AAARGH

Notes du chapitre 2.1 de
L'Opération vicaire. Le rôle de Pie XII devant l'Histoire
de Paul Rassinier (1965)

 

1. Proclamé roi d'Italie le 14 mars 1861, par un parlement qui comprenait des députés de toute l'Italie sauf de la Vénétie (toujours autrichienne) et des États pontificaux, Victor-Emmanuel ne l'est effectivement que ce jour-là, la Vénétie lui étant revenue par plébiscite le 22 octobre 1866.

2. A Florence, il ne se réunira pour la première fois à Rome que le 27 novembre 1871.

3. Édouard Petit, L'Italie, juillet 1929.

4. Le dogme de l'infaillibilité pontificale fut proclamé le 18 juillet 1870 par un concile qui durait depuis le 28 janvier 1868 et qui fut suspendu par suite de la chute de Rome, le 9 octobre 1870. il suscita bien des dissentiments. Au sein de l'Église d'abord : sur les 601 Pères conciliaires qui étaient entrés en concile le 28 janvier 1868, 66 avaient quitté Rome la veille du vote par hostilité à la thèse, mais sur les 535 qui restèrent, 2 seulement votèrent contre. Dans le monde ensuite : l'Autriche mécontente dénonça le concordat de 1855, en Allemagne, il fut à l'origine du Kulturkampf, en Suisse naquit une Église chrétienne qui se sépara de Rome. Ce concile qui se tint sous l'enseigne du Vatican I était le premier depuis celui de Trente (1545-1563). Vatican II, convoqué par Jean XXIII (1962) reprit la discussion au point où Vatican I l'avait laissée, en l'étendant toutefois à d'autres thèmes.

5. La captivité des papes dans le Vatican ne prit fin qu'en 1929 par la signature d'un concordat entre Pie XI et l'Italie mussolinienne.

6. Pierre Dominique, Histoire des Papes, Le Crapouillot, avril 1964. Thèse rapportée en substance.

7. Le Vicaire et l'histoire, p. 120, souligné par nous.

8. Albin de Cigala, Pie X, Éd. Fleurus.

9. Merry del Val, Pie X, souvenirs et impressions, Éd. Fleurus.

10. Id.

11. Le Vicaire et l'histoire, p. 123.

12. Voir en Appendice IV un autre moyen par lequel, à travers son Secrétaire d'État Merry del Val, on a essayé de discréditer la politique de paix de Pie X.

13. Pie X, impressions et souvenirs, op. cit., p. 28.

14. Souligné dans le texte.

* Note de l'AAARGH: Rassinier commet ici une erreur historique grave. La protection des faibles, des inermes, est inhérente à la fonction ecclésiastique. On n'en prendra pour exemple que le mouvement de la Paix de Dieu s'est déployé, à partir du XIe siècle, dans toute la chrétienté le mouvement dit de la : à l'initiative du clergé (évêques, abbés ou papes) des limites (trêves périodiques, notamment trêves de Noël, interdiction de faire la guerre dans certains endroits...) furent progressivement apportées à la guerre que menaient sans cesse les seigneurs de tout rang qui cherchaient à s'emparer des domaines voisins des leurs et, ce faisant, ravageaient les campagnes et détruisaient récoltes et masures paysannes. La seule protection de ces inermes (mot que l'on emploie à cette époque pour désigner à la fois les pauvres et le clergé, «sans armes») était l'autorité morale et spirituelle très grande dont jouissait le clergé, administrateur du sacré, et qui s'exerçaient aussi bien sur les rois que sur les petits seigneurs. Ce mouvement, né simultanément en plusieurs régions de l'Europe (dans le Midi de la Francia en 1032, à Kiev dans les années 1070 par exemple), s'étendit progressivement. Doublé de la croisade, dont le but avoué était de détourner vers les Lieux Saints la fureur guerrière et destructrice des chevaliers, il parvint peu à peu à faire disparaître la guerre privée et à partir du XIVe siècle, les guerres intérieures ne se font plus qu'entre «hauts et puissants seigneurs». L'idée que la fin de l'Ancien Régime marque un «progrès» appartient à la propagande de la Révolution française et des régimes qui s'en réclament.

15. Acta Apostolicae Sedis, Bonne Presse, t. 5, p. 15-17.

16. Acta Apostolicae Sedis, Bonne Presse, t. 1, p. 182.

17. Cf. supra, p. 88.

18. Le Vicaire et l'histoire, p. 126.

19. Le Crapouillot, op. cit., p. 62.

20. Le Crapouillot, p. 63.

21. Contre Briand, on usa d'arguments de la même farine que contre Pie X, BenoÎt XV et Pie XII : ce n'était pas parce qu'il recherchait une solution de paix juste et durable qu'il rêvait des États-Unis d'Europe, mais parce qu'il n'était qu'un aventurier ambitieux qui en briguait la présidence en cas de réussite. Et pour le prouver, on ajouta qu'il voulait obtenir du Saint-Siège la promulgation de la condamnation de L'Action française prononcée sous Pie X mais non rendue publique en raison de la guerre, - de L'Action française présentée, quoique mourante, comme étant, dans la politique française, la seule force susceptible d'entraver la marche vers ce but.

22. Léon Blum, A l'Échelle humaine, p. 181. (Gallimard).

23. Il était né le 2 mars 1876, via di Monte Giordano, 34 (aujourd'hui : via degli Orsini).

24. Cf. supra, p. 113.

25. Son message de Noël 1948 notamment, où l'on relève par exemple : « ... un peuple menacé ou déjà victime d'une injuste agression, s'il veut penser et agir chrétiennement, ne peut demeurer dans une indifférence passive ».

26. Souligné dans le texte, ainsi que tout ce qui est souligné dans ce qui suit dans ce texte.

27. Mgr Solages, recteur de l'Institut catholique de Toulouse : Théologie de la guerre juste, p. 53 (cité d'après Paul Duclos, op. cit., p. 103).

28. Cité d'après Die schönere Zukunft, de Munich, 21 février 1932.

* Note de l'AAARGH : Rassinier commet ici une erreur historique bien pardonnable chez quelquÕun dont la culture historique vient très probablement de la culture politique et qui a déjà eu le mérite très rare de comprendre que l'anticléricalisme était une lutte du XVIIIe siècle et n'avait plus aucun sens une fois que les anticléricaux avaient pris le pouvoir et fait la preuve de leur fanatisme imbécile. Il n'est pas besoin, pour comprendre que le rôle de l'Église catholique a radicalement changé en deux siècles, dÕêtre catholique ou même d'avoir la foi : l'honnêteté intellectuelle et une réflexion libre y suffisent largement ­ Rassinier en est la preuve incarnée. Pour revenir à son erreur historique, le besoin de comprendre la foi est aussi ancien dans l'Église que l'établissement des textes canoniques, parce que les Pères de l'Église étaient avant tout des philosophes formés à l'école grecque. Si un Augustin, après Tertullien, a pu revendiquer hautement l'absurdité de la foi contre le logos, c'était avant tout par défi. Toute la tradition catholique ultérieure tend à penser la foi -- et Anselme de Cantorbéry (1033-1109) écrivit vers 1875 un traité intitulé Fides quaerens intellectum [la foi qui cherche à comprendre] et cela, avant l'apogée rationnel du tomisme au XIIIe siècle.

29. Acta Apostolicae Sedis, XXXI, 1939, p. 127, et Documentation catholique, t. XI, col- 419

30. Acta Apostolicae Sedis, XXXI, p. 145.

31. Id., p. 54.

32. Georges Bonnet, Le Quai d'Orsay sous trois Républiques, p. 259.

33. C'était normal puisque, relativement aux Accords de Munich, c'étaient les Slovaques, non les Tchèques, qui étaient dans leur droit.

34. Donc, abus de pouvoir des Tchèques.

35. Président du gouvernement slovaque.

36. Étant donné sa situation géographique, à qui d'autre pouvait-il demander protection contre l'injustice dont il était victime? Et, d'autre part, les Anglais et les Français qui étaient dans l'impossibilité de faire respecter les Accords de Munich sur ce point n'y étaient au surplus pas décidés, ayant pris le parti des Tchèques, donc de l'injustice.

37. André-François Poncet, De Versailles à Postdam, Flammarion, p. 247.

38. Ce n'était pas la première fois qu'ils se rendaient coupables de semblables violations à l'égard des Slovaques. Le 30 mai 1938, à Pittsburg (États-Unis), les Tchèques et les Slovaques qui avaient pris le parti des Alliés dans le premier conflit mondial, avaient passé, par l'intermédiaire de leurs représentants respectifs, une convention stipulant la création d'un État tchécoslovaque de type fédéral au sein duquel chacune des deux communautés ethniques serait un État indépendant. En fait, Versailles avait sanctionné un État tchécoslovaque dans lequel les Slovaques étaient asservis par les Tchèques, comme le sont aujourd'hui les Allemands de l'Est, les Hongrois, etc. par l'Union soviétique.

39. André François-Poncet, op. cit., p. 249.

40. William Shirer, Le IIIe Reich, t. 1, p. 497

41. Georges Bonnet, op. cit., p. 261.

42. Georges Bonnet, op. cit., p. 262.

43. Cité d'après William Shirer, op. cit., p. 231.

44. Saül Friedländer, Pie XII et le IIIe Reich, p. 32.

45. Le 3 octobre 1938, au lendemain de Munich, les Russes, vexés d'en avoir été écartés par les Occidentaux, étaient entrés en rapports économiques avec Berlin par l'intermédiaire de leur mission commerciale en Allemagne. Ces pourparlers traînaient en longueur. Dès le 31 mars, dès qu'ils eurent la conviction que le revirement polonais était irréversible, ils virent tout le parti qu'ils en pouvaient tirer et ils le virent encore mieux par le discours de Hitler du 28 avril qui, contrairement à son habitude, ne les attaquait pas. Le 20 mars 1939, tandis que Chamberlain prenait au sérieux les agences de presse qui annonçaient un ultimatum allemand à la Roumanie et lui donnait la garantie anglaise qu'il étendait à la Pologne, Staline avait publié un communiqué officiel par lequel, sans qu'on le lui demandât, il niait que « Moscou ait donné sa garantie à la Roumanie et à la Pologne dans le cas où elles seraient victimes d'une pression ». Au lendemain du discours de Hitler au Reichstag, les Russes firent un second pas en direction d'un accord économique avec l'Allemagne, les négociations par l'intermédiaire de leur mission commerciale prirent un tour plus compréhensif de part et d'autre et, de fil en aiguille...

46. Mgr Giovanetti pourtant, et bien que, dans les documents jusqu'ici publiés aucun ne confirme l'information qu'il donne (Le Vatican et la Paix, p. 51) prétend que le président Roosevelt avait chargé le secrétaire d'État Summer Welles d'informer le Pape et que celui-ci aurait décliné, comme inopportune, la proposition d'une intervention de sa part auprès de Hitler. Il est le seul à le prétendre. M. Saül Friedländer lui-même n'ose pas reprendre l'affirmation à son compte. Sans importance d'ailleurs : les choses se seraient-elles passées ainsi qu'il faudrait féliciter Pie XII d'avoir décliné cette offre, Mgr Giovanetti reconnaissant, ce que M. Saül Friedländer se garde bien de citer, qu'en ne s'adressant « qu'à deux seulement des parties en litige », l'initiative du président Roosevelt semblait vouloir « les (Hitler et Mussolini) mettre a priori sur le banc des accusés » (op. cit., p. 51).

47. Saül Friedländer, op. cit., p. 34.

48. Mgr Giovanetti, op. cit., p. 56.

49. Id., p. 58 sq.

50. Rédigé par un certain Hewel et daté du 10 mai 1939, Documents on German Foreign Policy, vol. I, p. 435. Cité sous cette référence par M. Saül Friedländer, op. cit., p. 34.

51. Sur la réponse de Hitler, les avis sont partagés. M. François-Charles Roux dit « qu'il n'y eut pas de réponse plus rassurante », mais la qualifie « chef-d'oeuvre d'hypocrisie » (Huit ans au Vatican, p. 318). Dans le journal de Ciano, à la date du 8 mai, on trouve un rapport de l'entrevue qu'il eut les 6 et 7 mai à Rome avec Ribbentrop et où il fut question du projet du Pape. Dans ce rapport, on lit : « Le Führer estime que l'idée d'une conférence n'est pas acceptable... [il] propose de faire savoir au Vatican qu'on est reconnaissant au Pape de son initiative mais qu'on n'estime pas possible de l'accepter... » Le mieux est donc de s'en tenir aux documents officiels des deux parties qui, en l'occurrence, concordent : à la date du 6 mai, Mussolini a accepté le principe de la proposition du Pape et Hitler, qui n'a formulé aucune objection contre, a dit qu'avant de répondre officiellement, il devait d'abord consulter Mussolini.

52. D'après le compte rendu de Mgr Valerio Valéri, cité par Mgr Giovanetti et Mgr Giovanetti lui-même, op. cit., p. 62.

53. Cf. supra, p. 132, ce message et ses suites.

54. Lettre citée par Mgr Giovanetti, op. cit., p. 63.

55. Compte rendu de Mgr Godfrey, cité par Mgr Giovanetti, op. cit., p. 65.

56. Cité par Mgr Giovanetti, p. 61.

57. On trouvera ce discours dans les Acta Apostolicae Sedis, Bonne Presse, vol. 1, p. 128. On ne le reproduit pas ici : il suffit que le lecteur en connaisse les intentions et le sens.

58. Télégramme de l'ambassadeur anglais du Vatican, Osborne, à Lord Halifax, en date du 30 août, qui figure aux Documents anglais, 3' série, vol. VII, p. 403, cité sous cette référence par M. Saül Friedländer, op. cit., p. 41. Et Journal du comte polonais Szembeck, Pion, Paris, p. 499.

59. Saül Friedländer, op. cit., p. 37.

60. Un ora grave (Acta Apostolicae Sedis, XXXI, p. 333, et Documentation catholique, XL, col. 1128).

61. Osservatore Romano, 26 août.

62. Documentation catholique, 1943, col. 163, qui précise que cette note a été remise le 31 août à 13 heures.

63. Cité par Paul Duclos, op. cit., p. 110, d'après la Civilta Catholica, de Rome, du 15 juin 1945.

64. Saül Friedländer, op. cit., p. 43.


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