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Annales

D'HISTOIRE REVISIONNISTE

Historiographie et Société

Les Annales paraissent en quatre livraisons trimestrielles chaque année

Directeur de publication: Pierre GUILLAUME
ISSN: 0980 1391
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B.P. 98, 75224 PARIS cedex 05

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Annales d'histoire révisionniste
Numéro 2
Eté 1987



SOMMAIRE

EDITORIAL ...............................................................................................................5
Howard F. Stein, L'Holocauste et le mythe du passé comme histoire.....................11
Jessie Aitken, Dachau: L'Heure du Vengeur............................................................27
Paul Rassinier, Passage de la ligne ........................................................................31
Arthur Ponsonby, Les Faussaires à l'oeuvre en temps de guerre,
Introduction ..........................................................................................................129

Chroniques du temps présent:
Au nom du peuple français.................................................................................... 145
A ce dont l'Esprit se contente on mesure l'ampleur de sa perte............................152




[5]


ÉDITORIAL

Il y avait autrefois un empereur qui aimait tant les habits neufs qu'il dépensait tout son argent à la toilette. Il ne s'occupait pas de ses soldats, n'allait au théâtre ou ne se promenait en voiture dans les bois que pour montrer ses habits neufs. A chaque heure de la journée, il changeait de vêtements, et comme on dit d'un roi: «Il est au conseil» on disait de lui: «L'empereur est à sa garde-robe.» La grande ville où il habitait était très gaie, et beaucoup d'étrangers y venaient; mais un jour il arriva deux fripons qui se faisaient passer pour des tisserands et qui savaient, disaient-ils, tisser la plus magnifique étoffe du monde. Non seulement les couleurs et les dessins étaient extraordinairement beaux, mais les vêtements confectionnés avec cette étoffe possédaient une qualité merveilleuse: Ils devenaient invisibles pour toute personne qui ne savait pas bien exercer son emploi ou qui avait l'esprit trop borné.

«Ce sont des habits sans prix, pensa l'empereur; grâce à eux, je pourrai connaître les hommes incapables de mon gouvernement: je saurai distinguer les habiles des niais. Oui, cette étoffe m'est indispensable».

Puis il avança aux deux fripons une forte somme afin qu'ils commencent immédiatement leur travail.

Ils dressèrent en effet deux métiers, et firent semblant de travailler, quoiqu'il n'y eût absolument rien sur les bobines. Sans cesse ils demandaient de la soie fine et de l'or magnifique; mais ils mettaient tout cela dans leur sac, tra[6]vaillant jusqu'au milieu de la nuit avec des métiers vides.

«Il faut cependant que je sache où ils en sont», se dit l'empereur.

Mais il se sentait mal à l'aise en pensant que les personnes niaises ou incapables de remplir leurs fonctions ne pourraient voir l'étoffe. Ce n'était pas qu'il doutât de lui-même; toutefois il jugea à propos d'envoyer quelqu'un pour examiner le travail avant lui. Tous les habitants de la ville connaissaient la qualité merveilleuse de l'étoffe, et chacun brûlait d'impatience de savoir combien son voisin était stupide ou incapable.

«Je vais envoyer aux tisserands mon bon vieux ministre, pensa L'empereur, c'est lui qui peut le mieux juger l'étoffe; il a autant d'esprit que de capacités».

L'honnête vieux ministre entra dans la salle où les deux imposteurs travaillaient avec les métiers vides.

«Bon Dieu ! pensa-t-il en ouvrant de grands yeux, je ne vois rien». Mais il n'en dit mot.

Les deux tisserands l'invitèrent à s'approcher et lui demandèrent comment il trouvait le dessin et les couleurs. En même temps ils montraient les métiers, et le vieux ministre écarquillait les yeux; mais il ne voyait rien, par la raison bien simple qu'il n'y avait rien.

«Bon Dieu ! pensa-t-il, serais-je vraiment borné ? Il faut que personne ne s'en doute. Serais- je vraiment incapable ? Je n'ose avouer que l'étoffe est invisible pour moi.»


«Eh bien ! qu'en dites-vous ? dit l'un des tisserands.

C'est charmant, c'est tout à fait remarquable ! répondit le ministre en mettant ses lunettes. Ce dessin et ces couleurs... Oui, je dirai à l'empereur que j'en suis très content.

Nous en sommes heureux», dirent les deux tisserands; et ils lui montrèrent des couleurs et des dessins imaginaires en leur donnant des noms. Le vieux ministre prêta la plus grande attention, pour répéter à l'empereur toutes leurs explications.

Les fripons demandaient toujours de l'argent, de la soie et de l'or; il en fallait énormément pour ce tissu. Bien entendu, ils empochaient le tout; le métier restait vide et ils travaillaient toujours.
[7]

Quelque temps après, l'empereur envoya un autre fonctionnaire honnête pour examiner l'étoffe et voir si elle s'achevait. Il arriva à ce nouveau député la même chose qu'au ministre; il regardait, regardait toujours, mais ne voyait rien.

«N'est-ce pas que le tissu est admirable ?» demandèrent les deux imposteurs en montrant et en expliquant le superbe dessin et les belles couleurs qui n'existaient pas.

«Cependant je ne suis pas niais ! pensait l'homme. C'est donc que je ne suis pas capable de remplir ma place ? C'est étrange, mais je prendrai bien garde de la perdre.»


Alors il fit l'éloge de l'étoffe, et témoigna toute son admiration pour le choix des couleurs et le dessin.

«C'est d'une magnificence incomparable, dit-il à l'empereur, et toute la ville parla de cette étoffe extraordinaire.Enfin, l'empereur lui-même voulut la voir pendant qu'elle était encore sur le métier. Accompagné d'une foule d'hommes choisis, parmi lesquels se trouvaient les deux honnêtes fonctionnaires, il se rendit auprès des adroits filous qui tissaient toujours, mais sans fil de soie ni d'or, ni aucune espèce de fil.

«N'est-ce pas magnifique ? dirent les deux honnêtes fonctionnaires. Que Votre Majesté regarde ces dessins, ces couleurs !»

Et ils montrèrent du doigt le métier vide, croyant que les autres pouvaient y voir quelque chose.

«Qu'est-ce donc ? pensa l'empereur, je ne vois rien. C'est terrible. Ne serais-je qu'un niais? Serais-je incapable de gouverner? Jamais rien ne pouvait m'arriver de plus malheureux.» Puis tout à coup il s'écria: «C'est magnifique ! J'en témoigne ici toute ma satisfaction.»

Il hocha la tête d'un air content et regarda, le métier sans oser dire la vérité. Tous les gens de sa suite regardèrent de même, les uns après les autres, mais sans rien voir, et ils répétaient comme l'empereur: «C'est magnifique !» Ils lui conseillèrent même de revêtir cette nouvelle étoffe à la première grande procession. «C'est magnifique ! c'est charmant ! c'est admirable !» disaient-ils tous en choeur et la satisfaction était générale.


Les deux imposteurs furent décorés, et reçurent le titre
[8] de gentilshommes-tisserands.Toute la nuit qui précéda le jour de la procession, ils veillèrent et travaillèrent à la clarté de seize chandelles. La peine qu'ils se donnaient était visible à tout le monde. Enfin, ils firent semblant d'ôter l'étoffe du métier, coupèrent l'air avec de grands ciseaux, cousirent avec des aiguilles sans fil, après quoi ils déclarèrent que le vêtement était achevé.

L'empereur, suivi de ses aides de camp, alla l'examiner, et les filous, levant un bras en l'air comme s'ils tenaient quelque chose, dirent:

«Voici le pantalon, voici l'habit, voici le manteau. C'est 1éger comme de la toile d'araignée. On croirait n'avoir rien sur le corps, et voila surtout en quoi consiste la qualité de cette étoffe.

«Certainement, répondirent les aides de camp; mais ils ne voyaient rien, puisqu'il n'y avait rien.

Si Votre Majesté daigne se déshabiller, dirent les fripons, nous lui essaierons les habits devant la grande glace.»

L'empereur se déshabilla, et les fripons firent semblant de lui présenter une pièce après l'autre.Ils le prirent par la taille comme pour lui attacher quelque chose: c'était la traîne. Il se tourna et se retourna devant la glace.

«Grand Dieu ! que cela va bien ! quelle coupe élégante ! s'écrièrent tous les courtisans. Quel dessin ! quelles couleurs ! quel précieux costume !»


Le grand maître des cérémonies entra. «Les porteurs qui doivent tenir le dais au-dessus de Votre Majesté pendant la procession sont à la porte, dit-il.

«Bien ! je suis prêt, répondit l'empereur. Je crois que je ne suis pas mal ainsi.»

Et il se tourna encore une fois devant la glace comme pour admirer sa splendeur.

Les chambellans qui devaient porter la traîne firent semblant de ramasser quelque chose par terre; puis ils élevèrent les mains, ne voulant pas convenir qu'ils ne voyaient rien du tout.


Tandis que l'empereur cheminait fièrement devant la procession sous son dais magnifique, tout le monde, dans la rue et aux fenêtres, s'écriait: «Quel superbe costume ! [9]
Comme la traîne en est gracieuse ! Comme la coupe en est parfaite !» Nul ne voulait montrer qu'il ne voyait rien car on l'aurait jugé niais ou incapable de remplir un emploi. Jamais les habits de l'empereur n'avaient excité une telle admiration.

«Mais il n'a pas du tout d'habit, dit tout haut un petit enfant.

Seigneur Dieu, entendez la voix de l'innocence!» dit le père.

Et bientôt on chuchota dans la foule ce que l'enfant avait dit:

«Un petit enfant dit que l'empereur n'a pas d'habit!
Il n'a pas d'habit !» s'écria enfin tout le peuple.L'empereur frissonna, car il lui semblait qu'ils disaient vrai. Cependant il se raisonna: il fallait, quoi qu'il en soit, mener la procession jusqu'au bout.

Il se redressa. plus fièrement encore, et les chambellans continuèrent à porter la traîne qui n'existait pas.


PARIS, juin 1987
 


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