Chapitre 8 des "Fondations
de l'histoire contemporaine"
"Conférence de Wannsee: réunion des plus
hautes autorités du Reich et du Parti sous la présidence
de R. Heydrich, le 20 janvier 942, à Berlin, dans la villa
du 56-58 Gross Wannsee. Sur ordre de Hitler, les participants
décidèrent des mesures pour l'extermination des
juifs dans l'Europe sous domination allemande (`solution finale
de la question juive'): établissement en Europe de l'Est
de camps d'extermination (camps de concentration) où les
juifs seraient tués" [(1)]1.
1. La critique des documents
Les documents sont des objets contenant des informations sur un événement ou une situation. On distingue par exemple entre les documents par images, les documents écrits et, depuis une époque récente, tous les moyens possibles de stockage de l'information (support du son, mémorisation électronique des données, etc.). Dans ce qui suit, on s'intéressera surtout à la critiqu des pièces écrites, qui forment l'essentiel de la documentation sur l'holocauste.
Pour utiliser un document comme preuve, on doit d'abord prouver qu'il est authentique et que les informations qu'il contient sont véridiques. Une condition nécessaire à l'authenticité est qu'à l'époque om le document est censé avoirété composé, les matériaux dont il est constitué et les techniques par lesquelles l'information y a été codée et enregistrée aient déjà existé. Aujourd'hui, les méthodes techniques, chimiques et physiques permettent souvent de déterminer si le papier utilisé, l'encre, les nécessaires d'écriture, etc. sont d'époque. Dans la négative, le faux est démontré. Ainsi, par exemple, un document du siècle dernier écrit à l'aide d'une machine de notre siècle serait certainement faux. Pourtant, ceux qui voudraient contrôler les documents relatifs à l'holocauste n'ont pu jusqu'ici disposer des résultats d'une telle analyse, car dans les rares cas où les originaux sont connus, une garde jalouse est montée autour d'eux dans les archives et toute velléité d'expertise physico-chimique est étouffée dans l'oeuf.
Pour contrôler l'authenticité, il faut également déterminer si, dans sa forme, le document examiné présente les similitudes nécessaires avec des documents analogues de la provenance présumée. Pour des documents manuscrits, cela signifie une similitude d'écriture et de style avec d'autres documents du mëme scripteur; pour des documents officiels, la correction des signes distinctifs de l'autorité rédactrice (en-têtes, cachets, signatures, paraphes, numéros de pièces, titrres et grades, liste des destinataires...), des marques de réception et de l'itinéraire administratif au point de vue de la hiérarchie et des compétences, etc, et, ici aussi, un style semblable à celui du pays et de la bureaucratie en question. Plus grands sont les discordances, plus le faux est vraisemblable.
Outre l'examen de l'authenticité, nous devons déterminer si le contenu du document est véridiqaue. Pour cela, il faut notamment que les situations et les événements décrits dans le document concordent avec les informations sûres qui nous viennent d'autres sources. Mais la question fondamentale est de savoir si les choses affirmées par le document sont conformes aux lois physico-chimiques et aux possibilités techniques de l'époque, et si le contenu est en lui-même logique et sans contradictions. Si ce n'est pas le cas, le document est peut-être authentique, mais il n'a pas de force probante quant à son contenu; il prouve tout au plus l'incompétence de son auteur.
En ce qui concerna la critiques documents relatifs à l'holocauste, nosu constatons qu'étrangement, elle est presque out à fait négligée par la corporation des historiens en place. La seule demande d'une critique impartiale de ces documents est considérée comme condamnable, car elle laisse envisager que certains d'entre eux pourraient être faux et que des événements attestés par eux pourraient donc ne pas avoir eu lieu ou s'être passés autrement qu'on ne l'a dit jusqu'ici. Mais ce qui suscite aujourd'hui le plus de réprobation, c'est de mettre en doute la représentation de l'holocauste que l'historiographie a cimentée. Pourtant, là où le doute envers des conclusions scientifiques est réprouvé, là où quelqu'un est réprouvé, là où quelqu'un ne permet plus que sa propre vision del `histoire ou même du monde soit contestée, là où le résultat de la recherche est fixé d'avance, et est donc une conclusion dictée par le désir, on a depuis longtemps abandonné le terrain de la science pour celui du dogme religieux. Le doute et la critiqu sont deux des piliers les plus solides de la science.
En plusieurs endroits de ce livre, des documents très divers sont soumis à la critique et, dans de nombreux cas, leur fausseté est démontrée. Qu'on ait commis des faux à charge de l'Allemagne, particulièrement après la fin de la seconde guerre mondiale, est incontesté2
[(2)]. On ne nie pas non plus que la prise des archives, des machines à écrire, des cachets, du papier à lettres, des imprimeries étatiques, etc. permettait une fabrication gigantesque de faux. Dès lors, personne ne peut exclure d'avance qu'on ait également commis des faux dans le domaine de l'holocauste et, ici aussi, une critique impartiale des documents est nécessaire. Dans ce qui suit, c'est le principal document accusateur en matière d'holocauste, le protocole de Wannsee, que nous soumettrons à une critique approfondie, qui aurait dû être exercée depuis des dizaines d'années par tous les historiens du monde, mais ne l'a pas été. Notre travail devrait en outre inciter tous les historiens consciencieux à critiquer correctement et sans préjugés, même dans la question de l'holocauste, tous les documents qu'ils utilisent à charge ou à décharge.
2. Les sources sur la conférence de Wannsee.
2.1. Sources directes -- les documents à examiner.
En examinant le protocole de Wannsee, nous devons naturellement traiter des pièces écrites qui sont en rapport direct avec lui. Les sources directes sont ainsi:
1. la lettre de Goering à Heydrich, en date de juillet 1941 (quantième inconnu), par laquelle Heydrich est chargé de concevoir une solution globale de la question juive dans l'Europe occupée par les Allemands;
2. la première lettre de Heydrich invitant à la conférence de Wannsee (lettre du 29 novembre 1941);
3. la seconde lettre de Heydrich invitant à la conférence de Wannsee (lettre du 8 janvier 1942);
4. le protocole de Wannsee, sans date;
5. la lettre d'accompagnement du protocole de Wannsee, datée du 26 janvier 1942.
2.1.1. La preuve de l'origine
Robert M.W. Kempner, accusateur au procès de la Wilhelmstrasse contre Ernst von Weizsaecker, a déclaré3 [(3)] qu'au début de mars 1947, il attendait un envoi de Berlin. Dans cet envoi, ses collaborateurs et lui auraient trouvé un protocole de la conférence de Wannsee. L'auteur de ce protocole aurait été Eichmann. En 1983, à la WDR (Westdeutscher Rundfunk, radio de la Rhénanie du Nord et de la Westphalie), on a fait passer l'original statement de Kempner, enregistré sur bande magnétique, d'après lequel il aurait découvert le protocole en automne 19474 [(4)].A part les déclarations orales de Kempner, on n'a pas de preuves relatives au lieu et aux circonstances de la découverte. Kempner: "Bien entendu, l'authenticité n'a été mise en doute par personne". Le tribunal aurait attribué au protocole le numéro 2.568. Dans le dossier judiciaire, il a pour référence G2-568.
2.1.2. Les différentes versions.
L'exemplaire du protocole de Wannsee présenté au tribunal par Kempner donne toujours "SS" en lettres courantes, et non, comme c'tait l'usage sous le troisième recih, en runes. Cet exemplaire semble être le plus ancien en circulation5 [(5)];
Wahls signale de nombreuses versions, également en circulation. Les archives politiques du ministère des affaires étrangères, à Bonn, détiennent une version qu'elles considèrent comme faisant autorité. Dans cetteversion, SS est écrit en runes. Quand et comment cette version est arrivée dans les archives de l'actuel ministère des affaires étrangères, cela n'a pas été établi. Comme l'origine des autres versions est tout aussi peu connue, nous pouvons les négliger. Le texte présenté ici s'appuie donc uniquement sur l'exemplaire des Affaires étrangères.6 [(6)]
Quant à la lettre d'accompagnement du protocole, on en connaît aujourd'hui deux versions. Parmi d'autres différences, une version donne "SS" en lettres et l'autre "SS" en runes.
2.2. La littérature sur le protocole de Wannsee
La littérature sur le protocole de Wannsee emplit des volumes. Nous présentons ici les plus importantes des expertises et des critiques. Sans exception, elles prouvent de façon décisive que toutes les versions du protocole et de sa lettre d'accompagnement sont fausses. Aucune preuve de l'authenticité du protocole ni aucune tentative de réfutation des expertises et critiques dont il vient d'être question n'a jamais été présentée.
Pour notre examen des documents, nous recourrons aux études suivantes:
Hans Wahls, Zur Authentizität des "Wannsee-Protokolls",7 [(7)]
Udo Walendy, Historische Tatsachen Nr. 35: "Die Wannsee-Konferenz vom 20.1.1942", 8 [(8)]
Ingrid Weckert, "Anmerkungen zum Wannseeprotokoll",9 [(9)]
Johannes Peter Ney, "Das Wannsee-Protokoll",10 [(10)]
H. Tiedemann, Offener Brief an Rita Suessmuth,11 [(11)]
Mentionnons sans plus d'autres travaux, également importants12 [(12)].
3. La critique des documents
3.1. Analyse de la correspondance antérieure
3.1.1. La lettre de Goering13 [(13)]
Forme:
On ne dispose que d'une copie du document, on n'a pas trouvé d'original jusqu'ici. Sur cette copie, l'en-tête manque; l'expéditeur, indiqué à la machine, est faux; la date est incomplète, car le jour manque14 [(14)] La lettre n'a pas de numro de référence, pas de liste de destinataires, la mention "Betreff" (objet) manque. (Voir Ney)
Langue:
La répétition "Vorbereintung in organisatorischer, sachlicher und materieller Hinsicht" (préparatifs sur le plan organisationnel, concret et matériel) et "Gesamtentwurf ueber die organisatorischen, sachlichen und materiellen Vorausmassnahmen" (projet d'ensemble sur les dispositions organisationnelles, concrètes et matérielles) n'appartient pas au style de Goering et est en-dessous de son niveau d'expression [(15)]15
. De même pour la tournure "moeglichst guenstigsten Loesung" (littéralement: "solution le plus possible la plus favorable"; il faudrait: "moeglichst guenstigen")16 [(16)]
3.1.2. La première invitation17 [(17)]
Forme:
La marque de secret (voir Ney, note 10, et Tiedemann, note 11). Curieusement, la lettre a voyagé du 29 novembre au 23 décembre 1941, pour arriver de Berlin à Berlin (Ney, note 10).
Langue:
"Fotokopie" s'écrivait alors avec ph; "Auffassung an den [...] Arbeiten" (conception aux travaux) n'est pas de l'allemand; il faudrait "Auffassung ueber die [...] Arbeiten" (conception [au sujet] des travaux); "Persoenlich" en tête de phrase était proscrit; toute la lettre est dans un style non allemand (Ney, ib.)
3.1.3. La seconde invitation18 [(18)]
Forme:
On ne dispose que d'une copie de ce document, aucun original n'en a ét trouvé jusqu'ici. Le numéro que le service d'origine est censé lui avoir attribué est 3076/41, alors que la lettre d'accompagnement du protocole, d'une date plus tardive, porte un numéro antérieur: 1456/41 (Tiedemann, note 11).L'en-tête est autre que celui de la première invitation (Tiedemann, ib;). La lettre ne porte que la marque de secret "Geheim" (Ney, note 10)
Langue:
On utilise tantôt ß ("anschließenden") tantôt ss("grossen"). (Ney, ib.). Fautes de style: "Mit der Endloesung der Judenfrage zusammenhaengende Fragen" (questions connexes à la olution finale de la question juive); "Da die... Fragen keinen Aufschub zulassen, lade ich Sie daher... ein" (vu que ls questions ne souffrent aucun retard, je vous invite pour ce motif...)(Ney, ib.)
3.2. Analyse du protocole de Wannsee
3.2.1. Forme
On prétend que l'exemplaire du ministère des affaires étrangèures est l'original, mais c'est impossible, car il est déisgné comme seizième exemplaire sur trente. En raison de ses défauts de forme, cet exemplaire (qu'il soit authentique ou faux) n'a aucune valeur en droit allemand et n'est donc pas un document.
La pièce n'a pas d'en-tête; le service expéditeur n'est pas nommé, il manque la date, la liste des destinataires, le numéro de référence, le lieu de rédaction, la signature (Wahls, note 7 et Welndy, note 8). Il manque aussi le cachet de réception du ministère des affairs étrangères, ministère qu'on présente (aujourd'hui!) comme le destinataire (Tiedemann, note 11). Cette pièce manque aussi de toutes les particularités que présente nécessairement un protocole (heure du début et de la fin de la conférence, indication des personnes invitées mais non présentes (Tiedemann, ib.), nom de l'orateur pour chaque intervention notée, contreseing du président de la séance (Tiedemann, ib., et Ney, note 10). En revanche, la pièce porte, écrit dans les mêmes caractères de machien que son texte, un numéro de document de l'instance réceptrice (!), à savoir le ministère des affaires étrangères (Tiedemann, note 11). Le participant le plus important, R. Heydrich, n'est pas sur la liste des participants (Wahls, note 7, et Walendy, note 8).
3.2.2. Langue
Le protocole de Wannsee foisonne d'incorrections stylistiqus qui indiquent que son auteur était fortement influencé par la langue anglo-saxonne. Dans ce qui suit, nous ne signalerons que les plus frappantes de ces incorrections; un grand nombre en a déjà été relevé par tous les auteurs, de sorte que, dans la plupart des cas, il ne nous restera qu'à donner une référence.
Déjà, la répétition fréquente, et parfois dans une même phrase, d'expressions comme "im Hinblick" (huit fois), "im Zuge" (cinq fois), "Loesung" (vingt-trois fois), "Fragen" (dix-sept fois), "Problem" (six fois), "Bereinigen" (quatre fois), trahit un vocabulaire si défectueux qu'on doit supposer un rédacteur étranger. Ensuite, les tournures "Loesung der Frage", "der Loesung zugefuehrt", "Loesungsarbeiten", "Regelung der Frage", "Regelung des Problems", "Mschlingsproblem endueltig bereinigen", "praktische Durchfuehrung" ("exécution pratique"; y a-t-il une exécution théorique?), surtout répétées continuellement, ne sont pas allemandes (Walendy, note 8).
La formule "Der allfaellig endlich verbliebene Restbestand" (le reliquat qui subsistera éventuellement à la fin) peut se rencontrer en prose, mais ne convient pas dans le protocole d'une conférence. A côté de verbiage creux: "Im Hinblick auf die Parallelisierung der Linienfuehrung" ("en vue de la mise en paralloèle des lignes de conduite)(Riedemann, note 11), le protocole contient des absurdités:
- "les juifs évacués seront (littéralement: sont) évacués convoi par convoi dans des ghettos de transit"; puisque lesz juifs ne devaient être évacués dans les ghettos que plus tard, il faudrait: "les juifs à évacuer";
- quant au traitement de la solution finale (Walendy, note 8): comment traite-t-on une solution finale?
- "les organismes financiers juifs de l'étranger ont été [...] retenus (verhalten)": l'auteur veut-il dire "invités" (angehalten)?
- "l'Italie, y compris la Sardaigne": précision inutile en Europe, où on savait ce qui relevait de l'Italie.
- "la répartition professionnelle des [...] juifs: [...] travailleurs (Arbeiter= travailleurs, dans le sens d'ouvriers) municipaux, 14,8%": étaient-ce tous des éboueurs? (Ney, note 10) Sans doute veut-on dire "employés".
- "employés comme ouvriers de l'Etat (als Staatsarbeitr angestellt)": alors, ouvriers ou employés? L'auteur voulait-il dire fonctionnaires? (Ney, ib.)
- `in den privaten Berufen --Heilkunde, Presse, Theater, usw." (dans les professions privées --médecine, presse, théâtre, etc.") nous disons "freie Berufe" (professions libérales) et nous appelons leurs membres médecins, journalistes, artistes. Devant "usw." nous ne mettons jamais de virgule, mais les Anglo-Saxons en mettent toujours une devant "etc".
- "die sich im Altreich befindlichen [...] ("les juifs se trouvables dans l'ancien Reich"): l'allemand est une langue difficile (Ney, ibidem).
3.2.3. Contenu contraire aux faits
- "les juifs seront (littéralement: sont) amenés dans ces territoires en construisant des routes": aucune route n'a été dconstruite de cette façon! (Wahls, note 7, et Walendy, note 8).
- "dans le cadre de cette solution finale [...] entrent en ligne de compte environ 11 millions de juifs." Même selon l'opinion régnante, il n'y eut jamais plus de 7 millions de juifs sous le pouvoir de Hitler. En réalité, il n'y en eut même qu'environ 2,5 millions (Wahls, note 7, et Walendy, note 8)19 [(19)].
- "Heydrich a ouvert la conférence en annonçant sa désignation (Bestellung) par le Reichsmarschall comme chargé de préparer la solution finale": Goering avait le pouvoir de placer Heydrich à un poste de son choix, mais il l'aurait évidemment fait suivant la voie hiérarchique. Le supérieur de Heydrich étant Himmler, Heydrich ne pouvait être nommé (ernannt) --et non "désigné" (bestellt) -- à quelque poste que ce fût, que sur l'ordre de Himmler (Ney, 10).
- "si, pour la solution finale de la question, on commençait par le gouvrnement général, car là, le problème du transport ne joue pas un rôle majeur [...]. Les juifs devraient être éloignés le plus vite possible du territoire du Gouvernement général": éloigner le plus vite possible et amener à destination en faisant construire des routes sont contradictoires. Personne n'a fait d'objection. Apparemment, l'Allemagne ne pouvait s'offrir comme secrétaires d'Etat que ds débiles mentaux (Walendy, note 8).
- "En outre, les 2,5 millions de juifs entrant en ligne de compte [dans le Gouvernement général] sont pour la plupart inaptes au travail": cette remarque du Dr Buehler rend précisément injustifiée sa demande de considérer comme prioritaire l'évacuation des juifs de cette région en vue des "travaux à l'Est"! (Walendy, ib.)
- "Le Dr Buehler fait de plus remarquer qud la solution finale de la question juive dans le Gouvernement général est sous la responsabilité du Chef de la police de sûreté et du service de sécurité." Jusqu'au jour des entretiens de Wannsee, Buehler ne pouvait pas le savoir, car, selon le protocole, Heydrich venait de faire part de sa mission et de sa responsabilité. Et le Dr Buehler n'avait bien sûr pas le pouvoir de prononcer la destitution de son supérieur, le Dr H. Frank, gouverneur général de Pologne (Walendy, ib.).
- "La date où commencera chaque opération d'évacuation de quelque importance dépendra largement du développement de la situation militaire." Cette affirmation est fausse, car déjà depuis octobre 1941 on évacuait en convois les juifs du Reich (y compris le protectorat de Bohême-Moravie) vers l'Est, comme c'est d'ailleurs mentionné explicitement dans la première lettre d'invitation de Heydrich à la conférence de Wannsee (Walendy, ib.).
- "La répartition professionnelle des juifs installés dans la partie europérenne de l'URSS était à peu près la suivante": ceci trahit clairement le faussaire qui oeuvre des années après les faits; à l'époque de la conférence de Wannsee, on n'aurait pas écrit "était" mais "est" (Tiedemann, note 11).
3.2.4. Logique interne
Comment se fait-il qu'à ces entretiens prétendus capitaux, on invita des personnages secondaires et que, par-dessus le marché, certains de ces personnages secondaires ne vinrent même pas? Aisni le Dr Frank se fit remplacer par le Dr Buehler, qui devait lui faire un rapport t ne pouvait donc rien décider. (Tiedemann, ib.)
Est-il possible que des subalternes aient décidé le génocide? (Tiedemann, ib).
Pourquoi n'invita-t-on pas les services dont la collaboration à ce gigantesque programme de meurtre était indispensable, comme par exemple la direction des chemins de fer du Reich (Tiedemann, note 11)?
3.3. La lettre d'accompagnement
3.3.1. Forme
Comme le protocole, la lettre d'accompagnemeent se révèle fausse au premier coup d'oeil. Elle est datée du 26 janvier 1942, mais l'en-tête porte le numéro 1456/41: ainsi, le chef du service de la police de Sûreté et du SD l'a numérotée en 1941, c'est-à-dire avant la rédaction du protocole qu'elle est censée accompagner (Weckert, note 9, Ney, note 10, et Tiedemann, note 11). Entre la date de rédaction de la lettre et la date de son entrée au ministère des affaires étrangères, il s'est écoulé trente-cinq jours, pour un trajet postal à l'intérieur de Berlin et pour un contenu que Heydrich avait déclaré urgent! (Weckert, note 9, Ney, note 10, et Tiedemann, note 11) Luther a apposé sur cette lettre une annotation manuscrite qu'il a datée du mois "II", c'est-à-dire de février (le jour est illisible); ainsi, Luther a annoté la lettre (on reviendra sur cette annotation) avant qu'elle n'arrive dans son ministère, puisque le cachet d'entrée aux Affaires étrangères porte la date du 2 mars 1942! (Weckert, note 9, Ney, note 10). Ce cachet d'entrée aux Affaires étrangères porte lcomme numéro de réceptin le numéro même que le protocole comporte, dactylographié, dans son texte: D.III 29g.Rs. Pourtant, ce numéro avait déjà été attribué par le ministère des Affaires étrangères à une autre pièce qu'il avait reçue, à savoir un rapport de l'envoyé allemand à Copenhague, daté du 6.1.1942 (Ney, ib.)
Il manque sur cette lettre d'adresse de l'expéditeur, normalement imprimée sur le papier à lettres. Le nouveau lieu de réunion, Kurfuerstestrasse, est écrit incorrectement avec deux s au lieu d'un double s). La référence de l'expéditeur, "IV B 4", écrite à la machien, désigne le service d'Eichmann, alors que ce service utilisait un papier où sa désignation était imprimée. L'en-tête est différent de celui des deux lettres d'invitation. La lettre ne porte pas la mention "objet", ni la liste des destinataires. Il n'y est plus question des trente exemplaires du protocole, dont la lettre accompagneerait le seizième. La place prévue dans le cachet d'entrée est vide, alors que cette lettre n'aurait fait qu'accompagner les annexes (Ney, ib.)Ripske fait cette critiquel: il n'y avait pas alors de "sous-secrétaires d'Etat" (Unterstaatssekretaere) au ministère allemand des affaires étrangères; ce rang avait été supprimé par la République de Weimar et n'avait pas été rétabli20 [(20)].
3.2.3. Langue
La lettre d'accompagnement est écrite elle aussi dans un
allemand lamentable: "exécution pratique de la solution
finale": y a-t-il une exécution théorique?
(Tiedemann, note 11) Nous retrouvons ici le membre de phrase superflu
qui désigne de façon délayée la mise
en oeuvre de la solution: "les conditions organisationnelles,
techniques et matérielles d'une mise en ouevre pratique
des travaux de la solution". Ce que la lettre demande est
donc: la discussion détaillée de l'achèvement
du projet des conditions de la mise en oeuvre des travaux de la
solution (Ney, note 10). Commentaires superflus.
3.3.3. Contenu contraire aux faits
Le protocole se désigne lui-même comme protocole de conférence" et, s'il était authentique, telle serait bien sa désignation correcte. aujourd'hui, même les historiens officiels admettent que rien n'a été décidé à la conférence de Wannsee et qu'elle n'a donc pas l'importance qu'on lui attribue parfois21
[(21)]. Pourtant, la lettre d'accompagnement parle tout à coup d'un "accord". Elle dit en outre que "les grandes lignes ont été fixées". Or rien ne pouvait être fixé à Wannsee (Tiedemann, note 11, Walendy, note 8).
3.3.4. Logique interne
Bien que Goering soit censé avoir demandé diligence en juiller 1941 ("in Baelde", sous peu), l'exécution de ses ordres traîne en longueur. Mais soudain, cela devient urgent: les prochains entretiens auront lieu le 6 mars (Ney, note 10, Tiedemann, note 11).
3.3.5. Le faux pas
On dispose de deux versions de la lettre d'accompagnement: la première fut présenté'e par Kempner (note 5), tandis que la seconde se trouve au ministère des affaires étrangères à Bonn. Leur contenu est identique, mais il y a des preuves irréfutables de la fausseté des deux exemplaires.
Les deux versions ont été écrites avec deux machines différentes. Pourtant, les dactylographes ont eu soin de rendre identiques la disposition des caractères et des lignes et le format du texte, de sorte qu'on voit clairement qui a copié qui. Mais cela, déjà, n'est pas réussi: le salut "Heil Hitler!" est décalé d'une frappe, le "ihr" l'est d'une frappe supplémentaire. Puis, la signature, qu'elle soit authentique (ce qui est peu vraisemblable) ou provienne d'un cachet fac-similé, est entièrement déplacée.
En regardant de plus près, on trouve encore des différences dans la distance entre les deux grands alinéas, dans les soulignements et dans le "6" de la date de rendez-vous. Que, dans une version, on trouve "SS" en lettres et dans l'autre "SS" en runes, le protocole nous y avait déjà habitués. Les fautes s'accumulent dans la seconde moitié de cette ligne:
L'autre version donne:
Comme on le voit, cela voudrait être identique mais n'y parvient pas tout à fait.
Pour percer définitivement la fabrication à jour, on doit s'aider d'une rèle. On cosntate alors que le cachet est tout à fait le même dans les deux versions, mais que, dans la version "SS" en lettres, il est exactement parallèle aux lignes, alors que, dans la version "SS" en runes, il penche d'environ 3 degrés vers la gauche. Et voici maintenant la preuve décisive. Personne ne peut écrire deudx fois un texte de plusieurs lignes dans une écriture manuelle rigoureusement identique.
Or, les remarques de Luther écrites obliquement à travers toute la feuille sont identiques dans les deux versions. Toutefois, elles ne sont pas à la même place et diffèrent de grandeur. Cela prouve irréfutablement que les deux versions sont fausses. Le faussaire disposait des trois éléments --texte, cachet, écriture manuelle-- indépendamment l'un de l'autre. Il a composé les deux versions mais, malheureusement, n'a pas su les rendre tout à fait semblables. Pourquoi il l'a essayé, ce n'est pas difficile à deviner: la version la plus ancienne, celle que Kempner a présentée au tribunal militaire international, porte "SS" en lettres, mais la version du ministère des affaires étrangères, apparue plus tard, porte les runes "SS", d'allure plus authentique. Sans doute le faussaire a-t-il voulu corriger son inadvertance et en a-t-il trop fait.
4. Questions connexes
4.1. Aspect juridique
1. La confection d'un faux document est punissable. Voir plus de détails au chapitre 7.
2. La production d'une pièce non signée, dont on ignore le souscripteur, qui ne porte pas de date etc., est sans effet. Un tel papier n'est pas un document, n'est pas une pièce justificative.
3. La discussion publique de l'authenticité d'une pièce justificative n'est pas punissable. Toutefois, la législation actuelle rend punissable la relativisation ou la minimisation des assassinats commis sur des juifs par des organes du Trtoisième Reich. Pour cette raison, nous ne traiterons pas des conséquences immédiates (possibles ou certaines) de la conférence de Wannsee.
4. Tous les écrits dont l'état de guerre interdisait la divulgation étaient, dans le Reich allemand comme dans tous les autres pays, soumis au secret>. Le maniement de tels écrits, habituellement désignés comme "verschlussachen" (documents confidentiels), était réglementé sous le Troisième Reich par les "instructions sur les documents confidentiels" ("Verschlussachenvorschrift"), dont voici des extraits22 [(22)]:
"36. Dans chaque service, les documents confidentiels doivent être classés ensemble.[...]
50. Au moins une fois par an, la collection des documents confidentiels doit être vérifiée par un officier ou un fonctionnaire non concerné. [...]
77. Tout écrit confidentiel doit constamment pouvoir être exhibé, depuis son élaboration jusqu'à sa destruction. [...]
83. Les copies pour les différents services doivent être faites en aussi peu d'exemplaires que possible.
4.2. Témoignages
W. Walendy (étude citée note 8) reproduit de nombreux témoignages de participants à la conférence de Wannsee. Nous ne retiendrons que quelques exemples.
Le Dr G.Klopfer déclara au sujet de la conférence de Wannsee: "Aucune décision ne pouvait donc être prise pendant la séance [...]. Après la séance, le 3 mars 1942, j'appris par une lettre du Chef de la Chancellerie du Reich que Hitler, sur rapport du Dr Lammers, avait reporté la `solution finale de la question juive' à l'après-guerre23 [(23)]."
E. von Weizsaecher, secrétaire d'Etat au ministère des affaires étrangères, a déclaré qu'à l'époque de ses fonctions, il n'a jamais vu le protocole de la conférence, bien que son service soit censé avoir reçu un des trente exemplaires (le seizième). Il n'aurait rien dit non plus d'une telle conférence au traître Canaris, à qui, d'ordinaire, il rapportait tout (ou a prétendu qu'il rapportait tout)24 [(24)].
Le Dr H.-H. Lammers, chef de la Chancellerie du Reich, a déclaré: "Je soumis le rapport [à Hitler] et le reçus après quelque temps. Je pus connaître [sa] façon de voir. Cette fois-là non plus, le Fuehrer ne s'engagea pas avec moi dans une discussion de la question et à mon intention de lui présenter un rapport plus détaillé, il coupa court en me disant en substance: `Je ne souhaite plus recevoir de rapports sur les affaires juives pendant la guerre. J'ai maintenant des choses plus importantes à faire et d'autres devraient en avoir aussi.' Et il me dit assez clairement qu'il désirait enfin en terminer avec toutes ces affaires juives. Il ajouta qu'après la guerre, il prendrait une décision définitive sur le sort des juifs."25 [(25)]
Le Dr Buehler a témoigné devant le TMI: "Cette
communication [de Heydrich] me persuada que la déportation
des juifs, qui certes n'avait pas pour but le plaisir des juifs
mais la paix et l'honneur du peuple allemand, se déroulerait
de façon humaine."26 [(26)]
4.3. Le sort des participants à la conférence
Curieusement, la conférence de Wannsee passa inaperçue dans l'immédiat après-guerre et aux "procès de criminels de guerre". Aucun des participants, préte"ndus ou réels, ne fut condamné, comme cela aurait dû résulter de l'interprétationcourante du protocole, du chef de préparation d'un génocide, même pas à des peines légères (voir Walendy, note 8). G. Klopfer fut emprisonné de 1945 à 1949 comme tous les dirigeants allemands et fut inculpé de crimes de guerre par le tribunal de Nuremberg. Pourtant, les Alliés retirèrent l'inculpation pour manque de preuves (en 1949, donc après que Kempner eut découvert le protocole). Après sa détention, en 1960, le ministère public essaya de nouveau de l'inculper, mais l'instruction fut close le 29 janvier 1962, au motif que, malgré la participatioln de Klopfer à la conférence, aucun fait punissable ne pouvait être prouvé contre lui27 [(27)]. Par la suite, Klopfer put continuer à exercer sa profession d'avocat.
G.Leibbrand fut également libéré par les Alliés en 1949 et ne fut plus inquiété jusqu'à sa mort.
W.Stuckart fut condamné en 1949, au procès de la Wilhelmstrasse, à trois ans et dix mois de prison pour d'autres motifs. Il mourut libre en 1953, dans un accident de voiture.
E. von Weizsaecker fut condamné à sept ans de prison au procès de la Wilhelmstrasse et, de nouveau, non pas pour sa participation (d'ailleurs à prouver) à la conférence de Wannsee, mais pour sa collaboration à des déportations. On sait qu'il bénéficia d'une libération anticipée et mourut peu après.
La participation d'O. Hoffmann à la conférence fut mise à sa charge au procès 8 (procès de la politique raciale du TMI mais ne fut pas mentionnée dans le jugement.
Après avoir été libéré de son "automatic arrest" (arrestation d'office), Neumann fut classé par une chambre de dénazification comme inculpé léger.
Même au procès de Jérusalem, la participation d'Eichmann à la conférence ne joua pas le moindre rôle. Il fut seulement entendu comme présumé auteur du protocole ou superviseur de sa rédaction, mais condamné pour d'autres faits. Aucun des autres participants présumés, que nous ne mentionnerons pas ici en détail, ne fut inculpé ni condamné pour crimes de guerre.
4.4. Action sur le public.
Même dans la condamnation publique de la Wehrmacht, de la Waffen-SS, des nazis et finalement de tout le peuple allemand, la conférence de Wannsee ne joua longtemps aucun rôle. Comme preuve des monstruosités allemandes, on entendit beaucoup parler, pendant les années cinquante, d'abat-jour en peau humaine, de têtes réduites, de chambres à gaz à Dachau, de savon en graisse de juifs, d'Ilse Koch "sorcière de Buchenwald" et de Katyn. Le protocole de Wannsee vivait dans la littérature sur l'holocauste mais non dans la conscience du public. Cela ne changea que peu à peu, pour culminer quand les milieux intéressés décidèrent de donner de la publicité àla villa et à la conférence du Gross Wannsee par la création d'un lieu commémoratif.
Entre-temps, le protocole de Wannsee a presque acquis, lui aussi, auprès des tribunaux allemands le statut de la notoriété publique. Certes, il n'est pas punissable de "relativiser" ou de "minimiser" la conférence, de mettre en doute ou de nier l'authenticité du protocole mais il est devenu inutile, devant les tribunaux, de soutenir comme E. Lachout que "la falsification d'un document est pour les historiens la preuve que le contraire de son contenu est vrai [ici lapreuv qu'il n'y eut pas de solution finale de la question juive dans le sens d'un massacre intentionnel]" (op.cit. note 12), même si on peut appuyer cette thèse sur les règles de critique des documents suivies par les historiens28 [(28)].
La présentation continuelle de la conférence de Wannsee comme planification du génocide contre les juifs, telle que, depuis des années, la plupart des médias l'injectent dans la conscience et --ce qui est bien plus grave-- dans l'inconscient du public, a valu à cette thèse de passer aujourd'hui pour une vérité dont la mise en question est inimaginable.
Depuis une date récente, pourtant, se multiplient les démentis de ceux qui voyaient naguère dans le protocole de Wannsee une preuve, sinon la preuve la plus importante, de l'existence d'un "ordre du Fuehrer pour l'extermination des juifs européens". Ainsi, au début de 1992, le plus estimé des historiens israéliens de l'holocauste, J.Bauer, a nié l'importance de la réunion de Wannsee, qu'on peut à peine appeler une conférence. Il a traité de sottise l'opinion selon laquelle l'exterminatioln des juifs y fut décidée, car Wannsee ne fut qu'une étape dans le déroulement du processus meurtrier (op.cit. note 21). Ces propos de Bauer coincident avec l'interprétation de plusieurs historiens allemands qui, depuis, ont eu eux aussi le courage d'abandonner l'ancienne position sur la conférence de Wannsee. Ainsi, selon K. Paetzhold, (voir Bauer, ib.):
"Une lecture sans préjugés du protocole de la conférence donne la convictionque les participants ne décidèrent rien qui puisse être considéré, sur le plan de la conception ou de l'exécution, comme point de départ du crime. Toutefois, l'opinion semble se répandre que la décision de tuer les juifs d'Europe [...] avait déjà été prise et que l'horrible crime avait déjà été commencé avant la conférence du 20 janvier 1942 entre généraux SS et secrétaires d'Etat."
En bref, ce que disent ces deux auteurs revient à ceci: le protocole de Wannsee ne prouve rien, mais ce qu'il est censé prouver est pourtant vrai: "Qu'il soit présente de façon authentique ou non authentique [autrement dit: vraie ou fausse], l'holocauste est devenu un symbole précis de notre [?] culture." (Bauer, ib.)
Et si nous n'avons pas de preuves, cela va très bien sans preuves.
5. Résumé et appréciation.
5.1. Y a-t-il des preuves documentaires du génocide planifié?
Pour prouver l'imputation selon laquelle, durant la seconde guerre mondiale, des millions de juifs auraient été tués de façon planifiée dans des camps d'extermination sur ordre des autorités allemandes, on a produit deux et seulement deux pièces contemporaines des faits: le rapport Franke-Griscksch et le protocole de conférence (protocole de Wannsee). Le rapport Franke-Griscksch a été récemment démontré faux par le scientifique canadien B.A. Renk29
. Il s'agit d'un faux particulièrement grossier qui, pour ce motif, n'est plus guère cité par les historiens.
5.2. Les entretiens de Wannsee
Qu'il y ait eu en janvier 1942, dans la villa "Am Grossen Wannsee", des entretiens entre hauts fonct(ionnaires et dirigeants du parti, c'est probablement vrai, même si la date précise est invertaine. Onn'a aucune autre preuve de ces entretiens que le "protocole" et sa ou ses lettres d'accompagnement. Iln `y a aucune inscription dans un livre de visiteurs ou dans un agenda ni aucune autre sorte de confirmation indirecte.
Les invitations nomment treize invités. Pourtant, d'après le "protocole", il est venu dix-huit personnes. Il n'est pas certain que cette conférence ait concerné la question juive, mais c'est vraisemblable. Ce qui y fut décidé est inconnu.
5.3. Le protocole
Il n'existe pas, sur la conférence de Wannsee, de protocole recevable en justice. L'exemplaire que Kempner a produit pçur la première fois en 1947 et l'exemplaire souvent reproduit qui est déposé au ministère des affaires étrangères sans qu'on sache dans quelles circonstances il fut découvert sontn, non seulement d'après les analyses toujours irréfutées des cinq auteurs que nous avons cités, mais aussi au jugement de nombreux chercheurs antérieurs et ultérieurs, un faux, en ce sens que leur texte a été inventé des années après la conférence en question par une personne qui n'y avait pas participé.
En allemand: Faelschung.
En anglais: Fabrication
en français: Falsification
En espagnol: Fabricacion
5.4. Ce qu'on dit du protocole
Ce que les médias, les politiciens en vue de tous les partis de Bonn et les spécialistes de l'Holocauste ne cessent de présenter comme les points essentiels des entretiens de Wannsee n'apparaît absolument pas dans le (faux) protocole. De façon précise, voici les opinions et les affirmations courantes sur son contenu:
1. Hitler aurait pris part à la discussion, selon S. Wiesenthal30 [(30)] Il n`y a aucune preuve de cela.
2. Ernst von Weizsaecker aurait contresigné le protocole; c'est ce que Reitlinger a affirmé31 [(31)]. On n'a jamais produit de version ainsi contresignée.
3. Eichmann aurait supervisé la rédaction du protocole ou même l'aurait écrit ou dicté. C'est ce qu'affirme Kempner32 [(32)]. Il n'en donne pas de preuve.
4. Dans des milliers d'articles de revues, de livres, de manuels scolaires, d'émissions de radio, de discours commémoratifs et d'émissions télévisées, on a prétendu qu'à la conférence de Wannsee, le meurtre massif des juifs fut décidé ou, du moins, programmé sur ordre d'Adolf Hitler. On aurait également discuté les méthodes de mise à mort et décidé la création de camps d'extermination. Cela ne se trouve pas dans le protocole et est maintenant démenti par les principaux historiens de l'holocauste (voir Jaeckel, op.cit. note 21), même si Eichmann a fait des déclarations en ce sens à son procès-spectacle de Jérusalem33 [(33)].
5. Le chancelier fédéral H. Kohl a déclaré, à l'occasion de l'anniversaire de 1987, que la conférence fut "la préparation, avec une perfection bureaucratique, de l'extermination des juifs dans le domaine d'influence allemand". Un coup d'oeil sur le texte du protocole aurait montré à M. Kohl qu'on n'y trouve pas de perfection bureaucratique mais du bavardage d'amateur.
Le contenu réel du protocole peut se lire en annexe.
6. Le lieu commémoratif de Wannsee.
Le 20 janvier 1992, cinquantième anniversaire de la conférence de Wannsee, on a ouvert à Berlin, au Gross Wannsee 56-58, le mémorial "Maison de la conférence de Wannsee", comme "lieu des faits". A cette occasion, le chancelier fédéral H. Kohl rappela les "innombrables victimes du délire raciste des nationaux-socialistes". C'st la présidente du Bundestag, R. Suessmuth, qui a prononcé le discours commémoratif. Parmi l'assistance figuraient le premier bourgmestre de Berlin, E. Diepgen, et le président du Conseil central des juifs d'Allemagne, H. Galinski. La gestion du mémorial est confiée à une association fondée en 1990, "Se souvenir pour l'avenir", dont les frais de personnel sont payés par le contribuable34 [(34)].
Cofondateurs de cette association: la république fédérale, le Land de Berlin, le Conseil central des juifs d'Allemagne, la communauté juive de Berlin, le diocèse de Berlin, l'Eglise évangélique de Berlin-Brandebourg, le Musée allemand d'histoire et l'Association des victimes des persécutions nazies.
En août 1992, l'association "Se souvenir pour l'avenir", le diocèse de Berlin et l'Eglise évangélique de Berlin-Brandebourg ont reçu, à leur demande, l'expertise de la Huttenbrief (Ney, op.cit. note 10).
Pour le diocèse de Berlin, c'est d'abord le président de la conférence épiscopale d'Allemagne qui a répondu: "Ce qui concerne la conférence de Wannsee a fait l'objet d'études scientifiques approfondies. Nous n'avons pas l'intention d'examiner de près votre thèse sur la falsification des documents qui s'y rapportent.35 [(35)].
En second lieu, le diocèse de Berlin a répondu lui-même: "A mohn sens, il n'y a pas le moindre doute sur l'authenticité du protocole original de la conférence de Wannsee, conservé au ministère des affairs étrangères de Bonn [...]. Je n'ai pas la possibilité d'examiner moi-même des questions de détail [...]puisque les documents que vous utilisez ne me sont pas accessibles. Signé Knauft, conseiller de l'ordinaire36 [(36)].
L'Eglise évangélique de Berlin-Brandebourg n'a pas répondu.
Le docteur Klausa, qui est également président de la section "Lieux commémoratifs pour les victimes du national-socialisme" au sénat de Berlin, a répondu par téléphone: "Nos spécialistes n'ont pas trouvé cette expertise assez intéressante pour s'en occuper. Les objections contre l'authenticité du protocole sont réfutées. Ce genre de choses vient toujours de l'extrême droite."
Il est déjà étonnant d'émettre un jugement sur la qualité d'une expertise avant de s'en être occupé. En outre, c'est une pure contre-vérité que de prét"endre que les objections contre l'authenticité sont réfutées. Il n'y a encore jamais eu de libre discussion entre les défenseurs, pour la plupart fonctionnarisés, de la thèse de l'holocauste et les experts dont nous avons présenté les conclusions: U. Walendy n'a reçu aucune contradiction objective; J.P. Ney attend toujours une réaction sur le terrain des faits; H. Tiedemann n'a pas été jugé digne d'une réponse; I. Weckert, elle non plus, n'a pas suscité de réplique; H; Wahls attend toujours une critique de son travail.
Pourtant, à la villa Am Grossen Wannsee 56-58, l'entreprise continue à tourner sans heurts. Des classes des écoles sont guidées à travers les pièces transformées en musée et entendent l'histoire de l'ordre de Hitler, du plan de meurtre de masse dans des camps d'extermination et des boissons sont servies aux participants après la conférence. Des groupes étrangers aussi sont régulièrement guidés dans le musée. Aux fêtes commémoratives qu'on célèbre en tous les lieux marqués pour la honte collective de l'Allemagne, on cotinue sereinement à proclamer au monde entier des contrevérités qu'il ne serait même pas possible de prouver à l'aide du protocole, même s'il était authentique.
C'est ainsi qu'on respecte la liberté de penser au pays de Schiller et du grand Roi.
7. Faux en documents et fausse attestation
Le faux en documents est, d'après Brockhaus (op.cit. note 1) la confection d'un document inauthentique, c'est-à-dire d'un document de fausse provenance, la falsification d'un document authentique ou encore l'usage d'un document inauthentique ou falsifié, quand ces actes sont commis pour tromper la justice (Code pénal, article 267).
Commet une fausse attestation indirecte celui qui fait en sorte que des faits (déclarations, pourparlers ou actes) passibles des tribunaux soient attestés dans des livres ou registres publics comme ayant été commis, alors qu'ils ne l'ont pas été du tout ou l'ont été d'une autre façon ou par une autre personne (Code pénal, article 271). Le faux en documents est puni de prison jusqu'à cinq ans ou d'amende, la fausse attestation indirecte de prison jusqu'à un an ou d'amende, la peine de prison pouvant être portée jusqu'à cinq ans si le coupable a agi dans l'intention de s'enrichir ou de nuire (Code pénal, article 272). Si la fausse attestation est commise par le titulaire d'(une fonction officielle, l'emprisonnement peut également aller jusqu'à cinq ans (Code pénal, article 348). En outre, le code pénal punit de peines de prison et d'amende l'usage de faux documents de la nature définie à l'article 271 (article 273), la destruction et la soustraction de pièces justificatives (article 274)...
Notes
1. Der Grosse Brockhaus, F.A. Brockhaus, Wiesbaden, 18e édition, 1979
2. Pour ne citer que quatre exemples: Die
Hitler-Tagebuecher (Les journaux de Hitler), Rauschnings
gespraeche mit Hitler (H. Rauschning, Hitler m'a dit)
(sur ces deux ouvrages, voir K. Corino, éd., Gefaelscht!,
Rowohlt Reinbeck, 1992; voir aussi E. Jaeckel, A. Kuhn, H.
Weiss, Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte 32, 1984,
pp. 163-169), Katyn (F. Kadell, Die Katyn-Luege, Herbig,
Munich, 1991), les pièces d'identité SS au nom de
Demjanjuk (D. Kehner, Du sollst nicht falsch Zeugnis geben,
Vowinckel, Berg, s.d.)
3. Selon Sozialdemokratischer Pressedienst
du 21 janvier 1992, p. 6
4. R. Defrank, Ihr Name steht im Protokoll,
manuscrit d'une pièce radiophonique de la WDR, janvier
1992.
5. R.M.W. Kempner, Eichmann und Komplizen,
Europa-Verlag, Zurich, 1961.
6. Akten zur deutschen Auswaertigen Politik
1918-1945, serie E: 1941-1945, vol. 1 du 12 décembre
1941 au 28 février 1942 (1969), pp. 267-275.
7. Hans Wahls, Zur Authentizität des
"Wannsee-Protokolls", Zeitgeschichtliche Forschungsstelle,
Ingolstadt 1987.
8. Udo Walendy, Historische Tatsachen,
Nr. 35: "Die Wannsee-Konferenz vom 20.1.1942", Verlag
für Volkstum und Zeitgeschichtsforschung, Vlotho 1988.
9. Ingrid Weckert, "Anmerkungen zum Wannseeprotokoll",
Deutschland in Geschichte und Gegenwart, 40(1) (1992) S.
32-34.
10. Johannes Peter Ney, "Das Wannsee-Protokoll",
Huttenbrief, Sonderdruck Juni 1992.
11. H. Tiedemann, Offener Brief an Rita Suessmuth,
Moosburg, 1.3.1992; vgl. Deutschland in Geschichte und Gegenwart,
40(2) (1992) S. 11-18.
12. E. Lachout, Gutachten-Begleitschreiben
vom 26.(1.)(2.)1942 zum Wannseeprotokoll vom 20.1.1942, Wien
6.8.1991; W. Stäglich, Der Auschwitz-Mythos, Grabert,
Tübingen 1979; Bund der Verfolgten des Naziregimes (BVN),
Das Wannsee-Protokoll zur Endlösung der Judenfrage und einige
Fragen an die, die es angeht, Bundesvorstand des BVN, 1952; R.
Aschenauer (Hg.), Ich, Adolf Eichmann, Druffel, Leoni 1980,
S. 478ff.; H. Arendt, Eichmann in Jerusalem, Reclam, Leipzig
1990; J.G. Burg, Zionazi Zensur in der BRD, Ederer, München
1980; G. Fleming, Hitler und die Endlösung, Limes,
Wiesbaden 1982; W. Grabert (Hg.), Geschichtsbetrachtung als
Wagnis, Grabert, Tübingen 1984; L.Polakov, J. Wulf, Das
Dritte Reich und die Juden, Arani, Berlin 1955; P. Rassinier,
Debunking the Genocide Myth, Institute for Historical Review,
Torrance 1978; G. Reitlinger, Die Endlösung, Colloqium
Verlag, Berlin 1989; R. Bohlinger, J.P. Ney, Zur Frage der
Echtheit des Wannsee-Protokolls, Verlag für ganzheitliche
Forschung und Kultur, Viöl 1992, 21994; W. Scheffler, "Zur
Entstehunggeschichte der `Endlösung!'", Aus Politik
und Zeitgeschichte 3(43) (1982) S. 3-10.
13. Archives politiques du ministère
des affaires étrangères, Intérieur IIg, vol.
117, copie; voir P. Longerich, Die Ermordung der europäischen
Juden, Piper, München 21990, S. 78.
14. Au tribunal militaire international, on
fixa la date arbitrairement au 31 juillet. Voir Der Prozeß
gegen die Hauptkriegsverbrecher vor dem Internationalen Miltärgerichtshof
Nürnberg 14. November 1945 - 1.Oktober 1946 (IMT), Nürnberg
1947, reproduction photomécanique: Delphin, München
1984, Band IX, S. 575ff. & Band XXVI, S. 266f.
15. Comparer la lettre de Göring à
Heydrich en date du 24.1.1939, U. Walendy, op.cit., n.
8, S. 21.
16. J.P. Ney, op. cit. note 10, se référant
à la copie en noir et blanc du musée de Wannsee.
P. Longerich, op. cit. note 13, et W. Stäglich, op. cit.
note 12, S. 32, écrivent à tort "möglichst
günstigen Lösung".
17. Archives politiques du ministère
des affaires étrangères,, K 2104 -19, -20.
19. Voir l'étude de G. Rudolf sur cette
question dans le présent livre. Selon Die Basler Nachrichten
du 13.6.1946, il y eut environ 3 millions de juifs sous le pouvoir
de Hitler.
20. Communication personnelle de W. Ripske,
ancien fonctionnaire du Reich, qui occupa plusieurs postes dans
l'administration du Reich.
21. J. Bauer, The Canadian Jewish News,
30.1.1992, S. 8; K. Pätzold, "Die vorbereitenden Arbeiten
sind eingeleitet", Aus Politik und Zeitgeschichte,
42(1-2) (1992); voir E. Jäckel, Frankfurter Allgemeine
Zeitung, 22.6.1992, S. 34.
22. Wehrmacht-Dienstvorschriften, Verschlusssachenvorschriften
HDv 99, MDv 9, LDv 99, nouvelle rédaction du 1.8.1943.
23. Déposition du Dr. G. Klopfer, IMT
Dok. 656, Dok.-Bd. VI, cas 8; cité d'après U. Walendy,
note 8, p. 27
24. Weizsäcker Exh. 273; Dok.-Bd. 5,
Plaidoyer H. Becker, cas 11. Pour Canaris voir la déposition
sous serment de son épouse, citée d'après
U. Walendy, note. 8, p. 28f.
25. Cas 11 du procès des criminels
de guerre, procès-verbal H. Lammers, p. 21470-73; cité
d'après U. Walendy, note. 8, p. 29f.
26. Déclaration du Dr. Bühler
en date du 23.4.46, IMT Band XII, p. 79, citée d'après
Walendy, note. 8, p. 21.
27. Ministère public au tribunal de
première instance de Nuremberg, doc. 4 Js 15929/60
28. Sur la critique des documents, voir K.
Fuchs, H. Raab, Woerterbuch zur Geschichte, vol. 2, Deutscher
Taschenbuch Verlag, München 91993.
29. B.A. Renk, "The Franke-Gricksch `Resettlement-Action
Report': Anatomy of a Falsification", The Journal of Historical
Review 11(3) (1991) p. 261-279.
30. S. Wiesenthal, Doch die Mörder
leben noch, Droemer Knaur, München 1967, p. 40.
31. G. Reitlinger, Die Endloesung,
Colloquium Verlag, Berlin 1953, p. 106.
32. Voir. W. Derfrank, note. 4, p. 1, ainsi
que R.M.W. Kempner, note. 5.
33. Voir. P. Longerich, note. 13, p. 92ss.
34. Gérant: Dr. Klausa, directeurs
du mémorial: Dr. Schoenberner und Dr. Tuchel.
35. Lettre du Secrétaire de la conférence
épiscopale allemande à l'auteur, Bonn 2.6.1992,
réf. IL/le, signée Dr. Ilgner.
36. Lettre de l'évêché
de Berlin, Ordinaire épiscopal, Service radio et télévision,
à l'auteur, en date du 14 octobre 1992, réf. Kn/De,
signée. Wolfgang Knauft, conseiller de l'ordinaire.
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