AAARGH
Combien de Juifs furent-ils déportés? Nous avons déjà dit que l'étude et l'extrapolation du rapport Korherr permettait de penser que les Allemands n'ont certainement pas pu s'emparer de plus de 3 millions de Juifs, mais peut-on en avoir la confirmation par ailleurs? Autre question: les diverses communautés juives furent-elles frappées de la même manière?
Comme nous l'avons dit dans le tome 1, nous ne pouvons, en si peu de pages, tout examiner et nous concentrerons notre analyse sur le cas de la communauté juive de Pologne, communauté qui aurait fourni la moitié des 6 millions de morts. Ce n'est évidemment pas une raison pour ne pas dire un mot des autres communautés. D'après les historiens, les Allemands ont déporté le nombre (approximatif) suivant de Juifs d'Europe occidentale:
| Pays-Bas | 110.000 |
| France | 75.000 |
| Grèce | 60.000 |
| Autriche | 50.000 |
| Belgique | 25.000 |
| Italie | 10.000 |
| Yougoslavie | 60.000 |
| Tchécoslovaquie | 150.000 |
| Luxembourg | 1.000 |
| Scandinavie | 1.000 |
| Allemagne | 120.000 |
Il n'y a pas de gros différend entre historiens et révisionnistes
sur ces chiffres (662.000 au total dont la moitié sont
passés par Auschwitz), sauf que ceux-ci contestent que
ces déportés soient morts dans leur quasi-totalité
comme l'affirment ceux-là. Le gros différend se
situe plus à l'Est, plus précisément en Hongrie,
en Roumanie, en Polo[100]gne, dans les Pays baltes et en URSS
(comme par hasard, tous pays tombés sous la main des communistes).
En ce qui concerne la Hongrie, 438.000 Juifs, dont une partie de Juifs réfugiés et donc déjà comptabilisés comme exterminés par ailleurs, furent déportés en mai-juin '44 au cours d'une opération d'envergure: c'est une des pages fortes de la Shoah, car, nous dit-on, ces Hongrois furent exterminés en masse dès leur arrivée à Auschwitz (plus de 90%). Les historiens affirment même qu'on en gazait et incinérait jusqu'à 24.000 par jour (4 à 5.000, dit Pressac). Cette page est, elle aussi, à réécrire.
Tout d'abord, relève Mattogno, la plupart des convois n'allèrent pas à Auschwitz. Il note, en effet, qu'il y eut 147 convois (soit 438.000 Juifs) à quitter la Hongrie jusqu'au 8/7/'44, date à laquelle la déportation fut, en pratique, arrêtée (tout cela a été attesté par le Tribunal de Jérusalem). Or, le Kalendarium ne fait état que de 58 convois à l'arrivée à Auschwitz, ce qui signifierait que 89 convois (soit quelque 265.000 Juifs) n'y sont pas allés.
Il est difficile d'admettre que le Kalendarium puisse comporter pareille lacune et, dès lors, Mattogno pourrait bien avoir raison: certes, ces 438.000 Juifs furent bien envoyés à Auschwitz, mais ils purent très bien être détournés en cours de route en raison des problèmes insolubles que leur arrivée en masse compacte créait à Auschwitz. Le Kalendarium rapporte d'ailleurs que, d'après le Gouvernement polonais en exil, "(...) on observe que 6 trains arrivent journellement à la gare de Plaszow près de Cracovie [ou il y eut aussi un camp de concentration] où la plupart sont dirigés vers Auschwitz Ceci confirmerait, du moins sur le principe, ce qu'affirme Mattogno. Cette révision modifierait considérablement à la baisse le nombre total des Juifs passés par Auschwitz: comme nous le verrons en annexe 6, il tomberait à moins de 700.000 (auxquels il faut ajouter quelque 200.000 non-Juifs). On notera que tous les convois ne sont pas passés par Plaszow, certains venant du sud.(59)
[101]
Ensuite, en dehors de ceux qui court-circuitèrent Auschwitz, les juifs hongrois qui entrèrent réellement dans le camp d'Auschwitz n'y restèrent pas nécessairement; Auschwitz, nous l'avons déjà dit, était d'abord et essentiellement même, un camp de transit, un centre de sélection au profit, non seulement de ses dizaines de sous-camps, mais aussi d'autres camps.(60)
Malgré ce court-circuit, l'afflux de déportés hongrois fut tel que la SS d'Auschwitz fut débordée et ce fut un peu la pagaille: les sélections se faisaient ou ne se faisaient pas, les déportés logeaient parfois sous la tente, etc. La plupart de ces Hongrois furent nternés, sans être immatriculés, dans un "Depotlager " ou "Durchgangslager " (camp de transit) créé depuis peu, d'où ils furent envoyés plus tard dans les usines du Reich.
On a une nouvelle idée de la façon peu sérieuse dont a été écrite l'histoire d'Auschwitz dès les deux premiers convois: sur les 3.800 déportés de ces deux convois, 1.102 furent immatriculés; donc, en concluent les historiens, c'est que 2.698 (71%) ont été gazés. Or, il se fait, exceptionnellement, que ces deux convois étaient composés de Juifs déjà sélectionnés au départ de Hongrie: tous avaient entre 16 et 50 ans et avaient été jugés aptes au travail. Veesenmayer, le plénipotentiaire allemand en Hongrie, le confirme.(61) Malgré quoi, les SS les auraient gazés en masse et même en plus grand nombre que d'habitude: 71% de ces deux convois de Juifs de 16 à 50 ans jugés aptes au travail quelques jours plus tôt, alors qu'en moyenne, ils ne gazaient "que" 66% dans les convois composés en partie de femmes enceintes, d'enfants, de vieux et de malades. Ainsi donc, au départ, des SS se donnaient la peine de sélectionner les plus costauds et à l'arrivée, d'autres SS en gazaient aussitôt les trois quarts! Comme par distraction. Tout cela est invraisemblable et il faut être un esprit religieux ou un fou pour nous obliger à y croire. Affirmer qu'on gazait tous ces gens a d'autant moins de sens qu'à l'époque les Allemands faisaient parfois travailler des enfants de 14 ans, ce qui leur fut fort justement reproché après la guerre: ainsi, sur [102] 813 prisonniers employés au camp annexe de Trzebinia, 19 n'avaient que 14/15 ans et 101 que 16/17 ans. D'ailleurs, comme les possibilités de réimplantation à l'Est diminuaient du fait de l'avancée des Soviétiques, voire étaient devenues nulles, on peut penser que cette gigantesque opération de déportation des Juifs hongrois avait pour seul but de se procurer de la main- d'oeuvre.
Contrairement à ce qu'on croit habituellement, la production allemande d'armement n'était pas visée prioritairement par les bombardements des Anglais, dont la stratégie, essentiellement terroriste, consistait à ensevelir les civils sous les ruines de leurs maisons pour saper la détermination des dirigeants et le moral des soldats allemands; de la sorte, la production d'armement de l'Allemagne ne cessait de croître; l'Allemagne ne produisit jamais autant d'armement -- et d'armement d'aussi bonne qualité et aussi moderne -- qu'à l'automne '44. Cet accroissement nécessitait de plus en plus de main-d'oeuvre. Ce n'est qu'à partir de mai '44 que les Alliés changèrent enfin de tactique et se mirent à attaquer en priorité les objectifs militaires les plus sensibles (usines carbochimiques comme Auschwitz III -- raison pour laquelle on a des vues aériennes de ce camp -- et dépôts de carburants notamment) et le Reich s'effondra très vite.(62)
Les élucubrations antisémites finirent donc par céder le pas aux réalités économiques: le 6/4/'44, lors d'une conférence consacrée au problème catastrophique de la main-d'oeuvre (il manquait 4 millions de travailleurs au Reich), Hitler dut admettre de réintroduire les travailleurs juifs dans le Reich (qu'il venait de proclamer "Judenrein"!) notamment dans le cadre des projets "Dorsch" et "Jaeger" (construction de 6 immenses usines souterraines en vue du montage des nouveaux avions à réaction Me 262). Les Allemands avaient donc demandé aux Hongrois de leur envoyer les Juifs "aptes".(63) Toutefois, le gouvernement hongrois trainait les pieds: d'une part, il voyait bien que la guerre [103] était perdue et il ne voulait pas aggraver son cas; d'autre part, il estimait qu'une nombreuse population juive dans sa capitale le protégeait des bombardements alliés. Il faisait donc valoir qu'il avait besoin des travailleurs juifs pour ses propres usines d'armement et pour les "bataillons du travail" (ces bataillons, composés de Juifs non armés, étaient chargés des travaux de génie et d'intendance dans l'armée hongroise: on notera déjà que les Soviétiques en firent prisonniers des dizaines de mille qui, pense-t-on, disparurent en Sibérie.); il ne proposait donc que 50.000 travailleurs et encore ceux-ci devaient-ils emmener leurs familles, la Hongrie affirmant qu'elle n'avait pas les moyens de les nourrir; de plus, pour les Hongrois, il était entendu que ces gens seraient logés dans des camps ouverts, prétention qui rendait les Allemands fous furieux. Finalement, ces derniers n'eurent pas le choix et se résignèrent à déporter tout le monde à Auschwitz et d'y faire la sélection eux-mêmes. L'opération était jugée d'une importance si vitale pour le Reich qu'Eichmann reçut même l'autorisation de se servir des wagons de la Wehrmacht. Seuls les esprits religieux retiendront la thèse selon laquelle Hitler acceptait de desservir de la sorte ses troupes de première ligne rien que pour exterminer des Juifs.
Donc, disions-nous, les Juifs hongrois n'allèrent pas tous à Auschwitz et ceux qui y allèrent, ne firent souvent qu'y transiter, parfois même remontèrent dans les mêmes trains qui les avaient amenés de Hongrie à Auschwitz et se retrouvèrent dans les usines du Reich. Ils y furent dispersés dans 386 camps, notamment Stutthof (nous en avons parlé ci-dessus), Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau, Gross Rosen, Gunskirchen, Mauthausen, Neuengamme et Ravensbruck où ils formèrent des commandos de travail à part. Ce fait est attesté par de très nombreux témoins et auteurs exterminationnistes, qui relèvent systématiquement l'état sanitaire déplorable de certains Juifs hongrois; certes, ce fait est à relever et à déplorer, mais il est aussi une preuve de plus qu'ils ne furent pas exterminés à Auschwitz, contrairement à ce que les historiens veulent nous faire croire.(64) D'ailleurs, à la même [104] époque (août 1944), le dernier convoi de Juifs de Belgique (le XXVIIème, qui ne partira finalement pas, en raison de l'arrivée des Alliés) est programmé non pas pour Auschwitz, menacé par les Soviétiques, mais pour Bergen-Belsen, dans le nord-ouest de l'Allemagne, où les historiens n'ont jarnais placé de chambre à gaz.
Sur les 438.000 déportés hongrois, il y avait 58.000 hommes aptes et 146.000 femmes aptes dont on aurait retrouvé la trace dans différents camps de travail; si l'on en croit ce que Eichmann aurait déclaré aux responsables hongrois, les inaptes (235.000 mères, enfants et vieux) auraient été transférés dans des camps de travail léger (récupération de déchets militaires: douilles, radios, uniformes, etc.); ces camps auraient souvent été installés près des grandes villes et auraient été destinés à servir de boucliers contre les bombardements alliés: on nous cacherait la chose, vu que les Alliés, qui auraient nécessairement dû être informés par les Allernands eux-mêmes de cette situation, n'en auraient pas tenu compte. Certains pensent que les non-aptes d'autres origines (Belges, etc.) arrivés à Auschwitz à la même époque auraient pu subir le même sort. Nous n'avons toutefois aucune preuve de tout cela mais c'est là une explication rationnelle plus crédible que la thèse inepte des morgues-chambres à gaz.
Il est à noter que Pressac a fini par accepter la thèse de Mattogno: constatant qu'il est extravagant de prétendre que les Allemands aient pu incinérer 400.000 Hongrois (plus les autres) en si peu de temps mais persistant à croire aux gazages, Pressac est contraint de réduire le nombre de Hongrois passés par Auschwitz! Dès lors, concédait-il en 1993, 118.000 Juifs hongrois n'ont fait que changer de train à Auschwitz et ne peuvent pas être considérés comme y ayant été déportés; du coup, Pressac les sortait de la statistique des déportés d'Auschwitz dont il réduisait le nombre à 1.045.000. En 1994, il réduisait encore le nombre d'entrants (ainsi que Faurisson l'avait prédit en 1993!): il n'y eut, pense-t-il, que 53 convois de 3.000 personnes chacun (moyenne) soit environ 160.000 Hongrois à passer par Auschwitz (c'est là une "donnée [105] relativement sûre"), mais comme, d'un autre côté, il a noté qu'on avait répertorié à coup sûr au moins 80.000 aptes, il pense que 240.000 Hongrois auraient tout de même pu atteindre Auschwitz; il se base pour cela, sur le fait qu'en moyenne, il y avait 1/3 d'aptes par convoi, mais c'est là une proportion très incertaine et qui avait dû d'ailleurs considérablement évoluer à la hausse avec le prolongement de la guerre, encore que, comme nous l'avons vu, beaucoup d'adultes juifs avaient déjà été enrôlés dans les "bataillons du travail" de l'armée hongroise. Il en découle que pour Pressac, il n'est entré, en tout, que 905.000/985.000 déportés à Auschwitz (dont 670.000/750.000 Juifs)! D'après ce qu'il dit (et que les révisionnistes avaient déjà dit), la dent inférieure de sa fourchette est seule crédible et il faut s'attendre à ce qu'un jour au l'autre, Pressac en abandonne la dent supérieure.(65)
On notera encore que Pressac donne à penser à ses lecteurs qu'il est l'inventeur de cette importante révision de l'histoire; pas une fois, il ne se réfère à Mattogno ou tout autre révisionniste. On peut craindre que le jour où les historiens admettront qu'il n'y a eu aucun gazage à Auschwitz, ils ne rendront pas pour autant justice à Faurisson et ses amis et s'attribueront le mérite de cette ultime révision.
En ce qui concerne la Roumanie, très peu de Juifs furent déportés dans les camps allemands. Les Roumains déclinèrent les propositions faites par les Allemands de les déporter à l'Est (en retenant, bien entendu, au passage les déportés aptes au travail: c'était probablement là l'objet véritable de la proposition allemande!) et réglèrent le problème juif eux-mêmes, en y mettant une sauvagerie qui souleva les protestations des représentants allemands eux-mêmes.
[106]
Ces déportations furent limitées au nord-est du pays: Bucovine du Nord et Bessarabie, régions qui comptaient -- mais à quelle époque? -- une population juive de 185.000 âmes, qui furent en grande partie déportées en Transnistrie, où le typhus et les conditions de vie lamentables en firent mourir un grand nombre; certes, les Juifs avaient, de tous temps, été maltraités en Roumanie, mais, en l'occurence, il semble que les Roumains organisèrent ces déportations en raison de la sympathie que les Juifs de ces régions étaient censés avoir prodiguée aux troupes soviétiques. Les rescapés furent rapatriés par les Roumains, saisis de remords avec le retournement de la situation militaire.
On notera le fait que l'histoire officielle roumaine conteste vigoureusement l'holocauste (roumain) des Juifs; elle considère notamment que le chiffre des victimes avancé par les historiens (250 à 300.000 sans parler des 150.000 Juifs annexés par la Hongrie) est "grandement exagéré". Bien qu'on ne puisse qu'éprouver du dégoût pour le traitement criminel que les Roumains réservèrent à leurs Juifs, on doit bien admettre qu'ils doivent avoir raison.
En Bulgarie, il n'y a plus actuellement que 2 à 7.000 Juifs, alors qu'il y en avait 47.000 avant la guerre. Néanmoins, il n'a pas été possible aux historiens d'affirmer qu'ils avaient été exterminés, car, non seulement ils ne furent pas déportés, mais ils furent peu inquiétés. En fait, ils émigrèrent en masse en Israël. On a ici un bel exemple des limites de la méthode "démographique" pour l'estimation des pertes juives: ce n'est évidemment pas parce qu'il n'y a plus de Juifs dans un pays qu'ils ont été exterminés comme voudraient généralement nous le faire croire les historiens. D'où la réponse à faire à ceux qui vous opposent "Si les Juifs n'ont pas été gazés, alors où sont-ils passés?": tout simplement, "Ils sont ailleurs" (tout en reconnaissant -- car il ne faut pas tomber dans le simplisme et les outrances des historiens -- qu'ils furent, hélas, nombreux à perdre la vie).
Enfin, reste le gros de cette tragédie: 2.350.000 à 3.300.000 Polonais et 400.000 à 700.000 Soviétiques et Baltes.
Comment a-t-on établi ces chiffres en ce qui concerne la Pologne, coeur du judaïsme mondial? Comme nous l'avons vu dans le tome1, le raisonnement est simple ou plutôt simpliste:
[107]
Ce raisonnement est des plus grossiers: c'est un peu comme si
on disait:
Le raisonnement sur les Juifs polonais est même encore plus grossier que celui sur les Pieds-Noirs algériens, en effet, si l'Algérie avait le même territoire avant et après l'indépendance, on ne pouvait en dire autant de l'Etat polonais, lequel avait perdu au profit de l'URSS quasiment la moitié de ses territoires de l'Est où s'étaient retrouvés la majorité de ses Juifs et avait en échange gagné à l'Ouest sur le dos de l'Allemagne, des territoires équivalents, mais dans lesquels il n'y avait plus de Juifs. Bref, c'est comparer des choses non comparables.
Il y a aussi à dire sur les chiffres donnant les effectifs de la communauté juive de Pologne d'après-guerre: il est probable qu'ils soient grandement et systématiquement sous-estimés. Narrant la purge antisémite de 1968, Stéphane Meylac explique dans "Le Monde" du 14/3/'93 qu'"une centaine de ministres et hauts fonctionnaires sont limogés et exclus du parti. Au Ministère des Affaires étrangères, 40% des postes moyens et élevés sont affectés par la purge. A la seule université de Varsovie, près de cent enseignants sont évincés de leurs postes.(...) Au total, neuf mille personnes seront au fil des semaines écartées des postes généralement élevés qu'elles occupent (...)". Mais les Juifs du secteur privé quittent également le pays, ajoute Meylac: "La Pologne, de son côté, perd de nombreux médecins, professeurs, mathématiciens et artistes". En tout "quinze mille" Juifs s'en vont (dont, je suppose, une majorité réputés sans emploi: femmes au foyer, enfants et retraités) soit "la moitié environ de la population juive de Pologne". A croire cette narration, il faudrait donc admettre que les Juifs polonais sont majoritairement des élites et qu'il était normal qu'ils occupassent des emplois élevés. Comme cette explication élitiste (par la référence [110] aux "gènes" ou au milieu, peu importe) est difficile à admettre, il faut bien en conclure que la population d'origine judéo-polonaise d'après-guerre (et ayant éventuellement coupé ses liens avec le judaïsme) était considérablement plus élevée qu'on nous le dit.
Conscients de ce que les historiens se trompent et nous trompent, cherchons ce que pourrait être la vérité avec Paul Rassinier et Walter Sanning. Rassinier, pionnier du révisionnisme de la seconde guerre mondiale, lui-même déporté 18 mois à Buchenwald et Dora, a procédé à une analyse statistique détaillée, que Sanning a affinée.
Ces deux auteurs, d'une part, nous rappellent des évidences que le tapage médiatique et pédagogique sioniste nous avait fait oublier, d'autre part, démontrent d'autres points plus techniques, dont nous ne pouvions avoir connaissance à notre niveau:
1. Le recensement officiel de 1931 donnait 3.114.000 Juifs; le chiffre de 3.350.000 pour la fin des années '30 est une estimation sans fondement d'origine sioniste. En fait, il n'y avait que 2.600.000 Juifs en Pologne lors des invasions allemande et soviétique; ce chiffre est confirmé par divers chercheurs polonais (Dabrowska, Grynberg, Waszak). Certes, il avait pu y en avoir jusqu'à 3.100.000 à la fin des années '20, mais devant la misère due à la crise économique et à la recrudescence de l'antisémitisme officiel sous le colonel Beck, l'émigration s'était développée: pour la Belgique, par exemple, sur les quelque 90.000 Juifs qui s'y trouvaient à la veille de la guerre, il n'y en avait pas 5.000 à y être nés et nos nombreux compatriotes juifs à noms à consonance yiddish ne sont pas venus chez nous sous ou après Hitler mais sous Beck, c'est-à-dire dans les années '30.(66)
2. La Pologne fut partagée entre Soviétiques et Allemands.(67) 1.600.000 Juifs se trouvaient dans la zone allemande et 1.000.000 dans la zone soviétique.
[111]
3. En 1940, entre 1 et 2 millions de Belges se sauvèrent en France (dont Jean-Luc Dehaene, actuel premier ministre, encore dans le ventre de sa mère, laquelle accoucha à Montpellier). Il y avait en outre parmi eux, le tiers (et même la moitié selon un source officielle belge de 1947) des 90.000 Juifs établis ou réfugiés en Belgique, qui étaient majoritairement d'origine polonaise. Est-il vraisemblable que leurs parents et amis restés en Pologne, eux, aient attendu sagement sur place leurs pires ennemis? Il est évident qu'un grand nombre se sauvèrent (100.000 en Roumanie et 800.000 en zone soviétique). Il n'en restait donc plus qu'environ 800.000 en zone allemande, dont, comme partout, une forte proportion de personnes âgées, dont la fin fut sans doute hatée par la sauvagerie de la guerre à l'Est et la persécution allemande. Une bonne partie de ces 800.000 furent concentrés dans le ghetto de Varsovie.(68)
Parmi les Juifs célèbres qui s'enfuirent avant l'arrivée des Allemands, citons Maurycy Mayzel, président de la Communauté juive de Varsovie, Jan Czerniakow, fils unique du fameux président du Judenrat (quelques jours après l'arrivée des Allemands) et surtout, un certain Menahem Begin de Varsovie, qui, plus tard, allait devenir premier ministre d'Israël. On notera aussi, en ce qui concerne Varsovie, que ce n'est qu'en octobre '40 que le ghetto fut ceinturé; jusqu'à cette date, les Juifs purent s'en aller et même émigrer: par exemple, des 6 membres du Comité des Citoyens Juifs de Varsovie qui précéda le Judenrat, deux émigrèrent légalement en Palestine, l'un en 1939 (Mojzesz Koerner) et l'autre en '40 (Apolinary Hartglas).
Ce chiffre de 800.000 peut paraître trop bas; Korherr, lui, semble en trouver davantage mais nous avons dit que ses chiffres (qui portent [112] d'ailleurs sur 1942) nous semblaient gonflés et comptaient des doubles emplois flagrants, sans oublier, déjà, qu'il cumule Juifs Polonais et Juifs occidentaux déportés en Pologne. Peut-être la vérité est-elle entre ces deux chiffres? Elle semble en tous cas être beaucoup plus près de 800.000 que de 3.500.000 ou même 3.000.000. Il est à noter qu'en septembre '39, les Allemands chassèrent eux-mêmes des dizaines de milliers de Juifs au-delà des rivières San et Bug dans la zone soviétique.
4. Les 800.000 Juifs qui s'étaient enfuis en zone soviétique refusèrent dans leur grande majorité la nationalité soviétique (s'ils se méfiaient des Allemands, ils ne faisaient pas pour autant confiance aux Russes); selon une autre version, ils n'eurent pas ce choix et furent considérés comme des immigrants illégaux: toutefois, le résultat est le même et la plupart (les 3/4?) furent déportés en 1940 en Sibérie dans des conditions épouvantables. Ces Juifs polonais déportés ne l'ont donc pas été comme Juifs mais au titre de leur appartenance à une des 14 catégories de Polonais dont la déportation avait été ordonnée par Staline et notamment la catégorie 8, celle des immigrés entrés illégalement. On notera, pour l'anecdote, encore que cela en dise long sur la phobie de Staline pour ceux qui avaient eu ou avaient encore des contacts avec la civilisation occidentale, qu'on retrouve les... philatélistes dans une de ces 14 catégories.
Cette déportation affecta en tout 1.500.000 Polonais annexés ou immigrés illégaux (1.000.000, disent Koestler et d'autres).
A la fin de la guerre, on donna aux 800.000 Juifs de la zone allemande qui s'étaient réfugiés en URSS l'occasion de rentrer en Pologne (dont la frontière orientale correspondait dorénavant à la ligne de démarcation entre envahisseurs allemands et soviétiques): seuls 157.000 la saisirent, rentrèrent en Pologne puis s'empressèrent, pense-t-on, de passer à l'Ouest. Sanning pense que la majeure partie de leurs compagnons d'infortune périrent en Sibérie, tant les conditions de vie y étaient pénibles.(69)
Parmi ces Juifs déportés, on retrouve à nouveau Begin et Jan Czer[113]niakow (d'abord réfugié à Lvov, dans la zone soviétique, ce dernier mourut en 1942 au Kirghizistan, où il avait été déporté).(70)
5. Les Juifs de la zone soviétique reçurent automatiquement la nationalité soviétique comme tous les Polonais de cette zone et ils furent traités comme les ressortissants soviétiques.
Dans la zone de l'URSS que les Allemands occupèrent, il y avait en 1939, 2.100.000 Juifs. Les annexions soviétiques (Pologne orientale, Pays baltes, Bucovine du Nord, Moldavie, Ruthénie) portèrent ce nombre à 3.600.000 (non compris les Juifs polonais réfugiés de la zone allemande et en grande partie déportés en 1940). Lors du déclenchement des hostilités entre Allemands et Soviétiques, ces derniers pratiquèrent une sorte de politique de la "terre brûlée": ils emportèrent tout ce qu'ils purent en matière d'installations industrielles et les remontèrent dans l'Oural et en Sibérie. Ils évacuèrent tous les cadres de leur régime et tous les ouvriers spécialisés. Les Juifs furent parmi les premiers évacués, notamment parce que, d'une part, ils étaient surreprésentés dans l'encadrement du Parti et d'autre part, ils étaient très nombreux dans l'industrie, contrairement à leurs coreligionnaires des autres pays. Comme ils étaient regroupés dans des centres urbains et que ces centres étaient plutôt éloignés de la ligne de démarcation (sauf en Galicie orientale), l'opération se fit sans grande difficulté.
Gerald Reillinger: "Non seulement la masse des 31 millions de Juifs de la Russie soviétique d'avant-guerre s'échappa vers l'intérieur mais aussi une très grande partie des 1.800.000 Juifs des territoires annexés. Quoique le nombre de ceux qui atteignirent le sanctuaire de la Sibérie méridionale et la région Volga-Oural ne puisse être précisé, il est possible que les trois-quarts de la population juive d'Europe d'aujourd'hui [c'est-à-dire en 1968?] vit en Union soviétique contre moins d'un tiers avant guerre.". Cette dernière indication est sybilline mais Reitlinger indique par ailleurs que la Biélorussie (une des deux grandes républiques soviétiques envahies par les Allemands en 1941) comptait quelque 850.000 Juifs dont près de 500.000 Juifs polonais an[114]nexés. En février 1942, les Einsatzgruppen prétendaient qu'ils en avaient tué 33.210 et qu'il en restait 139.000, ce qui suppose qu'il n'y en avait que 172.000 environ lors de l'arrivée des Allemands huit mois plus tôt et, donc, que 678.000 (plus de 80%) avaient pu se sauver. Mais, estime Reitlinger, le chiffre de 172.000 demeurés sur place "semble remarquablement élevé" pour une région offrant tant de possibilités d'évasion et il ne pouvait s'expliquer que par la méconnaissance qu'avaient les Juifs biélorusses du traitement que les Allemands réservaient aux Juifs: bref, pour ceux qui ne sont plus décidés à se satisfaire de ce genre d'explication, il y avait bien moins de 172.000 Juifs restés sur place en Biélorussie c'est-à-dire bien moins de 20%. On ne voit pas a priori pourquoi les choses auraient pu être bien différentes dans l'autre grande république d'URSS envahie par les Allemands en juin 1941, c'est-à-dire l'Ukraine: des 3 millions de Juifs soviétiques d'avant-guerre, dit Reitlinger, environ la moitié vivaient en Ukraine, auxquels vinrent s'ajouter 568.000 Juifs polonais annexés (Galicie orientale, coeur ancestral du judaïsme mondial); si 80% des Galiciens restèrent sur place, par contre, plus loin (Ukraine soviétique), seulement un quart restèrent et, plus loin encore, les Allemands n'en trouvèrent presque plus du tout. Bref, de ce que dit Reitlinger (historien exterminationniste, rappelons-le), on peut déduire que moins d'un million de Juifs soviétiques, y compris les Juifs polonais, baltes et roumains annexés, auraient pu tomber aux mains des Allemands, lesquels n'auraient donc pas pu en exterminer davantage.
Cette évacuation massive était déjà bien connue à l'époque; ainsi, Louis Levine, président du Conseil juif américain d'aide à l'Union Soviétique, déclarait le 30/10/'46: "Au début de la guerre, les Juifs furent parmi les premiers évacués des régions occidentales menacées par les envahisseurs hitlériens et ils se mirent en route pour trouver la sécurité à l'Est de l'Oural. Deux millions de Juifs furent sauvés de cette manière". En fait, Levine ne faisait qu'écho à ce que disaient les responsables juifs soviétiques eux-mêmes. Ainsi, dans la célèbre lettre à Staline du 15/12/1944 dans laquelle les responsables du Comité Antifasciste Juif (Epstein, Mikhoels et Fefer) proposaient la création d'une république juive en Crimée, il était dit: "Avant la guerre, il y avait en URSS près de cinq millions de Juifs, notamment près d'un million et demi dans les régions occidentales de l'Ukraine et de la Biélorussie, les Républiques baltes, la Bessarabie, la Bucovine, y compris des res[115]sortissants polonais." Or, continuait la lettre, cette masse de gens avait été évacuée à l'intérieur du pays et son retour dans ses régions d'origine ne résoudrait pas pleinement le problème de l'aménagement de la population juive de l'URSS, d'où l'utilité du projet criméen. (cité par Alexandre Bortchagovski pour lequel l'histoire a joué un "sale tour" à Staline "en faisant de lui le sauveur des Juifs européens, leur bienfaiteur, leur père, alors que quelqu'un d'autre [Hitler] avait pris le rôle [celui d'exterminateur des Juifs] qu'il aurait tant voulu s'attribuer.")
De nos jours, après avoir été occultée, pour le moins minimisée, la chose est même réadmise sans contestation par les exterminationnistes eux-mêmes sans qu'ils en tirent les conclusions de bon sens qui s'imposent; ainsi, Nicole Zand, commentant précisément dans "Le Monde" du 24/2/'95 le livre de Bortchagovski ("L'Holocauste inachevé ou comment Staline tenta d'éliminer les Juifs d'URSS"): "Le Petit Père des Peuples, pourtant, s'était trouvé contraint, pendant la guerre, de sauver non seulement les Juifs d'URSS, mais également ceux de Bessarabie, de Pologne et de Roumanie qui s'étaient réfugiés à l'Est!"(71)
Autre citation, qui nous permettra, au passage, de vérifier les ravages du dogmatisme sur le raisonnement: l'historien Walter Laqueur rapporte que David Kelly, chef de la délégation britannique en Suisse, écrivait le 19 novembre 1941 au Département central du Foreign Office qu'il avait appris que "(...) le million et demi de Juifs qui habitaient en Pologne orientale (région russe depuis peu de temps) a complètement disparu: personne ne sait ni où ni comment.". Pour Laqueur (qui a écrit tout un livre pour tenter de démontrer que les responsables occidentaux "savaient" et se sont tus), "ce rapport présente un intérêt considérable: c'est l'une des premières (sinon la première) preuves que les activités des Einsatzgruppen étaient connues à l'Ouest, et aussi du fait que des centaines de milliers de Juifs avaient été tués.". L'informateur de Kelly, précise Laqueur, était Lados, le représentant officiel de la Pologne à Berne et c'était un homme digne de foi. Et Laqueur de conclure: "La nouvelle était tout à fait exacte: un million et demi de [116] Juifs habitaient dans les territoires occupés par les Allemands depuis l'invasion; ceux qui n'avaient pas réussi à s'échapper avaient été tués.".
C'est là un raisonnement particulièrement tordu: ne devrait-on pas plutôt comprendre que:
-- il y avait 1.500.000 Juifs en Pologne orientale, non pas après l'invasion de l'URSS par les Allemands comme semble l'avoir compris Laqueur, mais avant cette invasion, ce qui n'est évidemment pas la même chose;
-- ce chiffre confirme qu'une grande partie des Juifs polonais de la zone allemande avaient fui en zone russe (en effet, malgré les déportations en Sibérie de 1940, il y avait encore 500.000 Juifs de plus qu'il n'aurait dû y en avoir);
-- personne n'ayant jamais prétendu (pas même Laqueur, on le notera) que les Einsatzgruppen avaient massacré autant de Juifs à cette époque (3 ou 4 mois seulement après le déclenchement des hostilités avec l'URSS), si ces Juifs n'étaient plus là, c'est tout simplement parce qu'ils avaient été évacués dans leur grande majorité avant l'arrivée des Allemands. Que valent, après cette "première preuve", les rapports dont Laqueur a fait l'inventaire, sur le massacre gigantesque et systématique de ces Juifs russo-polonais par les Einsatzgruppen, surtout à une époque où, de toute façon, ils n'étaient plus là soit qu'ils aient été évacués, comme nous le pensons, soit qu'ils aient déjà été massacrés (j'allais dire, une première fois), comme le pense Laqueur?
La chose est donc claire: la très grande majorité des Juifs soviétiques (dont la majorité des juifs ex-polonais: c'est là qu'est la grande tromperie exterminationniste) ne virent même pas les Allemands. Combien en resta-t-il sur place c'est-à-dire dans l'espace soviétique que les Allemands envahirent, y compris la portion de Pologne annexée par les Soviétiques? Se fondant sur ce qu'a écrit Bergelson (célèbre écrivain juif, lui aussi membre éminent du Comité Antifasciste Juif), Sanning retient le chiffre de 700.000, chiffre implicitement confirmé, selon nous, par le rapport Korherr.
D'ailleurs, il suffit de regarder les chiffres avec un minimum d'attention:
-- D'un côté, on nous dit que la très grande majorité des Juifs polonais furent exterminés (soit 2.350.000 à 3.300.000).
-- D'un autre côté, on nous
dit qu'il n'y eut "que" 400.000 à 700.000 [117]
juifs soviétiques et baltes à connaître le
même sort, alors que, dans la zone occupée par les
Allemands, il y avait 2.100.000 Juifs avant 1939 puis 2.600.000
par la suite (sans compter, bien entendu, les Juifs polonais
de la zone russe et les Juifs polonais de la zone allemande qui
s'étaient réfugiés en URSS). On doit bien
en conclure que ces deux exterminations n'auraient pas été
perpétrées à la même échelle:
les Allemands auraient montré comme de la clémence
pour les Juifs soviétiques; ceci est extravagant, insoutenable
et, d'ailleurs, contraire aux enseignements des historiens. Aujourd'hui,
les nouveaux responsables ukrainiens le reconnaissent ouvertement:
"(...) l'extermination de masse pratiquée
par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale, hormis
le cas de Baby Yar, n'a pas pu atteindre en Ukraine le même
niveau que celui de certains autres Etats d'Europe centrale."
Et pourquoi donc sinon pour la raison que les Juifs soviétiques,
dont les Polonais annexés (ou réfugiés) avaient
été évacués (ou déportés)?(72)
6. Bien entendu, de nombreux Juifs polonais (et pas qu'eux d'ailleurs) réussirent à se cacher en Pologne même. Dans la période immédiate de l'après-guerre, ils déferlèrent vers l'Ouest et furent regroupés dans les camps de personnes déplacées, d'où ils émigrèrent en masse.
Ainsi, y eut-il au plus l.500.000 juifs slaves (800.000 dans la zone polono-allemande et 700.000 dans la zone polono-soviétique et plus à l'Est) à tomber aux mains des Allemands. Si on y ajoute les quelque 1.100.000 Juifs dont nous avons parlé plus haut (les 662.000 Ouest -- et Sud -- Européens et les 438.000 Hongrois), on arrive à la conclusion qu'au total, les Allemands mirent au plus la main sur 3 millions de [118] Juifs européens. Ils n'auraient donc pu -- pour autant qu'ils en aient eu le désir et les moyens -- exterminer 5 ou 6 millions de Juifs européens.(73)
Tout cela est non seulement évident (le bourrage de crâne sioniste l'a simplement occulté) mais aussi confirmé de multiples sources: sioniste, polonaise, soviétique, russe, ukrainienne, américaine, vaticane.(74)
Voilà pour ce qui est de l'analyse démographique par pays. Examinons maintenant l'autre méthode, celle qui consiste à établir le nombre des morts par camp, en l'occurence essentiellement Auschwitz.
[120]
En ce qui concerne Auschwitz, le monument aux morts érigé dans le camp même comportait 19 stèles affirmant dans autant de langues que 4 millions de personnes y avaient été exterminées. Jusque très récemment, le "Petit Larousse" confirmait ce chiffre: chacun de nous peut le vérifier. En 1990, après la chute du communisme, il apparut aux responsables polonais qu'il n'était vraiment plus possible de maintenir un chiffre aussi absurde et les plaques furent enlevées.
Dans un premier temps, l'émotion fut vive dans les milieux juifs, lesquels n'avaient pas été consultés: certains crièrent à la profanation. On parla ensuite de nouvelles stèles portant le chiffre de "plus de 1.000.000"; le CIA (Comité International Auschwitz, association dont l'un des buts avoués est la lutte contre le révisionnisme historique) donna son accord, semble-t-il, puis se ravisa, non pas qu'il s'accrochât au chiffre de 4.000.000 mais, échaudé et craignant d'autres révisions, il ne voulait plus de chiffre du tout; finalement, début 1993, on annonçait qu'un accord avait été conclu:
-- aucun chiffre sur la plaque principale
du monument.
-- le chiffre de "quelque 1.500.000 (...) majoritairement juifs" sur une plaque de côté de façon à pouvoir à nouveau réviser à la baisse le chiffre des morts en évitant le spectacle dérangeant (qui a dû, par contre, en faire ricaner plus d'un) offert par le pape Jean-Paul Il s'inclinant devant un monument dont toutes les plaques avaient été enlevées.
Finalement, semble-t-il, on choisit de faire figurer la mention "(...) un million et demi (...), en majorité des Juifs (...)" sur une seule plaque.
Depuis longtemps, certes, certains historiens rejetaient ce chiffre de 4.000.000, mais certains s'y accrochaient comme à un dogme et persistaient à nous obliger -- fût-ce par voie légale -- à y croire. Il leur a tou[121]tefois bien fallu l'abandonner, d'une part parce que ce chiffre insoutenable discréditait l'histoire officielle et dès lors, confortait l'ensemble des thèses révisionnistes, d'autre part, parce que les Soviétiques, qui avaient emporté les deux tiers des archives d'Auschwitz (que les Allemands, nous affirmaient à tort les historiens, avaient détruites dans le but d'effacer toute trace de leur forfait) acceptèrent de les rendre aux Polonais. Dans ces archives figuraient une quarantaine de "Sterbebücher" c'est-à-dire de registres mortuaires contenant les actes de décès des prisonniers morts à Auschwitz. L'existence de ces registres est déjà contraire à la version des historiens qui nous affirmaient que les prisonniers étaient traités comme des bêtes. Mais surtout, il n'y a "que" 74.000 noms dans ces registres (en fait, après vérification, on en a trouvé quelque 69.000); ces morts font partie des 400.000 déportés immatriculés (mais ces registres pourraient contenir aussi les noms de certains non-immatriculés). En extrapolant ce chiffre pour tenir compte de la période au cours de laquelle ces registres manquent, on arriverait à 120.000 morts, prisonniers de guerre et déportés civils, Juifs et non-Juifs, immatriculés et non immatriculés (non compris, bien entendu, les supposés gazés à l'arrivée). Cela reste une tragédie, certes, mais sans rapport avec le dogme. On peut imaginer l'embarras de tous les historiens.
Une copie de ces registres a été remise à la Croix-Rouge à Arolsen (RFA). Les médias ne se sont pas étendus sur l'affaire.(75) On notera que, [122] depuis, les Soviétiques ont commencé à remettre au Musée d'Etat d'Auschwitz les autres archives du camp.(76)
Toute l'histoire d'Auschwitz ayant été écrite au départ de témoignages, puisque les Allemands étaient censés avoir détruit leurs archives voire avoir pris soin de ne rien confier au papier, les historiens avaient raconté un peu n'importe quoi. La mise à jour de ces archives après la disparition du communisme les obligeait donc à réviser d'urgence et même en catastrophe ce qu'ils avaient écrit et enseigné ex cathedra jusqu'alors:
Comme nous l'avons vu, les Polonais ont dès 1990, fait enlever les 19 stèles du monument aux morts d'Auschwitz, stèles qui mentionnaient 4 millions de morts. Comme nous l'avons vu également, les associations d'anciens d'Auschwitz ont eu bien du mal à l'accepter(77); il leur a toutefois bien fallu se rendre à l'évidence et elles s'en accommodent en se disant qu'après tout, l'essentiel est le caractère génocidaire de la déportation et pas le nombre de morts; comme dit le baron Maurice Goldstein, président du CIA: "Mais les chiffres que des historiens discutent, nous, les rescapés d'Auschwitz, nous ne voulons pas y participer". On devine leur désarroi: en abandonnant le chiffre de 4.000.000, certifié jadis, à peu de choses près, à Nuremberg, ils tombent sous le coup des lois liberticides qu'ils ont eux-mêmes réclamées. (On a lu dans le tome 1 un résumé des révisions du CIA depuis 1985.)
Cette révision publiée par le Musée d'Etat lui-même en juillet '90 a été entérinée pour la Francophonie par François Bedarida, ancien directeur de l'Institut d'Histoire du Temps Présent (annexe du CNRS), qui déclara au "Monde" des 22 et 23/7/'90 que ce chiffre de 4.000.000 [123] faisait partie de l'histoire "commune" et que l'histoire "savante" savait depuis toujours qu'il était erroné. C'est en partie vrai ainsi que nous l'avons vu tout au début du tome 1, mais pourquoi, diable, ne pas l'avoir dit plus tôt et avec plus de force et avoir, ainsi, laissé le public croupir dans l'ignorance? En définitive, combien y avait-il eu de morts à Auschwitz? Entre 950.000 et 1.200.000, dit Bedarida, qui laissa entendre prudemment (il avait bien raison) que cette évaluation pourrait, à son tour, être révisée à la baisse, si les archives du camp saisies par les Soviétiques pouvaient être ouvertes aux chercheurs; comme nous l'avons vu, c'est en cours depuis 1991.
Le battage médiatique autour du génocide a été maintenu, voire accentué, de façon, dirait-on, à atténuer l'effet éventuel que pourraient avoir sur le public toutes ces révélations dérangeantes et les révisions du dogme qu'elles entraînent.
Comme pour compenser la réduction du rôle des prétendus camps d'extermination (Pressac, comme nous l'avons vu, s'attaque aussi aux camps du Bug), les historiens relancent l'intérêt pour ce que P. Burrin appelle "l'autre face du génocide" ("Le Monde diplomatique", déc. '95), c'est-à-dire les massacres organisés par les Einsatzgruppen en URSS, massacres bien réels il est vrai mais difficiles à chiffrer (encore qu'on puisse facilement démontrer que les chiffres retenus sont grossièrement exagérés). D'où, probablement, la publication récente à Paris du "Livre Noir", relation par Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman desdits massacres.
Grâce à quoi, on a pu voir les journalistes (spécialisés ou généralistes) passer brusquement de 4 millions de morts à un million (parfois tout de même avec des "paliers de décompression" à 2.500.000 puis 1.500.000) sans avoir à s'en expliquer (sauf "Le Monde" mais sans s'excuser auprès de ses lecteurs de les avoir mal informés pendant un demi-siècle et "Le Soir" mais de quelle manière!) et sans que le public s'en émeuve; il est toutefois à craindre que toutes ces précautions soient inutiles: nos concitoyens commencent à en avoir ras le bol d'Auschwitz et ils ne doivent plus guère prêter l'oreille à ce qu'on leur en dit.
Toutes ces informations de presse, toutefois, étaient confuses (cette confusion était à attribuer aux historiens et pas aux malheureux journalistes) et il fallut attendre 1991 pour y voir plus clair. Cette année-là, [124] Piper du Musée d'Etat d'Auschwitz indiqua qu'il y avait eu 1.305.000 personnes à être passées par Auschwitz dont 400.000 furent immatriculées, les autres ayant été gazées à l'arrivée; de ces 400.000 immatriculés, la moitié (198.000) aurait survécu. De son côté, Pressac déclarait en 1992 qu'il y avait eu quelque 1.200.000 déportés (c'était déjà la version de Hilberg, mais qui l'avait lue?) et qu'il en était mort 1.000.000, soit:
-- 800.000 non-immatriculés gazés
à l'arrivée,
-- 125.000 immatriculés (extrapolation de 74.000) sur 400.000
immatriculés, les survivants étant de 30/40.000.
D'une part, on notera que 800.000 et 125.000 font 925.000 qu'il est plus logique d'arrondir à 900.000 qu'à 1.00.000. D'autre part, on notera que 400.000 moins 125.000 font 275.000 rescapés, chiffre assez éloigné des 198.000 donnés par Piper et des 30/40.000, chiffre dont on ne comprend pas à quoi il correspond, sauf à admettre que "la plus grande partie des autres enregistré(e)s sont morts pendant les transferts (...) ou dans d'autres camps
(...)" ("Le Monde Juif", Mars 1992). Depuis, Pressac a encore réduit les chiffres: ainsi que nous le verrons en détail en annexe 8, il estimait en 1993 qu'il y a eu 1.045.000 déportés à être passés par Auschwitz et que 775.000 sont morts, soit 130.000 immatriculés civils, 15.000 prisonniers de guerre (la plupart de mort naturelle) et 630.000 non-enregistrés gazés à l'arrivée. En 1994, enfin, il réduisait encore ces chiffres à 905.000/985.000 entrants (Juifs et non-Juifs), 630.000/710.000 morts soit 126.000 immatriculés civils, 15.000 PG soviétiques, 20.000 Divers (Tsiganes et autres) et 470.000/550.000 Juifs non enregistrés gazés à l'arrivée.
Le pourcentage de rescapés par rapport aux 400.000 immatriculés (385.000 civils et 15.000 militaires) serait donc de 50% pour Piper, d'environ 66% pour Pressac et de plus de 70% pour nous (400.000 minimum - 120.000 = 280.000 minimum), ce qui, dans tous les cas, correspond à une révision de la Vulgate exterminationniste. En effet, ces pourcentages sont inconciliables avec le gazage à l'arrivée de centaines de milliers de déportés: une telle inhumanité ne pouvait qu'avoir son pendant pour les 400.000 déportés retenus pour le travail, c'est-à-dire, selon les historiens, épargnés provisoirement et sans ménagement, et même destinés à l'extermination par le travail et les privations (comme nous le verrons plus tard, le nombre des gens retenus pour le travail fut supérieur à 400.000 car il faut y ajouter ceux qui furent rete[125]nus pour le travail ailleurs qu'à Auschwitz); si on déduit ceux qui sont morts dans les épidémies (typhus,etc.) qui frappaient d'ailleurs également les SS, et ceux qui sont morts pour d'autres causes naturelles, il ne devrait pas en rester beaucoup à avoir perdu la vie du fait d'une inhumanité comparable à celle que les SS auraient montrée dans le gazage des centaines de milliers d'inaptes au travail. Sauf à admettre qu'ils ménageaient leurs esclaves, mais ceci ne correspond pas davantage à la thèse officielle.
Dès lors, on comprend mieux pourquoi, à l'exception de Piper et Pressac, les historiens ne soufflent mot de ces rescapés. Si l'ordre de grandeur du nouveau total des morts n'était pas une nouveauté pour la plupart d'entre eux (ils sont de ces gens qui "savent"), par contre, le nombre des rescapés a dû les surprendre au point qu'un Bedarida ne croit pas bon de s'étendre sur ce point ni dans son interview au "Monde" ni dans son livre de 1992.
Résumons donc le bilan de la déportation à Auschwitz tel qu'il était estimé jadis et tel que l'estiment aujourd'hui Piper, Pressac et les révisionnistes:
| (en milliers) |
|
|
|||
| Historiens | Révisionnistes | Piper | Pressac | Rév. | |
| Total des déportés | >3.900 | 1.305 | 905/985 | 900 | |
| dont immatriculés | 400 | 400 | 400 | 400 | |
| Morts | |||||
| -- non immatriculés et gazés à l'arrivée | 3.500 | - | 880 | 470/550 | |
| -- immatriculés et morts à Auschwitz | 340* | 60 | 202 | 126 | 120 |
| -- divers (PG, Tsig.,...) | 3.840 | 35 | |||
| -- total des morts | 60 | 60 | 1.082 | 631/711 | 120 |
| Rescapés/400 immatriculés | 198* | 74* | 280* | ||
Faurisson disait depuis longtemps qu'il y avait eu moins de 100.000 morts à Auschwitz et un chiffre aussi bas le déconsidérait un peu même aux yeux des plus bienveillants; or, on pouvait reconstituer ce chiffre en reprenant les statistiques fragmentaires de décès données par tous les historiens, et confirmées, depuis, par le Kalendarium: la vérité est qu'il n'est pas mort beaucoup plus de 100.000 personnes à Auschwitz même. Certes, c'est 100.000 de trop, mais c'est trente-trois fois moins que les historiens en comptaient jadis, douze fois moins qu'il n'en serait inscrit sur les nouvelles plaques du monument aux morts d'Auschwitz et cinq à six fois moins que Pressac en compte encore en 1994: il n'y a aucune raison de ne pas le dire.(78)
En conclusion, on peut dire qu'Auschwitz, qui se trouvait d'ailleurs dans les territoires -- populeux et industriels -- annexés par l'Allemagne et non dans le Gouvernement Général, ne fut pas un camp d'extermination mais un camp de travail -- ravagé par une terrible épidémie de typhus en 1942 -- et un camp de transit pour de nombreux Juifs d'Europe occidentale et méridionale: si ces derniers connurent -- massivement -- un sort tragique, ce fut plus à l'Est, après leur transit par Auschwitz.
Le choix d'Auschwitz comme lieu effectif de l'extermination des Juifs est donc plutôt malencontreux: c'est une véritable "gamelle" que les historiens doivent traîner là et ils ne sont pas au bout de leurs peines. Certes, Auschwitz fut un lieu de souffrance pour de nombreux Juifs, mais il y est mort davantage de non-Juifs que de Juifs. Les historiens eussent mieux fait de retenir Belzec, Sobibor ou Treblinka, lesquels camps furent des camps de transit et de tri réservés aux Juifs, camps dans lesquels il aurait bien pu y avoir, à certains moments, d'affreux massacres de masse (par fusillade).
[127]
On le sait bien, l'analyse statistique est un outil difficile à maîtriser et même propice à la désinformation. Les sionistes, en partant de chiffres qui se révélèrent tout à fait erronés après la chute du Rideau de fer, ont réussi à accréditer le chiffre de 5 millions de morts, symbolisé à 6 millions. Ce chiffre repris dans son jugement par le Tribunal de Nuremberg est insoutenable et constitue même une exagération grossière. Ainsi, pour arriver à 5.100.000 (dont 4.250.000 de mort violente), Hilberg compte:
Pologne: "jusqu'à 3.000.000"
de morts,
URSS: "plus de 700.000",
Pays baltes: "jusqu'à 202.000",
soit quelque 4.000.000 pour cette région.
Il apparaîtra à tout homme de bon sens que les chiffres dont Hilberg se sert pour justifier le total de 5.100.000 sont gonflés: il tient pour exterminés (par les Allemands) des gens qui, manifestement, ont émigré ou ont été évacués ou encore ont été déportés (par les Soviétiques): seuls des gens de mauvaise foi ou des esprits religieux peuvent prétendre le contraire. D'ailleurs, à Nuremberg, le procureur américain Jackson était descendu en dessous des 5 millions: il manquait, déclara-t-il, 5.700.000 Juifs dont "plus de 4.500.000" ne pouvaient s'expliquer ni par un excès des décès sur les naissances ni par l'émigration; mais Jackson était si mal informé qu'il croyait, comme l'affirmait son collègue russe, que la plupart d'entre eux étaient morts à Auschwitz. Même le chiffre retenu par Reitlinger (4,2 à 4,6 millions dont 2,8 de mort violente) est, d'évidence, exagéré. A vrai dire, on ne peut dépasser le chiffre de 3 millions -- chiffre tout aussi effrayant, d'ailleurs -- sans tomber [128] dans l'invraisemblance, puisque les Allemands, ainsi que nous l'avons vu, n'en ont pas saisi davantage.(79)
A l'opposé, certains révisionnistes, eux, ont tenté de démontrer que les pertes juives ne pouvaient excéder 200.000 morts, compte tenu de la population juive en 1948 (18.700.000?) et en 1938 (15.700.000?) et de la croissance normale de pareille population. C'est là une minimisation tout aussi grossière.
Se pose donc le problème de la validité des sources et c'est là matière à une étude critique complexe, que seuls Rassinier et surtout Sanning ont effectuée.(80) Tous deux arrivent finalement aux mêmes conclusions: les pertes juives durant la seconde guerre mondiale n'ont pu dépasser 1 à 1.500.000 morts, ce qui, compte tenu de la population juive, constitue déjà un chiffre tout à fait singulier. (Rappelons que les pertes allemandes sont estimées à 10.000.000 de morts et les pertes totales européennes à 40.000.000, voire 50.000.000, ce qui est, probablement, très exagéré.) Toutefois, ces deux auteurs révisionnistes se sont appuyés sur des sources juives et il faut donc bien admettre, précisent-ils, que leur estimation constitue un maximum maximorum.
Mais alors, direz-vous, s'ils n'ont pas été exterminés, où sont donc passés les Juifs "manquants"? C'est là une question qui n'a guère de sens, si on a réussi à se libérer de la tyrannie du dogme des 6.000.000, car il n'y a pas de Juifs "manquants" en dehors des 1 à 1.500.000 maximum; tout simplement, ils ne sont plus à la même place! De toute évidence, le judaïsme a connu une migration extraordinaire, que Sanning appelle "La Grande Migration " et dont, bien entendu, on ne nous parle pas, puisqu'elle est la négation par les faits de l'extermination de 6 millions de personnes.
[129]
En gros, l'Europe centrale s'est vidée de ses communautés juives et plus particulièrement la Pologne (encore qu'on sous-estime sûrement, comme nous l'avons déjà dit, les sorties volontaires du judaïsme) notamment au profit de:
Israël, bien entendu: immigration en provenance d'Europe:
l'Europe occidentale
l'Amérique du Nord et tout particulièrement les USA: pour ce dernier pays et en provenance d'Europe:
l'Amérique du Sud, où le nombre des entrées de Juifs européens fut de:
l'Union Soviétique: celle-ci a bénéficié de l'annexion d'un grand nombre de Juifs polonais, baltes et autres (notamment des Juifs occidentaux réimplantés chez elle par les Allemands, ce qui, j'en conviens, mériterait d'être vérifié). Certes, le recensement de 1959 ne reprenait que 2.300.000 Soviétiques de "nationalité" juive alors qu'on aurait dû en compter près de 5 millions, ce qui s'expliquait, disent les historiens, par le fait que les Allemands avaient massacré d'une part les Juifs ukrainiens et biélorusses, d'autre part les Juifs polonais et autres [130] annexés par l'URSS en 1939-1940. Mais il faut savoir que la ventilation des nationalités que font les statisticiens soviétiques se fonde, en fait, sur les déclarations individuelles des citoyens recensés: se déclare Juif qui veut. Or, il y a trois bonnes raisons pour que le nombre de Juifs trouvés en 1959 ait été en forte baisse:
Tout d'abord, il est vrai, ils étaient nombreux à avoir perdu la vie du fait de la persécution allemande, de la guerre et de ses séquelles (militaires morts au combat, innocents civils victimes des bavures de la lutte contre la guérilla voire massacrés, etc.).
Ensuite, notait le démographe soviétique
A.M. Maksimov, il y avait en URSS "un processus de fusion
des nationalités" conforme à l'idéal
d'une société socialiste et qui n'est pas moindre
dans les autres communautés religieuses (le Christianisme
ne s'est pas éteint moins vite que le Judaïsme) que
nationales (les Soviétiques de souche allemande
ont abandonné la langue allemande pour la langue russe).
Il est évident que, déjudaïsés, de nombreux
Juifs ont tout naturellement changé de nationalité
et se sont fondus dans le "meltingpot" soviétique
en se déclarant Russes, Ukrainiens ou Biélorusses.
Tout cela est d'ailleurs on ne peut plus naturel, encore que dérangeant
pour certains.(82)
Enfin, cette désaffection du judaïsme et donc de la nationalité juive a été accentuée par l'antisémitisme populaire et l'antisémitisme officiel de fait d'après-guerre: par exemple, un système de quorum limitait l'entrée des Juifs aux grandes écoles et les incitait donc à changer de [131] nationalité. Ainsi, Béatrice Philippe note dans "Les Juifs dans le monde contemporain", MA Editions, 1986: "Lors du dernier recensement, en 1979, 1.810.000 personnes déclarent appartenir à cette nationalité. Selon des experts, ce chiffre serait nettement inférieur au nombre réel de juifs vivant en URSS(...) ; il ressortirait de ce fait qu'un nombre important de juifs répugneraient à se déclarer de nationalité juive. (...) La nationalité juive apparaît alors souvent comme une source de brimades et, donc, comme un fardeau".(83) Parlant des Juifs ukrainiens, Filanowski note de son côté: "Encore que la mort de Staline leur évita au moins d'être déportés en Sibérie, ils fürent victimes dans les années suivantes d'une espèce de 'génocide doux' par leur mise à l'écart presque totale des grands emplois et même des grandes écoles."
Deux exemples célèbres de
cette assimilation des Juifs soviétiques: le général
Routskoï, le rival de Eltsine. est Russe mais, ayant une
mère juive, il aurait pu tout aussi bien se déclarer
Juif. Vladimir Jirinowski, qui s'appelait Eidelstein et a changé
de nom en 1964 pour cacher l'origine juive de son père,
se redéclarait Juif à la fin des années 1980
quand il pensa émigrer en Israël; depuis, il est redevenu
Russe, mais il aurait encore pu se déclarer Kazakh, car
il est né et a vécu à Alma-Ata.
Le journal "Le Soir" du 6/4/1994 notait à ce
sujet: "Sous régime soviétique, il
n'était pas confortable d'être juif pour quelqu'un
qui voulait étudier à Moscou. Il y avait alors des
quotas et avec un nom comme Edelstein, on risquait d'être
écarté."
Bien que les statisticiens sionistes s'en soient tenus aux chiffres du recensement, chiffres qui confirmaient leurs thèses, des chiffres plus élevés ont été souvent cités par des personnalités sionistes. Deux exemples: un homme considérable comme Nahum Goldmann, qui fut président du Congrès Juif Mondial, parlait, au début des années 1970, de 3 à 4 millions et le professeur Michaël Zand de l'Université Hébraïque de Jérusalem avançait même le chiffre de 4,5 millions.
Reitlinger, lui, était d'avis qu'il y en avait plus de 3 millions: "Car il est tout à fait possible que le nombre de Juifs non russes qui furent transportés dans le fin fond de l'Union soviétique excède le nombre de Juifs russes tombés aux mains des Allemands. Si c'est le cas, le nombre [132] actuel de Juifs survivants [en URSS] pourrait bien être supérieur aux quelque trois millions de Juifs qui vivaient en Union soviétique en 1939."
Avec la chute du communisme, les Juifs soviétiques ont obtenu complètement la possibilité d'émigrer et, du coup, leur nombre augmente comme par miracle: bien que des centaines de mille aient émigré, il en reste, officiellement, toujours autant et même bien davantage encore selon certains. Quelques exemples:
Dans le "New York Post" du 1/7/'91, le journaliste israélien Uri Dan révélait que les autorités israéliennes estimaient jusqu'alors le nombre de Juifs soviétiques à 2 ou 3 millions, mais que les émissaires israéliens chargés de procéder à l'émigration de ces Juifs en Israël rapportaient qu'"un total de plus de 5 millions serait plus exact".
De son côté, Dimitri Prokofiev, correspondant moscovite de la radio israélienne, confirmait ce chiffre de 5.000.000 en expliquant: "Ceci est dû au fait que des millions de Juifs viennent seulement maintenant, après 70 ans de communisme, de pouvoir sortir du placard communiste."
Certains citent des chiffres encore plus élevés: la "Jewish Week" du 2/8/'91 rapportait que, selon le professeur Wolf Moskovich de l'Université Hébraïque de Jérusalem, il y avait un "potentiel de 3,5 à 12 millions de Juifs dans la CEI"!
Le cas de l'Ukraine est particulièrement intéressant: rendant compte d'une conférence consacrée aux relations judéo-ukrainiennes et qui s'est tenue à l'été '91 à Kiev, Grigori Filanowski rapporte de son côté dans le journal de la communauté juive allemande, l'"Allgemeine Jüdische Wochenzeitung" du 12/12/'91, qu'"En Ukraine, un habitant sur cinq est Russe et un sur douze est Juif". Si cela était vrai, cela ferait environ 4 millions de Juifs ukrainiens.(84)
Or les chiffres donnés pour l'Ukraine par les officiels, tant ukrainiens que sionistes, sont les suivants:
Oleksander I.Yemets, ministre ukrainien des Nationalités, confirmait ce dernier chiffre au "Soir" de 25/3/'94: "Mais en 1989, il y avait chez nous environ 500.000 Juifs. Plus de 200.000 ont émigré depuis lors. Or, aujourd'hui, selon les organisations juives, il y a toujours... 500.000 Juifs en Ukraine. (...) Un certain nombre de Juifs sont sortis de la 'clandestinité'; ils n'avaient plus de raisons de cacher leur origine." Ceci indiquerait qu'il y en avait au moins 700.000 en 1989. On pourrait peut-être même multiplier ce chiffre par 2 ou par 3 sur la base de ce que dit de son côté Janna Zajtseva, doyenne de l'Institut juif d'éducation de Kiev: "A l'époque de l'Union Soviétique, beaucoup de gens ne voulaient plus se souvenir qu'ils étaient Juifs. Aujourd'hui, ceux qui commencent à rechercher leurs racines sont surtout des jeunes. Rarement des gens de la génération des quarante ans, très marquée par l'éducation communiste. Aussi, dans les synagogues, il y a aujourd'hui beaucoup d'adolescents et de personnes âgées. Mais toute une classe d'âge semble avoir disparu..." ("Le Soir", 2/10/'95)
Le chiffre donné pour 1959 (80.000) n'est peut-être même pas une tromperie résultant de la nécessité qu'il y avait de nous convaincre de la réalité de l'extermination; ce chiffre serait, en quelque sorte, la preuve non pas de l'extermination des Juifs ukrainiens par les Allemands mais de leur évacuation par les Soviétiques avant l'arrivée des Allemands. En effet, si on sait que les Juifs polonais réfugiés en URSS, ont reçu l'autorisation de revenir en Pologne dès 1945, par contre, les Juifs ukrainiens et leurs voisins baltes et biélorussiens ne purent revenir chez eux que progressivement: si l'intelligentsia revint très vite (dès 1945), par contre, on peut penser que la masse, réinstallée dans de nouveaux centres industriels sibériens qu'elle avait parfois construits de ses mains et auxquels elle était attachée comme les serfs l'étaient à la glèbe, ne reçut pas l'autorisation de rentrer: il va de soi qu'il n'était pas question, à la fin de la guerre, qu'elle abandonne ses usines, en expliquant à ses contremaîtres que, puisque la guerre était finie, elle rentrait "à la maison"; d'ailleurs, il est bien possible que cette masse ne [134] chercha même pas à rentrer en Ukraine ou en Biélorussie, préféra rester à Samarkand que revenir à Kiev, s'y maria (par exemple, le père de Jirinowski), bref s'y installa durablement. C'est seulement maintenant qu'avec la désintégration politique et industrielle de l'URSS, la montée de l'intégrisme musulman et du chauvinisme dans les républiques islamiques de Sibérie, que cette masse d'Européens (ex-Russes, ex-Juifs, ex-Ukrainiens, etc.) reflue à l'Ouest.(85)
Il est donc évident que les chiffres les plus vraisemblables donnés aujourd'hui pour la population juive de l'ex-URSS ne peuvent s'expliquer que:
-- d'une part, par l'annexion de nombreux
Juifs étrangers
-- d'autre part, par l'abandon de la thèse de l'extermination
en masse des Juifs polonais, baltes et soviétiques.
Les officiels russes commencent même à l'admettre explicitement ainsi "Israël Nachrichten" du 22/4/'93 rapporte que les démographes russes sont arrivés eux aussi au chiffre de 5 millions de Juifs. Or, continue ce journal, d'une part on estimait la population juive de l'URSS des années 30 à 2,5 millions, d'autre part, des "millions" (ce qui peut sembler beaucoup) de Juifs soviétiques ont émigré aux USA, en Israël et ailleurs. Dès lors, "il semblerait que cette surpopulation juive nouvellement dénombrée peut s'expliquer par l'apport des populations juives de l'Est de la Pologne annexée par l'URSS", lesquelles sont censées avoir été totalement exterminées par les Allemands, puisque, nous dit-on communément seulement 50 à 300.000 Juifs polonais (zones allemande et soviétique confondues) auraient survécu et que les Juifs ouest-européens envoyés dans l'Est ont été exterminés dans la même proportion!
Il ressort aussi de toute cette analyse que les Juifs d'URSS se sont éparpillés ou intégrés au point qu'aucun chiffre ne peut plus être [135] sérieusement avancé ni par les uns ni par les autres. Se pose en fait le problème insoluble de l'identité juive. L'Administration ne comptabilise que ceux qui se déclarent Juifs le jour du recensement tout en admettant que le nombre de "Juifs", en fait de citoyens d'"origine juive" est bien plus élevé. De leur côté, les sionistes tiennent un double langage et retiennent le chiffre qui leur convient selon les nécessités du moment: soit 1,5 à 2 millions quand il leur faut démontrer la réalité de l'extermination de 6 millions de juifs, soit des millions quand il leur faut convaincre l'Oncle Sam de leur donner ses dollars pour financer l'immigration de Juifs, demi-Juifs ou quart-de-Juifs (en majorité complètement déjudaïsés au point de n'être même pas circoncis) aux fins de balancer la démographie galopante des Palestiniens.
Où et comment sont morts ces 1 à 1,5 million de
Juifs?
Sanning, qui insiste sur le fait que le but de son travail n'est
pas de déterminer le nombre de morts (c'est un travail
impossible, ne fût-ce qu'en raison de l'imprécision
de l'identité juive) s'avance quand même à
donner finalement le chiffre de 1.300.000 Juifs disparus soit
8% de la population juive mondiale (concentrée en Europe
au début de la guerre). Rassinier, lui, pensait qu'il y
en avait eu moins de 1.000.000. Ces 1.300.000 disparus se répartiraient
à peu près comme suit:
-- plus de 1.000.000 morts en URSS, soit
200.000 morts dans les rangs de l'Armée Rouge (et des Partisans):
les Juifs, à l'Est comme à l'Ouest, auraient été
parmi les opposants les plus résolus à l'Allemagne
hitlérienne (et pour cause) et ils se seraient engagés
en masse dans les armées alliées et y auraient brillé
par leur ardeur: c'est bien possible, ainsi que nous l'avons déjà
dit;
700.000 morts notamment lors des déportations de Juifs
polonais par les Soviétiques en 1940 (dans des conditions
pires que celles des déportations par les Allemands)
et lors des évacuations des Juifs soviétiques
en 1941 devant l'invasion allemande; dans les camps de travail
en Sibérie et dans l'Oural.
130.000 morts sur le "théatre de la guerre" entre Allemands et Soviétiques, dont un certain nombre ont été les victimes innocentes de la [136] répression souvent sauvage de la guerilla soviétique par les Allemands.
-- le solde, soit quelque 300.000(86) , est la partie inexpliquée par Sanning, qui, précisons-le, est d'origine allemande et n'a entrepris son travail que pour laver son pays de l'accusation de l'extermination de 6 millions de Juifs: ne chargerait-il pas les Soviétiques pour décharger les Allemands, ainsi que nous venons de le voir ci-dessus? C'est malheureusement "de bonne guerre": les Soviétiques ont bien imputé les massacres de Katyn aux Allemands; de leur côté, les Américains (et les Français?) qui ont sur la conscience la mort -- lente et même, semble-t-il, programmée -- de centaines de milliers de prisonniers de guerre allemands, se sont débrouillés pour que la très crédule opinion allemande les impute aux Soviétiques.(87) On notera que les 300.000 imputés aux Allemands sont, en fait, un solde inexpliqué après prise en compte d'informations d'origine sioniste sur les pertes juives en Union Soviétique, pertes qu'on peut supposer exagérées comme à peu près tout ce qui est de la même origine: en l'occurence, la bienveillance dont Sanning fait preuve en se référant avec constance à des sources sionistes le sert trop bien pour ne pas en devenir suspecte. Ces 300.000 Juifs pourraient donc être morts dans les mains des Allemands, voire de leurs mains:
dans les camps et ghettos, lors des épidémies de typhus notamment. A ce sujet, il faut dire que la SS a agi avec une légèreté qui aggrave son cas, en ne prévoyant pas les effets sur le plan sanitaire de la concentration des Juifs dans des conditions médiocres et dans une région -- l'Europe de l'Est -- où le typhus est endémique.(88) Cette situation reflète [137] bien aussi l'improvisation continuelle dans la mise en place de la Solution finale en raison des antagonismes et des vicissitudes de la guerre. Il n'en reste pas moins vrai que, d'une part, la SS prit des mesures énergiques dès l'été '42 (encore commit-elle le crime de continuer à déporter les Juifs dans des centres comme Auschwitz qui étaient infestés par le typhus), d'autre part, que c'est finalement ce typhus, associé à la surpopulation et à la malnutrition (autres reproches majeurs à faire à la SS), qui fut à l'origine de la plupart des décès et non pas le meurtre de masse.
dans les bombardements anglais et américains (surtout lors de l' évacuation des camps, à une époque où l'aviation alliée attaquait tout ce qui bougeait y compris ce qui portait l'emblème de la Croix-Rouge). Par exemple et selon le Kalendarium, le 1/7/'44, dans un convoi de 2.000 Juives hongroises transférées d'Auschwitz a Buchenwald, il y eut 266 morts à la suite d'un bombardement. D'ailleurs, dans les camps de l'Ouest, les détenus avaient, souvent, une double hantise: les appels, parfois interminables et les bombardements alliés. On peut encore citer les 1.200 déportés (dont probablement de nombreux Juifs) tués à Nordhausen lors du bombardement du 4/4/'45.(89) On ne peut exclure que les détenus moururent de ce fait par dizaines de milliers. Ce dut être particulièrement vrai si les Juifs déportés en 1944 et non retenus pour le travail ont été internés dans des camps-boucliers (contre les bombardements) autour des grandes villes allemandes.
Ces évacuations se firent souvent dans des conditions dramatiques (du moins, dans leur phase ultime et dans les dernières semaines voire les derniers jours de la détention): les Allemands auraient dû laisser les déportés sur place au fur et à mesure de leur retraite (ce qu'ils firent à Auschwitz mais uniquement pour les plus faibles, notamment les enfants, auxquels, selon des témoins comme Wiesel lui-même, ils donnèrent le choix: rester et attendre les Soviétiques ou partir en Allemagne; [138] quelque 8.000 déportés décidèrent de rester sur place). Mais la hiérarchie SS à Berlin considérait ces prisonniers comme une précieuse main-d'oeuvre: ces hiérarques manipulaient des statistiques sans se préoccuper de l'état pitoyable de cette main-d'oeuvre. Il régnait évidemment à cette époque une atmosphère de fin du Monde peu propice à l'expression de sentiments d'humanité; d'ailleurs, dans le même temps, les Américains, chevaliers du Droit, préparaient l'essai des deux premières bombes atomiques (initialement prévues pour les Allemands), en majorité des femmes et des enfants et leurs collègues anglais organisaient ce qui fut probablement (laissons une chance à tout le monde) la plus inutile et la plus barbare des boucheries de toute cette guerre: la destruction de Dresde (entre 135.000 et 250.000 civils -- surtout femmes et enfants -- grillés vifs en 24 heures sans aucune nécessité militaire, sur instruction de Churchill, apparemment rien que pour son bon plaisir). Dans les camps, les SS subalternes, aussi bêtement disciplinés que les glorieux pilotes de la RAF et de l'USAF, exécutaient les ordres et évacuaient les prisonniers devant l'avance des Soviétiques, puis, in fine, quand il n'y eut plus de possibilité de retraite, les maintinrent en captivité dans des conditions qui étaient devenues invraisemblables et sans pouvoir en assurer la survie. En effet, sous les coups de l'aviation alliée, toute la logistique allemande s'effondra: plus rien n'arrivait dans les camps (nourriture, médicaments, Zyklon-B, eau courante, etc.) et fatalement, un certain nombre de camps se transformèrent en mouroirs. Les gardes des camps (souvent des vieux et des réformés) avaient apparemment la conscience tranquille (ils n'avaient participé à aucune extermination de masse: ceci peut sans doute aider à comprendre leur comportement); ils avaient certes beaucoup à se faire pardonner et tout homme de bon sens aurait tenté d'atténuer -- ne fût-ce que par intérêt personnel -- le sort des prisonniers et, n'y parvenant pas, se serait enfui. Ces abrutis restèrent souvent sur place sans rien pouvoir faire et certains, bien entendu, payèrent tout aussitôt leur stupidité en se faisant massacrer à la libération des camps (par exemple, les Américains, après avoir découvert les horreurs de Dachau et ne sachant pas encore qu'ils allaient faire pire, fusillèrent sur place et sans jugement 520 gardes et miliciens qui s'étaient rendus).
Il reste que les "marches de la mort" méritèrent bien leur nom. Sans que cela exonère les Allemands de la responsabilité de la catastrophe qui en résulta parmi les déportés, il faut dire que les civils allemands du [139] Wartheland (notamment des Baltes, des Bucoviniens, des Bessarabiens et des Galiciens de souche allemande que les Soviétiques avaient renvoyés en Allemagne en 1940 avec l'accord du Reich) furent évacués dans les mêmes conditions. Il en fut de même en Silésie: par exemple, les femmes et les enfants qui formaient l'essentiel du petit million d'habitants et de réfugiés de Breslau, reçurent l'ordre d'évacuer à pied alors que le sol était couvert d'une couche de neige de 50 centimètres et que la température descendait jusqu'à -20·C. Leur mortalité ne fut certainement pas plus faible que celle des malheureux déportés d'Auschwitz (à 250 kms de là), d'autant moins qu'au froid s'ajoutaient les atrocités soviétiques pour les traînards, atrocités qui dépassèrent de très loin tout ce que l'Europe de l'Est a connu sous la botte allemande.
Le comble de l'horreur fut peut-être atteint en Prusse orientale dans la 2ème quinzaine de janvier '45 (à moins que ce ne soit plus tard chez les Sudètes, ou en Bohême ou encore à Dresde, comme je le suggérais à l'instant?): des convois comptant jusqu'à 30.000 civils disparurent dans les tempêtes de neige et dans les tourbillons d'une débâcle inimaginable. Les dizaines de milliers de détenus du camp du Stutthof (Dantzig) et de ses nombreuses succursales (pour l'essentiel, des Juifs hongrois ayant transité par Auschwitz) furent évacués au même moment et il n'est pas douteux qu'ils périrent en masse. Il arriva que dans ce secteur, la température descende à -30·C (les chars soviétiques traversèrent des fleuves comme l'Oder sur la glace). C'est à cette époque de guerre totale qu'eurent lieu au large de Dantzig trois des plus grandes catastrophes maritimes de tous les temps avec le torpillage par les Soviétiques du "Wilhem Gustloff" (5.700 morts surtout civils, voire 7.000 selon certains), du "Général Steuben" (3.500 morts civils et blessés militaires) et du "Goya" (près de 7.000 morts civils et blessés militaires).(90)
[140]
Les civils allemands qui ne réussirent pas à se sauver furent souvent massacrés (souvent après viol pour les femmes (91)) ou mis au travail voire déportés en Sibérie; plus tard, ceux qui étaient restés furent expulsés vers l'Ouest.
Notre objectif n'est pas -- on le notera -- de faire un calcul de compensation, même pas d'apitoyer le lecteur sur le sort de civils allemands qui, en ces circonstances, furent aussi malheureux que les déportés juifs (si on excepte les enfants, ceux-là ne faisaient d'ailleurs souvent que récolter le fruit de leur adhésion aux doctrines insensées du nazisme), mais de décrire de façon plus crédible que dans la thèse génocidaire les circonstances de la mort de nombreux déportés juifs dans des massacres à caractère génocidaire, ainsi que l'affirme la loi, en sus de ceux qui sont déjà comptabilisés plus haut.
Pour celui qui a été éduqué dans le
dogme des 6 millions, ces derniers chiffres sont difficiles à
admettre: les pertes juives auraient pu être de 1.300.000
morts, ce qui reste un chiffre effrayant, la plupart du fait direct
des Soviétiques. On peut déjà faire remarquer
que l'imputation de la responsabilité de ce carnage --
imputation qui n'est pas sans importance ni pour les familiers
des morts ni pour le public -- prête à discussion:
on peut contester la part attribuée aux Allemands par Sanning
(ils sont déjà pour le moins co-responsables de
toutes ces morts) et, pour ma part, je ne partage guère
la ventilation indicative qu'il donne; bien que les comptes de
Sanning soient, pour le reste, apparemment inattaquables, je suis
même d'avis que la majorité de ceux qui sont tombés
aux mains des Allemands ont disparu, de sorte que l'hécatombe
aurait dû dépasser 2 millions de morts. En fait,
Sanning, répétons-le, a procédé à
cette ventilation comme à contre-coeur, son but essentiel
étant de démontrer que ses compatriotes étaient
loin d'avoir exterminé 6 millions de Juifs. Il reste que
l'analyse simple mais géniale qu'a faite de son côté
le démographe suédois Carl O. Nordling sur les notables
juifs confirme le chiffre de 1 à 1,5 million de morts juifs
(voir annexe 10). Il
sera sans doute difficile à certains, plus particulièrement à ceux qui ont [141] été les innocentes victimes de cette persécution abominable, d'adhérer à cette dernière conclusion. D'une part, nous ne nous détachons pas facilement de ce à quoi nous avons cru. D'autre part, nous sommes souvent effrayés par notre propre audace, car nous n'avons pas été éduqués dans l'esprit de libre examen; au contraire, on nous apprend dès notre tendre enfance à nous en remettre avec confiance aux Autorités quelles qu'elles soient: parentale, religieuse, académique, militaire, politique, médiatique, de sorte que sortir du consensus ressemble parfois à une aventure angoissante, surtout, bien entendu, quand ces Autorités, tombant dans l'autoritarisme et la censure, imposent leur version de l'Histoire. Ceux qui ne pourraient pas admettre ces conclusions devraient toutefois concéder que l'histoire de la persécution des Juifs par les Allemands est à réécrire. On ne peut vraiment pas transmettre la version officielle actuelle, même révisée par Pressac, aux générations futures, car elle est manifestement erronée à bien des égards, voire tout à fait extravagante et dès lors, il est à craindre que nos descendants haussent les épaules et que, par extension, ils en viennent même à douter de la réalité de cette tragédie. Les odieuses lois liberticides n'y changeront rien, au contraire: cette prétention de figer l'Histoire est (apparemment du moins) aussi loufoque que la prétention de figer le temps et un jour viendra même où elle fera rire, accélérant, du même coup, l'occultation du drame. C'est lamentable mais à qui la faute?(92)
[142]
(59) Selon des archives hongroises (documents Ferenczy) retrouvées à la gare de Koszyce (anciennement Kassa), 137 trains (401.439 personnes) ont transité par cette gare en direction d'Auschwitz (mais y sont-ils arrivés?); 6 trains (20.000 personnes) sont allés de Budapest vers Vienne; 2 trains (6.500 personnes) vers Janov (Lvov) via Huszt et 2 trains (6.500 personnes) vers Auschwitz via Ersekjuvar.
(60) Un exemple cité par Pressac: "Ainsi, est conservé au Yad Vashem un fichier provenant du camp du Stutthof (près de Danzig) avec les noms de 40 à 50.000 Juives hongroises, ayant été expédiées d'Auschwitz en juin '44."
(61) Télex de Veesemnayer: "Aujourd'hui, le premier convoi de 1.800 Juifs entre 16 et 50 ans et aptes au travail a quitté Budapest. Demain un nouveau convoi de 2.000 Juifs aptes au travail quittera Topolya".
(62) La tactique des bombardements terroristes des Anglais eut pour seul effet de prolonger la guerre; sur le plan humain, non seulement elle coûta la vie à 500.000 civils allemands, mais elle accrut et prolongea la persécution et le calvaire des Juifs.
(63) Devant la tiédeur des Hongrois face à des Soviétiques qui s'apprêtaient à entrer en Hongrie, les Allemands s'étaient vu obligés d'intervenir résolument en Hongrie; estimant qu'ils ne pouvaient laisser un million de "Judéo-communistes" dans leur dos voire au milieu de leur dispositif militaire, les Allemands et leurs alliés hongrois avaient entrepris la ghettoïsation de ces Juifs. Cette ghettoïsation se fit dans des conditions sanitaires souvent épsouvantables et de nombreux Juifs hongrois étaient très diminués, voire malades du typhus, quand ils furent déportés à Auschwitz.
(64) Par exemple, on relève dans Wieviorka les témoignages de Bernard-Aldebert (Gusen II-Mauthausen): "Il y a de tout parmi eux, des enfants, des vieillards.", de Loustaunau-Lacau (probablement Mauthausen): "Il y a parmi eux des femmes, des vieillards, des enfants." ou de Dom Zimmet Gazel (Ravensbruck): "Quand le lamentable troupeau des juives hongroises avec leurs enfants(...)". Il est vrai que ces Juifs étaient peut-être bien des Juifs déportés à Strasshof (Vienne) sans passer par Auschwitz.
Dans les listes d'anciens déportés
(dont beaucoup de Hongrois refusant de rentrer au pays natal)
établies par le "Central Jewish Committee Bergen-Belsen"
en septembre '45, on trouve de très nombreux enfants de
tous âges dont certains nés à Bergen-Belsen
même en 1944 et 1945 (avant et après la libération
du camp par les Britanniques). Comment peut-on donc affirmer dans
le même temps que les Allemands ont exterminé les
inaptes hongrois (dont les enfants et les femmes enceintes) dans
des chambres à gaz situées à Auschwitz?
(65) Celui qui a lu le Tome 1 voit bien ici à quel point cette révision spectaculaire de Pressac est la suite logique du travail dont il s'est chargé et qui consiste, non pas à écrire l'histoire, mais à rendre le dogme plus crédible: comme, manifestement, Auschwitz n'avait pas la capacité de crémation de tant de corps, il tripote les chiffres jusqu'à obtention d'un résultat plus crédible: il commence donc par réduire le nombre de Polonais (nous en reparlerons), puis le nombre de Hongrois et enfin, comme c'est encore un peu gros, il réduit une deuxième fois le nombre de Hongrois, Malgré quoi, sa version reste invraisemblable et il lui faudra toucher au dogme, du moins abandonner la thèse intentionnaliste. Le baron Halter, président de la Fondation Auschwitz, a encore bien des couleuvres à avaler, lui qui parlait en 1994 de "ces soi-disant révisionnistes qui, à force de changer d'avis [sic], finissent par se faire accepter même par les nôtres et là, je pense à Pressac."
(66) Si les Juifs réfugiés outre-mer (aux USA, par exemple) étaient à l'abri, par contre ceux qui s'étaient réfugiés en Europe occidentale tombèrent souvent aux mains des Allemands: on notera que ceux qui ne sont pas revenus des camps figurent deux fois dans la statistique des 6 millions de Juifs exterminés: une première fois comme Polonais et une deuxième fois comme Belges ou Français. Ceux qui sont revenus ou même qui n'ont pas été déportés figurent de toute façon une fois dans les 6.000.000, dès lors qu'ils sont venus chez nous dans les années '30.
(67) On notera accessoirement que Français et Anglais déclarèrent aussitôt la guerre aux Allemands mais pas aux Soviétiques. Les historiens n'ont jamais voulu nous expliquer le pourquoi de cette différence de traitement.
(68) Evolution de la population juive de Varsovie (d'après Israël Gutman dans la préface du journal de Czerniakow): de 353.000 en 1931, elle était tombée à un peu plus de 300.000 en 1939; dans les premières semaines de l'occupation allemande, des dizaines de mille s'enfuirent en zone soviétique [J'en déduis donc qu'elle ne devait plus dépasser de beaucoup 250.000 et avait donc baissé d'un bon quart]. Par la suite, de nombreux Juifs des territoires annexés par l'Allemagne (notamment Wartheland) s'y réfugièrent. Après la création du ghetto en novembre '40, les Juifs des alentours y furent envoyés, ainsi que des Juifs déportés d'Allemagne, d'Autriche et de Dantzig; de la sorte, la population remonta à 450.000.
On a ici, d'une source sioniste, une illustration supplémentaire (et involontaire) des thèses révisionnistes: forte émigration dans les années '30, fuites dans la zone soviétique et réimplantation provisoire de Juifs occidentaux dans les ghettos polonais.
(69) Les survivants de ceux qui furent déportés en Sibérie musulmane se seraient enfuis après la guerre en passant pas l'Iran.
(70) Cette tragédie de la déportation en Sibérie des Juifs polonais réfugiés, longtemps occultée puisqu'elle réduisait d'autant l'ampleur de la persécution des Juifs par les Allemands, est redécouverte de nos jours; ainsi, Michel Dubec dans "Le Monde" du 11/2/'95: "(...) Des millions de personnes ne pouvaient pas fuir, mais des centaines de milliers parmi les millions ont fui dans la pagaille et le désarroi. (...) Près de cinq cent mille d'entre eux furent transportés vers la Sibérie, dont un tiers environ y mourut."
(71) On n'accablera pas Madame Zand (pas
plus que Michel Dubec) car nous sommes tous un peu comme eux:
nous passons à côté de la vérité
sans la reconnaître. Néanmoins, on ne peut pas ne
pas faire remarquer que, si elle avait pris un bout de papier
et un crayon pour convertir ses dires en chiffres, elle aurait
aussitôt compris à quel point le chiffre de 6 millions
de morts était absurde.
(72) En 1941, les Allemands, aidés par leurs auxiliaires ukrainiens, auraient assassiné, en 2 jours, 33.771 Juifs dans ce faubourg de Kiev. Les révisionnistes disent, non sans raisons, que ce chiffre est insoutenable. On notera aussi que les historiens oublient de dire ou, du moins, n'insistent pas beaucoup sur le fait que ces exécutions de masse ne faisaient pas partie d'une politique d'extermination mais furent des représailles à l'incendie des bâtiments où les Allemands avaient installé leurs bureaux. Des centaines d'officiers et soldats allemands périrent dans cet incendie attribué, bien entendu, aux judéo-communistes et provoqué, en fait, par des bombes incendiaires à retardement placées par les troupes soviétiques juste avant leur départ. Du côté roumain, un pogrom aux origines identiques eut lieu à la même époque à Odessa.
(73) En 1939, démontre plus précisément Sanning, il y avait en Allemagne et dans la partie d'Europe qui fut envahie par les Allemands 5.044.000 Juifs dont 2.197.000 réussirent à s'échapper de 1939 à 1941. Les Allemands n'auraient donc pu qu'en exterminer 2.847.000. L'analyse du Rapport Korherr permet d'arriver à un résulat identique.
(74) Citons encore deux sources indiquant elles aussi que la plupart des Juifs polonais et soviétiques avaient été mis en sûreté:
(75) "Le Monde" a tout de même diffusé l'information suivante dans un petit encadré de sa page 6 des 24 et 25/9/'89: "Les Autorités soviétiques ont autorisé le Comité International de la Croix-Rouge à microfilmer les registres du Camp de concentration d'Auschwitz contenant les identités de 74.000 morts, qui avaient été saisis par l'Armée Rouge. (...) Les Autorités soviétiques vont aussi transmettre au CICR quelque 130.000 cartes individuelles de déportés astreints au travail forcé dans les entreprises entourant le camp d'Auschwitz. Les quarante-six volumes de registres mortuaires qui vont être communiqués au CICR étaient tenus par les Nazis et contiennent les noms, par ordre alphabétique [comprendre "chronologique"], de déportés de différentes nationalités qui avaient été enregistrés dans le camp de concentration d'Auschwitz et qui y sont décédés. -- (AFP)"
Plus disert, "Le Soir" parlait sans le commenter du retrait des plaques mentionnant 4 millions de morts le 7/6/'90 puis en reparlait le 9/6/'90 en s'en étonnant ("Une hâte cingulière"); il en reparlait une troisième fois le 20/7/'90, cette fois en justifiant ce retrait ("Génocide: un ou quatre millions de morts? Revision de comptabilité n'est pas révisionnisme de l'abjection..."); remis de sa surprise et réflexion faite, il retombait définitivement sur ses pieds le 25/7/'90 ("Le génocide n'est pas numérique" par Michel Bailly). C'est dur d'avoir à reconnaître que depuis 50 ans, on disait des bêtises et que, par contre, ceux qu'on insultait n'avaient pas entièrement tort: pour certains, la meilleure façon de s'en sortir est apparemment de continuetrà salir ses adversaires!
(76) "Le Monde" des 23 et 24/6/'91: "L'URSS a remis, vendredi 21 juin, à la Pologne quatre des quarante-six volumes d'archives allemandes du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. Ces archives avaient été emportées par les Soviétiques en 1945, à la libération du camp, et étaient reclamées depuis plus de vingt ans par Varsovie. Pour la première fois, des historiens du Musée d'Auschwitz ont pu se rendre aux Archives nationales de la Révolution d'Octobre et aux Archives centrales d'Etat jusqu'ici fermées aux chercheurs étrangers. Les Archives centrales conservent en particulier des documents allemands émanant des Waffen SS sur la construction du camp entre 1940 et 1944 avec des études techniques et financières, des correspondances avec les entreprises allemandes et les registres de décès. -(AFP)".
(77) Extrait du rapport à l'AG de la Fondation Auschwitz du 10/5/'92: "L'inscription sur les 19 dalles en 19 langues du Monument international d'Auschwitz est le sujet de longues et pénibles discussions".
(78) Moins de la moitié de ces 120.000 morts (sur quatre ans et demi) seraient Juifs. Est-il déplacé de comparer avec Hiroshima (70 à 80.000 morts sur le coup + 70.000 morts dans les 3 mois suivants, sans parler de ceux qui sont morts par la suite) et Nagasaki (20.000 morts sur le coup + 50.000 morts dans les 4 mois suivants, sans parler non plus de ceux qui sont morts par la suite), Dresde (135.000 à 250.000 morts en 24 heures, mais, il est vrai, beaucoup moins pour l'histoire officielle: 35.000), Tokyo (84.000 morts --peut-être même 100.000 -- en une seule nuit) et Hambourg (50.000 morts en une semaine)?
On notera au passage que l'histoire officielle ne cesse de minimiser les chiffres des tragédies provoquées par les Alliés et d'exagérer les chiffres de celles que provoquèrent Allemands et Japonais. Comme pour éviter tout risque de calcul de compensation, les autorités se refusent même à célébrer la mémoire de tous ces malheureux enfants, femmes et vieillards allemands et japonais grillés vifs par les Alliés.
(79) On trouve parfois ce chiffre de trois millions de morts dans des revues et sous des plumes respectées sans que cela soulève des protestations; ainsi Richard Darmon écrit dans "Le Spectacle du Monde" de mars 1988: "On comptait treize millions de juifs en 1939, (...) Six ans plus tard, cette population était tombée à dix millions environ (presque 39 % de moins), en raison des massacres en Europe."
(80) A signaler aussi du côté des exterminationnistes, le gros livre de Wolfgang Benz et autres, "Dimension des Vö1kermords. Die Zahl der jüdischen Opfer des Nationalsozialismus", publié en 1991 chez R. Oldenbourg Verlag. Une comparaison entre le révisionniste Sanning et l'exterminationniste Benz a été faite par Germar Rudolf dans "Grundlagen zur Zeitgeschichte", ouvrage important qu'on peut se procurer chez Vry Historisch Onderzoek (Anvers, Belgique) ainsi que le livre de Sanning (The Destruction of Eastern European Jewry).
(81) Evolution de la population israélienne d'après
Passevant et Portis (x 1.000)
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| 1880 | 24 | 476/576 | 500/600 |
| 1914 | 85 | 654 | 739 |
| 1948 | 650 | 740 | 1.390 |
| 1951 | 1.337 | 160 | 1.497 |
Le cardinal Lustiger, Juif allemand réfugié en France et converti au catholicisme dans les circonstances dramatiques que lui-même et ses malheureux parents eurent à connaître pendant la guerre, vient d'être victime des outrances de ses collègues en abrahamisme: en avril '95, le grand rabbin ashkenaze d'Israël, Yisraël Lau, l'a accusé d'avoir "trahi son peuple et sa religion"; de telles conversions, a encore dit Lau, représentent pour le peuple juif "la voie de l'extermination spirituelle qui conduit, comme l'extermination physique, à la solution finale". Relatant la chose, "Le Monde" n'a rien trouvé à redire aux énormités proférées par le saint homme; par contre la même semaine et comme pour se donner bonne conscience, il a vitupéré contre Jean-Marie Le Pen, lequel avait prononcé à l'allemande le nom du cardinal ... Le scélérat!
(83) Alain Finkielkraut rapporte une plaisanterie moscovite à propos de la campagne de répression de l'alcoolisme au volant lancée par Gorbatchev: "A la première infraction, 100 roubles d'amende; à la seconde, 200 roubles; à la troisième, la milice inscrit la mention de Juif sur votre passeport."
(84) L'"AJW" donne aussitôt
le chiffre de 400.000! On doit logiquement supposer qu'il s'agit
d'une coquille d'impression: il y manque un zéro. Autre
possibilité, évidemment: Filanowski s'est trompé
dans son opération de division et a retenu 12 pour 120.
Les cas de zéros ajoutés ou de virgules mal placées
sont fréquents dans l'histoire de la Shoah et ne doivent
pas étonner.
(85) Autre version: ce chiffre de 80.000 Juifs pour 1959 est une tromperie. Paul Nowik, rédacteur en chef du journal new-yorkais, communiste et juif "Morgen Freiheit" fut invité à visiter l'URSS en 1946; il rappelait dans son rapport de voyage du 27/2/1947 que les Allemands avaient réduit dramatiquement la population juive en Europe, mais, constatait-il, "ce n'est pas la faute du gouvernement soviétique qui a fait des efforts considérables pour évacuer des millions de Juifs, y compris des Juifs polonais [ce qui confirme ce que nous disions plus haut]. (...) Rien qu'en Ukraine [laquelle fut entièrement occupée par les Allemands], il y a plus d'un million de Juifs actuellement, de Juifs vivants, et c'est l'un des plus grands miracles de notre histoire." (cité par Bortchagovski)
(86) Selon la méthode employée 304.000 ou 330.000. Cette précision ne doit pas étonner car il faut bien s'arrêter à un chiffre sans pour autant s'y accrocher. Sanning précise que les données dont on dispose sur le volume de la population juive, l'émigration légale, les fuites, les déportations, la natalité, la mortalité, les mariages mixtes et l'assimilation sont souvent si imprécises qu'une légère variation dans le mode de calcul peut très bien modifier le résultat des disparus de plusieurs centaines de milliers.
(87) 900.000 prisonniers de guerre allemands moururent dans les mains des Américains et des Français; quant à ceux qui tombèrent aux mains des Soviétiques, ils sont vraisemblablement morts dans leur grande majorité.
(88) Les Allemands eux-mêmes en furent victimes; ainsi, von Halder, chef d'Etat-major de la Wehrmacht, note en février '42: "Dix mille cas de typhus et treize cents morts [dans la Wehrmacht sur le front de l'Est]" (Bayle cité par Pressac).
Ces chiffres sont toutefois infimes par rapport à celui des morts causées par l'épidémie dans les rangs des prisonniers de guerre soviétiques (En tout, selon Hilberg, sur 5 millions de Soviétiques capturés, 2 millions seraient morts.).
(89) Le cas de Dora (et de ses annexes dont Nordhausen) est un exemple typique de désinformation. Quand les Américains y arrivèrent le 11/4/'45, ils y trouvèrent des malades émaciés (typhus), des mourants et des centaines de morts alignés et pourrissant; ils furent horrifiés au-delà de toute expression. Les lecteurs d'aujourd'hui qui découvrent dans leur journal la photo de ces corps alignés après avoir été "assassinés par les SS", le sont tout autant et on les comprend. Mais, il faut savoir -- et sans que cela réhabilite Dora, bien entendu -- que les détenus "bien-portants", dont la présence aurait pu "diluer" l'horreur, avaient été évacués précédemment et que, parmi ces centaines de cadavres pourrissants, se trouvaient les 1.200 détenus morts une semaine plus tôt sous le bombardement allié.
(90) Autre tragédie de même ampleur le 3/5/'45, un peu plus à l'Ouest, au large de Lübeck: les Anglais y coulèrent des bateaux transportant 10.000 détenus de Neuengamme (dont probablement un certain nombre de Juifs) soit le "Cap Arcona" (près de 6.000 morts), le "Tielbeck" (2.500 morts) et le "Deutschland". La version invraisemblable du drame qu'en donne "Le Soir" du 3/5/'95 mérite d'être citée car elle est caractéristique de l'écriture de l'histoire de la deuxième guerre mondiale: les 10.000 déportés "furent embarqués à bord de bateaux, destinés probablement à être coulés en pleine mer. Mais, le 3 mai '45, des chasseurs anglais s'attaquèrent à deux d'entre eux, (...). C'était le seul moyen pour empêcher une hécatombe dans les rangs des prisonniers. Hélas! 450 seulement survécurent.". "Le Soir" prend vraiment ses lecteurs pour des demeurés. On peut encore citer ce bateau coulé par l'aviation soviétique en Baltique avec 2.000 Juives hongroises du camp de Kaiserwald (Ri.ca).
(91) "Le Soir" du 4/5/'95, faisant
écho à l'enquête d'un journaliste allemand,
parle de près de 2 millions de femmes violées.
(92) Michel de Boüard, universitaire français respecté, membre de l'institut de France, historien, ancien déporté au camp de Mauthausen, a dit en 1986: "Je suis hanté par la pensée que dans 100 ans ou même 50, les historiens s'interrogent sur cet aspect de la seconde guerre mondiale qu'est le système concentrationnaire et de ce qu'ils découvriront. Le dossier est pourri. Il y a, d'une part, énormément d'affabulation, d'inexactitudes, obstinément répétées, notamment sur le plan numérique, d'amalgames, de généralisations et d'autre part, des études critiques très serrées pour démontrer l'inanité de ces exagérations. Je crains que ces historiens ne se disent alors que la déportation, finalement, a dû être un mythe. Voilà le danger. Cette idée me hante."
(93) Contrairement à ce qu'affirment les historiens, il n'y eut pas de dispersion massive des Juifs après la répression des révoltes de 70 et 135 en Israël; Koestler, curieusement, ne nie pas cette dispersion de façon explicite: en fait, il n'en parle pas.
(94) On se retrouve, en fait, devant un problème semblable à celui de l'extermination supposée des Juifs par les Allemands en ce 20e siècle: dans le même temps où les grandes communautés juives d'Europe orientale ont disparu, d'une part, de nouvelles communautés juives sont apparues là dans le Monde où il n'y avait jamais eu de Juifs (par exemple le Chili) et, d'autre part, les communautés juives déjà installées çà et là (par exemple, New York, la plus grande communauté juive de tous les temps: 1 à 2 millions de Juifs?) se sont développées de façon spectaculaire. Comment ne pas faire le rapprochement? Comment, dès lors, oser affirmer d'une part que les communautés juives d'Europe orientale ont été exterminées et, d'autre part, que les Juifs chiliens ou new-yorkais viennent de... Oui, d'où, au fait? Les historiens n'en savent rien; ne pouvant l'avouer, ils ont donc choisi de faire taire par voie légale ceux qui ne sont pas de leur avis
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LA CONTROVERSE SUR L'EXTERMINATION
DES JUIFS PAR LES ALLEMANDS, Notes
de lecture de Jean-Marie Boisdefeu, 2ème édition,
1996, Vrij Historisch Onderzoek , Tome 1: Réalités
de la solution finale,, ISBN: 90 73111 19 6, Wettelijk Depot:
D/5727/1996/2, NUGI 648, V.H.0., Postbus 60, B-2600 Berchem. 2,
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