AAARGH

******

Notes du chapitre 2.2

[(3)]Au cours du deuxième grand procès Zundel, à Toronto, en février 1988, le directeur du Centre international de recherche d'Arolsen aurait déclaré qu'à part les trois volumes disponibles en Pologne, l'ensemble des Totenbücher, les registres de décès d'Auschwitz, soit une cinquantaine de volumes, se trouve à Moscou, dans les archives soviétiques. L'étude de ces documents pourrait certainement contribuer à résoudre nombre de problèmes relatifs à l'histoire d'Auschwitz. Ce travail reste entièrement à faire. [Depuis cette date, les registres ont été donnés par les Soviétiques au centre d'Arolsen. Mais ils restent inaccessibles aux chercheurs.]

[(4)] Ceci n'est pas sans rappeler les imprécations du grand humaniste Ilya Ehrenbourg dans ses articles et ses tracts de 1945 : "Les Allemands ne sont pas des êtres humains... Si vous n'avez pas tué un Allemand par jour, vous avez perdu votre temps.. Si vous tuez un Allemand, tuez-en un autre - il n'y a rien de plus amusant pour nous qu'une pile de cadavres allemands... Tuez des Allemands, c'est ce que demande votre grand-mère. Tuez des Allemands, c'est la prière de votre enfant... Tuez, tuez..." (Texte et photo du tract d'Ehrenbourg dans Nemesis at Potsdam, de De Zayas). On vient d'apprendre que les archives personnelles d'Ehrenburg, décédé en 1967, ont été transportées clandestinement en Israel et ont été déposées à l'Institut Yad Vashem, le centre mondial de documentation canonique sur l'Holocauste. Ces archives, dit Le Monde (13 février 1988) "contiendraient notamment le manuscrit complet du Livre noir rédigé sous la direction d'Ehrenbourg et de Vassili Grossmann sur les atrocités commises contre les juifs en URSS pendant l'occupation nazie et sur les manifestations antisémites après la guerre; le document ne fut jamais publié en URSS, et a été édité en russe dans une version partielle en Israel". Encore un texte trafiqué, donc. La nouvelle version en préparation à Jérusalem ne manquera d'être un affreux salmigondis, si l'on tient compte de la personnalité et du passé de propagandistes hystériques des deux auteurs, portés au pinacle pendant la guerre contre l'Allemagne et déçus de ne pas y rester ensuite. Staline avait fouetté le nationalisme russe pour sauver le régime soviétique, ce qui avait entraîné un déclin de l'influence juive dans le parti et le régime. Il n'en fallait pas plus pour que certains crient à l'antisémitisme. Le fond du problème, pour une opinion soviétique qui ne porte pas un amour immodéré au Parti, est le rôle historique joué par les communistes juifs dans ce même parti. C'est un sujet relativement tabou, même en Occident. Il reste d'une brûlante actualité et les ambiguités actuelles de la politique soviétique par rapport au Moyen-Orient ont un rapport étroit avec cette question et celles du poids de la communauté juive dans les économies occidentales avec lesquelles l'URSS a besoin d'intensifier certains types d'échanges. La propagande israélienne, reprise ici par le chur des vierges, sur ce que serait l'effroyable condition des juifs soviétiques, n'a de sens que par rapport aux faiblesses de la démographie israélienne mais devient un enjeu dans une négociation internationale qui ne manquera pas d'avoir des répercussions internes en Union soviétique. Jamais l'impression de marchandage n'aura été si forte. Dans ce domaine, les grands discours sur les Droits de l'homme sont, de tous côtés, d'une hypocrisie révoltante.

[J'ajoute, en 1990, que l'on attend maintenant en Israel plusieurs centaines de milliers de juifs soviétiques, dépités dans leur immense majorité de ne pouvoir émigrer aux États-Unis.]

[Note de l'AAARGH: Le livre noir a finalement été publié en francais en 1995. Le Monde lui a consacré un dossier de désinformation que l'AAARGH met à votre disposition.

 

| 1 | 2 | Chapitre suivant |


[email protected]

| Accueil général | Accueil Histoire et révisionnisme historique |

 

L'adresse électronique de ce document est:

http://aaargh-international.org/fran/histo/STasb/STasb2.2.html