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ILS VEULENT LA GUERRE SUR INTERNET

Il y a des gens qui ne supportent pas que les autres parlent, s'expriment. Très satisfaits d'une situation française où les lois permettent de baillonner efficacement les révisionnistes, les trois salopards qui ont écrit le texte ci-dessous veulent à tout prix aboutir à la même situation, au même infini silence, sur Internet. Ils sont attachés à nos basques depuis des années, ils nous "surveillent", ils nous dénoncent sur tous les tons à toutes les polices, ils intriguent, ils se vêtent de lin candide etr cachent soigneusement leurs qualité d'anciens militaires de Tsahal, l'armée coloniale d'Israël. Les massacreurs viennent ici, jusque dans nos campagnes, nous donner des leçons. C'est le monde à l'envers! Ils se prennent pour des sauveurs:

"Dès le début de l'offensive négationniste sur l'Internet, des individus décidés et exemplaires ont entrepris ce travail de démontage." p. 63

"Les textes de Pierre Vidal-Naquet, disponibles sur le Web, ont montré la voix. Mais il reste presque tout à faire. On peut, on doit, traduire en français les analyses les plus pertinentes de Nizkor et du Holocaust History Project. On peut, on doit prendre les textes de Rassinier, de Faurisson et consorts et démonter leurs mensonges un par un. C'est faisable." p. 63-4.

C'est faisable, disent-ils. Mais difficile à faire. Ils vont le faire. Plus tard.
Nos lecteurs ont le droit de savoir comment les bouchers de la Palestine entendent faire règner leur ordre en France et sur l'Internet. C'est pourquoi nous mettons à leur disposition ce pamphlet qui est un des plus violents appels à la suppression de la liberté que nous ayons vu depuis longtemps. Nous n'y avons rien changé. Quelques [sic] en gras expriment notre étonnement devant des mots ou des phrases qui ne tiennent pas debout.

LE NEGATIONNISME SUR INTERNET -

GENESE, STRATEGIES, ANTIDOTES

par Gilles KARMASYN,

en collaboration avec Gérard Panczer et Michel Fingerhut *

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«Le discours négationniste nie la politique d'extermination nazie à l'encontre des Juifs dEurope. Il s'agit d'une double négation: d'une part, la négation de la volonté d'extermination du IIIe Reich et, par là même, de l'emploi de la chambre à gaz homicide [...]; d'autre part, la négation de l'anéantissement systématique, massif et industriel de la communauté juive (1).»

«"Maintenant, c'est réglé ". Je leur demande ce qui est réglé. Ils me répondent "Notre possibilité de nous exprimer. Nous ne voyons pas comment on pourrait nous empêcher de nous exprimer sur Internet ". [...] Je me tiens au courant de ce qui se jàit sur Internet (le grand spécialiste étant Serge Thion) (2)

* Gilles Karmasyn est spécialiste en systèmes d'informations. Il effectue des recherches sur l'histoire de la Shoah et le négationnisme depuis plusieurs années. Il est responsable du site web «phdn»: http://www.phdn.org/. Gérard Panczer est enseignant-chercheur à l'université Claude-Bemard (Lyon-1). Il collabore au site web «amnistia»: http://www.amnistia.net/. Michel Fingerhut pratique l'informatique depuis 1966, l'Internet depuis 1979, et diffuse des ressources documentaires sur le génocide nazi, sa négation et sujets connexes depuis qu'il a «rencontré» le négationnisme en 1984. Il est responsable du site web «anti-rev»: http://www.anti-rev.org/.

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A la suite de l'introduction à ses Ecrits révisionnistes (1974-1998), Robert Faurisson (3) déclare:

«La rumeur nous dit qu'un nombre croissant de textes du professeur Faurisson se trouvent sur Internet, ce qui ne laisse pas d'étonner leur auteur qui n'utilise, pour sa part, qu'un vieux stylo-plume (4)».

Sur le site web de Raeto West, proche de l'écrivain négationniste britannique David Irving (cf. infra), et défenseur du négationnisme, on trouve une traduction en anglais de l'introduction de l'ouvrage de Faurisson. A la fin, on peut lire: «Original plain text English translation emailed hy Faurisson's sister. (5)»

La soeur de Faurisson transmet les textes de son frère aux sympathisants et Faurisson prétend être surpris? (6) Présence effective des négationnistes sur l'Internet et dénégation stratégique et hypocrite de toute responsabilité sont intimement liées.

En 1936, une des premières émissions de télévision fut la retransmission du discours d'ouverture des Jeux olympiques par Hitler. Les nazis ont su tout autant exploiter la radio. Les activistes de toutes les sectes sont souvent parmi les premiers à utiliser, lorsqu'ils en ont les moyens, les nou-

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veaux médias. Le Liberty Lobby de Willis A. Carto (7), par ailleurs co-fondateur de l'Institute for Historical Review (8), principale officine négationniste anglo-saxonne, revendiquait, en 1989, 147 stations de radio sur le territoire américain, pour 1,5 million d'auditeurs (9). Les médias traditionnels continuent d'être la cible des extrémistes. Cependant, l'Internet est devenu ces dernières années l'enjeu le plus important pour les propagandistes de haine.

Mais l'Internet est-il un média? Quelles formes en constituent des moyens de communication, des moyens d'information, des moyens de diffusion? On ne traitera pas ici de ces questions, mais il convient de constater qu'il est difficile de ne pas mentionner leur existence et leur pertinence. On pourra se reporter aux ouvrages de Dominique Wolton (10). Conservons déjà à l'esprit certains ordres de grandeur: à l'automne 1998, il y avait, en France, un million d'«internautes», quatorze millions de minitels et vingt-trois millions de téléviseurs (11)...

Le contenu disponible sur l'Internet n'est pas original en soi. Une nouveauté apportée par l'Internet réside dans le fait que n'importe qui peut s'y faire diffuseur: avec l'Internet, plus de problème de moyens pour informer. Ou désinformer. Une autre nouveauté tient aux vitesses de diffusion et d'accès à ces contenus. Pour Patrick Moreau:

«L'essentiel dans le phénomène Internet est la mise à disposition immédiate de l'information pour qui la cherche, et ce que cela veut dire pour nos normes de droit et les capacités d'investigation des autorités de police et de justice (12)»

Enfin, une troisième nouveauté tient à la possibilité de «délocaliser» la source physique d'émission de cette information. N'importe qui, depuis la France, peut disposer d'une page web physiquement hébergée aux Etats-Unis ou aux îles Caïmans.

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L'Internet (13), qui existe depuis trente ans, n'a atteint le grand public qu'au cours des dix dernières années, avec une véritable explosion depuis 1994. Avec quelques milliers de francs, voire gratuitement pour les édudiants et les lycéens de plus en plus nombreux, ou pour les employés d'entreprises équipées, on peut disposer d'un accès à l'Internet, c'est-à-dire des diverses formes de communications qu'il permet, courrier électronique, listes de discussions, forums de discussions, IRC, web (14).

Pour des sommes tout aussi modiques, n'importe qui peut répandre ses discours sur le «réseau des réseaux» et espérer des milliers de lecteurs dans le monde entier, de façon quasi instantanée. Les personnes connectées peuvent échanger, où qu'elles soient, des informations avec un bon degré de confidentialité. Le contrôle en est rendu difficile par le caractère hautement décentralisé du réseau.

Les fanatiques de tout poil ont fait de l'Internet leur instrument de prédilection à la fois comme outil de communication entre eux et comme média de propagande.

Antisémitisme et négationnisme ont donc trouvé «naturellement» en l'Internet leur terrain et moyen d'expression favori. Cette étude a pour but de présenter comment les négationnistes l'utilisent. Elle n'est ni l'étude du négationnisme en tant que tel, ni une introduction à l'Internet, deux sujets pour lesquels il existe des bibliographies abondantes.

Avant d'entamer ce gros plan sur un des aspects les plus répugnants de l'usage de l'Internet, il convient de rappeler qu'il ne s'agit pas de pousser des cris d'orfraie contre ce média, ni contre son contenu en général. Sur les dizaines de millions de pages, sur les milliers de listes et de forums de discussions, seul un petit nombre dispense un contenu haineux. Et à mesure que le temps passera, les diffuseurs de haine et de falsifications retrouveront, d'un point de vue statistique, la place qui est la leur dans la société civile: infime. Cependant, pour l'instant, nous sommes dans une phase critique où ce rééquilibrage n'a pas encore eu lieu. Le problème provient du fait que, sur l'Internet, le degré de visibilité, n'est plus forcément en rapport avec la représentativité ou le sérieux des vues exprimées.

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«Préhistoire» de l'activisme sur ordinateurs

A la fin des années 80, aux Etats-Unis, des groupuscules racistes, principalement des «suprémacistes blancs», proposaient des numéros de téléphone aboutissant à des répondeurs diffusant leur propagande. Tom Metzger (15), fondateur de White Aryan Resistance (WAR), après un passage par le Ku Klux Klan, diffusait des émissions pour la télévision par câble. Son organisation était déjà, et est toujours, une grande utilisatrice des répondeurs. Les messages qui y sont diffusés vont jusqu'à des menaces de mort à peine déguisées (16). WAR a eu une importante influence sur les skinheads américains et canadiens dans les années 80 et au début des annécs 90. En 1984, Tom Metzger fondait le premier Bulletin Board System (BBS*) d'une organisation raciste. Les possesseurs d'ordinateurs individuels, encore rares à l'époque, qui s'y connectaient y trouvaient textes, programmes et messageries racistes.

Louis Beam fut Grand Dragon du Ku Klux Klan et l'un des responsables de son organisation paramilitaire, les Knights of the Ku Klux Klan (17). En 1981 il devenait «ambassadeur» d'Aryan Nations (18), une organisation proto-nazie prônant haine et violence, dans la mouvance «Christian Identity» (5). Au milieu des années 80, Beam a organisé un réseau de BBS racistes qui permettaient aux activistes de rester en contact et de se tenir au courant de leur «actualité». On pouvait y trouver une liste de cibles

[12]
d'assassinats (politiciens, policiers, militants des droits de l'homme, etc.) avec attribution de points à l'assassin selon l'importance de la personne assassinée... (20)

En 1993 on découvrait en Allemagne l'existence d'un réseau de BBS néo-nazis, le réseau «Thule» (21). Mille cinq cents activistes s'y maintenaient en contact, échangeant informations, dates, plans de bombes, cibles potentielles, photos et coordonnées de militants antifascistes (22). Il s'agissait d'un véritable outil de coordination des groupuscules néo-nazis allemands, opérationnel depuis l'automne 1992 (23), en même temps qu'un outil de camouflage, à une époque où la police n'avait pas encore appris à faire face à ce genre d'utilisation des ordinateurs (24). Rand C. Lewis écrit qu'en 1993 le courrier électronique était devenu le moyen de communication privilégié des groupuscules néo-nazis (25). En fait, les groupes néo-nazis allemands utilisaient l'outil informatique depuis longtemps déjà, notamment le Minitel allemand, le BTX (26). Des réseaux de BBS néo-nazis ont existé dans toute l'Europe. (27)

On constate que ces premières expériences étaient le fait des franges les plus extrémistes de groupes véhiculant une haine tendance «nationaliste-raciste-mythologique» et pas encore «antisioniste-antisémite- négationniste» (28). Cette tendance se déploiera avec l'Internet. Et là aussi ce seront encore les franges les plus radicales, celles qui agissent aussi par d'autres

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moyens qui occuperont le terrain de la propagande raciste, antisémite et négationniste.

On constate également, que les premières expériences d'utilisation d'ordinateurs par les activistes de la haine étaient plutôt orientées vers des usages internes. Il s'agissait moins de faire de la propagande vers un public qui, de toute façon, ne disposait majoritairement pas encore de l'outil informatique, que de permettre aux membres de tous ces groupuscules d'échanger des informations et de coordonner leurs activités. Il s'agissait moins d'un choix que d'une conséquence du type de technologie employée. Sur l'Internet, ce type d'utilisation demeure aujourd'hui encore extrêmement important, notamment via l'utilisation du courrier* électronique (29) et des listes de diffusion* privées.

Il faut cependant signaler dès à présent le premier BBS négationniste, à vocation «externe», le «Banished CPU», créé en 1991 par «Maynard» alias de Dan Gannon. Ce BBS était en fait une officine de l'IHR (cf infra), basée à Portland où Gannon avait l'habitude de distribuer des tracts négationnistes. Il deviendrait, à l'heure de l'Internet, joignable à partir du réseau. Gannon proposait sur son BBS les pamphlets de l'IHR, dont il inonderait bientôt les forums de discussion (cf. infra).

L'Internet comme technologie de remplacement des premiers BBS

L'utilisation de BBS perdure même avec la généralisation de l'Internet. Mais les modes de communication que procure l'Internet au travers de son premier outil, le courrier électronique, permettent de rendre des services analogues. Il existe des dizaines de milliers de listes* de diffusion, dont les membres -- de quelques individus à des milliers, selon la liste -- communiquent par courrier électronique (30). L'une des plus connues dans le petit monde raciste et nationaliste est celle de Stormfront, dans laquelle les participants discutent, communiquent, coordonnent et échangent des informations pratiques et des ressources sur des thèmes liés au nationalisme et au

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suprémacisme blanc, principalement américain, mais aussi nord-européen et mythologique, incluant donc des sujets secondaires consacrés à l'antisémitisme et au négationnisme. On y trouve parfois quelques participants français, en général très minoritaires. Il est bien évident que la nature privée de ces forums empêche d'en faire un recensement, mais ce mode de communication est bien approprié aux échanges de cette nature recherchant en général la discrétion. Dans le même esprit, on peut s'abonner à nombre de publications électroniques racistes que l'on reçoit ainsi directement dans sa boîte aux lettres de courrier électronique. Patrick Moreau en a donné une liste non exhaustive (31). On y retrouve tous les acteurs des mouvements suprémacistes blancs, Ku Klux Klan, Aryan Nations, etc., ainsi que la publication électronique d'Ernst Zündel, principal négationniste canadien, sur lequel nous reviendrons.

Evoquons ici l'IRC (Internet Relay Chat), bien qu'il soit postérieur aux forums de discussion. Il s'agit d'un mode de communication interactive (32) permettant de créer instantanément des forums, d'y réunir autant de participants que l'on le souhaite ou d'en limiter l'accès, d'y «dialoguer» en temps réel (à l'aide du clavier), d'y échanger des photos ou d'autres fichiers informatiques, ces forums disparaissant dès le départ du dernier participant. Connu notamment pour ses forums à caractère sexuel (33), il sert aussi de moyen de rencontre à des néo- nazis, skins et autres individus et groupes de ces mouvances, de façon beaucoup plus discrète. La violence des propos qui y sont tenus est telle qu'on peut considérer que l'IRC sert «au défoulement psychanalytique des utilisateurs». (34)

Ces modes de communication sont encore dans le prolongement des premiers BBS, destinés aux échanges internes. L'Internet perrnet d'autres approches que les extrémistes ont su mettre à profit. Pour Kenneth Stern:

«L'Internet, étant donné sa capacité à véhiculer folles rumeurs et spéculations gratuites à grande vitesse, est le média idéal pour nourrir les théories du complot. Car, bien qu'il s'agisse du média le plus démocratique, il ne fournit pas les moyens de contrôle et d'équilibre des formes traditionnelles: rédacteurs en chef de journaux, équipes de direction des radios et sta-

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tions de télévision. Même les auteurs de feuilles racistes devaient prendre des décisions éditoriales sur ce qui aurait pu les gêner (35).»

 

Les forums de discussion; «Usenet» et l'essor des propagandes de haine et de négation

Bien avant l'avènement du web, les principaux modes d'échanges et de communication sur l'Internet étaient strictement «textuels». Il s'agissait du courrier électronique, des listes de diffusion évoquées ci-dessus et, surtout, des forums (36) de discussion. Au moment où l'utilisation d'Internet se généralisait mais ne connaissait pas encore l'explosion de la seconde moitié des années 90, ces modes de communication étaient utilisés par les activistes pour les échanges internes et de plus en plus pour la propagande vers un public dont le nombre allait grandissant. Le «lieu» de diffusion de cette propagande fut au début des années 90, et demeure souvent, les forums de discussion. Ce mode de communication est apparu sur les réseaux bien avant le Web et continue à être un véhicule important de discussion publique sur tout sujet (professionnel ou autre). Les négationnistes ont commencé à y envoyer leur propagande (en anglais, principalement) dans les forums consacrés à l'Histoire.

Les tactiques de propagande sur les forums de discussion ont été explicitées par un militant raciste américain, Milton J. Kleim, dans un texte à usage interne intitulé «Des tactiques et de la stratégie pour Usenet». Milton J. Kleim écrivait notamment:

«Usenet offre d'énormes opportunités pour l'Aryan Resistance de disséminer notre message auprès des candides et des ignorants. L'Etat ne peut pas encore nous empêcher de "promouvoir" nos idées et nos organisations sur Usenet... Il est temps MAINTENANT de vous saisir de cette arme qu'est le Net et de vous en servir avec science et intelligence tant que vous pouvez encore le faire librement... Chaque "cyber-guerrier" doit obtenir la liste de tous les forums de discussion disponible sur son système et rechercher la liste de ceux qui conviennent à nos articles .» (37)

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La première opération d'envergure de négationnisme a concerné la négation du génocide arménien. (38) Un individu, ou un groupe se présentant sous l'identité de «Serdar Argic» (39), a, pendant deux ans, de 1992 à 1994, littéralement inondé les forums de discussion d'articles niant la réalité du génocide arménien. Dans certains forums de discussion consacrés à l'Histoire, aux Arméniens ou à la Turquie, mais parfois aussi dans des forums sans lien apparent avec ces sujets, dès que le thème semblait abordé, des dizaines d'articles négationnistes étaient envoyés, toujours plus ou moins les mêmes, contenant les poncifs classiques de cette négation-là (délires accusant les Arméniens de génocide contre les Turcs et autres falsifications habituelles). L'entité «Argic» ne répondait pas aux courriers électroniques, ni aux réponses à ses articles autrement que par de nouvelles salves de la même propagande. La nuisance que représentait Serdar Argic était telle qu'il fut considéré comme la sixième «personne» la plus malfaisante de Usenet*. On n'a jamais pu savoir avec certitude qui était («étaient» ?) Serdar Argic, mais il semble bien que l'entité Serdar Argic ait été «téléguidée» par des intérêts turcs. Un employé d'ATT, Hasan B. Mutlu, a été accusé d'être Argic sans que cela soit définitivement prouvé (en fait, il aurait pu être victime d'un piratage), puis le responsable d'un site internet hébergé dans le Minnesota, un certain Ahmet Cosar. D'autres «argicologistes» soutiennent qu'il s'agissait en fait d'un programme analysant les articles parus sur les forums à la recherche de mots clés déclenchant l'envoi d'articles négationnistes. Cela expliquerait certaines bizarreries: Ken Arromdee signait ses articles d'une citation évoquant la dinde de Noël («turkey» en anglais). Ces articles déclenchaient systématiquement des réponses de Serdar Argic... En 1994, du jour au lendemain, c'était fini. Pour certains, parce que Cosar avait quitté l'université du Minnesota et, pour d'autres, parce que le gouvernement turc aurait décidé dc cesser d'utiliser cette méthode de propagande. Quoi qu'il en soit, avec Argic l'Internet entrait dans l'ère de la propagande de masse, haineuse, difficilement contrôlable et dont on a du mal à identifier les responsables...

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Presque à la même époque où sévissait Serdar Argic, la négation du génocide juif connaissait une campagne de propagande d'ampleur comparable, sur les forums de discussion. Son auteur étant Dan Gannon, responsable du BBS négationniste «Banished CPU», qu'il avait créé en 1991. Gannon a repris la technique «Argic» en inondant les forums de discussion historique, sur l'Allemagne, sur le judaïsme, d'une avalanche de tracts et longues ratiocinations négationnistes, produites essentiellement par l'Institute of Historical Review (40), et déjà disponible sur son BBS. Il offrait ainsi au matériel négationniste sa première plate-forme électronique publique sur Internet. Contrairement à Serdar Argic, dont on n'a jamais été sûr de l'identité, Dan Gannon, même s'il a envoyé ses articles sous de nombreuses identités (Ralph Winston, Maynard, Foxy Roxy, Pete Faust...), tout en niant être l'auteur des articles en question, a toujours clairement pu être identifié comme l'auteur de cette campagne qui n'a jamais véritablement cessé. La nuisance (41) induite par Dan Gannon a eu plusieurs conséquences. Un certain nombre de personnes dégoûtées par cette propagande ont entrepris de la réfuter systématiquement. Les articles de Gannon étaient ainsi suivis de réfutations en bonne et due forme, certes, mais qui contribuaient également au «bruit» engendré par Gannon. Le seuil de tolérance des lecteurs de ces forums ayant été dépassé -- non pas par les contenus mais plutôt par la méthode consistant à envoyer une masse de textes, souvent répétés -- ceux-ci furent relégués dans un forum consacré au négationnisme (42), disponible aussi sur l'Internet français (43). La propagande négationniste, la plupart du temps, accompagnée d'articles «purement» antisémites et de beaucoup de propagande anti-israélienne, y trouve aujourd'hui une tribune pour s'exprimer; Dan Gannon et de

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nombreux autres propagandistes y déploient leurs falsifications mais ne «polluent» plus, ou plus trop, les autres forums de discussion. Une sorte d'accord tacite s'est établi entre la «communauté internet» et les propagandistes: pourvu qu'ils réservent leurs excès à des forums dédiés, on ne les empêche pas de s'exprimer. Dès le début des années 90, Tom Marcellus, alors directeur de l'IHR, avait identifié les forums et les messageries électroniques comme un moyen d'atteindre des millions de lecteurs dans le monde entier. (44) Fin 1992, début 1993, des textes négationnistes étaient diffusés sur un réseau informatique européen reliant entre eux des centres sociaux autogérés. (45)

Racisme, antisémitisme et négationnisme sur les forums de discussion francophones

Les textes négationnistes francophones sont apparus à partir de l'été 1995, précédés par une série de blagues antisémites et racistes émises à partir de la Belgique dans un forum francophone consacré à l'humour. (46). De là, le phénomène se déplace vers deux autres forums francophones généralistes, (48) avec l'apparition de plusieurs autres négationnistes belges (49) et cana-

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diens (49), avec quelques incursions de négationnistes non francophones européens (50) ou autres.

Quant aux participants français ou émettant à partir de la France, ils s'expriment de façon plus discrète, au vu des lois en vigueur, (51) ou alors utilisent des «serveurs d'anonymisation» (52) situés à l'étranger (Etats-Unis, Pays- Bas, Finlande ou ailleurs) pour émettre impunément. On doit noter tout de même que ce type de discours devient de plus en plus explicite, avec une indifférence croissante de la majorité des lecteurs pour les contenus de ce genre. Quant aux fournisseurs (français) d'accès internet de ces individus, ils ne répondent pas aux plaintes, en général, mettant en doute l'efficacité réelle de tous les projets idéalistes d'«autorégulation» proposés par quelques associations de militants pour la «liberté de l'expression» (et du commerce) sur Internet.

Il faut noter que l'indifférence, ou l'accoutumance croissante aux discours racistes et négationnistes dans les forums francophones, suit la même évolution que pour les discours racistes. En 1995, certains propos n'auraient pu être impunément tenus. En 1999, quelqu'un pouvait multiplier, sans conséquence, des interventions sur le forum fr.soc.politique, du genre:

«Mais ils NE sont PAS comme les autres !!! A part ceux qui ne "pensent" pas en juifs et pour lesquels j'ai le même respect que mes conci-

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toyens, les autres se mettent tout de suite en bande comme les francs-maçons qui, quand l'un d'eux est attaqué, crie: «A moi, la veuve!» et tous les autres rappliquent...». (53)

Le même intervenant a écrit, tout aussi impunément:

«Il s'agit là de leur principal fonds de commerce. Après avoir fait de l'argent sur les banques européennes et américaines avant 39, ils ont fait de l'argent sur leurs morts après 45.» (54)

Et encore, à propos des Noirs américains:

«Et bien s'ils sont "si " malheureux que cela, qu'ils retournent en Afrique ! En plus, ils choperont le sida.» (55)

Ou encore:

«La mère Veil est une immonde pouffiasse qui, je le répète, est à l'origine d'une loi qui a tuéplus de Français qu'Hitler. Son passé de déportée non seulement ne lui sert pas d'excuse mais, au contraire, la fait mettre au ban des humains, car elle, au moins, devrait savoir ce qu'est l'assassinat d'innocents. Elle nous a montré que cela ne lui avait pas servi de leçon... et qu'elle pouvait même en donner sur ce thème! Quant à ton allusion sur sa "douloureuse" captivité, je n'étais heureusement pas là pour pouvoir témoigner, mais, quand on voit cette grosse truie, elle n'a pas dû beaucoup souffrir de malnutrition, car les vrais prisonniers n'avaient pas besoin d'aller suivre des régimes amaigrissants dans les centres de thalassothérapie pour s'empiffrer homards, langoustes, fruits de mer, tournedos et filets... ce qu'elle faisait régulièrement quand elle était présidente du Conseil européen!» (56)

Il faut remarquer deux choses: le forum fr.soc.politique s'est transformé en cloaque qui sert d'exutoire à tous les extrémistes qui peuvent y tenir leurs discours de haine, principalement anti-arabes et anti-immigrés, sans être inquiétés: c'est, de fait, et non de droit, une zone de non-droit, mais ce forum n'est absolument pas représentatif de la plus grande partie des forums

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de discussion francophones, qui fonctionnent sur des bases saines, hormis fr.soc.histoire, régulièrement envahi par les négationnistes, les partisans du régime de Vichy ou encore des thuriféraires du régime nazi. Propos antisémites, violemment anti-israéliens, discours de zélateurs du Front national, théories racistes dignes du pire eugénisme des années 30 se déploient régulièrement sur fr.soc.politique et, dans une moindre mesure, fr.soc.histoire, sans toutefois «polluer» les autres forums francophones.

On a pu lire sur le forum fr.soc.histoire la présentation suivante, quasi «révisionniste», de l'Affalre Finaly (57):

«Putain! Quel culot! "séquestrés"! Vous êtes vraiment un beau représentant de la secte du mensonge dans toute son horreur! Le révisionnisme illustré! La pauvre femme avait recueilli des orphelins dont les parents avaient été victimes de la guerre et des étrangers israéliens à idéologie racialiste sont venus lui enlever avec la complicité de la justice! Pour les emmener à l'étranger. Ca rappelle un peu les moeurs de certains Allemands ou certains Algériens plus récemment.
Y a vraiment pas plus menteur que les idéologues racialistes de l'odieuse secte qui finit toujours par cracher sur ceux qui secourent ses membres.» (58)

Ce genre de réécriture de l'Histoire est plus difficile à mettre en oeuvre pour le génocide juif, car pénalisée, et n'est alors tentée que par de rares, mais acharnés, individus. La très grande majorité de ceux qui interviennent le font en s'attaquant de façon incantatoire à la loi Gayssot (59) sous prétexte de défense de la liberté d'expression. Les mêmes tiennent, par ailleurs des discours directement inspirés par le Front national. Certains utilisent dans leurs articles dénonçant la loi Gayssot les tics langagiers de l'extrême droite, (60) voire des conventions directement dictées par les négationnistes. Ainsi, tel intervenant qui prend régulièrement la défense des négationnistes poursuivis

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par la justice française commence souvent ses articles par l'«avertissement» suivant:

«Avertissement: ce message est diffusé sous le régime de la loi du 13 juillet 1990, dite loi Gayssot, qui a supprimé la liberté de recherche historique, réintroduit le délit d'opinion et considérablement restreint la liberté d'expression en France.» (61)

Cet intervenant utilise des orthographes volontairement faussées, telles «mémouare», et, plus marquée, «médiat». L'ajout du «t» à «média» est une convention préconisée par le négationniste Pierre Guillaume. (62) D'autres personnes, dont Roger Garaudy, utilisent plus ou moins régulièrement la mêmc orthographe. Cette frange frileuse reste malgré tout sur le bord de la fosse négationniste et n'y pénètre jamais. D'autres encore, un peu moins nombreux, font du négationnisme par la bande, avec autant de constance que de mauvaise foi. Ce sont de faux candides qui pratiquent ce que l'historien allemand Eberhard Jâckel appelait «la misérable pratique de l'insinuation». Bien qu'Eberhard Jâckel ait utilisé cette expression à l'occasion de l'Historikerstreit, (63) son analyse vaut ici pleinement:

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«Il est des discussions qui tirent tout leur charme de ce qu'on se garde de dévoiler trop clairement le fond de sa pensée. Au lieu de procéder par un enchaînement de questions et de réponses, on présente ses affirmations sous la forme d'un catalogue de questions, indiquant ainsi quels sont les points qui ne peuvent ou doivent être étayés. Ceux qui sont pris à ce jeu répliquent, sur un ton où se mêlent candeur et irritation, qu'il est tout de même permis de poser des questions... Or, la question était en fait une affirmation larvée. Ceux qui se présentent ainsi comme des interrogateurs se sont simplement dérobés à la tâche d'étayer leurs propos, laissant le soin de convaincre à quelques formulations au conditionnel.» (64)

Le 1er août 1996, on pouvait lire sur fr.soc.divers, suite à un article antisémite (65) à relents négationnistes, ce qui suit:

«En revanche, je ne te suis pas sur ce qui précède: entre 6 et 8 millions, le problème ne change pas; entre des millions et 250 000, je trouve quand même que la question change, non dans son fondement, mais en tout cas dans sa dimension, car alors cela signifierait qu'il n'y a pas eu extermination. Dès lors, c'est la signification qui s'en trouve changée.
Voilà, à mon avis, le vrai débat, sur lequelje me permets -- c'est mon droit -- de souhaiter un débat sérieux et calme entre historiens.
Qu'il soit clair que telle n'est pas ma formation, ni ma compétence, et donc que je n'émets aucune opinion sur le sujet, que je m'exclus de ce travail, même si -- en tant que citoyen -- mon intelligence est avide de connaître.» (66)

Un an plus tard la même personne, comme on lui demandait si elle n'avait rien lu, répondit:

«Tout Rassinier, tout Faurisson, tout Richard Harwood... tu en veux d'autres? Actuellement, je recherche le dernier Garaudy, mais ma librairie préférée n'arrive pas à l'obtenir.» (67)

[24]
Dans un article posté le même jour, elle devait se déclarer «pro-révisionniste convaincu». (68) Et, dans le même article, elle écrivait

«Mais pourquoi l'Allemagne paie des sommes annuelles calculées sur 6 millions de morts à l'Etat d'Israël? Pourquoi le Mouvement Sioniste international revendique-t-il dès après-guerre le chiffre de 6 millions de Juifs exterminés dans des chambres à gaz?» (69)

La première affirmation reprenait un mensonge sur le mode de calcul des indemnités versées par l'Allemagne à Israël, (70) mensonge proféré pour la première fois par Rassinier (71) il y a plus de trente ans, repris par Harwood, (72) et qui fait depuis partie de l'«arsenal» négationniste. Quand à la deuxième affirmation, il s'agissait également d'un mensonge classique nëgationniste, personne n'ayant affirmé que 6 millions de Juifs ont été exterminés dans des chambres à gaz. Par la suite l'auteur de ces articles allait multiplier défense et illustrations du négationnisme, n'hésitant pas, à

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l'occasion, à puiser dans des ouvrages antisémites. Il affirmait ainsi, le 10 juillet 1997:

«Car vous ne pouvez ignorer que le Talmud dit: "Que celui qui verse du sang chrétien offre un sacrifice à Dieu" et que ce fut le premier tribunal talmuldique de St. Petersbourg en 1917, à la révolution russe, qui envoya à la mort des milliers de chrétiens russes.» (73)

La source de cette monstruosité était rien moins que la préface à la troisième édition en français, en 1924, d'un classique de l'antisémitisme du XIXe siècle, Le Juif talmudiste de l'Abbé Auguste Rohling, (74) ouvrage principalement consacré aux meurtres rituels, l'ignominie antisémite source de tant de mensonges et de persécutions.

La litanie des mensonges et des falsifications se poursuit jusqu'à aujourd'hui. L'un des derniers épisodes fut la reprise, par le même auteur, de la propagande antisémite de Goebbels sur Theodore Kaufman, (75) propagande régulièrement exploitée depuis la guerre par les néo-nazis et les négationnistes.

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Il est d'autres personnes qui reprennent les falsifications négationnistes, presque toujours sous forme de questions ou d'insinuations, le plus souvent dans le cadre d'un discours antisémite. Il faudrait encore de nombreuses pages pour en venir à bout. Qu'il suffise de mentionner que, régulièrement, de nouveaux intervenants proposent des formes plus ou moins édulcorées de propagande négationniste. Le plus souvent, ils ne font que recopier, généralement sans le dire, le matériel qu'ils trouvent sur les sites web négationnistes. Depuis 1995, c'est en effet sur le Web que se trouve le matériel de propagande raciste, antisémite et négationniste. La plupart des intervenants sur les forums de discussion sont des «amateurs», des «sympathisants», dont les interventions ne rencontrent qu'un faible écho. Car finalement, le lectorat des forums de discussion, surtout celui des forums où se déploient les propagandes de haine, comme fr.soc.politique, est assez réduit. L'impact des articles négationnistes ou proto-négationnistes que les «sympathisants» postent sur les forums ne doit pas être surévalué, même s'il est de toutes façons inadmissibles que de tels propos puissent être tenus publiquement. Les vrais activistes sont sur le Web.

Le World Wide Web: enjeu et instrument privilégié de la propagande négationnîste

Le World Wide Web est devenu pour beaucoup un synonyme d'Internet. L'«explosion» du Web date de 1994-1995. Dès lors, on voit apparaître, comme des champignons après la pluie, un nombre croissant de sites extrémistes émanant d'individus, de groupuscules ou d'associations, dont la propagande trouve ainsi son principal mode de diffusion publique et de visibilité. D'abord aux Etats-Unis et principalement nationalistes et racistes (suprémacistes blancs (76) principalement, et incidemment antisémites), ils s'étendent à d'autres pays (Canada, Europe du Nord) sous couvert de liberté d'expression, nourris de «mythes aryens» à tendance plus antisémite, négationniste et philo-germanique, puis servent d'asile à des courants de pensée amis dans leur racisme (et parfois à l'opposé sur l'éventail politique), venant de pays dans lesquels des lois interdisent ce genre d'expression, principalement de France et d'Allemagne.

Le premier site web ouvertement néo-nazi, et aujourd'hui encore l'un des principaux, apparaît en mars 1995, celui du Stormfront, fondé par Don

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Black, (77) un ancien dirigeant du Ku Klux Klan. Le design graphique en évoque ouvertement la symbolique nazie. Le contenu également, qui vise à la «préservation de la race blanche». Dialectique nazie, mais aussi rubriques négationnistes sont au programme. (78) Depuis, tous les extrémismes ont leurs sites web. Si le nombre exact de tels sites, qui n'est pas la meilleure mesure de leur impact, est difficile à connaître avec précision, il se monte sans doute à plusieurs centaines, voire à un peu plus d'un millier. (79) Certaines catégories nous intéressent ici plus particulièrement.

Sites nationalistes, skinheads, néo-nazis...

Ils représentent la grande majorité des sites extrémistes. S'ils comprennent assez souvent des éléments antisémites (la plupart du temps de tendance pathologiquement paranoïaque) (80) et négationnistes, ils se contentent le plus souvent de renvoyer, par des liens, aux sites web spécifiquement négationnistes. (81) On évitera ici de dresser un bestiaire de ces sites en majorité anglo-saxons, pour cependant nous intéresser à leur composante francophone.

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On trouve peu de sites nationalistes franco-français, et la plupart sont assez discrets et réservés, quand bien même ils sont situés hors du territoire français. Par un détournement de vocabulaire, ils qualifient de «génocide européen», «génocide volontairement caché» et «ethnocide» (82) la baisse de natalité en France, voire l'immigration. (83) Le «devoir de mémoire» (84) s'applique à «la liste des méfaits perpétrés par Israël à l'encontre du peuple palestinien», etc.

Un réseau créé par le référencement mutuel de sites de ce type relie ainsi d'autres groupes d'extrême droite français ou francophones présents sur l'Internet, parmi lesquels on citera: Le Libre Journal de la France courtoise, de Serge de Beketch, Le Flambeau, organe du PNFE, Terre et peuple, le site de l'idéologue néo-païen Pierre Vial, (85) Le Site des résistants au Nouvel Ordre Mondial, (86) Devenir, revue nationaliste-révolutionnaire (belge) d'information et de formation, antisioniste et ouvertement, Unité Radicale, de mouvance nationale-révolutionnaire, particulièrement venimeux et volumineux, et enfin Fraction Hard-Core Identitaire.

Ce dernier groupe, fondé en 1994 à Nice, est composé de cinq musiciens de «rock hard core, death, black metal» et nationaliste, et se définit ainsi: «Aux confins du nouvel ordre mondial, dominé par le lobby américano-sioniste, une fraction d'insoumis s'est regroupée derrière l'étendard identitaire. Renégats du système, ils ont engagé une lutte sans merci contre ses plus fidèles serviteurs. [...] Nos principales références restent toutefois Sorel, Blanqui, Drieu la Rochelle, Jünger, les frères Strasser sans oublier Che Guevara et le sous-commandant Marcos».

On peut les rapprocher des groupes carrément violents, notamment les CHS (Charlemagne HammerSkins), groupuscule français skinhead violent, raciste, antisémite et négationniste, ayant des liens avec des mouvements similaires en Grande-Bretagne et ailleurs en Europe. Ils avaient

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ouvert un site chez AOL en France, rapidement supprimé mais qui avait mis en émoi certains grands magazines et laissé indifférents d'autres journaux, site transféré ultérieurement au Canada sur le serveur fédératif de Bernard W. Klatt, fermé depuis.

Quant au Front national français, qui possède son propre site web (87), il se garde bien d'avoir un discours ouvertement raciste ou négationniste, mais est référencé par les principaux serveurs de ce type dans leurs rubriques de serveurs «nazis, racistes et révisionnistes» et y est qualifié de «nationalsocialiste»... (88)

Sites négationnistes, surabondance et redondance

Le nombre de sites web négationnistes est apparemment peu élevé, environ une vmgtaine, (89) par rapport à celui de tous les sites fournissant une propagande de haine. Il faut cependant remarquer qu'un nombre beaucoup plus élevé consacre des pages à l'affaire Garaudy, le plus souvent favorables à ce dernier. On citera notamment le site «Terre et Peuple» (90), déjà mentionné. Les sites traitant de Garaudy y adjoignent en général des textes négationnistes et antisémites. Ainsi, le site d'Al Ahram (organe du gouvernement égyptien), parlant du «mythe de l'Holocauste» (91) dans le cadre de

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l'affaire Garaudy, le site Support Garaudy établi au Qatar, (92) voire le Web Café de San José. (93)

La plupart des sites web négationnistes sont anglophones. Mais on trouvera des sites en italien, en allemand, espagnol, arabe, indonésien, flamand et, bien sûr, en français. Les principaux sites anglophones proposent des traductions. On constatera que la grande majorité de ces sites sont des émanations d'activistes du négationnisme de longue date. Il y a très peu de nouveaux venus. La nosologie des sites web négationnistes ne fait que reprendre celle des membres les plus importants de la secte. (94) Tous les sites reproduisent ad nauseam à peu près les mêmes matériaux: pamphlets antisémites, antisionistes, dénonciations d'un complot juif de domination mondiale, parfois les Protocoles des Sages de Sion, classiques de la «littérature» négationniste, pleurnicheries et martyrologie «révisionnistes» (sur l'air de «Regardez donc toutes les misères qu'on nous fait»). Ils ne manquent pas de multiplier les liens les uns vers les autres, ainsi que vers des sites extrémistes de toute nature. Ils ont, d'autre part, quasiment tous une activité commerciale de vente de pamphlets et d'ouvrages. Le négationnisme est aussi une affaire d'argent.

L'un des premiers sites web négationnistes fut celui de Ersnt Zündel. Zündel (95) est l'un des principaux négationnistes au monde et un grand ami de Faurisson. Ernst Zündel est un nazi auto-proclamé. Il est le co- auteur, avec

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Georges Dietz, un ancien Banhfùhrer [Sic. Ce terme inventé par les auteurs semble désigner un "chef de gare"...] de la Hitlerjugend, d'un ouvrage intitulé The Hitler We Loved and Why (publié par White Power Publications... ), sous le pseudonyme de Friedrich Christhof. (96) Zündel a utilisé le pseudonyme de Friedrich Christhof pour plusieurs parutions dont un pamphlet organisant la «recherche des bases d'OVNI de Hitler dans l'Antarctique». Zündel fait partie, avec Georges Dietz, des fondateurs du «White Power Movement». (97) A partir de 1976, Ernst Zündel inonde la planète, et notamment l'Allemagne, de publications négationnistes et faisant l'apologie d'Hitler et du IIIe Reich. Dès 1981, il est l'un des principaux fournisseurs de propagande néo-nazie en Allemagne. (97) Les tentatives de poursuites contre lui ne furent finalement pas couronnées de succès. (99) Dès 1985, Faurisson était témoin de la défense en faveur de Zündel. C'est Faurisson qui fait financer par Zündel le rapport pseudo-scientifique de l'escroc américain Fred Leuchter, (100) dont les négationnistes ont longtemps fait des gorges chaudes. (101) [Les auteurs ignorent manifestement le sens réel de l'expression française "gorges chaudes".] En 1991, Zündel est l'organisateur d'un congrès néo-nazi en Allemagne.

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Entre 1993 et 1995, Zündel distribuait un programme radiophonique et télévisuel hebdomadaire intitulé «Another Voice for Freedom» (102) à des stations à travers tous les Etats-Unis. (103) C'est Tom Metzger (cf. supra) qui a aidé Zündel à faire ses premiers pas sur l'Internet en 1995. (104) Sur le site web de Ersnt Zündel, le Zündelsite, on trouve aujourd'hui l'opuscule de Richard Harwood, les multiples «rapports» de Fred Leuchter, de nombreux pamphlets et «introductions» au négationnisme, des traductions de ces pamphlets en allemand, en français, en russe, roumain, hongrois, portugais, suédois, des extraits d'une littérature qui se veut «antisioniste», une section consacrée à Garaudy, ainsi que l'intégralité des articles de la très française Revue d'histoire révisionniste. (105) Au total, l'équivalent de plusieurs dizaines de volumes de propagande de haine.

A partir de la fin des années 70, et au cours des années 80, les négationnistes tentent de présenter un visage plus respectable en posant à la scientificité. L'Institute for Historical Review (106) californien, qui regroupe d'anciens SS, des négationnistes, des racistes et des néo-nazis, organise des conférences «révisionnistes» depuis 1979. (107) Il publie également un journal

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qui prétend offrir une façade scientifique, le Journal of Historical Review (JHR). Négation de la moindre culpabilité ou responsabilité nazie dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale (les responsables sont les Alliés et les Juifs...), (108) ratiocinations sur les atrocités alliées, négationnisme, antisémitisme plus ou moins explicite sont au programme de cette publication. Dès 1995, (109) Greg Raven, directeur adjoint de l'IHR, permettait l'accès à des pamphlets négationnistes par FTP. (110) De 1996 à 1998, Greg Raven mettait le matériel de l'IHR à disposition sur ses pages web personnelles. Depuis 1998, l'IHR a son propre site web, géré par Greg Raven. On y retrouve la quasi-intégralité des articles publiés dans le JHR depuis vingt ans, soit plusieurs centaines d'articles, des opuscules de Harwood, Zündel, Faurisson, une traduction anglaise de Rassinier et la reproduction de l'ouvrage de Theodore Kaufman (111) (cf. supra). Plusieurs milliers de pages de négationnisme et d'antisémitisme.

Bradley R. Smith (112) vient de plus loin qu'il n'aimerait le faire croire. (113) Dans les années 80, il éditait Prima Facie, une publication négationniste et antisémite. (114) Puis Smith rejoignit l'IHR où il collabora à sa lettre d'informa-

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tion, avant de lancer un projet de radio au sein de l'IHR. Au début des années 90, il fonde, avec Mark Weber, (115) le Comitee for Open Debate Of the Holocaust (CODOH). Bradley Smith s'est principalement illustré par ses tentatives, souvent réussies, de faire paraître des encarts négationnistes dans les journaux d'étudiants. (116) Il nie aujourd'hui ses liens avec l'IHR. (117) Il tente de se donner un aspect raisonnable et raisonnant. La lecture de ses protestations de bonne foi et de bonnes intentions a un côté quasi mielleux. Cette impression disparaît bien vite à la lecture de ce qui se trouve sur son site web.

Sur le site du codoh, on trouve les nombreuses «réflexions» de Bradley Smith lui-même, ainsi qu'une autobiographie, (118) une section consacrée à «la liberté intellectuelle» -- en fait, un ensemble de textes sur les «persécutions» subies par les négationnistes -- et une section «révisionniste» proposant de nombreuses sous-sections classées par thèmes, entre autres: «atrocités alliées», «chambres et camions à gaz», «sionisme, stalinisme et Holocauste». Dans cette section, on trouve l'opuscule négationniste de Garaudy, divers textes soutenant pêle-mêle la complicité «sioniste» avec les bolcheviques, avec les nazis, etc. Une masse ahurissante de textes antisémites sous couvert d'«antisionisme». Le site web met un point d'honneur à suivre l'actualité politique proche-orientale: tout est interprété au prisme d'une théorie où les Israéliens sont assimilés à des nazis cherchant à dominer toute la région, sinon le monde, Israël étant la conséquence directe du «mensonge d'Auschwitz». Le site du codoh propose un forum de discussion sur le site web même. De nombreuses rubriques sont consacrées à la culpabilité des Alliés dans le déclenchement et la conduite de la Seconde Guerre mondiale. L'innocence nazie y est quasiment consubstantielle. Plusieurs rubriques sont consacrées à des négationnistes particuliers, dont Faurisson et Irving. Une vaste section «internationale» propose des textes en allemand, danois, polonais, norvégien, russe, espagnol, suédois, turc, arabe et français: des textes de Robert Faurisson, Roger Garaudy,

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Serge Thion (notamment les Chroniques du Temps Irréparable), Eric Delcroix, Henri Roques, mais aussi des traductions d'opuscules de Mark Weber, Carlos Porter, etc. Des centaines de pages en français pour des milliers de pages en anglais, sans compter les autres langues, dont on n'a donné ici qu'un très bref aperçu. En outre, Bradley Smith offre à Russ Granata, un éditeur négationniste, de la place sur le site web du codoh, pour le propre site web de Granata, qui propose évidemment des «essais» et des annonces et vente d'ouvrages négationnistes, de cassettes audio de la même eau, des «documents» dont le programme du parti nazi.

John C. Ball, contrlbuteur occasionnel au JHR, s'est spécialisé dans l'analyse des photos. Sa méthodologie hypercritique rejoint celle de Porter. Il multiplie les «analyses» de photos et de plans. Il en déduit que les témoins mentent ou que les photos sont trafiquées. Son «sérieux» a été démontré à l'occasion d'une opération interneto-médiatique pour le moins ratée. John C. Ball prétend, entre autres, que les photos aériennes d'Auschwitz où l'on aperçoit des bâtiments de gazage et de crémation ont été trafiquées par la CIA. Méthode classique des négatiormistes: quand un élément n'est vraiment pas réinterprétable, on décrète que c'est un faux. Il a écrit un ouvrage sur le sujet. (119) Et a offert $100.000 (cent mille dollars) à quiconque pourrait prouver que ce qu'il avançait était faux. Cette offre, ce défi, (120) fut pendant un moment la première chose que l'on voyait apparaître sur son site web. Sans doute, Ball comptait que personne ne relèverait son «défi». Il se trompait. Des personnes habituées à la rhétorique négationniste ont donc envoyé leur proposition à John C. Ball par courrier recommandé, puis ont essayé de le contacter par tous les moyens possibles, poste, courrier électronique, etc. John C. Ball demeura injoignable, comme envolé. Pendant trois mois, il avait disparu. Au bout de trois mois, la proposition des $ 100.000 avait disparu du site web, le «défi» avait cessé d'exister. Sans un mot d'explication aucun. Pas le moindre. (121)

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L'écrivain britannique David Irving présente un cas intéressant. Il n'a pas toujours été négationniste et, s'il n'a jamais été historien, n'en a pas moins été longtemps considéré, par les médias, comme un spécialiste des archives du IIIe Reich. (122) Ses thèses extrêmement -- au sens propre -- iconoclastes le placent depuis plus de trente ans en marge de l'historiographie. (123) Dès 1977, il soutenait (124) que Hitler n'avait pas été au courant de la solution finale (125) et (d'une façon quelque peu contradictoire) avait même essayé de l'arrêter. (126) En fait, dès ses premiers ouvrages, Irving avait été stigmatisé

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pour ses manipulations et ses falsifications. (127) Irving fréquente depuis longtemps les conférences de l'IHR (au moins depuis 1983) et les rassemblements et associations de l'extrême droite. (128) Il est aussi un contributeur régulier au Journal of Historical Review. (129) Dès 1985, il témoignait en faveur de Zündel. La «conversion» de Irving au négatiormisme date de 1988, de sa lecture du «rapport» Leuchter. (130) Mais cela faisait longtemps qu'Irving «sympathisait» avec le milieu négationniste et était courtisé par Faurisson. (131) En 1989, Irving publie et préface l'édition britannique du «rapport» Leuchter. (132) Il est devenu depuis un négationniste à part entière. Il énonce devant des parterres néo-nazis des histoires «drôles» et des calembours sur le génocide juif. On les épargnera ici au lecteur. David Irving dispose depuis plusieurs années d'un site web où il permet de télécharger plusieurs de ses ouvrages, où il distille sur des centaines de page sa défense du IIIe Reich, son antisémitisme et son négationnisme. Ces pages sont particulièrement perverses dans la mesure où Irving maîtrise la «forme» savante des publications historiques, ton modéré, citations, références apparemment précises, notes de bas de page, etc. De plus, le négationnisme de Irving se concentre uniquement, explicitement sur les chambres à gaz d'Auschwitz et implicitement sur celles de Chelmno, Sobibor, Treblinka, mais Irving «concède» par «honnêteté», les massacres commis par les Einsatzgruppen, voire ceux commis dans les camions à gaz. Il niera évidemment le caractère systématique, et décidé par la hiérarchie nazie, de ces massacres

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en employant une rhétorique «révisionniste» classique. Irving consacre, entre autres, des pages à Faurisson et Leuchter. Un ensemble très important de pages sont regroupées sous l'intitulé «Les controverses d'Auschwitz», principal objet de la négation de Irving. Sa démarche doit tout à l'hypercritique et à des falsifications plus ou moins subtiles. (133) Il multiplie les photos de dirigeants nazis, les réinterprétations frauduleuses de documents, il y déploie avec compétence tout l'arsenal de la méthodologie négationniste. Cependant ces pages d'apologie du IIIe Reich et de négation sont noyées dans ce qui constitue le principal sujet d'intérêt de Irving: Irving lui-même, sa vie, son oeuvre, ses misères. (134) Irving propose de nombreuses rubriques où s'étale une paranoïa maladive. Il appelle les Juifs «nos ennemis traditionnels» et intitule une section «Origines de l'antisémitisme». C'est avant tout un répertoire de mauvaises actions dont les auteurs sont identifiés par leur judéité, de réactions, émanant de personnes identifiées comme juives, contre la propagation des thèses négationnistes, contre les néo- nazis et contre Irving, qui y voit, bien sûr, un «complot». Irving y donne des liens vers des sections sur les «crimes juifs» («sous le communisme», «pendant l'occupation allemande», «après la Seconde Guerre mondiale», «au Moyen-Orient») sur un site web particulièrement haineux, «Les Archives ukrainiennes». Il en ressort que, ce qui cause l'antisémitisme aux yeux de Irving..., c'est la lutte des Juifs contre l'antisémitisme! Le tout est présenté sous la bannière de la défense de la liberté d'expression.

Dans l'aire anglophone, il faudrait encore parler en détail de plusieurs autres sites web. De celui de Carlos Porter, site hébergé en Grande-Bretagne, spécialisé dans la dénonciation du procès de Nuremberg et qui considère que le génocide est une fabrication judéo-soviétique. Son site multilingue propose un paradigme des excès hypercritiques pratiqués par les

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négationnistes. On y trouve plusieurs textes en français, dont le texte fondateur du négationnisme de Maurice Bardèche, (135) des collaborations avec le néo-nazi négationniste français Vincent Reynouard et des traductions de ses propres productions. Encore un réservoir de plusieurs dizaines de textes, à dominante paranoïaque. Sur le site web de l'éditeur britannique, l'Historical Review Press, (136) éditeur historique de Richard Harwood, le négationnisme ne cache pas l'antisémitisme. On retrouve du Faurisson, le «rapport» Leuchter, Mein Kampf, un livre de 1938 sur les meurtres rituels juifs, La Question juive de Eugen Dühring, un ouvrage de Dietrich Eckart, (137) Bolchevism, from Moses to Lenin. L'Historical Review Press propose également un énorme catalogue de livres et pamphlets racistes, antisémites et négationnistes à commander. Sur le site web «Revisionism», on trouve encore les «rapports» Leuchter, les opuscules de Richard Harwood, Kaufman, Rassinier, des interviews de Zündel et Irving. Le site de Michael Hoffman II (138) propose du matériel raciste, antisémite (resucée des délires de l'antijudaïsme chrétien sur le Talmud), une rubrique sur «L'holocauste israélien contre les Palestiniens» et, bien évidemment, une rubrique négationniste.

Voir la suite dans <karma2>

NOTES (renumérotées par nos soins.aaargh)

1. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 14.

2. Robert Faurisson, interviewé par Valérie Igounet, le 9 avril 1996.

3. Sur Robert Faurisson, le négationnisme et les «méthodes» négationnistes on renverra à l'ouvrage plus que jamais indispensable de Pierre Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, Points-Seuil, 1995. 1e éd., La Découverte, 1987. Les textes de Pierre Vidal-Naquet se trouvent également sur le Web à l'adresse suivante: http://www.anti-rev.org/textes/.

4. Robert Faurisson, Ecrits révisionnistes (1974-1998), Robert Faurisson, 1999, tome 1, p. LVII. Il s'agit d'une édition privée hors commerce. Dans cette logorrhée négationniste en quatre tomes, Faurisson se compare, notamment, à l'ultra-collaborationniste et antisémite virulent Henri Labroue (tome 1, p. XLVII). Sur Labroue, cf. Claude Singer, «Henri Labroue ou l'apprentissage de l'antisémitisme», dans L'Antisémitisme de Plume. 1940-1944 études et documents, sous la direction de Pierre-André Taguieff, Berg International Editeurs, 1999.

5. «Version brute du texte de la traduction anglaise envoyée par courrier électronique par la soeur de Faurisson.» Site web de Raeto West, 1999. Les auteurs du présent article ont décidé de ne fournir aucune adresse de site web négationniste. S'ils avaient traité de pédophilie, il n'eût pas été plus envisageable de donner des moyens d'accès à du matériel pédophile.

6. La soeur de Robert Faurisson, Yvonne Schleiter, collabore depuis longtemps en toute discrétion et en toute efficacité avec son frère. Cf. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 589. Faurisson le dit explicitement dans une lettre à Ersnt Nolte du 15 mai 1993 (citée dans Ecrits révisionnistes, op. cit., tome IV, p. 1508). Yvonne Schleiter est en contact régulier avec les négationnistes du monde entier. Elle a donné des interviews à Ernst Zündel, Michael Hoffman Il; Jurgen Gräf lui a dédicacé un ouvrage... On peut supposer sans risque que l'envoi à Raeto West par la soeur de Faurisson du texte cité, n'est pas le fruit d'une «initiative». En revanche, on peut supposer que la mention par Raeto West du rôle de la soeur de Faurisson est une «bourde» de sa part...

7. Fondé en 1958 par Willis Allison Carte, le Liberty Lobby est devenu l'un des principaux organismes de propagande d'extrême droite aux Etats-Unis. Cf.. Ciaran O Maolain, The Radical Right, a World Directory, Harlow - Longman, 1987, pp. 373-374. Cf. aussi Aurel Braun, Stephen Scheinberg (éd.), The Extreme Right: Freedom and Security at Risk, Westview Press, 1997, pp. 63 et suiv.

8. Sur l'IHR, cf. note 1, p. 17, infra.

9. Aurel Braun, Stephen Scheinberg, op. cit., p. 64.

10. Cf. notamment Dominique Wolton, Internet et après? Une théorie critique des nouveaux médias, Flammarion, 1999.

11. Dominique Wolton, op. cit., p. 86. Remarquons toutefois que le chiffre de cinq millions d'internautes était avancé au début de l'année 2000.

12. Patrick Moreau, «L'Extrême droite et Internet», Pouvoirs, n* 87, 1998, p. 130.

13. Sur la genèse et l'histoire de l'Internet, Cf. Christian Huitema, Et Dieu créa l'Internet.... Eyrolles, 1996.

14. Cf. le glossaire. Tous les termes suivis d'une étoile sont définis dans le glossaire qui se trouve à la fin de l'article.

15. Cf. Tom Metzger. A Long March qf Hate, ADL, 1993. http://www.nizkor.org/hweb/orgs/american/adl/tom-metzger/. Cf. aussi Ciaran O Maolain, The Radical Right, a World Directory, op. cit., p. 404.

16. Jack Levin & Jack McDevitt. Hate Crimes: The Rising Tide of Bigotry and Bloodshed, New York & London: Plenum Press, 1993, p. 103, cité par Nizkor,
http://www.nizkor.org/ftp.egi/people/m/metzger.tom/metzger-warns-of-violence.

17. Patrice Chairoff, Dossier néo-nazisme, Editions Ramsay, 1977, p. 380. Sur Louis Beam, cf Anti-Defamation League. Paranoia as Patriotism: Far Right Influences on the Militia Movement, 1995, pp. 33-34 cité sur le Web par Nizkor,
http://www.nizkor.org/ftp.cgi/people/b/beam.louis/louis-r-beam

18. Sur Aryan Nations, cf Ciaran O Maolain, op. cit., pp. 345-346. Aryan Nations a, bien évidemment, aujourd'hui son propre site web. Cf.
http://www.adl.org/poisoning-web/aryan-nations.html.

19. Cette tendance, qui regroupe aujourd'hui les principales associations racistes chrétiennes fondamentalistes prône une théologie raciste: les Juifs et les Noirs ne sont pas les descendants d'Adam mais de Satan... Cf. Leonard Zeskind, «The Christian ldentity Movement: a Theological Justification for Racist and Anti-Semitic Violence», Center For Democratic Renewal, Atlanta, Ga., 1986 et Michael Barkun, Religion and the RacistRight: The Origins qf the Christian Identity Movement, Chapel Hill: University of North Carolina Press, 1996. Cités par Kenneth S. Stern, Hate on the Internet, ADL, 1999, chap. 1,
http://www.ajc.org/pre/internet1.htm.

20. Anti-Defamation League. Paranoia as Patriotism: Far Right Influences on the Militia Movement., 1995, pp. 33-34.

21. En référence à la «Thule Gesellshaft», société secrète d'extrême droite, raciste et occultiste à l'origine de la création du parti nazi. Cf. S. Bertein et P. Milza, Dictionnaire historique des fascismes et du nazisme, Editions Complexe, 1992, pp. 191-192, 214-215. Cf. aussi Nicholas Goodrick-Clarke, Les Racines occultistes du nazisme, Pardès, 1989, pp. 213-214. Le réseau «Thule» existe encore aujourd'hui et dispose également d'un site web.

22. Louise Berstein, «L'extrême droite sur Internet», dans CRIDA, Rapport 1996. Panorama des actes racistes et de l'extrémisme de droite en Europe, CRIDA, 1996, p. 228.

23. Rand C. Lewis, The Neo-Nazis and German Unification, Praeger, 1996, p. 61.

24. «Cyber-Nazis Baffle German Police», Calgary Herald, 2 février 1994, cité par Nizkor,
http://www.nizkor.org/ftp.cgi/orgs/gennan/thule-network/ch.020294,

25. Rand C. Lewis, op. cit., p. 70.

26. Patrick Moreau, Les Héritiers du IIIe Reich, L'extrême droite allemande de 1945 à nos jours, Editions du Seuil, 1994, p. 316.

27. Louise Berstein, «L'extrême droite sur Internet», op. cit., pp. 227-230.

28. Sur la dialectique antisionisme-négationnisme, cf. Catherine Nicault, «Antisionisme et négationnisme», Relations internationales, n· 65, printemps 1991, pp. 49-60. Aussi Georges Bensoussan, «Négationnisme et antisionisme: récurrences et convergences des discours du rejet», Revue d'histoire de la Shoah, n* 166, mai-août 1999, pp. 76-88.

29. Le 14 août 1993, à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Rudolf Hess, plusieurs centaines de néo-nazis, venus d'Allemagne, des Etats-Unis, de Suède, du Danemark, et de Grande-Bretagne, manifestaient à Fulda. Le «succès» de cette manifestation était en partie dû au fait que ses participants avaient été tenus au courant par courrier électronique. Cf. Aurel Braun, Stephen Scheinberg, op. cit., p. 223.

30. Pour certaines de ces listes, tout un chacun peut s'y inscrire automatiquement, tandis que d'autres se réservent le droit de refuser une candidature.

31. Patrick Moreau, «L'Extrême droite et Internet», Pouvoirs, n* 87, 1998, p. 136.

32. Chaque participant voit immédiatement tout message émis par quelque autre participant, comme sur certains serveurs Minitel conviviaux, roses ou non.

33. Et pédophiles, relayés, comme le forum négationniste alt.revisionism, parfois par des sites français, parmi lesquels des universités et grandes écoles.

34. Patrick Moreau, «L'Extrême droite et Internet», op. cit., p. 136. On se reportera à son article pour un exposé plus détaillé sur l'utilisation de l'IRC par l'extrême droite.

35. Kenneth S. Stern, Hate on the Internet, ADL, 1999, chap. 1. Cf.: http://www.ajc.org/pre/internet1.htm.

36. A l'origine les forums de discussion, ou news, n'étaient pas distribués via l'Internet, mais véhiculés notamment aux Etats-Unis (en France, à partir de 1983 environ) par Arpanet et uucp, et seulement ultérieurement par l'Internet.

37. Nathaniel Sheppard, Jr., «Hate in Cyberspace», Emerge, August 30, 1996, vol. 7, n· 9, p. 34. Cité par Kenneth Stern, op. cit.

38. Pour un état des lieux tant historiographique que bibliographique sur le génocide annénien, cf. Comité de Défense de la Cause Arménienne, L'Actualité du génocide des Arméniens. Actes du colloque organisé par le CDCA à Paris-Sorbonne les 16,17 et 18 avril 1998, EDIPOL, 1999. Sur la négation du génocide arménien on trouvera sur le Web:
http://armeninfo.com/lacause/no-32/nf-lc32.htm. Cf. aussi l'Armenian National Institute 122 C Street, NW, Suite 360, Washington, DC 20001. http://www.armenian-genocide.org/research.htm et Frédéric Paulin (doctorant EHESS): «Négationnisme et théorie des populations stables le cas du génocide arménien»,
http://www.ehess.fr/populatique/Numero1/PAULIN.html.

39. K. K. Campbell, «Howling in the Wires, a Net.poltergeist Horror Story», Eyenet, 1994. Sur le Web:
http://www.kkc.net/eyenet/1994/netO728.htm. Sur Argic, cf. aussi
http://www.ews.uiuc.edu/-tskirvin/faqs/legends/legends1.html.

40. L'IHR (Institute for Historical Review) fut fondé en 1978 par Willis Carto (cf. note 7, supra) et William D. McCalden, alias Lewis Brandon, néo-fasciste anglais, père du National Party britannique, qui avait fait scission du National Front néo-nazi. Il s'agit d'un véritable «centre d'une internationale révisionniste» (Pierre Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, Points-Seuil, 1995, p. 117). Le catalogue de l'IHR, outre tout le matériel négationniste, comprend de nombreuses apologies du nazisme. Sur l'IHR, cf. René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Le Monde Editions, 1992, pp. 196-198. Cf. aussi Deborah Lipstad, op. cit., pp. 137-156. Cf. également, sur le Web:
http://www.nizkor.org/faqs/ihr

41. Dan Gannon a été considéré comme la septième personnalité la plus malfaisante de Usenet, juste après Serdar Argic. Cf.
http://www.ews.uiuc.edu/~tskirvin/faqs/legends/legends1.html

42. Nommé alt.revisionism, créé début 1992. Nous remercions Ken McVay de nous avoir fourni l'information sur la période (la date exacte semble difficile à retrouver) de création d'alt.revisionism.

43. On peut se poser des questions sur la légalité de la transmission de ce forum par tous les relais français qui contribuent à sa diffusion et sa mise à disposition sur le territoire français...

44. Kenneth Stern, Holocaust Denial, The American Jewish Committee, 1993, p. 85.

45. Guido Caldiron, «Liaisons romaines», dans Négationnistes: les chiffonniers de l'Histoire, Syllepse/Golias, 1997, pp. 186-188.

46. Par un intervenant, dans le forum fr.rec.humour, sanctionné pour ces dérives et l'usurpation de qualité dont il avait fait usage, et cela malgré le soutien et la pétition d'une sympathisante québécoise, Monique Latrémouille.

47. D'abord sur fr.soc.divers et soc.culture.french, puis sur fr.soc.politique.

48. Notamment Frédéric Busschaert («Un autre problème soulevé par la Diaspora juive est le fait qu'ils forment souvent dans les pays qu'ils habitent une sorte de cinquième colonne dont le but est de s'approprier le pouvoir de ces Etats») et négationniste («Et les Juifs, me diriez vous? Il n'y a plus de place pour eux dans ce monde»), «Pour ce qui conceme le problème du révisionnisme et des chambres à gaz, j'aurais tendance à répondre comme Le Pen: «C'est un détail». Tout simplement parce que la mort de 300 000, 1 million ou 6 millions de Juifs pendant la 2e guerre mondiale ne m'intéresse pas beaucoup»; «De plus, je ne comprends pas pourquoi le concept de la chambre à gaz, pour autant qu'elles aient existé, suscite tellement d'horreur. C'est quand même une méthode propre et rapide pour donner la mort, et je ne pense pas qu'elle entraîne de grandes souffrances. Franchement, si je devais choisir entre mourir en Juif en quelques minutes asphyxié par le gaz, ou bien mourir en Allemand de faim et de froid sur le front de l'Est et sous les bombardements Russes, je choisirais sûrement la première solution. En poussant ce raisonnement au bout on pourrait aller jusqu'à dire que les Juifs étaient les privilégiés de la guerre, puisqu'ils avaient la chance de mourir dans des conditions de souffrance minimales» -- antisioniste prônant «l'élimination de l'Etat d'Israël», mais aussi Léon Jourdain (se déclarant ouvertement «profondément antisémite»).

49. Notamment «Jean-François Beaulieu» (nom réel ou pseudonyme), avec de nombreux textes («Il y a trois raisons principales à la croyance, largement répandue mais erronée, en la légende des millions de Juifs tués par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale»), mais également Orest Slepokura; et, de façon plus feutrée, Monique Latrémouille. On remarquera cepndant que ces noms ne sont que ceux publiés dans les articles et qu'ils peuvent tout à fait n'être que des pseudonymes. Cette incertitude sera toujours de mise à propos des auteurs d'articles (postés sur les forums) cités plus bas. D'autre part, les articles postés sur les forums de discussion étant souvent remplis de coquilles, celles-ci seront corrigées, par souci de lisibilité dans les citations, sans que cela soit précisé à chaque fois.

50. Notamment Ole Kreiberg, nationaliste, négationniste et antisémite danois.

51. L'article 24 bis de la loi sur la liberté de la presse de 1881, dite «loi Gayssot», interdit l'expression publique des discours négationnistes. Cf. Michel Troper, «La loi Gayssot et la Constitution», Annales HSS, 54(6), novembre-décembre 1999. Cf. également sur le Web
http://www.phdn.org/negation/gayssot.html.

52. Anonymizer, en anglais. L'année 1999 a connu une campagne de propagande de haine sans précédent sur le forum de discussion fr.soc.politique de la part d'un intervenant anonyme utilisant des «anonymiseurs». Les messages postés, principalement de la haine, antimaghrébins, étaient parfois de véritables appels au meurtre. On a pu lire souvent des choses comme: «FOUTONS CETTE RACAILLE MAGHREBINE DEHORS!» Ses contradicteurs ont eu la douloureuse surprise de voir leur identité usurpée dans des articles pédophiles postés, tant sur les forums de discussion que par courrier électronique, en leur nom, mais en réalité postés par l'anonyme.

53. «Frédéric HOR» <[email protected]>, «Re: La bévue de TFI:Sinclair,Field,Elkrief (réponse à sts99)», fr.soc.politique, 16 octobre 1999, Message-ID <[email protected]>

54. «Frédéric HOR» <[email protected]>, «Re: Papon:pourquoi tant d'acharnement?», fr.soc.politique, 18 octobre 1999 Message-ID: <[email protected]>

55. «Frédéric HOR» <[email protected]>, «Re: Malcom X», fr.soc.politique, 30 octobre 1999 Message-ID:
<[email protected]>

56. «Frédéric HOR» <[email protected]>, «Re: la peine de mort? faites pas chier!», fr.soc.politique, 29 novembre 1999, Message-ID: <[email protected]>. Il existe une articulation entre les discours anti-avortement et le négationnisme. Cf. Valérie Igounet, Histoire du négationnisine en France, Seuil, 2000, pp. 516-518.

57. Les enfants Finaly avaient été confiés à Mlle Brun par leurs parents en 1944, avant leur arrestation et leur déportation dont ils ne revinrent pas. Après la guerre, Melle Brun les a fait baptiser et les a soustraits à leur famille pendant sept ans, alors que celle-ci les avait réclamés dès 1945. L'affaire finit de façon rocambolesque, les enfants étant passés en Espagne, à pied, avec l'aide de religieux catholiques. Grâce, entre autres, à l'aide de la hiérarchie catholique française, ils furent rendus à leur famille. Cf. Jacob Kaplan, L'Affaire Finaly, 1993. Cf.. aussi André Kaspi, «L'Affaire des enfants Finaly», L'Histoire, n· 76, mars 1985.

58. Schtroumpf grognon <[email protected]>, «Re: Re:Oradour sur Glane», fr.soc.histoire, 21 août 1999, Message-ID: <[email protected]>. «Schtroumpf grognon» est évidemment un pseudonyme.

59. Cf. note 52, supra.

60. «Prédominance de l'amalgame, de la désignation péjorative et du sarcasme». Simone Bonnafous et Pierre Fiala, «Présentation», Mots, n*· 58, mars 1999, «Argumentations d'extrême droite», p. 8. On se reportera aussi aux numéros 9 (octobre 1984) et 12 (mars 1986).

61. «JML» <[email protected]>, «Les médiats occupés par les Fils et Filles (spirituels) des septembriseurs de 1944», fr.soc.politique, 23 octobre 1999, Message-ID
<[email protected]>

62. Guillaume écrivait: «La Vieille Taupe adoptera désormais cette graphie [...] Elle invite tous ses amis à adopter fermement cette orthographe à la fois pour des raisons de francophonie, et pour signifier discrètement notre solidarité avec Bernard Notin contre les censeurs». Pierre Guillaume, «Médiat (sic)», La Vieille Taupe, n· 1 printemps 1995, p. 136. Bernard Notin, enseignant d'économie à Lyon-3 et membre du conseil scientifique du Front national, avait commis en 1990 un article négationniste. Sur Pierre Guillaume et le groupuscule sectaire de l'ultra-gauche qui a basculé dans le négationnisme et l'antisémitisme, on se reportera à Nadine Fresco: «Parcours du ressentiment», Lignes, n· 2, février 1988 (sur le Web:
http://www.anti-rev.org/textes/fresco88a/). On constate aujourd'hui que Pierre Guillaume «établit depuis longtemps sa table de vente dans toutes les manifestations d'extrême droite, milieu dans lequel il finit par évoluer exclusivement». Cf. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France, Presses universitaires de Lyon, 1992, pp. 84-85.

63. Au milieu des années 80, l'attitude de certains politologues et historiens allemands, principalement Ernst Nolte, Andreas Hillgruber et Michael Stürmer, qui tenaient un discours relativiste sur le nazisme et le génocide, fut violemment critiquée par Jürgen Habermas. Des échanges acerbes, principalement dans la grande presse, eurent lieu, qui furent baptisés de «querelle des historiens». A ce propos, on se reportera à Ian Kershaw, Qu'estce que le nazisme ? Problèmes et perspectives d'interprétation, Folio-Histoire, nouvelle édition, 1997. On trouvera les principaux articles de ces échanges dans Devant l'Histoire. Les documents de la controverse sur la singularité de l'extermination des Juifs par le régime nazi, Cerf, 1988. Nolte a depuis, basculé dans un négationnisme édulcoré (interview au JHR, correspondance avec la soeur de Faurisson et Faurisson lui-même, reprise de «l'argumentaire» négationnistes, fourni par Faurisson, dans l'ouvrage commun avec François Furet, qui n'a rien relevé, dans Fascisme et Communisme, Plon, 1998, pp. 87-95).

64. Eberhard Jaeckel «La Misérable Pratique de l'insinuation», Devant l'Histoire, op. cit., p. 95.

65. Léon Jourdain (qui se disait «ouvertement antisémite») avait dénoncé l'«omnipuissance du Lobby Juif international».: [email protected] (leonjourdain) «POURQUOI LES JUIFS ONT-ILS SI PEUR D'UNE CRITIQUE HISTORIQUE» (sic), fr.soc.divers, 15 juillet 1996, Message-ID: <[email protected]>.

66. Robert. [email protected] fr (Robert ETIENNE), «Re: POURQUOI LES JUIFS ONT-ILS SI PEUR D'UNE CRITIQUE HISTORIQUE» (sic), fr.soc.divers, 1er août 1996, Message-ID: <[email protected]>.

67. [email protected] (R. Etienne), «Re: NEGA-TIONNISTES», fr.soc.politique, 8 juillet 1997, Message-ID:
<[email protected]>. Peu après, dans un autre article, la même personne écrirait un peu plus tard qu'elle avait «lu Rassinier il y a plus de vingt ans»: [email protected] (R. Etienne), «Re: Les Nouvelles Passerelles de l'extrême droite (1/2)», fr.soc.politique, 31 juillet 1997, Message-ID:
<33f95899.7788126 @news.wanadoo.fr>.

68. [email protected] (R. Etienne), «Re: FSP s'abaisse encore un peu plus», fr.soc.politique, 8 juillet 1997, Message-ID:
<[email protected]>.

69. Ibid.

70. Cf. Deborah Lipstadt, Denying The Holocaust, New York, Macmillan, 1993, p. 57. Cf. également, sur le Web:
http://www.phdn.org/negation/rassinier/reparations.html.

71. Sur Rassinier, on renverra une fois de plus aux textes, déjà cités, de Pierre Vidal-Naquet, notamment: «Qui sont les assassins de la mémoire», dans Les Assassins de la mémoire, op. cit., texte qu'on trouvera également sur le Web: http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet95a/. Sont devenues indispensables les biographies de Florent Brayard et Nadine Fresco: Florent Brayard, Comment l'idée vint à M. Rassinier, Naissance du révisionnisme, Fayard, 1996. Nadine Fresco, Fabrication d'un antisémite, Seuil, 1999. Pour quelques exemples des impostures de Rassinier, on se reportera, sur le Web, à http://www.phdn.org/negation/rassinier/. La notice biographique de Rassinier, rédigée par Nadine Fresco dans le Dictlonnaire biographique du mouvement ouvrier français, publié sous la direction de Jean Maitron, Les Editions Ouvrières, 1991, pp. 394-395, est disponible sur le Web: http://www.anti-rev.org/textes/Fresco91a/

72. Richard Harwood est un pseudonyme de Richard Verral, rédacteur en chef de Spearhead, organe du très britannique, très raciste, très antisémite et tout à fait néo-fasciste National Front. Il est l'auteur du classique négationniste Did Six Millions Really Die?, Historical Review Press, 1974. Affilié à plusieurs groupuscules de défense de la «pureté raciale», il a déclaré publiquement que le génocide faisait partie de l'ensemble de la propagande juive, que l'on vivait sous domination juive, etc. De surcroît il a menti sur ses affiliations universitaires. Cf. Deborah Lipstadt, Denying the Holocaust, Plume, 1994, pp. 104-107 et 110. Notons que, bien que les affirmations d'Harwood aient été réfutées formellement en 1979 (New Statesman, 2 nov. 1979, p. 670), ses écrits n'en continuent pas moins à être cités et reproduits par les négationnistes. Sur Harwood, cf. aussi Robert Frank, «Les Négationnistes britanniques», dans Relations Internationales, n· 65, printemps 1991, pp. 39-47. On renverra également à Roger Eatwell, «The Holocaust Denial: a Study in Propaganda Technique», Neo-Fascism in Europe, Luciano Cheles, Ronnie Ferguson, Michalina (éditeurs), Longman, 1991.

73. [email protected] (R. Etienne), «Re: Le Vrai Visage fasciste du FN (Re violences policières à Nice le 25/05/97)», fr.soc.politique, 10 juillet 1997, Message-ID:
<[email protected]>.

74. C'est «Robert Etienne» lui-même qui donnait en septembre 1997, suite aux demandes répétées d'un des auteurs, la source de son «information». Sur Rohling et les falsifications qu'il a commises sur le Talmud, cf. Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme, tome 2, L'Age de la science, Seuil, Points-Histoire, 1981, pp. 272-273. Edouard Drumont avait préfacé la première édition en français, en 1889, du pamphlet de Rohling. Cf. Encyclopaedia Judaica, Keter Publishing House, Jérusalem, 1982, art. «Rohling».

75. Un publicistc inconnu, Theodorie Newman Kaufman a publié à compte d'auteur, en 1941, un opuscule où il préconisait la stérilisation des Allemands. L'affaire Kaufman, son exploitation par Goebbels puis les néo-nazis et les négationnistes, est traitée de façon complète par Wolfgang Benz, «Judenvemichtung aus Notwehr? Die Legenden um Theodore N. Kaufman», Vierteljahrsheften für Zeitgeschichte, vol. 29, Oktober 1981, pp. 615-630. On en trouvera une version augmentée et mise à jour dans Wolfgang Benz, Rechtsextremismus in der Bundesrepublik, Ficher Taschenbuch Verlag, 1992. On trouvera également un traitement de l'affaire Kaufman, au travers de sa reprise par «Robert Etienne», sur le Web à l'adresse suivante:
http://www.phdn.org/antisem/kaufman.html. Pierre Vidal-Naquet, bien que ne connaissant apparemment pas l'article de Benz, relevait, en 1982, l'utilisation de Theodore Kaufman par les négationnistes. Cf. Pierre Vidal-Naquet, «Thèses sur le révisionnisme», dans les Actes du Colloque de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales (1982), L'Allemagne nazie et le génocide juif, Le Seuil/Gallimard/EHESS, 1985, p. 503 et n. 50, p. 513. Ce texte a été repris dans une version complétée dans Pierre Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, op. cit. C'est cette dernière version qu'on citera désormais. Elle est également disponible sur le Web à l'adresse suivante:
http://www.anti- rev.org/textes/VidalNaquet87b/.

76. Avec, principalement, Stormfront, fondé par Don Black, ex-dirigeant du Ku Klux Klan.

77. Sur Don Black, cf. Poisoning the Web: Hatred Online, ADL, 1999,
http:// www.adl.org/frames/front-poisoning.html.

78. Cf. Robert Derumes, «Racisme: la bête rode sur Internet», Le Ligueur, 7 février 1996. http://www.euronet.be/altho/ligueur.htm.

79. Pour Kenneth Stern, leur nombre se situait, début 1998, entre 600 et 800. Kenneth S. Stern, Hate on the Internet, ADL, 1999, chap 2. Cf.:
http://www.ajc.org/pre/internet2.htm. On peut considérer que ce nombre a aujourd'hui dépassé le millier.

80. La grande majorité des sitesexhibant de l'antisémitisme, mais c'est vrai aussi pour les sites négationnistes, le font via l'idéologie «ZOG» (Zionist Occupation Govemment), qui n'est qu'une resucée modernisée des Protocoles des Sages de Sion. Dans le cadre du schéma «ZOG», les gouvernements sont secrètement contrôlés par les Juifs, pour lesquels l'immigration est une arme stratégique juive contre la race aryenne. Toutes les variantes sont imaginables... Cf. notamment Tore Bjorgo, «Extreme Nationalism and Violent Discourses in Scandinavia: "The Resistance", "Traitors" and "Foreign Invaders"», Terror.from the Extreme Right, sous la direction de Tore Bjorgo, Frank Cass, 1995, pp. 196-200 et pp. 207-209. Le site de la National Alliance, important groupe néo-nazi américain, propose des textes intitulés «Les Nouveaux Protocoles», «Pourquoi les Juifs veulent la guerre», et d'autres de la même eau.

81. C'est le cas du site de Nation of Europa, qui: au milieu des habituelles ratiocinations ultra-nationalistes et racistes, propose une interview d'un négationniste, un texte intitulé «Auschwitz: a Reevaluation» et des liens vers des sites web négationnistes. Le site Ostara (sic), principalement raciste et antisémite (nombreux textes sur les «meurtres rituels juifs»), propose une section négationniste, ainsi que des liens. Le même schéma se répète sur la plupart des sites web nationalistes et racistes.

82. Occident, le site de la jeunesse enracinée, hébergé aux Etats-Unis.

83. Ce genre de propos a des relents fortement négationnistes, par sa «désémentisation» des mots et par ses origines. Cf. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, pp. 178 et 323.

84. Occident, le site de la jeunesse enracinée.

86. Pilier de la «nouvelle droite» et frontiste passé chez Mégret, Pierre Vial fonde son idéologie sur des concepts implicitement nazis: «un peuple et sa terre ne font qu'un, [qu'] un lien vital unit le soi et le sang» (Pierre Vial, «27 juillet 1214: Bouvines», National Hebdo, n*· 52, 21 septembre 1994, cité par Jacques Breitenstein, «Les étranges leçons d'histoire du professeur Vial», Mauvais temps, n· 1, juin, 1998, p. 88).

86. Hébergeant Unité Radicale, «créé en 1998 par l'alliance du GUD, de Jeune Résistance et de l'Union des cercles résistance», elle-même «créée en septembre 1997 par d'anciens membres du mouvement nationaliste-révolutionnaire, Nouvelle Résistance, qui avaient été rejoints par des cadres et militants d'autres mouvements nationalistes français».

87. Hébergé dès son ouverture par Voxtel, éditeur de serveurs Minitel rose, tels que Myss, Pulp, Rika ou Sevra, et récemment réinstallé aux Etats-Unis, chez Hiway Technologies. Pour un parti qui prône la moralité et s'oppose à l'américanisation...

88. Chez Flashback, en Suède. Le site du FN figure également sur la page de liens du site négationniste «Wilhelm Tell», parmi une longue liste de sites web négationnistes...

89. Pour citer les principales: le site d'Ernst Zündel, Le Codoh de Bradley Smith, Radio Islam d'Ahmed Rami, l'IHR de Mark Weber et Greg Raven. Le VHO de Germar Rudolf, l'Adelaide Institute de Frederik Töben, le site de Michael Hoffman II, les pages d'Arthur Butz, celles de Carlos Porter, celles de Raeto West, de John C. Ball, les Focal Point Publications de David Irving, les «Ukrainian Archives», l'«aaargh» de Pierre Guillaume et Serge Thion.

90. La «Lettre Terre et Peuple» de décembre 1998, dont le contenu est disponible sur le site, contient une longue interview de Garaudy.

91. Il faut remarquer que le négationnisme arabe, récemment illustré, en février 2000, par des déclarations d'officiels syriens (cf: http://www.nizkor.org/ftp.egi/orgs/syrian/press/NY-Times.000131), et notamment le négationnisme égyptien, n'est pas une nouveauté. On peut en retrouver l'origine à l'époque, à la fin des années 50, où Johann von Leers, ancien adjoint de Goebbels réfugié en Egypte et converti à l'islam sous le nom d'Omar Amin, était le chef de la propagande antisémite de Nasser. Von Leers était au début des années 60 en relation épistolaire avec le guru posthume de la secte négationniste, Rassinier. Sur ces points cf. Patrice Chairoff, Dossier néo-nazisme, Editions Ramsay, 1977, pp. 450-454, et Nadine Fresco, Fabrication d'un antisémite, Seuil, 1999, pp. 45-50. Cf. aussi, sur le Web
http://www.phdn.org/negation/rassinier/leers.html.

92. Après une existence de plus de deux ans, ce site semble avoir aujourd'hui disparu. Le soutien de la plus grande partie du monde arabo-musulman, du Maroc à la Syrie, voire l'Iran, à Garaudy, a été pour celui-ci une aubaine médiatico-financière qui a très largement compensé le montant de sa condamnation. Cf. Esther Webman, «Rethinking the Holocaust: an Open Debate in the Arab World», Antisemitism Worldwide 1998/9,
http://www.tau.ac.il:81/Anti-semitism/asw98-9/webman-html

93. Offrant les Chroniques des Evénements Survenus dans le Royaume de Frénésie sur l'affaire Garaudy, par un anonyme s'intitulant «un piéton de Paris», aux côtés de références vers des sites qui offraient Le Grand Secret du Docteur Gubler. En fait ces textes étaient parus dès 1996 dans une publication photocopiée, rédigée et éditée par Serge Thion, Global Patelin (cf infra).

94. On pourra donc se reporter, en complément de ces lignes, aux ouvrages et articles déjà cités de Deborah Lipstatd, Pierre Vidal- Naquet et Nadine Fresco.

95. Né en Allemagne, Ernst Christof Friedrich Zündel émigre au Canada en 1958, où il est rapidement pris en main par le fasciste québécois Adrien Arcand. Après quoi, il évolue dans les milieux néo-nazis canadiens. Il commence son entreprise de publication de matériel nazi et négationniste en 1976. Cf.. Aurel Braun, Stephen Scheinberg, op. cit., p. 50. Sur Zündel en général et ses procès en particulier, cf. Manuel Prutschi, «The Zündel Affair», dans Alan Davies (ed), Antisemitism in Canada: History & Interpretation, Waterloo, Ontario: Wilfried Laurier University Press, 1992, pp. 249-277. Disponible sur le Web:
htpp://www.nizkor.org/hweb/people/p/prutschi-manuel/zundel-affair/za-01.html. Cf.. également, Leonidas E. Hill, «The Trial of Ernst Zündel: Revisionism and the Law in Canada», Simon Wiesenthal Annual, vol. 6, 1990; sur le Web:
http://motlc.wiesenthal.com/resources/books/annual6/chap07.html.

96. C'est un autre négationniste, Michael Hoffman II, qui rapporte que Dietz a rédigé une bonne partie de The Hitler We Loved and Why, généralement attribué au seul Friedrich Christof (ou Christhof), c'est-à-dire à Ernst Zündel. Cf. Michael Hoffman II, The Great Holocaust Trial, 1985, p. 72, cité dans Daniel Keren & Ken McVay (traduction Gilles Karmasyn), «Une réponse à la "Q&A" 62 par Nizkor», 66 Questions et réponses négationnistes réfutées par Nizkor,
http://www.phdn.org/negation/66QER/.

97. Patrice Chairoff, op. cit., pp. 361 et 386. Chairoff ne fait pas le rapprochement entre Friedrich Christof et Ernst Zündel, mais l'identité de Friedrich Christof est aujourd'hui de notoriété publique.

98. Deborah Lipstadt, op. cit., p. 158.

99. Zündel fut condamné en 1985 pour la diffusion de matériel négationniste, en vertu d'une loi canadienne contre la propagation de fausses nouvelles, mais le jugement fut annulé pour des raisons de procédure. Zündel fut de nouveau jugé et condamné en 1988. Ce verdict fut cependant annulé, la Cour suprême canadienne déclarant que la loi en vertu de laquelle Zündel avait été poursuivi était anticonstitutionnelle. Cf. Manuel Prutschi, op. cit. et sur le Web:
htpp://www.nizkor.org/hweb/people/p/prutschi-manuel/zundel-affair/za-02.html.

100. Sur Leuchter et son frauduleux «rapport», tissu d'inepties scientifiques habillant de vieilles lubies faurissonienness, cf. Ken McVay, Le Rapport Leuchteur, un FAQ, traduction Gilles Karmasyn, http://www.phdn.org/negation/leuchfaq.html. Cf. aussi Shelly Shapiro (sous la direction de), Truth Prevails, Demolishing Holocaust Denial: the End of' «The Leuchter Report», The Beate Klarsfeld Foundation, New York, 1990. On sera surpris de voir que Valérie Igounet se laisse prendre par les intoxications négationnistes en écrivant de Leuchter qu'il est «le concepteur du système des chambres à gaz américaines» (Valérie Igounet, op. cit., p. 360, n· 50). Il s'agit d'une contre-vérité propagée par les négationnistes mais réfutée depuis longtemps. C'est là une des rares critiques que l'on peut faire au travail, autrement précieux et imposant, de Valérie Igounet.

101. La version allemande du «rapport Leuchter», distribuée par un associé munichois de Zündel, est la publication négationniste la plus diffusée en Allemagne (Aurel Braun, Stephen Scheinberg, op. cit., p. 116).

102. Yvonne Schleiter, la soeur de Faurisson (cf. supra note 6), a, avec son mari René, donné une interview à Zündel «sur l'état du révisionnisme en France». Il s'agit de la cassette n*· 345 en vente sur le site de Zündel.

103. Rand C. Lewis, The Neo-Nazis and German Unification, op. cit., n. 1, p. 92. Rand C. Lewis précise que le contenu particulièrement odieux de ces programmes incita nombre de stations à en interrompre la diffusion, mais que Zündel alla devant une cour fédérale afin d'imposer la diffusion de ses programmes sur les réseaux câblés. Sur les émissions télévisées de Zündel, cf. aussi Aurel Braun, Stephen Scheinberg, op. cit., pp. 222-223.

104. Tom Metzger, «Segment of White Aryan Resistance Answering Machine Message at 619-723-8996, Dated March 31, 1996, Recorded April 5, 1996, Nizkor».

105. Revue négationniste qu'Henri Roques fit paraître au début de 1990 à 1992. Henri Roques, aujourd'hui proche du FN, est un vieux routier de l'extrême droite française et côtoyait Rassinier dans les années 60. Cf. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France, op. cit., pp. 96-97. Cf. également Valérie Igounet, op. cit., pp. 139-142. Cf. aussi Peter Grosz, «Révision», dans CRIDA, Rapport 1996. Panorama des actes racistes et de l'extrémisme de droite en Europe, CRIDA, 1996, pp. 183-184.

106. Cf. note 40 supra. Le directeur actuel de l'IHR, Mark Weber, est un ancien activiste de la National Alliance, un important groupe néo-nazi américain dirigé par William Pierce (Michael Shermer, Why People Believe Weird Things, W. H. Freeman and Company, 1997, p. 193).

107. Y ont, entre autres, participé, Faurisson, dès 1979 puis à de nombreuses reprises, l'ancien SS Léon Degrelle, Arthur Butz, David Irving, Ernst Zündel, Fred Leuchter, Noam Chomsky, en 1985 pour un long exposé sur «la crise du Moyen-Orient et la menace de la guerre nucléaire» (René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, op. cit., p. 197), Henri Roques, l'ancien général major de la SS Otto Ersnt Remer, l'ancien SS Thies Christofersen, Wilhelm Stâglich, Ditlieb Felderer et bien d'autres (ibid.). Ces conférences sont le passage obligé des négationnistes de «renom». A l'heure de la rédaction de la présente étude, la prochaine conférence était prévue pour les 27-29 mai 2000. Faurisson est au programme. Faurisson est par ailleurs, depuis les premiers numéros, membre du comité de rédaction du Journal qf Historical Review. Lors de la conférence de 1983, le néo-nazi britannique Keith Thomson déclara que «si, en fin de compte, l'Holocauste a bien eu lieu, alors tant mieux!». Cela fut accueilli par des tonnerres d'applaudissements (Poisoning the Web: Hatred Online, op. cit.,
http://www.adl.org/poisoning-web/ihr.html).

108. «Les animateurs de l'IHR insèrent donc leur activité négatrice dans un cadre politique précis. Ils dénoncent un complot ayant conduit les Etats-Unis à s'engager dans les deux guerres mondiales. Des groupes politiques dont certains animateurs de l'IHR sont membres, nomment les comploteurs: les financiers juifs, communistes, francs-maçons et anglophiles ayant mis le gouvernement américain sous tutelle» (René Monzat, Enquêtes sur la droite extrêtne, op. cit., p. 198).

109. Jeffrey Kaplan, «Right Wing Violence in North America», Terror /rom the Extreme Right, sous la direction de Tore Bjorgo, Frank Cass, 1995, p. 69.

110. File Transffèr Protocol: méthode de transfert de fichiers (informatiques) sur réseau informatique, notamment sur l'Internet.

111. Cf. htpp://www.phdn.org/antisem/kaufman.html et note 76, supra.

112. A ne surtout pas confondre avec Bradley F. Smith, historien américain auteur d'études sur la jeunesse de Himmler et le procès de Nuremberg.

113. Bradley Smith cherche à se faire passer pour un «libertaire». Aucun travestissement ne rebute décidément les négationnistes... Il y eut dans les années 70 un Bradley J. Smith qui publiait un bulletin nationaliste et mccartyste, American Victory, diffusé par «Steppingstones Publications», spécialisé dans les publications néo-fascistes et racistes (Patrice Chairoff, op. cit., p. 371; Ciaran O Maolain, op. cit., pp. 408, 398). Steppingtones diffusait également des traductions de Rassinier.

114. Deborah Lipstadt, op. cit., p. 185. Certains articles de Prima Facie étaient réimprimés dans Spearhead, l'organe du parti d'extrême droite britannique, le National Front (ibid.).

115. Aujourd'hui directeur de l'IHR, Weber exprimait publiquement, en 1989, ses convictions racistes. Avec son engagement dans le négationnisme, il s'est peu à peu abstenu de renouveler de semblables déclarations (Deborah Lipstadt, op. cit., p. 186). Cf. aussi note 113 supra. Les liens de Mark Weber avec les néo-nazis allemands ont été démontrés en 1993 par le centre Simon Wiesenthal, cf.
http://www.nizkor.org/ftp.cgi/people/w/ weber. mark/weber. swc

116. Deborah Lipstadt, op. cit., pp. 183-208.

117. Deborah Lipstadt, op. cit., p. 185.

118. On retrouve ce narcissisme négationniste chez Zündel, Faurisson, Rami, Irving: tous auteurs de textes autobiographiques mettant en scène leurs «aventures intellectuelles», leurs «persécutions», etc. Souvent ces auto-panégyriques sont accompagnés de photographies. Tout cela est toujours d'une suffisance pathétique.

119. Cf. Michael Shermer, op. cit., p. 233.

120. Ce genre de «défi» est une spécialité négationniste à but avant tout publicitaire. Le but étant de pouvoir affirmer: «Personne ne relève le gant, nous avons donc raison.». Le précurseur de ce genre de coup médiatique fut David Irving en 1977 (Michael Shermer, op. cit., p. 195). Il offrait alors $1000 à quiconque lui apporterait la preuve que Hitler avait ordonné l'extermination des Juifs. En 1980, l'IHR a offert $50.000 pour la preuve qu'un Juif avait été gazé. Le «défi» fut relevé par Mel Melmerstein, un ancien déporté d'Auschwitz. Mais l'IHR refusa, bien sûr, de payer. Melmerstein poursuivit l'IHR et obtint gain de cause. Cf. Deborah Lipstadt, op. cit., pp. 138-141. Cf. aussi Peter Grosz, «Révision», op. cit., pp. 191-192.

121. Cf. Nizkor, John Ball's $100,000 Challenge: Where Is John Ball?,
http://www. nizkor.org/features/ball-challenge/

122. Le parti pris de Irving dans ses écrits des années 60, très favorable à l'Allemagne, pour ne pas dire au nazisme et à Hitler, lui a ouvert bien des portes d'anciens nazis, SS ou collaborateurs des sphères dirigeantes nazies. On lui a ouvert moult archives privées et accordé bien des entretiens, ce qui a contribué à enrichir son fonds documentaire. Irving a d'ailleurs tendance à prendre pour argent comptant tout ce que les anciens nazis lui racontent (cf. note 124). L'honnêteté et la compétence de Irving peuvent être mesurées à l'aune du rôle versatile et peu glorieux qu'il joua, en Allemagne, à l'occasion de l'affaire des faux carnets d'Hitler. A ce propos, cf. Robert Harris, Selling Hitler, the Story of the Hitler Diaries, Faber and Faber limited, Londres, 1986. Cf., sur le Web:
http://www.nizkor.org/hweb/people/i/irving-david/reviews/harris-on-irving-01.html.

123. Toute la production de Irving vise à charger les Alliés et à disculper d'abord Hitler, puis la hiérarchie nazie. Cela n'a rien de surprenant. Irving se décrivait en 1959 comme un «fasciste modéré» dans un article où s'étalaient racisme et antisémitisme. Cf.. Roni Stauber, From Revisionism to Holocaust Denial -- David Irving as a Case Study, The Stephen Roth Institute for the Study of Anti-Semitism and Racism, 2000,
http://www.tau.ac.il/Anti-Semitism/irving.html, n*. 43. Au début des années 80, il a même essayé de fonder son propre parti néo-fasciste (Deborah Lipstadt, op. cit., p. 161).

124. David Irving, Hitler's War, Londres, 1977.

125. Que cela fut absolument contraire à la réalité a été magistralement démontré par Martin Broszat, «Hitler und die Genesis der "Endlôsung". Aus AnIaß der Thesen von David Irving», Vierteljahrshqften für Zeitgeschichte, No 4, vol. 25, oktober 1977, pp. 737-775; trad. angl.: «Hitler and the Genesis of the "Final Solution". An Assessment of David Irving's Theses», dans Yad Vashem Studies, XIII, 1979, pp. 73-125. Cf. également Gerald Fleming, Hitler et la solution finale, Julliard, 1988, notamment pp. 83-85.

126. Cette énormité mensongère a été également réfutée par Martin Broszat, «Hitler und die Genceis...», mais aussi par G. Sereny et L. Cherster, Sunday Times du 10 juillet 1977, cité par Pierre Vidal-Naquet, Pierre Vidal-Naquet, «Thèses sur le révisionnisme», Les Assassins de la mémoire, op. cit., p. 209, n. 56 (cf. note 76, supra). Cf. aussi les deux essais écrits par Eberhard Jäckel en 1977 et 1978 réunis en une brochure: Eberhard Jckel, David Irving's Hitler. A Faulty History Dissected, Ben-Simon Publications, 1993 (cette brochure est disponible sur le Web:¨
http://www.nizkor.org/hweb/people/i/irving-david/jackel/). Enfin, on pourra aussi se reporter à Lucy S. Dawidowicz, The Holocaust and the Historians, Harvard University Press, 1981, pp. 35-38 (ce passage est disponible sur le Web:
http://www.nizkor.org/hweb/people/i/irving-david/dawidowiez/dawidowicz-on-irving.html).

127. Cf. Roni Stauber, From Revisionism to Holocaust Denial -- David Irving as a Case Study, The Stephen Roth Institute for the Study of Anti-Semitism and Racism, 2000,

http://www.tau. ac. il/Anti-Semitism/irving.html. Pour une étude spécifiquement dédiée aux falsifications et aux manipulations de David Irving, cf. le Rapport Evans, rapport d'expertise produit à l'occasion du procès Irving-Lipstadt. Ce rapport est téléchargeable à partir de la page web suivante:
http://www.phdn.org/negation/rapportevans.html

128. Sur les rapports de Irving avec l'extrême droite la plus radicale, cf. Roni Stauber, op. cit. et, surtout, Hajo Funke, David Irving, Holocaust Denial, and His Connections to Rightwing Extremists and Neo-National Socialism (Neo-Nazism) in Germany, 2000,
http://www.nizkor.org/ftp.cgi/people/Ufunke.hajo/irving-v-lipstadt/.

129. On peut le voir en photo avec le gratin du négationnisme mondial (Faurisson, Graf, Mattoggno, Weber, Ball, Granata, Zündel... ) sur la couverture du numéro de novembre-décembre 1995 du JHR (Michael Shermer, op. cit., p. 192).

130. Cf. note 101, supra. Sur la «conversion» de Irving, Roni Stauber, op. cit. Robert Frank a tort, en 1991, lorsqu'il écrit que David Irving «n'est en aucune manière négationniste». Robert Frank est tout simplement en retard sur l'«évolution» de Irving. Cf. Robert Frank, «Les Négationnistes britanniques», dans Relations Internationales, n· 65, printemps 1991, p. 45.

131. Robert Faurisson, Ecrits révisionnistes, op. cit., tome 1, pp. 455-466.

132. Cf. Philip Rubinstein, «"The Leuchter Report" in the United Kingdom», dans Truth Prevails, op. cit.

133. Cf. le Rapport Evans, accessible depuis
http://www.phdn.org/negation/rapportevans.html

134. Irving y glose notamment sur les procès qu'il intente à ses critiques. Le procès qui l'opposait à Deborah Lipstadt, qu'Irving poursuivait pour diffamation, s'est achevé le 11 avril 2000 en Grande-Bretagne. Irving y consacre une bonne partie de son site web, s'apitoie sur son sort, demande de l'argent, crie au complot. Raeto West consacre une section importante de son site web au procès Irving, ainsi que d'autres sites web négationnistes. Dans ses conclusions devant la cour, Irving, qui se représentait seul, s'est enflammé au cours de son allocution et, au lieu de s'adresser au juge en lui disant «Votre Honneur», il l'a affublé d'un sonore «Mein Führer!»... Le jugement rendu le 11 avril innocente complètement Deborah Lipstadt des accusations de diffamation. Ce jugement est totalement dévastateur pour Irving qui est officiellement reconnu pour ce qu'il est, un apologiste d'Hitler et du IIIe Reich, un antisémite, un raciste, un falsificateur et un négationniste. Cf.
http://www.courtservice.gov.uk/judgments/qb_irving.htm.

135. Nuremberg ou la terre promise. Sur Bardèche, cf. Ghislaine Desbuissons, «Maurice Bardèche écrivain et théoricien fasciste?», Revue d'histoire moderne et contemporaine, janvier-mars 1990. Ghislaine Desbuissons, «Maurice Bardèche, un précurseur du "révisionnisme"», Relations internationales, n· 65, printemps 1991, pp. 23-37. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, pp. 37-60.

136. L'Historical Review Press recevait en 1981 des subventions d'unce World Muslim League basée au Pakistan (Monzat, op. cit., p. 200). L'Historical Review Press est la maison d'édition du National Front appartenant à Anthony Hancock (Peter Grosz, «Révision», op. cit., p. 188), au long passé de militant raciste et fasciste.

137. Eckart, un écrivain antisémite, joua un rôle important dans la formation idéologique d'Hitler. Son livre rapporte des conversations qu'il aurait eues avec Hitler. Cf. François Delpla, Hitler, Grasset, 1999, pp. 73-74.

138. Proche des ultra-racistes de Aryan Nations, Michael Hoffman II a participé à leur congrès en 1986 (Ciaran O Maolain, op. cit., p. 416). C'est un illuminé, adepte des théories de conspiration et d'OVNIs, et ayant fait de la prison pour attaque à main armée sur une pharmacie de Geneva, NY, pour vol de produits stupéfiants. En 1997, Hoffman rencontrait Yvonne Schleiter, la soeur de Faurisson (cf. note 6, supra).

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Revue d'histoire de la Shoah, numéro 170, sept.-déc. 2000, une publication du Centre de Documentatiuon Juive Contemporaine, à Paris, 17 rue Geoffroy-l'Asnier, 75004 Paris. <[email protected]>
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