AAARGH

P. Rassinier, Le Véritable Procès Eichmann

Notes du chapitre 2.3

1. Les circonstances ont voulu que je puisse étudier de plus près l'exemple du camp de Buchenwald où j'ai été déporté moi-même. Je suis arrivé aux conclusions suivantes : dans ce camp et ses 136 commandos paraissent avoir été déportés en tout, de 1937 à 1944 238.980 hommes dont les statistiques disent que, pendant ces sept années, 56.545 sont morts. Le taux de mortalité serait donc de 26 %. C'est énorme si on tient compte que, dans la vie courante le taux annuel de mortalité en Europe se situe aux environs de 20 pour mille. Je ne puis cependant pas garantir ce taux de 26 % pour la raison suivante : les entrants étaient enregistrés une seule fois, mais les sortants par mort risquent, dans certains cas, de l'avoir été deux fois la première dans le commando où ils sont morts (Dora, par exemple ; et la seconde à Buchenwald où, jusqu'au jour où les commandos ont été dotés de crématoires, ils ont été incinérés. Dans les statistiques produites. ont en effet été additionnés les morts de tous les commandos avec les incinérations à Buchenwald. Le taux de mortalité pourrait alors être un }peu plus faible, mais pas très sensiblement : 20 % par exemple serait encore énorme. L évêque auxiliaire de Munich s'est livré aux mêmes recherches que moi sur le camp de Dachau où il fut interné et il arrive, pour ce camp, aux mêmes conclusions que moi pour Buchenwald : entre 199.519 et 206.206 internés l'incertitude provient ici de ce qu'il y a eu deux séries de numérotages au registre des inscriptions) dont 67.665 sont morts, soit 2S %. Mêmes remarques que pour Buchenwald en ce qui concerne les additions des morts .les commandos et de ceux du camp central. Il faut cependant noter ici que la cartothèque de la direction SS du camp n'accuse que 26.000 morts environ. (D'après le livre de l'évêque auxiliaire de Munich, Mgr Neuhäussler « so war es in Dachau ») Mais le Pasteur Niemöller prétendit dans une conférence prononcée le 3 juillet 1946 et éditée sous le titre « Der Weg ins Freie » chez Franz M. Hellbach à Stuttgart que « 238.756 personnes furent incinérées à Dachau >, soit un nombre supérieur à celui des internés.

(Depuis que cette note a été rédigée, de nouvelles découvertes ont été faites dans la cartothèque du camp de Dachau, et Mgr Neuhäussler les à honnêtement rendues publiques le 16 mars 1962 dans un discours qu'il fit à Dachau même devant les représentants de 15 nations qui y étaient venus commémorer la libération du camp. Voici en quels termes Le Figaro du 17 mars rend compte des données statistiques que ce discours contenait :

« Cet après-midi, par un froid rigoureux et en dépit de la tourmente de neige, les pèlerins se sont rassemblés au camp de Dachau où trente mille hommes furent exterminés parmi les deux cent mille originaires de trente-huit nations qui y furent internés de 1933 à 1945. »

Et tous les journaux du jour ont publié les mêmes chiffres. C'est donc 30.000 déportés qui ont été incinérés à Dachau (soit un taux de mortalité de 13 % qui est encore énorme) et non 67 665 comme il résultait des premiers calculs de Mgr Neuhäussler).

Dans les camps spécialement réservés aux juifs comme Auschwitz le taux de mortalité, sans atteindre et de loin les proportions qui ont été publiées dans la presse pour les besoins d'une propagande sont certainement plus élevés. bien qu'on ne possède pas ou pas encore de documents certains en ce qui concerne ces camps, on verra plus loin ce qu'on en peut déjà penser. Des autres, la responsabilité de ces taux de mortalité incombe à la SS. bien sûr, mais aussi aux détenus chargés de leur administration, car, ainsi qu'on l'ignore généralement, les camps étaient administrés par les détenus eux-mêmes pour le compte de la SS. dont la garde était installée à la porte. Sur cet aspect du problème, je renvoie le lecteur au Mensonge d'Ulysse.

* [Note de l'AAARGH: cf sur le site de l'AAARGH, le texte complet de la déclaration de Broszat : Aucun gazage à Dachau, Die Zeit,19 août 1960.]

2. Il s'agit ici du gaz d'échappement de moteurs Diesel arrivant dans des chambres de 25 m2 de superficie et de 1 m. 90 de hauteur dans lesquelles on asphyxiait par fournées de 750 à 800 ( !) de 20 à 30.000 personnes par jour ( !  !...). A Jérusalem, Eichmann à déclaré qu'on lui avait montré de loin « les petites maisons », dans lesquelles on « lui avait dit que, etc... ».

3. Ce Wetzel a été arrêté à Hanovre le 17 août 1961 et les journaux allemands du 18 août ont publié, à la fois qu'il vivait d'une pension d'Éta de 1.600 DM par mois (200.000 A.F.) et qu'il devait à l'historien anglais Reitlinger, auteur d'un livre accréditant l'existence des chambres à gaz sur renseignements qui lui auraient été fournis par lui, de n'avoir jamais été inquiété jusqu'alors. Je cite d'après l'Allgäuer Anzeigeblatt du 18 août 1961 :

« Nach Ansicht der Behörde verdankt Wetsel senn jahrelanges Inkognito dem Britischen Historiker Gerald Reitlinger, der in 6 : seinem als Standardwerk anerkannten Buch « Die Endlösung » Wetzels Vornamen irrtümlicherweise mit « Ernst » angab. »

Si c'était vrai, cette particularité réduirait alors singulièrement la portée du document N.O. 365 en ce qu'elle autorise les historiens à se demander si, comme le document Gerstein, il n à pas été fabriqué après coup pour les besoins de la cause De toutes façons, l'homme est arrêté et on ne peut manquer de le faire parler.

4. A l'actif ou au passif de ce camp ont également été portées les experiences médicales dont on a relevé d'autres exemples dans d'autres camps et sur d'autres sujets que les juifs, qui ont été conduites ici par le célèbre SS. Obersturmführer Dr Mengele actuellement vivant et en fuite, qui sont aussi visées par l'art. 6, § c au titre de crimes contre l'humanité et qui ont, pour l'ensemble, fait l'objet de l'un des treize procès de Nuremberg. Il n'en sera pas question dans ce chapitre de cette étude, l'auteur désirant se borner, pour l'instant, au renvoi du lecteur à la thèse du Dr François Bayle, Croix Gammée contre Caducée qui les prend pour objet et qui, malgré les quelques inévitables erreurs ou confusions inhérentes à tout travail de défrichement, est d'une indiscutable bonne foi et d'une facture remarquable. On notera cependant qu'avant comme pendant et après la seconde guerre mondiale, des expériences médicales de même nature ont toujours été la règle sous toutes les latitudes et que, notamment, tous les hôpitaux du monde et quelques prisons comme Sin-Sin aux États-Unis sont toujours pleins de cobayes pour médecins. L'erreur de l'Allemagne hitlérienne a été de les pratiquer sur des sujets qui n'étaient pas ses nationaux : mais, en ce qui concerne l'étude des vaccins, par exemple, les autres nations du monde l'ont pratiquée à grande échelle sur leurs coloniaux... Au niveau de la matérialité des faits, on notera encore que Himmler les à interdites dans tous les camps par lettre-circulaire en date du 15 mai 1944 (op. cit., p. 236) et que par conséquent, à moins qu'il n'ait été possible de continuer, après cette date à envoyer offlciellement leurs résultats à I'Institut fur Rassenbiologische und Anthropologische Forschungen qui avait précisément répercuté partout l'interdiction de Himmler ! comme le prétend le Dr communiste hongrois Miklos Niysli dans son livre « Médecin à Auschwitz », au moins celles qui sont retenues après cette date par les « historiens » du centre de documentation juive contemporaine ne relèvent .que de l'affabulation.

5. « ...Que je n'ai pas vues moi-même mais dont l'existence m'a été affirmée par tant de gens dignes de foi... »

6. A Nuremberg, le colonel Storey, Avocat général américain à soutenu cette thèse et présenté avec le plus grand sérieux, le Doc. PS 2285 (T. IV, p. 270) où il était dit : « Lorsqu'un arrivage de prisonniers « K » était trop important, au lieu de perdre du temps à les « mesurer » on les exterminait par asphyxie au moyen de gaz envoyé dans les salles de douches par les canalisations d'eau. »

7. Procès de Jérusalem - Audience du 10 avril 1961, aveux d'Eichmann enregistrés sur bande magnétique produite devant le tribunal.

*Note de l'AAARGH : texte complet sur le site et article du dictionnaire sur la question de Wannsee.

8. Dans les versions françaises qui en ont été données, on à par exemple traduit « die Zurückdrängung der Juden aus dem Lebensraum des deutschen Volkes » par « I'élimination des juifs de l'espace vital du peuple allemand » en donnant dans le commentaire, au mot « élimination » le sens de « extermination » alors qu'il s'agit du « refoulement des juifs hors de l'espace vital du peuple allemand » on a procédé de même en anglais et en russe. Puis, sans arrêt, pendant des années, la presse allemande a reproduit ces versions retraduites en allemand, commentaires compris.

Cependant, pour exprimer leur décision de refouler les juifs hors de ce qu'ils appelaient leur espace vital, les Allemands employèrent plus volontiers d'autres expressions de même sens, comme Auschalung (exclusion, éviction élimination) ou surtout Ausrottung (extirpation, déracinement). C'est ce dernier mot qui a été traduit par extermtnation qui, en allemand se dit Vernichtung. Exemple : dans son discours de Posen devant les Obergruppenführer (généraux de division des Waffen SS) le 4 octobre 1943, Himmler a dit « Ich meine jetzt die Judenevakuirung, die Ausrottung des judischen Volkes... Das Judische Volk wird ausgerottet, etc. ». Précisant sa pensée, dans la phrase suivante, il emploie le mot Auschaltung... (P.S 1919, T XXIX p 145) Autrement dit : « Je pense maintenant à l'évacuation des juifs, à l'extirpation du peuple juif, etc... Mais dans le Dossier Eichmann M. Billig traduit : « J'entends par là l'évacuation des juifs, l'extermination du peuple juif » (p. 55) et « évacuation des juifs, C'EST-À-DIRE extermination » (p. 47).

Autre exemple : Dans une note du 16 décembre 1941, sur un de ses entretiens avec Hitler (P S. 1517 T. XXVII p. 270) Rosenberg emploie l l'expression « Ausrottung des Judentums ». A l'audience du 17 avril 1946, I'avocat général américain Dodd traduit « Extermination des juifs s (Tome XI, p. 562). Rosenberg protesta en vain. Mais, dans les discours des nazis, l'expression à Ausrottung des Christentums s qui revient souvent, est chaque fois traduite par « extirpation du Christianisme de la culture allemande » (Cf. Revue d'Histoire de la seconde guerre mondiale, 11er= octobre 1956, p. 62). C est seulement quand il s'agit du judaïsme (Judentum) ou du peuple juif (das judische Volk) que le mot « Ausrottung » signifie extermination et qu'il s'applique à des individus alors qu'il s'agit d'entités.

9. On ne saura jamais comment ces plans ont été réalisés sur le terrain : les chambres à gaz d'Auschwitz ont été détruites à l'approche des troupes russes, le 17 novembre selon certains documents, le 25 selon d'autres. Celles qu'on peut encore visiter aujourd'hui dans le camp ont été, comme celles de Dachau, reconstruites après la guerre : conformément aux plans ? C'est la question. Je signale en passant que le visiteur qui se rend à Buchenwald pour y visiter les vestiges du camp, est pris en mains par un gardien qui lui montre la chambre à gaz et lui explique avec force détails comment elle fut utilisée pour exterminer les juifs. L'aventure est arrivée à Claude-Henri Salerne de la R.T.F. qui s'apprêtait à mettre ces renseignements en ondes pour la rétrospective qu'il avait été chargé de monter sur les camps de concentration à l'occasion de l'ouverture du procès Eichmann (avril 1961) quand de hasard, quelques jours avant il m'a heureusement rencontré (! ...).

10. Ce qui est curieux, c'est qu'on ait retrouvé des ordres de construire ces Badanstalten et ces Leichenkeller mais aucun sur la manière de les utiliser : on ne voit alors pas bien comment ceux qui ont eu à utiliser des établissements conçus soit comme des salles de douches, soit comme des morgues, ont pu deviner qu'en fait, il s'agissait de chambres à gaz... On prétend par contre qu'il y a eu des ordres de cesser les exterminations de juifs par ce moyen : on nous dit que s'il n'y eut pas d'ordres de les utiliser comme chambres à gaz, c est que les nazis n'étaient pas si bêtes que de donner des ordres pareils dont on pourrait retrouver la trace pour les accuser, mais alors on ne voit pas comment ils ont été assez bêtes pour donner l'ordre tout aussi accusateur et dont on pouvait aussi facilement retrouver la trace, de cesser de les utiliser. En réalité, on n'a pas non plus retrouvé cet ordre, mais seulement quelqu'un qui atteste son existence et la date de « entre la mi-septembre et la mi-octobre > (Doc. P.S. 3762 - T. XXXIII pp. 68-70) ce qui est d'une précision... disons remarquable. Ce quelqu'un c'est le Standartenführer Kurt Becher qui participa, aux côtés d'Eichmann, à la déportation de juifs hongrois mais qui, plus adroit que lui, sut s'attirer la reconnaissance du Dr Rudolf Kasztner (qui le fit acquitter à Nuremberg et n'écrivit très probablement son « Bericht », cité dans cet ouvrage que pour cela) et de la baronne Weiss (propriétaire des usines Manfreid Weiss de Budapest) qu il fit transporter par avion spécial à Lisbonne avec les quarante-cinq membres de sa famille. Les circonstances de son témolgnage étant ainsi définies pour l'édification du lecteur, voici ce que déclara ce témoin : « Je soussigné Kurt Becher, ancien SS. Standartenführer, né le 12 septembre 1909 à Hambourg, déclare ce qui suit sous la foi du serment : entre la mi-septembre et la mi-octobre 1944, j'ai obtenu du Reichsführer SS. Himmler qu'il promulguât l'ordre suivant que je reçus en deux exemplaires destinés chacun aux SS. Obergruppenfuhrer Kaltenbrunner et Pohl, plus un exemplaire pour mol : j'interdis, avec effet immédiat, toute extermination de juifs et j'ordonne qu'au contraire. des soins soient donnés au : personnes malades et affaiblies. Je vous tiens et il veut désigner ici Kaltenbrunner et Pohl pour personnellement responsables même dans le cas ou cet ordre ne serait pas strictement observé par les échelons subalternes J'apportai personnellement l'exemplaire de Pohl à son bureau à Berlin et je remis également l'exemplaire de Kaltenbrunner à son secrétaire à Berlin. »

Mais il ne produisit pas cet ordre dont cependant un exemplaire lui avait été remis. On ne le lui réclama d'ailleurs pas. Et on refusa de le confronter avec Kaltenbrunner qui ne niait pas l'ordre mais seulement la responsabilité qui en découlait pour lui. Eichmann qui ne niait pas non plus cet ordre, niait par contre qu' il fût écrit et le situait au 15 mai 1944 qui est justement la date à laquelle Himmler à ordonné la cessation de toutes les expériences médicales dans tous les camps. (Texte retrouvé et cité par François Bayle dans Croix Gammée contre Caducée (p. 236) et aurait conçu le projet d'échange d'un million de juifs contre 10.000 camions. Il est au moins vraisemblable que Himmler ne pouvait en même temps concevoir ce projet d'échange et faire exterminer les juifs dans les chambres à gaz d'Auschwitz, les deux choses étant contradictoires. Mais cet ordre a-t-il vraiment existé  ? On conçoit aisément que, pour l'accusation qui n avait jusque là trouvé aucune trace écrite possible des exterminations raciales, qui ne la pouvait trouver que là et qui ne l'y trouva quand même pas  ! il fallait qu'il existât mais on conviendra que, n'étant authentifié que de cette manière, aucun historien digne du nom n'acceptera jamais qu'il ait réellement existé. Car tout repose sur le crédit qu'on peut accorder au sieur Kurt Becher et le sieur Kurt Becher... Bref, on m'a compris : testis unus, testis nullus. Et il y a des contre-témoignages qui valent autant que celui de Becher (Eichmann) ou mieux (la lettre de Himmler sur les expériences dans les camps datée du 15 mai 1944 et retrouvée par François Bayle).

** Note de l'AAARGH : pour tout ce qui concerne les « six millions », on se reportera évidemment à l'étude complète qu'en a donné Rassinier deux ans plus tard, dans Le Drame des juifs européens, sa réponse à La Destruction des juifs européens de Raoul Hilberg ; le texte intégral est sur le site.

11. D'autres statistiques corroborantes ont encore été publiées celle qui figure au Protocole de Wannsee et qui fait état de 11 millions de juifs pour toute l'Europe, Angleterre, Italie, Espagne, Portugal Suède, Suisse, Turquie (478.000) et Russie (5 000.000) comprise, ce qui donne 5.500.000 directement aux prises avec le nazisme ; et celle du Dr Korherr qui fait état de 10 millions pour toute l'Europe aussi, à la date de 1937, en comptant la Russie pour 5.000.000, ce qui nous ramène toujours à 5.500.000. Au reste, 5.294.000, 5.500.000 ou 5.710.000 ce sont la nuances qui ne sont pas tellement éloignées les unes des autres : 5 500.000 parait être le plus proche de la vérité.

12. Die Beseuzung brachte das Todesurteil fur die nahezu 800.000 Seelen zahlende ungarische Judenheit. (Op. cit. Introduction. p. 1.).

13. Pour arriver au chiffre de 6 millions de juifs exterminés, les spécialistes de la démographie juive ont employé 6 méthodes dont la seconde, la plus probante est seule arithmétique, les autres se fondant sur des propos de témoins du genre Hoess, Hoettl, Wiscilceny, etc. Cette seconde de ces méthodes, nous dit M Poliakov (Revue d'histoire de la deuxième guerre mondiale - octobre 1956) « appliquée en particulier par l'économiste et statisticien de New-York, M. Jacob Lechtinsky, consiste à comparer les données respectives sur la population juive des différents pays européens avant et après la guerre. C'est de cette manière que certaines organisations juives internationales, telles le Congrès juif mondial sont arrivées en 1945 au chiffre, toujours le même, de 6 millions ». Cette méthode vérifie en quelque sorte les 5 autres. Il suffisait de préciser qu'il n'y avait pas lieu de tenir compte de l'augmentation de la population juive dans les autres pays qui ne sont pas européens. Encore fallait-il décréter qu'il ne restait que 600.000 juifs sur 3 millions en Russie, chiffre manifestement faux, on le verra plus loin. Et diviser par deux ou trois le nombre de juifs ayant survécu dans les autres pays européens que la Russie comme on l'a d'ailleurs visiblement fait pour la Russie (cf. p 93) si, encore, dans ce cas on n'a pas divisé par quatre (!...)

14. C'est le chiffre que j'ai retenu dans Ulysse trahi par les siens auquel je renvoie le lecteur désireux d'éléments statistiques plus détaillés qui ne peuvent trouver place dans cet ouvrage.

15. Pour la Pologne, le Centre de documentation juive contemporaine a retrouvé 500.000 survivants. Mais le « Professeur » Shalom Baron, dans sa déposition du 24 avril 1961 devant le Tribunal de Jérusalem, en a retrouvé 700.000 et l'Institute of Jewish Affairs du World Jewish Congress ou Congrès mondial juif en a retrouvé 400.000 (Eichmann's confederates and the Third Reich Hierarchy, 1961, p. 59). Par rapport à l'estimation la plus optimiste, la plus pessimiste représente, dans tous les cas, une marge d'erreur qui va presque du simple au double. Encore compte tenu de ce que le « professeur » Shalom Baron a affirmé qu'en 1961, il n'y avait plus que 12 millions de juifs dans le monde, peut-on être assuré que lorsqu'il dit 700.000, ce chiffre est sûrement déjà minimisé : si par exemple, il en avait en réalité trouvé 1 million et non 700.000 ce qui est de l'ordre de son exagération dans l'évaluation de la population juive mondiale, donc très vraisemblable et probablement vrai l'évaluation la plus pessimiste représenterait 40 % du chiffre réel. C'est un peu moins criant que pour la Russie où les chiffres publiés en 1946 par le centre de documentation juive représentent 25% de ce qu'ils étaient réellement, soit une marge d erreur du simple au quadruple si on fonde sa conviction sur ceux qui ont été publiés par M. Nahoum Goldman en juin 1961. Pour expliquer qu'il ne restait plus que 200.000 survivants juifs dans la Hongrie de 1945, il a fallu décréter que 434.000 d'entre eux (sur les 404.000 de la statistique établie par le même statisticien  !...) avaient été déportés à Auschwitz et qu'ils y avaient tous été exterminés ce que, ayant moi-même vu arriver deux de ces trains à Dora, fin mai 1944, j affirme d'autant plus faux que d autres témoins en ont vu arriver à Buchenwald, à Dachau, et, d'une manière générale dans tous les camps de l'Ouest. D'autre part, à partir d'octobre 1944, Auschwitz, Ravensbrück, etc. ont été repliés sur ces mêmes camps de l'Ouest et cela jusqu'à la. fin de la guerre : j'ai vu moi-même à Dora des dizaines de ces transports arriver qui avaient fait passer la population du camp du simple au quintuple ou au décuple. A Buchenwald, la population avait fini par atteindre 90.000 personnes et il y avait des tentes partout. A Bergen-Belsen, elle atteignit un niveau astronomique. Tous ces gens qui avaient été enregistrés à leur arrivée à Auschwitz Ravensbrück, etc., qu'on n'y a plus trouvés au moment de la libération de ces camps, dont on ne retrouvait nulle part ailleurs de traces écrites dans les camps de l'Ouest où ils arrivaient à un tel rythme qu'il était absolument impossible de les y enregistrer (cf. So war es Dachau de Mgr Neuhäussler, évêque auxiliaire de Munich), mais qui étaient cependant bien vivants, ont été considérés comme morts. Les juifs d'Auschwitz, qui y avaient été enregistrés mais n y étaient plus à la libération du camp, ont été considérés par les statisticiens à la petite semaine du Centre de documentation juive contemporaine comme ayant été exterminés dans les chambres à gaz. Encore un exemple personnel : M. Georges Wellers, maître de recherches au Centre national de la recherche scientifique de Paris encore un « professeur »  ! est venu témoigner à la barre du tribunal de Jérusalem, le 9 mai 1961, que 4.000 enfants juifs rassemblés à Drancy avaient été déportés à Auschwitz à partir d'août 1942 et que, quand il y était arrivé, il n'en avait retrouvé aucun, de quoi il conclut qu'ils avaient tous été envoyés à la chambre à gaz. Mais moi je puis témoigner que de janvier à mars 1943, j'ai vu à Buchenwald des centaines d'enfants de toutes nationalités qui y avaient été ramenés d Auschwitz.

16. 2.251.000 dit la statistique qu'il a publiée sous sa signature le 4 juin 1960 dans Le Figaro Littéraire et diverses autres publications ou revues. Défalcation faite des 600.000 Russes qu'on n'y peut maintenir puisqu'il est démontré que la Russie ne peut entrer en ligne de compte, ce nombre se trouve ainsi ramené à 1.651.100.

17. Voir note 15.

18. 120.000, dit le Centre de documentation juive contemporaine n'en sont pas revenus. Or, je puis attester que, parmi les pensions payées par le ministère des anciens combattants, un nombre très important le sont à des déportés juifs qui sont revenus. Voici, d'autre part, une déclaration du ministre des anciens combattants et victimes de la guerre parue au J. O. (Débats parlementaires) du 24 février 1962, p. 289 :

« Selon les renseignements statistiques relevés à la date du 1er décembre 1961 dans le fichier mécanographique des déportés et internés de la guerre 1939-1945, tenu par l'Institut national de la statistique et des études économiques, le nombre de cartes délivrées à des déportés et internés ou à leurs ayants-cause s'élève à :
   Vivants  Décédés
 Déportés (Résistants)  16.702  9.783
"        (Politiques)
 13 .415  9.235
 Internés (Résistants)  9.911  5.759
"        (Politiques)
 10.117   2.130
   ­­­­­­­­  ­­­­­­­­­­

 Totaux

50.145 26.907
(Réponse à une question du député Ziller ) 

Il y aurait donc eu, au total et en y comprenant les juifs, 77.052 déportés français. Cela ne signifie pas quil n'y a pas eu, effectivement, 110 000 juifs raflés en France par la Gestapo pour être envoyés à Auschwitz, comme le dit Hoess (voir plus loin) : tout simplement, la plupart d'entre eux n étaient pas de nationalité française, mais des réfugiés politiques venus d'Europe centrale.

19. Le n· 44 de décembre 1961 du périodique mensuel L'Europe réelle paraissant à Bruxelles, prétend avoir lu dans le journal israélien Jedoth Hajem paraissant à Tel Aviv (N· 143 de I année 1961) que « le nombre des juifs polonais vivant actuellement hors de Pologne serait de deux millions » Je n'ai pu me procurer ce journal Si c'était vrai, voilà qui confirmerait au-delà de tout espoir la thèse que je soutiens p. 91 de cette étude, relativement à la fuite des juifs polonais devant les armées allemandes, en Hongrie et en Russie et ferait singulièrement baisser ce pourcentage : il y avait, en effet 3.100.000 juifs en Pologne en 1939 et si ces deux millions-là ont été sauvés.

20. L'Allemagne est un exemple significatif : 500.000 juifs en 1932-33, 200.000 en 1939 qui, presque tous ont été déportés. En appliquant le pourcentage maximum de 45 % de morts, on arriverait à 85.000 ce qui représente un pourcentage de 16 % du nombre des vivants de 1932-33. Or, les statistiques officielles nous disent qu'actuellement il n'y a plus que 55.000 juifs en Allemagne Et le raisonnement du centre de documentation juive contemporaine consiste à dire que tous les autres ont été exterminés, soit 84 %. Mais pour signiflcatif qu'il soit, l'exemple de l'Allemagne est une heureuse exception : c'est le pays où le moins de juifs ont été arrêtés parce qu'un maximum a pu fuir.

21. Thème de ceux-là : « Mon père, ma mère, ma soeur (ou mon frère) ma fille (ou mon fils) et tous les miens ont été exterminés à Auschwitz. » Bien entendu, le père, la mère, la soeur (ou le frère) la fille (ou le fils) et « tous les miens » peuvent tenir le même raisonnement dans d'autres grandes rues du monde sans que personne les puisse démentir.

22. Plus prudent que ces historiens du Centre de documentation juive contemporaine, l'Acte d'accusation du procureur général Gédéon Hausner contre Eichmann, daté du 21-2-1961 (5. Tage des Adar 5721) retient « des millions » sans autres précisions pour ce camp. Et pour les autres (Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka et Maïdanek) à propos desquels ces mêmes historiens brandissent d'autres millions de gazés en précisant pour chaque camp, il ne donne aucun chiffre ! Curieux.

23. Ce qui est curieux, ici, c'est qu'après avoir opéré une réduction aussi considérable sur les chiffres en quelque sorte officiels du centre de documentation juive contemporaine à propos d'Auschwitz, l'lnstitute of Jewish Affairs of World Jewish Congress donne, page 59, comme certain que 5.700.000 juifs au total ont été exterminés ( !)

24. Il s'agit pour les juifs hongrois de la crainte de la déportation à Auschwitz, dans laquelle ils vivent depuis le 19 mars 1944, date de l'invasion de la Hongrie par les Allemands. Cette crainte était motivée par le fait que, comme on le voit dans la phrase qui suit, on était en train de rénover les chambres à gaz et les fours crématoires d'Auschwitz hors service depuis l'automne 1943, ce qu'à leurs yeux on n'aurait pas eu besoin de faire si on n'avait pas eu l'intention de les déporter, puisque depuis huit mois on n'y avait pas songé.

25. « ...qui depuis l'automne 1943 étaient hors service. » Spécialement rénovées pour asphyxier les juifs hongrois, il fallait que ces chambres à gaz fonctionnassent pendant au moins le temps nécessaire à les asphyxier. Par quoi l'on voit, qu'en situant « entre la mi-septembre et la mi-octobre » I'ordre de Himmler de cesser les exterminations des juifs (cf. note p. 87) le Standartenfuhrer Kurt Becher avait assez bien calculé son affaire. Ah ! ces « témoins »...

* Note de l'AAARGH : ce document est reproduit en appendice de cet ouvrage : lettre de Kahn, Munk, etc. et passages du Bericht avec traduction.

26. Le mot employé ici dans le texte original est «Volkgenosse» qui n a pas de correspondant en français ni dans aucune autre langue «Compatriote» n'en est qu'une traduction approchée I1 faudrait dire un «camarade du peuple», un «ressortissant du peuple». La difficulté vient de ce que le mot «Volk» en allemand ne signifie pas seulement «Peuple :a mais encore «le sang» et le «sol» associés à l'idée de peuple .

27. Voici le texte de la déclaration Balfour (2 nov. 1917): «Le gouvernement de Sa Majesté Britannique considère favorablement l'établissement en Palestine d'un Foyer national pour le peuple juif et fera tous ses efforts pour favoriser l'accomplissement de ce dessein, étant bien entendu qu'il ne sera rien fait qui puisse porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non-juives existant en Palestine, ni aux droits et aux statuts dont jouissent les juifs dans d'autres pays.» Soutenir que cette déclaration devait aboutir à la création de l'état d'Israël dans les conditions dans lesquelles il a été crée et à son soutien dans celles où il vit actuellement est un non-sens. C'est aussi l'avis du célèbre historien anglais Arnold Toynbee et de beaucoup d'autres bons esprits aussi bien juifs que non-juifs .

28. Dans Le Bréviaire de la Haine, M. Léon Poliakov fait état de cet accord (p 32 de la seconde édition française) mais ses commentaires en dénaturent le sens .

29. Zentralstelle für judische Auswanderung.

30. En réalité, cette pièce qui valait passeport s'appelait un «Certificat» (Attest).

31. Le Dossier Eichmann, p. 28.

32. Pillage et destruction de 815 magasins de 171 maisons, de 276 synagogues, 14 autres monuments de la Communauté, arrestations de 20.000 juifs, 7 Aryens, 3 étrangers, 36 morts et 36 blessés (Rapport de Heydrich à Goering en date du 11 novembre 1938, Nur. T. 5 p. 554. Document reconnu authentique par Goering et tous les accusés contre lesquels il a été produit) .

33. Souligné par moi-même. On admirera: a) le pluriel: «LES nuits des 9 ET 10 novembre» au lieu de la nuit DU 9 AU 10 novembre...; b) que ce télégramme qui «ordonne» (sic) ces manifestations pour cette nuit-là en porte précisément la date à 1 h. 20 du matin du 10...; c) qu'il les «ordonne» alors qu'il veut y mettre un terme dans le style où elles se déroulent.

34. L'expression originale est en réalité die Gesamtlosung der Judenfrage ou la solution d'ensemble, totale sur laquelle il n'y aurait plus à revenir. Mais Goering qui l'employa pour la première fois dans le 1er paragraphe d'une lettre en date du 31-7-1941 par laquelle il donnait à Heydrich l'ordre de la préparer (P.S. 710 T. XXVI, p. 2M) employa dans le dernier paragraphe l'expression die Endlosung der Judenfrage et, dans l'usage, ce fut celle-ci qui prévalut, mais dans le même sens et non pas dans celui de liquidation du problème par la liquidation de ceux qui en faisaient l'objet. Pris en flagrant délit de traduction tendancieuse par Goering lui-même, à Nuremberg le 20 mars 1946. le piètre Justice Jackson fut bien obligé d'en convenir (T. IX, p. 552). Mais, de cet incident qui détruisait à jamais toute une théorie, la presse ne souffla mot .

35. A cette conférence, on entendit un certain Herr Hilgard, représentant des compagnies d'assurances: il estima les dégâts matériels à plus de 25 millions de marks, rien que pour les vitrines et les bijoux (matières obtenues en Allemagne par exportation de capitaux) Il précisa, en outre, que, pour réparer les vitrines, la société belge qui seule pouvait le faire, demandait un délai de six mois rien que pour la fabrication du verre nécessaire. Mais il ajouta qu'il n'avait pas encore en main tous les autres éléments du désastre, sur quoi Heydrich déclara qu'on pourrait chiffrer le tout à 100 millions de marks et les expertises qui ont suivi ont démontré qu'il n'avait pas exagéré .

36. Le lecteur sera sans doute indigné que les nazis se soient refusés à envisager cette sortie massive des juifs d'Allemagne, en les autorisant à emporter avec eux la contre-valeur de tout ce qu'ils possédaient. C'est effectivement d'une injustice criante. Mais c'est aussi un usage constant et il caractérise tous les transferts de population. Je le renvoie donc à deux ouvrages: European Population Transfer (Oxford University - 1946) et Les Transferts internationaux de populations (Presses universitaires de France) où il pourra relever à son aise une bonne vingtaine de ces transferts décidés par des traités et qui impliquaient pour les malheureux en cause, qu'ils quittent leur pays avec 30 kg. de bagages, souvent moins et toujours sans argent. Entre le 1er juillet 1945 et le 1er janvier 1947, les Russes ont encore refoulé de Silésie en Allemagne, environ 7.300.000 personnes dans des wagons à bestiaux, avec beaucoup moins et en plus sans vivres pour des voyages de 4 ou 5 jours... Dans la Revue des Deux Mondes du 15 mai 1952 (p 374) M. Jean de Pange prétend que plus de 4 millions en sont morts, ce qui constituerait alors un nombre de victimes bien plus important que celui des victimes juives des camps de concentration!.. Et en pleine paix!... Il faut savoir qu'il s'agit ici d'un problème humain, c'est sûr mais aussi économique et qu'à ce titre il implique des transferts de la richesse nationale que la structure actuelle des échanges internationaux ne permet qu'assorti d'une compensation égale, à peine de ruiner l'économie du pays qui s'y résoudrait sans cette compensation. L'inhumanité vient donc des structures non des hommes dont les possibilités de les réformeret aussi la volonté, hélas ! sont très limitées.

37. Peut-être n'ai-je pas bien cherché, mais je n'ai trouvé le texte de cette lettre dans aucune publication de langue française. Voici le passage incriminé de ce texte d après H G Adler dans son livre «Die Verheimliche Wahrheit»:

«Ich wünsche in nachdrücklichster Form die Erklärung zu bestätigen, dass wir Juden an der Seite Grossbritanniens stehen und für die Demokratie kampfen werden. Aus diesem Grunde stellen wir uns in den kleinsten und grössten Dingen unter die zusammenfassende Presse, keinen Rundfunk und kein deutsches Fernschen, keine Dokumentartllme einzutreten, um alle menschlich-judische Kraft ihre Teknik, ihre Hilfsmittel und alle Fähigkeiten nützlich einzutreten. »

38. Document N.G. 2586 le même auquel appartient le célèbre protocole de Wannsee produit au procès de la Wilhelmstrasse. M. Billig le cite aussi dans le Dossier Eichmann. Et V. Alexandrov romance ces négociations dans le livre qu'il écrivit, lui aussi, sur Eichmann.

39. A Nuremberg, le ministre Lammers, secrétaire de la chancellerie du Reich, confirmant le fait, déclara : « Mon opinion est que ces bruits (qui passèrent souvent pour des ordres) provenaient de l'écoute clandestine des émissions radiophoniques étrangères qui les répandaient et que les gens ne voulaient pas l'avouer. » (T. XI, p.58 )

40. Le dernier convoi semble être arrivé à Auschwitz le 7 juillet 1944 (juifs hongrois). Elle avait donc duré 27 mois. La déportation massive des non-raciaux commencée à la même date, fut approximativement de même durée: de France, le dernier convoi partit le 14 août 1944. On remarquera le synchronisme, et en particulier la date de départ qui coïncide avec l'arrivée de Speer au ministère des Armements (février 1942) et dont les déportations massives pour pallier la crise de main-d'oeuvre avec laquelle l'Allemagne se trouva aux prises dès la seconde moitié de 1941, furent la conséquence. Dans l'esprit de Speer, il n'y avait pas de raison que les juifs ne fussent pas mis au travail comme les autres, de nombreux textes signés de son nom le prouvent. Autre coïncidence: nous possédons une lettre de Himmler qui porte la date du 5 décembre 1941, qui est adressée à Heydrich (chef du R.S.H.A.) à Pohl (chef de l'office économique des K.Z.) et à Glucks (inspecteur général des K.Z.), qui fait état du caractère meurtrier qu'il vient de découvrir à tous les K.Z., qui demande aux intéressés d'y mettre un terme sans mentionner aucune exception pour les juifs et qui contient cette phrase: «...en opposition avec certains spécialistes de la S.S., j'arriverai à améliorer le régime des K.Z. et à en transformer tous les intéressés en bons ouvriers spécialisés.» (citée par Billig - Dossier Eichmann, p. 60). L'année 1942 a été jalonnée d'une quantité de lettres émanant des services centraux du R.S.H.A. et tendant à l'amélioration du régime de tous les camps. Dans Der Lagerkommandant von Auschwitz spricht, Höss en cite d'Himmler lui-même qui «voulait toujours plus de détenus spéciaux pour l'industrie des armements» (op. cit. p. 225) et donc que ces détenus spéciaux (juifs) fussent traités en conséquence.

41. En passant, je dois dire que j'ai l'impression d'avoir été conduit au camp de Buchenwald (4 jours de voyage sans eau et sans autre nourriture qu'un repas à Trèves à 100 par wagon) et d'y être arrivé (livré aux matraques des kapos et aux morsures des chiens, à la descente du wagon) dans des conditions aussi meurtrières que les juifs ont été conduits et sont arrivés à Auschwitz. C'est au moins ce qui ressort de mes lectures.

42. A Dora, j'ai connu des détenus qui croyaient dur comme fer que les douches hebdomadaires n'étaient qu'un trompe-l'oeil, qu'un jour nous y recevrions du gaz au lieu de l'eau et qui n'y allaient jamais. Ceux d'entre eux qui étaient pris en flagrant délit étaient roués de coups par les kapos.

43. Le 12 avril 1944, le colonel Amen, procureur-adjoint américain ayant reproché à Kaltenbrunner d'avoir demandé le traitement spécial au Walseltraum dans le Walsertal et à la Winzerstube à Godesberg, s'attira la réponse suivante: «Savez-vous ce que sont Walsertraum dans le Walsertal ou Winzerstube à Godesberg et leur rapport avec ce que vous appelez la Sonderbehandlung ? Walsertraum est l'hôtel de montagne le plus élégant et le plus mondain de toute l'Allemagne et le Winzerstube à Godesberg est l'hôtel bien connu où furent tenues de nombreuses conférences internationales. Dans ces deux hôtels furent logées des personnes de marque telles que M. Poncet et M. Herriot, etc. Ils recevaient des rations triples de la ration normale d'un diplomate, c'est-à-dire neuf fois la ration d'un Allemand en temps de guerre. Ils recevaient tous les jours une bouteille de Champagne, correspondaient librement avec leur famille ou pouvaient recevoir d'elle des colis. Ces internés recevaient de fréquentes visites et l'on s'enquérait de leurs désirs. Voilà ce que nous appelions Sonderbehandlung (T. XI, p. 248). En vertu de quoi le Sonderbehandlung qui signifiait que les détenus raciaux étaient envoyés dans des Sonderlager et les distinguait du commun, signifiait aussi que les détenus de marque étaient distingués de ceux du commun en ce qu'ils étaient, eux, envoyés non pas dans des camps de concentration mais dans des hôtels, Et c'est assez loin de l'interprétation qui en a été donnée et continue de l'être! par les «historiens» du centre de documentation juive contemporaine.

44. Souligné par moi - P.R.

45. Qui couvrirent même d'honneurs certains d'entre eux dont la participation sur ordre à des crimes reconnus évidents par le Tribunal n'était pas discutable. Exemple: le professeur Balachowski, sujet russe naturalisé français en 1932 chef de laboratoire à l'Institut Pasteur de Paris, déporté à Buchenwald le 18 janvier 1944 et affecté au bloc 50, dit des expériences criminelles. Interrogé à Nuremberg comme témoin, le 29 janvier 194d, après avoir convenu que « chacune de ces expériences équivalait à un assassinat » (T. VI, p. 322) ce Balachowski se justifie en disant « qu'il fallait exécuter à la lettre les ordres qui étaient donnés ou bien disparaître » (op. cit. p 328) Non seulement le Tribunal ne lui appliqua pas l'article 8 du Statut pour avoir « obéi à des ordres criminels » mais, comme il est dit plus haut il vit à Paris, couvert d'honneurs et très confortablement, n'en vitupérant que de plus belle les criminels auxquels il fait aux Allemands un crime de ne pas avoir désobéi. « Selon que vous serez... » En cela le jugement de Nuremberg ne se distingua pas des jugements de cour du fabuliste et Balachowski n'est pas seul dans son cas !


46. A ce procès du Struthof, le capitaine Henriet, commissaire du gouvernement reconnut publiquement qu'il ne pouvait pas apporter la preuve que les expériences du Dr Haagen sur le typhus avaient provoqué des décès. Mais il ajouta que le Tribunal pouvait fonder sa conviction sur des présomptions de culpabilité et ces présomptions de culpabilité il dit les trouver suffisantes dans les attendus du Procès de Nuremberg. A l'époque (1954) je notai (Introduction à la 2e édition du Mensonge d'Ulysse) : « Ceci ne peut manquer de frapper le lecteur s'il sait que le Tribunal de Nuremberg n'avait, lui non plus, fondé sa conviction que sur des témoignages dont on sait aujourd'hui ce qu'ils valent ! et sur ce qu'il appelait les mensonges de Haagen donc sur d'autres présomptions et par conséquent, fait le même raisonnement. Ainsi le Procès de Nuremberg inaugura-t-il l'ère des condamnations, non plus sur des faits juridiquement établis mais sur de simples présomptions déduites de vagues racontars. »


47. Pendant plusieurs années après la guerre, nous dit William L. Shirer, «ces masses de papier provenant de l'époque nazie restèrent en Amérique, sous scellés, dans un vaste magasin militaire d'Alexandria (Virginie); le gouvernement américain ne montrait nul souci d'ouvrir les caisses, ne fût-ce que pour constater l'intérêt historique de leur contenu. Finalement, en 1955, dix ans après leur saisie, grâce à l'initiative de l'American Historical Association et à la générosité de deux fondations privées, ces caisses furent ouvertes et un tout petit groupe de savants et de chercheurs, peu secondés, insuffisamment outillés, procéda au choix des pièces à relever et à photographier avant que le gouvernement singulièrement pressé en la circonstance, ne renvoyât l'ensemble en Allemagne.» (Op. cit. p. 10). Ces masses de papier sont donc maintenant en Allemagne et il ne dépend plus que du gouvernement allemand qu'y aient accès non plus seulement un petit groupe d'historiens privilégiés parce qu'ils soutiennent les thèses officielles, mais tous les historiens dignes de la qualification. En 1960, au cours d'une tournée de conférences en Allemagne et en Autriche, j'avais demandé aux historiens allemands de se constituer en comité indépendant pour cette étude, on me permettra de le rappeler .