiquement 432.000 se trouvaient sur les routes de Hollande, de Belgique et de France au moment de l'invasion de ces pays par les troupes allemandes. Auraient alors dû. rester au moment de l'invasion de la Pologne: 3.100.000 - 432.000 = 2.668.000. En réalité, il y en avait moins car des juifs polonais avaient aussi essayé de gagner la voie du Danube: le Rapport Kasztner, nous l'avons vu, nous dit qu'un certain nombre de ceux-là se trouvaient encore en Hongrie le 19 mars 1944 mêlés à des Tchécoslovaques et à des Polonais. Et que c'est seulement le 19 mars 1944, lors de l'invasion de la Hongrie qu'ils sont tombés sous la coupe des Allemands. Combien?

 

Et d'abord, combien globalement pour les trois nationalités? Il y avait, nous précise le Dr Kasztner (op. cit.) 800.000 juifs en Hongrie à peu près en permanence depuis le début de la guerre. En 1926, Arthur Ruppin en avait recensé 320.000. Avec l'accroissement naturel ces 320.000 étaient devenus 320.000 + 13 % = 361.600 en 1939, non 404.000 comme le prétend le Centre mondial de documentation juive contemporaine. Ensemble, Polonais, Tchécoslovaques et Yougoslaves représentaient donc 800.000 - 361.600 = 438.400 personnes. Et en détail, chacune des trois nationalités:

1. Tchécoslovaques: les statistiques établies par l'Allemand Korherr (déjà cité) pour la Conférence de Wannsee qui devait avoir lieu le 9 décembre 1941 et n'a pu se tenir que le 20 janvier 1942 (cf. Protocole de Wannsee in Eichmann und Komplizen de Robert Kempner (op. cit.) donc avant que ne commencent les entreprises de déportation des juifs, disent qu'en Bohême-Moravie, il en restait encore 74.200, les autres ayant fui en Slovaquie lors du démembrement de la Tchécoslovaquie (1938-39) et 88.000 en Slovaquie. La statistique d'Arthur Ruppin pour l'année 1926, dit 260.000. Avec l'accroissement annuel moyen de 1 % retenu tout au long de cette étude, cela fait 260.000 + 13 1% = 293.800 en 1939 et non 315.000. Et cela [173] signifie qu'en Hongrie où, continuant leur route ils avaient fui, il pouvait y avoir 293.800 - (74.200 + 88.000) = 131.600 juifs tchécoslovaques.

 

2. Yougoslaves: Mme Hannah Arendt tient de M. Raul Hilberg que, lorsque Hermann Krumey arriva à Zagreb à la fin de 1943 il trouva un certain nombre de juifs dans le pays et en déporta 30.000. Sur ce point, toutes les informations de source juive sont d'accord. Le Protocole de Wannsee fait état de 40.000 à la fin de 1941. Les autres avaient fui en Italie et en Hongrie. Au total, il y avait 75.000 juifs en Yougoslavie en 1926, dit Arthur Ruppin et c'est ce chiffre que retient le Centre mondial de documentation juive contemporaine: il se peut, après tout, que l'émigration juive yougoslave ait été égale à l'accroissement naturel car c'est un pays où, de tous temps, non seulement les juifs mais tous les groupes ethniques ont été numeriquement très mouvants. La différence, soit 75.000 - 40.000 = 35.000 a pu se répartir équitablement entre l'Italie et la Hongrie, soit 17.500, un peu plus ou un peu mnins de part et d'autre. Le Centre mondial de documentation juive contemporaine en avait retrouvé 20.000 en 1945, cela signifierait que, des 40.000 déportés par Krumey, 20.000 sont revenus des camps de concentration où ils avaient été envoyés et 50 % de morts dans ces camps.

 

3. Polonais: 438.400 - (131-600 Tchécoslovaques + 17.500 Yougoslaves) = 289.300. Sans compter ceux qui, avec ou sans passeports vrais ou faux qui leur étaient délivrés par le Comité de salut des juifs de Budapest (Joël Brand dixit) avaient réussi à quitter la Pologne puis la Hongrie depuis 1939.

 

Conclusion: sont restés en Pologne sous mainmise germano-russe: 2.668.000 - 289.300 = 2.378.700 juifs et c'est ce nombre qui s'est réparti entre la zone allemande et la zone russe, non 3.100.000, 3.300.000 ou 3.350.000.

 

Question suivante: comment se sont répartis ces 2.378.700 juifs entre les deux zones? Avec la belle inconscience qui semble lui interdire absolument de faire exactement les opérations les plus simples, M. Raul Hilberg qui trouve 3.350.000 juifs polonais à la date de 1939, en place 2.100.000 dans la zone allemande et 1.200.000 dans la zone russe. Du moins, c'est ce qu'on croit comprendre. Estimation sans valeur: en fonction de ce qui précède et qui est aussi historiquement que démographiquement irréfutable, elle ne résiste pas à l'examen.

 

Alors, combien, de part et d'autre? Pour répondre aussi exactement que possible, il faut tenir compte de deux éléments: la [174] fuite des juifs devant les troupes allemandes s'enfonçant en Pologne et les mesures prises contre eux à partir de juillet 1940.

 

Comme les juifs hollandais et belges, les juifs polonais ont fui devant les troupes allemandes, soit en direction de la Hongrie, soit dans celle de la zone polonaise destinée à être occupée par les Russes. Dans quelle proportion en direction de cette dernière, on ne le pourra déterminer, semble-t-il, que si on réussit à déterminer le nombre de ceux qui n'ont pas pu l'atteindre. Un nombre important sans aucun doute ont fui car, il y eut pendant un temps, une politique allemande qui consistait à livrer aux Russes les juifs de la zone affectée à l'Allemagne et ceci est attesté par deux témoins à charge au Procès de Jérusalem, MM. Zwi Patcher et Yacov Goidfine qui le sont venus déclarer à la barre le 1" mai 1961. Voici ce que déclara le premier:

 

 

Le second fit une déclaration analogue.

Aidés, fût-ce aussi brutalement, par les Allemands à gagner la zone russe, les juifs polonais ne pouvaient qu'être nombreux à réussir.

L'histoire des mesures prises contre eux est plus précise. Mme Mary Berg nous raconte (Le Ghetto de Varsovie, Paris, 1947) et M. Léon Poliakov qui semble tenir le renseignement d'elle, confirme (Le Bréviaire de la Haine, op. cit.) qu'en Pologne, les Allemands ne s'occupèrent sérieusement des juifs que les opérations de guerre terminées à l'Ouest, c'est-à-dire courant juillet 1940. Jusque là, les juifs étaient surveillés et faisaient l'objet de brimades et de vexations sans nombre, mais, par exemple, ils n'étaient pas assignés à résidence: ils en profitèrent pour gagner la Hongrie via la Slovaquie. A partir du jour où la [175] construction du ghetto de Varsovie fut achevée (16 octobre 1940) ce ne leur fut plus possible que dangereusement: ils y furent tous assignés à résidence et la chasse aux juifs commença aux fins de les y concentrer tous. Mais, en juillet 1941, la population juive de Varsovie recensée en 1939 n'était passée, en neuf mois que de 359.827 h. à environ un demi-million tous concentrés dans le ghetto.

Conclusion: dans toute la zone allemande, les autorités allemandes de police n'en avaient trouvé que 140.000 à 150.000. Pour échapper aux mesures de concentration, les juifs se mirent à fuir vers tous les coins perdus, dans les montagnes et dans les bois. Découverts, ils étaient, au surplus, considérés comme des partisans: il y eut des combats au cours desquels beaucoup périrent. Mais, même si les Allemands qui les traquèrent partout. ne réussirent qu'à en récupérer le quart ou le cinquième penc:ant cette période - pour qui connaît les méthodes de leur police d'alors c'est bien un minimum, mais c'est vraisemblable: en France c'est à un résultat de cet ordre qu'ils arrivèrent quand ils se mirent à faire la chasse aux assujettis au travail obligatoire - cela ne situerait tout de même la population juive de toute la zone, ghetto de Varsovie compris, qu'aux environs de 1.100.000. Sur les 2.378.700 qui constituaient la population juive totale des deux zones, cela faisait: 2.378.700 - 1.100.000 = 1.278.700 dans la zone russe. Et, en admettant que M. Raul Hilberg sût faire une soustraction, ce chiffre ~e Se fût pas trouvé si éloigné du sien. Félicitons-le tout de même. En regrettant, toutefois, qu'il n'ait pas trouvé un résultat aussi approchant pour la zone allemande. Pour ce qui est des juifs passés derrière les lignes russes, leur cas est connu: le journaliste juif David Bergelson nous a dit (Die Einheit, 5-12-1942, op. cit.) que grâce aux me. sures d'évacuation, ils ont été sauvés à 80 % et transportés en Asie centrale par les autorités soviétiques. D'où: 1.278.700 x 20: 100 = 255.740 seulement sont tombés aux mains des Allemands et 1.278.700 x 80: 100 = 1.022.960 n'y sont pas tombés.

Et dans la zone allemande? Ici semble-t-il, c'est seulement par différence qu'on peut arriver à le savoir. D'une part, voici 1.022.960 survivants retrouvés dans la zone russe. De l'autre, en 1945, notre très célèbre professeur Shalom Baron a retrouvé 700.000 survivants pour les deux zones (sa déclaration à la barre du tribunal de Jérusalem, op. cit.). Total des non-retrouvés en 1945: 2.378.700 - (1.022.960 + 700.000) = 655.740 pour toute la Pologne mais auxquels il convient d'ajouter les 172.000 arrêtés en Hollande, Belgique, France et Luxembourg, soit:

[176]

 

655.740 + 182.000 = 837.740. De source juive puisqu'il n'est pas un seul des chiffres cités dans ces calculs qui ne le soit. Qu'ils aient tous été arrêtés, on n'en discutera pas ; qu'ils aient été tous exterminés, il est tout de même permis d'en douter.

Enfin, total des survivants - car il faut aussi réintégrer dans la statistique les 250.000 qui, en 1945, ont été retrouvés vivants en Hollande, en Belgique, au Luxembourg et en France: 1.022.960 de la zone russe + 700.000 du professeur Shalom Baron + ces 250.000 = 1.972.960 calculés seulement sur le total des juifs qui sont restés en Pologne après 1939. Il faudrait encore ajouter les survivants de ceux qui ont été arrêtés soit sur les routes de l'Ouest, soit en Hongrie - je ne vois, malheureusement aucun moyen d'en faire un décompte exact. Total approximatif donc, et minimum.

Mais, ne quittons pas encore la Pologne: M. Raul Hilberg y a trouvé 50.000 survivants, l'Institute of Jewish Affairs de New-York, 400.000 ; le Centre mondial de documentation juive contemporaine, 500.000 ; et il résulte des calculs faits sur la donnée du professeur Shalom Baron replacée dans son contexte historique il a parfois son utilité qu'il y en a eu effectivement un minimum de 1.972.960.

Dès 1945, il était possible au Centre mondial de documentation juive contemporaine de faire facilement ces calculs en demandant à toutes les communautés juives une situation de leurs effectifs par nationalité et c'est cette dernière qui eût dû figurer dans sa statistique. Il eût même pu y faire figurer aussi les juifs polonais déportés et retrouvés vivants en Hongrie, ce qui nous eût dispensé de faire tous ces calculs, s'il avait honnêtement donné le résultat de ses investigations. Au lieu de cela, pour la Pologne, il donne 500.000 survivants seulement. Soit 1.972.960 - 500.000 = 1.472.960 considérés comme morts dans les statistiques européennes mais qui sont vivants et ne figurent à ce titre daims aucune statistique d'aucun pays des autres continents. De ceux-là, au terme de notre étude des pays de l'Ouest, nous avions déjà trouvé 980.000. Nous voici à: 980.000 + 1.472.960 = 2.452.960. Ci 2.452.000


RUSSIE.

Ici, pas de longs développements, situation très claire. M. Raul Hilberg qui trouve 3.020.000 juifs à la date de 1939 conclut à 420.000 exterminés et 2.600.000 survivants. Arthur Ruppin donnait 3.000.000 de juifs en 1926. Qu'entre 1926 et 1939, l'émigration ait à peu près correspondu à l'accroissement naturel est dans le domaine des choses possibles, les juifs russes étant en état de migration endémique depuis toujours. Et, si l'on s'en [177] rapporte à David Bergelson, on obtient 3.000.000 x 80: 100 = 2.400.000 survivants certains et 600.000 manquants à la date de 1945. M. Raul Hilberg ne trouvant que 420.000 exterminés, cela ne peut signifier qu'une chose et c'est que, si 600.000 sont tombés aux mains des Allemands, 600.000 - 420.000 = 180.000 n'ont pas été exterminés - peut-être même pas arrêtés et pas déportés ou, s'ils l'ont été, sont revenus des camps où ils avaient été internés. Pourcentage d'exterminés dans ce dernier cas: 70 % (420.000 sur 600.000) et des survivants: 30 %. C'est encore effroyable. Le Centre mondial de documentation juive contemporaine trouve 1.500.000 exterminés (dans la zone allemande, aucun dans la zone russe) ce qui signifie 1.500.000 survivants, mais, pour faire sensation, dit 600.000 pour la zone allemande dans une forme telle que le lecteur croit que c'est pour les deux zones. Sur les mêmes données l'Institute of Jewish Affairs de New-York trouve, lui, 1.000.000 d'exterminés et 2.000.000 de survivants (op. cit. p. 59).

 

Mais, en somme, M. Raul Hilberg accuse l'Institute of Jewish Affairs d'avoir commis une exagération de 1.000.000 - 420.000 = 580.000 déportés exterminés dans sa statistique et le Centre mondial de documentation juive contemporaine d'en avoir commis une de: 1.500.000 - 420.000 = 1.080.000 dans la sienne. C'est sur la statistique de ce dernier que nous calculons cette exagération. Conclusion: voici de nouveau 1.080.000 juifs qui figurent à tort dans la colonne des exterminés, qui étaient bien vivants en 1945 et qui s'ils ne sont plus ni en Russie, ni ailleurs en Europe vivent forcément avec leur progéniture depuis 1945! dans un autre pays d'un autre continent. Au terme de notre étude de la population juive polonaise, nous étions arrivés à 2.452.960. Nous voici à: 2.452.960 + 1.080.000 = 3.532.960,

Ci 3.532.960

 

PAYS BALTES

 

Le cas des juifs des Pays baltes est aussi clair que celui des juifs russes. A ma connaissance, personne n'a jamais fait état de juifs finlandais exterminés. Pour les trois autres pays, Arthur Ruppin donnait en 1926: Esthonie, 5.000, Lettonie, 80.000, et Lithuanie, 160.000. Total: 245.000. En déplaçant 10.000 à 15.000 personnes d'un pays à l'autre, le Centre mondial de documentation juive contemporaine arrive au même total et M. Raul Hilberg à 244.500 à la date de 1939. Accroissement naturel de 1926 à 1939? Il n'en est pas fait état. Possible aussi qu'il ait été compensé par l'émigration. Bref, nous n'en sommes pas à 500 unités près, disons 245.000. D'après David Bergelson il y aurait alors 245.000 x 80: 100 196.000 survivants certains et [178] 245.000 - 196.000 = 49.000 manquants en 1945. Le Centre mondial de documentation juive contemporaine trouve 219.000 exterminés et 26.000 survivants. Quant à M. Raul Hilberg, il se distingue une fois encore par la surenchère: 244.500 exterminés, aucun survivant. Passons. Car on ne voit pas pourquoi les autorités russes qui évacuaient les juifs sur toute la ligne du front M. Raul Hilberg convient du fait s'il n'est pas d'accord avec son importance auraient délibérément fait exception pour ceux des Pays baltes. M. Raul Hilberg le prétend mais ne l'explique pas. Bref, voici encore 196.000 26.000 (de la statistique officielle) 170.000 juifs survivants portés à la colonne des exterminés et qui, n'étant plus dans les pays baltes, courent par le monde avec leur progéniture née depuis 1941-1942. Au total à ce stade de l'investigation: 3.532.960 (ci. total précédent p. 177) + 170.000 = 3.702.960.

Ci 3.702.960

TCHÉCOSLOVAQUIE

Ici, nous avons vu que les 260.000 juifs recensés en 1926 par Arthur Ruppin pouvaient au maximum être devenus 293.800 en 1939 et non 315.000 comme le prétendent les sources juives. Nous avons vu aussi que 131.600 d'entre eux avaient sûrement fui en Hongrie par la Slovaquie et que, lorsque commencèrent les déportations, il en restait 162.200 dans le pays, selon le statisticien allemand Korherr (cf. p. 172) qui avait plutôt tendance à exagérer ce qu'il appelait «le danger juif» qu'à l'amoindrir. (En Europe, il trouvait 11 millions de juifs en 1941!) Le Centre mondial de documentation juive contemporaine a retrouvé 55.000 survivants en 1949. Logiquement n'ont donc pu être déportés de Tchécoslovaquie que 162.200 - 55.000 = 107.200. Même si on prend au sérieux l'attendu 83 du jugement de Jérusalem qui fait état de la déportation fort contestée de 15.000 juifs du protectorat à Lodz à la date du 15 octobre 1941, cela ne ferait tout de même que 107.200 + 15.000 = 122.200. Postérieurement au 15 octobre 1941, le jugement de Jérusalem ne fit état d'aucune autre déportation de BohêmeMoravie (le Protectorat) que pour donner un total général sans justification aucune 35.000. Et même si on l'accepte, le total ne fait encore que 122.200 + 20.000 = 142.000. Outre cette indication, tous les autres juifs du Protectorat y sont donnés comme ayant été victimes de l'émigration forcée organisée par Eichmann de Prague avant la guerre. (Attendu 66 qui ne précise aucun chiffre). C'est seulement pour la Slovaquie que le jugement de Jérusalem donne une évaluation des pertes [179] juives: globalement plus de 70.000 sur 90.000 - (attendu 104) dont 58.000 jusqu'à fin mai 1942 et plus de 12.000 de septembre 1944 à mars 1945. Si donc l'on s'en rapporte à ce jugement pour évaluer les pertes juives de toute la Tchécoslovaquie, on trouve 70.000 en Slovaquie + 35.000 en Bohême-Moravie -105.000. Et cela signifie que, lorsqu'il prétend n'y avoir retrouvé que 55.000 juifs vivants en 1945, le Centre mondial de documentation juive contemporaine a essayé de promouvoir une vérité que les juges du Tribunal de Jérusalem n'ont pas admise puisque c'est sur documentation officiellement fournie par lui qu'ils ont fondé leur conviction. Mais, ce désaveu prend toute son importance au regard du nombre des juifs tchécoslovaques winoncés dans sa statistique générale par cet organisme comme ayant été externînés puisqu'il fixe ce nombre à 315.000 - 55.000 260.000 (!). En réalité, le décompte devait s'établir ainsi:

 Population juive tchécoslovaque en 1939  293.800
 Passés en Hongrie (où le décompte des déportés et des retrouvés vivants parmi eux sera englobé dans les totaux qui résulteront des calculs faits sur la Hongrie parce qu'il est impossible de faire autrement 3.  131.600
  Restaient  162.200
 Décrétés par le Tribunal de Jerusalem comme ayant été déportés ...........  105.000
 - non déportés de Tchecoslovaquie 57.200
 - Décrétés par le Centre mondial de documentation juive contemporaine comme n'ayant pas été déportés 55.000
 Soit en moins 2.200

Et voici encore 2.200 juifs européens qui figurent à la statistique des morts qui étaient bien vivants en 1945 et qui, puisqu'ils ne sont plus en Europe - officiellement -- doivent figurer à la statistique des vivants dans un autre pays d'un au[180]tre continent. Au terme de l'étude de la population juive des Pays baltes, nous étions arrivés à 3.702.960 pour l'ensemble de ceux qui sont dans le même cas. Nous voici donc à: 3.702.960 + 2.200 = 3.705.160.

Ci 3.705.160

 

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