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LE NEGATIONNISME SUR INTERNET -

GENESE, STRATEGIES, ANTIDOTES

par Gilles KARMASYN,

en collaboration avec Gérard Panczer et Michel Fingerhut

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Il existe plusieurs sites web négationnistes en allemand (139) (outre les sections allemandes des sites déjà mentionnés). Cependant, un site se détache particulièrement depuis quelque temps, par la masse de textes qu'il fournit et la personnalité de son principal animateur. Il s'agit du flamand VHO, (140)

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une officine proprement nazie, créée en 1985 par Jeanine Colson, la compagne d'un vieux nazi, André van Hecke, et dont le porte-parole, Siegfried Verbeke, est un pilier de l'extrême droite flamande et négationniste de longue date. (141) L'orientation en est immédiatement ultra-antisémite et ultranégationniste. C'est au VHO que le négationniste et néo-nazi français Vincent Reynouard (142) édite la plupart de ses opuscules, certains en collaboration avec Carlos Porter. Le VHO a son propre site web dont l'animateur est Germar Rudolf. Germar Rudolf était étudiant en chimie en 1991 et sympathisant d'extrême droite, (143) raison pour laquelle l'avocat du négationniste et ancien général SS Otto Ernst Remer le contacta, dans le but de rédiger une «expertise» sur les chambres à gaz d'Auschwitz dans le cadre d*un procès intenté contre Remer. Rudolf a donc marché dans les traces de Leuchter et rédigé une «expertise» dans le but de démontrer «l'impossibilité technique» des meurtres par gazages à Auschwitz. Son «rapport» ne fait que reprendre, et s'appuyer sur, les classiques négationnistes et constitue une escroquerie scientifique, pierre supplémentaire dans le jardin déjà bien encombré des négationnistes. Il a quasiment remplacé Leuchter (devenu entre-temps de moins en moins présentable) dans le coeur des négationnistes. Depuis son «rapport», Germar Rudolf a multiplié les publications négationnistes en allemand sous divers pseudonymes, s'affublant de titres universitaires qu'il ne possède pas et se citant lui-même en guise de référence... En 1997, il était condamné par une cour de justice allemande. Rudolf s'est enfui et réfugié en Grande-Bretagne, d'où il gère le site web nazi du VHO. Sont reproduits sur ce site des dizaines d'ouvrages en allemand d'inspiration nazie et/ou négationniste, dont la plus grande part de la production de Rudolf, en partie également traduite en anglais et en français. Des dizaines d'articles extraits de journaux d'extrême droite et négationnistcs en allemand, mais aussi la quasi-totalité

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des articles de JHR. L'équivalent de plusieurs milliers de pages. Le site propose également un index par auteur avec accès à plus de 2500 textes, dans toutes les langues, et situés sur la plupart des sites négationnistes déjà mentionnés.

On n'a cependant pas décrit les plus importants des sites négationnistes. Il nous faut ici présenter l'islamiste marocain réfugié en Suède, Ahmed Rami. Rami fut à la fin des années 60 un jeune officier marocain proche du général Oufkir, qu'il «arabisa». (144) Raouf Oufkir, le fils du général, rapporte que Rami était «un fou furieux, un jeune Kadhafi», dont l'idole était Nasser. C'était aussi un antisémite virulent. (145) Ahmed Rami disait d'Hitler qu'il «aurait du achever son oeuvre» d'extermination des Juifs. (146) Rami participe à la tentative d'assassinat de Hassan II par Oufkir en 1972. Oufkir sera «suicidé». Rami s'exilera en Suède. En 1987, il fonde Radio Islam avec David Janzon, membre du Sveriges Nationella Förbund, un vieux groupuscule nazi. Il y diffuse en continu de la propagande antisémite, néonazie et négationniste. Certaines des émissions de Rami reprennent mot pour mot des articles du Stürmer de Julius Streicher. (147) Rami côtoie les néonazis. Il est condamné à six mois de prison en 1990. A sa sortie de prison, il se rend en Iran pour une «conférence internationale pour le soutien de la révolution palestinienne» où il s'exprime devant des centaines de joumalistes arabes et iraniens, (148) il se rend aussi aux conférences de l'IHR, invite plusieurs fois Faurisson, dont il devient l'ami. (149) Radio Islam cesse d'émettre entre 1993 et 1995. Les émissions reprennent en 1996 (150) et Rami inaugure son site web. Dans son numéro d'avril 1996, Rivarol en faisait la publicité. (151) Ce site web est un site fédérateur: outre le site même de Radio

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Islam, il héberge quantité d'autres publications, dont le principal et énorme site web négationniste en français, celui de l'aaargh (152) de Pierre Guillaume (153) et Serge Thion.

Le site même d'Ahmed Rami reprend de façon exhaustive ses obsessions, ce en plus de dix langues, dont le français est l'une des plus représentées. Il est l'illustration de la remarque de Valérie Igounet: «L'imbrication de la propagande négationniste et de la propagande fondamentaliste antisioniste est exemplaire. Les soubassements rhétoriques d'Ahmed Rami, nouvel héros de cette contestation, intègrent des thèses islamistes ultra-radicales imprégnées d'antisionisme et d'antisémitisme». (154) Le tout est d'une violence inouïe. On y trouvera, la plupart du temps aussi en français, outre les habituelles rubriques narcissiques de Rami sur Rami lui-même, la panoplie complète de l'antisémite moderne: Protocoles des Sages de Sion (en huit langues), le pamphlet antisémite de Henry Ford, The International Jew, des extraits des délires antisémites de Luther, ceux du leader noir américain Farrakhan, mais aussi La Question juive de Karl Marx, des listes de Juifs (dans la finance, dans les médias, dans la diplomatie), d'innombrables caricatures antisémites dignes des pires heures de l'antisémitisme nazi et des discours de Drumont, des dénonciations paranoïaques de la domination juive mondiale (la France, comme les Etats-Unis, est un pays «occupé» par les Juifs... on parle de «mafia juive», de «terrorisme juif», etc.), des critiques hystériques et mortifères d'Israël. Coté négationnisme, Rami offre, outre un panégyrique de Faurisson, plusieurs ouvrages de Garaudy, des versions françaises des opuscules de Jurgen Graf (155) et Richard Harwood (par ailleurs proposé en cinq autres langues), l'introduction aux Ecrits révisionnistes de Faurisson, Vérité historique ou vérité politique de Serge Thion, mais aussi de nombreux et divers textes de Faurisson, Serge Thion et d'autres auteurs moins connus, mais non moins véhéments. On trouvera aussi un tract, co-signé par La Vieille Taupe, prenant la «défense» de Brigitte Bardot (en 1996), et dont la version originale (cf. infra) appelait au meurtre de Mouloud Aounit, alors président du MRAP. On ne peut dresser ici une liste exhaustive des ignominies du site d'Ahmed Rami, tant par souci de place que par limite de

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la capacité de résistance des auteurs, sinon des lecteurs. Ahmed Rami fournit des liens vers d'autres sites dont le point commun est l'antisémitisme (tel ce site web, site intégriste catholique antisémite, d'une rare virulence, «Holywar») (156)et le négationnisme.

Rami héberge, ainsi qu'on l'a dit, plusieurs autres sites web, dont des sites web néo-nazis allemands et suédois, le site du parti russe antisémite d'extrême droite, le Pamyat, un site web de textes iconoclastes (humour pédophile de Pierre Louÿs, pamphlets antisémites de Céline, textes de Jean Genet, (157) une copie intégrale du site web de Ernst Zündel, le site négationniste de Pedro Varela (en espagnol), membre important du CEDADE, (158) une page consacrée aux textes de Serge Thion, négationnistes ou non, dont plusieurs de ses textes sur le Cambodge.

L'aaargh, le site «exhaustif» de Pierre Guillaume et Serge Thion

Si la masse de textes négationnistes en français peut paraître impressionnante sur le site d'Ahmed Rami, elle demeure faible par rapport à celle fournie par l'aaargh.

On trouve sur le site de l'aaargh plusieurs catégories de textes:

-- Les intégrales: la majorité des «classiques» négationnistes, tous les ouvrages de Rassinier, (159) les deux ouvrages «révisionnistes» et antisémites de Maurice Bardèche, (160) la traduction de l'opuscule de Richard Harwood, des ouvrages de Robert Faurisson, (161) Serge Thion, (162) Carlos Porter, (163) Roger Garaudy, (164)

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Enc Delcroix, (165) Jürgen Graf, (166) André Chelain et Henri Roques. (167) Des ouvrages cherchant à disculper les SS des massacres d'Oradour et de Thule [Sic] sont également proposés, comme celui de Weininger (168) ou celui du néo-nazi Reynouard, (169) édité par le VHO.

-- Les aspects «techniques»: principalement les «rapports», Leuchter et Rudolf et toute une littérature s'y rapportant, ainsi que les productions négationnistes du fasciste Carlo Mattogno. (170)

-- Les archives de la Vieille Taupe: tous ses bulletins depuis 1995 (véritable chronique du négationnisme dans le monde et des heurs et malheurs de Pierre Guillaume), des lettres envoyées par Pierre Guillaume, des défenses de Brigitte Bardot, Garaudy, Papon et quelques autres, les textes tondateurs du négationnisme de l'ultra-gauche, (171) plusieurs opuscules de Guillaume, (172) des textes fascistes roumains, (173) des textes extraits des Annales d'histoire révisionniste, dont l'article fleuve de Carlo Mattogno. (174)

-- Les archives Faurisson: innombrables textes de Faurisson de 1977 à 1999. Quelques-uns constituent son fonds de commerce depuis plus de

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vingt ans: négation des chambres à gaz, négation de l'authenticité du journal d'Anne Frank; les autres ne sont que la longue litanie des déboires faurissoniens, lettres dont Faurisson inonde médias, journalistes, historiens et hommes politiques.

-- Les archives Rassinier: outre les ouvrages déjà cités, on y trouve des textes parus dans une revue libertaire, Défense de l'Homme, ainsi qu'un corpus de textes sur Rassinier. Il s'agit, comme toujours d'alimenter la geste rassinienne et de dresser du guru posthume de la secte un portrait falsifié et héroïsé. (175)

-- Les Communiqués du Temps Irréparable, rédigés, pour la plupart, par Serge Thion, et d'abord diffusés sur Internet par Serge Thion (cf. infra).

Cette liste n'est en n'en exhaustive. D'autre part, on n'en finirait pas de répertorier les propos insultants à l'égard de tous ceux qui font de l'histoire ou qui combattent les négationnistes. Ils imprègnent la majorité de textes de Guillaume, Thion et Faurisson, mais aussi un «dictionnaire biographique» que l'on peut trouver sur le site de l'aaargh. Signalons encore que le site de l'aaargh reproduit sans la moindre autorisation un certain nombre de textes critiquant les négationnistes, notamment des articles du Monde, de Libération, de L'Express, du Nouvel Observateur, de Marianne, des textes de Pierre Vidal-Naquet et Nadine Fresco (recopiés sur un site web ayant les droits de reproduction). Il s'agit moins de donner l'impression que les animateurs de l'aaargh pratiquent un quelconque «débat» que de «capturer» les internautes qui trouveraient ces textes à l'aide de moteurs de recherche (cf. infra).

En volume, pour ce que cela signifie, l'aaargh aligne au total plusieurs dizaines de milliers de pages de ratiocinations négationnistes.

La responsabilité de Pierre Guillaume dans le site aaargh est évidente pour quiconque lit régulièrement le site, ses mises à jour, quasiment en temps réel, et les «Archives de la Vieille Taupe». Une conversation «en confiance» avec Pierre Guillaume suffit également... D'autre part, Pierre Guillaume s'était associé en 1996 avec Ahmed Rami, pour la diffusion d'un tract de «soutien» à Brigitte Bardot, tract qui s'achevait par un appel au meurtre à l'encontre de Mouloud Aounit, alors président du MRAP. (176) On trouvait notamment ce tract à la Librairie roumaine du savoir, à Paris, dernier repaire de Pierre Guillaume et diffuseur d'ouvrages négationnistes et fascistes. A la fin de ce tract, on pouvait lire:

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«Qu'Allah réserve aux musulmans qui le trahissent, et se soumettent à ceux qui s'opposent à lui, tel Mouloud Aounit, président du Mrap, et à ceux qui usurpent la défense de l'Islam, le sort des moutons de l'Aid.»

Sur le site de l'aaargh, dans l'archive de la Vieille Taupe, on peut lire aujourd'hui une «version corrigée» du tract:

«Qu'Allah, dans sa miséricorde, préserve les musulmans qui le trahissent, et se soumettent à ceux qui s'opposent à Lui, tel Mouloud Aounit, président du Mrap, et tous ceux qui usurpent la défense de l'Islam, du sort des moutons à l'Aid.
«Version corrigée, à la suite du jugement du 2 avril 1999 de la 17e chambre du tribunal de Paris condamnant à juste titre la version initiale, où notre juste colère était insuffisamment maîtrisée. (Nous avions imprudemment écrit: Qu'Allah réserve aux musulmans [qui], (177) le sort des moutons à l'Aid.)
Paris, le 14 avril 1999.»

Ahmed Rami a corrigé la version du tract qui se trouve sur son site, dans le même sens, sans préciser qu'il l'avait corrigé et pourquoi.

Serge Thion: le passage à l'internet

La responsabilité de Serge Thion, extrêmement actif dans le milieu négationniste depuis 1978, (178) est moins «évidente» au premier abord. Mais il suffit d'avoir suivi les publications papier de Serge Thion ainsi que ses interventions sur Internet, d'abord depuis son adresse e-mail au CNRS. (179) Depuis le début des années 90, Serge Thion multiplie les publications (180) édi-

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tées par «Le Temps irréparable». Il a notamment publié deux revues photocopiées aux contenus, entre autres, négationnistes, La Gazette du Golfe et des banlieues et Global Patelin, cette dernière à partir de 1995, directement alimentée par Internet et l'alimentant. Comme cela était souvent mentionné, (181) Le Temps irréparable est domicilié à l'adresse de Serge Thion lui-même. Le Temps irréparable, c'est Serge Thion. En 1995, Serge Thion se voit doté par le CNRS d'une adresse e-mail à la MSH: [email protected] Il diffuse, à partir de cette adresse des textes sur le Cambodge dont il stipule qu'on peut se les procurer au Temps irréparable, toujours à son adresse personnelle. (182) En novembre 1995, dans le numéro 10 de La Gazette du Golfe et des banlieues, Serge Thion/Le Temps irréparable proposait la vente de disquettes comportant de nombreux textes, dont des textes négationnistes. (183) Et il ajoutait: «Pour nous conformer au voeu du gouvernement, nous porterons ces textes sur le réseau intemet et nous presserons des CD-ROM.» (184) Il allait accomplir la première moitié de ce programme avec diligence et constance. En janvier 1996, il mentionne son adresse e-mail professionnelle dans l'une des publications du Temps irréparable, Global Patelin. (185) En mars et avril 1996, Serge Thion envoie deux articles négation-

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nistes, (186) sur une liste de discussion publique, depuis son adresse e-mail professionnelle à la Maison des sciiences de l'homme.

Au printemps 1996, Serge Thion prend un abonnement internet chez club-intemet. (187) Depuis sa nouvelle adresse, Serge Thion continue à discuter du Cambodge (188) et, parallèlement, envoie (à des journalistes et à des particuliers) par e-mail des «Communiqués du Temps irréparable» à connotations fortement négationnistes. En mai 1996, Serge Thion mentionne sa nouvelle adresse e-mail dans le numéro 4 de Global Patelin. (189) C'est l'époque de l'affaire Garaudy. Dans ce même numéro se trouve le premier volet des «Chroniques des événements survenus dans le Royaume de frénésie», texte relatant l'affaire Garaudy du point de vue négationniste. Les deuxlëme et troisième volets de ces «Chroniques» paraîtront dans les numéros 5 et 6 de Global Patelin, pendant l'été 1996. Simultanément, ces textes sont mis sur internet. Cela est clairement énoncé dans Global Patelin, dès le premier volet: «Cette chronique est sur internet», écrit Serge Thion. (190) Et de donner les adresses, sur les sites web du codoh et d'Ahmed Rami, où on peut la trouver. Dans le numéro 5 de Global Patelin, Serge Thion publie un texte intitulé «Abolir la loi Gayssot». Là encore le texte est simultanément mis à disposition sur le Web et ce fait est signalé par Thion qui en donne l'adresse sur le site d'Ahmed Rami.

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De sa nouvelle adresse, Serge Thion envoie, fin 1996, un article négationniste à une liste de discussion sur la Shoah. (191) Les «communiqués du Temps irréparable» sont disponibles sur le Web, sur les sites web du CODOH et de l'aaargh, actif depuis quelques mois. Début 1997, les «communiqués» en question semblent émis depuis une nouvelle adresse au nom de l'aaargh. En fait, c'est bien Thion, depuis son abonnement chez club-intemet, qui continue à les diffuser. (192) En mai 1997, club-internet, suite aux plaintes des destinataires des «communiqués» de Serge Thion, ferme le compte tempus/Serge Thion. En 1997, la page d'accueil de la version anglaise de l'aaargh, stipulait que son «secrétariat international» était «for the time beeing in the hands of LE TEMPS IRREPARABLE». Suivait, pour contact, l'adresse email de l'aaargh. Dans le bulletin n· 57, qui date de 1997, de l'Adelaide Institute, un autre site web négationniste, le site de l'aaargh est présenté comme étant le site de Serge Thion. Aujourd'hui encore, sur sa page de liens négationnistes, Michael Hoffman II donne l'adresse du site de Serge Thion: l'aaargh.

Serge Thion poursuit son activisme négationniste sur internet et ailleurs. Dans le bulletin n· 88 (février 1999) de l'Adelaide Institute, paraît un entretien téléphonique de Serge Thion donné à l'occasion d'un «congrès révisionniste». Les «communiqués du Temps irréparable» continuent d'être diffusés. Pendant le mois d'avril 2000, «l'actualité du négationnisme» répertoriée par l'aaargh a temporairement porté comme intitulé «Global Patelin». Cette mention a aujourd'hui disparu...

Les stratégies des négateurs-internautes

Le cas de Serge Thion révèle une stratégie commune à certains négationnistes qui sévissent sur internet, le camouflage. Il fut progressif dans le cas de Thion qui nierait évidemment toute responsabilité quant au site de l'aaargh (l'anonymat de ses animateurs est d'ailleurs revendiqué). Il entre parfois en conflit avec un désir de «continuité» et de revendication de paternité (comme cette mention provisoire de Global Patelin sur la page

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d'actualité de l'aaargh). Mais la prudence prévaut. Le camouflage existe depuis le début chez Faurisson, parfaitement conscient et acteur de la diffusion de ses textes sur intemet, füt-ce par l'intermédiaire de sa soeur. Il est aussi aujourd'hui présent chez Emst Zündel qui prétend, afin d'échapper à la justice du Canada, ne pas être responsable du site web «Zündel», géré, aux Etats-Unis, par une de ses collaboratrices, Ingrid Rimland. Les négationnistes américains, eux, n'ont pas besoin de ces stratagèmes. Aux Etats-Unis, il est peut-être interdit de brûler le drapeau américain, mais pas de dire que les Juifs ont inventé leurs morts... Le camouflage consiste aussi à taire ses origines idéologiques. C'est typiquement le cas de Zündel, de l'IHR ou de Bradley Smith. Sans parler de David Irving. Il s'agit de se rendre présentable.

Le camouflage peut parfois prendre une allure très concrète. Ainsi, dans le cas de Jean Plantin, jeune éditeur d'une revue, Akribeïa, qualifiée par Pierre Guillaume dès 1996 de «révisionniste», (193) dont le contenu essayait, en vain, de rester en bordure du négationnisme sans y verser. Jean Plantin a été jugé et condamné à Lyon en 1999. (194) Il s'agissait pour la clique négationniste de faire croire que Plantin sortait de nulle part, était un nouveau venu, presque un candide. La grande presse a d'ailleurs avalé et resservi cette tromperie sans sourciller. Or, dès le premier numéro des Annales d'Histoire révisionniste, en 1987, c'est Jean Plantin qui traduisait l'article de Mattogno, ainsi que cela était mentionné à la fin de l'articie. (195) Mais cette mention disparaît de la version internet, sur l'aaargh, du texte de Mattogno, alors que Thion et Guillaume font toujours figurer les mentions de collaboration des textes reproduits. Il s'agit bien de «protéger» Plantin lors de son procès.

Cependant, si l'on camoufle les antécédents et les responsabilités, il faut se faire connaître. On voit ainsi des négationnistes faire de l'entrisme dans des associations d'internautes, comme ils l'avaient fait dans des associations de libres-penseurs. Dès 1995, Greg Raven (responsable du site de l'IHR) s'était procuré la liste des abonnés à une liste de discussion sur la Shoah et les avait abreuvés de sa propagande. En 1999, André Chelain ten-

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tait de participer à cette même liste de discussion afin de distiller du «révisionnisme». Serge Thion avait déjà tenté l'opération sur une liste de discussion bibliothéconomique.

A l'évidence, l'intérêt principal de l'Internet pour les négationnistes européens, (196) est de pouvoir diffuser leurs discours et de contourner la législation. En France, la loi Gayssot avait bâillonné les négationnistes. Ils n'avaient plus de possibilité d'expression publique hors l'organisation de scandales. Il y a ici une première innovation par rapport à cette situation. Avant l'Internet, même les «sympathisants» avaient quelques difficultés à accéder à du matériel de propagande négationniste. La législation française confinait les publications négationnistes aux mailing privés et aux tiroirs de quelques librairies d'extrême droite. Aujourd'hui, ce matériel est immédiatement accessible. Il n'y a plus aucun effort à faire, même pas financier. Une première victoire a été obtenue par les négationnistes: ils atteignent tous ceux qui veulent l'être. Une première conséquence en fut l'apparition d'articles négationnistes sur les groupes de discussion francophones. C'est aussi le quotidien du forum de discussion anglo-saxon consacré au négationnisme. Le plus souvent, des «sympathisants» vont sur un site web négationniste, recopient tel passage de tel opuscule et déversent le résultat de leur «reco-pillage» sur le forum, sans dire, évidemment, qu'ils ont recopié.

Cependant l'Internet constitue moins un moyen de communication «interne», comme pour les groupuscules néo-nazis, qu'un outil de propagande externe. Ce n'est finalement pas le public des sympathisants que les négationnistes visent. Leur cible, ce sont les candides, le grand public, pas les racistes. La correction par Rami et Guillaume du tract appelant au meurtre de Mouloud Aounit relève de cette stratégie. Dans le but de séduire ce publie, les négationnistes ripolinent leur dialectique et leurs sites: ils font assaut de déclarations quasi humanistes. L'article 19 de la déclaration universelle des droits de l'homme figure sur la plupart des pages du site de l'aaargh. Le codoh prétend défendre la «liberté intellectuelle». Tous les sites négationnistes se réclament de l'antiracisme (le site d'Ahmed Rami se déclare «contre tout racisme, surtout le racisme juif»). Tous se réclament de la liberté d'expression. Il n'est pas une campagne pour la liberté d'expression sur l'Internet à laquelle ils ne participent. Ils réclament un «débat». Les textes négationnistes camouflent, autant que faire se peut, leur antisémitisme et leurs falsifications sous une forme pseudo-scientifi-

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que, des protestations de bonne foi et de nécessaire «scepticisme». Les candides peuvent s'y laisser prendre.

Ce toilettage et les présentations alléchantes ne suffisent cependant pas. Il y a des centaines de milliers de sites web. Des centaines de millions de pages web. Il s'agit pour les négationnistes d'attirer le public vers leurs pages. Il existe deux types de moyen pour trouver de l'information sur le Web. Les annuaires et les moteurs de recherche. Parfois une même société offrira les deux services. Les annuaires sont des services, sous forme de pages web, répertoriant, par catégories, les sites web les plus intéressants. Le plus représentatif, et le plus ancien, de tous les annuaires est Yahoo. Les principaux annuaires offrent des services «nationaux». Ainsi, Yahoo offre une version américaine, une version anglaise, une allemande, une française. (197) A la rubrique «Holocauste» de la version française de Yahoo, on ne trouvera pas de site web négationniste. Non plus que pour la version allemande. En revanche, les versions américaines et anglaises offrent une catégorie «Revisionism» qui donne la liste des principaux sites web négationnistes. L'annuaire de Altavista offre une catégorie «Holocaust Denial». Ce n'est pas le cas de la version française d'Altavista. Aucun annuaire francophone ne fournit de site web négationniste. Soulignons le fait que le contenu des annuaires est toujours un choix, une sélection éditoriale, censée fournir à l'internaute les sites web les plus pertinents. Même dans les régions où le négatiormisme n'est pas pénalisé, rien n'oblige à présenter des sites web négationnistes. Ainsi, l'annuaire de Excite (198) ne le fait pas. On reste sans voix devant le fait que des annuaires anglophones présentent, par choix, les sites négationnistes. Quoi qu'il en soit, les annuaires francophones (199) ne sont pas un moyen d'accès aux sites web négationnistes.

Cependant, les annuaires ne sont pas la méthode la plus utilisée pour chercher de l'information sur le Web. La plupart des «internautes» utilisent des moteurs de recherche, et les moteurs de recherche sont le principal instrument de propagation du négationnisme. Il suffit de tester la version internationale du moteur de recherche Altavista pour constater qu'avec des mots clés comme «chambres à gaz», «génocide juif», etc., la majorité des pages web francophones ramenées sont situées sur des sites négationnistes. Autrement dit, n'importe quel lycéen, curieux, candide qui aura l'idée d'utiliser cet outil pour trouver des informations sur la Shoah a une forte probabilité d'être orienté vers le négationnisme. Ce constat vaut

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pour tous les moteurs de recherche anglo-saxons. Il semble que du côté des moteurs de recherche francophones quelques très maigres progrès aient été accomplis. Certains moteurs de recherche, parmi les plus utilisés, même francophones, (200) sont coupables d'orienter leurs utilisateurs en priorité vers les sites web négationnistes. On peut parler de situation catastrophique.

Les moteurs de recherche sont bien à l'esprit de ceux qui gèrent et alimentent les sites négationnistes. La raison principale pour laquelle Thion et Guillaume ont appelé leur site l'aaargh était sans doute pour permettre à leur site d'apparaître dans les premières réponses ramenées par les moteurs de recherche. (201) La raison pour laquelle Thion et Guillaume recopient des textes et des articles anti-négationnistes, qui parfois se trouvent sur des sites web sur la Shoah ou contre le négationnisme, est simplement de multiplier les chances qu'un internaute aboutisse chez eux et non sur un site normal. Que le texte par lequel le candide aura abouti sur le site de l'aaargh soit critique à l'égard du négationnisme importe peu. Ils auront fait découvrir leur site et leurs discours à une personne de plus. La multiplication des mêmes textes, voire la copie entière de sites négationnistes sur d'autres sites négationnistes, relève de la même stratégie «de masse»: faire en sorte que toute recherche sur des thèmes ayant trait à la Shoah ramène du matériel négationniste. Il faut faire ce constat lucide: les négationnistes ont en partie réussi.

On prendra garde à ne pas voir chez les négateurs qui sévissent sur l'Internet que des esprits malades. Ils scrutent avec méticulosité les médias sur tout ce qui a trait au génocide. Ils lisent les listes et les forums de discussion qui traitent du sujet, ils lisent les sites web de ceux qui les combattent. Ils sont très peu nombreux. Ils ont peu de sites web. Ils les alimentent continuellement de nouveaux textes. Ils tont cela à temps complet, déploient l'énergie du fanatisme et ont, en volume et pour ce qui est de la langue française, submergé le Web.

Si les négationnistes francophones sont obligés de focaliser leur stratégie sur le Web, il ne faut pas oublier que c'est malgré tout un pis aller. Que leur problème demeure l'interdit qui leur barre l'accès aux grands médias, ce que n'est pas l'Internet, où l'on observe une multiplication, un éclatement des lieux d'information. Partout, les négationnistes recherchent une visibilité médiatique traditionnelle. Bradley Smith alimente un scandale permanent en faisant publier ses textes dans la presse étudiante américaine.

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Les négationnistes francophones tentent régulièrement de déclencher de nouveaux scandales. L'affaire Garaudy fut leur dernier vrai succès. Une honte pour la corporation des journalistes qui se sont faits gratuitement la caisse de résonance de leur propagande. Pierre Guillaume a échoué à distribuer les falsifications de Rudolf sur Auschwitz et celles de Reynouard sur Oradour. Aujourd'hui, ils tentent de créer un scandale par la distribution de tracts dans quelques lycées. Il appartient tant aux autorités, par le blocage des publications négationnistes, qu'aux journalistes en évitant de se laisser piéger par les foulards rouges du scandale que des négationnistes agitent périodiquement devant eux, de ne pas faire leur jeu. Les négationnistes cherchent avant tout à faire parler d'eux. Que ce soit en bien ou en mal leur importe peu. Faisons en sorte de n'avoir plus qu'un seul problème à affronter, il est aujourd'hui suffisamment grave, celui de l'Interriet.

Quelle(s) lutte(s) contre les négationnistes de l'Internet ?

Le droit

Le laxisme proprement écoeurant des fournisseurs d'accès quant aux agissements de certains de leurs abonnés ne doit pas faire oublier certaines évidences: les discours racistes, antisémites, négationnistes sont illégaux, même sur l'Internet, que ce soit sur les forums de discussion ou sur le Web, même si un site web est physiquement situé à l'étranger.

Cet article n'est pas le lieu d'une discussion juridique, mais on peut rappeler qu'une jurisprudence est en train de se constituer, qui confirme la compétence des tribunaux français pour juger des infractions commises sur le Web, même à partir de l'étranger. (202)

Outre qu'il n'existe aucune instance internationale de régulation des contenus de l'Internet (si tant est que cela soit souhaitable), l'une des difficultés principales réside dans le fait que le négationnisme et les discours de haine ne sont pas pénalisés aux Etats-Unis, voire même en Grande-Bretagne. Force est de constater que les hébergeurs américains réagissent peu ou pas lorsqu'on leur signale l'existence de sites haineux. Ils se retranchent

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derrière «la liberté d'expression» pour laisser en place sites web antisémites et négationnistes. Ainsi, Frontiernet qui héberge un site antisémite, «Jew Watch», a argué, après plainte, du fait que sa charte, qui exclue pourtant les matériaux «hautement offensants», ne désigne par cette expression que les matériaux obscènes comme des photos de bestialité ou de pédophilie. Comme quoi «hautement offensant» ne désigne pas le contenu pourtant parfaitement antisémite de «Jew Watch»... Après cette argutie, la clause excluant les matériaux «hautement offensants» a disparu de la charte de Frontiernet... (203)

En 1996, le gouvernement américain a tenté de façon maladroite de réglementer les contenus «obscènes» sur l'Internet par le Communications Decency Act, rejeté par la Cour suprême américaine en 1997. Une version révisée connue sous le nom de Child Online Protection Act (COPA), élaborée en 1998, interdit la distribution de contenus dangereux pour les mineurs. Le législateur américain vise en fait explicitement la pornographie mais certainement pas les discours racistes, antisémites et appatentés. (204)

Par ailleurs, sur les réseaux informatiques le problème de la preuve demeure difficile à résoudre. Les responsables du réseau néo-nazi allemand Thule n'ont jamais pu être poursuivis. (205) En 1998, Faurisson était poursuivi pour des textes qui se trouvent sur l'aaargh. Il a été relaxé au motif que la preuve qu'il était responsable de la mise sur le Web de ces textes ne pouvait être apportée. (206) On a vu que c'est sa soeur qui sert d'intermédiaire. Il faut faire un sort au mythe de l'impunité. Certes, la preuve est difficile à apporter. Mais elle est parfois possible, comme nous l'avons démontré dans le cas de Serge Thion. En fait, elle doit résulter d'un travail d'enquête minutieux. Encore faut-il que la volonté politique d'effectuer ce travail existe. Elle existe dès lors qu'il s'agit de mettre fin aux agissements des pédophiles. Il faudrait enfin qu'elle existât pour mettre fin aux agissements des négationnistes francophones, qui sont connus, sur l'Internet.

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La technique

Que les sites web négationnistes existent ne signifie pas qu'on puisse forcément y accéder. En fait, il faut dénoncer un mythe technique, celui de la prétendue impossibilité à empêcher d'accéder à des sites web clairement identifiés. Les principaux sites de propagation de haine sur internet ont leur propre nom de domaine. Effectuer un filtrage, en amont, de l'utilisateur final de ces sites est techniquement possible. Il ne s'agit, en définitive, que de volonté politique, en l'occurrence d'absence de volonté politique. Nous ne doutons pas que, si quelque site web pédophile existait et qu'on ne puisse l'interrompre à la source, les autorités publiques et les acteurs de l'Internet français sauraient faire en sorte d'en interdire l'accès... Ajoutons encore à l'intention de ceux qui soutiendraient qu'il n'existe pas de solution technique parfaite qu'aucun dispositif ne l'est jamais, même en matière de législation sur la presse écrite. N'importe quelle solution éliminant les principaux sites haineux serait suffisante. De telles solutions existent. Aucun dispositif ne permet d'empêcher complètement que la drogue n'entre en France. Ce n'est cependant pas une raison pour ne pas mettre en place des dispositifs qui rendent cette arrivée beaucoup plus difficile.

L'Australie vient de mettre en place une législation draconienne pour lutter contre les contenus délictueux sur internet. Elle fait porter une partie de la responsabilité du blocage des sites web délictueux sur les fournisseurs d'accès, (207) même pour les contenus situés hors de l'Australie. Cette législation est en vigueur depuis le 1er janvier 2000 et les fournisseurs australiens se sont dotés d'un code leur permettant de la suivre.

Hors l'interruption de la diffusion et de la transmission, on peut encore mettre en place des dispositifs de filtrage à l'arrivée. Il existe plusieurs produits qui permettent de ne pas afficher certains sites web lorsqu'on tente d'y accéder. Généralement, de tels dispositifs sont destinés à protéger les enfants de la pornographie. (208) Mais ils peuvent tout à fait servir à éviter d'accéder aux sites de propagande de haine. La mise en place de tels dispositifs chez les particuliers relève d'une volonté individuelle qu'il faut encourager, donc d'une information à grande échelle. En revanche, étant donné la volonté politique de faire utiliser ]'Internet par les élèves des

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lycées et collèges, il est indispensable que l'Etat mette ce genre d'outil en place dans les établissements d'enseignement scolaire.

Comme on le voit, les solutions techniques existent et leur mise en place ne relève que d'une volonté politique et d'un effort d'information.

L'éducation

Cela va sans dire. Nous le dirons donc: l'enseignement de ce que fut la Shoah constitue la première protection contre le négationnisme. Cette protection sera d'autant plus efficace que les modalités de cet enseignement seront pertinentes. Il n'appartient pas aux auteurs du présent article de participer à une problématique dont le succès du livre de Jean-François Forges (209) souligne l'actualité. Nous renvoyons à l'article de Dominique Borne sur l'enseignement de la Shoah à l'école. (210) Certains acteurs du monde pédagogique ont pris conscience de ces enjeux. En témoigne le succès du séminaire sur l'enseignement de la Shoah qui s'est tenu en juillet 2000 au CDJC.

Il demeure qu'il est un domaine où lycées et collèges peuvent préparer utilement les élèves, celui du discernement quant à la qualité et à la nature de ce qu'ils risquent de trouver sur l'Internet. On ne pourra qu'encourager une présentation aux lycéens et collégiens des dangers auxquels ils s'exposent en utilisant sans discernement l'Internet. On aura soin d'indiquer aux élèves les moteurs de recherche spécialisés. De tels moteurs n'indexent pas tout le contenu du Web, mais seulement une liste, parfois importante, de sites web traitant d'un domaine. Encore reste-t-il à développer et promouvoir de tels moteurs et qu'ils aient une matière suffisamment importante pour être utiles... Une telle politique de préparation des élèves à l'internet doit être élaborée à un niveau national.

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L'Histoire de la Shoah sur l'internet

La masse de textes négationnistes sur l'Internet et l'impact démesuré qu'ils prennent via l'utilisation des moteurs de recherche nécessitent une réaction urgente. Le principal antidote contre cette anti-histoire, (211) c'est l'Histoire elle-même. Il convient de mettre à disposition sur l'Internet des textes et des documents sur l'histoire et l'historiographie de la Shoah et la déportation, des textes s'adressant à des publics variés, du candide à l'universitaire en passant par les élèves des lycées et collèges.

La situation de l'Internet anglophone est de ce point de vue assez bonne. Il existe, en anglais, un nombre très important de sites web de qualité consacrés à l'histoire de la Shoah. On regrettera cependant que les institutions sont souvent assez réticentes pour mettre les textes intégraux de leurs publications, ne serait-ce ceux des années passées, sur le Web. On trouvera une liste des principaux sites sur la page de lien du site «antirev». (212) On pourrait écrire un article intitulé: «L'Histoire de la Shoah sur l'Internet». On constaterait que la situation est bonne quant au nombre et à la qualité des sites web en anglais. Nous renvoyons en l'occurrence, pour ce qui est des sites web anglophones, à la page de liens citée ci-dessus. Notons que le site web du centre Simon Wiesenthal met à la disposition du public et du chercheur l'intégralité des sept volumes des Simon Wiesenthal Annual, (213) parution d'excellente tenue sur l'histoire de la Shoah. Dans le même esprit, signalons les Documents on the Holocaust (214) sur le site web de Yad Vashem.

La situation de l'Internet francophone a longtemps été catastrophique. Elle n'est plus que lamentable. Face à la masse des textes négationnistes en français, on ne compte que quelques sites web dont les plus riches sont le fait de particuliers et non d'institutions. La plupart des sites institutionnels se contentent de donnerdes informations pratiques et de se présenter.

Signalons le site web du CDJC, (215) celui de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, (216) qui fournit une bonne introduction synthétique. Celui

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de l'Union des Résistants et Déportés Juifs de France (217) fournit, seulement au format PDF hélas (car non visible par les moteurs de recherche), les derniers numéros de sa Lettre. (218) C'est déjà beaucoup. Quelques rares sites web se démarquent. D'abord celui de Vincent Chatel et Gord McFee, «Les Camps oubliés». (219) Il étudie en détail de nombreux camps, en donne la liste et propose de nombreux textes sur l'histoire de la Shoah. Ensuite, le site web de David Natanson (220) présente la Shoah à travers de nombreux documents, thèmes spécifiques et les cas très concrets de sa propre famille. Le site de Michel Fingerhut: «Ressources documentaires sur le génocide nazi et sa négation» (221) fut initialement créé en 1995 à l'occasion des premières manifestations de négationnisme en français sur les forums de discussion. Il propose la mise en ligne de textes intégraux initialement publiés dans des monographies, des recueils ou des journaux. Y figurent notamment les textes de Pierre Vidal-Naquet et Nadine Fresco sur le négationnisme. Le corpus des textes présents sur ce site est l'un des plus importants avec celui du site de Dominique Natanson. On mentionnera également le site web du Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah. (222)

S'il y a un certain nombre de «petits» sites, avec quelques pages, mais aussi de nombreuses pages pédagogiques au contenu assez synthétique et globalement redondant, au total les quelques sites évoqués pèsent bien peu face à l'offensive de masse permanente des négationnistes.

Les individus, sauf à y sacrifier leur vie et leur emploi du temps, ainsi que font les négationnistes, n'ont pas les mêmes moyens que ces fanatiques. Pourtant, il faut mettre en ligne les monographies «classiques» de l'histoire de la Shoah et de la déportation, les actes des colloques, les oeuvres de Hilberg et Browning. Il faut également mettre sur le Web des reproductions de documents originaux, le contenu des sources primaires. Tout cela demande beaucoup de moyens et de temps. Seules des institutions en ont la capacité. Il est impératif de créer des programmes de mise en ligne des études et des documents. Il le faut pour mettre à disposition du grand public des instruments de qualité et pour combattre les sites négationnistes par la quantité des textes fournis. Là encore, il manque une volonté politique.

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Quand bien même les moyens seraient fournis, d'autres difficultés peuvent surgir. Quelques éditeurs refusent de donner les droits de certains ouvrages fondamentaux. Si l'on comprend leur frilosité, elle n'en est pas moins infondée: les auteurs peuvent en témoigner, lorsqu'ils rencontrent un texte intéressant sur le Web, ils en achètent la version publiée si celle-ci existe. Le livre demeure le meilleur moyen de lecture. Une reproduction sur le Web peut souvent être un bon moyen de promotion.

Notons enfin que l'Internet offre la possibilité de palier à la relative pauvreté de l'historiographie francophone sur la Shoah et le nazisme. La publication de traductions d'études classiques en anglais ou en allemand peut se faire à moindre frais sur le Web. La disponibilité de ces classiques en fran çais, et sur le Web, serait un outil supplémentaire, à la fois pour les étudiants et les historiens, mais aussi dans l'optique de la lutte contre les négationnistes. Il est indispensable et urgent d'entreprendre ces travaux de traduction et de mise en ligne.

Etude et réfutation des négationnistes

L'histoire de la Shoah, si elle demeure le principal moyen de lutter contre le négationnisme, n'est pas le seul. Et, à nos yeux, il n'est pas suffisant, quand bien même le programme évoqué ci-dessus serait accompli. Il ne s'agit pas, pour les historiens, de bâtir une histoire de la Shoah en fonction du négationnisme. Michael Marrus écrit avec raison:

«S'il est important de comprendre [l']activité [des négationnistes], je ne vois pas pourquoi ils devraient définir le programme des historiens de l'Holocauste, pas plus que les théoriciens d'une "Terre plate" ne définissent les programmes des astronautes.» (223)

Aussi doit-on distinguer étude et réfutation des négationnistes de l'histoire de la Shoah, les premières devant s'abreuver de la dernière. Il faut d'abord rendre disponible ce que l'on sait des négationnistes et du négationnisme. Cet article en est une l'illustration paradigmatique. Le public susceptible d'être atteint par la propagande négationniste sur l'Internet doit pouvoir trouver, sur l'Internet, les moyens de comprendre qui sont ces personnes à l'origine de la propagande négationniste, quelles sont leurs véritables motivations et quelle est la nature de leurs méthodes. Le site de Michel Fingerhut évoqué plus haut (224) offre le meilleur exemple de ce qu'il faut faire en mettant en ligne les principales études publiées sur le néga-

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tionnisme et les négationnistes. Il faut souligner que ce site est le fruit d'une initiative privée. D'autres études non encore présentes sur le site ne sont qu'en attente de l'autorisation des éditeurs, voire simplement de temps pour travailler à leur mise en ligne... Dans le même esprit, le site web d'Amnistia, «Négationnistes: les Eichmann de papier», (225) a entrepris de façon très militante de mettre en lumière les activités et les complicités négationnistes en France. Les pages web «Pratique de l'Histoire et dévoiements négationnistes» (226) participent de cette «transparence», il s'agit de rappeler que le négationnisme est avant tout un discours, un type de discours (hypercritique, falsifications, paranoïa, etc.), mis au service d'un postulat: la non-existence du génocide juif

Nous pensons que cette approche, pour une fois véritablement démystificatrice, si elle est nécessaire, ne saurait être suffisante. Pierre Vidal-Naquet avait déclaré qu'on ne discutait pas avec les négationnistes, mais sur les négationnistes. Nous pensons pour notre part que cela demeurera toujours vrai, car il n'est nulle discussion, ou débat possible avec les falsificateurs. Dans la mesure où les négationnistes trahissent et pervertissent toutes les règles d'une saine pratique historienne, on ne saurait avoir avec eux le moindre échange sur le terrain historique. Il en est du négationnisme comme du créationnisme. (227) Stephen Jay Gould, célèbre paléontologue qui a beaucoup combattu les créationnistes, disait à propos des «débats» publics que les créationnistes recherchent, comme les négationnistes:

«Le débat est une forme d'art. Il s'agit de sortir victorieux de la confrontation. Il ne s'agit pas de découvrir la vérité. Le débat relève d'un certain nombre de règles et de procédés qui n'ont absolument rien à voir avec l'établissement des faits [...] Ils [les créationnistes] sont très bons à ce jeu-là. Je ne pense pas que je pourrais avoir le dessus dans un débat contre les créationnistes.» (228)

On ne discutera donc évidemment pas avec les négationnistes. Pourtant il ne faut pas se voiler la face: aujourd'hui, le grand publie peut être exposé, est exposé aux affabulations négationnistes. Lorsque la législation

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suffisait à contenir le discours négationnistes, la posture du silence suffisait, de par la seule existence des études de Pierre Vidal-Naquet, Nadine Fresco et Alain Finkelkraut. (229) Ce n'est plus le cas. Si la plus grande partie du corpus traitant d'astronomie sur l'Internet était constitué d'affirmations soutenant à coups d'argumentaires frelatés, mais abondants, que la Terre est plate ou est le centre de l'univers, il serait impensable de laisser cela sans réponse. Nous appelons «réponse» le fait de démonter la mécanique, de démasquer la falsification, d'exhiber la méthode de manipulation des faits par les négationnistes. Il s'agit toujours de réfuter le fond du discours et d'exhiber la perversion de la forme. Pierre Vidal-Naquet écrit, dans un louable souci écologique, que «si, chaque fois qu'un "révisionniste" produit une nouvelle affabulation, il fallait lui répondre, les forêts du Canada n'y suffiraient pas». (230) Cette position n'est plus efficace à l'heure où n'importe qui peut, par le biais de l'Internet, être involontairement happé par «l'argumentaire» négationniste. Peut-on se contenter de renvoyer à Pierre Vidal- Naquet lorsqu'une falsification négationniste est «balancée» sur un forum de discussion ou sur le Web? C'est faire un pari bien risqué sur le bagage philologique, politique et historique du lecteur. N'oublions pas que si l'on a l'impression de connaître l'histoire du génocide, parce qu'on en entend beaucoup parler, on en ignore généralement les modalités et le déroulement. Qui a lu Hilberg? Les négationnistes jouent sur cet écart réel entre une connaissance effective assez faible et une impression, erronée, de bien connaître. S'il est vrai qu'une lecture avancée de la production historienne la Shoah (mais aussi sur le nazisme) suffit à réfuter les falsifications négationnistes, qui s'attelle à ce genre d'entreprise? [sic] Il faut donc extraire la substantifique moëlle du travail des historiens pour réfuter les négationnistes. Dès 1991, Roger Eatwell écrivait:

«On peut soutenir que la discussion de telles affirmations [négationnistes] pourrait à la fois les légitimer, dans le sens qu'elles pourraient être considérées comme dignes d'ëtre débattues, et augmenter l'exposition aux thèses négationnistes de ceux qui, autrement, n'auraient pas été au courant de leur existence. Cette politique [du silence] peut avoir été la meilleure lorsque de tels travaux [sic] étaient rares, mais leur récente multiplication rend vitale une réponse plus spécifique.» (231)

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Dès le début de l'offensive négationniste sur l'Internet, des individus décidés et exemplaires ont entrepris ce travail de démontage. Ils ont d'abord contré les falsifications répandues par les Dan Gannon et autres fanatiques antisémites sur alt.revisionism. Nous profitons de la rédaction de cet article pour citer, de façon non exhaustive, les noms de quelques unes de ces personnalités remarquables: Ken McVay, Chuck Ferry, Danny Keren, Jamie McCarthy, John Morris, Michael P. Stein, Yale F. Edelken, Ken Lewis, Gord McFee, Richard G. Green, Patrick J. Groff. On peut dire que leur persévérance, leur pugnacité, leur sérieux et leur rigueur ont permis de contenir dans une certaine mesure les délires négationnistes, ceux proférés en anglais en tout cas. La preuve de leur succès se lit dans le fait que les négationnistes ont créé sur l'un de leur site web leur propre forum de discussion, différent de alt.revisionism, contrôlé et censuré par eux. Car ils savent que, sur a1t.revisionism, ils verront toujours leurs délires soumis à l'analyse dévastatrice des personnes citées ci-dessus, entre autres.

Mais il faut être réaliste: démonter «l'argumentaire» est un travail considérable. Une falsification négationniste s'énonce en une phrase. Elle se réfute et se démonte en vingt. C'est la raison même pour laquelle un débat est impossible. Néanmoins, il est aujourd'hui nécessaire d'effectuer ce travail.

Il l'est en grande partie sur deux sites web remarquables, en anglais, celui de Ken McVay, «Nizkor», (232) et celui du «Holocaust History Project». (233) Les équipes de ces deux projets portent le fer au coeur des falsifications négationnistes et accomplissent un travail de fond très efficace. Le «corpus» des mensonges négationnistes, s'il est très volumineux, n'en est pas moins fini. La majeure partie de ce corpus, en tout cas en anglais, est réfutée sur les deux sites cités. Il convient également de mentionner un site web qui combat le négationnisme par la dérision: le «Mad Revisionist» (234) a décidé de prouver que la Lune n'existait pas, pas plus que l'Acropole, ou que le naufrage du Titanic était une invention hollywoodienne. Il y parvient de façon fort convaincante en utilisant la méthodologie «révisionniste»...

En français, hélas, l'entreprise de démontage des mensonges négationnistes n'est entamée, sur l'Internet, que sur un seul site, et de façon modeste. (235) Certes, les textes de Pierre Vidal-Naquet, disponibles sur le

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Web, ont montré la voix. Mais il reste presque tout à faire. On peut, on doit, traduire en français les analyses les plus pertinentes de Nizkor et du Holocaust History Project. On peut, on doit prendre les textes de Rassinier, de Faurisson et consorts et démonter leurs mensonges un par un. C'est faisable. Florent Brayard et Nadine Fresco ont déjà bien avancé sur ce chemin. Pour que les négationnistes ne puissent se réclamer de l'imposteur Rassinier, il «suffit» de le décortiquer, serait-ce ligne à ligne. La lutte contre les négationnistes sur l'Internet passe aujourd'hui aussi par ce long chemin.

Conclusion ?

Rappelons encore une fois que nous n'avons qu'effleuré les questions des sites web racistes, d'extrême droite, antisémites, encore plus nombreux que les sites web négationnistes. La problématique demeure comparable.

Pour ce qui est du négationnisme, quel est l'impact de l'existence, voire de la domination des sites web négationnistes sur le public? Aujourd'hui on ne le mesure pas. Mais on peut être sûr qu'il sera de plus en plus important, à mesure que le nombre d'utilisateurs de l'Internet augmentera et que son utilisation deviendra familière. Si rien n'est fait. L'Internationale négationniste existe sur l'Internet. Pas de «complot», mais une collaboration effective, des liens réciproques, la copie et la recopie des mêmes textes, l'organisation d'une véritable bibliothèque négationniste multilingue et à échelle mondiale. N'importe quel fanatique d'extrême droite peut aller chercher du matériel négationniste et le répandre anonymement sur des forums de discussion, (236) par courrier électronique, voire en faire des tracts. N'importe quel collégien ou lycéen cherchant, sur l'Internet, des informations sur la Shoah aboutira majoritairement sur les sites web négationnistes. On peut agir. Il le faut. Il faut s'en donner les moyens. Rapidement.

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Glossaire

Courrier électronique, ou e-mail

Mode de communication personnelle ou de groupe sur l'Internet qui permet à un expéditeur d'envoyer un texte vers une, ou plusieurs, boîtes à lettres électroniques. Celles-ci sont en général privatives: seul le possesseur d'un code d'accès (similaire à la fonction de la clé d'une boîte aux lettres dans un immeuble) peut y lire les informations qui y sont arrivées et se servir de l'adresse de cette boîte pour envoyer du courrier.

Listes de diffusion ou forums privés

Mode de communication de groupe sur l'Internet utilisant le courrier électronique. Tout participant d'une telle liste envoie ses communications par courrier électronique vers une adresse générique qui rediffuse immédiatement ces textes vers les boîtes aux lettres personnelles de tous les inscrits sur cette liste. De telles listes peuvent concerner des centaines, voire plus, de membres. L'inscription peut être libre et automatique ou avoir à passer par un gestionnaire (humain) qui peut accepter ou refuser la demande. Certaines de ces listes peuvent avoir un statut public (lisibles par tous).

Web, WWW, serveur WWW, site web

Mode de publication sur l'Internet. Un serveur WWW (ou encore: serveur web, ou encore: site web) est un ordinateur connecté à l'Internet offrant un accès (par le protocole HTTP) à des documents (textes, images, vidéo, son), organisés et reliés entre eux par des liens hypertextuels: certaines parties du textc peuvcnt êtrc dc couleur différente ou soulignés et, lorsque l'utilisateur clique sur cette portion de texte, un autre document est chargé à l'écran, venant ou non du même serveur. Ces liens entre documents, sur un même serveur et entre des serveurs différents, crée le WWW ou World-Wide Web, «toile [d'araignée] mondiale». Pour y avoir accès, il faut être connecté à l'Internet et posséder un navigateur (voir ce terme). Ces documents ne peuvent être ajoutés, modifiés ou enlevés du serveur que par une personne autorisée possédant un compte sur ce serveur. Analogie: affiches dans une vitrine. Un serveur web peut se trouver physiquement n'importe où dans le monde. En principe, n'importe quel ordinateur connecté à l'Internet pourra y avoir accès.

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Hypertexte, lien hypertextuel

Documents composés de plusieurs fichiers ne se trouvant pas forcément sur le même ordinateur. Si, dans un livre, les pages et les chapitres se succèdent séquentiellement (il faut arriver à la fin d'une page pour passer à la suivante), il arrive souvent que l'on puisse passer du milieu d'un document hypertextuel vers un autre document hypertextuel (analogie: une note de bas de page au milieu d'une page de livre).

Navigateur, ou browser

Logiciel (ou application) permettant à un utilisateur de se connecter à des serveurs WWW pour y lire des documents hypertextuels et de passer d'une «page» à l'autre, selon le fil de sa lecture, et d'un serveur à un autrce d'où le terme navigateur (on dit aussi: butineur, browser ... ).

Forums publics, ou forums de discussions, ou groupes de discussion, ou news, ou Usenet

Mode de communication thématique publique sur l'Internet rappelant les dazibaos. Tout utilisateur de l'Internet peut écrire un texte destiné à un ou plusieurs forums. Ce texte circulera automatiquement sur les ordinateurs de l'Internet participant de ce mode de communication (la plupart) et y sera stocké dans une sorte de boîte aux lettres publique: tout utilisateur de cet ordinateur pourra donc lire tous les textes qui sont destinés à ce forum et qui sont arrivés sur son ordinateur ou sur celui de son centre serveur, sans avoir à le transférer lui-même d'un autre ordinateur, dans le même pays ou à l'étranger. Certains forums sont d'accès libre: on peut y écrire sans contrôle, tandis que certains possèdent un éditeur (ou moderator en anglais) qui reçoit toutes les contributions et décide ou non de les publier. Il existe un forum consacré au négationnisme, appelé alt.revisionism dans lequel circulent des textes anti- et pro-négationnisme, voire négationnistes tout court, et disponibles sur la plupart des ordinateurs en France. Les gestionnaires de ces ordinateurs peuvent choisir de rejeter un forum ou de l'accepter. Le nombre de forums disponibles est de l'ordre de plusieurs milliers, voire dizaine de milliers. Certains sont internationaux (et généralement en anglais), tandis que d'autres sont plutôt locaux à un pays.

Bulletin Board System (BBS)

Service physiquement hébergé sur un ordinateur connecté au réseau téléphonique, auquel d'autres ordinateurs peuvent se connecter à l'aide d'un modem. Une fois la connection établie, le BBS peut fournir des textes

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ou des forums de discussion certaines privés, interne au BBS en question. L'accès à certaines parties peut en être protégé par un mot de passe. Cette forme d'échanges entre ordinateurs disparaît au profit des serveurs Web qui peuvent offrir les mêmes services.

Internet Relay Chat (IRC)

Service physiquement hébergé sur un ordinateur connecté au réseau téléphonique, auquel d'autres ordinateurs peuvent se connecter à l'aide d'un modem. Une fois la connection établie, le BBS peut fournir des textes ou des forums de discussion privés, internes au BBS en question. L'accès à certaines parties peut en être protégé par un mot de passe. Cette forme d'échanges entre ordinateurs disparaît au profit des serveurs Web qui peuvent offrir les mêmes services.

[Sic. Ces gens ne savent même pas relire un texte.]

Moteur de recherche

Il s'agit d'un type de service permettant de trouver les sites web par mots clés. Un moteur de recherche permet d'effectuer une recherche sur des mots clés. La réponse fera apparaître toutes les pages web contenant les mots recherchés. En fait, elle fera apparaître toutes les pages web contenant les mots recherchés et connues du moteur de recherche. Les moteurs de recherche doivent préalablement parcourir et indexer les pages web afin de permettre aux utilisateurs de les retrouver. Les plus performants sont ceux qui indexent le plus efficacement le plus grand nombre de pages web. S'ils ne sont pas exhaustifs, les «grands» moteurs de recherche offrent une bonne couverture de l'Internet.


NOTES

139. Cf. Wilhelm Lasek et Peter Mayr, «La Propagande "révisionniste" en Autriche. Organisations et publications néo-nazies», Revue d'Histoire de la Shoah, n*· 166, mai-août 1999, pp. 114-118.

140. Vrij Historisch Onderzoek: «Fondation pour la libre recherche historique» (sic).

142. Sur le VHO, ses origines et son personnel, cf. Jos Vander Velpen, Les voilà qui arrivent. L'extrême droite et l'Europe, Epo/Reflex, 1993, pp. 121-122. Les publications du VHO ne se réduisent pas aux tracts nazis et négationnistes. On y trouve aussi des cassettes vidéo pour «nazis sado-masochistes» comme Filles pour le bourreau, Frauenlager 5, etc. (Jean-Yves Camus, dir., Les Extrémismes en Europe. Etat des lieux 1998, CERA/Editions de L'aube, 1998). Remarquons encore que Faurisson a eu l'occasion de dire toute son admiration pour Siegfried Verbeke (Robert Faurisson, Ecrits révisionnistes, op. cit., tome IV, p. 1752).

142. Sur Reynouard, cf. Valérie Igounet, op. cit., pp. 561-563 et 565-569.

143. Germar Rudolf fréquentait, entre autres, les Republikaner de l'ancien SS Franz Shönuber. Rudolf a lui-même écrit qu'il était séduit par les thèses négationnistes avant même d'entreprendre son «expertise» (Germar Rudolf, Kardinalfragen zur Zeitgeschichte, Eine Sammlung kontroverser Stellungnahmen von Germar Rudolf alias Ernst Gauss zum herrschenden Zeitgeist in Wissenschafi, Politik, Justiz und Medien, Anvers, VHO, 1996).

144. Stephen Smith, Oufkir, un destin marocain, Calmann-Lévy, p. 316.

145. «Il mêle des convictions panarabes et une ardente foi musulmane à un antisémitisme viscéral» (Stephen Smith, op. cit., p. 317).

146. Stephen Smith, op. cit., p. 318. En 1997, Ahmed Rami a répété, lors d'une interview à un magazine musical néo-nazi, Nordland, que, concernant les Juifs, Hitler était «le seul leader européen à avoir compris de quoi il s'agit» (Stephen Bruchfeld), «Suède», dans Les Extrémismes en Europe, CERA/Editions de l'Aube, 1998, pp. 353-354.

147. L'Europe en chemise brune, Reflex, 1992, p. 133.

148. Sur Rami, cf. Valérie Igounet, op. cit., pp. 581-583.

149. Faurisson lui exprime «toute sa considération» de retour de son premier séjour, en mars 1992 (Robert Faurisson, Ecrits révisionnistes, op. cit., tome III, p. 1376. Faurisson lui rend de nouveau hommage en décembre, ibid., p. 1460).

150. A raison de 35 heures par semaine. En 1997, Rami y accusait les Juifs, et leurs descendants, de la responsabilité de la mort de Jésus et d'avoir incité Néron à tuer des chrétiens
(http://www.tau.ac.il:81/Anti-Semitism/asw97-8/sweden.html).

151. Gérard Panczer, «L'Internationale négationniste sur internet», Mauvais Temps, n° 4 avril 1999, p. 72.

152. Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (sic).

153. Sur Pierre Guillaume, cf. note 63, supra.

154. Valérie Igounet, op. cit., p. 581.

155. Jürgen Graf, principal négationniste suisse, professeur de latin et de français, a été exclu de l'enseignement en 1993 pour avoir publié un opuscule xénophobe. Il a été condamné en Allemagne pour incitation à la violence, condamné en Suisse à 15 mois de prison ferme en 1998. Cf. notamment Les extrémismes en Europe. Etat des lieux 1998, CERA Editions de l'Anse, 1998, p. 369.

156. Créé par le norvégien Alfred Olsen, le site «Holywar» était hébergé sur le même site d'Ahmed Rami jusqu'en 1998.

157. «L'antisémitisme de Genet est un révisionnisme; son actualité est dans la remise en cause de la Shoah, son intemporalité dans le rejet du Juif en dehors de l'Histoire», écrivait Samuel Bumenfeld, «Le Racisme de la lettre. Antisionisme et antisémitisme de Jean Genet: analyse critique d'Un Captif amoureux», Pardès, n*· 6, 1987, p. 122.

158. Le CEDADE est une officine espagnole nazie, c'est même «le plus riche des groupes nazis du monde». Cf. René Monzat, op. cit., p. 199.

159. Le mensonge d'Ulysse, Ulysse trahi par les siens, Le véritable procès Eichmann ou les vainqueurs incorrigibles, L'Opération Vicaire, Le Drame des Juifs européens, Les Responsables de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi Le Discours de la dernière chance.

160. Nuremberg ou la terre promise et Nuremberg II ou les Faux monnayeurs. Sur Bardèche, cf note 136, supra.

161. Réponse à Jean-Claude Pressac.

162. Vérité historique ou vérité politique ?, Une Allumette sur la banquise.

163. Non coupables au procès de Nuremberg.

164. Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, L'Avenir.- mode d'emploi, Le Procès du sionisme.

165. La Police de la pensée contre le révisionisme.

166. L'Holocauste au scanner.

167. La Thèse de Nantes et l'affaire Roques.

168. Tulle et Oradour, tragédie franco-allemande. Sur cet opuscule négationniste, cf. René Monzat, op. cit., p. 193.

169. Le Massacre d'Oradour. Un demi-siècle de mise en scène. Dans ses remerciements, Reynouard mentionne M. et Mme Schleiter. Il s'agit du beau-frère et de la soeur de Faurisson (cf. note 6, supra).

170. Sur Mattogno, dont l'antisémitisme est d'inspiration véritablement nazie, cf. René Monzat, op. cit., pp. 185-188. En 1987, Pierre Vidal- Naquet rappelait de Mattogno qu'il était «un fasciste avoué [...] dont les principaux ouvrages ont été publiéaux éditions de la Sentinella d'Italia» (Pierre Vidal-Naquet, «Thèses sur le révisionnisme», Les Assassins de la mémoire, op. cit., p. 210, n. 64). Le catalogue de la Sentinella d'Italia était, en effet, très spécialisé: ouvrages négationnistes et nazis, apologie de la SS par Léon Degrelle, ouvrages antisémites et apologie de la LVF et de la division SS Charlemagne par Saint-Loup, ainsi que des ouvrages de Goebbels, Hitler, Mussolini et des opuscules antisémites de Julius Evola (René Monzat, op. cit., p. 185). Mattogno a publié dans plusieurs revues de l'extrême droite italienne, dont Il Cadindo et Orion, et s'est rendu à au moins un congrès de l'IHR, en 1989 (Guido Caldiron, «Liaisons romaines», op. cit., p. 182). Il a publié en 1987, dans le n*· 1 des Annales d'histoire révisionniste de Pierre Guillaume, un texte intitulé: «Le Mythe de l'extermination des Juifs». En page 108, on pouvait lire la mention: «traducteur: Jean Plantin».

171. Auschwitz ou le Grand Alibi, De l'exploitation dans les camps à l'exploitation des camps, Intolérable intolérance. Sur ces textes, cf. Valérie Igounet, op. cit., pp. 181-198.

172. De la misère intellectuelle en milieu universitaire. Sionisme, révisionnisme et démocratie.

173. Nac Ionesco, La Question juive et la réponse d'un orthodoxe des années trente.

174. Carlo Mattogno, «Le Mythe de l'extermination des Juifs», Annales d'histoire révisionniste, n· 1, 1987.

175. Pour ce qui est de la réalité, à savoir que Rassinier fut un imposteur et un falsificateur, cf note 72, supra.

176. Cf. Valérie Igounet, op. cit., p. 478. Pierre Guillaume a été condamné pour cet appel au meurtre.

177. La correction même apportée par Guillaume semble impropre. Mais on aura compris le sens du « rattrapage »...

178. Thion est «le plus infâme, le plus pervers parce que le plus intelligent, des négateurs des chambres à gaz hitlériennes» (Pierre Vidal-Naquet, Mémoires, tome 2, Le Trouble et la lumière 1955-1998, Seuil/La Découverte, p. 194). La lecture régulière que nous avons effectuée de la production négationniste de Serge Thion nous porte à croire que Pierre Vidal-Naquet s'est montré quelque peu généreux. Sur l'engagement négationniste de Serge Thion, cf. Didier Daeninckx, Le négationniste habite au CNRS,
http://www.amnistia.net/news/enquetes/thion/thion.htm.

179. Serge Thion est en effet sociologue chargé de recherche au CNRS. C'est un spécialiste de l'Asie du Sud-Est. Il n'a rien produit depuis au moins deux ans.

180. Ainsi, Une allumette sur la banquise, série de textes négationnistes principalement orientés contre Pierre Vidal-Naquet. Ainsi, les deux feuilles photocopiées, La Gazette du Golfè et des banlieues et Global Patelin. Dans le numéro 8 de novembre 1993, Serge Thion publiait un texte négationniste, «Histoire de la Nuit et du brouillard» (La Gazette du Golfë et des banlieues, n· 8 novembre 1993, pp. 5-13).

181. Pour celles que nous avons consultées: La Gazette du Golfe et des banlieues, n* 8, novembre 1993, n*· 9, mars 1995; n* 10, novembre 1995. Revue d'histoire non conformiste, n* 2, avril 1994, p. 265 (il s'agit d'une revue d'extrême droite d'André Chelain, diffusée par Ogmios). Global Patelin, n*· 3, 10 janvier 1996; n* 4, 4 mars 1996; n* 5, 18 juin 1996; n* 6, 14 juillet 1996. L'autre Histoire, n* 3, octobre 1995, p. 11 (autre revue d'André Chelain).

182. Cf. par exemple, Serge Thion <[email protected]>, «CAMBODIA GEN CONTR FILE 1/20», bit. listser-v.seasia-1, 20 novembre 1995, Message-ID:
<[email protected][193.51.124.1]>

183. La Gazette du Golfe et des banlieues n* 10, novembre 1995, p. 37. Serge Thion proposait, entre autres, un index de textes révisionnistes, des textes sur l'affaire Faurisson, la Revue d'histoire révisionniste («Cette revue qui ne paraît plus a comporté six numéros. Ils existent sur disquette»), The Cambodian Genocide Program Controversy...

184. La Gazette du Golfe et des banlieues, n* 10, novembre 1995, p. 36. Dans ce même numéro étaient publiés le texte du négationniste Carlos Porter, Non coupable à Nuremberg, ainsi qu'une rubrique d'actualités qu'on retrouve sur l'aaargh: Les Echos Radar (rubrique déjà présente dans le numéro 8).

185. Global Patelin, n* 3, 10 janvier 1996. On lit sur la première page: «Lettre d'information rédigée à partir d'éléments tirés d'internet. [...] All Correspondance to: [email protected]», et sur la dernière: «L'adhésion à l'association "Le Temps irréparable" court sur l'année 1996. Elle vaut un abonnement soit à la "Gazette du Golfe et des banlieues" [...] soit à "Global Patelin".» Le chèque devant être rédigé «provisoirement à l'ordre de Serge Thion». L'adresse d'envoi du chèque: «Le Temps irréparable, xxxxxxx», soit l'adresse personnelle de Serge Thion. Une dernière précision était apportée: «Conception, édition, réalisation: Serge Thion». En page 8, Serge Thion donnait un extrait et l'adresse du site web de Ernst Zündel.

186. «Serge Thion, CNRS Paris» <[email protected]FR>, «Re: CIA sub-marines», bit.listserv.seasia-1, 13 mars 1996, Message-ID: <[email protected][193.51.124.2]> et "Serge Thion, CNRS Paris" <[email protected]>, «Re: Why Were we in Vietnam», bit.listserv.seasia-1, 6 avril 1996, Message-ID: <[email protected]]>. Dans le premier, Serge Thion écrivait: «La Vieille Taupe has demonstrated that the figure of six million Jewish victims at the hands of the Nazis was unlikely and that the gas-chambers, the instrument of an alleged industry of death, are rumors which cannot be established as facts» et dans le second, il évoquait «the alleged Nazi gas chambers».

187. L'adresse e-mail de Serge Thion y est d'abord [email protected] puis [email protected] On pouvait, à l'heure de la rédaction de cet article vérifier sur l'annuaire d'adresses e-mail de Yahoo (http://fr.people.yahoo.com/) que Serge Thion était bien propriétaire de ces adresses e-mail. Cf.:
http://fr.people.yahoo.com/py/psSearch.py?FirstName=Serge&Lastname=Thion&srch=bas.

188. Sur la liste de discussion même où il avait envoyé les deux articles négationnistes depuis son adresse professionnelle, bit.listserv.seasia-L.

189. Global Patelin, n*· 4, 4 mai 1996. On lit en première page les mêmes mentions que sur le n*· 3 (cf note 186, supra), à ceci près: «All correspondance to [email protected]». Dans ce même numéro, pp. 8-9, est publié un «communiqué de La Vieille Taupe». On retrouve la mention de la nouvelle adresse électronique de Thion dans les numéros 5 et 6 de Global Patelin.

190. Global Patelin, n* 4, 4 mai 1996, p. 2.

191. Le 19 novembre 1996 sur la liste de discussion H-Holocaust, texte intitulé «How many millions more». Ce texte, envoyé depuis [email protected] était signé «LE TEMPS IRREPARABLE, Paris <[email protected]>. On peut le lire à l'adresse suivante:
http://www.h-net.msu.edu/logs/showlog.cgi?ent=0&file=h-holocaust.log9611d/16&list=h-holocaust.

192. Certitude acquise par l'examen des paramètres techniques associés à ces courriers électroniques. Ils sont une preuve supplémentaire que l'aaargh est bien incarné par Serge Thion/Le Temps irréparable.

193. Bulletin de La Vieille Taupe, n*· 3, du printemps 1996, site web de l'aaargh.

194. Condamnation confirmée en appel en juin 2000. Sur l'affaire Plantin, cf. le dossier du Cercle Marc Bloch, sur le Web,
http://www.multimania.com/cmbloch/rpplant.html.

195. Carlo Mattogno, «Le mythe de l'extermination des Juifs», Annales d'histoire révisionniste, n* 1, 1987, p 108: «traducteur: Jean Plantin». Gilles Karmasyn l'avait signalé dès février 1999, dans un article publié sur le forum de discussion fr.soc.politique. Les médias sont maintenant au fait, cf.: http://www.amnistia.net/news/enquetes/negauniv/plantin/plantin.htm.

196. Principalement continentaux, la majeure partie des pays européens étant dotés de législations réprimant l'expression des discours négationnistes. Ce n'est pas le cas de la Grande-Bretagne.

197. www.yahoo.com, uk.yahoo.com, de.yahoo.com, www.yahoo.fr.

198. www.excite.com.

199. www.yahoo.fr, www.voila.fr, www.nomade.fr, www.ecila.fr, www.lycos.fr, www. lokace.fr.

200. La situation varie selon les moteurs. La liste des annuaires et moteurs de recherche se trouve sur le site http://www.abondance.com/.

201. Les premiers moteurs de recherche présentaient les résultats par ordre alphabétique.

202. Pour une rétrospective des affaires relatives à internet et des problèmes posés par la législation actuelle, cf. l'article de Lionel Thoumyre, «Le Droit à l'épreuve du réseau», Netsurf, n*· 36, mars 1999. Sur le Web:
http://www.juriscom.net//espace1/epreuve.htm. On trouvera la jurisprudence sur les contenus illicites à l'adresse suivante: http://www.juriscom. net//jurisfr/contillicite.htm.

203. David Sitman, «Hate on the Internet: a Cause for Concern?», Antisemitism Worldwide 1998/9,
http://www.tau.ac.il:81/Anti-Semitism/asw98-9/sitman.html.

204. Ibid.

205. Louise Berstein, «L'Extrême droite sur internet», op. cit., p. 228.

206. Cf. note 203, supra. On notera toutefois qu'il ne fait guère de doute que Faurisson fournit ses textes à divers sites web par l'intermédiaire de sa soeur, Yvonne Schleiter. Il semble que la justice ne s'en soit pas encore aperçue...

207. The Parliament of the Commonwealth of Australia, Broadcasting Services Amendment (Online Services) Bill 1999, 1999~ Cf.:
http://www.richardalston.dcita.gov.au/regulation.html et
http://www.aph.gov.au/parlinfo/billsnet/9907720.doc.

208. Il ne s'agit pas tant, pour ces produits, de «deviner» le caractère du contenu des sites web que de vérifier que le site web accédé fait partie ou non d'une liste pré-établie, qui répertorie les sites pornographiques, par exemple.

209. Jean-François Forges, Eduquer contre Auschwitz, ESP, 1997. On ne lira pas cet ouvrage sans le compléter par celui de Georges Bensoussan, Auschwitz en héritage? D'un bon usage de la mémoire, Mille et une Nuits, 1998. Georges Bensoussan écrit ceci qui est fondamental: «Les bonnes intentions pédagogiques peuvent verser dans la banalisation qu'elles prétendent éviter» (op. cit., p. 128).

210. Dominique Borne, «L'Enseignement de la Shoah à l'école», Les Cahiers de la Shoah, n*· 1, 1993-1994; sur le Web:
http://www.anti-rev.org/textes/Borne94a/. Signalons également le site web de David Natanson sur l'histoire de la Shoah et la pédagogie:
http://perso.wanadoo.fr/d-d.natanson/index2.htm.

211. Selon l'expression de Bernard Comte, Le Génocide nazi et les négationnistes, intervention prononcée par Bemard Comte à Villeurbanne le 30 mai 1990. Sur le Web:
http://www.phdn.org/negation/Comte90/.

212. http://www.anti-rev.org/serveurs/. Signalons également la page de liens sur site web du CDJC:
http://www.memorial-cdjc.org/links.htm, ainsi que la page «Pour garder la mémoire» de David Natanson:
http://perso.wanadoo.fr/d-d.natanson/garder.htm.

213. http://motlc.wiesenthal.com/resources/books/.

214. http://www.yad-vashem.org.il/holocaust/documents/.

215. http://www.memorial-cdjc.org/.

216. http://www.fmd.asso.fr/.

217. http://www.cie.fr/urdf/.

218. http://www.cie.fr/urdf/fr-tele.htm.

219. http://www.jewishgen.org/ForgottenCamps/indexFr.html.

220. http://perso.wanadoo.fr/d-d.natanson/index2.htm.

221. http://www.anti-rev.org/.

222. http://www. orbital. fr/dletouzey/cercle/aphgce.htrn/.

223 Michael Marrus, L'Holocauste dans l'Histoire, Editions Eshel, 1990 (réed. Flammarion, coll. Champs, 1994), p. 8.

224. http://www.anti-rev.org/.

225. http://www.amnistia.net/news/articies/plusnews/dossnega.htm.

226. http://www.phdn.org/.

227. Le créationnisme refuse les théories de l'évolution et considère que l'univers a été créé il y a quelques milliers d'années. Les similitudes de méthodes et de fanatisme entre créationnisme et négationnisme sont nombreuses. Il existe même aux Etats-Unis un ICR, l'Institude for Creation Research... Sur une lecture chrétienne du phénomène créationniste, cf Jacques Arnould, Les Créationnistes, Cerf/Fides, 1996.

228. Conférence donnée à Caltech, en 1985, cité par Michael Shermer, Why People Believe Weird Things, W.H. Freeman and Company, New York, 1997, p. 153. On trouvera dans cet ouvrage un chapitre sur le créationnisme ainsi qu'un autre chapitre sur le négationnisme.

229. L'avenir d'une négation, Ed. du Seuil, 1982.

230. Pierre Vidal-Naquet, «De Faurisson et de Chomsky», Les Assassins de la mémoire, op. cit., p. 93. Sur le Web:
http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/.

231. Roger Eatwell «The Holocaust Denial: a Study in Propaganda Technique», Neo-Fascism in Europe, Luciano Cheles, Ronnie ferguson, Michalina (ed.), Longman, 1991, p. 123.

232. http://www.nizkor.org/.

233. http://www.holocaust-history.org/.

234. http://www.reptiles.org/-madrev/The-Mad-Revisionist.htm.

235. «Pratique de l'histoire et dévoiements négationnistes» de Gilles Karmasyn: http://www.phdn.org/.

236. A partir de juillet 2000, un négationniste postant sous la fausse indentité de «Juergen Graf» a entrepris d'envoyer, par petits morceaux, sur le forum de discussion fr.soc.politique l'intégralité de l'ouvrage de Jürgen Graf, recopié sur le site de l'aaargh. Le même individu a entrepris d'envoyer, également par morceaux, l'ouvrage proto-négationniste de Maurice Bardèche, Nuremberg ou la terre promise (cf. note 136, supra).

VOIR LE DEBUT DE CE DOCUMENT

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Revue d'histoire de la Shoah, numéro 170, sept.-déc. 2000, une publication du Centre de Documentatiuon Juive Contemporaine, à Paris, 17 rue Geoffroy-l'Asnier, 75004 Paris. <[email protected]>
(Seconde moitié)


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