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UNE ALLUMETTE SUR LA BANQUISE

(1993)

par Serge Thion

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Annexes 1 à 4

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1

LE REVISIONNISME À CHAUD [(1)]

 

Nombreux auront été ceux qui auront passé quelques fiévreuses journées, en décembre 1989, à "zapper" les journaux télévisés et à sauter d'une radio à l'autre pour avoir des nouvelles fraîches de Roumanie et tâcher de suivre les événements au plus près. On sait bien que dans tout pays privé d'une presse multiple-- notez que je n'utilise pas le terme de "presse libre", ces deux termes étant à peu près inconciliables dans la pratique-- les rumeurs circulent sans frein. Pour peu que s'ajoute à cela un état de guerre, elles se déchaînent sans limite. La Roumanie offrait, et depuis très longtemps, un beau champ d'expérience pour qui aurait voulu s'intéresser au phénomène de la rumeur.

On allait donc voir la presse à l'oeuvre, non seulement la presse occidentale mais la presse des pays de l'Est, agités désormais par la glasnost', que l'on rend généralement par "transparence". La plus grosse affaire fut peut-être celle de la ville où les événements avaient commencé, Timisoara. Les caméras nous montraient quelques corps exhumés d'un charnier et les chiffres tombaient, très précis, 4 350 morts. On pouvait se demander comment il était possible d'exhumer en une nuit autant de corps. Mais ensuite, les chiffres allaient monter. La Securitate avait arrêté, disait-on, des milliers de manifestants, et les avaient froidement massacrés. On arrivait ensuite au chiffre de 12.000 morts, pour une répression qui avait duré, semblait-il, 48 heures, et qui avait clairement échoué puisque les gens étaient toujours dans la rue et que les usines étaient en grève. 12 .000 morts et les gens toujours dans la rue! Il y avait des gens pour nous dire cela sans broncher, à la radio et à la télévision. Certains étaient même sur place, à Timisoara. Aucune répression au monde n'a atteint un tel chiffre dans un tel laps de temps. Aucun reporter n'a été terrassé par le sentiment de l'absurde. A Bucarest, les chiffres se gonflaient aussi d'heure en heure. On arrivait rapidement à 5 000 morts. Pourtant, les images qui nous parvenaient en direct montraient quelques maladroits bidasses qui tiraillaient un peu au hasard sur des fenêtres. Les chars tiraient de rares rafales de mitrailleuse. Les hommes de la Securitate, dont l'armement était, nous disait-on, bien supérieur, tiraient de ci de là quelques rafales de PM. On n'a pas vu un seul char tirer un seul coup de canon. Ils auraient pourtant vite réglé le problème avec quelques obus bien placés. Les commentateurs nous dirent alors que l'armée manquait de munitions. On avait pourtant vu, sur des images, des piles de caisses d'obus. Et si les chars en avaient tirés, la télévision n'aurait pas manqué de nous les montrer. C'est très joli à voir, un char qui tire des obus; ça fait de la belle image. On voyait en même temps les dégâts causés à la ville de Panama par l'intervention américaine: c'était autrement sérieux, des quartiers entiers étaient rasés. On comptait les civils tués par centaines. Les Américains ont même utilisé pour la première fois en opération réelle le dernier bijou de la technique du meurtre de masse, le bombardier "furtif" F117. Il n'a pas été montré à la télévision. C'est dommage pour le spectacle.

Bref, il n'y avait pas besoin d'être un grand stratège pour voir que la guéguerre de Bucarest, menées par quelques poignées de soldats sans instruction, sans officiers sur le terrain, sans téléphone de campagne et sans héroisme outrancier, ne pouvait pas faire beaucoup de victimes. Quelques unes frappées au hasard, tout au plus. Les chiffres atteignirent 10.000 pour la seule ville de Bucarest, au moment même où les médecins occidentaux disaient que les hôpitaux avaient la situation bien en main et qu'il n'y avait pas besoin de personnel supplémentaire. L'agence Tass annonçait de son côté l'arrivée imminente d'une colonne de chars de la Securitate qui venait attaquer l'immeuble de la télévision. Ces chars ne se sont jamais matérialisés. Pour qui sait un peu à quoi une vraie guerre ressemble, on assistait à des combats d'opérette, n'engageant qu'une fraction infime de l'armée, qui servaient à l'évidence à masquer les tractations intenses qui se déroulaient entre les héritiers du défunt régime et dont on a vu les résultats par la suite.

La veille de Noel, la télévision hongroise annonça 60.000 morts et 300.000 blessés, à un moment où cela était déjà palpablement faux. Ces chiffres étaient aussitôt repris sans l'ombre d'une réserve par l'ensemble de la presse occidentale. On allait d'ailleurs aussitôt les reprocher à Ceaucescu lors de son procès bidon. Le premier chef d'accusation et de condamnation allait être le "génocide" de 60.000 morts. Ahurissement du Conducator quand il s'entend jeter ce chiffre à la figure. Il ne savait pas encore qu'il allait être le premier condamné de l'histoire à être exécuté pour "génocide" individuel.

Mais le révisionnisme est là. Il est dans toutes les têtes. Bernard Kouchner, secrétaire d'Etat, qui nous avait habitué à moins de sobriété lors de ses anciens ébats journalistiques, s'est dépêché de citer le chiffre du ministère de la Santé, 500 morts à Bucarest, et de rappeler qu'on n'avait vu qu'une soixantaine de corps ensemble à Timisoara. Ce qui fait, si l'on accepte que ces chiffres sont un peu sous-estimés, que l'on ne dépasse sans doute pas de beaucoup le millier de morts pour la première semaine de la nouvelle révolution roumaine. (Le Monde du 29 décembre cite les chiffres du ministère roumain de la Santé: 776 morts recensés, 1.600 blessés hospitalisés). C'est considérable, mais c'est heureusement soixante fois moins que les chiffres entérinés par le nouveau pouvoir et utilisés pour justifier l'assassinat de l'ancien dictateur. De plus, une certaine proportion de ces morts et blessés doit être attribuée à l'armée et aux partisans civils, surtout à leur nervosité et leur incompétence militaire. On a même entendu Kouchner se justifier à la télévision en insistant sur le fait que c'était une bonne nouvelle, que cela signifiait beaucoup moins de deuils et de peine que ce que l'on avait cru. Il reprenait ainsi mot pour mot ce que le professeur Faurisson avait écrit, il y a dix ans, lorsqu'il avait fait part de sa conviction que les chambres à gaz n'avaient pas existé.

Les autres canards ne nous ont pas été épargnés. La vieille rumeur, qui avait déjà fait surface dans la presse plusieurs mois auparavant, selon laquelle les leaders de l'insurrection de Brasov, en 1987, avaient été soumis à des "radiations", à leur insu, et qu'ils en étaient morts quelques mois plus tard, s'est trouvé réactualisée. Sans la moindre preuve, évidemment, alors qu'il aurait été si facile de nous montrer ces installation homicides dans les palais désormais occupés par le peuple. L'organisation Médecins du Monde (créée par le même Kouchner) a aussi entériné la rumeur de l'empoisonnement des eaux de la ville de Sibiu. Cette rumeur a pourtant couru chaque grande ville roumaine, tant le phantasme de la toute-puissance diabolique de la Securitate a fait vivre les Roumains dans la terreur. Apparemment, les hôpitaux de Sibiu ont soigné plusieurs cas d'intoxication mais personne n'est mort de cet "empoisonnement".

Le plus énorme canard était sans doute celui des "mercenaires arabes". Certes, les Roumains ont vécu plusieurs siècles sous le joug ottoman. Pour eux, l'"ennemi héréditaire" est le Turc, bien davantage que le Russe ou le Hongrois. Il est probable que le "terroriste arabe" qui joue le rôle de premier plan que l'on sait dans l'imaginaire occidental se soit surimposé à une figure terrorisante de Turc issue du passé. Peu importe ici. La plupart des envoyés spéciaux en Roumanie ont rapporté comme du bon pain les nouvelles selon lesquelles des "bataillons" de Syriens, de Libyens, et même de Palestiniens et d'Iraniens-- comme par hasard les ennemis "officiels" de l'Occident-- préparaient des offensives contre la révolution. La télévision nous a montré un cadavre, marqué terrorist au crayon à bille, qui pouvait raisonnablement passer pour un Arabe, en dépit du fait évident que nombre de Roumains, au physique méditerranéen, peuvent facilement ressembler à des Arabes. Un médecin roumain, le chef de l'hôpital des urgences, nous a même dit qu'on les reconnaissait facilement et que des blessés de la Securitate, sous l'empire de la drogue, avaient prononcé des mots qui n'étaient pas roumains. A la suite de ces rumeurs, complaisamment rapportées par une presse qui était bien en peine de fournir le premier élément de preuve, sauf celle d'une immonde "chasse aux Arabes", certaines chancelleries ont commencé à sonder l'opinion en parlant d'"ingérences étrangères" qui pouvaient peut-être justifier une intervention. Roland Dumas a même parlé, avec une mâle assurance, de "brigades internationales". Cet excité prenait-il la Roumanie pour les Comores?

Toutes ces âneries ont été scrupuleusement rapportées par les media, surtout par l'audiovisuel, comme si elles étaient des faits vérifiés. Certains commentateurs ont été forcés, la mine contrite, de reconnaître que les chiffres avaient été exagérés mais comme le disait l'un d'entre eux, "c'est toujours comme ça dans ce genre de circonstances". Ce fut la même chose, l'année précédente, avec le tremblement de terre en Arménie où les chiffres initiaux (100.000 morts) furent ensuite réduits d'un facteur 10 (sauf chez certains nationalistes arméniens) [(2)].

L'horreur du régime, on nous la montre par les résidences des Ceaucescu. Ces salopards vivaient dans un confort luxueux. J'attends qu'une révolution nous montre ici comment vivent nos présidents et nos ministres... On nous a même dit que la fille du dictateur, Zoia, "pesait la viande de ses chiens dans une balance en or", balance que malheureusement nous n'avons pas vue... On nous a dit aussi qu'on avait trouvé, dans une ville de province, toutes les fiches que la Securitate avait rédigées sur les citoyens. Horreur et damnation! Que les chers citoyens français s'avisent donc d'aller demander communication de leur fiche à la police! Quelles fiches? Une démocratie tenir des fiches comme un vulgaire totalitarisme? De tels propos sont indécents.

Ce régime roumain était abominable. Il l'était depuis très longtemps. Il mentait énormément. Ses successeurs se sont empressés de mentir aussi beaucoup. Et la presse leur a emboîté le pas sans la moindre réticence. Le révisionnisme, c'est aussi à chaud, devant le poste de télévision, devant l'article de journal encore humide de son encre, qu'il faut le pratiquer. N'attendons pas vingt ou quarante ans. Tous ces mensonges, ces travestissements de la réalité ont un but immédiat: nous décerveler chaque jour un peu plus pour obtenir de nous ce qu'aucun Ceaucescu n'a pu obtenir de son peuple, quels que soient les rudes moyens qu'il a employés: nous faire croire ce que la raison d'Etat nous susurre en agitant les petites marionnettes qu'on appelle journalistes.

29 décembre 1989

 

A ces quelques lignes, rédigées "à chaud", les semaines écoulées ont apporté d'amples confirmations. Beaucoup de journalistes ont été contraints de revenir sur leurs affirmations, en se cherchant toutes les excuses du monde. Le mythe qui affirme qu'un journaliste ne donne que des informations vérifiées et recoupées a été piteusement abandonné au nom des "circonstances". Même son de cloche, c'est le cas de la dire, chez Jean-François Kahn qui a expliqué que les chiffres sont toujours exagérés, que c'est une façon symbolique pour les gens de dire que le drame qu'ils vivent est affreux, que les chiffres ne traduisent dans le fond que la souffrance des subjectivités [(3)]. Pour un peu, JFK nous ferait croire que les journalistes prennent leurs chiffres dans la rue. Il n'a fait aucune allusion au passé et à ses chiffres symboliques.

On sait pourtant qu'il n'en est rien et que seule l'"autorité" est une source valable. On a vu ainsi en janvier, alors que tous les renseignements d'origine médicale, donnaient des chiffres situés entre mille et deux mille morts, les journaux continuer à donner le chiffre de 10.000, "de source diplomatique", ce qui désignait évidemment, pour les journalistes français, l'ambassade de France. Il fallait conforter l'image d'une "révolution" roumaine, soeur de la nôtre, et justifier la noria des hommes politiques français faisant le pèlerinage de Bucarest pour les besoins de leur image médiatique. Le chiffre de 60.000, qui avait servi à fusiller Ceaucescu devait de même être conservé à tout prix. La nouvelle direction roumaine le collait alors à la totalité de la période Ceaucescu, ce qui n'est jamais qu'une absurdité de plus, un mensonge historique tout frais, qui fera sûrement carrière puisque la presse occidentale l'a repris sans sourciller.

Le plus incroyable canard a fini par exploser. Déconfits, les journalistes de la télévision ont été obligés d'avouer que le spectacle des "corps suppliciés" de Timisoara était un montage pur et simple. Il a fallu montrer de très brefs extraits d'un film en allemand où la directrice de la morgue et un médecin légiste de Timisoara ont expliqué qu'un individu avait déterré des corps et organisé cette mise en scène macabre. L'individu en question est parfaitement identifié par la directrice de la morgue. Mais curieusement les télévisions françaises n'ont pas donné l'identité du maquilleur de cadavres ni enquêté sur les origines politiques de cette opération, ni surtout enquêté sur la façon dont elles étaient tombées dans ce piège grossier. D'ailleurs, à l'embarras des journalistes se mêlait comme un soupçon de sens critique qui tendait à faire croire qu'il y avait peut-être quelque chose de vrai derrière cette désinformation et qu'il ne fallait donc pas leur en tenir rigueur. On aura rarement vu un tel chef d'oeuvre de tartuferie. La politique, hier comme aujourd'hui, c'est la manipulation des émotions. Mais les vastes opérations de ces dernières années (le Cambodge, l'Ethiopie, le Liban, l'Arménie, la Roumanie, etc.) se caractérisent toutes par une dimension nouvelle: le camouflage des opérations politiques derrière le paravent des causes humanitaires. Une opération qui a pour but de sauver des vies humaines, de soigner et de nourrir, est au dessus de toute critique. Jusqu'au fin fond du plus petit village, les gens sont requis de faire des gestes symboliques qui les engagent bien au delà de leurs opinions ou de leurs volontés réelles.

 

6 février 1990

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2

 

DES NAZIS À PARIS

 

A Paris, en 1991, une librairie qui ne plaît pas à tout le monde. On y vend des livres, des livres qui soutiennent un point de vue sur l'histoire et aussi des livres qui soutiennent le point de vue opposé. Une sorte de dialogue, par livres interposés. Un vrai scandale pour le consensus mou. Il y a donc des gens pour attaquer cette librairie, non seulement pour réclamer sa disparition, mais aussi pour briser sa vitrine, percer les portes, introduire des produits chimiques, photographier et menacer les clients.

A Paris, en 1991, au Palais de Justice. Procès. Un professeur est poursuivi pour ses idées. Il y a maintenant des lois pour ça. Certains n'aiment pas ses idées. Alors ils ratonnent. Ils cherchent dans les couloirs du Palais des partisans supposés du professeur, les empoignent, les insultent et les cognent. Devant les gendarmes, qui interviennent mollement et trop tard. "Tu n'as pas le droit de penser ça", disent-ils avant de cogner. Cette affirmation est d'ailleurs, à la lettre, exacte. Coups de boule, pugilat, menaces de mort. J'en ai compté près d'une dizaine en un après-midi, au Palais de Justice, à Paris, en 1991, le 22 mars.

En toute impunité, le Bétar fait la loi dans l'enceinte de la loi. Ces fascistes sont juifs, ils le revendiquent hautement. Un Arabe, peut-être supporter du professeur, se voit épargner des coups supplémentaires, parce qu'un des cogneurs crie: "Laissez-le, c'est un ssémite". Les nazis, c'était exactement ça.

Il y avait des lois contre les ligues. Elles datent de l'avant-guerre. On les a appliquées maintes fois depuis, pour dissoudre la Gauche prolétarienne, la Ligue communiste, la FANE, toutes sortes de groupements dont seuls quelques uns adoptaient une idéologie nazie.

Nous ne voulons pas qu'une milice nazie comme le Bétar fasse la loi dans les librairies, la rue et le Palais de Justice. Nous attendons que se lèvent de simples républicains pour qu'on applique les lois de la République et pour exiger la dissolution du Bétar.

23 mars 1991

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3

 

LE SON DU CLAIRON

 

A propos de MM. Boudarel, Notin, Faurisson et les autres [(4)]

 

 

La guerre produit toujours des nouveautés. Le son du clairon a électrifié quelques vétérans des guerres de l'Empire, en France et en Amérique. Malgré la fatigue qu'ils éprouvent à remâcher leurs anciennes défaites, la guerre du Golfe a libéré une dose d'adrénaline qui leur a donné fugitivement la sensation de retrouver une jeunesse perdue et une occasion de venger leurs hontes passées.

Pendant que Bush croit enfin pouvoir dire Goodbye Viêt-Nam, d'anciens soldats de l'armée coloniale française, vaincus aussi au Viêt-Nam, se lancent à l'assaut d'une moindre forteresse, celle que serait l'impunité dont jouirait un universitaire, M. Georges Boudarel, aujourd'hui entouré de l'estime de ses pairs. Celui-ci, communiste à l'époque stalinienne, professeur à Saigon (et non pas, comme le dit curieusement le Parti républicain, "membre des forces françaises") est passé au maquis en 1952 pour lutter, aux côtés du Viêt Minh, contre la tentative de reconquête coloniale française. Dans ce cadre il fut pendant quelques mois adjoint du commissaire politique d'un camp de prisonniers de guerre français (non reconnus comme tels par la France, qui ne voulait pas admettre qu'elle faisait la guerre, comme d'ailleurs en Algérie). Le blocus imposé par l'armée aux régions viêtminh y provoquait une famine endémique. Le manque de médicaments et de nourriture entraîna chez les prisonniers comme aussi parmi leurs gardiens de lourdes pertes en vies humaines. Ils recevaient la même maigre pitance que leurs geôliers, ce qui correspond d'ailleurs aux prescriptions des Conventions de Genève. C'était la vie concentrationnaire, avec son cortège habituel d'horreurs, y compris la manipulation des consciences et l'appel à la collaboration avec les autorités du camp pour sauver sa peau. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, sous tous les climats. On comprend très bien que ceux qui ont survécu à cet enfer, et qui ne s'en sont peut-être pas tous sortis moralement intacts, conservent une rancune entière. Ceux qui n'ont pas traversé de telles épreuves feraient mieux de ne pas porter de jugements trop péremptoires

La différence d'avec les grands systèmes concentrationnaires de l'époque est dans le fait que les prisonniers étaient tous des soldats capturés au combat, membres d'une armée qui ne reculait devant rien pour régner par la terreur, massacres, incendies de village, emploi systématique de la torture, bombardements aveugles, etc. C'est l'époque où commence l'emploi du napalm, cadeau de nos amis américains qui subventionnent de plus en plus largement cette sale guerre. Il fallait ainsi compenser la faiblesse numérique de cette armée coloniale, composée exclusivement de volontaires, de résistants qui continuaient à rêver plaies et bosses, et de délinquants dont on vidait ainsi les prisons françaises. Individuellement, ces soldats n'étaient sans doute pas tous des tortionnaires mais le mépris des "niak" (nhà-quê, paysans) était total. Le bilan des exactions de l'armée française était et reste extrêmement lourd. Et il n'apparaît généralement pas dans la vaste littérature qu'on ne cesse de produire depuis bientôt quarante ans à la gloire de nos "valeureux soldats" qui ont "défendu le drapeau" dans la gadoue des rizières pour succomber sous le poids des "rouges". Si, dans certains milieux, on croit qu'il faut "réviser" l'histoire de la guerre d'Indochine qui serait trop favorable aux partisans de Hô Chi Minh, un travail sérieux sur les archives militaires françaises, encore fermées, et sur les archives viêtnamiennes risquerait surtout de montrer que leur drapeau a beaucoup traîné dans la merde [(5)] et dans le sang.

Certes, les communistes dirigeaient la guerre, mais leur force résidait dans l'immense et continuel désir de la quasi-totalité des Viêtnamiens de voir les Français s'en retourner chez eux et de recouvrer leur indépendance millénaire. C'est cette volonté d'éjecter les étrangers qui a brisé ensuite l'intervention américaine. Si les communistes ont pu ainsi chevaucher la volonté d'émancipation nationale, c'est que les Français et les Américains après eux ont toujours soit détruit, soit corrompu les autres forces nationalistes qui faisaient naturellement contrepoids aux communistes. Ils ont fait le lit des communistes dans toute l'Indochine, comme ils ont fait celui de Menguistu en Ethiopie, de Khomeini en Iran, et ainsi de suite.

 

ELOGE DE LA TRAHISON

 

Georges Boudarel a trahi le drapeau français. Il est passé à l'ennemi, comme d'ailleurs bon nombre d'antifascistes et de communistes le firent à l'époque, dans les mêmes circonstances, en particulier des Allemands, dont plusieurs anciens de la guerre d'Espagne, que les hasards de cette époque avaient versés dans la Légion étrangère. Tous ceux-là trahissaient la cause nationale, et ils ont été condamnés à mort [(6)]. A MORT, par des tribunaux français. Comme, plus tard, en Algérie, le militant communiste Iveton. Celui-là a été exécuté. Son recours en grâce a été refusé par le Garde des Sceaux de l'époque, un certain Mitterrand, qui aura le sang de l'anticolonialiste Iveton sur les mains jusqu'à la fin de ses jours [(7)].

"Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être un peuple libre". C'est pourquoi nous fûmes aussi quelques-uns à trahir durant la guerre d'Algérie. Nous n'étions pas communistes, nous étions même, pour la plupart, anti-staliniens. Mais les autorités de la France nous demandaient d'aller massacrer des Algériens qui se battaient pour une cause dont on nous disait que dans les années 40 elle valait tous les sacrifices: la libération et l'indépendance nationales. Si l'on acceptait le fait que la lutte contre l'occupation allemande et le nazisme avait eu un sens, alors il fallait reconnaître ce même sens à l'insurrection algérienne. Les partis de gauche étaient si loin d'accepter ce minimum de cohérence qu'ils faisaient cette guerre, trahissant ainsi leur propre raison d'être. Si, à en croire la rumeur publique, Le Pen a torturé en Algérie, c'est sur ordre d'un gouvernement où siégeaient des socialistes et des Mitterrand. Pour défendre l'idée de liberté, il était donc nécessaire de trahir une gauche totalement compromise, une République fourvoyée, une France radicalement infidèle à sa prétention d'être le pays des Droits de l'Homme. Elle les foulait aux pieds tous les jours, aussi bien en Algérie qu'en "métropole". Ce cancer a fini par tuer la IVe République et le parti socialiste SFIO, qui a mis vingt ans à s'en relever.

Cette même nécessité s'imposait dans la guerre du Golfe. Il fallait se désolidariser de cette effroyable volonté d'aller matraquer des peuples lointains, au nom d'intérêts tellement inavouables qu'on les camouflait sous les mensonges d'un appel au droit. Nous serons toujours prêts à trahir ces volontés mesquines de domination, d'"influence", de guerre, d'expansion qui cachent sous le nom d'"intérêt de la France" des affaires qui rapportent à quelques uns un surcroît de pouvoir, de fortune ou de gloire de pacotille, aux dépens et des Français et des peuples que nous allons, de temps en temps, comme on va en pique-nique, massacrer chez eux. "Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être un peuple libre": appliquez ce principe à la planète et jugez du chemin qu'il reste à faire pour que les hommes conquièrent ce qui est le premier de tous les droits, la liberté. Seule la trahison des principes infâmes qui permettent aux Etats d'écraser les hommes peut assurer la possibilité d'une fraternité entre eux. Il faut peut-être rappeler, parce qu'on l'oublie généralement, que l'article II de la Déclaration des droits de l'homme (1789) range parmi les droits "naturels et imprescriptibles" de l'homme celui de "la résistance à l'oppression".

C'est l'honneur de Boudarel d'avoir trahi les massacreurs de femmes et d'enfants viêtnamiens, malgaches, algériens, africains, irakiens qui réclament aujourd'hui sa tête. L'extrême-droite qui, lors du conflit du Golfe, s'était mis dans la contradiction de refuser l'engagement des forces françaises et de soutenir en même temps notre vaillante armée, cherche sans doute ainsi, par un sursaut de militarisme, à se dédouaner auprès d'un électorat qu'émoustille toujours la vue d'un drapeau. Le son du clairon fait perdre bien des têtes.

 

DE L'ART DU RENIEMENT

 

Georges Boudarel n'est plus stalinien. C'est dans le cadre de sa vie au Nord Viêt-Nam, employé à divers travaux politiques et littéraires au sein de l'appareil du Parti communiste viêtnamien qu'il a entamé un cheminement critique. Il lui fallut encore de nombreuses années pour obtenir de quitter le Viêt-Nam, pour prendre ses distances à l'égard du communisme et retourner en France après que sa trahison eût été amnistiée. C'est grâce à l'appui d'universitaires anciennement communistes et pro-viêtminh qu'il put entrer, par la petite porte, dans l'institution universitaire. Contrairement à beaucoup d'autres, il n'a jamais caché son passé. A l'inverse, il n'a cessé de revenir dessus, de retravailler la matière historique à laquelle il avait pris part. Il s'est engagé pas à pas dans une révision critique de l'histoire du mouvement communiste au Viêt-Nam, où son histoire personnelle avait sa minuscule part. Il a apporté une contribution importante à la réflexion collective qui se fait dans ce pays entre les chercheurs, les enseignants spécialisés, les "politologues", à laquelle participent aussi des exilés indochinois et quelques anciens administrateurs ou militaires rescapés de l'aventure coloniale. Dans ce petit monde, Boudarel a toujours tranché par son honnêteté, ses doutes, sa tolérance, bref, sa démarche d'un homme qui a connu l'aveuglement idéologique et qui consacre ensuite sa vie à le démonter pour se l'expliquer.

C'est un cas assez rare parmi ceux qui ont renié leur engagement au service des doctrines autoritaires. Pour un Boudarel ou un Edgar Morin, on a des foultitudes de renégats qui demeurent mentalement staliniens après avoir quitté le Parti, une Annie Kriegel, qui défend Israel avec les mêmes méthodes qu'elle employait à défendre Moscou, un Alain Besançon qui n'a pas plus compris l'URSS avant qu'après son départ du Parti, un André Glucksmann, aussi bêtement terroriste dans sa défense de Soljénitsyne que dans celle de Mao, un Kouchner, aussi publicitaire dans un gouvernement socialiste que dans l'Union des étudiants communistes. On pourrait citer ainsi des centaines d'intellectuels qui, pour avoir renié qui Staline, qui Mao, sont passés à la réaction la plus noire sans changer d'esprit. Ils continuent simplement, par les voies les plus appropriées, leur chemin vers le pouvoir. Il n'y a pas de meilleurs carte de visite, dans l'intelligentzia française, que le reniement public: la marchandise se vent toujours bien. Certains assoiffés de publicité vont même jusqu'à s'inventer un passé répréhensible, comme Le Roy Ladurie, ou Jean Lacouture, prétendant faussement avoir soutenu Pol Pot, pour mieux vendre leurs jérémiades de renégats enfin patentés.

Et puis, il y a les renégats cachés, ceux qui préfèrent occulter leur passé, les Longuet et autres anciens fascistes du Parti républicain, les anciens apparatchiks venus de l'Est qui ont colonisé certains secteurs de l'université, les anciens soutiens de l'OAS, comme Poniatowski et Giscard, les anciens faux résistants, comme Mitterrand, les anciens pétainistes rhabillés en gaullistes, les anciens maos reconvertis dans le business et la manipulation médiatique, les anciens démocrates recyclés dans le soutien à Israel, les anciens militants de gauche passés à un atlantisme plus ou moins honteux, les anciens "amis de Arabes", comme Roland Dumas, devenus chauds partisans du massacre de ces mêmes Arabes, les anciens anticolonialistes se glissant avec délices dans les pantoufles de Foccart, sans compter l'immense plèbe des anciens intellectuels communistes avachis, reconvertis dans une défense des Droits de l'homme qui ne coûte pas cher et qui peut rapporter gros, ou démissionnaires, neutralisés, clients d'Ikéa.

Nous voulons bien qu'on fouille dans le passé de Georges Boudarel. La liberté d'investigation intellectuelle doit être totale. Mais alors que tremblent non seulement ceux qui veulent, grotesquement, le poursuivre pour "crime psychologique contre l'humanité", mais aussi ceux qui par leur passivité ou leur discrets encouragements laisseraient sonner l'hallali contre un homme honnête et dont le seul tort est de ne pas s'être prémuni contre les chacals par une bassesse à la mode ("J'étais le salaud rouge du camp 113...") dont mille autres ont donné le spectacle accoutumé.

La notion de crime contre l'humanité a été élaboré pour nier l'existence de la légalité du IIIe Reich et la raison d'Etat allemande, afin de donner une forme légale à la condamnation et à l'exécution des dirigeants nazis. Il fallait d'abord tordre le cou à une notion fondamentale du droit, nettement affirmée par la déclaration universelle des droits de l'homme, à savoir la non-rétroactivité des lois. On a donc appliqué une loi de 1945 aux événements de 1939-1945.

Cette notion n'a été introduite dans le droit français que par la loi du 26 décembre 1964 qui déclarait imprescriptibles les "crimes contre l'humanité", à la veille de la prescription qui allait jouer en Allemagne. (Les Allemands ont d'ailleurs changé leur loi ensuite.) Elle n'a été invoquée en justice qu'au moment du procès Barbie, appliquant donc à l'ancien policier allemand une incrimination qui n'existait pas au moment des faits. La Cour de cassation, le 20 décembre 1985, donnait d'ailleurs une définition dudit "crime contre l'humanité" différente de celle de Nuremberg en parlant d'"actes inhumains qui, au nom d'un Etat pratiquant une politique d'hégémonie idéologique, ont été commis de façon systématique, non seulement contre des personnes en raison de leur appartenance à une communauté raciale ou religieuse, mais aussi contre les adversaires de cette politique" ce qui avait pour but de réintégrer les résistants dans la procédure contre Barbie (faits autrement prescrits), au grand dam des avocats des parties juives qui entendaient se réserver le monopole, si l'on peut dire, de l'humanité, victime de crimes éventuels.

Me Jean-Marc Varaut, au nom de l'Association nationale des anciens prisonniers d'Indochine, vient de déposer plainte contre Boudarel pour crime contre l'humanité. Il ne semble pas prendre en compte que, si des crimes sont imprescriptibles, ils peuvent néanmoins faire l'objet d'une amnistie. C'est ce qu'a dit la Cour d'appel de Paris le 12 mars 1986. Me Varaut se prévaut d'une décision de la Cour de cassation du 3 juin 1988 qui affirme que l'imprescriptibilité l'emporte sur les règles de droit interne, décision certainement contraire à la constitution qui affirme la non-rétroactivité des lois. Passons sur cet imbroglio. Si Me Varaut parvenait à imposer son point de vue, alors tous les dossiers des atrocités coloniales pourraient se rouvrir devant la justice. En effet, les innombrables massacres, tortures, camps de la mort et autres incendies de village sont bien des "actes inhumains" commis contre des "adversaires" d'une "politique d'hégémonie (française) idéologique (coloniale, républicaine, de l'Empire français, etc.)". Des millions d'immigrés viêtnamiens, malgaches, algériens, africains seront dès lors fondés à réclamer justice et à poursuivre les militaires français qui ont commis des crimes incontestables, lesquels ont été soigneusement, et rapidement, couverts par différentes lois d'amnistie votées après la guerre d'Algérie [(8)].

Nous sommes plutôt partisans, non pas de l'oubli, mais de la réconciliation, de la cicatrisation, du deuil et de la lucidité vis-à-vis d'un passé que les vengeances actuelles ne répareront pas. Si des crimes de ce genre devaient être punis, nous voudrions que ce soient les plus récents, les plus chauds, ceux, par exemple, que les coalisés viennent de commettre en Irak, en massacrant les civils par dizaines de milliers, sans la moindre justification [9)]. Mais pourquoi vouloir ouvrir les vieilles boîtes de Pandore?

 

SOMBRE MELEE DANS LA CAPITALE DES GAULES

 

Lionel Jospin, ministre de ce qui tient lieu d'Education (qui, d'ailleurs ne se vante guère de ses anciens liens avec les trotzkystes) a affirmé qu'il n'interviendrait pas dans l'affaire Boudarel, pas plus que dans l'affaire Notin, car la nomination des enseignants ne dépendrait pas du ministère. On sait pourtant que lors des délibérations du conseil de l'Université Lyon-III, le téléphone avait beaucoup sonné entre Lyon et la rue de Varenne. Embarrassés, suant sang et eau, soumis à un violent chantage du maire de Lyon, Michel Noir, les collègues de Bernard Notin, qui n'étaient pas favorables à une sanction pour ce qui leur apparaissaient comme une vétille, avaient dû délibérer deux jours, au lieu des deux heures prévues, pour finir par s'incliner devant les puissances extra-universitaires et suspendre leur collègue pour un an. Bernard Notin, dans un article consacré au pouvoir des média avait commis la naiveté d'écrire une phrase où il mentionnait les doutes qui, pour certains, planent sur l'existence des chambres à gaz et de citer en note mon livre sur cette affaire.

Naiveté, parce que cette phrase n'était qu'une incidente, qu'il citait simplement l'opinion d'autrui, qu'il n'avait nullement étudié la question et que son article portait sur un tout autre sujet, et enfin qu'il ne savait pas où il mettait les pieds. Son avocat, Me Gilbert Collard, n'en savait pas plus et pour prix de sa décision d'entreprendre la défense d'un cas typique d'atteinte à la liberté d'expression se voyait immédiatement expulsé du MRAP où il militait depuis longtemps. Lors des débats qui ont précédé la mesure de suspension, le président de Lyon-II, M. Michel Cusin, était venu déclarer que le professeur Faurisson, le principal défenseur de la thèse selon laquelle les chambres à gaz décrites dans la littérature sont une impossibilité matérielle et physique, avait fait des "cours de révisionnisme" du temps où il enseignait à Lyon-II, avant d'être, lui aussi, suspendu. Averti par la presse de cette étrange déclaration, je contactai M. Notin pour lui apprendre, et lui suggérer de faire savoir à son avocat, qu'il s'agissait là d'un pur et simple mensonge. Cette affaire s'étant passée dix ans auparavant, il n'était pas étonnant que MM. Cusin, Notin et Collard ignorassent la réalité. Ce n'est donc pas du tout, comme l'affirme Le Monde (20 mars 1991), avec une hypocrisie calculée, Me Collard qui aurait tendu un piège et fait dire à M. Cusin que Faurisson "avait donné des cours de révisionnisme". C'est M. Cusin qui a offert cette affirmation, qu'il a cherché à rétracter le lendemain en envoyant au "tribunal" un texte où il dit avoir évoqué ces soi-disant cours de révisionnisme "par erreur ou abus de langage". L'universitaire Michel Cusin ne sait donc pas ce qu'il dit. C'est sur cette erreur qu'est fondé le vice de forme utilisé par le CNESER, conseil supérieur des universités, pour annuler la sentence de Lyon. A Paris, le forcing du maire de Lyon était évidemment moins efficace, sans compter que sa très piètre performance électorale, un mois auparavant, lui avait ôté une bonne partie de ses moyens.

Dans cette affaire, qui est une atteinte caractérisée à la liberté d'expression (un auteur est condamné pour avoir cité un livre qui n'a jamais été condamné ni même attaqué en justice), l'attitude des universitaires a été exemplaire de la lâcheté générale du monde intellectuel. Malgré une campagne de presse lancée par Le Monde, présentant l'affaire comme si la production culturelle tremblait sur ses bases, l'université n'avait pas bougé. Il a fallu que les politiques s'en mêlent, dépeignant Bernard Notin comme une personnalité du Front national (pur mensonge) pour que les enjeux électoraux fassent monter la pression. Or, devant cette persécution si manifestement riche d'arrière-pensées, dans une ville où les convoitises politiques, les conflits internes à la droite, le grand banditisme et la manipulation des souvenirs de la Résistance forment un mélange explosif, où les cadavres d'ailleurs ne manquent pas, les universitaires ont choisi la soumission, se résignant à des sanctions qu'ils ne souhaitaient pas vraiment, pour sauver leurs jobs, les promesses conditionnelles de locaux supplémentaires, en abandonnant tous les principes. Ils ont vainement cherché un appui à Paris où Jospin, déjà aux prises avec Fabius, a préféré la prudence du ver de terre à la protection des franchises universitaires, qui étaient de sa responsabilité. Enfin, en guise de punition de leurs péchés, cette bande de falots est menacée du débarquement de Me Klarsfeld, un fin spécialiste de la lutte contre le révisionnisme, qui a réclamé comme son dû un poste d'enseignant en histoire à Lyon-III. Les commissaires politiques arrivent, il va s'agir de marcher au pas.

 

LE RETOUR DE WEIMAR

 

Dès l'annulation de la sanction frappant Collard, l'Union des Etudiants juifs de France a fait savoir qu'elle ne le laisserait pas enseigner. Des commandos de nervis sont intervenus à Jussieu pour tâcher d'empêcher Boudarel de faire son cours. Des commandos juifs avaient rendu impossibles les cours de Faurisson et, à l'époque, l'université avait refusé d'assurer la sécurité de ses cours [(10)]. La persécution judiciaire et l'agression physique se combinent, au gré des circonstances, pour interdire l'expression de pensées qui déplaisent à telle ou telle officine, spécialisée dans la police de la pensée. Un autre commando, se donnant pour juif, a essayé de tuer Robert Faurisson à coups de pieds, au cours de l'été 89. Des manifestations accompagnées d'actes de violence ont lieu régulièrement devant la Vieille Taupe, pour provoquer la fermeture d'une librairie qui vend des livres, révisionnistes et anti-révisionnistes. La LICRA se porte partie-civile contre Jean-Edern Hallier, non pas tant pour faire condamner les éditoriaux de L'Idiot International qu'elle juge déplaisants mais pour-- elle le dit ouvertement-- ruiner un journal en tapant dans la caisse. Robert Faurisson est inculpé au terme de la loi du 13 juillet 1990, dite loi Gayssot, qui fait obligation aux citoyen français de croire à tous ce qui s'est dit au procès de Nuremberg.

Cette loi, qui prétend interdire la contestation intellectuelle d'une vaste opération juridico-politique menée par les Alliés en conclusion de la guerre, est en totale contradiction avec l'article XIX de la déclaration internationale des Droits de l'homme, adoptée par les Nations Unies le 10 décembre 1948, qui stipule: "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen que ce soit". La Constitution de 1958 ayant adopté ce texte dans son Préambule, il en découle que la loi du 13 juillet 1990 est absolument et totalement anticonstitutionnelle. Sous le titre de "Déni de justice constitutionnelle", Olivier Duhamel a d'ailleurs fait les observations suivantes:

Indépendamment de ce que chacun pense au fond, est-il acceptable, dans un Etat de droit développé, qu'une loi de ce type ne soit pas soumise au juge constitutionnel? Des parlementaires de l'opposition ont dénoncé ce texte comme liberticide. Certains y ont même vu un premier pas vers le totalitarisme. Mais il ne s'en est pas trouvé soixante pour saisir le Conseil constitutionnel. Probablement parce qu'ils craignaient de passer pour des défenseurs de Le Pen. Notre système de saisine du juge constitutionnel est politique. Il aboutit ainsi à des non-saisines politiques.

Une loi vient d'être votée alors qu'une majorité de l'opposition estime qu'elle porte atteinte à un droit fondamental, mais sans que, pour autant, elle saisisse le Conseil constitutionnel. Triste démonstration des insuffisances du système français de contrôle de la constitutionnalité des lois [(11)].

Nos législateurs ont la déclaration des droits de l'homme à la bouche comme les paons ont des plumes au cul: c'est joli, mais sans conséquence.

On chercherait en vain dans les colonnes de nos quotidiens ces amples pétitions qui circulaient parfois, avant 1981, quand les libertés étaient menacées par telle ou telle initiative du gouvernement, ou telle menée factieuse d'un groupe décidé à empêcher la circulation d'idées qui lui déplaisaient. Ceux qui avaient participé le plus activement à la persécution des révisionnistes se donnèrent les gants de critiquer cette loi pour mieux s'en laver les mains. Le consensus mou, le ralliement des intellectuels dits de gauche à un pouvoir qui, il est vrai, les représente assez bien, l'alignement impeccable d'une magistrature qui se répète toujours in petto la formule de son allégeance au pouvoir que seul Pétain lui a fait prononcer à haute voix, la servilité d'une presse pénétrée par l'argent socialiste, le conformisme des opposants de sa majesté, à quoi s'ajoutent dix ans de stupeur crétinisante provoquée par la présence de la "gauche" au pouvoir aboutissent à faire du domaine de la pensée un vaste terrain vague, inculte, où errent quelques chiens perdus, entourés de barbelés et de miradors, et où des flics de la pensée tirent sur tout ce qui bouge, heideggeriens en cavale, savants fous, marxistes perdus, révisionnistes isolés, francs-tireurs de la critique du Coca-Cola, toute cette petite foule hétéroclite, issue d'une culture en perdition où le respect de la pensée, la nécessité de la critique, le sens des mots, le choix du sens contre le non-sens, le principe de la responsabilité étaient les valeurs suprêmes. Cette nouvelle trahison des clercs, cette résurgence des groupes de nervis, surtout sionistes, cette adoration de l'Etat et de sa violence guerrière, tout cela nous semble exhaler un parfum de Weimar. Une République qui n'a plus de principes, une démocratie qui se passe de parlement en temps de crise, une conception de la culture comme objet et comme marchandise, une politique de l'image réduite à manipuler les sondages, un royal mépris pour la question sociale, une intelligentzia concentrée sur sa misérable besogne d'ingénierie sociale, tout cet ensemble de phénomènes converge et nous dirait, si les mots avaient encore un sens: la patrie est en danger. La France est hydrocéphale. Nous sommes gouvernés par des mongoliens.

La liberté, disait Léon Bloy, est une salope qui ne se donne qu'aux pourceaux et aux assassins, et si on la veut, il faut la mener au lit à coups de bottes. Nous serons encore quelques uns à chausser nos bottes.

21 mars 1991.

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Carpentras, un an après

 

 

L'ANTIRACISME À LA DERIVE

 

 

Il y a un an, juste après Carpentras, et pour parodier quelques grands ancêtres, nous jetions à l'eau une bouteille contenant DIX THESES SUR CARPENTRAS:

 

1)Devant toute crise, il convient de s'en tenir au réalisme le plus serré. Les interprétations délirantes amèneront d'autres crises, probablement plus graves.

2)Par le choix du lieu, du moment et des moyens, l'acte horrible perpétré à Carpentras montre une manière de préméditation. Plus qu'aucun autre, il fait confluer plusieurs valeurs symboliques pour les amener au point de rupture. C'est la provocation à l'état presque pur. Elle ne pouvait pas ne pas réussir.

3)Devant un acte qui ne méritait que silence et commisération, la récupération politique a été bruyante et immédiate. L'unanimisme de la grande manifestations parisienne du lundi 14 mai 1990 réactualisait le consensus mou par où se voit le vide à peu près total de notre vie politique, dû au fait que la gauche et la droite se disputent le même os et se renvoient une image spéculaire. On notera que cette manifestation, "honorée" par la présence du chef de l'Etat, venu en simple piéton, s'est terminée par des cris de mort, dansés par le Bétar autour du drapeau israélien, celui qui couvre de ses plis le massacre quotidien des Arabes.

4)La machine politique tourne lentement, et à vide. L'action se réduit aux rhétoriques spécialisées et aux vieilles incantations républicaines. La montée du lepenisme, du vote écologiste et de l'abstention montre que le champ d'application des institutions se réduit comme peau de chagrin. Le citoyen s'est rarement senti aussi impuissant.

5)Les vrais problèmes se situent dans le social. La modernisation accélérée fait craquer la trame du tissu social. Des lambeaux de banlieues tombent en ruine ou prennent feu. La justice et l'éducation périssent par asphyxie. Une marée montante de chômeurs, d'hommes et de femmes dépourvus de l'éducation aujourd'hui nécessaire, ne peut plus se reconnaître dans un système politique qui les traite en purs objets de discours. Le monde politique, toutes tendances confondues, cherche à faire dériver la problématique du politique vers la figure emblématique de l'Etranger.

6)Notre système politique est totalement impuissant devant ces dures réalités. Il délègue tous les pouvoirs à un géronte conservateur, choisi, au premier tour, par moins d'un Français sur cinq. C'est la Constitution qui fait de notre vie politique un simulacre de participation et les citoyens des spectateurs ahuris. Plus le pouvoir se concentre, plus la réalité lui échappe.

7)On admire que tous les acharnés partisans de la tolérance pétitionnent furieusement pour demander l'exclusion et l'interdiction de leurs adversaires. Certains semblent croire qu'il suffira d'interdire la parole pour supprimer les pensées mauvaises. Carpentras a permis de faire passer une législation qui pourrait mettre hors-la-loi une bonne partie de l'opposition. Supprimez la parole, et vous aurez des actes.

8)Carpentras a beaucoup servi au gouvernement Rocard. L'événement est arrivé au moment où les communistes avaient du vague à l'âme et se refusaient de plus en plus mollement à voter la censure. Avec un os à ronger (la loi Gayssot), ils ont recollé au gouvernement qui a pu ainsi atteindre, trois mois plus tard, les rives riantes du Golfe et s'assurer alors presque un an supplémentaire de navigation. Ils sautent de crise en crise, comme sur des pas japonais.

9)Carpentras est un mystère, qui alimentera les revues de gare pendant longtemps. Jamais aussi mince affaire n'avait provoqué une telle mobilisation policière. Il y a deux causes possibles à l'impuissance des poulets: ou l'affaire est due à des amateurs accidentels, qui se tairont, ou à des spécialistes très pointus. Les rumeurs circulent inévitablement. La seule chose intéressante, certaine et admirable, c'est la vitesse de récupération des politiciens.

10)Carpentras, ou plutôt l'utilisation de Carpentras apparaît comme une tentative de colmater le tonneau des Danaides; le système politique fait eau de toutes parts. La gauche-Disney gagne du temps car toutes ses ambitions se sont réduites à une seule: durer. Dans l'état actuel des choses, la prochaine crise fera tomber l'édifice à droite. Les surlendemains peuvent être pires que les lendemains. Même si la faute en revient à aujourd'hui.

 

EPILOGUE DE CARPENTRAS

 

"Le supplice du pal a toujours frappé l'imagination des Occidentaux. C'est une combinaison sublime de l'atroce et du comique..." Ainsi commence la publication d'un pamphlet qui se voulait hebdomadaire, Le Pal, justement, écrit et publié par Léon Bloy en 1885. "Le coup de pied au derrière, l'un des mouvements les plus nobles de la colère occidentale, n'est qu'un vague reflet presque éteint de la vénérable tradition du pal", ajoute-t-il. Il semble bien qu'à Carpentras l'imaginaire occidental ait encore fait des siennes.

Deux mois plus tard, sous le titre "faits divers", Le Monde écrit que "quatre soldats du contingent, incorporés dans la batterie-fanfare de la IIIe Région militaire, ont été inculpés de "viol en réunion" et écroués, mardi 10 juillet, à Rennes, pour avoir sodomisé un jeune appelé avec un manche à balai, le 5 juillet, au cours d'un bizutage" (13 juillet 1990). Le procureur semble se demander pourquoi le capitaine et le médecin militaire n'ont prévenu la justice que cinq jours plus tard, après le dépôt d'une plainte. Tout le sel de cette histoire est dans le fait que les deux officiers risquent deux ans de prison pour "violation de consigne". A se demander ce qui coûte le plus cher, violer une consigne ou un conscrit? Ce jeune appelé n'avait pas eu la chance de naître à Carpentras. Ni d'être juif, ni d'être mort. Comble de malchance, il a été, lui, réellement sodomisé. C'est parce qu'il était très malchanceux qu'il n'y a pas eu la moindre petite manifestation pour le soutenir, ni à Rennes, ni à Paris, que pas une autorité constituée ne s'est dérangée et que les journaux ont soigneusement omis de parler des coupables, eux parfaitement identifiés, ni, bien sûr, de leur éventuelle punition, qui n'a peut-être même jamais eu lieu. Les malchanceux, c'est normal qu'on les laisse tomber, non?

 

DELIRE DE LA PRESSE

 

Chaque événement, même quand il est entièrement fabriqué, donne lieu, dans la grande presse, à ces vastes fresques explicatives qui sont toujours un régal pour les vrais amateurs d'idées reçues et de lieux communs, les dignes héritiers de Flaubert et de Bloy. Il faut dire, à la décharge de ces damnés du clavier, qu'on recrute dans les écoles de journalisme ceux qui ont échoué partout et ne seraient bons à rien d'autre, et qu'on leur enseigne seulement à résumer la voix de son maître. Carpentras donna naissance à un florilège de broderies et d'explicitations d'un phénomène d'autant plus adéquat qu'il demeurait privé de sens puisqu'on n'en connaissait ni les auteurs ni leurs raisons d'agir. On assista même à une floraison de faux actes racistes, destinés à redoubler l'indignation, comme cette gamine qui s'était mal coupé les cheveux ou cette enseignante qui souffrit d'avouer une tannée conjugale. La seule question qui ne fut abordée nulle part dans la presse fut celle des profanations de cimetières, pratique extrêmement banale et répandue, bien connue des statisticiens à qui nul ne demanda, pour une fois, de fournir les données qui auraient montré que ce délit si commun n'entre dans la catégorie des faits divers que lorsque les mauvais plaisants se donnent la peine, pour ajouter l'insulte à l'outrage, de peindre des croix gammées sur les pierres tombales. Ce qui prouve que le film de Boris Vian, J'irai cracher sur vos tombes, est tombé dans un injuste oubli.

Pour ne prendre qu'un seul exemple de ces délires de presse, on se limitera à un article du Point (du 21 mai 1990), intitulé: "Antisémitisme: pourquoi ça?" Les auteurs veulent expliquer que l'antisémitisme monte souterrainement depuis vingt ans et qu'il aboutit à Carpentras. Pourquoi vingt ans? Parce qu'il faut montrer que c'est la faute à la révolution. En effet, après mai 68, des "groupuscules gauchistes offrent à l'histoire une nouvelle victime: le peuple palestinien, dont le foulard à damier noir et blanc devient le dernier chic de la panoplie contestataire". Il ne faudrait pas croire que ce sont les Israéliens et leurs méthodes répressives qui ont fait une nouvelle victime, ce sont les gauchistes-- des enfants ignorants jouant avec leur "panoplie", imitant les grands qui avaient, eux, de vraies victimes propres à émouvoir les braves gens qui lisent Le Point. Rien de sérieux là-dedans, des gosses qui s'amusent. "Après la guerre du Kippour, en octobre 1973, l'image d'Israel se transforme, les Juifs, victimes, deviennent bourreaux". On remarque que ce n'est pas la réalité d'Israel qui se transforme, mais seulement son image. Les Palestiniens, occupés, chassés, torturés, bombardés, ne sont pas des victimes réelles, c'est Israel qui devient victime d'un retournement d'image, dû à de jeunes malfaisants. "Toute l'idéologie libertaire emboîte le pas". Donc les libertaires choisissent de voir dans les vraies victimes des bourreaux, ce qui est le comble de la mauvaise foi. Notons aussi que les libertaires, c'est-à-dire ceux qui se mobilisent pour la cause de la liberté comme valeur suprême, font de l'"idéologie", autrement dit une forme politique de mensonge. Se battre pour la liberté doit cacher quelque chose d'autre. Et ils emboîtent le pas, sans doute le pas de l'oie En outre, l'affirmation est fausse car-- qui s'en souvient?-- la première manifestation publique en France en faveur des Palestiniens, en 1967, après la Guerre des Six jours, ne réunit qu'une poignée de monde et elle était organisée par les maoistes, que l'on ne pouvait guère soupçonner d'aspirations libertaires.

Le chemin est tracé. Cette montée de l'antisémitisme est une dégringolade des images: "Tout s'y met. L'air du temps trouble la mémoire et révise inconsciemment les heures les plus noires". Parfaite inversion des faits puisque les années 60 à 80 sont précisément le moment où surgit une "mémoire" de la période de guerre, sanctifiée, épurée de toute contradiction, qui prend décidément le pas, dans la conscience des honnêtes gens, sur l'histoire tout court. Finalement, "quand Robert Faurisson, au lendemain de l'attentat de la synagogue de la rue Copernic, étale publiquement ses thèses qui nient l'existence des chambres à gaz et du génocide des Juifs, il indigne, mais ne provoque pas une véritable révolte". Or la simple consultation d'un dossier de presse apprend que Faurisson a rendu publiques ses idées dans une petite revue de droite en juin 1978, puis dans Le Monde du 29 décembre 1978 et que l'attentat de la rue Copernic s'est produit le 3 octobre 1980. MM. Denis Jeambar et Christian Makarian écrivent au Point mais ne sont guère pointilleux et ne se privent pas de donner dans l'insinuation.

"Dans un mouvement en tenaille, extrême-gauche et extrême-droite se retrouvent pour étrangler la mémoire collective et libérer les interdits". Ils veulent sans doute dire, en français normal: "lever les interdits". Alors imaginons la scène: le faf au crâne rasé se rencontrant avec le gauchard zonard, foulard palestinien autour du cou, pour se jeter ensemble sur une pauvre vieille catin, décrépite, fatiguée de coucher avec tout le monde, portant le lourd cabas où elle entasse la mémoire collective de tous ceux qui n'ont pas vécu les horreurs de la guerre: "Elle gigote encore, cette salope de mémoire, serre-lui le quiqui, Franz-- La vache, on va s'en débarrasser. Eh! Jean-Paul, y'a un interdit là-bas, on va le lever". Ce délire est sans cesse ressassé.

 

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