AAARGH

2 août1997

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Le Massacre d'Oradour. Un demi-siècle de mise en scène.

Réfexions collectives à propos de la "note de lecture"

de M. le Chargé de mission, Responsable du Projet du

"Centre de la Mémoire d'Oradour"

 

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M.Jean-Jacques Fouché est "Chargé de mission. Responsable du Projet du Centre de la Mémoire d'Oradour" . A ce titre il a été chargé de riposter à la publication de notre ouvrage: Le Massacre d'Oradour. Un demi-siècle de mise en scène. Il a donc rédigé une "note de lecture" de six pages à l'intention notamment du président du Conseil Général de la Haute-Vienne, organisme qui finance le Centre de la Mémoire d'Oradour, et de diverses personnalités préfectorales et ministérielles, à l'appui d'interventions pressantes, dont la presse régionale s'est fait l'écho, en vue de provoquer l'interdiction de la diffusion de notre livre.

Conformément à la déclaration de V. Reynouard, dans l'avertissement en tête du livre (p. 20), nous ne répondrons pas aux invectives concernant nos prétendues motivations ou appartenances politiques, car " es polémiques ad hominem n'ont qu'un seul objectif: détourner l'attention du public et l'empêcher de se concentrer sur le travail en lui-même " .

Fidèles à cette ligne de conduite, nous répondrons uniquement lorsque les critiques porteront sur notre travail lui-même.

Remarque préalable

Dans cette "note de lecture" le terme "négationniste" (ou ses dérivés) apparaît vingt-deux fois, soit plus de trois fois par page. Cette utilisation maniaque d'un mot qui n'existe dans aucun dictionnaire dénote une volonté de reconduire à l'égard de notre travail sur Oradour un anathème majeur et général lancé contre les auteurs qui révisent l'histoire de la deuxième guerre mondiale1.

Ce mot nouveau a été inventé par les défenseurs de l'histoire officielle pour stigmatiser les auteurs révisionnistes, lorsqu'il fallut bien admettre que l'histoire, et le travail de l'historien, étaient par essence "révisionnistes" . Mais ils n'ont pas osé utiliser le terme "négateur" , qui appelle son complément d'objet avec une insistance impudique, et qui risquait donc de porter le débat sur les preuves de l'existence de la chose niée, dans le cas où elle serait nommée.

Les "négationnistes" seraient donc des gens qui nient, par principes, on ne sait pas quoi !

Inventer des mots nouveaux serait, selon Madame de Stael, le "symptôme le plus sûr de la stérilité des idées" , mais l'utilisation qui est faite ici de ce mot est en tout cas symptomatique d'une soumission totale au conformisme idéologique officiel.

Dans cette rhétorique, le "révisionniste" est celui qui opère des révisions "autorisées" . C'est, par exemple, Serge Klarsfeld, lorsqu'il annonce qu'au Mont-Valérien les Allemands n'ont pas fusillé 4.500 personnes comme l'affichait une plaque commémorative, mais 1.007. Dans un élan unanime la presse applaudit (voy. Journal du Dimanche, 2 avril 1995). Ou lorsqu'il admet, des années après que des révisionnistes en ont fait la remarque, et sans citer la source de son information, que la photo présentée dans son Mémorial comme étant celle de la rafle du Vel d'Hiv. le 16 et 17 juillet 1942, est en fait une photo de la rafle et de la concentration au Vel d'Hiv. des "collaborateurs" , en 1944. C'est aussi Jean-Claude Pressac, lorsqu'il affirme, après avoir étudié les archives du camp qu'à Auschwitz: a) la "machinerie du meurtre de masse" n'a pas été prévue, conçue, et élaborée, mais qu'elle est née d'une suite de bricolages et d'improvisations plus ou moins réussies, b) le nombre de juifs gazés dans ce camp ne s'élève ni à 4 millions (chiffre officiel figurant sur le monument commémoratif jusqu'en 1990), ni à 1 million (chiffre quasi-officiel depuis 1990) mais à 600 .0 00 environ (chiffre provisoirement définitif indiqué dans l'édition allemande de son livre).

Avec une touchante unanimité les journalistes applaudissent, parce que Pressac accompagne ces "révisions" d'attaques et d'anathèmes à l'encontre des auteurs révisionnistes et affecte de conserver les croyances essentielles du dogme holocaustique, même quand il présente des documents qui les anéantissent!

Le "négationniste" en revanche, est celui qui opère des "révisions" interdites par les autorités. Cette fois-ci les journalistes jettent l'anathème. Des poursuites judiciaires sont engagées, qui débouchent sur des procès où les "négationnistes" sont condamnés à de lourdes amendes et à la prison (avec sursis en général -- jusqu'ici seul Alain Guionnet a effectué plusieurs mois de prison pour diffusion d'écrits révisionnistes), ce qui aboutit pour les fonctionnaires, depuis la récente décision de révocation à l'encontre de Vincent Reynouard prise par François Bayrou, à la perte de leur emploi!

L'étude, même sommaire , de l'affaire Faurisson (en France) démontre que, dans l'immense majorité des cas, les révisions "autorisées" ne sont que des révisions naguère interdites, reprises et avalisées quelques années plus tard par des historiens officiels.

Un "négationniste" n'est en somme qu'un "révisionniste" en avance sur les conformismes de son temps. C'est celui dont les trouvailles sont inopportunes pour les puissants du moment, qui, dans un premier temps, chercheront à interdire la diffusion des travaux qui les dérangent. Mais ne craindront pas, plus tard ... , de les exposer eux-mêmes au public et de s'en attribuer la paternité.

Le recours incessant au terme "négationniste" (ou à ses dérivés) dans cette note de lecture sur un livre consacré à l'étude du massacre d'Oradour, où il n'est question ni du "génocide des Juifs" ni des "chambres à gaz" ne plaide pas en faveur de l'indépendance d'esprit et de l'objectivité de l'auteur de la note. Il signale plutôt une personnalité soumise aux puissants et aux modes du moment, dont la prise de position s'intègre à un plan de carrière conditionnée par la souplesse de son échine. On le vérifiera d'ailleurs plus loin, lorsque l'auteur de la note aura l'impudence d'appeler à la répression en nous accusant d'avoir cité dans notre livre, et référencé dans notre bibliographie, des "publications interdites à la diffusion en France pour apologie de crimes" sans protester jamais contre l'interdiction administrative d'écrits, au seul prétexte qu'ils sont d'origine étrangère -- article 14 de la loi du 29 juillet 1881 modifiée, sur la liberté(sic) de la presse -- alors que les principaux concernés par l'accusation de crime et de barbarie lancée contre eux, sont des étrangers!

Remarque générale

Tout au long de la " note de lecture " sont portés des jugements critiques sur le livre sans qu'aucun exemple ne soit donné qui viendrait appuyer ces lourdes affirmations qui sont autant d'accusations.

Par exemple, il est affirmé que la bibliographie du livre "recycle[rait] des publications interdites à la diffusion en France" . Mais aucune publication n'est citée?! ... Le procédé est malhonnête, car le lecteur ignorera si, sur les 135 sources éditées citées, le nombre des textes interdits avoisine les quelques unités, ou les quelques dizaines. Or, sauf erreur de notre part, un seul texte dans notre bibliographie est interdit en France : il s'agit de la brochure d'Otto Wiedinger, Tulle et Oradour ... Car (mais l'auteur de la note a pu être induit en erreur par la désinformation médiatique) Les Annales d'Histoire Révisionnistes qui ont été interdites à la vente aux mineurs et à la publicité par un amendement scélérat à la loi sur la toxicomanie (!) ne sont nullement interdites en France.

Plus loin, il est prétendu que "des auteurs mentionnés comme importants dans le texte n'apparaissent pas dans la bibliographie" . On attend en vain ne serait-ce qu'un nom ...

Puis nous sommes accusés "d'extraire[du témoignage de Mme Rouffanche] des fragments qui vont nourrir [notre] thèse" mais sans citer un seul de ces " fragments " .

Ailleurs la note dénonce une prétendue " désinvolture dans l'utilisation des citations" mais sans fournir aucun exemple.

Une "note de lecture" qui débute par une interprétation tendancieuse ...


... et une falsification qui dénote plus que de la "désinvolture dans l'utilisation des citations".


L'analyse de notre livre s'ouvre sur la prétendue constatation qu'il serait dédié "aux vaincus ... calomniés sans leur donner le droit de répondre" . Cette première affirmation laisse accroire que notre ouvrage s'afficherait comme une tentative de réhabilitation de ces vaincus. Cette accusation est d'ailleurs clairement lancée dans le paragraphe de la "note" intitulé: "Quel peut-être l'objectif de cette publication? Question rhétorique à laquelle il est répondu en affirmant que notre travail est "une entreprise de réhabilitation globale du discours nazi et de l'idéologie de la collaboration".

Or il suffit d'ouvrir le livre pour lire sur une pleine page la dédicace suivante que nous citons in extenso :

Nous dédions ce livre à toutes les victimes civiles

de la seconde guerre mondiale.

En particulier aux femmes et aux enfants d'Oradour-sur-Glane.

de Dresde et d'Hiroshima.

Nous dédions également ce livre aux vaincus

que l'on a calomniés

sans leur donner le droit de répondre.



En vérité, notre travail est avant tout un plaidoyer pour la paix, une paix qui selon nous a besoin de la vérité pour régner durablement. Nous avions écrit en conclusion de notre livre :

[...]notre objectif n'est pas la dévalorisation du site d'Oradour, la fermeture du musée souterrain et l'annulation du projet de construction d'un mémorial. La tragédie survenue dans ce bourg appartient à l'Histoire de France, et à celle de l'Europe. Il ne saurait être question de l'effacer. Toutefois nous pensons que la vérité historique donnerait à Oradour un second souffle comme temple de la réconciliation entre les vaincus et les vainqueurs d'hier, dans l'Europe d'aujourd'hui [...]. Pour la première fois, en effet, il serait admis que [...] de leur coté, les Alliés ont aussi commis des crimes [...].

Débarrassée de son aspect blessant et déstabilisateur, la vérité historique deviendrait alors l'occasion de réflexion positive. [...] personne [aucun camp] ne pouvant prétendre à l'innocence, le pardon et la compréhension mutuels deviendraient réalité [p.333].

Notre livre est également un plaidoyer (dont nous ne méconnaissons pas les insuffisances parce que c'est un problème qui nous dépasse largement) en faveur du respect des civils lorsque, par malheur, la guerre vient à éclater.

Dresde et Hiroshima devraient symboliser les horreurs engendrées par la guerre moderne, Auschwitz et le Goulag les monstrueuses conséquences de la nécessité pour l' E tat totalitaire de contrôler et de terroriser les populations. Oradour pourrait rappeler les effroyables enchaînements auxquels peut conduire la guerre des partisans, c'est-à-dire une guerre où des combattants clandestins utilisent l'arme du terrorisme et se fondent ensuite dans la population civile sans s'inquiéter de son avis.

Nous écrivions dans notre livre (p. 331):

Dès l'instant où, sur le sol national, des maquisards armés débutèrent une guérilla, les lois de la guerre [et la protection toute relative mais effective qu'elles apportaient] cessèrent d'exister tant pour les résistants que pour les civils. En effet, il faut se rappeler que les maquisards, une fois leurs actions exécutées, disparaissaient le plus souvent dans les bois ou dans les montagnes, hors de portée de l'occupant qui, dès lors, était en droit, d'après les termes mêmes des traités internationaux, d'exercer des représailles sur les civils innocents.

 

Nous reconnaissons volontiers que notre formulation laissait à désirer. Nous considérons bien évidemment les représailles contre des innocents comme toujours intolérables et les représailles contre les populations civiles comme inacceptables. Les représailles prévues d'après les termes mêmes des traités internationaux étaient censées s'exercer sur des populations civiles, quand les circonstances permettaient de les présumer coupables de complicité, au moins tacite et passive, avec "les terroristes" . Il ne nous appartient pas de juger du bien fondé des principes sur lesquels reposaient ces conventions. Les E tats, sous l'influence des doctrines militaires de l'époque, voulaient à tout prix empêcher par des mesures draconiennes, l'intervention de civils clandestins dans la guerre, et donc inciter les populations civiles à dénoncer les clandestins, ou à en subir les conséquences.

Cette référence à des "traités internationaux" est capitale. Elle nous permet de relever une nouvelle falsification et dénaturation commise dans la note de M.Fouché, et de fournir un nouvel exemple de " désinvolture dans l'utilisation des citations " . Il est en effet prétendu: " Pour l'auteur négationniste [?!], des Waffen SS auraient été agressés par des résistants qui, il l'affirme[?], étaient des criminels sanguinaires, des hors la loi ne respectant pas les lois françaises du gouvernement de Vichy ! Ce serait la résistance qui devrait porter la responsabilité du massacre, comme le proclamait la propagande milicienne ..." . Notre ouvrage ne contient bien évidemment aucune affirmation de ce genre. Selon nous, les résistants étaient hors-la-loi au regard de conventions internationales, et notamment de la convention de La Haye, signée en 1907. Les principaux articles de cette convention sont d'ailleurs rappelés à la page 425 de notre livre.

On peut parfaitement rejeter les principes sur lesquels repose cette convention et cette tentative "d'humaniser" la guerre. On peut leur préférer la guerre totale et l'implication de toute la population dans la mystique belliciste, ce qui semble être devenu la doctrine officielle de tous les "résistants" d'après 1945, mais on ne peut pas nier que cette convention existait, qu'elle constituait le cadre juridique des accords d'armistice, qu'elle s'imposait aux belligérants, et qu'elle était dans l'ensemble appliquée par les autorités militaires allemandes, sous réserve de réciprocité. Il est malhonnête de nous attribuer un engagement idéologique là où nous nous bornons à évoquer un fait.


Une attaque en règle de la documentation utilisée


Nous avions écrit dans notre avertissement que pour juger la valeur d'un travail historique, il fallait poser six questions, parmi lesquelles celle-ci : "L'auteur a-t-il utilisé toutes les sources à sa disposition "

Toute une partie de la "note de lecture" est consacrée à la critique de notre documentation: "La bibliographie est lacunaire et orientée. Elle privilégie les publications négationnistes " . Une fois encore, l'utilisation dans le contexte du Massacre d'Oradour, dont personne ne peut nier la réalité, du terme "négationniste" est dénué de sens sinon d'intentions, mais au surplus cette allégation est mensongère.

Si l'on excepte les sténotypies des procès, notre bibliographie se compose de trois parties: 1 . ) Les "ouvrages traitant du drame d'Oradour" ; 2 . ) Les "ouvrages divers" ; 3 . ) "les journaux et périodiques divers"

E tudions chacune de ces trois catégories de documents référencés:


Nombre total de documents cités Documents "révisionnistes" %
Ouvrages traitant du drame d'Oradour:


25


7


28
Ouvrages divers:

55

7

13
Journaux et périodiques divers:

33

8

24
Total

113

22

19

 

Ainsi, seuls 19 % des documents référencés peuvent être qualifiés de révisionnistes. Par conséquent le prétendu privilège accordé à des "publications négationnistes" n'existe que dans la tête du rédacteur de la note et Responsable du Projet du Centre de la Mémoire d'Oradour.

Plus loin, le même "historien" ose écrire: " La bibliographie recycle des publications interdites à la diffusion en France pour apologie de crimes sans mentionner cette interdiction, c'est par supercherie que des publications négationnistes [encore ... ] redeviennent des bases documentaires " . Cette phrase constitue une infamie et contient un aveu.

Pour un esprit libre, la valeur d'un travail est intrinsèque, elle ne dépend que du contenu de ce travail et ne saurait dépendre d'éventuelles décisions de justice, et de censure, tant il est vrai que la censure, outil entre les mains des puissants du moment, ne se préoccupe pas de la vérité mais uniquement de "l'ordre public" . A plus forte raison dans le cas qui nous intéresse, où la décision d'interdiction ne relève pas des tribunaux, et d'un débat contradictoire, mais du ministre de l'Intérieur, au motif qu'il s'agit d'une publication "d'origine étrangère" , et que l'accusation polémique d'apologie de crime à l'encontre d'auteurs qui se bornent à mettre en question la version officielle du déroulement des événements relève d'une sophistique perverse.

Mais cette phrase est un aveu puisqu'en s'insurgeant contre le fait que des "publications négationnistes redeviennent des bases documentaires" l'auteur de cette phrase admet donc que ces publications avaient été abusivement retirées du débat comme bases documentaires, non pas au terme d'une activité critique, appuyée sur une argumentation susceptible d'être vérifiée et discutée, mais au terme d'une censure pure et simple fondée sur un anathème.

Or cette base documentaire censurée a priori, c'est très précisément le point de vue des accusés, le point de vue de la défense. Et cette phrase de M . Fouché, montre que le point de vue des accusés, le point de vue de la défense, n'a pas été réfuté, n'a pas été déconstruit, il a été censuré.

Purement et simplement censuré. Parce que impensable !

Cette phrase achève de disqualifier l'auteur de la "note de lecture" en tant qu'historien, et en tant que "Responsable du Projet du Centre de la Mémoire d'Oradour" .

Elle démontre que le travail spécifique de l'histoire ne fait que commencer, car l' "historien" qui écarte des travaux au motif qu'ils ont été interdits par la censure, c'est à dire par les puissants du moment, n'est pas crédible en tant qu'historien. De même d'ailleurs que le reproche qui nous est fait de nous référer à "des textes non édités, par exemple des brochures non publiées " est parfaitement incongru mais signale une complaisance suspecte envers l'officialité. (Il s'agit de deux brochures, dont celle, très intéressante, de Jean-Roger Naux, Au Clocher de leur coeur, sur un ensemble de 133 documents référencés).

Au sujet des archives utilisées, M . J.-J. Fouché dénonce: "Une documentation primaire d'archives restreinte et très lacunaire, avec des indications de sources ne permettant pas de retrouver les documents" . Nous renvoyons le lecteur à la page 337 de notre livre. Pour chaque document d'archives est indiqué: a) les archives d'où il provient, b) le titre du document -- lorsqu'il y en avait un -- et c) la cote complète du document! Celle qui précisément à permis à l'employé de l'organisme détenteur du document, de le trouver dans les rayons de ses réserves et de l'apporter pour consultation!

Cette accusation inexacte ne visait donc qu'à disqualifier notre travail par un argument mensonger, donc à tromper les destinataires de la note.

Plus loin M. Fouché nous reproche: "De la même façon sont ignorées dans les sources primaires les archives disponibles, en accès libre au Service historique de l'Armée de terre à Vincennes, des " unités allemandes ayant opéré en France de 1940 à 1944 dont la deuxième division de la Waffen-SS Das Reich."

Bien que Vincent Reynouard se soit rendu au SHAT à Vincennes pour consulter des documents relatifs aux armements et aux crimes de guerre des alliés, il confesse volontiers ne pas avoir consulté ces archives là. Cette fois M. Fouché fait preuve de beaucoup de sollicitude, mais les libres chercheurs révisionnistes entendent continuer à organiser leurs recherches comme bon leur semble. M. Fouché est Responsable du Projet du Centre de la Mémoire d'Oradour. Il est payé pour cela. Il n'a certainement pas la moindre idée des difficultés de toutes sortes que doit surmonter un chercheur révisionniste. N'étant mandaté par personne, certaines archives nous so nt fermées. (Nous savons par M. Lamaud que l'architecte du Mémorial d'Oradour a pu consulter tout ou partie des archives déposées à Le Blanc. Quant à nous, l'accès nous en a été par deux fois refusé). Quand elles sont théoriquement accessibles au public, il faut parfois faire une demande écrite motivée pour consulter tel document. Et la réponse met parfois si longtemps à venir que le chercheur non recommandé doit parfois renoncer (exemple : aux archives départementales de Haute-Vienne, nous avons justement voulu consulter les interrogatoires des Waffen-SS présents à Oradour le 10 juin 1944. On nous a répondu que l'accès en était réservé, qu'il fallait faire une demande motivée, et que la réponse viendrait...).

 

Et pourtant les révisionnistes progressent ...

Et les historiens conformistes et officiels, en dépit de tous les avantages considérables dont ils disposent pour accéder aux sources documentaires, pour publier, pour diffuser et pour médiatiser, ne parviennent pas à leur répondre ! Au point que leur seul recours semble bien être de faire interdire et censurer!

Au sujet du chapitre: "Les causes d'Oradour selon les sources allemandes" Monsieur Fouché écrit que ce chapitre " n'est pas construit à partir de documents primaires d'archives mais sur la base de publications négationnistes [encore ... ] considérée comme une documentation primaire."

Sur ce point précis nous donnons raison sans hésitation à Monsieur Fouché, à ceci près que nous n'avons pas considéré ces textes "comme une documentation primaire" selon la terminologie fouchéenne, mais que nous avons considéré ces textes, et nous les avons présentés, pour ce qu'ils étaient.

Mais la seule question qui se pose pour juger le fond de notre livre, la seule question qui importe pour apprécier la valeur de la thèse révisionniste est celle-ci : Dans les archives que M. Fouché se vante d'avoir pu consulter et que nous n'avons pas pu consulter, M. Fouché, Responsable ... a-t-il découvert des documents qui lui permettraient d'infirmer nos thèses, ou celles véhiculées par les "publications négationnistes" ?

Nous pensions trouver la réponse à cette question-là dans la "note de lecture" de M. le Responsable du Centre de la Mémoire. Et c'est la réponse à cette question-là qu'attendaient vraisemblablement les autorités politiques et administratives pour savoir quelle attitude adopter. Mais en réponse à cette question-là nous ne trouvons qu'un silence embarrassé ... et ... éloquent !

En l'absence de documents et d'arguments qui viendraient concrètement infirmer la thèse que nous soutenons (et la "note de lecture" n'en contient aucun, nous le verrons) les rodomontades de M. Fouché, ses leçons de déontologie et de méthodologie, ne sont que tartarinades de cuistre.

 

Monsieur le Responsable du Projet du Centre de la Mémoire est impuissant ...

... à détruire l'essentiel de la thèse révisionniste soutenue dans notre livre Le Massacre d'Oradour. Un demi-siècle de mise en scène. Il en est donc réduit à se démener pour obtenir des autorités qu'elles interdisent la diffusion de ce livre! Et il en est réduit à désinformer ces autorités pour emporter une décision de censure.

Car la "note de lecture" de M. le Chargé de mission n'est pas destinée au public. Il souhaite explicitement que le public n'entende jamais parler de tous ces embarras. Cette note était destinée aux autorités, pour les persuader qu'outre le fait que nous étions très méchants, la thèse que nous soutenions ne tenait pas debout et que notre livre ne valait rien!

Effectivement, par lettre du 23 juillet 1997, émanant de la "sous direction des libertés publiques et de la police administrative" , l'éditeur était informé de l'ouverture d'une procédure en vue d'"une mesure d'interdiction à l'encontre de l'ouvrage intitulé: Le Massacre d'Oradour. Un demi-siècle de Mise en scène, élaboré par un collectif de libres chercheurs, animé par Vincent Reynouard, pour le motif suivant : La publication intitulée Le Massacre d'Oradour, Un demi-siècle de mise en scène, de par son contenu qui contribue à la propagation de la thèse négationniste de l'existence de crime contre l'humanité, fait courir un risque de trouble à l'ordre public."

Ce motif surréaliste est purement rhétorique. Cette procédure administrative sur le fondement de l'article 14 de la loi sur la presse permet au ministre de l'Intérieur d'interdire la diffusion en France d'un livre, au seul prétexte qu'il est "d'origine étrangère".

En la circonstance, l'auteur est français, mais l'éditeur est b elge!

On peut se poser la question de la compatibilité de cet article avec les accords d'Helsinki, d'une part, avec les Conventions de la Communauté Européenne d'autre part. Mais peu importe, les voies de recours administratives sont longues et les frais annexes importants. La décision qui doit être prise est à l'évidence une décision politique. Le ministre de l'Intérieur sait pertinemment que toutes les mesures d'interdictions prises sur le fondement de cet article 14 sont juridiquement douteuses et intellectuellement insoutenables. En la circonstance c'est clairement une tentative de tourner les règles générales de la loi sur la presse, qui ne permettent pas l'interdiction d'un livre sans une décision judiciaire, après un débat contradictoire devant un tribunal.

M. le ministre est donc soumis à de très fortes sollicitations pour commettre cette entorse aux grands principes.

Il ne serait pas ministre de l'Intérieur s'il ne savait pas s'asseoir sur les grands principes quand il le faut. La seule question qu'il peut être amené à se poser sera donc politique: Cette censure sournoise ne risque-t-elle pas de déclencher plus de vagues que le livre lui-même?

Le ministre sait certainement à quoi s'en tenir au sujet de défenseurs patentés des droits de l'homme et de la liberté d'expression. Il sont prêt à fermer les yeux et à prêter main-forte à la censure dès lors qu'elle s'applique à un travail qui leur déplaît.

Mais si les questions que soulève notre livre sont réelles et ne peuvent être étouffées! Alors le ministre qui aura signé le décret scélérat risque bien d'en supporter durablement l'opprobre, et ceux qui l'auront mal conseillé d'en supporter les conséquences.

Une mesure d'interdiction qui surviendrait après que la totalité du premier tirage (2000) soit épuisée, (ce qui dans un délai aussi bref, témoigne d'un intérêt du public très supérieur à ce que nous imaginions nous-mêmes) risque fort de ne contribuer qu'à la publicité du deuxième tirage, et des futures éditions du livre que le Pouvoir interdit faute de pouvoir y répondre.

Déjà les époux Aubrac et leurs amis avaient tenté d'éviter des questions embarrassantes et d'empêcher tout débat en essayant d'entraver la diffusion d'un livre qui posait certaines de ces questions embarrassantes. Puis dans un ensemble touchant, les époux Aubrac et leurs amis ont proclamé : "Ce sont les "révisionnistes" et les "négationnistes" qui posent ces questions!", exactement comme le fait M.Fouché dans sa "note de lecture".


Précisément! sera amené à s'interroger le public: "Ne seraient-ce pas les "révisionnistes" qui posent les bonnes questions?"

En induisant en erreur les autorités politiques et préfectorales, et les collaborateurs du ministre chargés de préparer sa décision, sur le contenu substantiel de notre livre, la "note de lecture" de M. Jean-Jacques Fouché est une mauvaise action qui risque fort de rester durablement au centre de la mémoire de M. Fouché lui-même.

(A suivre).


Le texte de la note de M. Fouché peut être demandé au Projet de Centre de la Mémoire d'Oradour,


Conseil Général de la Haute-Vienne, 43, avenue de la Libération. 87000 - LIMOGES


Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <[email protected]>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.

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