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UNE ALLUMETTE SUR LA BANQUISE

(1993)

par Serge Thion

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Chapitre sept

LES COLPORTEURS DU NEANT

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| Conclusion |

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Parachutes, Parapluies, Parallèles,

Paradoxes, Paranoias

 

Parachutes

On nous dit que M. Le Pen a torturé en Algérie. Certes, c'est le contraire qui serait étonnant. Lieutenant de para dans la légion, au 1er REP, au moment de la bataille d'Alger en 1957, il lui aurait fallu les suaves douceurs d'un Chérubin pour ne pas utiliser les méthodes ordonnées par ses supérieurs et pour l'application systématique desquelles les autorités avaient précisément fait appel aux paras. M. Le Pen a fait justement observer qu'à la suite de ses actions, il a été décoré par le gouvernement de la république. C'était donc une époque où l'on avait coutume de décorer les tortionnaires, puisque la torture était devenue une institution d'Etat. Situation assez courante aujourd'hui dans bon nombre de pays. Ils furent même très nombreux, les tortionnaires décorés, à cette époque-là. Certains se firent reprendre leur hochet à la débâcle de l'OAS. D'autres firent de brillantes carrières de tueurs galonnés, comme le colonel Erulin, qui dirigea les massacreurs de nègres qui sautèrent sur Kolwezi, sous le règne de Giscard, ou le capitaine Martin, ancien collègue de Le Pen, qui dirige la garde présidentielle gabonaise.

Peut-être faut-il le rappeler: M. Le Pen n'était pas le seul à faire la guerre d'Algérie. Il aspire maintenant, comme les autres, à la respectabilité politique. Il ne gagnera sans doute rien à faire des procès à ceux qui l'accusent d'avoir commis des actes qui sont aujourd'hui couverts par une loi d'amnistie votée en son temps par ses ennemis politiques. Les faits sont là, et l'on peut revenir sur leur signification politique. Pour le reste, comme le dit la Grande Conscience Morale de Notre Temps, tout cela est bien connu depuis bien longtemps.

 

Parapluies

 

Au moment précis où les socialistes déclarent la guerre à Le Pen et à son Front national, Libération se met dans l'obligation de rembourser moralement sa dette de quelques centaines de millions de centimes octroyés par le pouvoir socialiste et accuse Le Pen d'avoir été un tortionnaire, témoins à l'appui. Normal. On sort les dossiers. Tout homme politique qui monte ou qui s'accroche à son fauteuil doit s'attendre à ce qu'on sorte les dossiers: Mitterrand et sa francisque, Marchais et ses villégiatures en Allemagne hitlérienne, Pompidou et ses potes yougoslaves, Giscard et ses clinquantes amitiés cynégétiques. Normal. C'est de la petite bière qui n'étonne personne. On touche même le fond de la pensée des Français sur la politique: tous pourris.

Plus intéressante serait la question de savoir pourquoi tout soudain les socialistes veulent s'attaquer à Le Pen si la réponse n'était évidente: de bonnes grosses raisons électorales. D'abord, chuchote-t-on chez les sondeurs de cloaque, Le Pen mord sur l'électorat de gauche. Ca en dit long. Ensuite, et c'est plus important, on compte sur la vieille recette antifasciste pour replâtrer les façades pourtant, dans la bande à Marchais, on fait la grimace. Enfin, c'est un moyen de chantage sur l'opposition qui ne sait pas encore bien sur quel pied il lui faudra danser. Normal. La bonne vieille cuisine IIIe République. De Gaulle lui-même nous avait fait le coup du fascisme qui monte. Rappelez-vous, Malraux, ivre mort, distribuant des armes, en 1961... No passaran, braillera-t-on encore, quarante-cinq ans après qu'il soit passé, et quarante ans après qu'il soit trépassé. Des gens vraiment tournés vers l'Avenir, comme dit Jack l'Eventreur de la Bastille.

 

Parallèles

 

La torture en Algérie? Elle s'y est pratiquée dès le début du conflit, et même avant. Les vieilles traditions de la police coloniale. Les massacres de Sétif. La torture en Indochine. Monnaie courante. Le premier des ministres de l'intérieur à l'avoir couverte a été François Mitterrand. Le ministre de la justice qui était en fonction au moment où Le Pen opérait à Alger était le même Mitterrand. Ont couvert ensuite ce gros malin d'Edgar Faure, un ancien de Nuremberg, et puis les socialistes. Ils ont couvert, ils ont censuré ou caché les rapports des commissions d'enquête, ils ont profité de la torture; ils ont envahi l'Egypte avec ces mêmes paras à qui ils allaient confier Alger. Les communistes votaient les pouvoirs spéciaux, ceux qui justement étaient les plus propices pour couvrir cette honte éternelle de l'armée française.

Quelle différence, alors, sur le plan moral, avec les atrocités du nazisme et du stalinisme? Les gaullistes ont pris la relève et ont ramené cette barbarie sur le sol même de la métropole. Gangrène coloniale. Des centaines et des milliers d'hommes, au "faciès nord-africain", ont été torturés et parfois assassinés dans les commissariats de police. Il n'y avait pas que les harkis. Le flic du coin prêtait volontiers main forte.

 

Certains, dont j'étais, parmi les "fienteux porteurs de valise", comme le dit notre nouvel Horatius Coclès, avaient songé à capturer quelques tortionnaires célèbres pour organiser à Alger, après l'indépendance, un procès à la Nuremberg. Un Nuremberg pour qui? Puisqu'on avait fait Nuremberg en 1945, qu'on y avait défini, d'ailleurs rétroactivement, la notion de crime contre l'humanité, la plus élémentaire logique eût voulu qu'on l'appliquât aux "événements" d'Algérie, avec leur cortège d'atrocités bien connues. Cela n'aurait guère concerné les Le Pen et autres brutes galonnées mais les chefs, les grands chefs, comme Guy Mollet et de Gaulle, ainsi que les Michel Debré, Edgar Faure, Poniatowski, Chaban, Papon, pour ne citer que des politiciens qui sont encore en activité. Ceux-là étaient-- et sont toujours-- des criminels de guerre. La démonstration juridique était facile à faire, à l'aune du jugement de Nuremberg. Les Algériens, finalement, n'ont pas voulu de ce procès, à cause de la raison d'Etat, et je crois que c'était une décision sage. Après tout, peut-être les procès de Nuremberg n'étaient-ils qu'une farce, une manière de plaisanter avec les choses sérieuses, que l'on avait inventée pour distraire les Allemands accablés par leur défaite. Ces choses-là, c'est bon pour les autres, pas pour nous.

On s'est donné à Nuremberg des règles de procédure assez intéressantes: l'accusation n'avait pas besoin de faire la preuve de l'existence de crimes qu'elle jugeait notoires. Mais si l'on avait voulu juger ceux qui avaient violé les plus élémentaires des droits de l'homme pendant la guerre d'Algérie, la simple application du Code pénal aurait envoyé les trois quarts de la classe politique française, gauche comprise, au bagne ou à l'échafaud. Le dossier d'un Michel Debré aurait sans doute pesé plus lourd que celui d'un maréchal Goering. C'est pourquoi, par un roboratif et corporatif effort de survie, la classe politique a voté l'amnistie. Auto-disculpation normale. Les militaires argentins ont fait de même avant de remettre le pouvoir aux civils.

 

Paradoxes

 

Alors pourquoi "remuer la merde", comme le dit avec son élégance coutumière l'honnête Bigeard, autre criminel de guerre notoire et ministre de Giscard? On s'étonne. Mais c'est que la stupidité politique des socialistes reste insondée, même par les plus profondément déçus de leurs partisans. On verra assez vite que d'avoir reproché à Le Pen de s'être comporté comme une brute avec les Arabes lui vaudra bientôt des approbations accrues. C'est parce qu'ils éculent sans cesse davantage le lieu-commun de la "montée" du fascisme, de la "montée" du racisme que les épouvantails qui nous gouvernent finissent pas y croire eux-mêmes. La réalité est autre. Il est absurde de se cacher que nous vivons dans un pays qui est profondément raciste, qui a été éduqué, génération après génération, dans le sentiment colonial de la supériorité de l'homme blanc et du mépris pour l'indigène. Cela ressort à nouveau chez les "nouveaux philosophes" et les microcéphales de Médecins Sans Frontières qui partent en guerre contre un tiers-mondisme qui n'existe que dans leurs fantasmes de "développés".

Toute une génération, deux ou trois millions de jeunes hommes, toutes opinions confondues, a été envoyée en Algérie. S'ils n'ont pas torturé eux-mêmes, c'est que l'occasion ou la sinistre audace leur ont manqué. Ils étaient là pour casser du bougnoule, ou au moins les faire marcher au pas. C'était le bon temps. Ils en sont vaguement honteux et un peu nostalgiques. Ils n'osent pas trop en parler, ni publiquement, ni à leurs enfants. La plupart de leurs officiers étaient du genre Le Pen. Les autorités de l'époque n'ont jamais tenté sérieusement de mettre un terme à ces pratiques dégradantes. Il en a résulté que les consciences ont été dégradées, que le racisme comme pratique s'est installé de force dans l'esprit d'une génération qui accède maintenant aux responsabilités dans les domaines les plus variés. Cette pédagogie de la lâcheté morale porte ses fruits, ici comme en Amérique après le sombre épisode du Viêt-Nam: des millions de petits Le Pen et de petits Reagan qui cachent avec le drapeau la honte d'avoir été à la fois ignobles et battus. Je ne vois pas le moyen de penser que Le Pen serait pire que ceux qui l'ont enfanté: les socialistes, les radicaux, les gaullistes, les conservateurs, tous unis pour massacrer l'Algérie, brûler les mechtas, déporter et concentrer les populations, et tout le reste, pendant sept longues années, dont la seule évocation donne la nausée.

On dira, les socialistes ont changé. La vieille SFIO a laissé la place à de jeunes et fringants socialistes authentiquement attachés aux fameux droits de l'homme. Des gens bien. Bravo. A part Mitterrand, Deferre et quelques autres vieux birbes, ils n'ont pas trempé, ils sont propres.

Trois petits faits récents, seulement: l'extradition des Basques. Ah les belles âmes! Ils ont trouvé ça dur à avaler, un reniement de cette taille-là. Mais enfin, le fromage est bon, il fait passer le reste. Pas une seule démission.

Et pour rester dans le domaine colonial: il y a quelques jours (Le Monde du 9 février 1985), quelques nègres déplumés voulaient dire publiquement un peu de mal du sublime Omar Bongo, roi du Gabon. Ils avaient l'intention de tenir une modeste conférence de presse pour exprimer le point de vue de l'opposition gabonaise. C'en était trop. La conférence fut interdite parce qu'elle était jugée "de nature à troubler l'ordre public et à porter atteinte aux relations internationales de la France" par Joxe, prototype des "socialistes purs et durs", et, soit dit entre nous ancien du Deuxième bureau, du temps de l'Algérie. La même chose s'était déjà produite le 6 décembre 1983. Quand Bongo fait assassiner en France les amants de sa femme (voir Affaires africaines, de Pierre Péan), cela ne trouble nullement l'ordre public. Les pires bassesses de l'ancienne droite seront bientôt dépassées.

En Nouvelle-Calédonie, il ne semble pas encore que la torture soit pratiquée. Ca viendra sans doute. mais on assassine fort proprement les opposants au système colonial. Le tireur d'élite qui a froidement abattu le leader indépendantiste Eloi Machoro ne pourra sans doute pas témoigner devant une commission d'enquête. D'abord par ce qu'il n'y aura pas de commission d'enquête. Ensuite, parce que ce joyeux garçon, aussitôt son coup d'éclat, a été rapatrié et promu garde du corps personnel de l'acéphale Charles Hernu, ministre des armées (La Croix, 27-28 janvier 1985). Ce n'est plus seulement notre droite, c'est aussi notre gauche qui est la plus bête du monde. Qui pourrait nous assurer que Le Pen trahirait davantage ses propres principes?

 

Paranoias

 

Le radeau de la Méduse socialiste approche des écueils. Fluctuat et mergitur. Les combines frénétiques, comme la campagne contre Le Pen, n'empêcheront pas que survienne la fin de cette guignolade. Certes, Le Pen jouera son rôle de Pandore matraqueur jusqu'au bout. La surprise de nos Gnafron, c'est que l'extrême-droite existe en France, qu'elle a été un temps occultée par la confusion babélique du gaullisme, qu'elle retrouve sa place historique après la décomposition du gaullisme en droites libérale, bonaparto-chiraquienne, conservatrice, etc. Que la presse se précipite pour battre les tambours du roi, c'est aussi la coutume.

Il y a quelques années, je ne sais quelle Marthe Richard a cru que l'on réduirait le racisme par une loi qui en interdirait l'expression. Les organismes qui font profession de défendre la liberté d'expression ont évidemment applaudi des deux mains cette mesure qui la restreignait. On a ainsi, en se donnant les meilleurs sentiments du monde, suivi sur leur terrain deux organisations qui ont pour vocation de supprimer les pensées qui ne leur plaisent pas, les staliniens ahuris du MRAP et les sionistes de la LICRA, spécialisés dans le racisme anti-arabe. Je dis que c'est une loi scélérate parce que le racisme ainsi chassé de l'ordre de la parole se refoule et resurgit dans le passage à l'acte. Ce qui est réellement effrayant dans les propos de Le Pen, ce n'est pas tant leur contenu que le fait qu'ils sont perçus par le grand nombre comme étant plus vrais que ceux d'une classe politique qui s'est endormie dans le ronron hypocrite de sa propre amoralité.

Comme on pouvait le prévoir le 8 mai 1981, le passage de cette gauche-là au pouvoir allait la dissoudre complètement en tant qu'apparence et la révéler pour ce qu'elle est, un autre aspect, plus bariolé, de la veulerie conservatrice des petits bourgeois français. C'est après le grand dessillement que l'on va s'amuser un peu.

Vivement les lendemains qui déchantent.

15 février 1985.

 

 

LE PEIGNE ET LES DEUX CHAUVES

 

Cette image des deux chauves qui se disputent un peigne, que Borgès appliquait à la guerre des Malouines, me vient irrésistiblement à l'esprit lorsque surgit le poncif du racisme et de l'antiracisme. Laissons là les arrière-pensées politiques des uns et des autres. Le fond du sujet, c'est l'existence au sein de Nous de l'Autre. Le raciste veut le chasser, l'antiraciste veut l'intégrer. Cette problématique me paraît insensée.

Pour mettre un peu d'ordre dans ces controverses qui volent souvent très bas (l'affaire dite des "foulards islamiques", par exemple), il me paraît souhaitable de revenir aux propos que tenaient naguère l'un des meilleurs esprits de notre temps dont un texte célèbre traitait en 1952 de "Race et histoire" [(19)]. En 1971, l'UNESCO lui demandait de renouveler cette réflexion sur le thème de "Race et culture". "Ce fut un assez joli scandale", dit-il. Son texte ne ressortissait pas assez de l'idéologie dominante, du "catéchisme" qui avait valu à ces bureaucrates de la culture "de passer d'un emploi modeste dans quelque pays en voie de développement à celui, sanctifié, de fonctionnaire d'une institution internationale". On pourrait en dire autant des vedettes médiatiques à qui ce même catéchisme permet de faire de météoriques carrières politiques au lieu de celle, moins attrayante peut-être mais plus adaptée, de facteur rural.

Claude Lévi-Strauss, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a résumé ainsi sa communication:

J'ai d'abord voulu rendre l'auditoire sensible au fait que, depuis les premières campagnes de l'Unesco contre le racisme, quelque chose s'était passé dans la production scientifique et que, pour dissiper les préjugés raciaux, il ne suffisait plus de ressasser les mêmes arguments... Je m'insurgeais contre l'abus de langage par lequel, de plus en plus, on en vient à confondre le racisme défini au sens strict et des attitudes normales, légitimes mêmes, et en tout cas inévitables... Il n'est nullement coupable de placer une manière de vivre et de penser au-dessus de toutes les autres, et d'éprouver peu d'attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s'éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché... Les société humaines... ne s'ignorent pas, s'empruntent à l'occasion, mais, pour ne pas périr, il faut que, sous d'autres rapports, persiste entre elles une certaine imperméabilité. Tout cela devait être rappelé, et plus encore aujourd'hui où rien ne compromet davantage, n'affaiblit de l'intérieur et n'affadit la lutte contre le racisme que cette façon de mettre le terme, si j'ose dire, à toutes les sauces, en confondant une théorie fausse, mais explicite, avec des inclinaisons et des attitudes communes dont il serait illusoire d'imaginer que l'humanité puisse un jour s'affranchir ni même qu'il faille le lui souhaiter [(20)].

Pour Lévi-Strauss, en fait, le problème est plus vaste et sa gravité ne le cède qu'à son urgence: les idées fausses de l'intolérance raciale

ne fournissent-elles pas simplement une couverture idéologique à des oppositions plus réelles, fondées sur la volonté d'asservissement et sur des rapports de force? Ce fut certainement le cas dans le passé mais, même en supposant que ces rapports de force s'atténuent, les différences raciales ne continueraient-elles pas à servir de prétexte à la difficulté croissante de vivre ensemble, inconsciemment ressentie par une humanité en proie à l'explosion démographique et qui-- tels ces vers de farine qui s'empoisonnent à distance par les toxines qu'ils sécrètent, bien avant que leur densité n'excède les ressources alimentaires dont ils disposent dans le sac qui les enferme-- se mettrait à se hair elle-même, parce qu'une prescience secrète l'avertit qu'elle devient trop nombreuse pour que chacun de ses membres puisse librement jouir de ces biens essentiels que sont l'espace libre, l'eau pure, l'air non pollué?... La tolérance réciproque suppose réalisées deux conditions que les sociétés contemporaines sont plus éloignées que jamais de connaître: d'une part, une égalité relative, de l'autre, une distance physique suffisante... On ne peut se dissimuler qu'en dépit de son urgente nécessité pratique, et des fins morales élevées qu'elle s'assigne, la lutte contre toutes les formes de discrimination participe de ce même mouvement qui entraîne l'humanité vers une civilisation mondiale, destructrice de ces vieux particularismes auxquels revient l'honneur d'avoir créé les valeurs esthétiques et spirituelles qui donnent son prix à la vie, et que nous recueillons précieusement dans les bibliothèques et dans les musées parce que nous nous sentons de moins en moins capables de les produire.

Peut-on ne pas partager l'angoisse qui étreint l'auteur lorsqu'il conclut: Convaincus que l'évolution culturelle et l'évolution organique sont solidaires, ils (l'ethnologue et le biologistes) savent que le retour au passé est impossible, certes, mais aussi que la voie où les hommes sont présentement engagés accumule des tensions telles que les haines raciales offrent une bien pauvre image du régime d'intolérance exacerbée qui risque de s'instaurer demain, sans même que les différences ethniques doivent lui servir de prétexte. Pour circonvenir ces périls, ceux d'aujourd'hui et ceux, plus redoutables encore, d'un proche avenir, il faut nous persuader que leurs causes sont beaucoup plus profondes que celles simplement imputables à l'ignorance et aux préjugés: nous ne pouvons mettre notre espérance que dans un changement du cours de l'histoire, plus malaisé encore à obtenir qu'un progrès dans celui des idées.

Je ne puis qu'approuver ces paroles d'un maître à qui je dois déjà beaucoup [(21)]. Moi qui suis totalement cosmopolite, qui me ressens comme un composite, lentement élaboré, de culture européenne, d'humanisme africain, de fraternité musulmane, de musique indienne, de mentalité asienne, qui n'éprouve nul vain sentiment national ou cocardier, qui prend où bon lui semble, sur cette petite planète, les nourritures de toutes sortes qui lui paraissent indispensables, je perçois certes l'Autre, la figure de l'étranger comme le frère qui peut-être va m'enseigner quelque chose de son monde. Mais je ne vois nulle nécessité de lui imposer le mien, et s'il choisit de vivre ici, au milieu de nous, je jugerais despotique l'obligation qui lui serait faite de s'as-similer, de devenir semblable. Qu'il le fasse si c'est son choix. Mais les assimilationnistes "républicains" qui appelaient tantôt à supprimer ce choix, au nom évidemment de la liberté, m'apparaissent comme de dangereux levellers, les niveleurs de sanglante mémoire. J'aimerais leur dire d'abandonner un peu le nouvel Ennemi Officiel que nous nous sommes forgés en raison de la défection de plus en plus visible du Communiste qui jouait ce rôle, je veux dire le Musulman, et d'aller regarder de plus près la plus inassimilée (et inassimilable) des minorités, celle des Chinois en France. J'aimerais voir quels arguments nos assimilationnistes républicains pourraient bien fourbir pour convaincre ces Chinois, qui vivent manifestement dans une assez grande harmonie avec l'environnement social, de laisser tomber leurs incommodes baguettes pour enfin manger des hamburger au ketchup avec les mains, d'abandonner leur culture millénaire pour devenir enfin-- rêve qu'ils n'ont sans doute pas osé formuler-- de bons Français moyens.

Mais tout n'est pas si simple. En même temps que tout me pousse à me défier de l'avènement d'une pseudo-culture mondiale, fabriquée surtout dans des usines californiennes, et bientôt japonaises, poussant le spectaculaire-marchand à ses extrêmes, créant un monde sans valeurs où nul ne sait encore bien ce qu'il en coûtera de vivre humainement, je chéris ces petites sociétés, ces petits groupes, qui, obstinément, contre tous les coups du sort, au fil des siècles ou parfois des millénaires, ont gardé vivante une forme particulière d'humanité, une culture, parfois une langue ou une religion, un savoir-faire, venus de très loin, et dont Lévi-Strauss dit avec raison et tristesse que nous nous empressons de les mettre dans nos musées. Je pense aux Tibétains qui résistent à l'écrasement chinois, aux Mennonites qui parlent encore le saxon du xvie siècle jusque dans les forêts du Guatemala, aux Ainou de Hokkaido, aux chamanes bouriates, aux Bushmen du Kalahari, aux Coptes de la vallée du Nil et à tout ce qu'ils charrient d'héritage de l'Egypte pharaonique, à cette petite société de pariahs qui mangent les hippopotames du lac Tana, en Ethiopie, à ces chameliers qui parlent encore dans les solitudes de l'Hadramaout les vieux parlers sud-arabiques, aux Indiens de l'Amazonie, décimés par les bandits de la modernisations, aux zoroastriens d'Iran qui, avec les riches Parsis indiens, tiennent encore droit le flambeau du vieux manichéisme, aux karaites et aux frankistes, si durement traités par les autres juifs, aux Negritos de la péninsule malaise et des îles Andaman, aux Ossètes du Caucase, derniers représentants de l'immense peuple scythe que Darius n'a pas pu vaincre, à ces minuscules peuples à peu près inconnus de la péninsule indochinoises, comme celui que les Laotiens appellent les "Esprits des feuilles jaunes"-- ne cherchez pas dans vos encyclopédies, il n'y figure pas-- à ces villageois qui, dans quelques endroits de Turquie et de Syrie, parlent encore l'araméen, aux Aroumains ignorés de Grèce et de Macédoine, aux Lezg oubliés du Caucase [(22)], aux pacifiques baha'i, si cruellement traités en Iran. Des centaines d'autres encore, que j'ai parfois rencontrés, ou sur lesquels et par lesquels j'ai un jour appris quelque chose. Quelques dizaines, quelques centaines d'hommes et de femmes, parfois, qui vivent encore, qui ne sont pas déjà empaillés dans les musées. Ils forment un trésor sans prix, de plus en plus menacé, car leur disparition serait pour l'humanité tout entière un appauvrissement sans contrepartie. Je souhaite donc leur survie mais je peux comprendre aussi que leurs membres rejoignent le gros du troupeau, qu'ils se fondent dans une masse qui les dominent. Combien de peuples indiens l'ont fait au Brésil ou au Mexique, combien de "tribaux" l'ont fait dans l'Inde vishnouiste, combien de chasseurs-cueilleurs et de nomades victimes de la sécheresse ont-ils abandonné leur vie traditionnnelle et rejoint l'immense plèbe de ceux qui grattent le sol pour survivre ou tendent la main dans des camps de réfugiés? On voit bien que ces peuples, qui sont les archives de l'humanité, sont condamnés à court terme. L'assimilation, dans ces cas-là, est l'assassinat d'une culture. Un cosmopolite ne peut vouloir que la pluralité.

 

UNE VICTIME PEUT EN CACHER BEAUCOUP D'AUTRES

 

Contre tous les Taguieff, il faut raison garder et se poser la question: les juifs sont-ils en France, et dans le reste du monde, opprimés, battus, traités en esclaves, massacrés, ou plutôt le sont-ils plus que les autres? Quelle est la plus grande menace qui pèse sur eux? Les rabbins nous répondent: "Il y a deux manières d'exterminer le peuple juif: la méthode dure, celle des camps ou des attentats terroristes; la méthode douce, celle des mariages mixtes", auprès de quoi "le conflit du Proche-Orient est secondaire" [(23)]. Ah! les shikse, ces diablesses goyesses qui ont travaillé l'imagination de Philip Roth et Woody Allen... [(24)] On reste confondu par la possibilité même de faire une comparaison entre elles et les nazis (fourrés d'ailleurs dans le même sac que les Arabes). La perte de l'identité par la dissolution du sang! On retombe toujours sur cette notion, issues de nos plus anciennes origines tribales, et qui seule fonde la notion de race-- rappelez-vous, Blut und Boden, le sang et la terre. En outre, il est trop tard: on sait que, génétiquement, les juifs polonais sont des Polonais, les juifs russes des Russes et les juifs arabes des Arabes. La généalogie, dans tout cela, est pure idéologie. L'histoire brouille toujours les cartes génétiques.

On me répliquera que les juifs sont menacés par le terrorisme. Il y a eu certes des attentats antisémites. Pourtant, les vrais antisémites susceptibles de passer à l'action semblent plutôt rares. Les attentats les plus graves, la rue Copernic et la rue des Rosiers, je les attribue sans hésiter au Mossad, tout comme celui d'Istanbul. Aucune preuve, bien sûr, mais la façon même dont ils ont été commis donne des indications. On sait en outre que le Mossad peut parfaitement faire ces choses-là puisqu'il l'a fait à Baghdad pour pousser les juifs irakiens à partir en Israel. La volonté de faire pression sur les gouvernements français était assez claire. Quant à la capacité du Mossad de manipuler certains éléments arabes, elle n'est plus non plus à démontrer. Il incombera aux révisionnistes de l'avenir de faire toute la lumière, quelle qu'elle soit, sur ces horribles forfaits. Mais d'autres attentats ont eu lieu qui sont des répercussions directes des conflits du Moyen-Orient où, faut-il le rappeler, les gouvernements français se sont beaucoup impliqués militairement, sans d'ailleurs que l'opinion française ait jamais été sollicitée de se prononcer sur le bien-fondé de ces commissions d'actes de guerre en Irak, au Liban et en Méditerranée orientale.

Mais, malheureusement, en ce qui concerne les attentats, Basques, Bretons, Arméniens, Corses, ainsi qu'Action directe ont aussi un beau palmarès à leur actif. Les services israéliens et sud-africains ont aussi tué en France. L'extrême-droite a fait l'objet de nombreux attentats mais quelques autres lui sont clairement imputables. Des immigrés ont été visés, et parfois tués. Un mensuel de la gauche mondaine a été plastiqué. Le professeur Faurisson a failli se faire tuer par un groupe se réclamant de la "mémoire juive". Bref, ces méthodes de gangsters n'ont que trop fleuri et n'épargnent personne. Il est impossible de dire que les juifs seraient les seuls visés, mais on peut en revanche affirmer qu'une partie des actes terroristes sont commis au nom de groupes juifs ou d'Israel.

Je demande donc à nouveau si les juifs, aujourd'hui, dans le monde présent, peuvent être considérés ou pourraient se présenter comme des victimes? Ou alors, azoi wie Gott in Frankreich, heureux comme Dieu en France? Si on compare leur sort à celui des Indiens du Guatemala et du Salvador, aux Tibétains, au peuple maubere de Timor oriental, à tous ceux qui , dans la Corne de l'Afrique, subissent la guerre et la famine, aux boat-people enfermés dans des camps sans issue, et à beaucoup d'autres encore, je dis que le sort de plusieurs dizaines ou centaines de millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui vivent dans la peur, la faim, le dénuement est mille fois plus inquiétant que l'actuelle condition des juifs dans le monde--dont je ne dis nullement qu'elle serait parfaite et qu'elle ne pourrait pas s'améliorer en certains endroits. "L'image du juif victime" n'est effectivement plus d'actualité et c'est une bonne chose.

Mais il y a plus. Prenons un cas concret. Depuis plus de deux siècles, les Noirs d'Afrique du Sud vivent dans une oppression épouvantable instaurée par les émigrants venus d'Europe. Depuis 1948, elle est codifiée sous le nom d'apartheid. Il existe au sein de l'Afrique du Sud blanche une communauté juive, nombreuse, riche et puissante. A titre individuel, quelques membres de cette communauté se sont rangés aux côtés des Africains engagés dans une très longue lutte de libération. Certains d'entre eux sont communistes, d'autres libéraux. Plusieurs ont connu la prison, beaucoup ont été exilés. Je voudrais mentionner ici une femme admirable, avec qui j'ai travaillé, mon amie Ruth First. Le mardi 17 août 1982, Ruth, qui travaillait au Centre d'Etudes Africaines de l'Université à Maputo, capitale du Mozambique, a ouvert une lettre piégée. L'explosion l'a tuée. Peut-être le lumière sera-t-elle un jour faite sur cet assassinat car les langues commencent à se délier en Afrique du Sud et les "escadrons de la mort" des offices de répression sont sur la sellette [(25)].

Mais il faut bien dire que cette communauté juive d'Afrique du Sud, en tant que telle, dans son ensemble, avec ses institutions propres n'a rien fait de concret pour lutter contre le régime de la plus atroce des discriminations raciales. Elle n'a fait que s'enrichir grâce à l'apartheid et servir d'alibi à une étroite collaboration économique, industrielle (armements), militaire et nucléaire entre Pretoria et Jérusalem. La collusion a été très loin. C'est malheureusement incontestable, même s'il reste des zones d'ombres [(26)]. A cela, il faut ajouter que si les sanctions économiques ont fini par peser sur le régime sud-africain et l'amener à une ouverture, c'est principalement parce que les Noirs américains, qui savent très bien ce qu'est la discrimination raciale, ont fait une pression continue, depuis cinq ou six ans, sur l'administration américaine, et plus encore sur les firmes américaines ayant des intérêts en Afrique du Sud. Dans un cas aussi monstrueux que celui-là, on voit bien les limites du discours antiraciste des milieux favorables à Israel: des paroles en l'air pour amuser la galerie, cependant qu'Israel a fourni une aide importante et même cruciale au maintien et au développement militaire du régime d'apartheid, dirigés par des Boers, au demeurant passablement antisémites, qui sont habités, eux aussi, par un fantasme de peuple élu.

Mais l'antisémitisme? Depuis les années soixante, j'entends dire qu'il monte. Il aurait dû nous submerger depuis belle lurette. Je voudrais faire observer à ce propos que la notion même d'antisémitisme pourrait donner matière à quelques révisions. Il y a en effet de l'anachronisme et de l'absurdité à parler à tout propos d'antisémitisme quand on fait l'histoire des rapports entre les juifs et les autres. La notion de "sémitisme", entendue d'abord comme désignant une famille de langues apparentées, et ensuite, secondairement, comme une sorte de "race" ne s'est véritablement formulée qu'au dix-neuvième siècle, après que soit apparu le concept de la famille des langues dites indo-européennes, avec Bopp et quelques autres, en 1816. Auparavant, en l'absence de ces élaborations épistémologiques, les considérations proprement religieuses dominaient, à des époques où le religieux et le politiques étaient indissociables. Faire l'histoire de l'antisémitisme avant le dix-neuvième siècle, comme le font un Poliakov et beaucoup d'autres est tout simplement la preuve qu'on ne comprend rien à l'histoire. Les sociétés d'Ancien régime étaient soucieuses de cohérence religieuse et les minorités ont souvent été durement traitées. L'idée de "race" était vague et ne tenait qu'une place très accessoire. Mais en même temps il ne serait pas inutile de comprendre qu'en raison de leurs origines et du rôle de la Bible, ces sociétés ont aussi assuré la survie des juifs et du judaisme, seule religion de l'Antiquité ayant ainsi survécu. Là où il n'y avait pas de chrétiens ou de musulmans, les juifs ont disparu, comme en Chine, par simple dissolution. Si on voulait écrire une histoire complète, on devrait donc décrire en même temps l'antijudaisme et le philojudaisme, l'antisémitisme et le philosémitisme car ils se complètent obligatoirement. Ainsi, aujourd'hui, dans notre société, l'antisémitisme existe, certes, mais le philosémitisme existe aussi, et il est beaucoup plus puissant. Il a droit de cité et il se manifeste activement dans tous les domaines. Pourtant, il reste curieusement ignoré des sociologues et des analystes de tous poils.

Ces considérations ne sont là que pour servir de préalable à l'idée que, depuis quelques années, il semble bien que l'antisémitisme soit entré en expansion. J'ai repéré deux grandes étapes: l'invasion du Liban et le procès Barbie. Le militarisme israélien est apparu à tous ceux que ces questions ne concernent pas sur les écrans de leur télévision. Comme la communauté juive s'est beaucoup solidarisée avec Tsahal, une nouvelle image des juifs a émergé. Elle aurait pu le faire plus tôt, par exemple en 1967 avec la Guerre des Six Jours, mais la place de la télévision n'était pas la même. Ensuite, le matraquage médiatique très intense qui a précédé, pendant plusieurs mois, la tenue du procès Barbie a atteint un niveau de saturation. On a commencé à entendre des choses qui jusque là étaient à proprement parler inouies, "ras le bol", "ils en font trop", "ils nous font chier avec leurs histoires", etc. On ne dénote pas de contenu agressif, de volonté de nuire, mais simplement une molle protestation contre ce qui est perçu comme une volonté d'accaparement des consciences, un refus non pas du savoir ou du souvenir mais de la culpabilité que l'on tentait de faire passer avec ce savoir et ce souvenir. Il y a eu là un aveuglement des responsables; ils pensaient donner à tout ce théâtre juridico-médiatique un tour pédagogique qui s'est nettement retourné contre eux. La solidarité que réclament et proclament une grande partie de ceux qui se veulent juifs en France à l'égard de Sion les mettra en péril le jour de l'inévitable effondrement d'Israel. Les individus y survivront, certes, mais le judaisme risque de ne pas s'en relever.

L'antisémitisme est habituellement classé comme une catégorie du racisme. Mais qui sont les victimes quotidiennes du racisme dans notre beau pays? Les immigrés du Tiers monde, surtout ceux qui viennent des pays musulmans, du reste de l'Afrique et des Îles. C'est l'héritage empoisonné de ce long cauchemar que fut la colonisation [(27)]. Là aussi, il y a une résistance à ce racisme, des associations, des prises de position politiques, des mouvements de protestation. Les victimes ne sont plus entièrement abandonnées, comme au temps de la guerre d'Algérie. La lutte pour la reconnaissance de la dignité humaine a encore beaucoup de chemin à faire.

Mais il est un autre racisme, moins meurtrier, plus insidieux parce que plus répandu, caché parce que jamais soulevé, ou presque, qui n'engendre pas de résistance, presque pas de manifestations, pas de mouvements d'opinion, pas de vague de solidarité il semble inconnu de SOS-Racisme; il infecte la quasi-totalité de la population, à droite comme à gauche, il est marqué par la peur et le rejet, c'est celui qui vise les Tziganes [(28)]. La façon dont sont traités les Tziganes dans notre pays est une honte, un camouflet à tous les principes brandis par les uns et par les autres. Qui sait qu'il existe, au milieu de nous, des citoyens de seconde zone, dépourvus d'une bonne partie des droits reconnus aux autres, victimes de l'arbitraire des polices et des administrations locales, tracassés, suspectés toujours les premiers? Ils n'ont pas pour coutume de se plaindre mais ils n'en pensent pas moins. Je conseille à qui veut s'en informer d'aller faire un tour dans le premier campement nomade venu [(29)]. La difficulté grandissante de trouver un terrain où s'arrêter, le prix qu'on leur fait payer, les descentes de flics avec les chiens, on vous racontera. Je défie quiconque de ne pas être étreint par la honte en apprenant dans le détail les humiliations et les contraintes imbéciles qu'au nom du peuple français on inflige à ce petit peuple tenace et courageux. J'attends depuis longtemps de voir les grandes organisations humanitaires, les antiracistes, la communauté juive qui se dit porteuse de valeurs universelles, les défenseurs patentés des Droits de l'Homme se pencher sur le sort réservé aux Tziganes et faire campagne pour que soit abolie l'hyprocrite et perverse discrimination qui les frappe. La réalité du racisme, occultée par le consensus, elle est là, brûlante et invisible.

 

Il n'est pas de sauveur suprême. Tout est entre nos mains. Que chacun prenne ses responsabilités. L'avenir fera les comptes.


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