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(ce texte de 1987 a été publié dans les Annales d'histoire révisionniste, nº 8, printemps 1990, p. 15-82. C'est la suite du texte"Le révisionnisme devant les tribunaux francais", publié dans les Annales nº7, printemps-été 1989, p. 51-115.)

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MON EXPÉRIENCE DU REVISIONNISME

(septembre 1983 - septembre 1987)

par Robert Faurisson

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Saisie des Annales d'histoire révisionniste et inculpation (Auch)

 

A l'unanimité, les grands médias appelaient donc les juges à leur secours. Le Monde se distinguait par la violence de ses attaques; en moins de deux mois, il mentionnait les révisionnistes en plus de vingt articles uniformément hostiles; Bruno Frappat dénoncait pour sa part "les fortes têtes du mensonge, les gangsters de l'histoire" (Le Monde, 5-6 juillet 1987, p. 31).

La machine judiciaire se remettait immédiatement en branle. Déjà le 25 mai 1987, avec une remarquable promptitude, le juge des référés de Paris, Gérard Pluyette, avait procédé à la saisie du numéro 1 des Annales, sur intervention de Jean Pierre-Bloch. Le 3 juillet, j'étais inculpé d'apologie de crimes de guerre et de propagation de fausses nouvelles par un certain Legname, juge d'instruction à Auch (département du Gers), en raison de deux articles publiés dans ce premier numéro des Annales: l'un s'intitulait "Comment les Britanniques ont obtenu les aveux de Rudolf Hoess, commandant d'Auschwitz", et l'autre "Le Savon juif". P. Guillaume était inculpé pour le même motif en tant que responsable des Annales. Carlo Mattogno était, lui aussi, inculpé pour son étude sur "Le Mythe de l'extermination des juifs"; citoyen italien, il était, le 10 août, l'objet d'un mandat d'arrêt international. Toute cette procédure avait été déclenchée par un certain Robin, procureur à Auch, sur l'intervention de Madame Lydie Dupuis, une responsable de la Ligue des Droits de l'Homme et parente de Francois Mitterrand, président de la République.

Le 20 septembre 1987, Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur, déclarait à la radio que, s'il ne dépendait que de lui, la place du professeur Faurisson serait en prison ("Charles Pasqua: Les thèses révisionnistes, véritable délit", Le Figaro, 21 septembre 1987, p. 7).

Une loi spécifique est actuellement en préparation contre les révisionnistes ("lex Faurissonia"); elle est encore plus sévère que la loi allemande de juin 1985 ("Auschwitzluege-Gesetz").

Les affaires non judiciaires furent nombreuses; en France, la plus importante fut l'affaire Le Pen.

 

Affaire Roques

 

Je ne m'attarderai pas sur l'affaire Roques puisque Henri Roques, ici présent, en fera lui-même l'exposé. Pour ma part je n'en relèverai qu'un point qui montre le progrès du révisionnisme. En février 1979, Léon Poliakov et Pierre Vidal-Naquet, tous deux d'origine juive, avaient réussi à mobiliser trente-deux personnes, présentées comme "historiens", pour signer une pétition contre moi: c'est ce qu'on a appelé la "déclaration des trente-quatre historiens" (Le Monde, 21 février 1979, p. 23); certaines de ces personnes n'étaient pas d'origine juive. En 1986, Francois Bédarida, chrétien d'origine juive, ne parvint à mobiliser contre H. Roques que cinq "historiens" (P. Vidal-Naquet et quatre autres personnes également d'origine juive), un rabbin et, enfin, un personnage médiatique du nom de Harlem Désir qui est, lui aussi, peut-être, d'origine juive (voy. Libération, 31 mai 1986, p. 12; Le Monde, 3 juin 1986, p. 14).

 

Affaire Paschoud (Suisse)

 

En Suisse allait éclater l'affaire Paschoud. Mariette Paschoud, 39 ans, habite Lausanne. Elle enseignait l'histoire et la littérature au lycée de la ville. Elle est aussi capitaine de l'armée suisse et juge militaire auxiliaire. Elle s'était rendue à Paris pour y présider une conférence où H. Roques devait exposer sa thèse sur les confessions de Kurt Gerstein. Elle ne prenait pas fait et cause pour la thèse révisionniste mais elle plaidait en faveur du droit au doute et à la recherche. La presse helvétique se déchaîna contre cette belle femme avec une telle violence que les autorités du canton de Vaud, dont elle dépendait, crurent devoir prendre de rapides sanctions: Mariette Paschoud n'eut plus le droit d'enseigner l'histoire. Mais le rabbin Vadnai jugea la sanction insuffisante. Une nouvelle campagne se déchaîna: Mariette Paschoud n'a maintenant plus le droit d'enseigner ni l'histoire, ni la littérature, et son mari a été renvoyé de l'école privée où il donnait des cours de droit.

 

Affaire de Nyon (Suisse)

 

Toujours en Suisse, Pierre Guillaume et moi-même, nous nous rendîmes, sur invitation, au Festival du film documentaire de Nyon. Les organisateurs pensaient nous tendre un piège: ils allaient inviter des historiens exterminationnistes pour nous donner la réplique et projeter les films Nuit et Brouillard ainsi que Le Temps du ghetto. Apprenant que nous étions arrivés sur place, les exterminationnistes envoyèrent au dernier moment un télégramme: ils refusaient de nous rencontrer et toute l'opération tourna à notre avantage malgré un scandale suscité à la fin par une célébrité locale de la télévision qui, constatant notre emprise sur les auditeurs, cria qu'il trouvait notre prestation "obscène". Quelques journaux suisses firent leur grand titre de l'événement. Les organisateurs du festival découvraient, mais un peu tard, le caractère "sérieux et dangereux" du révisionnisme.

Ultérieurement, Pierre Guillaume retourna en Suisse avec H.Roques pour y donner une conférence. La conférence eut lieu dans des conditions difficiles et, par la suite, le Gouvernement helvétique prononca l'interdiction d'accès au territoire de la Suisse (et du Liechtenstein) à l'encontre de P. Guillaume et d'H.Roques pour une durée de trois ans (Le Monde, 6 décembre 1986, p. 7).

 

Affaire Konk

 

Konk est un caricaturiste célèbre, venu du journal Le Monde et passé à l'hebdomadaire L'Evénement du jeudi, dirigé par J.-F. Kahn. Il est considéré comme gauchiste. Il s'est aussi révélé comme un révisionniste. Dans une bande dessinée intitulée Aux Voleurs! (Albin Michel, 1986), dénoncant le vol, le mensonge et l'imposture sous différentes formes, il a, en quelques dessins et légendes, résumé avec pertinence mon argumentation sur l'impossibilité chimique des "gazages" d'Auschwitz. Je conseille la lecture des trois pages finales de cette bande dessinée à ceux qui souhaitent avoir du révisionnisme un résumé percutant que même de jeunes écoliers pourraient comprendre et goûter.

Konk a été chassé de L'Evénement du jeudi par J.-F. Kahn. Récemment, il a laissé publier une interview où il se livre à une sorte de rétractation (Le Nouvel Observateur, 25 septembre 1987, p. 93). La veille de la publication de cette interview, il m'a téléphoné pour me prévenir et, en même temps, pour m'expliquer que, chassé de partout et ne trouvant plus de travail, il s'était trouvé réduit à cette extrémité. Le Figaro publie de temps en temps un dessin de Konk mais aucun vrai contrat ne lie le journal et le dessinateur.

 

Affaire Folco

 

Michel Folco est journaliste et photographe. Il travaille notamment pour un mensuel satirique, Zéro, dirigé par Cavanna, dont l'inspiration est libertaire. Sous une apparence désinvolte, il est un enquêteur scrupuleux et minutieux. Parti d'une enquête sur Mauthausen, il en est arrivé à rassembler sur la controverse entre révisionnistes et exterminationnistes une quantité d'informations nouvelles que les historiens de l'avenir ne pourront pas ignorer. Ses interviews de Georges Wellers, de Pierre Vidal-Naquet et de Germaine Tillion éclairent toute une face cachée du camp exterminationniste Il est regrettable que Cavanna ait brusquement mis fin à ces articles de Michel Folco par crainte des réactions suscitées auprès de certaines personnes (voy., en particulier, Zéro d'avril 1987, p.517, et de mai 1987, p. 705).

 

Affaire de l'Union des Athées

 

L'Holocauste est une religion. Il faut chercher à se protéger de son caractère conquérant et intolérant. J'ai voulu savoir si au sein de l'Union des Athées, qui groupe en France environ 2500 personnes, il était possible de mener une action contre cette religion-là. J'ai adhéré à l'Union des Athées, dont le statut précise que n'importe qui peut en faire partie sans aucune condition, même financière, et dont personne ne peut être exclu. Mon adhésion a provoqué des remous, que la grande presse a amplifiés. Une centaine de démissions ont suivi, par protestation contre mon entrée. Le président, Albert Beaughon, m'a demandé de présenter ma démission. J'ai refusé. Le congrès annuel de l'Union des Athées s'est déroulé dans le tumulte. J'ai maintenu mon refus et j'attends la suite. Pour reprendre une expression de P. Guillaume, "ces athées-là ont voulu [m']excommunier parce qu'ils ne [me] trouvaient pas trop catholique". Mais je dois dire aussi que j'ai constaté que bon nombre d'athées, au sein de cette association, m'ont défendu par souci de tolérance et, parfois, par conviction révisionniste (voy., en particulier, Libération, 6-7 juin 1987, et 8 juin 1987, p. 18).

 

Affaires Guionnet

 

Alain Guionnet est libertaire et révisionniste. Il multiplie des tracts qu'il signe de "L'Aigle noir". Il les distribue lui-même, courageusement. Il est l'objet de multiples plaintes en justice. Les organisations juives et les autorités policières et judiciaires sont désemparées devant le phénomène que constitue à lui seul cet homme au parler franc, parfois argotique, parfois recherché, et d'un caractère difficile et imprévisible.

 

Affaires Michel Polac et Annette Lévy-Willard

 

Michel Polac est une vedette de la télévision francaise. D'origine juive, il a toujours milité contre le révisionnisme. Depuis plusieurs années, il multipliait ses attaques contre ma personne. En mai 1987, il déclarait à la télévision que je méritais d'être giflé. Le 12 septembre, il projetait un court extrait du vidéo-film d'Annette Lévy-Willard, L'Espion qui venait de l'extrême-droite, consacré, en partie, à notre congrès de septembre 1983. En juin 1983, Annette Lévy-Willard m'avait adjuré de lui donner l'adresse de l'hôtel de Los Angeles où allait se tenir ce congrès. Avec l'autorisation de Willis Carto, l'adresse lui était communiquée en septembre. Sur place, ses interviews se déroulèrent de telle sorte et avec une telle animosité antirévisionniste que je refusais de lui accorder moi-même une interview. Je proposais de faire devant sa caméra une déclaration d'une minute. Elle acceptait mais, une fois devant la caméra, elle m'empêcha de prononcer cette déclaration. Je partis, refusant de répondre à ses questions. Furieuse, elle m'apostropha dans le hall du "Grand Hôtel" d'Anaheim, disant à plusieurs reprises qu'elle se vengerait; Tom Marcellus, notre directeur, était présent. La vengeance de la dame prit la forme de ce vidéo-film où elle prétend nous avoir découverts tenant clandestinement à Los Angeles une assemblée de néo-nazis et de membres du Ku-Klux-Klan. On me voyait, disait-elle, en train de chercher à me cacher! (sic)

Michel Polac avait promis à la fin de sa propre émission qu'il accorderait pour la semaine suivante un droit de réponse aux personnes qui estimeraient avoir à présenter leur défense. J'en fis donc la demande par téléphone mais il me fut refusé. Je me rendis alors à Paris la semaine suivante devant les studios d'enregistrement avec mes deux avocats. Michel Polac, tout simplement, nous fit barrer la route par les vigiles et nous envoya la police en civil et la police en uniforme.

 

Affaire Jacques Chancel et Gilbert Salomon

 

Jacques Chancel est une autre vedette de la radio et de la télévision francaises. Il m'invita à venir affronter à la radio, le 18 septembre 1987, un certain Gilbert Salomon. J'acceptais avec empressement. Une fois arrivé à Paris, j'apprenais que ma présence à cette émission serait "intolérable" et je dus regagner Vichy. L'émission n'eut lieu qu'entre Jacques Chancel, Gilbert Salomon, le journaliste Michel Meyer et quelques autres personnes résolument antirévisionnistes. L'absent fut copieusement insulté. Gilbert Salomon alla jusqu'à reconnaître que, si j'avais été sur place, il m'aurait probablement frappé. Il était présenté par son "ami intime et presque frère" Jacques Chancel comme ayant été interné à Auschwitz deux ans jour pour jour, du 11 avril 1943 au 11 avril 1945, et il affirmait être le seul rescapé d'un convoi de 1.100 juifs.

La réalité était qu'il était arrivé à Auschwitz le 1er mai 1944, soit plus d'un an après la date qu'il avait donnée, qu'il avait été transféré de ce camp vers celui de Buchenwald, que son convoi avait compté 1.004 juifs et que Serge Klarsfeld, malgré ses manipulations de statistiques, était bien obligé de reconnaître, dans son Mémorial de la déportation des juifs de France (et ses Additifs), qu'au moins 51 juifs de ce convoi étaient venus spontanément, dès 1945, se déclarer vivants au ministère des Prisonniers. Au surplus, je découvrais que Gilbert Salomon était comptabilisé par Serge Klarsfeld parmi... les gazés! Le nom de Gilbert Salomon, un millionnaire appelé aujourd'hui en France "le roi de la viande", figure donc au titre de gazé sur un monument de Jérusalem où sont reproduits tous les noms répertoriés dans ledit Mémorial, comme s'il s'agissait de juifs morts en déportation.

 

Affaire Le Pen

 

Jean-Marie Le Pen est le responsable du Front national, mouvement populiste qui compte plus de trente députés à l'Assemblée nationale; il est candidat à la présidence de la République. Le 13 septembre 1987, à l'émission télévisée Grand Jury RTL-Le Monde, il était soudainement interrogé sur "les thèses de MM. Faurisson et Roques". Au cours de sa réponse, il était amené à dire:

Je suis passionné par l'histoire de la deuxième guerre mondiale. Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la deuxième guerre mondiale.

 

Il faut écouter avec soin tout l'enregistrement de cette interview, plutôt confuse, pour bien saisir la situation où se trouvait J.-M. Le Pen et le sens de sa pensée. Les transcriptions parues dans la presse sont fautives. J'ai personnellement écouté mot à mot les paroles de J.-M. Le Pen et celles des journalistes qui l'interrompaient à plusieurs reprises. Pour moi, il est clair que l'interviewé a, dès la première question, perdu son sang-froid; il a pris conscience de la gravité du sujet abordé et un gouffre s'est ouvert sous ses pieds. Il a repris ses esprits à mesure qu'il parlait mais les interruptions des journalistes lui ont fait perdre le fil de sa pensée. Il avait employé l'expression de "point de détail". L'expression était fâcheuse et elle rendait mal compte de ce qu'il cherchait à dire. Car, ce qu'il cherchait à dire, c'est ce que beaucoup d'exterminationnistes finissaient par me déclarer dans les discussions qu'il m'arrivait d'avoir avec eux: "Que les chambres à gaz aient existé ou non, c'est un détail". Vingt fois, j'avais entendu des tenants de la thèse de l'extermination utiliser cet argument quand ils finissaient par se rendre compte, au cours de la discussion, que ces chambres à gaz, après tout, pouvaient bien ne pas avoir existé. J.-M. Le Pen, à son tour, défendait l'opinion que le moyen de faire disparaître les juifs n'était qu'un point de détail par rapport au résultat de cette disparition. Effectivement, si on admet qu'il y a eu, par exemple, un assassinat, l'arme du crime est d'une importance relative par rapport à l'assassinat lui-même. L'ironie a voulu qu'un argument invoqué par les exterminationnistes pour défendre leur thèse de l'extermination des juifs soit imputé à crime à J.-M. Le Pen, qu'on soupconnait-- non sans raison, selon moi-- de révisionnisme.

Une autre ironie veut qu'aucun révisionniste ne sera d'accord pour affirmer avec J.-M. Le Pen que les chambres à gaz sont un point de détail de l'histoire de la deuxième guerre mondiale. En effet, sans cette arme spécifique, le crime spécifique du génocide est matériellement inconcevable. Sans un système de destruction, il n'y a pas de destruction systématique. Sans chambre à gaz, il n'y a plus d'Holocauste juif. Les chambres à gaz ne sont donc pas un point de détail.

Une dernière ironie veut que Claude Malhuret, secrétaire d'Etat chargé de la défense des Droits de l'homme, ait déclaré en réponse à J.-M. Le Pen que "les chambres à gaz sont une des clés de l'histoire du xxe siècle" (Libération, 15 septembre 1987, p.6). Tout révisionniste sera d'accord avec cette formule, à ceci près qu'il s'agit d'une clé... de faussaire. Les chambres à gaz sont un mythe essentiel, un mensonge essentiel. Les chambres à gaz sont moins qu'un point de détail, puisqu'elles n'ont pas même existé, mais le mythe des chambres à gaz est bien "une des clés de l'histoire du xxe siècle".

Cinq jours après sa déclaration, J.-M. Le Pen s'est plus ou moins rétracté. Dans une mise au point destinée à la presse, il a mentionné "les chambres à gaz" comme une arme, parmi d'autres, en laquelle il disait croire. Mais la presse, dans son ardeur à l'accabler, ne voulut pas entendre ces explications.

Dans l'ensemble, pour les révisionnistes, le solde de l'affaire Le Pen est positif: grâce à cet homme politique, tous les Francais ont entendu parler de ceux qui doutent de l'existence des chambres à gaz et savent maintenant, plus ou moins confusément, que ces sceptiques s'appellent des "révisionnistes"; aujourd'hui, quand un inconnu cherche, au cours d'une conversation sur la seconde guerre mondiale, à me situer, je peux me contenter de lui dire: "Je suis révisionniste"; avant l'affaire Le Pen, cette étiquette n'aurait été comprise que d'un nombre infime de Francais.

Les exterminationnistes ne peuvent plus soutenir l'argument que, de plus en plus, ces derniers temps, ils avaient tendance à utiliser pour se tirer d'embarras; ils ne peuvent plus dire: "Les chambres à gaz sont un point de détail"; les chambres à gaz vont devenir leur tunique de Nessus; il leur faudra, jusqu'au bout, soutenir une thèse insoutenable (l'existence des chambres à gaz) comme on cherche à soutenir le pilier central de tout un édifice (ici: un édifice de mensonges).

 

Les révisionnistes, interdits de médias

 

Le bilan de mes passages à la télévision francaise est simple: en neuf ans, on m'a vu et entendu une seule fois, pendant 30 à 40 secondes, un soir de juin 1987 à 22h 15 sur la troisième chaîne; la présentatrice, Jacqueline Alexandre, prenait d'ailleurs le soin de prévenir les téléspectateurs que j'étais une sorte de monstre et, après mon passage, elle leur confirmait qu'on venait de voir et d'entendre une sorte de monstre. La radio et les journaux nous sont interdits. Rarement un groupe d'hommes aussi peu nombreux aura-t-il à ce point fait parler de lui, mais seulement en mal et sans pouvoir présenter sa défense.

En neuf ans, je n'ai jamais été en mesure de tenir en France une seule conférence vraiment publique. Même certaines de mes conférences "sur invitation" n'ont pas pu avoir lieu, et cela à cause de l'intervention de la police (par exemple à Périgueux sur la demande d'Yves Guéna et, à Bordeaux, sur celle de Jacques Chaban-Delmas, tous deux députés de la droite "gaulliste"). En France, les révisionnistes tiennent le rôle du diable: on en entend beaucoup parler, toujours en mal, et on ne les voit jamais. En revanche, je ne compte plus les attaques physiques dont Pierre Guillaume, quelques révisionnistes et moi-même avons été l'objet. Personnellement, je crois que je pourrais demander mon inscription au livre Guinness des Records au titre du professeur le plus insulté du monde dans toute la presse occidentale.

 

Trois événements du Shoah-business

 

Trois événements spectaculaires ont été parfois présentés dans la presse francaise comme une réplique à la montée du révisionnisme: la projection de Shoah, la remise à Elie Wiesel du prix Nobel de la paix et le procès Demjanjuk à Jérusalem.

 

Shoah

 

Je ne reviendrai pas sur le cas de Shoah dont j'ai traité dans le supplément du numéro 1 des Annales d'histoire révisionniste, intitulé par P. Guillaume "Ouvrez les yeux, cassez la télé!"[(4)] (voy. The Journal of Historical Review, printemps 1988, p. 85-92). Ce film a connu en France un tel échec par rapport à la publicité dont il a bénéficié de toutes les facons imaginables, qu'on peut, à mon avis, parler ici d'un "krach du Shoah-business". Je mentionnerai seulement une interview parue dans VSD (9 juillet 1987, p. 11) où Claude Lanzmann révèle, non sans plaisir, les filouteries dont il a usé pour interroger les "témoins" allemands qu'on voit dans son film. Il s'était inventé un nom: celui de Claude-Marie Sorel; un titre: celui de docteur en histoire; un institut: le "Centre de recherches et d'études pour l'histoire contemporaine"; du papier à faux en-tête portant: "Académie de Paris" (il devait savoir que son amie Mme Ahrweiler, recteur de l'Académie de Paris, ne porterait pas plainte) et, pour finir, il avait grassement payé ses témoins: 3.000 DM par tête, soit environ 10.000 F. Claude Lanzmann va participer en décembre 1987 au Colloque international de la Sorbonne organisé par Mme Ahrweiler contre les révisionnistes francais.

 

Elie Wiesel recoit le prix Nobel (Oslo)

 

Elie Wiesel a recu en décembre 1986 le prix Nobel de la paix. Dans Le Monde du 17 octobre 1986, en première page, sous le titre "Un Nobel éloquent", on souligne que cette récompense vient à point car:

On a vu ces dernières années, au nom d'un prétendu "révisionnisme historique", s'élaborer des thèses, notamment francaises, visant à remettre en cause l'existence des chambres à gaz nazies et, peut-être au-delà, le génocide juif lui-même.

 

Dans ma conférence de septembre 1983, je disais:

Elie Wiesel, si l'on me passe cette expression familière, souffre d'une terrible épine au pied: l'épine révisionniste. Par tous les moyens il a essayé de s'en débarrasser. Il n'y est pas parvenu. Il voit de moins en moins comment il pourra s'en débarrasser. En cela, il est comme les révisionnistes qui, eux non plus, ne voient pas du tout comment Elie Wiesel se débarrassera de l'épine révisionniste (The Journal of Historical Review, été 1985, p. 178 et Annales d'Histoire Révisionniste, nº7, printemps-été 1989, p. 109).

 

En décembre 1986, je publiais un texte intitulé: "Un grand faux témoin: Elie Wiesel [(5)]. J'y rappelais que, dans son autobiographie (La Nuit), ce grand témoin d'Auschwitz ne mentionnait pas même l'existence de "chambres à gaz" à Auschwitz. Pour lui, les Allemands exterminaient les juifs mais... par le feu, en les jetant vivants dans des fournaises en plein air au vu et au su de tous les déportés. J'aurais pu ajouter qu'en janvier 1945, ayant la possibilité, offerte par les Allemands, soit de rester dans le camp et d'attendre l'arrivée des Soviétiques, soit d'évacuer le camp avec ses gardiens, Elie Wiesel avait choisi de partir avec les "exterminateurs" allemands plutôt que d'accueillir les "libérateurs" soviétiques. Son père et lui avaient fait ensemble le même choix alors que tous deux pouvaient rester à l'hôpital de Birkenau, le jeune Elie, comme le convalescent dorloté d'une petite opération chirurgicale, et son père, soit en tant que faux malade, soit en tant que faux infirmier (La Nuit), Les Editions de Minuit, 1958, p. 12330).

En décembre 1986, Pierre Guillaume, Serge Thion et moi-même, nous nous rendîmes à Oslo pour les cérémonies du prix Nobel. Le texte "Un grand faux témoin: Elie Wiesel" fut distribué sur place, en francais, en anglais et en suédois, y compris à des sommités politiques, dont Mme Mitterrand, ainsi qu'à Elie Wiesel lui-même.

 

Procès Demjanjuk (Israel)

 

Le procès Demjanjuk illustre, une fois de plus, la loi selon laquelle les avocats des "nazis" ou de leurs "complices" entrent dans le jeu de l'accusation. Ici, ces avocats refusent de mettre en cause le dogme de l'extermination et font comme s'ils croyaient vraiment que Treblinka a été un camp d'extermination. Il s'agissait, en réalité, d'un très modeste camp de transit, qui n'avait rien de secret. Il était bâti, à 90km de Varsovie, à proximité d'une petite voie ferrée desservant une sablière. Une simple étude topographique démolirait en quelques minutes le mythe des formidables gazages secrets et des non moins formidables incinérations en plein air de 700.000 à 1.500.000 juifs. Mais les "historiens de papier", ainsi que les juges et les avocats de Jérusalem, ne se risqueront pas à commencer par le commencement, c'est-à-dire par une étude de l'emplacement du "crime" historique. "Treblinka" est devenu le comble du grand mensonge historique, plus encore qu'"Auschwitz"[(6)]

 

III

Acquis du révisionnisme historique

 

En janvier 1987, un hebdomadaire juif bien connu écrivait:

Pour Henri Roques, Mariette Paschoud, Pierre Guillaume et Robert Faurisson, 1986 a été une année couronnée de succès. En France et en Suisse, leurs noms étaient dans toutes les bouches (Allgemeine Juedische Wochenzeitung, 23 janvier 1987, p. 12).

 

En fait, toute la période dont je traite ici (septembre 1983 à septembre 1987) a été faste pour le révisionnisme européen. D'une facon plus générale, si l'on prend en considération ce qui s'est passé aux Etats-Unis, au Canada et en Europe, on peut dire que durant ces quatre années les avancées du révisionnisme ont été importantes tandis que le recul des exterminationnistes s'est aggravé.

 

Avancées du révisionnisme

 

Le 4 juillet 1984, un incendie criminel ravageait de fond en comble notre Institute for Historical Review, situé à Torrance, Californie. Willis Carto, Tom Marcellus et leur équipe parvenaient, au prix d'efforts considérables, à redonner vie-- une vie forcément ralentie-- à notre institut. Malgré cet incendie criminel et malgré les effets nocifs de l'opération menée par Melmerstein, le Journal of Historical Review est parvenu aujourd'hui à sa 28e livraison. En France, Pierre Guillaume vient de créer une revue trimestrielle: les Annales d'histoire révisionniste; la première livraison, saisie par la justice, a fait sensation; la grande presse et même la télévision en ont mentionné le contenu et, en particulier, l'étude de Carlo Mattogno: "Le Mythe de l'extermination des juifs". P. Guillaume a également publié en 1986 son propre livre, Droit et histoire, ainsi que la traduction-adaptation en francais de Der Auschwitz-Mythos (Le Mythe d'Auschwitz), de Wilhelm Staeglich, avec un supplément de vingt-cinq pages où je commente personnellement des photos et une documentation en rapport avec ce mythe.

La France est le premier pays au monde où a pu être soutenue (en juin 1985) une thèse révisionniste: celle d'Henri Roques sur les confessions de Gerstein. La même année paraissait en Italie, de C. Mattogno, Il rapporto Gerstein, Anatomia di un falso, qui est un ouvrage plus approfondi et plus complet que la thèse d'Henri Roques qui, elle, n'avait pas d'autre prétention que d'étudier les textes attribués à Gerstein. C. Mattogno est une sorte d'érudit à la facon de ses ancêtres de la Renaissance; il est méticuleux et prolifique; il figurera dans l'avenir au premier rang des révisionnistes. Il est possible que, dans les années à venir, l'Espagnol Enrique Aynat Eknès parvienne au même niveau pour son travail sur Auschwitz. Dans deux ans, le Francais Pierre Marais publiera sans doute le résultat de ses recherches sur le mythe des camions à gaz homicides. Aux Etats-Unis, notre institut a publié les ouvrages de W. Sanning (The Dissolution of Eastern European Jewry) et celui du doyen des historiens révisionnistes, James J. Martin: The Man Who Invented Genocide; la traduction en anglais du livre de W. Staeglich est en préparation.

 

Hommage de Michel de Bouard

 

Michel de Bouard a été interné à Mauthausen. Professeur d'histoire du Moyen Age et, aussi, membre du Comité d'histoire de la deuxième guerre mondiale (Paris), il a terminé sa carrière universitaire comme doyen de la Faculté des lettres de l'université de Caen. Il est membre de l'Institut de France. En 1986, il a pris la défense d'H. Roques et il a, plus généralement, critiqué la littérature exterminationniste et dit son estime pour la qualité des études révisionnistes. Un journaliste de Ouest-France (2-3 août 1986, p. 6) lui a demandé:

Vous avez présidé l'Association des déportés du Calvados et vous en avez démissionné en mai 85. Pourquoi?

Il a répondu:

Je me trouvais déchiré entre ma conscience d'historien et les devoirs qu'elle me fait et l'appartenance à un groupe de camarades que j'aime profondément mais qui ne veulent pas reconnaître la nécessité de traiter ce fait historique qu'est la déportation selon les méthodes d'une saine Histoire.

Je suis hanté par la pensée que, dans cent ans ou même cinquante, les historiens s'interrogent sur cet aspect de la Seconde Guerre mondiale qu'est le système concentrationnaire et de ce qu'ils découvriront. Le dossier est pourri. Il y a, d'une part, énormément d'affabulations, d'inexactitudes, obstinément répétées, notamment sur le plan numérique, d'amalgames, de généralisations et, d'autre part, des études critiques très serrées pour démontrer l'inanité de ces exagérations. Je crains que ces historiens ne se disent alors que la déportation, finalement, a dû être un mythe. Voilà le danger. Cette idée me hante.

 

Les révisionnistes, qu'on s'acharne à dénoncer comme esprits négatifs, font une oeuvre positive: ils montrent ce qui s'est vraiment passé. Ils donnent aussi une lecon de "positivisme" en ce sens que leurs arguments sont souvent d'ordre physique, chimique, topographique, architectural et documentaire et parce qu'ils n'appellent vérité que ce qui est vérifiable. Ils défendent l'histoire pendant que leurs adversaires ont abandonné l'histoire pour ce que les juifs appellent "la mémoire", c'est-à-dire, en fait, leur tradition mythologique.

 

Recul de l'exterminationnisme

 

Dans les années 1983-1987, la thèse exterminationniste a bénéficié d'une mobilisation financière, politique et médiatique aussi impressionnante qu'inefficace.

 

Un désastre moral pour Hilberg, Vrba, Wiesel et Lanzmann

Pour Raul Hilberg, Rudolf Vrba, Elie Wiesel et Claude Lanzmann, ces années ont été riches d'argent, de publicité et d'honneurs divers mais désastreuses sur le plan du crédit moral.

- R. Hilberg, le meilleur "expert" de la thèse exterminationniste, s'est effondré au procès de Toronto et il s'est rendu coupable d'un tel parjure qu'à mon avis il ne courra pas le risque de venir à nouveau témoigner dans un procès de ce genre.
- R. Vrba, le témoin nº1 de la thèse exterminationniste, s'est révélé être une sorte d'imposteur: son "témoignage" écrit, il a dû en convenir lui-même au procès de Toronto, était en grande partie, sinon peut-être même en totalité, une oeuvre de fiction.
- E. Wiesel, le plus illustre des commis voyageurs du Shoah-business, est discrédité auprès des siens. Quelques mois après une première publication et une diffusion importante de mon texte sur "Un grand faux-témoin: Elie Wiesel", Pierre Vidal-Naquet en personne était conduit à déclarer:

Par exemple, vous avez le rabbin Kahane, cet extrémiste juif, qui est moins dangereux qu'un homme comme Elie Wiesel, qui raconte n'importe quoi... Il suffit de lire certaine description de La Nuit pour savoir que certaines de ses descriptions ne sont pas exactes et qu'il finit par se transformer en marchand de Shoah... Eh bien, lui aussi porte un tort, et un tort immense, à la vérité historique (Zéro, avril 1987, p. 57).

- C.Lanzmann était attendu comme le Messie. Depuis dix ans, il promettait de répondre définitivement aux arguments révisionnistes avec son film Shoah; or, en France, ce film a eu l'effet contraire; il a rendu patente l'absence d'arguments rationnels en faveur de la thèse exterminationniste et il a relancé le révisionnisme à tel point que, pris de panique, C.Lanzmann en a appelé, par le truchement de la Fédération francaise des sociétés de journalistes, à la répression judiciaire contre les révisionnistes.

Le "fonctionnalisme" est une concession de taille faite au révisionnisme et les "intentionnalistes" ont pour ainsi dire disparu.

 

Bilan de faillite en dix points

 

Le bilan de faillite de l'exterminationnisme peut s'établir en ces termes: les exterminationnistes sont désormais contraints de reconnaître qu'on ne trouve aucun document (ni allemand, ni allié) pour soutenir leur thèse:

1) ni un ordre d'exterminer les juifs,

2) ni un plan pour mener à bien cette extermination,

3) ni un organisme centralisateur pour en coordonner l'exécution,

4) ni un budget; or, rien ne se fait sans argent ou sans crédits,

S) ni un organe de contrôle; or, dans un pays en guerre, tout doit se contrôler;

6) ni une arme, car il n'existe aucune expertise de l'arme du crime: soit la chambre à gaz homicide, soit le camion à gaz homicide,

7) ni un cadavre, car on ne possède aucun rapport d'autopsie prouvant un assassinat par gaz-poison,

8) ni un procès-verbal de reconstitution du crime, alors qu'en France une enquête sur un assassinat s'accompagne normalement de la reconstitution de la scène du crime,

9) ni un témoin contre-interrogé sur la matérialité même du crime car, au procès de Toronto (1985) où, pour la première fois, on a osé ce type de contre-interrogatoire, les meilleurs "témoins" ont été confondus.

10) ni un aveu vérifié, car les confessions de Gerstein et les aveux de R.Hoess, enfin analysés, se sont révélés dénués de valeur et impossibles à défendre, même par un R.Hilberg.

 

Je crains que la rapidité de cette énumération ne cache l'importance de chacun de ces dix éléments. Je m'arrêterai donc un instant au premier d'entre eux: l'absence-- aujourd'hui admise par tout le monde-- d'un ordre d'exterminer les juifs.

De 1945 à 1980, on a vilipendé ceux qui osaient émettre l'idée que cet ordre n'avait jamais existé. Ou bien cet ordre existait et il fallait le montrer, ou bien il n'avait pas existé et il fallait en convenir: c'est ce que dit le sens commun mais c'est aussi ce que personne parmi les spectateurs de la controverse (journalistes, historiens, professeurs) n'a osé dire. Pendant trente-cinq ans, les exterminationnistes ont maintenu une imposture. Ils ont bloqué la recherche historique et ils ont paralysé toute réaction de bon sens. La lecon vaut d'être méditée. L'affaire Waldheim, pour ne prendre qu'elle, ne fait que répéter cette lecon: si le lieutenant Waldheim s'est rendu coupable d'un "crime de guerre" ou d'un "crime contre l'humanité", il faut qu'Edgar Bronfman, président du Congrès juif mondial, nous dise avec précision quel est ce crime et qu'il présente une preuve. Tout le reste n'est que tapage médiatique, terrorisme intellectuel ou production de faux documents.

 

Révision de "Wannsee"

 

Pendant plus de trente-cinq ans, on nous a imposé de croire que le procès-verbal de Wannsee (20 janvier 1942) prévoyait l'extermination des juifs *. Puis, sans mot dire, on a abandonné cette prétention. Le document en lui-même est suspect. Beaucoup de révisionnistes refusent, en conséquence, de lui attribuer la moindre valeur. C'était mon cas; ce ne l'est plus. Je crois surtout que ce document a été mal lu, y compris par moi-même. Nous avons tous été victimes d'un tel conditionnement psychologique que nous n'avons pas su voir dans les deux paragraphes cruciaux[(7)] des mots comme Freilassung (remise en liberté) et Aufbaues (renaissance) ainsi que la phrase placée entre parenthèses: "Siehe die Erfahrung der Geschichte" (Voyez la lecon de l'histoire). A la lumière de ces mots, qu'on fait parfois disparaître quand on prétend reproduire le procès-verbal, je dis que ce que Heydrich a envisagé à la réunion de Berlin-Wannsee, c'est une remise en liberté (Freilassung) des juifs qui survivraient à la guerre et un renouveau juif (juedischen Aufbaues) après la terrible épreuve de la guerre et du travail forcé; l'histoire est pleine de ces épreuves physiques et morales d'où un peuple sort, dit-on, régénéré. Les nationaux-socialistes, proches en cela des sionistes, pensaient qu'après la guerre "les meilleurs" parmi les juifs constitueraient une élite: la cellule germinative d'un renouveau juif où le travail physique, les colonies agricoles, le sentiment d'une destinée commune permettraient la création d'un foyer national juif; les juifs constitueraient enfin une nation parmi d'autres nations au lieu d'être des "parasites". Je rappelle qu'encore en mars 1942 et peut-être après cette date il existait au moins un kibboutz à Neuendorf, en Allemagne nationale-socialiste (Documents on the Holocaust, Yad Vashem, 1981, p. 155).

 

Hilberg et Browning réduits au "rien"

 

Le recul des exterminationnistes sur une période de trente-cinq ans se mesure aux explications successives qu'ils ont fournies de l'ordre prétendument donné par Hitler d'exterminer les juifs. On nous a d'abord laissé croire qu'il existait un ordre écrit, puis cet ordre nous a été présenté comme oral; aujourd'hui on nous demande de croire que cet ordre aurait consisté en une simple "inclinaison de tête" (nod) (sic) de Hitler qui, en vertu d'un consensus télépathique (mind reading), aurait été instantanément compris de toute une bureaucratie. La théorie du "mouvement de tête" revient à Christopher Browning[(8)] et celle du consensus télépathique à Raul Hilberg. Nous atteignons ainsi au domaine du rien. Hilberg, qui avait été un tenant de l'ordre écrit (et même de deux ordres écrits), s'était en un premier temps apercu qu'il ne pouvait fournir aucune preuve de l'existence de cet ordre (ou de ces ordres). En un deuxième temps, qui se situe vers 1984, il s'apercevait que la théorie de l'ordre oral était, elle aussi, insoutenable; au colloque de Stuttgart (3-5 mai 1984), il prenait en effet à son compte un argument révisionniste et déclarait à propos de l'ordre oral prétendument recu par Eichmann ou par Hoess:

«Eichmann et Hoess n'ont pas eux-mêmes parlé avec le Fuehrer. Ainsi entendons-nous d'un homme--Eichmann-- qui l'avait entendu de Heydrich, qui l'avait entendu de Himmler, ce que Hitler avait dit. Pour l'historien, ce n'est certainement pas la meilleure des sources.» (Der Mord an den Juden im Zweiten Weltkrieg, DVA, 1985, p. 187).

 

Klarsfeld réduit à tricherie et aveu

 

Serge Klarsfeld a involontairement contribué au recul de l'exterminationnisme. Pour soutenir la thèse des prétendus gazages homicides d'Auschwitz-Birkenau, il fut réduit à utiliser une grossière supercherie.

En 1980, il publia un album de près de 190 photographies qui avaient été prises à Auschwitz en 1944 par un photographe allemand. Un certain nombre de ces photos étaient déjà connues. L'ensemble aurait dû être publié dès 1945; il était si riche d'informations que je ne connais personnellement rien de plus éclairant sur la réalité d'Auschwitz que ces étonnantes photographies. A cette première édition, relativement honnête, Klarsfeld donna le titre de The Auschwitz Album/Lili Jacob's Album (New York, The Beate Klarsfeld Foundation, préface du 5 août 1980). Cette édition ne fut pas mise dans le commerce mais, semble-t-il, réservée à de grandes bibliothèques et aux plus importantes organisations juives (to major libraries around the world as well as to major Jewish organizations).

L'année suivante, il publia les mêmes photographies sous le titre suivant: The Auschwitz Album/A Book Based Upon an Album Discovered by a Concentration Camp Survivor, Lili Meier, Text by Peter Hellman, New York, Random House, 1981. Cette fois-ci, la présentation du livre et le commentaire des photos manquaient d'honnêteté.

C'est avec l'édition francaise que S. Klarsfeld tomba dans la pure et simple tricherie. Il faut dire qu'il y fut aidé par un personnage étrange: un pharmacien du nom de Jean-Claude Pressac, dont même Georges Wellers, qui l'avait d'abord employé, avait fini par refuser les services. Le titre en était: L'Album d'Auschwitz, d'après un album découvert par Lili Meier, survivante du camp de concentration, texte de Peter Hellman, traduit de l'américain par Guy Casaril, édition francaise établie et complétée par Anne Freyer et Jean-Claude Pressac (éditions du Seuil, 1983). L'ordre des photos était totalement bouleversé en vue d'illustrer la thèse exterminationniste. Certains titres des différentes sections de l'album original avaient été transformés; de nouveaux titres avaient même été forgés de manière à faire croire qu'ils étaient d'origine; les commentaires relevaient du pur arbitraire. Un plan de Birkenau avait été ajouté (p. 42) mais ce plan était délibérément falsifié. C'est ainsi que, pour faire croire au lecteur que les groupes de femmes et d'enfants juifs surpris par le photographe entre les crématoires II et III ne pouvaient pas aller plus loin et allaient donc finir dans les "chambres à gaz" de ces crématoires, S. Klarsfeld et J.-C. Pressac avaient tout bonnement coupé là un chemin qui, en réalité, se poursuivait jusqu'au grand établissement de douches (situé au-delà de la zone des crématoires et où se rendaient ces femmes et ces enfants). Par un autre subterfuge, ils avaient supprimé toute mention de l'existence d'un terrain de football (Sportplatz) longeant le crématoire III: cette aire de jeu se conciliait mal avec la proximité d'un endroit où, chaque jour, des milliers de juifs auraient été gazés.

Le 29 mai 1986, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire VSD (p. 37), S.Klarsfeld admettait qu'on n'avait pas encore publié de "vraies preuves" de l'existence des chambres à gaz mais seulement, disait-il, "des débuts de preuves qui embarrassaient les faurissonniens mais ne les avaient pas encore réduits au silence". Ainsi, de l'aveu même de ce justicier, on avait fait l'obligation au monde entier de croire à ces chambres à gaz, sans aucune preuve publiée, en tout cas jusqu'au mois de mai 1986, c'est-à-dire encore plus de quarante ans après la fin de la guerre! C'était implicitement admettre que Georges Wellers n'avait pas publié de "vraies preuves" dans son livre de 1981, Les Chambres à gaz ont existé/Des documents, des témoignages, des chiffres, Gallimard, 1981; effectivement, ce que cet ouvrage démontrait, c'était l'existence de fours crématoires. S. Klarsfeld reconnaissait aussi, par cette déclaration, qu'un autre ouvrage avait été un échec: Les Chambres à gaz, secret d'Etat (rédigé par vingt-quatre auteurs, dont G. Wellers, éd. de Minuit, 1984; l'édition originale allemande, publiée par Fischer Verlag en 1983, s'intitulait: NS-Massentoetungen durch Giftgas). Effectivement, cet ouvrage se fondait sur la théorie suivante: les chambres à gaz ayant été le plus grand de tous les secrets possibles, le secret d'Etat, il ne fallait pas s'attendre à découvrir des preuves au sens ordinaire du mot. La page de couverture présentait... une boîte de Zyklon. Selon une formule que j'ai entendue de la bouche du professeur Michel de Bouard, "dans ce livre on nous fusille de références et il n'y a pour ainsi dire pas de sources". Personnellement, j'ajouterais que ces références n'ont pas de valeur scientifique; elles renvoient, pour la plupart, à des déclarations de procureurs ou de juges allemands sur Auschwitz, Treblinka, Sobibor, etc. Or, ce que l'on nous cache, c'est que toutes ces déclarations ont une source commune: une officine située à Ludwigsburg et dirigée, à l'époque, par Adalbert Rueckerl (Landesjustizverwaltung zur Aufklaerung von NS-Verbrechen). Autrement dit, A.Rueckerl, l'un des principaux auteurs du livre, ne cesse de se citer lui-même pour prouver qu'il a raison!

En 1987, le journaliste Michel Folco me rendait visite. Je lui montrais l'interview de S. Klarsfeld. Je lui signalais que j'avais envoyé à VSD un texte en "droit de réponse" qui m'avait été finalement refusé. Michel Folco allait ensuite rendre visite, d'une part, à G. Wellers et, d'autre part, à S.Klarsfeld. G.Wellers était au courant de cette interview de Klarsfeld dans VSD et la trouvait fâcheuse et déplorable. Il s'ensuivait un remue-ménage au terme duquel S.Klarsfeld adressait le 23 mars 1987 (soit dix mois après l'interview) un démenti, mais un démenti qui valait confirmation et qui, au lieu de paraître dans VSD, paraissait dans la revue de Georges Wellers, Le Monde juif (janvier-mars 1987, p. 1). S.Klarsfeld écrivait au passage:

Il est évident que dans les années qui ont suivi 1945 les aspects techniques des chambres à gaz ont été un sujet négligé parce que personne n'imaginait qu'un jour on aurait à prouver leur existence [souligné par RF].

 

L'aveu est significatif. Selon S. Klarsfeld lui-même, on avait "négligé" les "aspects techniques" de l'arme du crime et on n'avait pas songé à en "prouver l'existence"! Pas un tribunal, à commencer par celui de Nuremberg, ne s'était vraiment soucié de respecter la procédure en usage dans tout procès criminel de ce type. La chambre à gaz était le pilier central de tout l'édifice des crimes attribués aux Allemands; or, on avait "négligé" de l'étudier dans ses "aspects techniques".

 

Conséquences d'un aveu de Jean Daniel

 

En France, Le Nouvel Observateur, de Jean Daniel, était l'hebdomadaire à grand tirage le plus acharné à combattre le révisionnisme. A plus d'une reprise, il avait publié des photos dites de "chambres à gaz". Mais, de guerre lasse, le 26 avril 1983 (p. 33), il admettait:

Il n'existe aucune photographie de chambre à gaz,

ce qui veut dire que ce qu'on persiste à présenter encore aujourd'hui aux touristes en fait de chambres à gaz au Struthof, à Mauthausen, à Hartheim, à Dachau, à Majdanek, à Auschwitz n'est qu'un leurre. De septembre 1983 à septembre 1987, la presse francaise a pour ainsi dire renoncé à présenter des photos de chambres à gaz, ce qui est un progrès sur la presse américaine qui, elle, continue à publier des photos dites de "chambres à gaz".

 

Peur de révéler des documents

 

En 1986 était publié par un avocat juif américain, Gerald L. Posner, un livre intitulé Mengele, The Complete Story (en collaboration avec John Ware, New York, McGraw-Hill). Le titre est fallacieux en ce sens que l'auteur nous cache manifestement ce que Mengele a pu écrire, après la guerre, sur Auschwitz. A la page 48, il est dit que, selon son fils Rolf, Mengele se montrait "tout à fait sans repentir" et ne montrait "nulle honte" (quite unrepentant, no shame) à propos des années passées à Auschwitz. Pour ma part, je suis porté à croire que Mengele n'éprouvait ni repentir, ni honte, parce qu'il n'y avait lieu ni à repentir, ni à honte. Je suis convaincu que ses papiers personnels confirment pleinement les vues révisionnistes et que, pour cette raison, les exterminationnistes qui ont pu s'approprier ces papiers par l'intermédiaire de son fils Rolf refusent d'en dévoiler le contenu ("Dans l'appartement de Rolf se trouvaient deux valises contenant plus de trente livres d'écrits personnels de Mengele", p. 302). Je songe, en particulier, à un écrit intitulé Fiat Lux (mentionné p. 316); le titre donne à penser que Mengele y fait la lumière sur la réalité d'Auschwitz. Je ne suis pas le seul à estimer que Gerald Posner, Rolf Mengele et toute une équipe de prétendus experts ou chercheurs nous cachent des documents. On lit dans Holocaust and Genocide Studies (vol. 2, nº1, 1987, p. 9):

[Mengele] qui ne se repentait de rien, n'a-t-il vraiment rien écrit sur ces années décisives? Et, s'il a écrit sur ces années, qui a détruit ou caché ces notes?

 

Je considère que le traitement ainsi réservé aux écrits du Dr Mengele constitue une preuve implicite de ce que les révisionnistes ont raison quand ils affirment que des documents essentiels sont soustraits à l'examen des historiens. La vérité sur Auschwitz se trouve à Moscou, à Arolsen (Allemagne de l'Ouest) et à New York: à New York (ou quelque part en RFA) avec les manuscrits de Mengele; à Arolsen, au Service international de recherches, fermé depuis 1978 aux révisionnistes et qui est riche d'inappréciables documents sur le sort particulier de chaque individu interné à Auschwitz; et à Moscou, où jusqu'ici l'on détient à l'abri des regards de tous la presque totalité des registres mortuaires (Totenbuecher) établis par les Allemands à Auschwitz de 1940 à 1945 (le reste des registres-- au nombre de deux ou trois-- se trouvant au Musée d'Auschwitz et peut-être aussi sous forme de photocopies à Arolsen, mais là encore toute consultation est interdite).

Ma question est: pourquoi les historiens de l'Holocauste cautionnent-ils cette rétention systématique de documents depuis des dizaines d'années? Qu'attendent-ils pour publier ces documents?

 

Révélations (involontaires) sur la naissance du mythe

 

En 1985 (copyright 1984), David S. Wyman a publié The Abandonment of the Jews/America and the Holocaust, 1941-1945, Pantheon Books. Cet ouvrage, qui s'inscrit dans la tradition des ouvrages identiques d'Arthur Morse, de Walter Laqueur ou de Martin Gilbert consacrés à la connaissance que les Alliés pouvaient avoir d'Auschwitz ou d'autres "camps d'extermination" pendant la guerre, manifeste chez son auteur une crédulité et même une niaiserie que les Européens ont tendance à qualifier d'"américaines". La préface est due au faux témoin Elie Wiesel et le témoignage sur lequel s'ouvre le livre est de Hermann Graebe, faux témoin notoire (voy. Der Spiegel, 29 décembre 1965, p. 268). Pour Wyman, les Alliés auraient dû croire à ce qu'ils entendaient dire d'Auschwitz ou de Treblinka mais ils n'y ont pas vraiment cru. Même à Moscou, en mai 1945, les correspondants de presse américains étaient apparemment inattentifs ou sceptiques. Il écrit:

En plus, apparemment, les correspondants américains ignoraient ou ne croyaient pas les rapports antérieurs sur Auschwitz [antérieurs au fameux rapport soviétique du 6 mai 1945], y compris celui lancé à grande publicité par le War Refugee Board en novembre [1944]. (p. 326n.)

 

Les Alliés avaient bien raison de se comporter ainsi [(9)] et de ne croire ni au WRB Report de novembre 1944, dû principalement à R. Vrba, ni au rapport officiel des Soviétiques sur Auschwitz du 6 mai 1945, c'est-à-dire au document URSS-008, qui, parmi ses quatre signataires, comptait le biologiste Lyssenko et le métropolite Nikolaus ou Nikolai; le premier allait, après la guerre, être démasqué comme un faussaire, tandis que le second avait poussé la complaisance jusqu'à signer la fausse expertise du 24 janvier 1944 attribuant aux Allemands le massacre de Katyn (doc. URSS-054). Page après page, David S. Wyman contribue involontairement à montrer que les révisionnistes ont raison sur deux points essentiels:

1. Les prétendues "informations" sur l'extermination des juifs n'étaient que de confuses rumeurs, vagues, contradictoires, absurdes;

2. Les organisations juives et, en particulier, le Congrès juif mondial, présidé par le rabbin Stephen Wise, multipliaient les pressions auprès des pouvoirs publics et des médias pour présenter ces rumeurs comme des informations.

Le mot de "pressure" (pression) revient à tout instant dans cet ouvrage. La prétendue indifférence ou inactivité des organisations juives américaines pendant "l'Holocauste" est un mythe; la réalité, c'est que, malgré leurs incessantes pressions, ces organisations ont rencontré un grand scepticisme, tout à fait normal quand on considère le manque de substance des prétendues "informations" sur "l'extermination des juifs". En tout état de cause, ce livre révèle, malgré la volonté de son auteur, comment est né et s'est développé durant la guerre le mythe de l'Holocauste et des chambres à gaz. D. S. Wyman se serait épargné bien du travail s'il avait lu le merveilleux texte d'Arthur R. Butz, "Context and Perspective in the "Holocaust" Controversy", présenté à la conférence révisionniste de 1982 et reproduit à la fin des récentes éditions de The Hoax... (p. 335-69).

 

Concessions de P. Vidal-Naquet

 

Pierre Vidal-Naquet vient de rééditer ses écrits antirévisionnistes. L'ouvrage s'intitule Les Assassins de la mémoire (éd. de la Découverte, 1987). L'auteur fait un certain nombre de concessions aux révisionnistes, la première consistant à leur reprocher, en son langage, d'assassiner non pas l'histoire, mais "la mémoire". Il leur donne aussi raison sur toutes sortes de sujets:

- sur le caractère plus que suspect du témoignage attribué au SS Pery Broad (p.45);

- sur la valeur du "matériel engrangé à Nuremberg" (p. 47);

- sur le fait que Simone Veil ait été comptabilisée sous le nom de Simone Jacob comme gazée (p. 65) (soit dit en passant, cela a été aussi le cas du responsable communiste de la plus grande centrale ouvrière francaise, Henri Krasucki, et de la mère de ce dernier; ainsi que de Gilbert Salomon, dit en France aujourd'hui "le roi de la viande", ainsi que de quelques milliers d'autres juifs de France moins célèbres que ces personnages);

- sur la sacralisation du peuple juif grâce à Auschwitz et sur le profit qu'en tirent Israel et certains groupes juifs (p. 125, 130, 162, 214 [notes 90 et 93], 223 [note 90]);

- sur le témoignage du SS Gerstein "bourré d'invraisemblances et de contradictions" (p. 154);

- sur le chiffre des victimes d'Auschwitz: 4 millions d'après les Polonais et les Soviétiques, "autour de trois millions et demi" pour Lanzmann, mais un million pour Vidal-Naquet (personnellement, je croirais plutôt à 50.000 à 60.000 morts mais aucune enquête n'a encore été faite et les registres mortuaires d'Auschwitz sont toujours tenus cachés par les Alliés);

- sur les "chambres à gaz imaginaires" (p. 219, n. 44).

La plus intéressante concession est celle qui porte sur Auschwitz-I: Vidal-Naquet ne croit plus à l'authenticité de la chambre à gaz de ce camp, laquelle est pourtant visitée par des millions de touristes à qui elle est présentée comme authentique (p.1312 et n. 94 de la p. 214). Je rappelle ici que la première personne, parmi les historiens d'origine juive, qui ait affirmé l'inexistence d'une chambre à gaz à Auschwitz I est Olga Wormser-Migot, dès 1968 (Le Système concentrationnaire nazi (1933-1945), Presses universitaires de France); elle écrivait alors: "Auschwitz-I [...] sans chambre à gaz" (p. 157).

Vidal-Naquet a agi en procureur contre les révisionnistes. Il est allé jusqu'à me charger devant un tribunal dans l'affaire Poliakov [voy. "Le révisionnisme devant les tribunaux francais", Annales d'histoire révisionniste, nº7, printemps-été 1989, p. 806]. Pour lui, "on doit discuter sur les révisionnistes... on ne discute pas avec les révisionnistes" (Les Assassins de la mémoire, p. 10). Pour prendre une comparaison avec le sport, Vidal-Naquet estime qu'il est bien plus fort que Faurisson au tennis et que, d'ailleurs, Faurisson triche au tennis. Mais si ce dernier lui propose un match, devant un arbitre et un public, Vidal-Naquet répond qu'il veut bien jouer mais à condition de n'avoir pas d'adversaire en face de lui. Il demande au juge de le déclarer d'avance vainqueur et le public n'aura qu'à entériner le jugement.

Vidal-Naquet est un partisan de la répression contre ceux qu'il appelle "les assassins", "la petite bande abjecte", "les excréments". Mais, expérience faite, la répression sous sa forme judiciaire lui semble malheureusement dangereuse; pour tout dire, les juges de France condamnent les révisionnistes comme on le leur demande mais non aussi sévèrement que l'espéraient Vidal-Naquet et ses amis. Il écrit:

La répression judiciaire est une arme dangereuse et qui peut se retourner contre ceux qui la manient. Le procès intenté en 197 [9] à Faurisson par diverses associations antiracistes a abouti à un arrêt de la cour d'appel de Paris en date du 26 avril 1983, qui a reconnu le sérieux du travail de Faurisson, ce qui est un comble, et ne l'a en somme condamné que pour avoir agi avec malveillance en résumant ses thèses en slogans (p. 182).

 

Ici, le recul des exterminationnistes se mesure au fait que ces derniers sont enfin contraints d'admettre, quatre ans après l'événement, que la cour de Paris avait reconnu le sérieux de mon travail et ne m'avait en somme condamné (lourdement!) que pour avoir, à son avis, agi avec malveillance en résumant mes thèses en slogans. Il ne faut pas oublier que, pendant quatre ans, de 1983 à 1987, on a réussi à cacher le contenu de cet arrêt du 26 avril 1983 ou à le dénaturer jusqu'à dire que j'avais été condamné pour falsification de l'histoire.

 

Autres concessions

 

En France, certains auteurs juifs ne croient plus aux chambres à gaz ou conseillent de ne pas trop s'appesantir sur un examen de l'existence de cette arme prodigieuse.

C'est le cas de Joseph Gabel qui écrit que c'est "avec une réelle habileté que Faurisson a su exploiter les fautes de ses adversaires" et su "faire dévier le débat vers les positions les moins solides des "exterminationnistes" (sic): le chiffre exact des victimes et les problèmes techniques posés par le fonctionnement des chambres à gaz". Il ajoute:

Il était inutile et dangereux d'entrer dans un tel débat [sur les problèmes techniques posés par le fonctionnement des chambres à gaz]. Il suffit de constater que le gazage en masse pose des problèmes techniques [...] qu'il n'appartient pas aux victimes d'en fournir la clé [...]. Cette discussion sur les aspects techniques du génocide, devant un public plus riche en préjugés qu'en connaissances, a constitué une faute tactique. MM. Vidal-Naquet, Wellers et leurs collègues se sont battus sur le terrain choisi par l'adversaire (Réflexions sur l'avenir des juifs, Klincksieck, 1987, p. 135-6).

 

Le périodique Article 31 n'a pas hésité à publier une lettre d'Ida Zajdel et de Marc Ascione (janvier-février 1987, p. 22) qui développe la thèse selon laquelle les chambres à gaz n'ont jamais existé; elles ont été inventées par l'imagination de certains SS qui ont ainsi glissé dans certaines de leurs "confessions" une "bombe à retardement" contre les juifs.

Une revue de niveau universitaire comme Holocaust and Genocide Studies, de fondation toute récente, manifeste que même les responsables de Yad Vashem ont maintenant conscience qu'il n'est plus possible pour les historiens d'écrire l'histoire de l'Holocauste avec le mépris de la vérité qui, jusqu'ici, était de règle. Je conseille aux révisionnistes une lecture attentive de cette revue dont les responsables sont Yehuda Bauer et Harry James Cargas. J'observais depuis quelques années les publications de Yehuda Bauer; je notais chez ce dernier une tendance "révisionniste" à s'interroger sur la politique nationale-socialiste vis-à-vis des juifs et sur certains éléments qui suggèrent que celle-ci visait à garder pendant toute la guerre des contacts avec les juifs des milieux internationaux afin de faciliter une émigration et non une extermination des juifs européens ("Europa-Plan", rôle modérateur de Himmler, affaire Joel Brand, tractations avec les juifs tchèques, suédois, suisses, hongrois). Même sur la question des Einsatzgruppen, on a conscience que presque tout ce que propageaient les exterminationnistes est à revoir et, en particulier, les chiffres des exécutions (Holocaust and Genocide Studies, vol. 2, nº2, 1987, en particulier les pages 234-5).

 

Conclusion

 

Seuls des révisionnistes de fraîche date peuvent s'imaginer que le révisionnisme l'emportera sur l'exterminationnisme comme le jour finit par l'emporter sur la nuit. En réalité, les mensonges de l'exterminationnisme continueront de s'imposer dans le grand public pendant des dizaines d'années. Pour venir à bout des fables d'une guerre, il semble qu'il faille une autre guerre. Sans le dernier conflit mondial (1939-1945), peut-être la fable des enfants belges aux mains coupées par les "Boches" durant la première guerre mondiale resterait-il vivace aujourd'hui encore dans l'esprit du grand public.

Comme l'a montré Arthur R. Butz (The Journal of Historical Review, printemps 1980, p. 9), la légende de l'Holocauste repose sur des pieds d'argile. Ce colosse peut encore encombrer notre horizon pendant un temps considérable. Plus les révisionnistes chuchoteront que ses pieds sont d'argile et plus les religionnaires de l'Holocauste nous assourdiront de leur tam-tam. Sur le plan universitaire, ils affecteront de multiplier les "colloques" qui ne seront, en fait, que des soliloques. Déjà, pour le proche avenir, s'annoncent le nouveau "colloque de la Sorbonne" (10-13 décembre 1987), qui n'est pas à confondre avec le premier "colloque de la Sorbonne" (29 juin - 2 juillet 1982) et, surtout, le "colloque d'Oxford" (10-14 juillet 1988). Ce dernier se déroulera sous l'égide de Mrs. Maxwell ou, plus exactement, de son époux Robert Maxwell, le magnat de la presse britannique, un milliardaire d'origine juive. Il est destiné à faire honte aux chrétiens de leur prétendue indifférence au prétendu Holocauste des juifs.

Je doute que, sur le plan universitaire, le lobby exterminationniste parvienne à un succès autre que d'intimidation des historiens. Il va devenir de plus en plus clair que ce lobby n'apporte rien à la science historique: ni un document nouveau, ni une idée nouvelle. Les historiens exterminationnistes ne peuvent à la rigueur évoluer que dans le sens du révisionnisme. C'est ainsi qu'on a vu surgir le "fonctionnalisme" par opposition à l'"intentionnalisme" et c'est ainsi que, depuis peu, se développe en Allemagne avec Hillgruber, Nolte, Fest..., une nouvelle appréciation (et relativisation) de l'Holocauste que, pour ma part, j'ai immédiatement qualifiée, en allemand, d'Ersatzrevisionismus. A la lisière de ce "succédané de révisionnisme" et du véritable révisionnisme, on voit se tapir, dans l'attente de jours meilleurs, des historiens de valeur comme Helmut Diwald, Alfred Schickel et David Irving. Chez les révisionnistes, une nouvelle génération se lève avec, en particulier, Mark Weber (E.-U.), Carlo Mattogno (Italie) et Enrique Aynat Eknès (Espagne). Je connais d'autres noms que, pour des raisons d'opportunité, je préfère ne pas donner encore.

 

Le Shoah-business va prospérer. Les Musées de l'Holocauste vont se multiplier et la propagande holocaustique va envahir les Iycées et les universités. Les camps de concentration vont devenir des attractions comparables à Disneyland. Il suffit de visiter aujourd'hui ces camps pour se rendre compte que, dans deux ou trois cents ans, ils seront encore là: leur valeur touristique est manifeste. La Pologne n'attire guère les touristes à monnaie capitaliste sauf pour Auschwitz, Majdanek, Treblinka et quelques autres camps. Les "tour operators" commencent à mesurer le profit qu'ils peuvent tirer de ces endroits où il n'y a rien à voir dans la réalité mais où on multipliera, par conséquent, les "symboles". Moins il y aura à voir par les yeux et plus on donnera à voir en imagination. A ce point de vue, Treblinka est un lieu idéal. Tout y est symbolique: l'entrée du camp, ses limites, les rails de chemin de fer, la rampe d'accès, le chemin vers les chambres à gaz et vers les bûchers de plein air, l'emplacement de ces chambres et de ces bûchers. A Treblinka, on songe au mot de l'humoriste Alphonse Allais: "Saint Bol, priez pour nous!" Les autorités polonaises créeront, par conséquent, sur place un musée d'autant plus gigantesque que le camp proprement dit, dans sa réalité, était exigu (pas même 200mx 50m). Déjà, en Allemagne de l'Ouest, en Allemagne de l'Est et en Autriche, il n'existe probablement plus un seul écolier, ni un seul soldat ou policier qui n'ait eu à visiter un ou plusieurs camps de concentration pour s'y pénétrer des horreurs du national-socialisme et, par comparaison, pour s'y convaincre des vertus des régimes "démocratiques" en place. On n'imagine pas un gouvernement qui prendrait la responsabilité de renoncer un jour à cette forme, si aisée, d'endoctrinement idéologique.

Il n'y a pas de raison qu'Israel et le Congrès juif mondial atténuent leurs exigences et leurs efforts dans la promotion de la religion holocaustique. Des milliardaires d'origine juive comme, en France, le baron Rothschild, en Grande-Bretagne Robert Maxwell, en Italie Carlo de Benedetti, en Australie Rupert Murdoch, à Moscou Armand Hammer, aux Etats-Unis et au Canada Edgar Bronfman, vont probablement obtenir de plus en plus d'argent (car il est douteux qu'ils en dépensent eux-mêmes) pour contrecarrer les effets du scepticisme révisionniste. La fortune personnelle d'E. Bronfman, président du Congrès juif mondial et empereur de l'alcool, est évaluée à 3 milliards 600 millions de dollars. Les révisionnistes francais, eux, pèsent pour ainsi dire 3 francs 6 sous. Mieux vaut donc ne pas entretenir d'illusions sur les chances d'un succès du révisionnisme auprès d'un grand public dont la presse est contrôlée par ces magnats.

On me dira qu'un miracle est toujours possible. La situation politique mondiale peut évoluer dans un sens favorable au révisionnisme. Qui sait si le monde arabo-musulman ne se lassera pas un jour de répéter sur l'Holocauste des juifs la lecon qu'on lui a apprise? Qui sait si le monde communiste, avec les brusques changements de cap de sa politique intérieure et extérieure, ne jugera pas le moment venu de "rectifier" l'histoire officielle de Katyn et d'Auschwitz et de donner libre accès, par exemple, aux Totenbuecher d'Auschwitz? Qui sait si les historiens du Tiers-Monde ou de l'ex-Tiers-Monde ne vont pas, un jour, tenter d'écrire de leur point de vue l'histoire de la seconde guerre mondiale sans trop se soucier des tabous du monde occidental?

Le destin des révisionnistes sera pour longtemps de travailler dans l'obscurité et le danger. Leur aventure s'apparente à celle de la Renaissance où quelques esprits, un peu partout en Europe, de manière simultanée et spontanée, se sont pris à lutter contre l'obscurantisme.[(10)] Ces chercheurs de la Renaissance pratiquaient le retour aux textes, l'analyse critique, la vérification matérialiste; ils préféraient le doute à la croyance; ils allaient de la foi à la raison. C'est dans le même esprit que le révisionnisme se trouve remettre en cause tout un système de croyances propres au monde occidental et tout un ensemble de tabous religieux et politiques. En ce sens, il est, selon le mot de l'avocat Pierre Pécastaing, "la grande aventure intellectuelle de la fin de ce siècle".[(11)]

 

| 1e partie |


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