AAARGH
[5]
AVANT-PROPOS
Nous avons vu dans le premier tome, intitulé "L'examen des preuves", que la thèse selon laquelle les Allemands auraient construit et utilisé des chambres à gaz (notamment à Auschwitz) pour y exterminer en masse une partie des Juifs qu'ils avaient déportés, ne résiste pas à la critique.
Toutefois, ceci ne signifie pas que les Allemands n'aient pas eu l'intention d'exterminer les Juifs et qu'ils n'en aient pas effectivement exterminé 5 millions ailleurs qu'à Auschwitz et par d'autres moyens (le chiffre de 6 millions est devenu un chiffre symbolique abandonné par les historiens). Nous allons, dans ce tome 2, examiner ces deux points.
Auparavant, je voudrais rappeler que:
-- je ne suis pas historien de formation ou de profession, mais
un simple particulier;
-- ce travail est -- pour l'essentiel -- un travail de compilation critique, d'une part, des ouvrages publiés par les historiens et les chercheurs de tous bords et, d'autre part, de la législation, puisque, depuis peu, l'histoire est à nouveau écrite par l'Etat.
Jean-Marie Boisdefeu, mars 1996
I. HITLER: SON PORTRAIT, SES IDEES,
SON ANTISEMITISME 9
II. LA POLITIQUE ANTISEMITE ALLEMANDE AVANT 1939 20
III. LA DECLARATION DE GUERRE DE 1939 ET SES CONSEQUENCES 34
IV. LA POLITIQUE ANTISEMITE ALLEMANDE APRES 1939 43
V. LES GRANDES DEPORTATIONS DE 1942 54
A. LE RAPPORT KORHERR 55
B. AUSCHWITZ, TERME DU VOYAGE? 65
C. PREUVES DE LA REIMPLANTATION A L'EST 71
VI. LA DESTRUCTION DES COMMUNAUTES JUIVES D'EUROPE99
(Pologne notamment)
VII. AUSCHWITZ: HAUT-LIEU DE L'EXTERMINATION? 120
VIII. ESTIMATION DES PERTES JUIVES 127
ANNEXES
1. Les mythes du Peuple Elu et de sa dispersion 142
2. Récupération de l'histoire de la persécution
des Juifs 159
(dans sa réalité et ses mythes) par Israël
3. Sort immédiat des Juifs réimplantés à
l'Est 169
4. Les Einsatzgruppen 173
5. Treblinka 177
6. Le garçon du Ghetto de Varsovie, syrnbole de l'Holocauste
184
7. Les détenus d'Auschwitz étaient-ils brutalisés
? 187
8. Estimation du nombre de morts à Auschwitz 193
9. Notes sur la déportation des Juifs de Belgique 207
10. Le sort des notables juifs sous la domination allemande 232
11. Le principe du libre examen 235
Principaux ouvrages consultés 238
Index 245
Ainsi que nous l'avons vu dans le tome 1, croire que les Allemands ont exterminé les Juifs dans des chambres à gaz ne peut être que le fait soit d'un esprit religieux, c'est-à-dire d'une personne affirmant sa conviction par la négation des lois de la physique et de la chimie, soit d'une personne mal informée, n'ayant jamais eu l'envie ou l'occasion de se documenter sérieusement sur la question et faisant aveuglément confiance aux historiens. Et comme ces derniers n'ont pas la possibilité d'exposer une autre thèse que la thèse sioniste sous peine de perdre leur gagne-pain voire même, depuis peu, de connaître la prison, il apparaîtra à tous que cette confiance est mal placée.(') Toutefois, comme l'a démontré le génocide rwandais (plus de 500.000 morts en quelques semaines, dit-on), les Allemands auraient pu exterminer trois ou quatre fois plus de Juifs sur la durée de la guerre et cela, sans chambres à gaz. Le génocide des Arméniens de 1915 nous avait déjà appris tout cela. C'est donc une erreur d'associer les concepts de chambres à gaz et de [10] génocide des Juifs. On peut affirmer, sans tomber sous le coup de la loi antirévisionniste belge (qui n'impose que la croyance au génocide des Juifs et pas la croyance aux chambres à gaz) et sans se ridiculiser davantage que les chambres à gaz d'Auschwitz et d'ailleurs sont un mythe.
Nous allons dans ce deuxième tome nous interroger non pas sur la vraisemblance de la thèse du génocide par un autre moyen que l'emploi de chambres à gaz (puisque la loi nous interdit de douter du génocide) mais sur les différentes façons dont ce génocide aurait pu se perpétrer (dans sa bonté et dans un reste de sagesse, le législateur n'a pas voulu imposer telle ou telle version du génocide). Il y a en effet 2 thèses génocidaires en présence:
-- la thèse dite intentionnaliste: c'est Hitler qui aurait pris lui-même, au moment favorable, la décision de l'extemination des Juifs, extermination depuis longtemps préméditée. Certes, plus aucun historien ne croit plus aujourd'hui qu'Hitler ait donné un ordre écrit et circonstancié du massacre mais il aurait pour le moins donné son consentement ne fût-ce que "d'un signe de tête", comme le dit Hilberg.
-- la thèse dite fonctionnaliste: le génocide aurait été "l'aboutissement imprévu et improvisé de la radicalisation qui affecta un régime structurellement inmaîtrisable".(2) Plus précisément, "La 'Solution finale' était le résultat d'une suite d'initiatives locales, prises dans le but de résoudre des problèmes ponctuels (la situation chaotique dans les ghettos). Elle ne se développa que graduellement en une vaste action."(3) En d'autres termes, confrontés à des situations incontrôlables d'ordre sécuritaire (lutte contre la guérilla), démographique, alimentaire et sanitaire (typhus), des responsables locaux auraient, à l'insu de Berlin, eu recours à des solutions radicales et barbares; ils auraient, à l'occasion et comme poussés par l'urgence et la nécessité, liquidé des populations entières d'ennemis potentiels ou effectifs, de bouches inutiles et de typhiques agonisants puis ils auraient, peu à peu et toujours de leur propre initiative, recouru systématiquement à ces méthodes qu'on croyait d'un autre âge.
Pour notre part, nous avons trouvé trop d'éléments en défaveur de la thèse intentionnaliste pour l'adopter; nous nous sommes donc ralliés à la thèse fonctionnaliste: il y a d'ailleurs eu dans l'Est européen tellement d'affreux massacres de Juifs qu'elle n'est pas a priori impensable. Toutefois, quelle que soit la thèse qu'on retienne, il reste qu'Hitler y joua un rôle de premier plan: il donna l'ordre du génocide et s'il ne le donna pas et même s'il ignora tout de ce génocide, il fut l'artisan de la persécution et fut (co-) responsable d'une guerre qui allait muter cette persécution en drame affreux. Il est donc indispensable de commencer par dire un mot du personnage.
Hilberg a dit récemment ("Le Soir", 4/3/'94) qu'Hitler était "fils de son temps". Sans doute mais cela reste un peu court. Essayons tout d'abord de savoir qui était l'homme, quelles étaient ses idées ou du moins celles auxquelles il souscrivit et qu'il illustra et enfin, quel était l'état de l'Allemagne avant son arrivée au pouvoir (notamment à la lecture de John Toland, "Hitler", Laffont, 1983).
Nationaliste romantique, chimérique et chauvin, raciste et, qui plus est, exaltant sa prétendue différence jusqu'au délire, Hitler croyait, comme tant d'autres "grands hommes", avoir été investi d'une mission quasi divine(4), celle de relever l'Allemagne, victime d'une crise morale, politique (il y fut pour quelque chose), économique et sociale très grave. Il prétendait en outre lui assurer la préséance en Europe continentale, les "races supérieures" (Aryens et apparentés) dominant les supposées "races inférieures" (surtout Slaves).(5)
Pour mener à bien sa mission, il adopta quelques principes de conduite dont il ne se départit jamais:
Il adopta les idées de Machiavel
et même exalta le recours à la violence; il fut,
en outre, un sournois et même un franc menteur (à
l'entendre, chacune de ses exigences était la dernière).
[12]
Montrant un grand dégoût pour la démocratie,
il adopta le "Führerprinzip", principe qu'il
fit partager par tout un peuple à un degré qui stupéfie
encore aujourd'hui en Occident: ne réussit-il pas à
se faire aduler et même idolâtrer, à se faire
identifier au pays et au peuple même ?
Stratège politique sans vergogne, il soufflait le chaud et le froid et désarçonnait ainsi ses adversaires. Deux des bases de sa stratégie (politique et militaire) étaient le bluff et la surprise: sortant souvent des sentiers battus (peut-être est-ce là tout simplement la marque du "génie" ?), il avait raison des gens rationnels et conventionnels qu'on trouve généralement à la tête des sociétés démocratiques.
Opportuniste et sachant mettre en veilleuse des idées que, la veille encore, il prétendait essentielles: ainsi, son programme antisémite connut-il des hauts et des bas étonnants, qui pouvaient donner à penser qu'il avait considérablement infléchi ses positions (peut-être était-ce vrai, d'ailleurs, et ce seraient des provocations sionistes qui l'auraient entraîné à revenir à son idée première ?).
Enfin, Hitler possédait ou acquit à un degré quasi surhumain (à la lecture de Schopenhauer, peut-être) une volonté farouche, une ténacité inébranlable, une obstination qui, semble-t-il, s'accroissait avec les revers et lui donna un air de forcené.
Il avait, bien entendu, des caractéristiques propres antérieures à la révélation de sa mission :
Il était d'une grande culture; c'était un autodidacte boulimique et touche-à-tout : économie, urbanisme, écologie (il fut un précurseur en matière de lutte contre la pollution industrielle), transport (les autoroutes et la "Coccinelle" VW qu'il esquissa personnellement), etc... Il avait toutefois, comme beaucoup d'autodidactes, des trous énormes et commit des erreurs incroyables, dues aussi, sans doute, à sa prétention de tout savoir et mieux que tout le monde. On ne peut pas non plus nier, quoi qu'on pense du judaïsme, que son antisémitisme délirant et criminel était à base d'ignorance et de préjugés ridicules.
Orateur né et prodigieux (encore qu'il travaillât beaucoup ce talent), capable d'enthousiasmer des auditoires composés d'éléments aux intérêts contradictoires et de retourner ses contradicteurs (certains entraient communistes dans la salle de ses meetings et en sortaient nazis) ; en privé aussi, il pouvait être séducteur et convaincre la plupart [13] de ses interlocuteurs, quitte, s'il le fallait, à recourir à la violence verbale (certains hommes d'Etat, comme le colonel -- polonais -- Beck, n'ont jamais voulu le rencontrer de crainte d'en sortir brisés et vaincus). Il porta les méthodes de propagande et d'endoctrinement des masses au niveau d'un art et d'une science (il y fut bien aidé par Goebbels).
Outrancier, carré, tout d'une pièce, intolérant, incapable de composer durablement ("Pour nous, point de moyen terme!", 1925), manquant de mesure jusqu'à en être ridicule.
Querelleur, ne pouvant vivre en paix, ayant besoin d'ennemis, ne concevant l'existence que comme une confrontation perpétuelle notamment à la quête d'espace vital (une notion-clé).
D'une susceptibilité maladive liée à un orgueil insensé, ne supportant pas la contradiction, punissant même ses contradicteurs et ses détracteurs. Bien entendu, il ne supportait pas davantage la raillerie. Ce trait explique beaucoup sa politique antisémite : ainsi qu'en ont témoigné des proches qui le pressaient d'adoucir son attitude, son antisémitisme fut aggravé jusqu'à l'intransigeance par les déclarations, railleries et autres faits et gestes des sionistes.
Aimant la gloire, le decorum, la parade: cela put enchanter ceux qui aiment le son du tambour et les uniformes mais cela effraya les autres, les convainquant un peu plus encore de ce qu'il n'était qu'un énergumène qu'il fallait abattre à tout prix.
Imprévisible, changeant, plein de contradictions et de conflits internes (tantôt exalté, tantôt déprimé, ce qui indique au moins qu'il cultivait le doute avant de s'enfermer dans une décision déclarée irrévocable). Sur cette base, certains psychiatres ont diagnostiqué qu'il était fou (un homme bienveillant comme Chamberlain pensait qu'il ne l'était qu'à moitié, ce qui lui avait paru suffisant pour le traiter en conséquence c'est-à-dire avec circonspection).
Comme il croyait qu'il mourrait jeune et craignait que la mort l'empêche de mener à bien sa mission, l'impatient qu'il était sombra dans la précipitation, ce qui accrut encore le caractère volontairement brutal de sa politique.
Malgré quoi, il croyait avoir une "bonne étoile" et il y croyait tant qu'il se comporta en aventurier.
Etait-il d'une nature cruelle ? Faisant abstraction du traitement réservé aux Juifs, constatons qu'il lui arriva de faire preuve de cruauté, mais sans qu'on puisse affirmer qu'il était d'une nature cruelle. En tout [14] cas, il ne le fut pas plus que ses ennemis, notamment Churchill qui, avec l'accord du Parlement, des grandes Eglises et, probablement, de la majorité des citoyens britanniques (qui avait été "chauffés" préalablement par les médias), consacra 40 % du budget de guerre de la Grande-Bretagne à tenter de griller vifs les femmes et enfants allemands .(6) Il reste que -- en supposant déjà qu'il n'ordonna pas leur extermination -- il déporta les Juifs dans des conditions et dans un environnement qui, la suite l'a prouvé, ne pouvaient qu'entraîner la mort de nombre d'entre eux ; c'est du moins ce qu'on peut penser a posteriori mais probablement Hitler n'avait-il même pas conscience des suites inévitables de cette déportation ; on ne peut donc pas affirmer pour autant qu'il voulait leur mort. On pourrait penser a priori que le confort voire la survie des Juifs ne faisaient pas partie de ses préoccupations encore que, comme nous le verrons, on a des témoignages qui indiquent qu'il condamna les massacres de Juifs et de Tziganes que certains lui rapportaient et qu'il les interdit clairement. Sans que cela constitue une tentative pour l'excuser, il faut se replacer à l'époque pour le comprendre : les soldats allemands mouraient par centaines de mille au combat tandis que leurs femmes et leurs enfants étaient brûlés vifs par la RAF ; il faut bien admettre que toute guerre, et particulièrement une guerre totale, affaiblit encore le sens moral voire la sensibilité au point de déprécier la vie humaine, sans qu'on sache même bien laquelle est la moins chère : celle de ses ennemis ou la sienne, tant est grand l'esprit de sacrifice et d'héroïsme chez les hommes qui ont pour tradition de régler leurs différends par la violence.(7)
Plus précisément, sur l'origine de son antisémitisme, on a plusieurs explications. Selon les historiens, le grand-père maternel de Hitler était Juif ; le Führer l'apprit à la suite d'un chantage qu'exerça sur lui un [15] parent. "Dès lors, la haine forcenée des Juifs devint chez Hitler un cas limite d'une situation névrotique bien connue des psychologues : la haine de soi. ( ... ) L'identification partout et chez tous de l'élément juif va désormais devenir une sorte d'obsession, une nécessité préliminaire à l'élimination totale de cet élément corrupteur." (Paul Giniewski). Si les arguments rassemblés sur ce quart de judaïcité du Führer sont convaincants (encore que l'intéressé niât cette ascendance mais sans convaincre), la suite l'est moins. On peut d'ailleurs faire remarquer qu'Hitler était déjà férocement antisémite quand il fit faire des recherches sur sa généalogie en 1930.
Le plus simple est sans doute de se référer aux
explications données par l'intéressé lui-même
(ou plutôt à la plus vraisemblable de ces explications,
car il en donna différentes), par exemple dans "Mein
Kampf": "[Dans ma jeunesse,] les propos défavorables
tenus sur leur compte [celui des Juifs] m'inspiraient une
antipathie qui, parfois, allait jusqu'à l'horreur".
A ce stade, on peut faire remarquer qu'à Vienne, dans
sa jeunesse, il compta des amis juifs et bénéficia
de l'aide matérielle désintéressée
de plusieurs philantropes juifs. Il n'eut apparemment qu'à
se louer (et à l'époque, il le fit) de tous les
Juifs qu'il rencontra. D'ailleurs, selon ses proches, les mots
qui le faisaient bondir dans sa jeunesse étaient "Rouge"
("Communiste") et "Jésuite" mais sûrement
pas "Juif". Plus tard, quand il commença à
s'intéresser à la chose publique, Hitler se
persuada que le marxisme était l'ennemi, de très
loin le plus redoutable, de nos sociétés. Il se
força, dit-il, à lire la presse marxiste pour mieux
connaître "ceux qui fabriquaient cette collection
de canailleries" qu'étaient les idées marxistes
et il découvrit que "c'étaient tous sans
exception, à commencer par les éditeurs, des juifs
(...) Je connaissais enfin
le mauvais génie de notre peuple.". Dès lors,
confiait-il à un ami en 1919, "l'éloignement
des Juifs" (associés définitivement aux
communistes dans le concept du "judéo-communisme")
devint son "but ultime". Voilà qui
nous paraît plus convaincant que l'hypothétique "haine
de soi" juive et propre à mieux faire comprendre la
suite.
En fait, à cette époque, la confusion entre communisme et judaïsme était universelle; on peut citer Churchill lui-même : en 1920 (à l'époque, il était secrétaire d'Etat à la guerre et à l'aviation), constatant qu'en URSS, la plupart des leaders bolcheviques étaient des "Juifs athées", à la notable exception de Lénine (qui n'avait qu'un grand [16] parent juif, comme Hitler ou Heydrich), il écrivait: "De plus, l'inspiration principale et le pouvoir de direction viennent des leaders juifs". Il relevait aussi (déjà) le fait que les Juifs avaient noyauté la police politique, la sinistre Tcheka. (Mark Weber dans "The Journal of Historical Review",jan/feb '94)(8)
En dehors de l'URSS, le moins qu'on puisse dire est que les Juifs (ou supposés tels)(9) à la tête des communistes montant à l'assaut des Démocraties existantes ou naissantes (ou du moins à l'assaut de l"'ordre établi") étaient fort bruyants et voyants : à Berlin, c'étaient Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg; en Hongrie, c'était Bela Kun (on relevait aussi que sur les 32 commissaires de l'éphémère République soviétique de Hongrie, 25 étaient Juifs); en Bavière, c'étaient Kurt Eisner, Ernst Toller, Eugen Levine.
Citons encore pour illustrer l'accusation de collusion entre judaïsme et communisme, ce grand Français et chrétien que fut le maréchal Lyautey et qui disait en 1921 : "C'est sans doute un grand mal que nous ayons gagné la guerre. Nous n'avions qu'une chance de nous redresser, de faire un bloc européen contre toutes les infiltrations judéo-bolcheviques, c'était avec l'Allemagne."
Cette association ne s'opposait d'ailleurs nullement à l'association du judaïsme avec la "ploutocratie" occidentale : l'ennemi, on le sait bien, a le don d'ubiquité (on pouvait d'ailleurs citer les noms de milliardaires "rouges"). Hitler finit même par assimiler le judaïsme à la démocratie, au parlementarisme, à l'individualisme (toutes notions étrangères au judaïsme), etc ... bref, à tout ce qu'il combattait. Nous sommes souvent ainsi: nous nous plaisons à noircir notre pire ennemi, fût- ce avec une mauvaise foi que nous ne cherchons même pas à cacher et jusqu'à finir par être notre propre dupe. Ce qu'il faut retenir, c'est que l'antisémitisme hitlérien naquit, semble-t-il, de la première de ces associations. En fait, cette accusation de collusion entre le judaïsme et le bolchevisme ne faisait que s'ajouter à un antisémitisme classique [17] (pré-communiste) qui était universel et auquel Hitler succomba --inévitablement? -- par la suite ; on peut en donner des exemples à l'infini. Limitons-nous à la Belgique:
- Le comte de Baillet-Latour, président (belge) du Comité International Olympique, qui obtint que les Juifs allemands ne soient pas exclus (du moins légalement) des Jeux de Berlin de 1936, écrivait fin '33 à Avery Brundage (déjà là): "Personnellement, je n'aime ni les Juifs ni leur influence (...) Je sais qu'ils ont l'habitude de pousser les hauts cris bien avant d'avoir des raisons valables de le faire. J'ai toujours été frappé de constater que l'opinion publique ne s'est jamais émue autant de toutes les horreurs survenues par exemple en Russie bien que celles-ci aient été autrement plus barbares que tout ce que l'Allemagne a pu connaître. Et cela pourquoi? Parce que, à l'époque, la propagande n'avait pas été menée d'une manière aussi habile." (d'après Ben Elissar)(10). Ceci illustre le fait que même les défenseurs les plus vigoureux des droits des Juifs n'étaient pas exempts de préventions qui, aujourd'hui, seraient à coup sûr taxées d'antisémitisme.
- On peut également citer le célèbre auteur de romans policiers, Georges Simenon: jeune journaliste à Liège dans les années '30, il rédigea une série d'articles d'un antisémitisme délirant tel qu'aujourd'hui, il finirait en prison; faussement contrit, il devait déclarer après la guerre: "Je dois reconnaître que je n'ai jamais rencontré de Juif qui sentît mauvais.". Restant dans l'édition, nous citerons aussi Hergé, le célèbre dessinateur de BD: il donna parfois deux versions de certains épisodes des aventures de Tintin, la première, celle d'avant-guerre, reflétant clairement l'antisémitisme populaire de l'époque.
- "Le Soir" du 21/10/'94,
commentant le livre de Jan Velaers et Herman Van Goethem ("Leopold
III: De Koning, het land, de oorlog", Lannoo, 1994), dit:
"L'ouvrage des deux universitaires anversois fait aussi
apparaître un roi sensible aux accusations du temps à
l'encontre du monde juif et de la franc-maçonnerie.".
Et pourquoi donc le roi des Belges n'aurait-il pas été
antisémite? Comme le même joumal le rappelle le 12/8/'95,
le plus célèbre des hommes politiques wallons, Jules
Destrée (mort en 1936), était lui-même antisémite
(et raciste) : à sa décharge, note Jean-Philippe
Schreiber du FNRS, il faut dire que "(...) l'antisémitisme
fait partie du bagage intellectuel du temps."(11)
[18]
En fait, aucune des idées d'Hitler n'était originale mais, plus tard, il était fatal qu'il cherchât à imaginer une théorie globale plus personnelle, encore que simple synthèse d'idées disparates. Bien après "Mein Kampf", Hitler tenta de préciser sa "Weltanschauung" en faisant quelques emprunts approximatifs à Gobineau, Darwin, Dühring et d'autres et en essayant --laborieusement -- de les combiner: la vie n'était qu'une lutte pour l'espace vital, cette lutte constituant aussi la base de l'évolution; en sortirait vainqueur, le peuple soucieux de la conservation de sa race et de son précieux sang et qui saurait les préserver de l'apport négatif de races et de sangs inférieurs, faute de quoi le Juif, ce "maître de l'empoisonnement international et de la corruption des races", ferait alors son entrée, déracinant et corrompant tout à fait le peuple supérieur. Bien qu'Hitler se référa constamment à cette théorie, on peut toutefois penser que l'association première entre marxisme et judaïsme fut davantage à l'origine de l'antisémitisme hitlérien que le racisme, l'antisémitisme classique ou toute autre idée.
D'ailleurs, si le racisme de Hitler envers les Noirs, par exemple, (racisme qu'il partageait avec ses ennemis, notamment les Américains, dont l'armée était raciste et ségrégationniste: autant le savoir!) était "génétique", il était d'avis que, "anthropologiquement, les juifs ne réunissent pas les caractères qui feraient d'eux une race unique"; pour lui, ils constituaient une "race mentale" façonnée par ce que nous appelons aujourd'hui le "milieu" et qui était, de ce fait, plus homogène qu'une race fondée sur les gènes au point d'être inassimilable et qu'il ne convenait d'ailleurs pas d'assimiler car le judaïsme était un élément corrupteur.
Par la suite, bien entendu, son antisémitisme évolua pour atteindre une forme achevée le jour -- tant attendu -- où la guerre entre nazis et "(judéo-") communistes quitta le terrain idéologique pour le terrain militaire.
Il nous faut aussi dire un mot sur l'état de l'Allemagne au lendemain de la guerre '14-'18, ce qui nous permettra de comprendre un peu [19] mieux l'antisémitisme nazi. On a peine à s'imaginer aujourd'hui le marasme social, économique et politique dans lequel se trouvait l'Allemagne après la guerre '14 -'18, marasme propre à susciter un besoin d'ordre à tout prix. Ce marasme était issu en grande partie des souffrances et des frustrations dues à la guerre et à la défaite, du traité léonin et inique de Versailles (lequel, en fait, ne mit pas fin à la guerre
dans l'esprit de beaucoup d'Allemands) mais aussi des tentatives de prise du pouvoir par les communistes. Certes, l'Allemagne se redressa de façon spectaculaire dans les années 20 (ce qui mit Hitler et ses semblables sous l'éteignoir) mais la crise de 1929 la replongea dans une dépression propice à tous les abandons et à toutes les capitulations en matière de démocratie, de légalité voire de simple bon sens. Estimant à tort (mais c'était dans l'air du temps) qu'elle n'avait d'autre choix qu'entre le ("judéo-") communisme et le nazisme, elle choisit ce dernier et s'y abandonna jusqu'à l'ivresse.
[20]
Selon Hitler, les Juifs constituaient donc un corps étranger aux sociétés qui les avaient "accueillis", nuisaient à l'unité et à la prospérité de ces sociétés et les corrompaient même. Le programme nazi du 24/2/1920 prévoyait donc que les Juifs ne pouvaient être citoyens allemands (Staatsbürger), vu qu'ils ne faisaient pas partie du Peuple allemand (Volksgenosse), c'est-à-dire de ceux qui étaient de sang allemand (deutsches Blut); c'était d'ailleurs un non-sens d'un point de vue racial, certaines études indiquant par exemple que les Juifs berlinois étaient de plus "pure race" aryenne que les Berlinois non juifs. Par ailleurs, les Juifs tombaient sous le coup de dispositions plus générales du programme, dispositions non spécifiquement antijuives mais visant les non-Allemands, qui ne pouvaient exercer une fonction publique. Le programme prévoyait également l'expulsion de tous les étrangers entrés en Allemagne après le 2/8/1914 (c'est-à-dire des Juifs polonais pour l'essentiel, les Juifs allemands n'étant donc en aucune manière concernés par ce point, contrairement à ce que les historiens veulent nous faire croire).
Ce programme peut paraître tout
à fait inacceptable, mais on notera que l'immense majorité
des Israéliens et même des Juifs de la Diaspora trouvent
normal qu'Israël ait une politique de la citoyenneté
tout à fait semblable et même pire que celle des
nazis et cela ne fait hurler personne.(12)
[21]
A partir de 1939, toutefois, Hitler a considéré
que les Juifs constituaient en outre une minorité belligérante
adversaire de l'Allemagne, minorité d'autant plus dangereuse
qu'elle était censée participer aux hostilités
sous la forme d'une "cinquième colonne" à
l'arrière de la ligne de feu.
Pourquoi cette aggravation du statut
des Juifs?(13)
Quand les nazis arrivèrent au pouvoir le 30/1/1933, l'Allemagne vivait depuis longtemps dans un climat de violence (dont nazis et ["judéo-"] communistes étaient les principaux responsables, mais qui -- n'exagérons pas -- n'avait rien de commun avec, par exemple, le climat de violence que connaît aujourd'hui l'Algérie ou la Palestine). Par exemple, lors de la dernière campagne électorale, des individus (dont des Juifs) avaient été molestés, mais sans qu'on pût raisonnablement parler de pogroms. D'ailleurs, homme d'ordre par excellence, Hitler s'employa aussitôt à faire cesser ces exactions et à rassurer l'opinion internationale et plus particulièrement l'opinion publique juive. Ainsi, dès le 2/2/'33, la Wilhelmstrasse (ministère des Affaires étrangères) remettait à un correspondant de journaux juifs américains et anglais une déclaration destinée à dissiper l'inquiétude des milieux juifs; elle précisait: "Le gouvernement allemand désire garantir à tous les citoyens allemands la paix et l'ordre et il n'est nullement dans ses intentions de se lancer dans des expériences insensées". Le vice-chancelier von Papen déclare de son côté, le 7/3/'33 : "Les citoyens juifs de l'Etat allemand peuvent être assurés qu'ils seront traités comme le sont tous les bons citoyens". Bref, on était loin d'appliquer le programme de 1920. Malgré ces déclarations rassurantes et bien d'autres, la forte hostilité à Hitler de la presse internationale ne changea pas. Les autorités anglaises et américaines, reconnaissant les efforts faits par Hitler, tentèrent de calmer les milieux juifs ainsi que la presse qu'ils contrôlaient; ceux-ci n'écoutèrent rien et même amplifièrent leur campagne, criant à la "persécution antisémite", ce qui était non pas exagéré mais tout sim[22]plement de la mauvaise foi. Enfin, comme si leur campagne haineuse et injuste n'était déjà pas suffisamment préjudiciable pour tous, ils passèrent aux actes et firent le geste qu'il ne fallait pas faire, le geste irréparable qui allait déclencher une épreuve de force, une escalade insensée qui aboutirait à Auschwitz. Ainsi, le 24/3/'33, alors que Hitler, arrivé au pouvoir deux mois plus tôt, n'avait pris encore aucune mesure antijuive -- bien au contraire --, certains éléments sionistes -- sans l'accord, il est vrai, de l'organisation sioniste mondiale, qui ne se rallia au mouvement qu'en août '33 -- décrétèrent le boycott commercial et financier de l'Allemagne; rapportant la chose, le "Daily Express" (qui, à l'époque, tirait à 4 millions d'exemplaires) titra sur sa une :
Les historiens minimisent généralement ces déclarations tonitruantes et irresponsables (si l'on pense aux malheureux Juifs du Reich). Il n'en est pas moins vrai que quelques jours plus tard (le 1/4/'33), les [23] Allemands organisèrent -- assez mollement, d'ailleurs -- le boycottage des magasins, des produits, des médecins et des avocats juifs et que la précipitation dans laquelle furent prises ces mesures indique bien que c'étaient des représailles. Les auraient-ils prises sans cette déclaration de guerre juive? On peut penser -- mais, bien entendu, sans rien pouvoir affirmer -- qu'Hitler aurait, de toute façon, appliqué son programme antisémite mais plus posément et avec plus d'humanité. Les Juifs auraient même peut-être bien dû quitter massivement l'Allemagne, du moins les Juifs immigrés de fraîche date mais dans des circonstances beaucoup moins dramatiques et iniques. La campagne internationale anti-allemande n'eut qu'un résultat: exaspérer Hitler et développer un climat de haine et de violence au préjudice des malheureux Juifs allemands, lesquels protestaient d'ailleurs avec indignation contre cette déclaration de guerre économique à l'Allemagne, c'est-à-dire à eux-mêmes; par exemple, l'un de leurs dirigeants, Jacob Rosenheim, la qualifiait même de "quasi-crime contre l'humanité" et traitait ses instigateurs de "soi-disant amis dépourvus de clairvoyance".
Le boycottage des Juifs par les Allemands ne dura qu'un seul jour voire une demi-journée (les historiens nous cachent généralement ce fait) mais la mécanique était enclenchée et le 7/4/'33, en même temps qu'il entreprend d'asseoir son pouvoir en quelques semaines (notamment par le démantèlement des structures fédérales de l'Allemagne, la mise au pas des syndicats ouvriers et autres ainsi que des partis politiques), Hitler promulgue une loi réservant l'accès à la fonction publique aux citoyens allemands, à l'exclusion des non-Aryens, c'est-à-dire de diverses minorités dont les Juifs constituent la principale. Le même 7 avril, les avocats non aryens sont exclus du barreau; le 22/4/1933, les médecins non aryens ne sont plus reconnus par les caisses-maladie et le 25/4/'33 est décidée une limitation du nombre d'étudiants non aryens [24] dans l'enseignement secondaire et universitaire au prorata de la population non aryenne (instauration d'un numerus clausus).
En juillet 1935, les non-Aryens sont exclus de l'armée
allemande.
En septembre 1935, au congrès de Nuremberg, Hitler fit adopter les célèbres lois dites de Nuremberg dont la principale réservait aux Allemands et "apparentés" la qualité de "citoyens du Reich" ; les Juifs, n'étant pas considérés comme Allemands ou apparentés, perdaient ipso facto la citoyenneté allemande. Il leur était en outre interdit d'entretenir des relations sexuelles, hors ou dans le mariage, avec les Allemands de façon que fût assurée la "protection du sang et l'honneur allemands". Toutes ces lois, tout particulièrement celle qui touchait au sexe, firent scandale et relancèrent l'agitation antiallemande dans le monde (juif), agitation qui, on le notera, n'avait jamais vraiment cessé, ne cessant du même coup d'alimenter l'antisémitisme hitlérien.
On présente les lois que décréta Hitler en l'occurence, comme antisémites : c'est là un raccourci. En fait, Hitler, ayant estimé que les Juifs constituaient un élément inassimilé et inassimilable, en tirait la conclusion qu'ils n'étaient pas des Allemands et qu'ils n'avaient donc pas le droit de participer à leur vie: c'étaient des étrangers et ils devaient être traités en conséquence. Il est universellement admis que ceux qui sont considérés comme des étrangers ne puissent bénéficier des mêmes droits que les nationaux: pour ne prendre qu'un exemple, il est rarissime qu'ils aient le droit de vote, même lors d'élections locales ; de même, les étrangers n'ont généralement pas accès à la fonction publique. Les Palestiniens (mahométans ou chrétiens) ne sont pas davantage traités comme des citoyens de plein droit par les Israéliens (juifs) sans que cela émeuve le moins du monde nos moralistes.(15)
[25]
Les Lois de Nuremberg ne visaient donc nullement à abaisser la "race" juive mais à promouvoir la "race" aryenne; c'étaient des lois typiques d'apartheid, qui, bien que déplorables, ne visaient pas à donner aux Juifs un statut de sous-homme ou de sous-citoyen mais à obliger les uns et les autres à vivre et -- pourquoi pas? -- prospérer séparément. Les Juifs, en quelque sorte, étaient déchus de la citoyenneté allemande mais élevés à la citoyenneté juive. Par exemple, ces lois interdisaient aux Juifs de hisser le drapeau allemand (depuis peu, à croix gammée) mais les autorisaient à hisser les couleurs sionistes (bleu--blanc avec l'étoile de David). Malheureusement, la suite était franchement inacceptable : comme pareille cohabitation entre une majorité écrasante et une minorité très faible était une vue de l'esprit, les majoritaires se déclaraient uniques propriétaires du sol sur lequel vivaient les uns et les autres et demandaient donc en même temps aux minoritaires de se chercher un autre territoire dans un délai raisonnable.
Les sionistes durs -- ceux qui, ayant dépassé le stade de la défense des droits des Juifs, oeuvraient pour la création d'un Etat juif en Palestine --approuvaient tout à fait ces lois d'apartheid (encore que certains d'entre eux faisaient semblant de s'en offusquer et, faisant feu de tous bois, s'en servaient pour tenter d'ameuter l'opinion internationale).(16) En effet, pour les sionistes aussi, les Juifs ne pouvaient être Allemands ou Polonais et il était normal et même hautement souhaitable qu'on leur interdise de pavoiser aux couleurs d'un pays qui n'était pas le leur ou encore d'en devenir les fonctionnaires fidèles ; quant à avoir des relations charnelles avec des non-Juifs, .... (17) Il s'ensuivit donc une collaboration active entre Allemands et Juifs palestiniens, concrétisée dès août 1933 par l'accord dit de Haavara. C'était un accord de clearing (le [26] produit d'exportations allemandes étant affecté à l'indemnisation des émigrants) qui sera renouvelé jusqu'à la déclaration de guerre. Il permit à de nombreux Juifs allemands d'émigrer en Palestine dans des conditions financières satisfaisantes malgré le contrôle des changes strict en vigueur en Allemagne (et, d'ailleurs, partout dans le monde). Ceci est une preuve que --au moins à cette époque -- Hitler ne voulait pas faire disparaître les Juifs de la surface de la Terre : il voulait simplement qu'ils s'en aillent. Cet accord qui fut vivement attaqué en Allemagne même par le lobby proarabe (avec Ernst von Weizsäcker, futur secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères), permit tout de même à 50.000 Juifs allemands d'émigrer vers la Palestine (sans parler de ceux qui y allèrent par la suite ou en dehors de l'Accord) ; le lobby proarabe aurait préféré disperser les Juifs de par le monde mais Hitler était tellement désireux de voir ses Juifs partir qu'il acceptait les inconvénients évidents qu'aurait la création d'un Etat juif en Palestine.
En fait, un accord plus vaste eût permis à tous les Juifs de s'en aller dans les mêmes conditions, mais les pays où ils auraient pu émigrer -- et qui reprochaient parfois à Hitler sa politique antisémite -- n'en voulaient pas et distribuaient des visas avec parcimonie. Leurs reproches n'étaient pas tant à base de morale que d'antisémitisme et d'égoïsme socio-économique: nul n'avait le droit de reporter sur d'autres le poids de ses Juifs. Le problème juif était donc complexe: ce n'est pas seulement que l'Allemagne n'en voulait plus, mais que les autres pays n'en voulaient pas.
Américains, Anglais et Français s'opposèrent donc logiquement à cette généralisation de la Haavara (généralisation à laquelle [27] l'Allemagne était favorable) pour des raisons prétendument morales (et économiques).
Puisque personne ne souhaitait accueillir ses Juifs et puisque même l'Angleterre s'opposait à les laisser s'établir en Palestine, Hitler dut se résoudre, dans sa logique, à utiliser des moyens encore plus contraignants, ne laissant pas le choix aux malheureux Juifs: ce sera 1'"aryanisation" des entreprises juives (1938), qui vise à exclure les Juifs (allemands et étrangers) de la vie économique du Reich.(18)
Cette relance de la politique antisémite s'était d'autant plus imposée que l'émigration de 200.000 Juifs depuis 1933 -- chiffre, somme toute, satisfaisant -- fut compensée par l'Anschluss qui apporta 200.000 Juifs autrichiens au Reich. La Pologne, la Roumanie et tous les pays de l'Est voyaient avec satisfaction leur population juive diminuer et lui, Hitler, champion de l'activisme antisémite, en avait encore autant qu'à son arrivée au pouvoir en 1933 (proportionnellement, il en avait même plus)! Ces Juifs autrichiens furent, sur le champ, les victimes d'une explosion antisémite d'une ampleur que les Juifs allemands n'avaient pas connue et qui n'était d'ailleurs guère d'origine nazie (c'était un feu qui couvait). Devant l'afflux des demandes de visa et ne désirant pas y donner suite, les USA convoquèrent alors à l'été '38, une conférence, la Conférence d'Evian, chargée de résoudre le problème des réfugiés, problème que, précédemment, dès 1933, on avait vainement essayé de résoudre par la création d'un Haut Commissariat pour les réfugiés en marge puis au sein de la SDN (Société des Nations). Cette conférence fut un échec complet, personne ne voulant de Juifs supplémentaires. Belges, Hollandais et Français ne voulant même pas entendre parler de simple transit des réfugiés juifs.
A titre d'exemple, les Britanniques n'accordaient de visas que pour 25 colons dans l'immense Kenya, et encore, sans leurs familles. De son côté, l'Australie refusait d'en recevoir un seul et sans chercher de faux-[28]fuyant, justifiait son refus par la crainte d'importer un problème racial. Certes, chacun ou presque avait un projet de création d'un foyer d'accueil pour les Juifs mais ... ailleurs que chez lui: les Anglais, par exemple, avaient le projet d'envoyer les Juifs allemands au Tanganyika (ancienne colonie allemande) et en Guyane; les Français voulaient les envoyer à Madagascar et en Nouvelle-Calédonie, encore craignaient-ils que, après l'écroulement du nazisme, les Juifs allemands réimplantés dans l'île se déclarent en faveur de la nouvelle Allemagne et refusent de s'assimiler. Les Polonais, les Roumains et les Hongrois, tous aussi désireux que les Allemands de se débarasser de leurs Juifs, poussaient beaucoup à cette solution de Madagascar. Les Allemands furent très intéressés par cette solution, car une île leur semblait apte à circonscrire le "virus juif" et, en 1940, après l'effondrement des armées françaises, Heydrich relança ce projet avec de nouveaux atouts (nous en reparlerons).(19)
Les USA parlaient de l'Ethiopie, laquelle venait d'être conquise par les Italiens; ces derniers, bien entendu, pensaient que c'était aux USA d'accueillir les Juifs. Après l'échec du projet Ethiopie, Roosevelt reprit un vieux projet Angola (1912) dont les Portugais n'avaient finalement plus voulu; les Portugais firent savoir qu'ils n'avaient pas changé d'avis.
Il y eut un projet franco-suisse d'établissement de 50.000 Juifs à Haïti; les Américains y pensaient aussi mais ce projet limité tomba aussi à l'eau.
Le Comité d'Evian étudia également la colonisation en Rhodésie du Nord, en République Dominicaine, aux Philippines, en Guyane britannique. Il y eut également des projets pour la Rhodésie du Sud, le Sinaï, la Guinée britannique et, probablement, beaucoup d'autres régions, toutes solutions abandonnées notamment par manque de moyens financiers et de volonté politique.
[29]
Les mesures antisémites de 1933 étaient relativement
bénignes et celles de 1935, pour regrettables qu'elles
aient été, n'étaient pas criantes d'iniquité
; la plupart des Juifs, en tous cas, s'y étaient adaptés
avec courage et continuaient à vivre à peu près
"normalement". Celles du début de 1938 sur
l'aryanisation des entreprises étaient déjà
plus iniques mais elles ne semblaient pas encore de nature à
résoudre rapidement et totalement le problème, c'est-à-dire
faire émigrer des gens qui, en fait, se sentaient souvent
plus Allemands que Juifs.(20) Par contre, le pogrom de la "Nuit
de Cristal" de novembre 1938 fut d'une grande sauvagerie
(il fit 91 morts!) ; il fut organisé par des extrémistes
apparemment mécontents de la relative modération
de la lutte légale contre les Juifs et qui profitèrent
de l'assassinat d'un diplomate allemand par un jeune Juif polonais
pour se défouler et assouvir leur haine. Cet acte d'une
grande barbarie pour un pays de grande culture, alors en paix,
fit le plus grand tort à l'Allemagne et désorienta
même ses plus chauds partisans: la Nuit de Cristal
fut sans doute le grand tournant depuis l'arrivée de Hitler
au pouvoir. La plupart des responsables nazis (Goering, Himmler
et même, semble-t-il, Goebbels) protestèrent vigoureusement
auprès d'Hitler, qui, en privé, leur donna raison.
C'est là, du moins, la version la plus vraisemblable de
ce pogrom sanglant mais ces débordements, du fait qu'ils
faisaient le plus grand tort à l'Allemagne, incitèrent
Hitler, homme épris d'ordre, débordé
par des partisans qu'il avait lui-même excités mais
qu'il ne pouvait désavouer publiquement, à résoudre
le problème juif radicalement et au plus vite: il ne devrait
[30] plus rester, affirma-t-il, un seul Juif en Allemagne à
la fin de 1939. Il prit aussitôt toute une série
de mesures qui, achevant de rendre la vie impossible aux Juifs,
étaient de nature, espérait-il, à faire partir
les plus récalcitrants. Dans le même temps, on le
notera, les négociations internationales se poursuivaient.
Ainsi, fin '38 - début '39, Allemands et Anglais négocièrent
un plan (le plan Schacht, du nom du célèbre président
de la Reichsbank) qui prévoyait une solution "technique"
c'est-à-dire financière: il s'agissait en gros,
de consacrer le produit d'un accroissement des exportations allemandes
à la compensation des capitaux confisqués aux Juifs
allemands. (21) Encore fallait-il savoir où ces malheureux
Juifs pourraient se rendre.
Il y eut aussi l'Accord Rublee (Comité dEvian) - Wohlsthat du début 1939 qui portait sur 600.000 Juifs (en utilisant, pour la première fois, semble-t-il, un concept qui, plus tard, a1lait prendre un sens beaucoup plus tragique: la sélection des aptes et des inaptes) soit:
200.000 Juifs de plus de 45 ans trop âgés pour refaire
leur vie et autorisés à rester dans le Reich
;
150.000 Juifs de 15 à 45 ans (les "aptes"),
capables de refaire leur vie et qui devaient émigrer
en 3 à 5 ans ;
250.000 Juifs "inaptes" (femmes, enfants) destinés
à rejoindre les 150.000 aptes dès l'installation
de ceux-ci.
Anglais et Américains acceptaient difficilement cet accord: les premiers demandaient aux seconds de consentir un effort financier et ceux-ci affirmaient que c'était aux organisations privées et particulièrement aux organisations juives à fournir les fonds mais celles-ci ne s'accordaient sur rien. On peut penser qu'Anglais et Américains auraient tout de même fini par acccepter l'accord, mais, faisant fi de toute considération humanitaire, le Congrès Juif Mondial le refusa tout net pour des raisons morales et politiques et l'accord tomba à l'eau.(22)
[31]
Début '39, devant le manque de perspectives développées
par le Comité d'Evian, Goering créa l'Office Central
du Reich pour l'émigration des Juifs avec Heydrich à
sa tête.(23) Son but était de simplifier les formalités
à l'émigration et financer l'exode des Juifs
pauvres avec les fonds pris aux Juifs riches. Cet Office alla
jusqu'à pratiquer l'immigration clandestine (notamment
en Palestine). Là-dessus éclata la guerre. Ce ne
fut pas un tournant, mais une rupture!
Résumons les événements antérieurs
à la guerre de 1939:
-- Hitler avait proclamé dès 1920 que les Juifs constituaient un corps étranger à la Nation allemande, ce qui entrainait un certain nombre de conséquences (dont l'expulsion territoriale des Juifs établis en Allemagne depuis plus de 6 ans, il faut le répéter, ne faisait pas partie).
-- Arrivé au pouvoir en 1933 et alors même que, loin d'appliquer son programme antisémite de 1920, il s'employait à faire cesser toute manifestation antijuive, il eut à faire face à l'hostilité forcenée des organisations sionistes internationales et celles-ci prirent l'initiative imprudente de lui déclarer la guerre économique.
-- Cette déclaration de guerre enclencha une mécanique fatale d'exclusion puis d'expulsion des Juifs dans des conditions iniques qui n'étaient pas inévitables. Ce fut une spirale sans fin, les uns répliquant aux autres en paroles et en actes de plus en plus haineux.
[32]
Les Juifs sont-ils responsables de la deuxième guerre mondiale, ainsi que l'affirmait Hitler ?
Les dirigeants des Démocraties (Roosevelt, Chamberlain, ... ) étaient plutôt antisémites comme la plupart des hommes politiques qui auraient pu les remplacer; les opinions publiques aussi. Pour les plus bienveillants, les Juifs étaient antipathiques, geignards, faiseurs d'embarras, peu fréquentables et tout le monde comprenait -- jusqu'à un certain point, bien entendu -- les mesures prises par les Allemands et ceci, malgré le bruit que faisait une partie de la presse dominée par les sionistes. Ce serait une des grandes erreurs d'Hitler (et de certains autres) d'avoir surestimé l'influence de cette presse et du lobby juif de l'époque sur l'opinion publique et dès lors, sur les décideurs politiques.
En fait, c'est Hitler lui-même qui, par des procédés qu'il croyait habiles puisqu'ils lui permettaient de triompher d'adversaires loyaux et bienveillants dans les différentes crises qu'il provoqua -- non sans de bonnes raisons, il faut le dire, car les revendications allemandes initiales étaient légitimes --, dégoûta complètement l'opinion publique et les dirigeants occidentaux: ce n'est d'ailleurs pas Churchill (lequel était passé, par intérêt personnel, de l'antisémitisme et de l'admiration pour Hitler -- eh oui ! -- au philosémitisme) qui déclara la guerre à Hitler en 1939 mais l'homme bienveillant et patient (et qu'il faudrait réhabiliter) qu'était Chamberlain. On notera qu'un durcissement plus précoce de l'attitude des Démocraties (par exemple, à Munich) n'aurait probablement rien changé à l'essentiel. Hitler avait décidé depuis longtemps d'en découdre avec l'URSS (pour des raisons idéologiques déjà débattues dans les rues de Berlin et par prétendu besoin d'espace vital) et, dans ce but, il lui fallait bien faire entrer les pays limitrophes de l'URSS dans son orbite (dont la Tchécoslovaquie et la Pologne).
Toutefois, il aurait pu s'y prendre d'une autre façon ; il n'aurait pas dû envahir la Tchécoslovaquie (c'était inutile puisqu'il en avait déjà fait un pays serf) et il aurait dû négocier sérieusement avec la Pologne (c'est-à-dire en faisant preuve de patience car il en fallait face à une Pologne abusant de son alli[33]ance avec la France et l'Angleterre pour ne rien accorder à Hitler, voire pour le narguer). Il aurait ainsi continué à bénéficier de la bienveillance de l'Occident, ravi par la perspective de voir nazis et communistes s'exterminer. Mais voilà, notre homme était un violent que ses succès avait enivré !
Malgré leurs grands efforts pour envenimer les choses, les responsables sionistes (et juifs) ne pourraient donc pas être tenus pour responsables de ces crises successives qui débouchèrent sur la guerre. On peut s'en convaincre facilement en imaginant que le judaïsme n'ait pas existé: on est bien obligé d'admettre qu'on n'aurait pas échappé à la guerre. Il reste que ceux qui prétendent diriger les peuples ou représenter des communautés, devraient savoir que l'interprétation donnée à leurs paroles et à leurs gestes est souvent plus déterminante que ces paroles et gestes eux-mêmes.
De la sorte, le lobby sioniste et la presse qu'il dominait ont joué un rôle déterminant et catastrophique dans la persécution des Juifs en donnant à penser à Hitler qu'ils étaient à l'origine de l'hostilité des Démocraties puis de la guerre. Les fanfaronnades, les railleries et les déclarations incendiaires contre l'Allemagne provenant de Juifs habitant des endroits sûrs comme Londres ou New-York, condamnèrent les malheureux Juifs européens à jouer le rôle de boucs émissaires permanents des propres erreurs d'estimation du Führer, de ses échecs ainsi que de toutes les souffrances endurées par le peuple allemand et plus particulièrement les civils -- femmes, enfants, vieillards -- exterminés de façon atroce par l'aviation alliée; les Juifs européens devinrent des souffre-douleur et même des coupables d'autant plus commodes que les adversaires de l'Allemagne ne les aimaient pas non plus.
A la fin, Hitler, après s'être persuadé, comme par auto-intoxication, de ce que le judaïsme était même au coeur de la guerre, s'en servit une dernière fois pour se consoler de sa défaite : il avait au moins crevé 1'"abcès juif" et le Monde entier lui en serait éternellement reconnaissant.
[34]
A la déclaration de guerre, enfin, un nouveau pas fut franchi par les sionistes: Chaim Weizmann, à l'époque président de ]'Agence juive et qui allait devenir le premier président de l'Etat d'Israël, déclara la guerre (armée, cette fois) à l'Allemagne au nom des Juifs du monde entier; dans une lettre adressée au gouvernement anglais le 29/8/'39, rendue publique et diffusée le 6/9/'39 par le "Times" (la Grande-Bretagne et la France avaient déclaré la guerre à l'Allemagne le 3/9/'39), Weizmann précisait que "(...) les Juifs font cause commune avec la Grande-Bretagne et combattront dans le camp des Démocraties.(...) L'Agence juive est prête à prendre des mesures immédiates pour utiliser la main-d'oeuvre juive, la compétence technique et les ressources juives(...)".
Il ne faudrait pas, disent les historiens, exagérer l'importance de la déclaration de Weizmann: ce n'était qu'une déclaration de plus faite dans le brouhaha, déclaration peut-être même passée inaperçue de la plupart des non-Juifs et même des Juifs, qui, de toute façon, se retrou[35]vèrent dans un camp qui leur était souvent imposé par les uns et les autres. Peut-être bien, mais il n'empêche qu'Hitler, lui, en prit connaissance et la prit au sérieux en raison de la puissance qu'il attribuait, comme tout le monde, au sionisme international: dès lors, il ajouta à ses griefs contre les Juifs qu'ils lui avaient déclaré la guerre armée.(14) Les historiens rétorquent encore que, de toute façon, cette déclaration de Weizmann ne pouvait rien changer et que le sort tragique des Juifs européens était déjà scellé mais ce n'est pas sûr du tout et on peut tout aussi bien affirmer le contraire; en fait, personne n'en sait rien. La seule chose qui est sûre est que la déclaration de guerre insensée de l'Agence juive ne pouvait qu'avoir des conséquences tragiques pour les malheureux Juifs allemands et européens, puisqu'elle en faisait des ennemis déclarés de l'Allemagne.
L'escalade ne fit que se poursuivre par la suite.
Citons par exemple Theodor N. Kaufman (bien qu'il n'exerçât
aucune responsabilité dans le monde juif) dans "Germany
must perish" paru à New York en 1941: "Les Allemands,
du seul fait qu'ils sont Allemands, même antinazis, même
communistes, même philosémites, ne méritent
pas de vivre et, après la guerre, on mobilisera 20.000
médecins pour stériliser chacun 25 Allemands et
Allemandes par jour de sorte qu'en 3 mois, il n'y ait plus un
seul Allemand capable de se reproduire en Europe et qu'en 60 ans,
la race allemande soit totalement éliminée du continent
(...) Les Juifs allemands sont aussi de mon avis." Bien
que ce fût là un plan génocidaire, il fut
commenté avec sympathie par des organes de presse aussi
célèbres que le magazine "Time" (qui trouva
que le plan était une "idée sensationnelle")
et le quotidien-donneur de leçons "The Washington
Post". Le contenu de ce livre fut diffusé en Allemagne
par les soins de Goebbels et il déchaîna la fureur
populaire contre les Juifs. C'est grâce à ce livre
que Goebbels obtint de Hitler en août 1941 le port obligatoire
de l'étoile jaune par les Juifs. Le célèbre
Ernest Hemingway reprit l'idée dans "Men at war
" paru
en 1942 à New York. Citons encore, par exemple, un court
extrait d'une déclaration de Weizmann au Congrès
Juif Mondial à New York le 3/ 12/'42 alors que la "Solution
finale" était entrée dans une phase cruciale
et que c'était moins que jamais le moment de jeter de l'huile
sur le feu: "Nous ne dissimulons pas et n'éprouvons
aucune crainte à reconnaître la vérité,
à savoir que cette guerre est notre guerre et qu'elle a
été entreprise pour la libération du Peuple
juif." !
[36]
Les sionistes sacrifièrent-ils délibérément à leur idéal les Juifs européens au risque de les faire passer pour des étrangers dans leur propre pays, voire des traîtres? Ils devaient tout de même savoir qu'après leur déclaration de guerre, les Allemands ne pourraient plus regarder les Juifs comme avant. On peut bien entendu supposer que, d'une part, ils avaient pris en compte --du moins en 1939 -- que la plupart des Juifs du Reich avaient émigré, d'autre part, ils n'avaient pas envisagé, bien entendu, que l'Allemagne débuterait la guerre par une victoire éclatante sur la Pologne et que par la suite, elle arriverait même aux portes de Moscou. Il importe toutefois peu dans le développement de notre raisonnement de savoir si les sionistes furent irresponsables ou courageux, aveugles ou lucides, vertueux ou cyniques; ce qui compte, c'est qu'ils prétendaient ou étaient censés représenter les Juifs du monde entier (et ceux qui étaient désignés comme Juifs à leur corps défendant) et qu'en cette qualité, ils déclarèrent la guerre économique (1933) et armée (1939) à l'Allemagne. Effectivement, de nombreux Juifs des territoires occupés par les Allemands participèrent activement aux activités de résistance (guérilla, sabotages, renseignement).(25) Cette attitude était sans doute normale (nous aurions presque tous fait de même) mais elle était contraire aux lois de la guerre, lesquelles contraignent, en fait, les civils à subir les violences sans pouvoir réagir. Ceci explique en grande partie la déportation des Juifs, sans pour autant la justifier, car d'une part, le recours au concept de la responsabilité collective est toujours scandaleux et d'autre part, en admettant qu'Hitler était fondé à considérer les Juifs comme des belligérants, il aurait dû les traiter comme tels, c'est-à-dire différemment et cela, en dépit du fait que I'Agence juive ne constituait pas un Etat reconnu.
Dès lors, au bout de cette escalade insensée et faisant fi de toute humanité voire de toute règle de droit, Hitler traita les Juifs comme, [37] hélas, il était dans les habitudes de l'époque (et d'aujourd'hui) de procéder vis-à-vis d'une minorité, éventuellement désignée, appartenant ou apparentée à un groupe ennemi et, dès lors, susceptible de ne pouvoir participer à l'effort de guerre de la Nation, voire de le saboter.
Citons quelques exemples de comportements semblables, parfois même vis-à-vis de populations encore moins impliquées dans les évènements, mais précisons préalablement que notre objectif n'est pas de chercher des excuses à Hitler sur la base du "tu quoque" mais de tenter de comprendre les raisons à la base de la décision d'expulser les Juifs manu militari :
Au début du siècle,
les Anglais avaient parqué les Boers (hommes, femmes
et enfants) dans ce qui fut les premiers camps de concentration
du siècle; ils y tombèrent comme des mouches. Des
milliers d'autres furent déportés à Sainte-Hélène.
Ce fut un précédent auquel les Allemands se référèrent
d'ailleurs souvent pour s'absoudre. On ne s'étonnera donc
pas de ce qu'en juin '40 , les journaux parisiens aient
signalé sans le commenter, comme si cela allait de soi,
que les 74.000 ressortissants allemands de Grande-Bretagne (hommes,
femmes et enfants) avaient été internés dans
des "camps de concentration".
En fait, tous les civils allemands du Commonwealth y furent regroupés (les Allemands des USA et d'Amérique latine furent, eux aussi, arrêtés en grand nombre.). Les Allemands firent de même et enfermèrent les ressortissants britanniques à Besançon. Churchill jugea que les conditions d'internement de ses compatriotes y étaient déplorables et -- tout ceci en dit long sur cet homme -- menaça de déporter les civils allemands dans le Grand Nord canadien. Finalement, les Allemands transférèrent les civils britanniques dans les palaces de Vittel et les civils allemands restèrent en Grande-Bretagne. (Il serait bien intéressant de savoir ce qu'ils sont devenus: j'ai lu que des milliers d'entre eux étaient morts mais sans autre précision.)(26)
Les Belges, lorsque les Allemands les envahirent, firent comme tout le monde et se mirent en devoir d'arrêter les citoyens du Reich (la plu[38]part juifs) et en expédièrent un certain nombre en wagons de marchandises dans le Midi de la France après avoir séquestré leurs biens (environ 10.000, selon M. Steinberg). Tant qu'à faire, balayons notre trottoir à fond: dans les années '30 et comme tous les pays occidentaux, la Belgique lutta vigoureusement contre l'immigration clandestine (composée essentiellement de Juifs); des mesures d'expulsion des illégaux furent prises; un camp de travail -- à régime souple, il est vrai -- fut même organisé. Certes, tout cela n'est pas comparable aux évacuations ultérieures de Juifs des années '40, mais, en fait, tout cela nous décrit bien l'état d'esprit qui régnait universellement à l'époque: les Juifs étrangers étaient hautement indésirables et ils étaient même perçus comme une plaie. Il n'est donc pas étonnant que leur déportation ultérieure par un ennemi pourtant honni n'ait pas soulevé beaucoup de protestations. Certes, le bruit courait qu'on les brûlait vifs et chacun en était horrifié, tout en reconnaissant qu'ils l'avaient bien cherché et qu'après tout ils étaient coupables de déicide; ceux qui ne croyaient pas à ces sornettes bibliques ou évangéliques, pouvaient encore se satisfaire de l'idée que tous ces Juifs, souvent miteux, crasseux et bruyants, ne faisaient jamais que retourner là d'où ils venaient et d'où ils n'auraient jamais dû partir.
Les Hollandais(27) eurent à peu près la même attitude que les Belges face aux Juifs étrangers, encore qu'écrasés par l'armée allemande en un rien de temps, ils n'aient pas eu le temps d'aggraver leur cas, en enfermant ou déportant les ressortissants allemands (essentiellement juifs).
Après Pearl Harbour, les Américains enfermèrent en camp de concentration tous les citoyens japonais vivant chez eux et même tous les citoyens américains d'ascendance japonaise, bien qu'il n'y eût aucune preuve d'hostilité ou de déloyauté de leur part (en tout, 120.000 personnes).(28) Les Canadiens firent de même. Dans la foulée, Américains et Canadiens enfermèrent également respectivement 11.000 et 3.000 Témoins de Jéhovah: bien entendu, leur Eglise a oublié la chose et réserve ses exercices de mémoire aux seuls Témoins internés à Auschwitz.
[39]
En 1939, les Français ouvrirent 104 camps d'internement pour les civils allemands et autrichiens (eux aussi, en majorité juifs). En 1940, ils internèrent tous les Tziganes, y compris ceux qui avaient la nationalité française (on les soupçonnait de se livrer à l'espionnage). Plus tard, ils décidèrent d'interner tous les Italiens de France; l'ordre, arrivé jusqu'aux sous-préfectures, ne put être exécuté à cause de la débâcle des armées françaises. Rappelons, au passage, que les Républicains espagnols, bien qu'ils ne fussent pas ennemis de la France mais simplement jugés "indésirables", furent parfois enfermés dans des camps comme Gurs (certains se retrouvèrent finalement à Buchenwald, qu'ils trouvèrent d'ailleurs moins dur).
Il est presque inutile de parler des Soviétiques. Tout le monde sait à quoi s'en tenir et plus personne de sérieux ne doute, aujourd'hui, qu'ils furent encore plus cruels que les Allemands. Signalons tout de même qu'en 1940, ils déportèrent en masse des Polonais annexés et plusieurs centaines de milliers de Juifs polonais de la zone allemande réfugiés en URSS. Sitôt la guerre déclarée, ils déportèrent tous les Allemands établis en URSS (près de 2 millions dont les 500.000 Allemands de la Volga) puis, au fur et à mesure de la retraite allemande, toute une série de peuples accusés de trahison. Après la guerre, Soviétiques, Polonais, Tchèques et Hongrois, forts de l'accord qu'Américains et Anglais leur avaient donné en juillet '45 à Potsdam, expulsèrent quinze millions d'Allemands orientaux avec une telle violence qu'on pense qu'il en mourut deux millions (un certain nombre n'eurent même pas cette "chance" et furent envoyés en Sibérie).
Les civils, surtout ukrainiens, que les Allemands avaient déportés d'URSS dans les usines allemandes, furent également déportés dans le Grand Nord et en Sibérie lors de leur retour (n'y aurait-il pas eu des Juifs parmi eux?). Et nous ne parlerons pas des prisonniers de guerre soviétiques qui, à leur libération des stalags allemands, connurent le même sort.
Enfin, toujours après guerre, il semble bien que les Soviétiques déportèrent en masse les Juifs d'Ukraine, qui -- c'est une thèse vraisemblable mais à vérifier -- étaient, pour l'essentiel, des Juifs de l'Ouest réimplantés par les Allemands. Seule la mort de Staline en 1953 sauva le reste des Juifs soviétiques d'un sort semblable!
Le drame des Allemands de la Volga (colons installés au 18e siècle par Catherine II) mérite quelques mots de plus, car il peut nous aider à [40] comprendre le sort réservé aux Juifs par Hitler et le sort réservé par Staline à la plupart des Juifs polonais réfugiés en URSS et peut-être même aux Juifs réimplantés en URSS par les Allemands. En septembre '41, Staline accusa ces 500.000 Allemands de la Volga (et les autres Allemands de Russie) de sabotage et d'espionnage et les fit déporter en wagons blindés au-delà de l'Oural (Kirghistan, Tadjikistan, Kazakhstan, Grand Nord et Asie Centrale)(29). Ceux qui résistèrent furent abattus sur place. Les hommes et les femmes furent séparés et mis au travail forcé. Beaucoup moururent, notamment dans des épidémies de typhus. Ils furent libérés à la fin de la guerre mais restèrent sous contrôle spécial; les rescapés ne reçurent l'autorisation de revenir en Europe que 20 ans plus tard (les Tatars de Crimée déportés en 1944, eux, ne reçurent cette autorisation qu'en 1990 et certains, comme les Meskhs, n'ont toujours pas pu revenir chez eux.). Toutefois, ils ne purent récupérer leurs biens qui avaient été distribués à d'autres Russes, eux aussi déplacés de force. Leurs enfants, profondément déchristianisés et acculturés (la plupart ne parlent même plus allemand), se sont mélangés aux Russes, aux Kazakhs et à d'autres ou se sont dispersés, notamment en Allemagne. Aujourd'hui, il ne reste plus guère que 30.000 Allemands sur la Volga. Aucune des victimes de cette déportation n'a, bien entendu, été indemnisée.
Enfin, Israël, approuvé, malgré quelques notables exceptions, par la plupart des Juifs de la Diaspora(30), ne procéda pas autrement avec les [41] Palestiniens: trois ans après la libération d'Auschwitz, une grande partie des Palestiniens s'enfuirent de leurs maisons et de leurs terres à la suite des atrocités juives; certaines furent délibérées et n'avaient d'autre but que de les effrayer et de les inciter à fuir. Dépouillée de tout, une grande partie du malheureux peuple palestinien fut, de fait, réimplantée en Cisjordanie et à Gaza dans des conditions qui n'étaient
probablement pas meilleures que celles que connurent les Juifs réimplantés par les Allemands dans l'Est européen. Sans l'aide des Nations-Unies (UNRWA), combien auraient survécu? Par la suite, Israël s'est emparé de la Cisjordanie et de Gaza. Tous, nous savons ces choses mais le tapage médiatique et le terrorisme intellectuel (et autre) des sionistes nous effrayent au point que nous n'osons pas nous élever contre ce qu'il faut bien appeler la "Solution finale du problème palestinien" et dont nous reparlerons en annexe 1.
Il faut donc bien l'admettre: en termes d'époque (et même d'aujourd'hui), la déportation des Juifs n'était pas nécessairement synonyme d'extermination. Non seulement cette déportation pouvait, à la rigueur,
passer pour une nécessaire mesure de sécurité militaire (encore qu'on aurait pu en adopter de moins radicales), mais il faut bien reconnaître qu'elle était acceptée et même souhaitée par une grande partie des po
pulations pour des raisons culturelles, sociales et économiques. Certes, personne ne souhaitait de mal aux Juifs (peut-être même pas Hitler) et
tout le monde ne leur voulait que du bien, mais ... ailleurs. En fait, l'immigration juive, il y a 50 ans, était perçue comme une plaie: le roi d'Angleterre lui-même demandait à ses ministres de bien vouloir l'arrêter; débordées, les autorités françaises voulaient déporter 10.000 Juifs à Madagascar; elles n'auraient d'ailleurs fait que répondre aux voeux du jeune Mitterand qui, à la même époque, manifestait joyeusement contre l' "invasion des métèques" (c'est-à-dire des Juifs); on pourrait donner toute la nuit d'autres exemples de cette judéophobie d'avant-guerre. Cela n'a certes pas sa place dans le développement de l'histoire de cette persécution mais le lecteur me permettra peut-être de relever [42] que les choses ont bien changé: de nos jours, le "politiquement correct" est plutôt au philosémitisme.
Aussi est-il normal que Baudouin Ier et Albert II aient anobli Maurice Goldstein, président du Comité International Auschwitz, ainsi que Paul Halter, président de la. Fondation Auschwitz, que leur père, Léopold III avait laissé déporter sans protester. Il n'est pas davantage étonnant que le baron Richard von Weizsäcker, ancien président de la République Fédérale Allemande, ait souhaité publiquement que son successeur soit un Juif, alors que son père, le baron Ernst von Weizsäcker, secrétaire d'Etat de Hitler, avait été un des plus acharnés à expulser les Juifs. Quant à François Mitterand, ancien président de la République Française, chébran d'abord, chébran encore, chébran toujours, il n'a eu besoin des conseils de personne pour passer de l'antisémitisme au philosémitisme: il a fini sa vie entouré de ces Juifs qu'il trouvait encombrants 50 ans plus tôt; la découverte de son passé (déjà bien connu dans les milieux nationalistes) ne fut guère exploitée par les sionistes qui comprirent vite, devant les réactions des Français, que son exploitation allait déboucher sur la banalisation a posteriori de l'antisémitisme d'il y a 50 ans. On notera accessoirement que la discipline dont firent preuve nos journaux lors de ce retrait stratégique accrédite la thèse selon laquelle ils sont aux ordres (quand ils ne les précèdent pas).
Où il y eut félonie, il est vrai et toujours selon les principes généralement partagés, ce fut quand des gouvernements organisèrent la déportation de leurs propres nationaux: ce fut notamment le cas de nombreux Juifs français?(31)
Ce qui ne fut pas banal, par contre, ce fut les conditions parfois épouvantables dans lesquelles se déroulèrent ces déportations et l'hécatombe qui en résulta. Ce fut particulièrement vrai en Pologne, où les déportés furent traités avec une sauvagerie qui, par moments, rappela l'épouvantable déportation des Arméniens et autres chrétiens turcs en 1915.
[43]
A partir de la déclaration de guerre, la situation des Juifs changea donc tout naturellement: de corps étranger et corrupteur, ils devinrent -- par la volonté ou la bêtise des sionistes -- un ennemi déclaré, qui fut traité en conséquence c'est-à-dire mis sous surveillance voire mis en détention ou expulsé manu militari.
L'annexion de la Bohème-Moravie, annexion qui avait suivi la fusion avec l'Autriche, avait encore apporté d'autres Juifs à Hitler, mais sans commune mesure avec ce que lui apportèrent l'invasion et le partage de la Pologne. On notera que, si cette invasion entraîna la fin du Comité d'Evian et des discussions entre Anglo-américains et Allemands, elle ne signifia pas que ceux-ci, pour autant, renoncèrent à faire émigrer leurs Juifs et il en partit encore avec leur autorisation jusqu'en 1941. Mais cette invasion permit surtout aux Allemands de penser à regrouper l'ensemble des Juifs européens dans un protectorat à fonder dans le Gouvernement Général de Pologne; ainsi Hitler déclara-t-il à Keitel le 17/10/'39 que le Gouvernement Général allait devoir absorber "les Juifs et les Polacks du territoire du Reich".(32) En fait, ce protectorat juif, prévu d'abord à Cracovie puis à Lublin, devait regrouper non seu[44]lement les Juifs du Reich et de Pologne, mais aussi les Tziganes, les Polonaisjugés antiallemands et, d'une façon générale, tous les "indésirables" ("Unliebsame").
Le 20/10/'39, effectivement, un premier convoi de Juifs viennois partait pour Lublin.
Six jours plus tard, c'était le tour d'un premier convoi de Juifs tchèques.
Simultanément, des convois de milliers de Juifs de l'ancienne Posnanie rebaptisée Warthegau (partie occidentale de la Pologne annexée par l'Allemagne) partaient aussi pour Lublin: ces expulsions ne visaient toutefois pas que der., Juifs mais surtout des Polonais (et même des Tchèques), les uns et les autres devant céder la place aux centaines de milliers de "Vo1ksdëutsche " (Baltes, Polonais, Russes et Roumains d'origine allemande) appelés à regagner la "Mère Patrie" (quand ils n'avaient pas préféré et réussi à rester là où ils s'étaient établis).
Toutefois, au printemps '40, Frank, Gouverneur Général, ayant réussi à faire admettre que la situation à Lublin devenait anarchique et intenable, obtint l'arrêt de ces déportations chaotiques. Ceci entraîna la relance du projet d'installation des Juifs à Madagascar ; le plan Rademacher du 3/7/'40, qui pré-voyait la cession de l'île par la France, qui venait de perdre la guerre, fut accueilli avec enthousiasme par Heydrich et ses services se mirent aussitôt au travail pour donner corps à ce nouveau projet baptisé "Endlôsung" ("Solution finale"), ce qui prouve bien d'ailleurs que ce mot n'est pas synonyme d'extermination. Petit à petit, toutefois, cet enthousiasme tomba ; cela s'explique, disent les historiens intentiormalistes, par le fait que Hitler glissa progressivement vers la solution de l'extermination au fur et à mesure que l'invasion de l'URSS tournait au fiasco mais cette explication n'a pas de sens car l'invasion de l'URSS est postérieure ou concomitante à l'abandon du projet Madagascar. En fait, il devrait apparaître à tout homme de bon sens que ce projet n'était pas réaliste, car le problème du transport était insoluble : comment, en effet, trouver les bateaux nécessaires et les faire naviguer dans des mers contrôlées par des Anglais, qui, contrairement aux espoirs du Führer, n'avaient pas voulu conclure la paix ? Hitler ne sombra donc pas, petit à petit, dans un hypothétique projet génocidaire, mais ce fut la Solution finale qui passa, un temps, au second plan: tout simplement, on ne savait plus que faire.
La simple perspective de guerre à l'Est aurait déjà dû laisser entrevoir un début de solution : envoyer les Juifs en Russie -, encore ne fûtce que le 24/6/'41 soit deux jours après le début de l'entrée en guerre contre l'URSS que Heydrich fit savoir officiellement que la solution - madagascar" était définitivement abandonnée. `
A ce moment, Heydrich dut reconnaitre (on devrait plutôt dire : put reconnaitre officiellement, puisqu'il avait enfin une solution de rechange) qu'il ne pouvait plus être question d'émigration et qu'une "solution territoriale finale" devait être trouvée. Non seulement l'Allemagne n'avait pas les moyens de transporter les Juifs outre-mer, mais elle avait pris conscience de ce que les Juifs émigrés viendraient renforcer les armées ennemies.
Le 3 1/7/'41, Goering demandait à Hzydrich de faire tous préparatifs en vue d'une solution définitive de la question juive dans les régions d'Europe sous influence allemande : "Ces termes dans leur banalité administrative, dissimulaient l'attriburion des pleins pouvoirs aux SS pour organiser l'extermination des Juifs dans lEurope occupée." (John Toland) C'est là une n-ième pétition de principe. En fait, ce n'était là qu'une extension géographique et pour la bonne règle, de pouvoirs qui avaient déjà été attribués à Heydrich pour le territoire du Reich.
Le 6/10/'41, d'après les notes de Koeppen, la conversation du repas du Führer fut consacrée à la résistance en Tchécoslovaquie, laquelle résistance, bien entendu, était censée être animée par les Juifs (les Juifs étaient accusés d'être l'âme de toute résistance, puisque tout ennemi de l'Allemagne était nécessairement juif ou projuif ; d'ailleurs, répétaient les Allemands, les Juifs n'avaient-ils pas déclaré la guerre à l'Allemagne ?) ; Hitler déclara que la solution était de déporter tous les Juifs "loin vers l'Orienf' et puisque les Juifs étaient des informateurs de l'ennemi, il n'y avait qu'à commencer par déporter les Juifs restés à Berlin et Vienne. Aussitôt dit, aussitôt fait: à partir du 14/10/'41, les Juifs allemands commencèrent à être déportés vers Lodz et plus à l'Est en URSS même (Kowno, Riga et Minsk).
QueIquesjours plus tard, le
25/10/1941, nouveau propos de table devant Himmler et Heydrich
: "Que personne n'aille me dire qu'il est impossible de les
entasser dans les rriarais de la Russie [c'est-à-dire,
selon Steffen Werner, les marais du Pripet, à cheval sur
la Biélorussie et l'Ukraine] ! Qui se préoccupe
de nos soldats ? Au fait, ce n'est pas une mauvaise chose que
la rumeur publique nous attribue un projet d'extermination de
tous les Juifs. La terreur est salutaire."
De son côté, Heydrich qui, lui aussi, avait bien d'autres soucis (il s'était fait nommer Protecteur de Bohême-Moravie), convoquait les représentants de diverses administrations pour d'une part, leur annoncer qu'il avait été chargé du problème juif à l'échelle ' européenne et d'autre part, leur faire connaître ses projets, projets auxquels ces administrations étaient priées de collaborer. Prévue pour le 10/12/'41, cette réunion - la célèbre Conférence de Wannsee- n'eut lieu que le 20/1/'42. Une nouvelle réunion devait avoir lieu par la suite pour préciser les détails du plan adopté par Heydrich, mais sa mort (en juin '42) la fit annuler.
Autre propos de table de Hitler le 27/l/1942, quelques jours après
Wannsee : "Les Juifs doivent quitter l'Europe ! Le mieux
est qu'ils aillent en Russie."; le Gouvernement Général,
ainsi que Hitler l'avait promis à Frank, ne servirait plus
qu'au transit des Juifs et à la mise au travail forcé
de ceux dont les Allemands voulaient utiliser la maind'oeuvre
en attendant la fin - proche, croyaient-ils- des hostilités.
Dans une note du 10/2/'42 (soit vingt jours après Wannsee), Rademacher, adjoint de Martin Luther, sous-secrétaire d'Etat de Ribbentrop, ministre des Affaires étrangèrzs, rapportait à son supérieur que "la guerre contre l'URSS a créé entre-temps la possibilité de disposer d'autres territoires pour la solutionfinale ["Endlôsung"]. Le Führer a décidé en conséquence que les Juifs devraient être évacués à lEst et non plus à Madagascar. La solution de Madagascar ne doit donc plus être retenue pour la solution finale".
On notera qu'on peut penser
que la déportation des Juifs à l'Est n'est pas la
"Solution finale": d'après un document produit
à Nuremberg et dora Irving a reparlé au procès
Zündel, le chef de la Chancellerie du Reich, Lammers,
a confirmé au printemps 1942 au ministre de la Justice
[48] qu'Hitler avait décidé de reporter la "Solution
finale" à l'après-guerre. Cette solution de
l'Est n'était donc que provisoLre, Hitler n'ayantjamais
écarté pour l'après-guerre une solution
du type "Madagascar".
On en a confirmation par ailleurs ; ainsi, le 7/3/1942, après avoir reçu copie du "Protocole de Wannsee", Goebbc Is notait: "Pour le moment, ils [les Juifs] seront concentrés dans lEst ; après la guerre, si possible, une île comme Madagascar leur sera assignée. (..) Sans doute, cela créera-t-il une multitude de drames individuels, mais c'est inévitable. La situation est maintenant mÛre pour un règlement de la question juive. "(34)
Jusque là, les déportations avaient été anarchiques, les plans (toujours partiels) se succédant les uns aux autres pour être aussitôt interrompus (on vit même des Juifs du Reich --notamment de Vienne-- qui avaient été déportés dans l'Est revenir à leur lieu de départ : c'est déjà la preuve qu'on ne les y avait pas envoyés pour les exterminer). A partir du deuxième trimestre de 1942, toutefois, cela changea radicalement et le plan plus cohérent exposé à Wannsee fut mis en application (encore que la mort de Heydrich l'atténua, pense Reitlinger).
Le 27/3/1942, se référant à un autre document reçu de la SS (35), Goebbels notait: "Du Gouvernement Général, en commençant par Lublin, les Juifs sont maintenant expulsés vers l'Est. On emploie ici une méthode barbare qu'il n'est pas nécessaire de décrire et des Juifs euxmêmes, il ne reste pas grand-chose. En gros, on peut probablement dire que 60% d'entre eux seront liquidés, tandis que 40% pourront être mis au travail." Il est remarquable que des historiens comme Hilberg se gardent de donner cette citation, pourtant accablante, du journal de Goebbels : il est évident que c'est parce qu'elle constitue une preuve de ce que, à cette époque cruciale, il n'y avait pas de politique alleman[49]de d'extermination systématique des Juifs ; sinon, il faudrait admettre que l'un des antisémites nazis les plus actifs, Goebbels, n'en était même pas informé, ce qui est grotesque. Ces mots -tout inquiétants qu'ils soient- couvrent donc une opération --limitée dans le temps et l'espace-- d'évacuation, de dépouillement, d'épouillage, de sélection des aptes et, enfin, d'expulsion des inaptes, le tout dans la plus grande brutalité. Toutefois, on peut prétendre que Globocnik y ajouta la mise à mort des inaptes, encore que les historiens commencent à admettre que ce ne fut pas avant mai '42 que l'opération tourna au massacre (nous en reparlerons) : à cette époque, les Brimnniques avaient commencé leurs bombardements terroristes visant à exterminer la population civile allemande ; deux jours plus tard, par exemple, ils détruisaient Lübeck et Goebbels notait : "Et quelle importance que des Juifs soient fusillés dans des fosses? Cela leur pendait au nez ! Ils nous ont déclaré la guerre et le temps n'est pas à la compassion et au sentimentalisme." Il pouvait donc bien y avoir d'affreux massacres, admet Irving (tout en continuant à trouver farfelue la thèse des chambres à gaz). On peut admettre (cela mettra peut-être tout le monde d'accord) que les 60% dont parle Goebbels ont été systématiquement, du moins à une époque, liquidés par fusillade (le gazage est une vue de l'esprit, ainsi que nous l'avons vu dans le tome 1) puis enterrés (leur incinération est une autre impossibilité ou, du moins, une improbabilité) mais en beaucoup plus petit nombre que les historiens le disent, ce qui fait que cette "Aktion " menée à Belzec, Sobibor et Treblinka (il s'agirait de l"'Opération Reinhard" dont nous reparlerons) serait du domaine du matériellement possible. (36)
Le 24/7/1942, en plein coeur de la
grande opération d'évacuation des Juifs (les Juifs
de Varsovie, par exemple, sont en cours d'évacua[50]tion via Treblinka depuis la veille), nouvel
et important propos de table: Hitler parle de l'émigration
des Juifs après la guerre "vers Madagascar ou un
autre Etat national juif". On exterminait donc peut-être
bien les Juifs ainsi que le prétendent les historiens mais,
en tous cas, Hitler, lui, n'en avait apparemment pas été
informé.
On retrouve confirmation de tout cela dans un memorandum du 21/8/'42 dans lequel Luther résumait la politique antisémite suivie depuis 1933 jusqu'à Wannsee; il concluait sa note en précisant encore que:
a) les déportations étaient un pas dans la voie de la solution globale du problème;
b) la déportation dans le Gouvernement Général était une mesure temporaire;
c) les Juifs seraient envoyés par la suite dans les territoires de l'Est occupés dès que les conditions techniques ad hoc seraient réunies.
La Chancellerie du Parti (Martin Bormann) émit le 9/10/'42 une ordonnance pour répondre aux rumeurs relatives à la solution du problème juif: cette ordonnance confirmait -- sans précautions de langage -- le mémorandum de Luther; il y était dit que:
" a) Pour assurer son existence, le Reich devait refouler totalement les Juifs et les éliminer de l'espace économique européen.
b) Les Juifs étaient transportés de façon courante à l'Est dans de grands camps en partie encore à construire, d'où ils étaient soit affectés au travail, soit amenés encore plus loin à l'Est.
c) Il était dans la nature des choses que ces problèmes soient, pour des raisons de sécurité, réglés avec une fermeté sans ménagement."
Si ce sont les nécessités de la sécurité militaire qui sont à la base de la décision de la déportation générale, décision dont les Allemands se seraient bien passé, il est évident que, inévitablement et logiquement, cette déportation (à l'intérieur de la zone contrôlée par les Allemands, ne l'oublions pas) ne pouvait qu'entraîner la mise au travail forcé des Juifs sur le lieu même ou sur le chemin de leur relégation; cette mesure, non seulement était de nature à les empêcher de nuire éventuellement aux intérêts du Reich (par exemple en rejoignant les rangs des partisans) mais était hautement bénéfique pour le Reich: les Juifs aidaient ainsi l'Allemagne à gagner une guerre qu'ils étaient accusés, par la faute des sionistes, de lui avoir déclarée. A la reprise des déportations fin '41 -- début '42, les Allemands ne souhaitèrent même d'abord [51] déporter que des hommes et des femmes aptes au travail. Ainsi, après la Conférence de Wannsee du 20/1/'42, Eichmann réunissait ses gens le 11/6/'42 et Dannecker, son représentant pour la France, en rapportait que Himmler avait décidé de transférer à Auschwitz pour une "mise au travair" un plus grand nombre de Juifs, à savoir d'Europe du Sud-Est et de l'Ouest, la condition essentielle étant que ces Juifs soient âgés de 16 à 40 ans, "10% de Juifs inaptes au travail" pouvant être compris dans ces convois. Cette tolérance de 10%, qu'il faut interpréter comme un adoucissement d'une mesure peu humaine (ce souci de ne pas séparer les familles, notamment les enfants de leurs parents, était partagé, note Amouroux, par tous ceux qui avaient pris la défense des Juifs: évêques catholiques, résistants, etc.) fut certes très vite dépassée, non plus dans un souci humanitaire mais en raison du désir d'une partie de l'appareil allemand (et des autorités nationales de divers pays) d'expulser tous les Juifs (du moins étrangers); il n'en reste pas moins vrai que 5 mois après la prétendue décision d'exterminer les Juifs, Auschwitz ne s'intéressait manifestement qu'aux Juifs aptes au travail. L'objectif prioritaire des Allemands n'était pas d'exterminer les Juifs mais de gagner la guerre et la mise au travail des Juifs (voire leur relégation, puisqu'ils étaient censés constituer une "cinquième colonne") pouvait les y aider davantage que leur extermination, pour autant qu'ils aient jamais souhaité les exterminer.(37)
Les historiens nous donnent par ailleurs confirmation de tout ceci; il suffit de lire la presse avec attention. En 1992, à l'occasion du 50ème anniversaire de la rafle du Vel'd'Hiv à Paris, le judaïsme français a fait pression pour que l'Etat français reconnaisse formellement sa responsabilité dans la déportation des Juifs de France et l'un des arguments [52] qu'il emploie, confirme l'instruction de Himmler que Dannecker avait rapportée. Ainsi, "Le Monde" du 16/7/'92 rappelle que:
- La rafle fut organisée par les Autorités françaises ("Sur tous les clichés (...) on ne voit pas un seul uniforme allemand. On ne voit que des képis français. ")
- Les Français ne répondirent pas aux demandes des Allemands puisqu'ils arrêtèrent des enfants dont les Allemands ne voulaient pas ("Mais que faire des enfants? Les Allemands ne réclament que les Juifs étrangers de plus de 16 ans").
Or, on était le 16/7/'42, c'est-à-dire 6 mois après Wannsee et ce n'est finalement que plus tard que les Allemands acceptèrent également et après s'être fait prier, la déportation des enfants (que les Français avaient séparés de leurs mères). Un mois plus tard, Serge Klarsfeld confirme tout cela dans une page entière du "Monde" du 25/8/'92 consacrée à une deuxième grande rafle, en Zone Libre cette fois (c'est-à-dire dans une zone qui n'était pas contrôlée par les Allemands), celle du 26/8/'42.
On n'insistera jamais assez sur le sans-gêne avec lequel les médias nous manipulent: ils affirment que le 20/1/'42 s'est tenue la conférence de Wannsee, au cours de laquelle a été décidée et organisée l'extermination des Juifs, mais ils affirment aussi -- pour les besoins d'une cause accessoire -- que le 16/7/'42 et le 26/8/'42 soit 6 et 7 mois plus tard, les Allemands ne souhaitaient déporter que des Juifs étrangers et aptes au travail. Cette incohérence ne semble déranger personne, comme s'il était normal qu'on nous manipule à longueur d'année.
De tels documents, c'est-à-dire des documents indiquant que les Allemands ne déportaient pas les Juifs pour les exterminer (même si, selon la thèse fonctionnaliste, certaines autorités locales les exterminaient à l'insu de Berlin) pullulent dans les archives. Les historiens objectent que toutes ces tonnes de documents utilisent un langage codé: ainsi par "déportation" il faudrait entendre "extermination", etc... Cette affirmation est gratuite et invraisemblable; un tel codage est d'ailleurs impraticable.
A fin 1942, l'essentiel du drame de la
déportation proprement dite était joué; bien
entendu, les souffrances des déportés survivants
(à [53] l'époque, ils devaient encore constituer
une majorité) étaient loin d'être tenninées.
Par la suite, en 1943 et 1944, les Allemands déportèrent
encore quelques dizaines de milliers de Juifs belges, hollandais,
français et surtout, ils s'attaquèrent à
la communauté juive de Hongrie, communauté forte
de 800.000 personnes dont ils déportèrent une bonne
moitié, Néanmoins, c'est en 1942 que se situe le
"centre de gravité" de cette déportation
et nous allons donc examiner cette période plus en détail.
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Notes
(1) La législation antirévisionniste adoptée par divers pays dont la Belgique est non seulement grotesque mais tout simplement contraire au droit car, comme l'a confirmé la Cour Européenne des Droits de l'Homme dans un arrêt du 26/4/1979, la liberté d'expression "vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui peuvent choquer ou inquiéter l'Etat ou une faction quelconque de la population." Il est effectivement vain et même du plus haut comique de parler de droit à la liberté d'expression dès lors qu'il se limiterait à l'expression d'opinions admises par tous.
(2) P. Burrin commentant dans "Le Monde" du 15/12/'87 le colloque international sur le nazisme de décembre '87 à la Sorbonne.
(3) Martin Broszat, cité avec d'autres historiens aussi estimés que Hans Mommsen et Uwe Dietrich Adam par Saul Friedländer en mai '84 au congrès de Stuttgart.
(4) Etait-il croyant? Il affirma souvent un attachement indéfectible au catholicisme, tout en en critiquant et en combattant, à l'occasion, les structures et la hiérarchie.
(5) J'ai lu, par exemple, qu'un "Generalsiedlungsplan " de 1942 prévoyait le déplacement en Sibérie, sur une période de 30 ans, de 31 millions de personnes "racialement indésirables" et l'établissement de 10 millions d'Allemands et d'apparentés sur les terres s'étendant de la Pologne au bassin du Dniépre.
(6) Il y a eu incontestablement de 1a part des Britanniques tentative et début d'exécution de génocide sur le peuple allemand. Et en l'occurence, point de distinguo subtil : ce fut intentionnel. On ne se souvient pas avoir lu que ce crime contre l'humanité avait été poursuivi et ses auteurs punis.
(7) Les familiers du Führer n'étaient pas épargnés:
-- son neveu, Leo Raubal, frère de Geli Raubal (qu'Hitler aima tant) fut blessé à Stalingrad et Hitler refusa de le faire évacuer, le condamnant ainsi a priori à une mort presque certaine, encore qu'il soit revenu en 1955.
-- Hans Hitler, fils de son cousin germain, et Heinz Hitler, fils de son demi-frère Alois, furent tous deux faits prisonniers ; Heinz mourut en captivité.
(8) Par ailleurs et en homme de son temps c'est-à-dire "politiquement correct", Churchill traitait les Arabes de "vauriens", les Egyptiens de "sauvages dégénérés", les Noirs africains de "nègres" et de "babouins", etc... (Rivarol, 24/6/'94). Il avait en 1906, en tant que secrétaire d'Etat à l'Intérieur, fait étudier un plan de stérilisation forcée applicable à certaines catégories de Britanniques. (Les Américains, eux, mirent un tel plan en application entre les deux guerres!) Hitler n'aurait pas innové dans ce domaine non plus.
(9) C'est là une chose tout à fait révoltante: pour les uns (certains antisémites) et les autres (rabbins, ... ), certains êtres naîtraient Juifs et le resteraient quoi qu'ils fassent.
(10) "La diplomatie du IIIe Reich et les Juifs 1933-1939",
Ch. Bourgois, 1981
(11) L'institut Jules Destrée a vivement protesté
contre cette accusation d'antisémitisme, lequel antisémitisme,
on le sait maintenant, est le plus grave des péchés
mortels: "(...) Puis, plus tard, en pleine montée
du nazisme, il [Destrée] accorda son patronnage
à un livre qui dénonçait les persécutions
des israélites allemands par les hitlériens (...)".
Quel que soit le sujet traité, il est vraiment difficile
d'accéder à la vérité.
(12) On notera même qu'au procès de Nuremberg, Streicher put affirmer sans être démenti que les nazis avaient pris exemple sur les Juifs : c'était grâce à de telles lois, affirmait-il, que le peuple juif avait survécu.
Haïm Cohen, qui fut juge à la Cour suprême d'Israël, ne disait rien d'autre (sauf qu'il contestait implicitement que le mauvais exemple vint des Juifs) : "L'amère ironie du sort a voulu que les mêmes thèses biologiques et racistes propagées par les nazis et qui ont inspiré les infâmantes Lois de Nuremberg, servent de base à la définition de la judaïté au sein de l'Etat d'Israël." (d'après Roger Garaudy)
(13) La grande erreur de Hilberg (et des historiens intentionnalistes) est de croire que les diverses mesures dom furent victimes les Juifs et dont la dernière était affirme-t-il, leur mise à mort, faisaient partie d'un plan cohérent établi de longue date et mis en application de façon progressive : c'est puéril de sa part. La marginalisation et l'incitation à l'exil des années '30 étaient des mesures de temps de paix ; la déportation et les massacres (même à caractère génocidaire) des années '40, des mesures et des conséquences de la guerre: il y a une discontinuité évidente dans la politique antijuive de Hitler. En d'autres termes, il n'y aurait sans doute jamais eu de déportation s'il n'y avait pas eu de guerre.
(14) Ce boycott a dû revenir en mémoire à ceux qui ont lu dans "Le Monde" du 25/12/'92 que:
1. Les membres du CJM (Congrès Juif Mondial) avaient le 22/12/'92 fait part de leur inquiétude face à la montée du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie en Europe et en particulier en Allemagne.
2. Ils avaient toutefois jugé "inappropriées" des mesures de boycottage du tourisme ou de l'économie de ce pays (dont les dirigeants, a dit Jean Kahn, président du Congrès Juif Européen, avaient en l'occurence, un comportement décevant.)
On en tirera les conclusions suivantes :
1 . Certains leaders juifs ont proposé un boycott. D'ailleurs, quelques jours auparavant, Mme Shulamit Aloni, ministre israélien de l'éducation, avait suggéré "d'inviter les Juiîs du monde entier -- à commencer par ceux d'Israël -- à boycotter l'Allemagne et ses produits si un terme
n'était pas mis rapidement aux
manifestations racistes."
2. L'ensemble des leaders juifs du monde ont annoncé qu'ils en avaient parlé, ce qui a valeur d'avertissement aux Allemands (et aux autres peuples).
Les exemples de semblable comportement de la part des représentants des communautés juives ne sont pas rares : il est perçu par nos semblables comme une forme d'arrogance et de culot également intolérables ("Faites comme je dis et pas comme je fais.") et on peut penser que leur seul résultat est d'entretenir l'antisémitisme. Ce fut au moins le cas en 1933 : le boycott fut un échec sur le plan commercial mais il déclencha un processus qui se termina tragiquement.
(15) Par définition, l'Etat d'Israël n'est pas l'Etat de ses habitants et même pas l'Etat de ses citoyens mais l'Etat des seuls Juifs: Israël n'est donc aucunement un Etat démocratique, à moins d'estimer que Sparte, l'Allemagne hitlérienne et l'Afrique du Sud de l'apartheid étaient des Démocraties. Aussi n'est-il pas étonnant qu'il réserve aux agglomérations regroupant ses ressortissants non juifs des conditions d'existence de sous-citoyens: pauvreté des ressources et des services municipaux, écoles surchargées, crèches inexistantes, rues défoncées, égouts à ciel ouvert, etc ... Fait significatif: les Israéliens non juifs ne sont pas appelés à servir dans l'armée israélienne! Au fond, cette politique d'apartheid n'est pas fort différente de celle qu'Hitler mit en place à Nuremberg. On notera qu'elle est appelée à se renforcer: "(...) Mr Rabin réclame une 'séparation nette', une 'séparation complète' entre Israéliens et Palestiniens." ("Le Monde Diplomatique", déc '94). "Déjà décrété en octobre, le 'bouclage stratégique' est une séparation des sociétés israélienne et palestinienne, dans tous les aspects de la vie économique, sociale et culturelle, qui a pour but, comme disait M. Rabin, de 'minimiser aussi fortement que possible' le nombre de Palestiniens admis en Israël." ("Le Monde" du 24/1/'95) Quant à l'interdiction des rapports sexuels entre communautés, point n'est besoin de légiférer en la matière dans un Etat fondamentalement raciste et exclusiviste comme Israël! Il suffit de prendre un article de presse d'aujourd'hui traitant des rapports judéo-palestiniens et d'y remplacer les mots "Palestiniens" et "Israéliens" par les mots "Juifs" et "Allemands" et on a une idée exacte de ce que furent les Lois de Nuremberg : une seule différence, la politique d'exclusion pratiquée par les Israéliens ne fait hurler aucun journaliste! Et pourquoi donc? On peut même sans risquer de poursuites, justifier l'apartheid pourvu que ce soit Israël qui l'impose: ainsi, le romancier israélien très connu Amos Oz dans "Le Monde" des 26 et 27/2/'95 : "(...) il y a deux peuples sur un seul territoire [la Palestine], et il faut désormais les séparer.(...) Je constate, à regret, que les mélanges ethniques dans le monde d'aujourd'hui produisent des catastrophes, que ce soit (...) ou en Belgique ...(...)". Il y a décidément deux catégories de citoyens, deux catégories de journaux et deux justices dans nos pays.
La querelle née en France à propos de l'illégalité de la "préférence nationale" que le Front National voudrait appliquer, doit provoquer l'hilarité en Israël.
(16) Commentaires des juristes rédacteurs des Lois de Nuremberg,
le fameux Bernard Losener et Friedrich Knost: "Selon la
volonté du Führer, les Lois de Nuremberg n'impliquent
pas vraiment des mesures propres à accentuer la haine raciale
et à la perpétuer; au contraire, de telles mesures
signifient le début d'une accalmie dans les relations entre
le peuple juif et le peuple allemand.
Si les Juifs avaient déjà leur propre Etat, dans lequel ils se sentiraient chez eux, la question juive pourrait être considérée comme résolue, tant pour les Juifs que pour les Allemands. C'est pour cette raison que les sionistes les plus convaincus n'ont pas élevé la moindre opposition contre l'esprit des Lois de Nuremberg." (d'après Roger Garaudy)
(17) Le refus de l'Autre est un élément constitutif du judaïsme au point que certains ont pu affirmer que cette religion était la mèrc de tous les racismes : "Tu ne donneras pas ta fille à leur fils et tu ne prendras pas leur fille pour ton fils." (Deutéronome VII, 3)
(18) 90% des Juifs d'Allemagne, disait Hitler, étaient venus au cours des dernières décennies ils Y étaient venus sans rien et aujourd'hui, ils étaient en moyenne, 4,6 fois plus riches que leurs hÔtes allemands. Ils avaient abusé de la confiance des Allemands et il était normal qu'ils n'emportent pas ces richesses en s'en allant, d'autant plus normal que le Reich était pauvre en devises étrangères. Plus tard, les Allemands justifièrent aussi le dépouillement des Juifs déportés par la recherche d'une compensation aux destructions causées à, la population allemande par les bOmbardements aériens, bombardements dus à une guerre que les Juifs étaient censés avoir déclenchée.
(19) Il est à noter que le fondateur du sionisme politique, Theodor Herzl, avait déjà proposé, un temps, un pays d'Afrique -- la Guinée ou l'Ouganda (c'est-à-dire, en termes d'époque, le Kenya) -- comme siège d'un foyer national juif. Les Polonais envoyèrent même à Madagascar une mission d'étude (mission polono-juive Lepecki). Les Français s'interrogeaient sur l'envoi dans l'île de 10.000 Juifs immigrés de fraîche date (Arendt parle même de 20.000 Juifs étrangers). Les Anglais furent, un temps, très favorables à cette solution comme alternative à 1a solution palestinienne. Herzl, qui proposait aussi la Tripolitaine, Chypre, l'Argentine, le Mozambique et le Congo, dut finalement se rallier à la solution palestinienne, solution qui ne lui paraissait pas évidente.
(20) Les Juifs occidentaux, dont les Juifs allemands, étaient assimilés au point de ne pas donner, sauf exception, la priorité à leur judaïté : en fait, de Juifs allemands, ils étaient devenus des Allemands juifs et même des Allemands de moins en moins juifs; ils étaient tellement intégrés qu'ils acceptaient de fermer les yeux sur les préjugés raciaux qui subsistaient en Allemagne; pire, certains étaient des nazis fanatiques (les "Juifs bruns") et on peut se demander si la plupart n'auraient pas souscrit à une forme non raciste de l'antisémitisme. Mais cette assimilation était loin d'être la règle en Europe orientale: ainsi, les Juifs polonais se qualifiaient-ils de "Juifs" et désignaient-ils leurs compatriotes polonais non juifs par "Polonais". On comprend, sans l'excuser, que pareille cohabitation n'ait pas été fort longtemps une lune de miel. On notera d'ailleurs que, dans le même temps, toute l'Europe orientale accentuait son antisémitisme traditionnel, notamment la Pologne: introduction d'un numerus clausus dans l'enseignement supérieur; ségrégation raciale dans les universités; boycottage économique; réglementation de l'accès au barreau; pogroms (500 morts de 1934 à 1938); déchéance de la nationalité polonaise pour les Juifs polonais émigrés, ce qui incita les Allemands à expulser précipitamment vers la Pologne -- juste avant la promulgation de cette loi! -- les Juifs polonais vivant sur son territoire. Les Juifs hongrois n'étaient pas mieux traités et étaient victimes, depuis 1920 et à la suite de la révolution communiste avortée de 1919, de diverses mesures (numerus clausus, etc ... ).
(21) Reitlinger dit que le plan Schacht consistait dans l'émigration de 150.000 Juifs grâce à un prêt international remboursable en 20/25 ans et garanti par les actifs de la communauté juive allemande. Il dit que c'est Hitler qui fut à la base de l'échec du plan pour n'avoir plus voulu risquer de perdre ces actifs, mais, à Nuremberg, Schacht imputa clairement la responsabilité de l'échec aux puissances occidentales.
(22) Notons quand même qu'en novembre '38, à la suite d'un accord entre l'Agence Juive et les services d'Eichmann, les Anglais acceptèrent le transit d'un nombre illimité d'enfants juifs (moyennant le versement d'une somme de 50£ par enfant en vue de financer son émigration hors d'Europe, ce qui en dit long sur le peu de générosité des Anglais). 10.000 enfants allemands, autrichiens et tchèques passèrent ainsi en Grande-Bretagne entre le 2/12/'38 et le 14/5/'40 (jour de la capitulation de la Hollande). Les deux tiers n'auraient pas revu leurs parents (résumé d'un livre de Rebekka Goepfert dans le Bulletin de la Fondation Auschwitz, oct.-déc. '95). Ce fait à lui tout seul réduit déjà à néant la thèse de ceux qui affirment, "preuves" à l'appui, qu'Hitler avait, du moins à cette époque c'est-à-dire 8 mois après le partage de la Pologne, décidé d'exterminer les Juifs. En effet il devrait apparaître à tout homme de bon sens qu'un génocide doit d'abord commencer par la mise à mort de ceux qui sont en âgc de se reproduire ou qui vont avoir cet âge.
(23) On notera que le sort des Juifs fut peut-être aggravé par ce choix, notamment du fait que Heydrich était censé avoir une grand-mère juive (c'était un "demi-Juif", dit même Arendt): c'est là un fait (ou du moins un "soupçon" dont il avait dû avoir connaissance) difficile à assumer pour un antisémite raciste et on peut craindre que Heydrich n'en fut que plus dur dans la mise en place de la "Solution finale". Hitler et Himmler, paraît-il, étaient même surpris de cette dureté et en plaisantaient sur le ton de "Heydrich essaie de faire oublier la mauvaise moitié qui est en lui". On notera encore que, en dehors de Hitler et de Heydrich, d'autres hauts dignitaires nazis avaient également du "sang" juif, notamment Karl Frank (ne pas confondre avec le gouverneur général de Pologne), Alfred Rosenberg, Robert Ley, le maréchal de l'air Milch. Et Eichmann? Reitlinger dit d'une part, que ses collègues le taquinaient sur son "apparence juive" et, d'autre part, qu'on a remarqué que dans l'arbre généalogique qu'il a remis lors de son incorporation dans la SS, Eichmann a omis de donner l'origine et la date de naissance de sa grand-mère maternelle. Il serait évidemment bien téméraire de tirer la moindre oonclusion de tout cela (ce qui n'a pas empêché, jadis, certains de prétendre qu'Eichmann, bénéficiant de la Loi du Retour, s'était réfugié en Israël).
24) Dans les 500 pages reprenant les "propos de table" de Hitler du 2l/7/'41 au 31/7/'42, il y a une citation, celle du 24/7/'42, qui fait précisément référence à la déclaration de guerre de Weizmann.
"Les propos de table" (publiés par Henry Picker) sont extraits de notes prises à la table d'Hitler ou au sortir de cette table par deux commensaux, Heim et Koeppen. Ces deux chroniqueurs, qui n'ont découvert qu'après guerre qu'ils avaient effectué le même travail, se recoupent. Heim dit que la partie publiée par Picker est précise mais tronquée (1/6 seulement des propos rapportés par lui-même). (D'après John Toland)
(25) "Les Juifs [de Belgique], dit M. Steinberg, (0,7% de la population) furent dans la résistance active à raison de 10%, ce qui est énorme et logique". Par contre, on notera que Hannah Arendt pensait que les groupes juifs dans la résistance "étaient incroyablement faibles et essentiellement inoffensifs" et "ne représentaient guère les populations juives". C'est aussi l'avis de Hilberg.
Par ailleurs, on dit qu'il y eut entre 1 et 1,5 million de Juifs à combattre dans les armées alliées (soit environ 600.000 dans l'armée américaine, 450.000 dans l'Armée rouge, 100.000 dans l'armée britannique et 120.000 ailleurs). Le premier ministre israélien Rabin a avalisé ces chiffres: "Nous respectons le combat des armées alliées dans les rangs desquels 1,5 million de juifs ont servi, (... )" ("Rivarol", 5/5/'95)
(26) On sait déjà que, selon David Cesarani ("Le Monde", 4/7/'95), "plus de 800 ressortissants des Pays en guerre avec l'Angleterre, détenus préventivement puis transportés d'Angleterre en Australie et [sic] au Canada, coulèrent avec l'Arandora-Star et périrent en Mer d'Irlande,(...)". Autre question: n'y aurait-il pas eu des Juifs et même une majorité de Juifs dans ces 74.000 ressortissants du Reich? Si oui, qu'attendent les responsables juifs pour demander des comptes à la Grande-Bretagne? Et si la réponse est négative, que faut-il donc en penser?
(27) Soit dit en passant, il se pourrait qu'ils aient pu massacrer jusqu'à 150.000 indigènes lors de la reprise en main de l'Indonésie au lendemain de la guerre. Ceci mériterait quand même d'être vérifié.
(28) Apparemment, certains furent libérés par la suite au profit de l'armée et y constituèrent des unités homogènes (les "Nisseis") qui furent envoyées en Europe où elles brillèrent par leur ardeur au combat. (Voir Charles Baron dans "Le Monde Juif", Mai-Août '95.)
(29) Cette déportation d'Allemands "de souche" par les ("Judéo-") communistes fut utilisée par Rosenberg pour tenter d'activer la déportation des Juifs en URSS. On notera aussi un autre lien entre les deux déportations: selon Reitlinger, les Soviétiques avaient déporté les Juifs biélorusses de Vitebsk et Bobruisk "en vue de remplacer les Allemands de la Volga dans la région de Saratov. "
(30) Les exemples de la manifestation de cette solidarité ne manquent pas; citons, par exemple, Elie Wiesel: "(...) Je suis contre la guerre et pour l'humanisme, mais, comme Juif, appartenant à la génération traumatisée qui est la nôtre, je suis totalement solidaire de ce qui se passe en Israël. Je suis avec Israël; et ce qu'lsraël fait, Israël le fait en mon nom aussi." ("Paroles d'Etranger", 1982).
Se défendant par la suite -- mais sans convaincre -- contre l'accusation de "double allégeance", le grand rabbin de France Sitruk disait au premier ministre israélien Shamir (lequel, signalons-le au passage, fit par écrit des propositions de collaboration aux Allemands): "Chaque Juif français est un représentant d'Israël (...) Soyez assuré que chaque Juif en France est défenseur de ce que vous défendez." ("Le Monde" des 12 et 13/7/'90)
Par contre, citons aussi, pour
sauver l'honneur de la communauté juive, René Raindorf,
ancien d'Auschwitz et administrateur de la Fondation Auschwitz:
"Je considère personnellement que le sionisme
politique est une forme de colonialisme, d'impérialisme
et de racisme." (Bin Fion Auschwitz, jan-mars '90). Toutefois,
Raindorf semble assez isolé; nous ne parlons pas, bien
entendu, de tous ceux qui, quoique d'"origine juive",
ont quitté la communauté (voire n'en ont jamais
fait partie) et ne se reconnaissent pas dans Israël: ils
sont, semble-t-il, de plus en plus nombreux.
(31) C'était d'autant plus scandaleux qu'ils avaient massivement démontré à l'occasion de la guerre '14-'l8 (y compris en Allemagne) et de la campagne '39-'40, qu'ils avaient été des plus ardents défenseurs de leur pays.
(32) Le Gouvernement Général était la partie de la Pologne non annexée par les Allemands, les Soviétiques et les Lituaniens. C'est dans cette région que les historiens situent les camps de la mort (y compris Auschwitz, ce qui constitue une erreur, car Auschwitz faisait partie du Reich).
(33) Finalement l'île fut envahie par les Britanniques en mai 1942.
(34) Citation extraite de "Revelationsfrom Goebbels Diary", David Irving, "The Journal of Historical Review" jan/feb. '95. Doit bientôt paraître, notamment en français, un nouveau livre d'Irving : "Dr Goebbels : sa vie et sa mort". Irving a pu acheter aux archives russes la copie intégrale, microfilmée sur plaques de verre, du fameux journal dr Goebbels (on n'en connaissait que des extraits de source historienne et c'était fort insatisfaisant).
(35) Si j'ai bien compris, Goebbels avait rendu visite en mars '42 à Globocnik, qui, depuis septembre 1939, gérait la "réserve juive" de Lublin et à qui on avait confié la grande "Aktion" contre les Juifs du Gouvernement Général c'est-à-dire le "Sonderbehandlung".
(36) Les historiens qualifient souvent d'Opération Reinhard" (avec un d ou un t final, ils ne savent pas trop) l'opération de déportation- extermination des Juifs dans les camps du Bug. Faurisson dit que, d'après l'historien allemand Uwe Dietrich Adarn, l'Aktion Reinhardt" (avec un t final) était une opération qui devait son nom à un secrétaire d'Etat aux finances de Hitler. Elle portait sur la confiscation des biens de riches Polonais. Pour les historiens, cette "Aktion" est l'opération d'extermination des Juifs polonais ou déportés en Pologne dans les camps de Chelmno, Beizec, Sobibor et Treblinka : son mom, disent-ils, lui a été donné en hommage à Heydrich qui venait d'être assassiné et dont le prénom était Reinhard (avec un d final) : cette version paraît peu vraisemblable ; il semble plutôt qu'il y eut deux opérations distinctes, parallèles encore que parfois complémentaires et exécutées toutes deux par Globocnik.
(37) Dans le même document, Dannecker rapporte qu'un général allemand du nom de Kohl lui avait alloué des wagons avec enthousiasme, car "il est un ennemi sans compromis des Juifs et il approuve à 100% une solution définitive de la question juive ayant pour but l'anéantissement sans restes de l'ennemi". Dannecker ajoutait: "Il se montre aussi ennemi des Eglises politiques". Enfin, ce général déclarait qu'il considérait la solution rapide de la question juive en France occupée comme une nécessité vitale pour la troupe d'occupation. On présente souvent cette déclaration comme une preuve de la volonté génocidaire des Allemands (pour être plus probant, on ne cite souvent que la première de ces trois déclarations de Kohl, qui, il faut le faire remarquer, n'était pas en charge de ces problèmes: il s'occupait de charroi ferroviaire); c'est insoutenable:
Kohl voulait bien entendu dire, en usant
d'un langage propre aux militaires, voire aux sportifs, qu'il
était pour la destruction de la capacité de nuire
d'un ennemi constitué en "cinquième colonne"
opérant dans le dos de l'armée allemande. Il ne
souhaitait évidemment pas pour autant la mort physique
de cet ennemi.
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LA CONTROVERSE SUR L'EXTERMINATION
DES JUIFS PAR LES ALLEMANDS, Notes
de lecture de Jean-Marie Boisdefeu, 2ème édition,
1996, Vrij Historisch Onderzoek , Tome 1: Réalités
de la solution finale, ISBN: 90 73111 19 6, Wettelijk Depot:
D/5727/1996/2, NUGI 648, V.H.0., Postbus 60, B-2600 Berchem. 2,
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