AAARGH

| Accueil général | Accueil français | Echos radar | Affaire Garaudy |


 

 

Une publication inspirée par Roger GARAUDY

 

 

A CONTRE-NUIT

 

Numéro 4, automne 1999

*******

Y a-t-il un processus de "paix" au Proche-Orient?

*************

 

Table des matières

 

Le colonialisme israélien, par Roger Garaudy

Les négociations de paix au Proche-Orient, par Javier Peña (dans la seconde partie)

LA PALESTINE: Résolutions des Nations Unies, par Edgard André

LA PALESTINE: Résolutions des Nations Unies, par Isabelle Coutant Peyre

 

++++++++++++++++++++++++++++

 

2/2

LES NEGOCIATIONS DE PAIX AU PROCHE-ORIENT

Par Javier Peña

I. De la Première guerre israélo-arabe, jusqu'à la guerre du Yom Kippour:

1. Les "Conventions d'armistice", après la première guerre israélo-arabe. | 2. L'aventure de Suez | 3. La guerre des six jours. | 4. Le plan Rogers | 5. Le plan Allon | 6. Le nouveau plan Hussein | 7. La guerre du Kippour | | |

II. Des accords de paix égypto-israéliens à la guerre du Golfe

1 La diplomatie des petits pas. | 2. Accord égypto-israélien sur le Sinaï | 3. Sadate en Israël | 4. Le Plan Begin | 5. Les accords de Camp David | 6. Le Traité de paix égypto-israélien | 7. Le Plan Fadh | 8. Le Plan Reagan | 9. Le Plan de Fès | 10. L'Intifada | 11. La guerre du Golfe |

III. De Madrid A Oslo

1. La Conférence de paix de Madrid. | 2. Les premiers pas pendant le gouvernement travailliste de Rabin | 3. Les rencontres secrètes en Norvège. Accord d'Oslo I. | 4. L'Accord du Caire. | 5. Le traité de paix israëlo-jordanien | 6. Les accords de Taba-Oslo II

IV Les "négociations de paix" sous le gouvernement Netanyahou.

1. Une politique dilatoire et obstructionniste. | 2. Le mémorandum de Wye River | | | | |

I. De la Première guerre israélo-arabe, jusqu'à la guerre du Yom Kippour

 

1. Les "Conventions d'armistice", après la première guerre israélo-arabe.

Les premiers "accords" entre Israël et les Arabes sont intervenus immédiatement après la guerre de 1948-1949. En réalité, il ne s'agissait pas de traités signés en bonne et due forme, mais d'armistices ou trêves, entre le nouvel Etat sioniste autoproclamé, et les pays arabes ayant pris part au conflit: la Transjordanie, la Syrie, le Liban, l'Iraq et l'Egypte 1.

Ces conventions faisaient suite à cette première guerre, qu'une légende habilement exploitée par les services de propagande sionistes, a présentée comme l'épopée d'une toute petite armée, contre l'ensemble du monde arabe 2.

En réalité les forces au front étaient loin d'être comparables. Les sionistes ont pu compter sur "60.000 soldats, 15 000 pièces d'armes modernes, 17 blindés, 40 canons, 500 fusils mitrailleurs, 96 mortiers et 10 248 bombes3.

Du côté palestinien, on ne peut pas parler de forces militaires organisées au même degré que celui de l'armée sioniste. Le rapport de la Commission anglo-américaine renseigne aussi sur le rôle mineur joué par la guérilla rurale anti-sioniste, qui s'était développée dès le vote de la Résolution 181 de l'Assemblée Générale des Nations Unies, en novembre 1947, qui partageait la Palestine en deux Etats.

Mais le succès militaire israélien de cette première guerre, ne s'explique pas seulement par la disproportion des forces militaires en présence. Les divergences et les conflits existants entre les chefs arabes ont pesé lourd dans l'inefficacité de leur riposte militaire.

La Légion Arabe avait été regroupée, encadrée et entraînée par le célèbre Glubb Pacha (Sir John Bagot), qui suivait fidèlement la politique anglaise dans la région. D'autre part, le rôle ambigu joué par le roi Abdallah de Jordanie favorisera l'offensive sioniste. Par la suite, le roi essayera par le biais des pourparlers secrets de parvenir à un règlement durable avec Israël, ce qui lui coûtera la vie 3a.

Par Glubb Pacha interposé, les forces arabes étaient sous l'influence directe de l'Angleterre. Et lorsque les troupes arabes refoulèrent les sionistes en juin 1948, la Grande Bretagne imposa alors un cessez-le-feu, supprima l'aide financière à la Transjordanie et décida l'embargo sur l'expédition d'armes aux pays arabes. Dans ces conditions, les forces arabes ont dû abandonner la lutte.

L'armée sioniste réussit donc à s'emparer des territoires qui ne figuraient pas dans le Plan de partage voté par l'ONU en 1947: au Nord, elle occupa la Galilée et Nazareth; au centre elle fit une percée qui atteignit Jérusalem Ouest et dans le Sud, au Sinaï, elle s'installa sur une bande de terre du désert du Néguev.

Si le Plan de partage voté par l'ONU, lui avait octroyé 54 % de la Palestine, une fois les conventions d'armistice signées, le nouvel Etat sioniste aura 20 000 km2, c'est-à-dire, près des 4/5 du territoire.

Malgré les armistices signés avec les pays arabes dès le début 1949, l'armée sioniste occupera d'autres localités, par exemple, au mois de mars de cette année-là, le village arabe de Oum Rash , rebaptisé depuis, Eilat.

Cette première guerre a eu comme résultat la création d'un état de fait. Bien que toutes les conventions d'armistices précisaient que: "la ligne de démarcation de l'armistice ne doit être en aucune façon interprétée comme constituant une limite politique ou territoriale" 4. Israël refusera toute négociation qui l'oblige à renoncer au nouveau statu quo obtenu par la force, essayant ainsi de maintenir comme définitif le partage territorial issu de cette première guerre.

Le 27 avril 1949 eut lieu à Lausanne sous l'égide de l'ONU ( Commission de conciliation), la première conférence israélo-arabe sur le retour des réfugiés. Ces réunions, qui devaient durer jusqu'à septembre 1949, ont été un échec, du fait du refus d'Israël de tout compromis. En réalité, Israël avait accepté de participer à cette conférence, pour obtenir entre autres son admission au sein de l'ONU (11 mai 1949). Une fois l'admission acquise, l'attitude de l'Etat sioniste a été de torpiller les négociations en disant: "Tout ce qu'Israël demande à ses voisins, c'est de l'accepter tel qu'il est...Ce sont les Etats arabes qui refusent de s'accommoder de la situation de fait".

Par la suite, les gouvernements successifs opposeront une fin de non-recevoir aux demandes des pays arabes sur le tracé des frontières, établi par la force en 1948-1949:

"Les demandes arabes relatives au retour aux frontières de 1947, à l'acceptation des réfugiés sont injustifiables, car leur réalisation signifierait la destruction d'Israël" 5.

Cette première guerre, laissa une Palestine démembrée, dont la moitié de la population arabe est devenue depuis un peuple de réfugiés. La naissance de l'Etat sioniste, fut ainsi la cause directe de l'expulsion de presque 800.000 palestiniens. L'ONU créa par la Résolution 302 du 8 décembre 1949, l'U.N.R.W.A. (Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche Orient), pour venir en aide à ces nombreux réfugiés, dont le nombre n'a cessé d'augmenter avec le temps 6.

L'état de guerre existant entre les pays arabes et Israël s'est prolongé pendant des décennies. Après 1949, des heurts ont opposé l'armée sioniste aux palestiniens de Cisjordanie, qui en grand nombre se sont vus dépossédés de leurs terres. A Gaza, ce fut la même chose, lorsque les paysans essayaient de rejoindre leurs orangeraies. La zone démilitarisée créée entre la Syrie et le nouvel Etat sioniste, provoqua des très nombreux conflits et incidents, particulièrement dans les villages d'Achmoura, Dardara, Tell et Katzir.

Ces incidents, et la volonté de tenir le terrain conquis eurent comme conséquence, l'implantation de kibboutzim militaires à la limite même du tracé défini par les conventions d'armistice.

Pendant la période qui va de 1948 à 1956, l'aide nord-américaine à Israël va augmenter et atteindra 596 millions de dollars, c'est-à-dire, 71 % de l'aide perçue par l'ensemble des pays arabes à la même époque 7.

D'autre part, la France de la IV· République apportera au gouvernement sioniste une aide militaire précieuse, allant jusqu'à collaborer dans le domaine nucléaire, ce qui aura comme résultat de doter Israël de l'arme atomique. C'est le général de Gaulle qui, à son arrivée au pouvoir en 1958, mettra un terme à cette collaboration.

 

2. L'aventure de Suez.

Lorsque Nasser annonça, le 26 juillet 1956, la nationalisation du canal de Suez devant une foule en délire, il en profita pour accuser les puissances occidentales en ces termes: "Le canal de Suez est devenu un Etat dans l'Etat...l'Angleterre nous a ravi 44% des actions...Les bénéfices de la société pour 1955 ont atteint 100 millions de dollars et nous avons eu 120.000 morts durant le percement du canal...Connaissez-vous le montant de l'aide que veulent nous allouer l'Amérique et la Grande Bretagne en cinq ans ? 70 millions de dollars..." 8.

La nouvelle éclata comme un coup tonnerre à Paris et à Londres, et leurs gouvernements respectifs s'emparèrent de l'occasion pour essayer de porter un coup mortel "au dictateur Nasser". Dans leurs esprits ce ne devait être qu'une promenade militaire.

De son côté, Israël avait déjà étudié les plans d'une invasion du Sinaï, destinée à détruire les bases des fedayin, dégageant par la même occasion, l'accès au port d'Eilat.

Les rapports militaires entre l'Etat sioniste et le gouvernement français étaient au beau fixe: le socialiste Guy Mollet était président du Conseil depuis janvier 1956 et Simon Pérès, ministre de la Défense israélien, obtiendra plusieurs livraisons d'armes, pour veiller au maintien du statu quo au Proche Orient.

Dans l'état de guerre dans lequel se trouvaient l'Egypte et le monde arabe avec Israël, celui-ci recevait la proposition franco-anglaise d'intervention militaire commune, comme une aubaine.

Les puissances impérialistes décadentes -la France et l'Angleterre- mirent au point avec les sionistes, un plan qui prévoyait l'attaque de l'Egypte par Israël, les deux pays européens prétextant le danger encouru pour la sécurité du canal, pour adresser un ultimatum aux Egyptiens et aux Israéliens, les sommant de retirer leurs troupes du canal. En clair, on brandissait face à Israël la menace d'invasion...de l'Egypte, au cas où l'un des belligérants refuserait de se soumettre.

Ainsi, Israël envahira le Sinaï dans la nuit du 29 au 30 octobre, faisant appel au droit de "légitime défense préventive". Le gouvernement français avait jugé utile de prêter aux agresseurs des avions de combat Mystère IV, dont les cocardes ont été cachées par l'étoile de David.

Huit ans après, en 1964, on apprendra que les ministres des Affaires Etrangères britannique et français, -Selwyn Lloyd et le socialiste Antoine Pineau-, rencontrèrent en secret à Paris, Ben Gurion, pour affiner les détails de cette pantalonnade.

Pour le régime sioniste c'était l'occasion d'imposer définitivement le statu quo obtenu par la force des armes en 1948, obligeant l'Egypte à signer un traité de paix, au moment où celle-ci n'était liée que par un armistice.

Mais l'intervention de l'URSS et le lâchage des puissances européennes par les Etas-Unis, firent capoter l'opération et elle sonna le glas des velléités de grande puissance de la Grande Bretagne et de la France.

Le dirigeant soviétique Boulganine envoya un ultimatum sommant la France, la Grande Bretagne et Israël d'arrêter les opérations en cours, faute de quoi, l'URSS se réserverait le droit "d'utiliser toutes les formes modernes d'armes destructives".

Les troupes franco-britanniques durent s'incliner et au courant du mois de janvier 1957; l'armée sioniste pliait aussi bagages, obligée par la résolution de l'ONU du 19 janvier (75 voix contre 0), qui la contraignait à se retirer dans un délai de cinq jours. L'armistice signé sous le patronage du secrétaire des NU, Dag Hammarskjoeld, entérinait, par un très curieux paradoxe, l'acquis du port d'Eilat par Israël.

Le repli britannico-français du Proche Orient marque l'entrée en force des Etats-Unis -sous couvert de la doctrine Eisenhower- et le rôle grandissant de l'URSS dans la région.

La "doctrine Eisenhower", est contenue dans le discours que le président des Etats-Unis adressa au Congrès, le 5 janvier 1957. Dans ce discours il demandait l'autorisation "d'accorder une assistance économique, et militaire à tout pays ou groupe de pays de cette région désireux d'en bénéficier, étant entendu que cette assistance pourrait comporter l'emploi de forces armées américaines" 9.

Deux ans plus tard, 10.000 marines débarqueront au Liban, pour protéger le président Camille Chamoun, docile pion des Occidentaux, qui voulait se faire réélire, brisant ainsi le fragile équilibre communautaire dans le pays du cèdre. En même temps, la monarchie irakienne était renversée, le roi exécuté, ainsi que Noury Said, l'homme des Anglais. Craignant pour son petit protégé jordanien Hussein, la Grande Bretagne -cette fois-ci, dûment autorisée par les Etats-Unis- parachutait 2500 soldats à Amman.

De son côté, l'action internationale de l'URSS allait être ressentie comme un facteur positif d'équilibre dans beaucoup de pays arabes, du Tiers monde, où le processus de décolonisation allait la présenter comme une alliée naturelle face à l'Occident.

Le régime nassérien sortit grandi de l'épreuve, et l'un des principaux buts de l'intervention israélienne n'avait été pas atteint, puisque l'Egypte n'avait pas signé la paix, et n'avait pas non plus reconnu les frontières imposées par la force en 1948.

 

Les années 60 marquent dans la région le réveil politique des Palestiniens. Bien que déjà en 1951, Georges Habache ait créé le Mouvement Nationaliste Arabe, et que l'année suivante, ait été fondée l'Association des Etudiants Palestiniens, qui sera à l'origine du Fatah en 1959, c'est le premier Sommet Arabe d'Alexandrie (janvier 1964) qui décide "d'organiser le peuple palestinien pour lui permettre de jouer son rôle dans la libération de son pays et de décider de son avenir".

Par la suite, en mai-juin de la même année, est créé à Jérusalem le premier Conseil National Palestinien, qui adopte la Charte Nationale Palestinienne, amendée par la suite. Elle contient à ce moment-là, les aspirations les plus profondes du peuple palestinien: droit à l'autodétermination, et à la souveraineté; elle réaffirme le caractère indivisible des frontières de l'époque du mandat britannique, refuse le partage de 1947, soulignant que la création d'Israël est "illégale et artificielle quel que soit le temps écoulé, parce qu'elles étaient contraires à la volonté du peuple de la Palestine..." 10.

La Charte adoptée, de l'avis de beaucoup, était assez modérée. Elle ménageait les divers gouvernements arabes: la Jordanie, l'administration égyptienne de Gaza. D'autre part, ce n'était pas un programme politique et elle laissait à plus tard les questions d'ordre institutionnel et politique: "Le peuple de Palestine déterminera sa destinée lorsqu'il aura achevé la libération de sa patrie" 11.

Le dernier jour du Congrès palestinien était proclamée "la naissance de 0rganisation de Libération de la Palestine, le jeudi 28 mai 1964, à 15 h 40, heure de Jérusalem". Un Comité Exécutif (C.E.O.L.P.) est aussi créé, et dés le départ, il se heurte à la méfiance du Haut Comité Arabe, qui craint à juste titre d'être débordé. Ce sera au second sommet arabe d'Alexandrie (septembre 1964) que, malgré les tiraillements, on reconnaîtra l'OLP comme représentant du peuple palestinien.

Pour la première fois depuis la "catastrophe" de 1948, une assemblée unitaire existe et représente tout le peuple palestinien. Mais au même moment, dans différents endroits du Proche Orient, des militants du Fatah se préparent à passer à l'action armée, rompant avec des méthodes politiques traditionnelles, que nombreux jeunes militants considèrent désuètes.

Ainsi, le 31 décembre, un communiqué signé par l'organisation Al Assifa (branche militaire du Fatah) arrive dans plusieurs rédactions de journaux et agences de presse: "Au nom de Dieu miséricordieux, confiants dans le droit de notre peuple à lutter pour reconquérir sa patrie usurpée, confiants dans la Révolution arabe du Golfe à l'Océan, confiants dans l'appui des forces de libération dans le monde, des unités de nos forces combattantes ont accompli avec succès...les opérations qui leur avaient été assignées." 12.

Le Fatah essaye de rassembler tous les jeunes Palestiniens, mettant l'accent sur la lutte armée comme moyen pour parvenir à la libération de leur patrie. Méfiant à l'égard des régimes arabes, le Fatah entend parvenir à cet objectif, en gardant son indépendance vis-à-vis des pays arabes et des partis politiques. Mais l'organisation de Yasser Arafat flottera dans une certaine ambiguïté idéologique, considérant qu'il était prématuré de discuter sur les formes que prendra le futur Etat libéré. Cette ambiguïté subsistera jusqu'à nos jours, et sera la cause de ruptures, des défections et d'incompréhensions entre les divers partis et mouvements palestiniens.

 

3. La guerre des six jours.

Depuis le début de la lutte armée contre l'occupant, les incidents se multiplient le long des frontières d'Israël et des pays arabes. Même si les commandos de fedayin ne menaçaient pas du point de vue militaire l'Etat sioniste, ils réussirent à entretenir une tension continue, obligeant les forces sionistes à vivre sur le qui-vive. Entouré de pays qui ne reconnaissaient pas sa légitimité, l'Etat d'Israël était dans une situation fragile, malgré son surarmement et les "perfusions" de dollars versées par les Etats-Unis.

Les représailles contre les villages frontaliers jordaniens, syriens et égyptiens se multiplièrent. Parallèlement, une lutte tenace opposait le roi Hussein de Jordanie à l'OLP, qui était accusée par le souverain hachémite de pratiquer la subversion en connivence avec les nassériens, les nationalistes arabes, les communistes et les baassistes.

En Syrie, où le 23 février 1966 s'était produit un coup d'Etat, la nouvelle équipe dirigeante prônait une guerre de libération contre l'occupant sioniste, semblable a celle qui a lieu au Viêt-nam, et les critiques à l'encontre du roi Hussein s'accentuaient.

C'est alors qu'intervient le raid de représailles israélien contre le village jordanien de Samoa, décidé par le chef d'état-major, Itzhak Rabin. La destruction du village par l'armée sioniste (13 novembre 1966), qui dynamite 125 habitations, provoque de grandes manifestations en Jordanie, où le roi Hussein est accusé d'avoir désarmé le peuple. Seul le roi Fayçal d'Arabie Saoudite lui apporte son soutien. Il doit céder et accepter d'armer les villages frontaliers. D'autre part, divers accrochages et combats aériens ont lieu entre les Migs syriens et les Mirages israéliens. Tout le monde se prépare à la guerre et le 5 juin à l'aube, l'aviation israélienne bombarde les aéroports égyptiens.

Le 10 juin 1967 la guerre prend fin, toute la Palestine est alors entre les mains des envahisseurs: Gaza, Jérusalem -Est, la Cisjordanie, le Sinaï et le Golan syrien.

La défaite de 1967 a un grand retentissement dans la conscience nationale arabe. Elle montre l'incapacité et les limites des régimes arabes à affronter victorieusement le sionisme, et provoque amertume et frustration.

Au 4e Sommet Arabe de Khartoum (août-septembre 1967), les pays arabes mettent l'accent sur une stratégie politique et diplomatique, et réaffirment leur décision de ne pas faire la paix avec Israël, de ne pas le reconnaître et de ne pas entamer des négociations. Ce sont les trois "non" de Khartoum.

La défaite provoque aussi la crise au sein de l'OLP. Dorénavant c'est la résistance armée palestinienne qui va dominer la scène, et ce sera par la suite le temps des fedayin du Fatah et d'autres mouvements 13.

La bataille de Karameh à la frontière jordanienne (mars 1968) face aux blindés israéliens, donne aux fedayin un prestige et une popularité qui les feront passer définitivement sur le devant de la scène au Proche-Orient. En 1969, à l'occasion du 5e Congrès National Palestinien tenu au Caire, le Fatah s'impose en tant que la composante la plus importante de l'OLP et Yasser Arafat devient le président du C.E.O.L.P. (Comité Exécutif de l'OLP).

D'autre part, le 4e CNP tenu au Caire, en juillet 1968, modifie la Charte Nationale Palestinienne, marquant, sous l'influence des mouvements de guérilla, un très net durcissement. L'article 9 proclame: "La lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine."

Cinq mois après la fin de la guerre, le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité de l'ONU, adopta à l'unanimité, la résolution 242. Bien que ce document, ait été considéré comme la base d'un accord pacifique sur le Proche-Orient par les grandes puissances y compris l'URSS, les Palestiniens ne l'ont jamais accepté, parce qu'il réduisait la question palestinienne à un simple problème de "réfugiés", et l'article 1 b affirmait que les Etats de la région avaient le droit "de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues...", ce qui légitimait le statu quo obtenu par la force en 1948.

De son côté, Israël, prétendra que cette résolution ne l'oblige pas à évacuer les territoires occupés pendant la guerre (voir l'article d'Edgar André). Mais, en dépit de ces allégations, la résolution soulignait bel et bien "l'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre". (Préambule)

Commence alors une période d'intense activité des commandos de la résistance palestinienne. Certains mouvements décident de frapper partout les intérêts sionistes. Le F.P.L.P. de Georges Habache lance plusieurs actions contre les avions de la compagnie israélienne El Al, justifiant ainsi son choix: "Le F.P.L.P. attire une nouvelle fois l'attention sur la nature militaire et agressive des activités d'El Al...", et, ajoute Georges Habache, ces avions et son personnel ne sont que "la réserve stratégique de l'armée de l'air israélienne" 14.

(La récente découverte suite à une enquête du Parlement des Pays-Bas, des mensonges et des dissimulations après le crash d'un avion de El Al à Amsterdam le 4 octobre 1992, semble confirmer les accusations portées à l'époque par le docteur Habache. En effet, le 4 octobre 1992, un avion de la compagnie israélienne, transportant des tonnes de substances toxiques à des fins militaires, s'écrasa, provoquant la mort de plus de 75 personnes. Le gaz libéré se répandit dans la quartier et provoqua des troubles de santé chez des nombreux habitants. Le Monde,, 3 mars 1999).

Les représailles israéliennes ne se font pas attendre, et en décembre 1968, la flotte commerciale du Liban -pays qui est tenu pour responsable parce qu'il héberge des bases de fedayin - est complètement détruite au sol. L'émotion est intense, le Conseil de Sécurité condamne à l'unanimité l'Etat sioniste, et le général de Gaulle met l'embargo sur toutes les ventes d'armes à destination d'Israël.

Le Liban est donc en première ligne contre l'ennemi commun des Arabes, mais certaines forces politiques libanaises et l'armée voient d'un très mauvaisoeil l'installation de camps palestiniens sur son territoire. Des affrontements armés éclatent; Nasser et Arafat doivent intervenir pour éviter que le conflit ne dégénère en un grand conflit fratricide. Un accord est conclu au Caire, entre le général libanais Boustani et Arafat, aux termes duquel, les fedayin sont autorisés à rester dans la région d'Arkoub, la frontière sud devenant un nouveau front. En 1982, lors de l'invasion du Liban, les sionistes affirmeront que par cet accord du Caire, l'armistice libano-israélien signé en 1949 était devenu caduc.

Mais c'est la Jordanie qui est le théâtre d'une sanglante guerre inter-arabe qui se solde par le départ des fedayin des camps jordaniens. Hussein, pro-occidental et partisan de plus de souplesse face à Israël, cherche une solution pacifique à l'état de guerre qui prévaut entre les pays arabes et Israël, soutenant en coulisses le "Plan Rogers", sur la base de la résolution 242.

Les Etats-Unis savent que l'un des maillons faibles est la Jordanie. Le 10 avril 1969 à Washington, Hussein dévoile un autre plan, le "Plan de paix jordanien", qui repose sur la résolution 242, où l'on annonce en plus, une concession importante faite à Israël: la liberté de navigation dans le golfe d'Akaba et dans le canal de Suez. L'OLP condamne le plan de Hussein et certains mouvements parlent de trahison. Même la presse saoudienne estime que les propositions jordaniennes constituent une liquidation finale de la question palestinienne.

C'est l'époque où l'on assiste à la profusion de "plans de paix", qui, tous, ont le dénominateur commun de déplaire aux Palestiniens, parce qu'ils sont fondés sur la résolution 242, que ceux-ci rejettent, ainsi que les Israéliens, qui ne sont pas disposés à rendre les territoires acquis par la force.

Ainsi, le "plan" soviétique, c'est-à-dire, l'application "progressive" de la résolution 242, est aussi condamné par l'OLP. Malgré le soutien de plus en plus évident de l'URSS à la résistance palestinienne, les dirigeants du Kremlin ne manquent pas de rappeler à Arafat -en visite à Moscou au début de 1970- que le gouvernement soviétique a voté pour le partage de la Palestine en 1947 et qu'elle avait été parmi les premiers états à reconnaître le nouvel Etat sioniste et qu'Israël doit exister et qu'elle est favorable à la résolution 242. L'une des conséquences de la réunion entre Arafat et les dirigeants soviétiques, sera la création d'une nouvelle organisation de la résistance palestinienne: Al Ansar ("les partisans"), composée de militants communistes syriens et jordaniens.

A l'intérieur de l'OLP le débat fait rage. Le secteur modéré, avec Arafat à sa tête, réprouve de plus en plus les actions entreprises par les groupes tels que le F.P.L.P. de Georges Habache, qui frappent les intérêts israéliens en Europe. C'est le F.P.L.P. aussi qui a une position résolument anti-impérialiste, accusant les EUA de soutenir Israël, son bastion avancé au Proche-Orient. Et c'est aussi le F.P.L.P. qui proclame alors: "Il ne peut pas y avoir de révolution sans doctrine...Nos commandos doivent avoir une doctrine...", préconisant le marxisme-léninisme. Et Yasser Arafat de répondre: "La force du Fatah vient de son refus d'être classé à droite ou à gauche, à l'Est ou à l'Ouest et de son refus d'être patronné par tel ou tel gouvernement arabe" 15.

Le souverain hachémite considère de son côté, que les divers mouvements de fedayin palestiniens constituent une menace pour l'intégrité de son royaume.

Les actions armées entreprises par ceux-ci depuis son territoire contre Israël gênent le roi, qui se décide à engager l'épreuve de force. En juin des incidents éclatent entre les troupes jordaniennes et les fedayin. En même temps, le souverain échappe à un attentat, et plusieurs pays arabes établissent de plus en plus une nette distinction entre le Fatah, considéré comme modéré, et les révolutionnaires du F.L.P.P. et du F.D.P.L.P.

C'est alors (juin 1970) que les Etats-Unis font une nouvelle proposition pour un règlement pacifique. Elle est acceptée par Israël, la Jordanie et l'Egypte.

 

4. Le plan Rogers

Le président Nixon annonce la nouvelle avec une grand appui publicitaire. La proposition n'est autre chose que l'application de la résolution 242, doublée d'un cessez-le-feu renouvelable tous les trois mois. L'Egypte et la Jordanie engagent ainsi, sous les auspices de Nixon, des négociations pour aboutir à un accord global avec l'ennemi sioniste.

L'OLP rejette le plan Rogers affirmant que la lutte armée continue. La Chine, l'Irak et la Syrie dénoncent un "complot américano-sioniste". Mais l'URSS et les partis communistes syriens et jordaniens soutiennent le plan. Une brèche a été ainsi ouverte dans les rangs de la résistance palestinienne. D'autant plus que deux organisations palestiniennes, l'O.P.A. et l'O.A.L.P. d `Issam Sartaoui, approuvent les propositions du secrétaire américain Rogers.

L'acceptation par la Jordanie du plan Rogers, pousse les mouvements de guérilla palestiniens installés en Jordanie, à accentuer leurs actions: détournements d'avions et attaques contre des objectifs israéliens en Europe, bravant ainsi l'autorité de Hussein sur son territoire.

On se dirige vers l'affrontement armé. Hussein forme un cabinet militaire et l'OLP, mettant en sourdine ses querelles internes -le F.P.L.P., "suspendu" depuis peu, à cause de ses actions jugées provocatrices par la tendance modérée, majoritaire au C.C.O.L.P., est réintégré dans son sein- s'apprête à résister.

Dès la mi-septembre l'armée jordanienne bombarde les camps palestiniens d'Amman. Les Palestiniens attendent une intervention des pays arabes amis, l'Irak, et la Syrie. C'est justement de ce dernier pays qu'une brigade de chars traverse la frontière nord. Hussein appelle les Etats-Unis à son secours et Washington mobilise la VIe flotte dans la Méditerranée.

Ni Israël, ni les Etats-Unis ne sont disposés à accepter la chute de Hussein. Mais, déjà à la fin septembre, l'armée jordanienne est en train de l'emporter sur le terrain. Le 25 septembre, Arafat accepte un cessez-le-feu et donne son accord pour rencontrer Hussein au Caire. Un accord arraché par Nasser quelques heures avant sa mort, et garanti par huit pays arabes, est signé.

Par la suite l'armée royale étendra son contrôle sur l'ensemble du pays, et en avril 1971, les fedayin doivent évacuer Amman et les autres villes de la Jordanie. Nombreux parmi eux, rejoindront le Liban.

L'OLP est déchirée et dés lors se pose la question de l'acceptation de la résolution 242 et la création d'un Etat palestinien, dans une partie seulement des territoires revendiqués depuis 1948. Ce sera le 8e C.N.P. réuni au Caire qui approuvera un programme politique, ayant comme proposition centrale "l'idée de la création d'un petit Etat palestinien sur une partie du sol palestinien".

Les fedayin ont perdu leur base en Jordanie. La possibilité d'un accord entre Hussein et Israël sur le dos des Palestiniens, devient possible. William Rogers, arrive alors à Amman, une fois que les troupes du roi ont "nettoyé" la ville. Dans cette sale besogne, Wafsi Tall, premier ministre de Hussein, joue un rôle important. Il sera abattu le 28 novembre 1971, par un mystérieux commando "Septembre Noir". Il reposera, dit Baron, "à la droite du grand-père de Hussein, Abdallah, exécuté vingt ans plutôt, pour avoir trahi la cause de la Palestine".

 

5. Le plan Allon

Fort de sa victoire en 1967 et du désarroi de la résistance palestinienne, le gouvernement israélien met en pratique une politique expansionniste qui aboutit à l'annexion de la partie Est de Jérusalem. C'est la fameuse politique des "faits accomplis". En clair, "créer une situation fondamentalement différente, non seulement de celle qui prévalait avant la guerre de 1967, mais aussi de celle qui a résulté de la guerre". Ceci se traduira par une politique active de "peuplement" et par l'intégration économique des territoires occupés. Ainsi le général Dayan pouvait déclarer en mars 1973: "C'est la réalité qui se concrétise jour après jour qui dictera les prochaines frontières définitives d'Israël. Ainsi il faut considérer que les points sur lesquels nous nous sommes déjà implantés, ne seront pas restitués aux Arabes" 16.

Le vice-président Ygal Allon élabore le "plan Allon", qui sera rendu public seulement en 1973. Ce plan prévoit l'annexion d'un tiers de la Cisjordanie, la vallée du Jourdain, la rive occidentale de la mer Morte, le désert de Judée et Jérusalem. Les autres régions de la Cisjordanie à forte population arabe, seraient rétrocédées à la Jordanie, si celle-ci accepte de signer un traité de paix avec Israël.

A la différence du général Dayan, le plan Allon n'envisage pas de "gouverner" les territoires occupés, mais seulement de les "administrer".

Ce sont les années où le gouvernement israélien fait de grands efforts pour trouver des personnalités palestiniennes des territoires occupés, favorables à son plan. Des élections municipales sont organisées par l'occupant et Georges Habache avertit ceux qui pourraient être tentés d'y participer: "Le sort réservé aux candidats sera celui qui est généralement appliqué aux collaborateurs".

Le plan Allon sera un échec, et la seule réponse que le gouvernement israélien trouvera sera la répression.

 

6. Le nouveau plan Hussein

La démoralisation créée par l'éviction des fedayin de la Jordanie fait croire à Hussein qu'il pourra imposer un plan qui envisage la création d'un Royaume arabe sur les deux rives du Jourdain, comprenant deux provinces fédérées, la Jordanie et la Palestine.

Il rassure ainsi Israël, affirmant qu'il ne veut pas la guerre ni la reconquête de toute la Palestine. Aux Cisjordaniens, il propose un régime de semi-autonomie. Mais ni Tel Aviv, ni les Palestiniens ne veulent entendre parler du "nouveau plan Hussein". Le Fatah déclare: "Le Plan Hussein, c'est le plan Allon...", et réclame la liquidation de la famille hachémite: "Toute personne qui cherchera à collaborer, de quelque façon que ce soit, à la réalisation de ce plan, sera considérée comme un traître".

De son côté, peu après la visite d'Arafat en URSS, la Pravda exhorte la résistance palestinienne à "renoncer au terrorisme et à collaborer avec les gouvernements arabes progressistes, abandonnant la politique du tout ou rien".

Par la suite, dans le journal Times (février 1973), le roi jordanien accepte l'idée que l'autodétermination des Palestiniens puisse aboutir à un Etat palestinien indépendant. Israël n'a pas réussi à diviser les palestiniens, en créant les harkis, une sorte de classe sous sa coupe. L'OLP se réunit au Caire en janvier 1973. Son 11e CNP décide de créer un "Front National Palestinien" unifié dans les territoires occupés.

 

7. La guerre du Kippour

Bien que la précédente guerre des Six Jours ait démontré la supériorité militaire israélienne, pendant la période 1967-1973 la conscience palestinienne acquiert sa dimension politique. La tragédie et les combats fratricides en Jordanie lui ont démontré que c'est aussi contre les pays arabes que se construira l'indépendance palestinienne.

L'Egypte et la Syrie, profitant de la surprise, attaquent Israël; les troupes égyptiennes refoulent les forces sionistes stationnées le long de la ligne Bar-Lévy, sur le canal de Suez. De leur côté, les blindés syriens enfoncent les lignes défensives israéliennes dans le Golan. Les deux superpuissances, imposent le cessez-le-feu le 22 octobre, et le Conseil de Sécurité vote la résolution 338, (voir l'article d'Edgar André) appelant à l'application de la résolution 242 et à l'ouverture de négociations.

La guerre a brisé le mythe de l'invincibilité israélienne, et Sadate, qui a déclenché la guerre, cherche une issue puisqu'il estime que son pays a suffisamment payé pour la cause arabe. Commence alors un processus qui va aboutir aux accords dits de Camp David, sous l'égide des Etats-Unis, établissant une paix séparée entre l'Egypte et Israël, avec comme conséquence le bannissement de l'Egypte du monde arabe.

 

 

II. Des accords de paix égypto-israéliens à la guerre du Golfe

 

1 La diplomatie des petits pas.

L'idée d'un accord séparé entre l'un des pays arabes en état de guerre et Israël, a été plusieurs fois tentée: soit à travers des contacts secrets entre la Jordanie et Israël, soit par les Etats-Unis, qui ont souvent eu le rôle "d'entremetteurs".

Il s'agissait en fait pour ces derniers, de promouvoir des initiatives tendant à introduire une brèche dans le camp arabe et de parvenir à dégager le plus grand ennemi d'Israël d'une logique d'affrontement.

Le secrétaire d'Etat, Henry Kissinger fait pendant plusieurs semaines la navette entre Le Caire et Tel Aviv, essayant de tisser des liens et d'obtenir la paix.

En décembre 1973, s'ouvre à Genève la "Conférence pour la paix au Proche Orient", à laquelle participent les Etats-Unis, l'URSS, Israël, l'Egypte et la Jordanie. Mais la Syrie refuse de participer et puis, il y a le problème de la représentation palestinienne.

Entre temps, s'est crée le "Front du refus" autour du F.P.L.P., qui s'oppose "d'une manière catégorique et absolue à la participation de l'OLP à la conférence de Genève".

Un mois avant l'ouverture de la conférence, le sommet arabe d'Alger, reconnaît l'OLP "comme unique représentant du peuple palestinien", or, elle n'est pas représentée à Genève. Dans le même sens, la Conférence Islamique qui réunit à Lahore trente sept nations islamiques d'Afrique et d'Asie, qui "réaffirment que l'OLP est l'unique représentant du peuple palestinien".

De son côté, l'Europe des Neuf, déclare que tout processus de paix doit prendre en considération "les droits légitimes des Palestiniens".

Pourtant en janvier 1974, intervient un accord de désengagement des forces dans le Sinaï, entre Israël et l'Egypte. Cinq mois après, la Syrie qui n'a pas voulu se déplacer à Genève, signe un accord semblable avec Israël, sur le Golan, ce qui n'implique, bien entendu, aucun accord de paix.

Or, commence à germer au sein de l'OLP, l'idée qu'il pourrait y avoir certains accommodements entre les objectifs proclamés par la centrale et la réalité. Ainsi, au Caire, la 12e session du C.N.P., adopte pour la première fois, le principe "des étapes intermédiaires". Toutefois, l'objectif stratégique demeure la création d'un Etat palestinien sur l'ensemble de la Palestine.

Quant à l'URSS, elle demande, après la visite à Moscou de Yasser Arafat (juillet 1974), la participation de l'OLP à la conférence de Genève "avec les mêmes droits que les autres participants".

Le F.P.L.P. démissionne alors du C.E.O.L.P. et du C.C.O.L.P., pour "ne pas assumer la responsabilité de la déviation historique dans laquelle s'engage la direction de l'OLP".

Le monde assiste à un décalage manifeste, entre la volonté de la majorité de l'Assemblée Générale de l'ONU qui reconnaît le 14 octobre 1974, par une majorité de 105 voix, l'OLP comme représentant du peuple palestinien, et les Etats-Unis et Israël qui, à la conférence de Genève, s'obstinent à ne pas accepter sa participation.

Un mois après, la présence de Yasser Arafat dans la tribune de Nations Unies provoque une liesse populaire dans les territoires occupés. Arafat, termine son discours au milieu d'une ovation qui dure plusieurs minutes: "Je suis venu porteur d'un rameau d'olivier et d'un fusil de révolutionnaire. Ne laissez pas tomber le rameau de ma main".

En novembre 1974, l'Assemblée Générale de l'ONU vote la résolution 3236 qui reconnaît le droit des Palestiniens à l'autodétermination, la souveraineté et l'indépendance nationale, et l'OLP est admise au sein de l'organisation internationale en tant qu'observateur. L'OLP bénéficie d'un incontestable capital de sympathie sur le plan international et dans les territoires occupés. Un an plus tard, le 10 novembre 1975, la résolution 3979 de l'ONU déclare à une écrasante majorité que: "le sionisme est une forme de racisme".

 

2. Accord égypto-israélien sur le Sinaï

Mais le processus tendant à écarter l'Egypte du reste des pays arabes menés par Israël et les Etats-Unis, faisait néanmoins son chemin. Plus grave encore, pour la première fois depuis 1948, un Etat arabe, de surcroît directement impliqué dans trois guerres contre l'ennemi sioniste et faisant partie de la "ligne du front", acceptait de s'engager à ne pas résoudre "par la force militaire, mais par des moyens pacifiques" le conflit avec Israël, ce qui laissait à ce dernier, les mains libres pour affronter sur les autres fronts et dans les territoires occupés, la violente opposition des Palestiniens qui criaient à la trahison.

Une vague de protestation déferla en Cisjordanie en août 1975, à l'occasion de la décision des autorités israéliennes d'ouvrir la mosquée d'Hebron aux pèlerins juifs: la mosquée serait bâtie là où se trouveraient les sépulcres d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

En décembre 1975, l'OLP est invitée pour la première fois à une réunion du Conseil de Sécurité, qui doit se prononcer sur une plainte du Liban, à la suite de violents bombardements israéliens. Le conseil élabore, le 26 janvier 1976, un projet de résolution qui condamne Israël, qui ne sera pas approuvé à cause du veto des Etats- Unis, mais où pour la première fois, l'OLP admet "le droit à l'existence de tous les Etats de la région", donc d'Israël.

En octobre 1976, les pays arabes se concertent à Ryad et mettent fin à la guerre civile au Liban, établissant une Force Arabe de Dissuasion, décision qui sera entérinée par le sommet arabe du Caire de la même année.

 

3. Sadate en Israël

En novembre 1977, le président Sadate visite Israël où, au mois de mai, Menahem Bégin a gagné les élections et est devenu Premier ministre.

En débarquant à Jérusalem, il veut être le porte-parole des Arabes, mais en fait il ne représente que son pays. Même les pays modérés comme la Jordanie, manifestent leur désaccord avec l'initiative de Sadate.

Par ce geste, Anouar el Sadate reconnaît l'Etat sioniste et accepte de se plier à ce qu'il a toujours exigé: ne pas avoir à discuter, à négocier son existence.

Les réactions dans le monde arabe furent contrastées. L'Arabie Saoudite manifeste sa surprise, tandis que le Maroc et le Soudan accueillent favorablement l'initiative égyptienne. Mais dans le reste du monde arabe, des manifestations ont lieu, qui témoignent de l'ampleur d'une condamnation sans appel.

Devant la Knesseth, Sadate, énumère les cinq points sur lesquels devrait se fonder, selon lui, un accord de paix: 1·) fin de l'occupation de terres arabes envahies en 1967, y compris la Jérusalem arabe; 2·) droit du peuple palestinien à l'autodétermination et à l'établissement de son propre Etat; 3·) droit pour tous les pays de la région de vivre en paix, avec des garanties internationales appropriées; 4·) établissement de relations entre les pays de la région, acceptation du principe de non recours à la force et du règlement pacifique des conflits; fin de l'état de belligérance dans la région. Sadate, néanmoins, s'est bien gardé de mentionner l'OLP tout au long de son discours.

En fait, l'Egypte a fait des pas en direction d'Israël, mais dans sa réponse, Bégin n'apporte, lui, aucune ouverture, ne mentionnant nulle part dans son discours le mot "palestinien": "Non, Monsieur, nous n'avons pris aucune terre étrangère...Nous sommes revenus dans notre patrie. Le lien entre notre peuple et cette terre est un lien éternel. Il a été noué à l'aube de l'histoire humaine et n'a jamais été interrompu" 17, assène Bégin. Aux concessions égyptiennes, il n'a pas apporté de contrepartie.

L'OLP dénonce la trahison de Sadate et les représentants palestiniens sont expulsés du Caire. D'ailleurs, les six adversaires les plus résolus de l'initiative de Sadate (l'Algérie, l'Irak, la Libye, l'OLP, la Syrie et le Sud-Yemen) se réunissent à Tripoli pour prendre des mesures contre le président égyptien.

Malgré leurs divergences, tous les courants de la résistance palestinienne condamnent la trahison de Sadate et demandent la création d'un "Front de la fermeté" des pays arabes. Un communiqué syrio-palestinien publié le 25 novembre I977 dénonce: "Le plan Sadate-Begin n'a d'autre objectif que d'imposer un fait accompli à la nation arabe et ainsi rendre impossibles les efforts pour parvenir à une paix juste fondée sur le retrait total des territoires occupés...".

 

4. Le Plan Begin

Pressé par les Etats-Unis, Begin "fait un geste". Il présente un plan où sont prévus une autonomie administrative limitée et un droit d'auto-gouvernement pour la Cisjordanie qui restera sous contrôle israélien (article 11 du Plan); les colonies de peuplement israélien seront maintenues, tandis que le droit au retour est refusé aux Palestiniens.

Pour la première fois publiquement, le gouvernement israélien revendique la souveraineté sur des territoires occupés, faisant partie pourtant de l'un des points essentiels de la fameuse résolution 242.

Ce plan en 26 points, avait été soumis auparavant au président Carter et sera la base de discussion entre Sadate et Bégin, dans la réunion d'Ismaïlia, le 25 décembre 1977, qui tourne à l'échec.

Le rejet du plan Bégin est général dans les territoires occupés. De son côté, Arafat demande: "Que nous offre Begin ? Un Bantoustan, rien de plus". La Jordanie refuse d'accorder son aval au plan Begin. Mais pour celui-ci, il n'y aura pas de paix, si Israël doit revenir aux frontières de 1967 et si Jérusalem doit être partagée.

Le Plan Begin est un échec, ce qui ne gêne pas outre-mesure le ministre de l'agriculture, le général Ariel Sharon, qui se lance dans la création des "réalités au sol". En clair, des implantations qui voulaient rendre impossible la dévolution des territoires. Begin enfonce le clou: "Il n'est pas nécessaire d'expliquer la présence de colonies israéliennes en Cisjordanie. Leur présence est un phénomène normal. On n'explique pas ce qui est naturel".

Begin ne s'écarte pas de son idée d'annexer la Cisjordanie. L'article 20 autorise la continuation de la colonisation des territoires occupés: "Les résidents d'Israël auront le droit d'acquérir des terres et de s'installer dans les régions de Judée, de Samarie et de Gaza...".

 

5. Les accords de Camp David

Malgré les incessantes pressions exercées par le président Carter, et les visites du vice-président Walter Mondale et de Cyrus Vance, les négociations israélo-égyptiennes sont dans l'impasse. Pour essayer de mettre les deux présidents d'accords, Carter les invite à partir du 5 septembre 1978, à un sommet dans la résidence présidentielle de Camp David. Le sommet durera jusqu'au 17 septembre, lorsque Carter annonce au monde que Sadate et Begin ont accepté de rapprocher leurs points de vue.

Il s'agit en fait de deux documents: le "Cadre pour la paix au Proche-Orient" et le "Cadre pour la conclusion d'un traité de paix entre l'Egypte et Israël".

Le premier document contient en annexe le texte des résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité. Puis, aux deux documents on va joindre "dix lettres de clarification", qui montrent le désaccord complet existant entre l'Egypte et Israël sur Jérusalem, la Cisjordanie et Gaza.

Il y a dissociation, donc, entre le problème palestinien et celui des rapports entre l'Egypte et Israël.

Par ces accords, Sadate croit sortir son pays d'un état de guerre qui dure depuis trente ans. Mais aucune dynamique de paix n'interviendra; le monde arabe rejette l'accord et exclut l'Egypte de la Ligue Arabe. Sadate, isolé, paiera de sa vie en 1981, comme en 1951 le roi Abdallah, pour s'être engagé dans la voie de la négociation avec l'ennemi sioniste.

Les accords, même si les signataires ne le reconnaissaient pas, n'étaient ni plus ni moins une paix séparée. Dans les textes on établissait une période de "transition" de cinq ans en Cisjordanie et Gaza, pendant laquelle, les forces militaires d'occupation resteraient sur place. Et l'article 1· c, signalait que: "Dés que possible, mais pas plus tard que la troisième année après le début de la transition, des négociations s'engageront pour définir le statut définitif de la Cisjordanie et de Gaza..".

L'ambiguïté et l'imprécision autour de points fondamentaux est de mise dans cet accord. Ainsi, bien que Carter déclarât "qu'après les accords aucune nouvelle colonie ne sera établie dans les territoires occupés", le gouvernement israélien put contester avec sa caractéristique mauvaise foi, ce qu'il qualifie "d'interprétation erronée" de la part du président américain.

Mais le point le plus important était celui qui autorisait les troupes israéliennes à rester en Cisjordanie. L'occupation était ainsi légitimée et, si au bout de cinq ans, les parties n'aboutissaient pas à un accord, il n'y avait aucune clause qui prévoyait le départ des troupes sionistes.

C'était un accord fait sur le dos des Palestiniens: ils n'ont pas été consultés et ils ne le seront à aucun moment, puisqu'il n'y aura pas de représentation indépendante. Ils étaient, comme à l'époque de la décision Balfour, devant des décisions qui engageaient leur avenir, sans avoir été consultés. De l'avis de nombreux dirigeants palestiniens, avec Camp David, la Palestine a été vendue.

D'autre part, sur des questions de fond, telles que l'accord sur le statut final des territoires, sur l'avenir des colonies israéliennes, il n'y a pas eu non plus de précision.

Et bien entendu, les accords relèguent la question de Jérusalem en annexe, chaque partie ayant des positions opposées sur cette question extrêmement importante.

Dans le monde arabe ce fut la levée de boucliers. Le diplomate américain Cyrus Vance fit la navette entre toutes les capitales du Proche-Orient, essayant de convaincre les chefs d'Etats des pays modérés d'accepter les accords. Mais, même la Jordanie et l'Arabie Saoudite affirmèrent que ces accords: "ne peuvent pas être considérés comme une formule finale acceptable de paix".

L'OLP parle de reddition totale de Sadate. Dans les territoires occupés, une grève générale paralysa toutes les activités et à Jérusalem-Est, 120 personnalités cisjordaniennes rejetèrent catégoriquement les accords.

 

6. Le Traité de paix égypto-israélien

Très opportunément, on décerne à ce moment-là, le prix Nobel de la paix 1978 à Sadate et... à Begin ! Begin, le terroriste, chef de l'Irgoun. Et puis, suivant l'application des accords de Camp David, le 12 octobre ils entamèrent à Blair House (Washington) les négociations égypto-israéliennes pour la signature du traité de paix.

Le 26 mars 1979, le traité fut signé à la Maison Blanche. L'Egypte reprenait le Sinaï, ouvrant des relations diplomatiques avec Israël. Mais beaucoup de questions sont restées sans réponse ou dans le vague. La "clarification" clarifia bien peu de choses.

Une de ces lettres établit un lien entre le traité et l'ouverture des négociations sur la Cisjordanie et Gaza: "Les gouvernements de l'Egypte et Israël...afin de parvenir à un règlement de paix globale...entreprendront l'application des dispositions relatives à la Cisjordanie et à Gaza...dans un délai d'un mois...L'Egypte et Israël se sont donné pour objectif d'achever ces négociations dans un délai d'un an..." 18.

La réponse des pays arabes ne se fit pas attendre. Au sommet Arabe de Bagdad (28 au 31 mars 1979), l'Egypte fut suspendue de la Ligue Arabe. Quelques jours avant, Begin avait promis devant la Knesseth: "Israël ne reviendra jamais aux frontières d'avant juin 1967, Israël ne permettra jamais que soit créé un état palestinien en Cisjordanie. Jérusalem, une et réunifiée, restera pour l'éternité la capitale d'Israël" 19.

Les négociations furent au départ, un échec, et le calendrier de celles-ci ne fut pas respecté, tandis que les incidents entre Palestiniens et colons israéliens se multipliaient. En fait, Israël cherchait à gagner du temps pour établir en Cisjordanie une situation irréversible, capable de vider de toute signification l'autonomie palestinienne.

Le gouvernement israélien tenta d'encercler et d'isoler les villes palestiniennes, les entourant de colonies juives, en même temps qu'il s'empara de l'eau.

La colonisation de Cisjordanie suivit un plan préétabli, le "Plan Drobless", qui affirmait: "l'implantation sur toute la terre d'Israël est une question de sécurité et de droit (Sic !), La présence de colonies aux endroits stratégiques accroît la sécurité intérieure et extérieure, concrétise notre droit sur Eretz-Israël et consacre l'exercice de ce droit." 20.

 

Après la signature des accords égypto-israéliens, s'ouvrit une période de répression contre les dirigeants palestiniens des territoires occupés: Israël expulsa les maires d'Hebron et de Halboul; puis des attentats contre les maires de Naplouse et de Ramallah, démontrèrent la volonté des secteurs sionistes les plus extrémistes d'éliminer toute protestation contre la politique de confiscation de la terre.

 

7. Le Plan Fadh

En août 1981, Fahd, le prince héritier saoudien, définit huit principes, qui, croyait-il, pouvaient servir de base à un accord juste au Proche-Orient. C'était en quelque sorte une réponse arabe à Camp David.

Reprenant l'exigence du retrait d'Israël de tous les territoires occupés en 1967 Jérusalem comprise, le plan demandait le démantèlement des colonies juives établies en territoire arabe et le droit au retour et au dédommagement pour les Palestiniens qui désiraient rentrer, ainsi que la création d'un état ayant Jérusalem comme capitale.

Le point 7 reconnaissait le "droit de tous les Etats de la région à vivre en paix", ce qui semblait admettre implicitement le droit à l'existence d'Israël. Ce plan s'inspirait des différentes résolutions des Nations Unies et ne mentionnait pas l'OLP.

Reagan, déclara néanmoins, que: "la partie importante de ce plan est qu'il reconnaît qu'Israël est un pays avec lequel il faut négocier". Au même moment, le Sénat américain approuvait une vente d'avions AWACS a l'Arabie Saoudite.

Mais pour Bégin ce plan se proposait de "liquider Israël par étapes".

Les Palestiniens étaient divisés sur la question, et Arafat déclarait à Tokyo, qu'il s'agit d'un bon début pour une paix durable. Le F.P.L.P. et le F.D.L.P., et les mouvements pro-syriens, rejetèrent catégoriquement le Plan Fahd, et les pays du "Front de la fermeté" l'ont qualifié de "Camp David II". Le Plan Fahd avait vécu.

En juin 1982 Israël envahit le Liban pour liquider l'OLP, projet caressé depuis longtemps par le général Ariel Sharon. Le prétexte fut vite trouvé: l'ambassadeur israélien a été blessé dans un attentat à Londres, et Israël accusa les Palestiniens d'en être les auteurs.

Le 5 juin commença l'invasion du Liban. Le 11 juin, la Syrie concluait avec Israël un cessez-le-feu. Ainsi les Palestiniens se battaient seuls avec leurs alliés libanais. Le 13 juin, Beyrouth est encerclée et bientôt, le monde apprendra avec effroi qu'environ 2000 hommes, femmes et enfants ont été massacrés à Sabra et Chatila, avec la complicité de l'armée israélienne.

La force d'interposition internationale -composée de soldats français, italiens et américains- en se retirant en toute hâte de la capitale libanaise avait laissé les mains libres aux assassins.

Bien que l'OLP dût évacuer Beyrouth en septembre, pendant le siège établi par l'armée israélienne, les Palestiniens avaient démontré qu'ils pouvaient résister plus qu'aucune armée arabe à la formidable puissance de feu de l'armée sioniste.

Israël retirera une partie de son armée seulement en 1985, gardant une zone dite "de sécurité", où ils créèrent une force composée par des transfuges libanais, malgré la résolution 425 qui, depuis le 19 mars 1978, obligeait l'Etat sioniste à se retirer du territoire libanais.

 

Malgré l'amertume d'Arafat, qui avait constaté l'immobilité des pays arabes devant l'invasion sioniste, les calculs des israéliens n'avaient pas pu atteindre leur but, et l'objectif des Palestiniens resta inchangé: la création d'un Etat indépendant. Mais la défaite à Beyrouth face à un ennemi beaucoup plus puissant, les obligeait à se disperser entre Aden et Alger. Les fedayin n'avaient plus de bases en contact avec Israël. Au même moment, Ronald Reagan, proposa un nouveau plan pour le Proche-Orient.

 

8. Le Plan Reagan

Cherchant à garder le contrôle d'une possible solution au problème du Proche-Orient, Reagan propose un nouveau plan de paix, que certains ont perçu comme un changement avec la politique traditionnelle de soutien sans faille de l'impérialisme nord-américain à Israël. En fait, bien que Reagan lui-même déclarât qu'il s'agissait "d'une nouvelle politique américaine", le plan était fondé sur les accords de Camp David et sur la résolution 242. Le président américain reconnaissait pour la première fois publiquement, que le problème palestinien était "bien plus qu'une question de réfugiés".

Le "Plan Reagan", prévoyait, une période d'autonomie transitoire de cinq ans pour les Palestiniens de Cisjordanie et Gaza, période qui devait démontrer selon le plan: "qu'une telle autonomie ne présente pas de menace pour la sécurité d'Israël".

Bien que l'article 2 proposât le gel des implantations de colons israéliens, l'article 3 affirmait: "qu'il ne sera pas possible de parvenir à la paix en créant un Etat palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza". Le président américain se prononçait pour une "association avec la Jordanie".

Jérusalem devait rester "indivisible", et son statut final serait défini ultérieurement, par la voie des négociations. Pas un mot sur l'OLP, qui n'était mentionnée à aucun moment dans le document.

Certains dirigeants palestiniens (Farouk Kaddoumi) estimèrent alors que le "Plan Reagan" contenait des éléments nouveaux. Mais, en novembre 1982, l'OLP réunie à Damas, déclara que le plan américain: "ne satisfait pas lesdroits nationaux inaliénables du peuple palestinien, car il ignore son droit à l'autodétermination et à la création d'un Etat indépendant sous la direction de l'OLP" 21.

Du côté israélien, le plan proposé fut aussi vite rejeté. Begin affirma qu'il était en contradiction avec l'esprit et la lettre de Camp David, et qu'il représentait un grave danger pour Israël. Malgré les efforts de l'envoyé personnel de Reagan, Philip Habib, le plan Reagan n'aura pas eu plus de chance que les autres.

 

9. Le Plan de Fès

Pour répondre aux propositions américaines, quelques jours plus tard, le 9 septembre 1982, lors du sommet arabe de Fès, les pays arabes adoptèrent un document, qui, pour la première fois, reconnaissait implicitement Israël. Il s'agissait du point 7: "Le Conseil de Sécurité garantit la paix entre tous les Etats de la région, y compris l'Etat palestinien indépendant". Les pays arabes y demandaient le retrait d'Israël de tous les territoires occupés en 1967 (Article 1); le démantèlement des colonies installées en territoire arabe depuis cette date (art. 2); et surtout, réaffirmaient que l'OLP était le représentant "unique et légitime" des Palestiniens, lui accordant le droit de créer "un Etat palestinien indépendant ayant Jérusalem pour capitale". (article 6)

La réaction israélienne ne se fit pas attendre, Itzhak Shamir, affirma que ces propositions étaient en fait: "un appel à la guerre contre Israël...Il ne s'agit pas d'un plan de paix, mais d'un projet de destruction d'Israël..."

Le gouvernement israélien s'en tint à sa thèse habituelle très connue, à savoir: l'Etat palestinien doit être la Jordanie. C'était la vieille "solution jordanienne", chère à tous les gouvernements israéliens, qu'ils soient travaillistes ou du Likoud. Le général Sharon déclara alors: "L'Etat palestinien pourra s'implanter en Jordanie. Cet Etat existe déjà et les Palestiniens y sont en majorité". C'était la réponse sioniste traditionnelle, à la question de la création d'un Etat palestinien.

Pour sa part, le gouvernement américain déclarait que le plan de Fès était "inapplicable", et attaqua l'OLP, "une organisation qui n'a jamais été élue", dit Reagan.

L'aile radicale de l'OLP, exerça alors -soutenue en cela par l'URSS et la Syrie- son influence, pour empêcher toute révision des positions, considérées comme étant "non négociables".

 

En juin 1983, Begin démissionne, et un accord entre les travaillistes et le Likoud désigne Shimon Peres comme premier ministre. Trois ans plus tard, Shamir sera le chef du gouvernement israélien.

Entre-temps, un accord jordano-palestinien avait été conclu, qui envisageait une délégation commune, en vue d'éventuelles négociations de paix; parce qu'à cette époque, on parlait de négociation, de rencontres entre émissaires israéliens et certains dirigeants arabes. Ainsi, le 21 juillet 1986, Hassan II de Maroc, rencontra le premier ministre Shimon Peres.

En avril 1987, le 18e C.N.P. procédait à la réunification de l'OLP, et les courants les plus importants ont assumé des responsabilités de direction: le Fatah, F.P.L.P., F.D.L.P., PCP.

 

10. L'Intifada

Le déclenchement de l'Intifada (soulèvement) en décembre 1987, confirma que le problème palestinien était toujours présent et qu'il n'avait pas pu être résolu par tous les plans de paix proposés depuis des années.

Le soulèvement des jeunes des territoires occupés harcelait constamment l'armée occupante. Il interpellait aussi les secteurs les plus vacillants de l'OLP. L'Intifada va être le moteur d'une nouvelle dynamique de lutte qui se généralisa en Cisjordanie et Gaza.

Ce ne fut pas seulement un soulèvement contre l'occupant étranger. Il fut aussi, pour les jeunes, l'occasion de remettre en cause l'ordre social existant. Les jeunes issus des camps et des milieux pauvres, à l'origine de l'Intifada, mettaient aussi en question leurs aînés. D'une part, les dirigeants historiques, liés à la branche modérée de l'OLP, fondamentalement le Fatah, mais également ceux de la génération des "40 ans", liés le plus souvent au F.P.L.P. et au F.D.L.P.

Mais il est indiscutable que ceux qui ont le plus souffert de la perte de légitimité dans les territoires occupés furent les notables locaux, qui en grande partie étaient pro-jordaniens et qui, en privé, condamnaient les actions entreprises par les jeunes, qui les éloignaient des masses et leur faisaient perdre le contrôle sur le cours des événements.

Le soulèvement fut ainsi l'occasion, pour beaucoup de jeunes, de voir que le combat contre l'occupant, était aussi lié au combat pour l'émancipation sociale.

L'Intifada, marqua l'entrée en première ligne du mouvement islamiste Hamas (acronyme de Harakat El-Moukawama El-Mouslima, Mouvement de la résistance Islamique), qui conquit un grand ascendant sur la population et les jeunes dans la bande de Gaza, à Hebron, Jérusalem, Bethléem, Ramallah et Naplouse.

Le Hamas occupera ainsi la place laissée libre par l'inaction de l'OLP dans les territoires occupés, l'OLP était surtout préoccupée, entre 1983 et 1988, par sa crédibilité diplomatique. La centrale palestinienne essayera donc, de "prendre" le train de l'Intifada en marche, parvenant à se replacer à temps dans le mouvement contre l'occupant.

Ce sera dans ce nouvel état de choses que la Jordanie, en juillet 1988, déclare la "rupture des liens légaux et administratifs entre le royaume et la Cisjordanie".

Puis, le 15 novembre 1988, le 19e Conseil National Palestinien (C.N.P.), proclame à Alger, l'Etat de Palestine, et accepte en même temps d'entamer des négociations sur la base de la reconnaissance des résolutions 181, 242 et 338 (1947, 1967, 1973): "En vertu de la primauté du droit et de la légalité internationale incarnés par les résolutions de l'ONU depuis 1947... Exerçant le droit du peuple arabe palestinien à l'autodétermination, à l'indépendance et à la souveraineté sur son sol... Le Conseil National Palestinien, au nom de Dieu et du peuple arabe palestinien, proclame l'établissement de l'Etat de Palestine sur notre terre palestinienne avec pour capitale Al Qods Assharif (Jérusalem)... L'Etat de Palestine est l'Etat des Palestiniens où qu'ils soient..." 21a.

La proclamation palestinienne eut un retentissement considérable. Le C.N.P. proposa la tenue d'une Conférence internationale, où seraient représentés les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU et toutes les parties concernées y compris l'OLP.

Un mois plus tard, le 15 décembre 1988, les Etats-Unis acceptaient de dialoguer avec l'OLP à Tunis. Et la semaine suivante, Shamir, redevenu premier ministre d'Israël, fera tout pour saboter les conversations Etats-Unis- OLP.

Il y parviendra après avoir formé (8 juin 1990), un nouveau gouvernement où les partis "ultras" israéliens ont un poids décisif. Douze jours après, les Etats-Unis rompaient les pourparlers avec l'OLP.

 

11. La guerre du Golfe

En novembre 1989, Shamir et Yasser Arafat acceptaient le "Plan Baker". L'acceptation de ce plan provoqua de fortes réticences au sein de la gauche palestinienne et du Hamas. L'URSS était en train de se disloquer et les Etats-Unis qui exerçaient de plus en plus le leadership mondial, cherchaient à aboutir à un accord entre Israël et l'OLP.

Mais la guerre du Golfe rappela à ceux qui l'avaient oublié, ou qui feignaient de ne pas le croire, que le conflit israélo-palestinien concernait l'ensemble de la région. Le président Saddam Hussein l'a bien compris, lorsqu'il lia la possibilité d'un accord sur le Koweït à la résolution du problème palestinien. Se posant en champion de l'identité arabe face à l'Occident, Saddam Hussein rendait plus crédible la possibilité d'une guerre entre l'Irak et Israël, le "bastion avancé de l'impérialisme" dans la région.

Saddam Hussein acculé à se battre contre la plus grande coalition armée depuis 1945 et qui comptait certains pays arabes, espérait pouvoir forcer ces derniers à se désolidariser et à quitter le camp américain, en poussant Israël à intervenir dans la guerre, exaspéré par les tirs de Scud irakiens. Mais la coalition tint bon.

Les Palestiniens ont majoritairement appuyé l'Irak dans cette épreuve contre l'Occident, et Yasser Arafat soutenant Saddam Hussein a gagné une certaine crédibilité auprès de ses compatriotes. Mais le dénouement de la guerre, et l'isolement international dans lequel se trouva l'Irak, affecta aussi en partie l'OLP et son président, qui en soutenant Saddam se trouvait discrédité auprès des puissances occidentales.

Une fois la guerre du Golfe terminée, Bush et son secrétaire d'Etat James Baker, multiplièrent les navettes pour mettre sur pied un nouveau processus de paix israélo-palestinien.

Les Etats-Unis et l'URSS ont co-présidé la conférence de paix au Proche-Orient, qui s'ouvrit le 30 octobre 1991 à Madrid. Israël refusait toujours tout dialogue avec l'OLP et les délégués palestiniens ont dû intégrer la délégation jordano-palestinienne. Les autres participants étaient l'Egypte, la Syrie, le Liban, et d'autres invités en qualité d'observateurs, comme l'Union du Mahgreb Arabe et les pays faisant partie du Conseil de Coopération du Golfe.

 

III. De Madrid A Oslo

 

1. La Conférence de paix de Madrid.

Huit mois après la défaite de l'Irak, commençait la conférence de Madrid. Les Etats-Unis "récompensaient" l'appui de certains pays arabes à "l'Opération Tempête du Désert", qui avait placé l'Egypte, la Syrie, l'Arabie Saoudite et les Emirats dans le même camp qu'Israël.

Parrainée par les Etats-Unis, l'URSS (qui était dans un processus de déliquescence avancé) et l'ONU, la conférence de Madrid, à la différence de la Conférence de Genève -tenue après la guerre de 1967, et à laquelle participèrent uniquement Israéliens, Jordaniens et Egyptiens, puisque la Syrie boycotta la réunion et les Palestiniens ne furent pas invités- rassemblait tous les pays intéressés à un règlement global des problèmes de la région.

Pour la première fois, l'ensemble des pays concernés par l'état de guerre qui prévalait depuis 1948, acceptaient de s'asseoir pour négocier. Bien qu'Israël maintînt son opposition à la présence de l'OLP, tout le monde savait que les représentants palestiniens recevaient des instructions par télécopie et téléphone, directement du siège de l'OLP à Tunis.

De leur côté, les Palestiniens ont accepté de participer à une délégation mixte, et d'autre part, ils admettaient une autonomie provisoire en Cisjordanie et Gaza. Pourtant ils n'avaient cessé de repousser cette étape transitoire, déjà proposée lors des accords de Camp David.

La conférence fut divisée en trois volets: a) la réunion plénière de Madrid, où chaque délégation put présenter ses points de vue; b) les négociations bilatérales, demandées par Israël, qui voulait obtenir des accords de paix comme celui signé avec l'Egypte en 1979. Plusieurs tables rondes ont donc eu lieu, comme Israël-Délégation jordano-palestinienne, Israël-Syrie, Israël-Liban; c) les négociations multilatérales consacrées à des questions telles que: le désarmement, le problème de l'eau, le développement, l'environnement.

Bien que l'OLP n'eût pas été pas invitée en tant que telle, les négociations avec Israël furent conduites par des personnalités palestiniennes mandatées par celle-ci. Deux étapes étaient prévues: dans un premier temps, les discussions viseraient la conclusion des accords intérimaires d'autonomie sur une période maximale de cinq ans et ensuite, les discussions porteraient sur le statut permanent des territoires.

Mais, déjà à Moscou fin janvier 1992, au cours de la réunion préparatoire des négociations multilatérales, où se réunissaient presque 30 pays, (les Etats présents à la conférence de Madrid, les monarchies du Golfe, la CEE, l'AELE, la Chine, le Canada, le Japon et la Turquie; l'Iran, l'Irak et la Libye étant exclus), trois Etats du Proche-Orient (la Syrie, le Liban, le Yémen) et l'OLP décidaient de boycotter cette réunion. L'euphorie des semaines qui suivit la fin de la guerre du Golfe avait disparu. Et lorsque les négociations reprirent en mai à Washington, elles se déroulèrent en l'absence de la Syrie et du Liban, deux pays directement impliqués dans tout règlement au Proche-Orient.

Pour sa part, Israël, boycottera les réunions prévues à Ottawa sur l'épineux problème des réfugiés.

 

2. Les premiers pas pendant le gouvernement travailliste de Rabin

Le 24 juin 1992 Itzhak Rabin, travailliste, vainqueur aux législatives, succéda à Shamir au poste de premier ministre. Shimon Peres fut nommé ministre des Affaires étrangères et le gouvernement américain croyait qu'il s'agissait d'une bonne occasion pour relancer le processus de paix, sous des auspices plus favorables.

De fait, Rabin annonça dans son discours d'investiture (13 juillet) des propositions de paix et peu après, Moubarak acceptait de le recevoir au Caire.

De son côté, l'OLP, sous la pression des secteurs radicaux demandait: "l'arrêt total et immédiat de la colonisation dans les territoires occupés", rejetant le gel partiel et provisoire annoncé par le gouvernement travailliste.

A la fin juillet 1992, les ministres des Affaires Etrangères d'Egypte, de Jordanie, du Liban, de Syrie et l'OLP, réunis à Damas, proclamèrent que toute solution globale impliquait la reconnaissance par Israël des résolutions 242 et 338. Peres répondit qu'Israël était prêt à négocier et proposa: "un arrêt total des implantations israéliennes, en échange de la fin du boycott économique arabe".

En septembre, à Washington, au cours de la sixième session de négociations bilatérales, Israël présenta un projet d'autonomie pour les territoires occupés, qui prévoyait l'élection par les Palestiniens d'un Conseil. Puis, en septembre, Rabin, pressé de faire un geste en direction de la Syrie, proposa de restituer une partie du Golan en échange d'un traité de paix. Mais Damas ne voulut pas de demi-mesure et exigea le retrait total.

Le processus engagé depuis 199I piétinait et aux sessions multilatérales de Moscou (15 au 17 septembre) consacrées au désarmement, ni la Syrie, ni le Liban, ni l'OLP, n'étaient au rendez-vous. Et devant la prétention israélienne d'interdire la participation aux négociations des membres du C.N.P., ou à des ressortissants de Jérusalem-Est, l'OLP déclarait que: "c'est aux Palestiniens de choisir les membres composant leur délégation".

La centrale palestinienne connaissait, à ce moment-là, de sérieux problèmes internes. Le F.P.L.P. et les islamistes du Hamas, critiquaient de plus en plus la position conciliatrice du secteur majoritaire de l'OLP. Puis le 9 octobre, Georges Habache, demanda officiellement "le retrait dans les plus brefs délais des Palestiniens des négociations de paix avec Israël".

Le Hezbollah qui s'était installé au Sud-Liban, maintint alors l'armée israélienne sur le qui-vive. Les représailles de celle-ci entraînèrent, à la fin août, la suspension de pourparlers bilatéraux. Mais une semaine après l'élection du nouveau président américain, Bill Clinton, recommençait à Washington, la septième session de négociations bilatérales.

Ce sera à la fin de l'année 1992, que le processus de paix connaîtra une sérieuse détérioration: à Ottawa, lors des négociations portant sur les réfugiés, Israël refusa de participer en raison de la présence d'un membre du C.N.P. Et à la fin novembre Rabin déclarait: "Yasser Arafat est un obstacle à la paix, mais pas l'OLP".

La huitième session de négociations bilatérales se tint en décembre à Washington, au moment où le Hamas enleva un soldat israélien. En guise de représailles, Israël expulsa alors 415 Palestiniens vers le Liban. Le processus de paix rentrait dans une phase critique.

 

3. Les rencontres secrètes en Norvège. Accord d'Oslo I.

Quelques jours après l'abrogation par le Parlement israélien de la disposition interdisant les contacts avec des membres de l'OLP, eurent lieu les premières rencontres secrètes entre Israéliens et l'OLP en Norvège (janvier 1993). Et en juillet de la même année, le journal israélien Haaretz, annonçait l'existence d'un accord imminent entre l'état hébreu et la centrale palestinienne. En fait, à la fin du mois d'août, fut conclu l'accord entre l'OLP et Israël. Il s'agissait de la "Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires d'autonomie".

Elle fut signée solennellement à Washington le 13 septembre 1993, et en présence de Rabin et d'Arafat, sous le parrainage des Etats-Unis et de la Russie. L'application du texte devait entrer en vigueur un mois après, le 13 octobre 1993.

L'accord prévoyait l'autonomie pour Gaza et Jéricho (option "Gaza et Jéricho d'abord"), où serait établi un gouvernement palestinien, mais Israël conserverait pendant une période transitoire la responsabilité de la défense et de la sécurité des colons. Après cette période transitoire, l'ensemble des Territoires -sans se prononcer sur le statut de Jérusalem, des colonies de peuplement, du retour des réfugiés palestiniens, du tracé des frontières- devait connaître un auto-gouvernement, comme celui de Gaza et de Jéricho, mais les conditions d'une paix définitive devaient être déterminées dans un délai de cinq ans.

L'OLP reconnaissait le droit d'Israël à exister et à la sécurité. Pour sa part, Israël reconnaissait l'OLP comme le représentant du peuple palestinien.

La Déclaration se prononçait pour "l'élection d'un Conseil palestinien", élu directement par les Palestiniens de Gaza et Cisjordanie. Ce Conseil gérerait l'autonomie pendant une période n'excédant pas cinq ans, les Palestiniens vivant à Jérusalem pouvant y participer.

Le Conseil ainsi élu aurait autorité en matière d'éducation, de culture, de santé, d'affaires sociales et d'impôts. Une force de police serait créée, Israël conservant la responsabilité de la défense des Israéliens. A la suite du transfert de pouvoirs au Conseil élu, l'occupant israélien se retirerait.

Le redéploiement des forces israéliennes de Gaza et Jéricho devait s'effectuer deux mois après l'entrée en vigueur de la Déclaration, mais en décembre 1993, des désaccords sur l'étendue de la zone de Jéricho, le contrôle des points de passage vers la Jordanie et l'Egypte et la protection des colons, ont conduit à repousser la date prévue du retrait israélien.

D'autre part, la Déclaration établissait un comité de coopération, dans les domaines de l'eau, l'électricité, les finances, les transports, le commerce, l'industrie, les médias, la protection de l'environnement.

Sur l'épineuse question du statut définitif des Territoires -Jérusalem comprise-, il fut accordé que les négociations commenceraient au plus tard après la troisième année de la période transitoire. Elles devaient aborder en plus le problème des réfugiés, les frontières et les relations avec les pays voisins.

Bien que plusieurs capitales arabes aient apporté leur soutien à Arafat pour la signature de cet accord (la Jordanie, le Conseil de Coopération du Golfe, la Syrie qui déclara qu'elle "ne s'opposait pas" ), le F.P.L.P., le F.D.L.P., le Hamas, et le dirigeant palestinien Farouk Kaddoumi, se prononcèrent contre l'accord, accusant le secteur majoritaire de l'OLP et son président de capitulation.

Le poète Mahmoud Darwish avec des mots émouvants exposait ses doutes sur l'accord que l'OLP venait de signer avec Israël: "Ce serait un crime d'occulter le facteur objectif de la crise que nous vivons...Nous avons conduit deux générations dans la poursuite de la paix et de l'indépendance. Et voici qu'aujourd'hui nous semblons les avoir délaissées, jetées aux quatre vents d'une nouvelle incertitude. Non, les martyrs n'étaient pas des sots comme l'affirment certains esprits amers... Ils ont fait à la patrie la juste aumône de leur sang... Que faisons-nous ? Nous saluons d'un adieu anarchique une période de l'Histoire pour entrer dans une autre à laquelle nous ne sommes pas encore préparés... Cette organisation, avec sa structure, son ossature, ses cadres... cette organisation a cessé d'êtreQue vous meniez le règlement politique jusqu'à son terme ou que vous vous retiriez dès maintenant... Le dernier rôle de cette organisation est de signer l'accord avec Israël. Sitôt signé, elle deviendra autre chose... Le marché proposé, est-il partie d'un accord de paix global ou requiert-il de nous la signature d'un traité de paix, d'un compromis historique ?... Quelles seront les formes d'expression du nationalisme admises dans la résistance à l'occupation israélienne qui perdurera sur le territoire concerné à travers la Sûreté, les implantations, les frontières, le droit de représentations étrangères, les aires de passage, les ponts et autres marques de la souveraineté israélienne ?... De telles questions me portent à croire que nous nous lançons dans un risque historique dont je souhaite l'heureuse issue, mais dont je redoute l'échec... Il pourrait bien alors conduire à la catastrophe..." 22.

 

4. L'Accord du Caire.

En février 1994, Peres et Arafat conclurent au Caire un accord portant sur l'application de la Déclaration de principes sur l'autonomie de Jéricho et de Gaza.

Le document octroyait à Israël le contrôle des points de passage entre Jéricho et la Jordanie, entre Gaza et l'Egypte. Mais la question de l'étendue restait à régler.

A la fin de février, eut lieu le massacre de 52 fidèles musulmans à Hebron, commis par un colon d'origine nord-américaine, faisant partie des organisations racistes Kach et Kahane-Haï. L'émotion fut à son comble et des affrontements meurtriers eurent lieu dans les territoires occupés. L'OLP, la Syrie, la Jordanie et le Liban ont suspendu alors les négociations de paix.

Le gouvernement Rabin, face à l'ampleur de la condamnation internationale, dut interdire ces organisations et le Conseil de sécurité de l'ONU vota la résolution 904 (18 mars) qui décidait "des mesures pour assurer la sécurité des civils palestiniens, y compris une présence internationale ou étrangère temporaire".

Le 4 mai, Rabin et Arafat signaient au Caire -avec cinq mois de retard sur le calendrier prévu-, l'accord sur la première phase d'autogouvernement des territoires occupés, sans toutefois tomber d'accord sur le périmètre entourant Jéricho.

En outre, les "arrangements de sécurité" prévoyaient notamment que les 9.000 policiers palestiniens déployés dans les deux enclaves autonomes, seraient divisés en quatre sections: police civile, police de sécurité publique, renseignements et services d'urgences, dont les noms devraient être mis à la disposition d'Israël

Le matériel utilisé par la police palestinienne était aussi soumis à un contrôle. D'ailleurs, l'accord fixait les conditions de déplacement des Palestiniens entre les enclaves de Gaza et Jéricho: quatre routes d'accès, empruntées uniquement de jour.

Quelques jours plus tard, le 10 mai 1994, eut lieu la passation de pouvoirs entre l'armée israélienne et les représentants de l'Autorité palestinienne de Gaza et Jéricho, mais ces derniers étaient des plus en plus contestés par les leurs.

 

5. Le traité de paix israëlo-jordanien

Parallèlement, Israël signait le 25 juillet avec la Jordanie, la "Déclaration de Washington", par laquelle était mis fin à l'état de guerre existant entre les deux pays depuis plus de 40 ans. Ultérieurement, le 26 octobre, les deux Etats concluaient un "Traité de paix", qui éveilla les soupçons des Palestiniens.

La Syrie dénonça cet "accord séparé", alors qu'une polémique se déclencha, au sujet du "rôle spécial octroyé par Israël à la Jordanie" sur les lieux saints musulmans. Le prince Hassan de Jordanie déclara que la responsabilité de Jérusalem serait transférée aux Palestiniens dès la conclusion d'un accord définitif entre l'Autorité Palestinienne et Israël.

Par cet accord, la Jordanie récupérait presque 300 km2 dans la vallée de l'Arava, et 5 km2 aux alentours du lac de Tibériade. Les exploitants de kibboutzim installés dans l'Arava, bénéficieraient de la possibilité d'une location-vente.

La Jordanie devait recevoir 1,5 milliard de m3 d'eau en plus de ce qu'elle recevait, et la construction de deux barrages était prévue pour les années à venir.

Sur les réfugiés palestiniens expulsés et installés en Jordanie depuis 1948, il fut accordé que le problème serait abordé avec l'Égypte et l'OLP. D'autre part, l'accord prévoyait la normalisation des relations diplomatiques et l'ouverture d'ambassades. En septembre, puis en octobre de cette même année, l'état hébreu et le Maroc et la Tunisie, ouvriraient des bureaux d'intérêts dans leurs capitales respectives.

La fin cette année-là sera marquée par des affrontements entre militants islamistes et la police palestinienne. Le Hamas accuse alors Arafat de complicité avec Israël et organisa, le 18 novembre à Gaza, une manifestation de plus de 300.000 personnes. Bousculée, l'Autorité Palestinienne essaya de reconquérir la rue et appela à une manifestation de soutien, mais ce fut un échec. Pas plus de 10 000 personnes répondirent à l'appel. Le Hamas montra sa force, et l'Autorité Palestinienne dut accepter de conclure un accord avec les islamistes, pour que le calme revienne à Gaza. La popularité du Hamas ne cesse donc, de s'accroître, et c'est jusqu'à aujourd'hui, l'un des éléments nouveaux issus de l'Intifada.

 

6. Les accords de Taba-Oslo II

Les actions entreprises par les islamistes contre les colons israéliens mirent sur pied de guerre l'armée sioniste. L'Autorité Palestinienne arrêtait en avril plus de 200 militants du Hamas, sur la demande israélienne. Un mois plus tard, le gouvernement Rabin autorisait de nouvelles confiscations de terres à Jérusalem-Est.

Devant un vote imminent du Conseil de Sécurité de l'ONU condamnant Israël, les Etats-Unis mirent leur veto le 17 mai. Le même jour, Arafat demandait aux députés arabes de la Knesset de retirer une motion de censure qui, avec l'appui de l'opposition israélienne, aurait pu faire tomber le gouvernement travailliste de Rabin.

En contrepartie, Rabin annula la confiscation de terres prévue, et les manifestations de colons redoublèrent, surtout dans le Golan, car le Premier ministre israélien avait parlé, pour la première fois le 26 mai, d'un éventuel démantèlement des colonies dans cette région.

A Washington, le 28 septembre 1995, furent signés les accords de Taba, qui envisageaient l'extension de l'autonomie à six autres villes de Cisjordanie: Djénine, Naplouse, Tulkarem, Kalkilya, Ramallah, Bethléem et une partie d'Hébron.

L'accord fut salué dans le monde arabe par l'Egypte et la Jordanie, mais critiqué par la Syrie et la Libye, qui expulsa les Palestiniens vivant sur son territoire.

En Cisjordanie et Gaza, le climat était tendu et l'OLP tenta alors de rencontrer le Hamas pour mettre au point un accord de "réconciliation nationale".

Les accords de Taba ou d'Oslo II, entre Israël et l'OLP, furent signés à Washington le 28 septembre 1995, en présence des intéressés et de représentants de la Jordanie et l'Egypte. La Syrie et le Liban, refusèrent d'y assister.

Ces accords étaient constitués de deux volets: a) les modalités de redéploiement des troupes israéliennes en Cisjordanie occupée, et, b) l'organisation des premières élections "palestiniennes".

-a) Le redéploiement de l'armée israélienne se ferait d'après le texte de l'accord, en plusieurs étapes, pendant six mois, entre octobre 1995 et juillet 1997.

- La Cisjordanie fut divisée en trois zones:

Zone A: comprend les villes de Djénine, Naplouse, Tulkarem, Kalkiya, Ramallah, Bethléem. Les forces israéliennes se retireraient au bout de six mois, et les policiers palestiniens seraient au nombre de 12 000.

Zone B: comprend "450 villages et localités palestiniennes" où vit

68 % de la population. Dans cette zone, Israël garderait "l'autorité globale en matière de sécurité".

Zone C: Comprend les régions rurales " non peuplées" de Palestiniens, mais qui pour Israël sont des zones d'importance stratégique. Israël conserve l'autorité complète en matière de sécurité.

Un chapitre particulier fut consacré à la ville d'Hébron, qui compte 120 000 habitants arabes, et où furent installés plusieurs centaines de colons israéliens. Cette ville, ferait l'objet "d'arrangements spéciaux de sécurité", Israël conservant la responsabilité de l'ensemble.

-b) Les élections dans les territoires, prévues pour janvier 1996, ont lieu le 20 janvier. Il s'agissait d'élire 88 membres du conseil de l'Autonomie Palestinienne.

Le F.P.L.P. et le F.D.L.P. ont boycotté le scrutin, et le Hamas prôna la non-participation. Dans ces conditions, le Fatah d'Arafat l'emporte avec 65 élus, et Arafat devient président de l'Autorité Palestinienne, puisqu'on élisait aussi le chef de l'Autorité. Mais la légitimité de cette élection reste douteuse, étant donné les positions prises par les autres mouvements palestiniens.

Le difficile processus de négociations israélo-palestinien, a été interrompu avec l'assassinat de Rabin à Tel Aviv, le 4 novembre 1995, cet assassinat semble être le résultat d'un complot dans lequel ont trempé les services de sécurité et les partis ultra-ortodoxes juifs.

Le 20 avril, un mois et demi après l'assassinat de Rabin, était la date prévue pour le début des négociations portant sur la phase finale. Elle fut repoussée en attendant les résultats des législatives israéliennes, qui donnèrent la victoire au Likoud de Benjamin Netanyahou. Celui-ci gèlera pendant trois ans les négociations 23.

 

IV Les "négociations de paix" sous le gouvernement Netanyahou.

 

1. Une politique dilatoire et obstructionniste.

Le 29 mai 1996, Netanyahou devient premier ministre. Netanyahou, qui a poussé à l'assassinat de Rabin par ses déclarations fracassantes et enflammées, s'est avéré champion de l'intrigue et des pratiques dilatoires.

Pendant trois ans, en dépit des promesses et des engagements, et malgré la signature de deux protocoles ou mémorandums (d'Hébron en janvier 1997, et Wye River, en octobre 1998), l'application de l'accord intérimaire israélo-palestinien n'a pas avancé. Le premier ministre israélien, soutenu par le Likoud et les partis nationalistes, se sont livrés à une politique d'obstruction permanente, tendant à la remise en cause des accords signés par l'Etat hébreu.

Utilisant la très fameuse politique israélienne des "faits accomplis", le gouvernement Netanyahou a autorisé et encouragé la construction de colonies de peuplement et l'agrandissement de celles-ci dans des sites sensibles, comme Jérusalem.

D'autre part, les pourparlers israélo-syriens et israélo-libanais ont été interrompus dès 1996.

Netanyahou espérait gagner du temps et se débarrasser des engagements contractés par son pays envers les Palestiniens. Alors, il proposa officieusement en mai 1998, de faire table rase de toutes les discussions précédentes pour...discuter du statut définitif des territoires palestiniens, en promettant que ces négociations-là, allaient aboutir dans un délai de six mois ! C'était une manière d'enterrer tous les engagements souscrits par Israël.

Pour l'Autorité Palestinienne, mise en question ouvertement par un nombre croissant de ses concitoyens à cause d'une politique considérée conciliatrice face à Israël, il ne fallait pas tomber dans le piège.

D'autant plus que les négociations sur le statut définitif des territoires palestiniens, auraient dû commencer le 4 mai 1996..., coïncidant avec la seconde année d'autonomie palestinienne et, devaient s'achever, au plus tard, trois ans après, c'est-à-dire en mai 1999...

Le protocole d'Hébron fut signé le 15 janvier 1997 par Israël et l'Autorité Palestinienne et concernait les modalités du redéploiement des forces israéliennes en Cisjordanie.

Les négociations étaient déjà presque paralysées et le seront effectivement dés mars 1997, lorsque Netanyahou donna son accord pour la construction de la colonie d'Har Homa, à Jérusalem-Est. La politique d'encerclement des villes palestiniennes, pratiquée depuis des années, continuait.

Le non-respect des accords signés, se vérifie par cette politique de colonisation,

commune en outre aux gouvernements travaillistes et du Likoud. Ainsi, entre 1993 et 1996, le nombre de colons en Cisjordanie passa de 110 000 à 145 000. A Gaza, de 3000 à 5500. Rabin, lui-même, affirme Gresh, n'était pas disposé à "concéder, à l'issue de la période intérimaire plus de 50 % de la Cisjordanie aux Palestiniens" 24.

 

2. Le mémorandum de Wye River.

Ce mémorandum fut terminé le 23 octobre 1998. Il est le dernier en date de tous les accords conclus entre Israéliens et Palestiniens, après la "Déclaration de Principes", signée le 13 septembre 1993 à Washington.

Il prévoit trois redéploiements israéliens en Cisjordanie, doublés de strictes mesures de sécurité coordonnées entre Israël, l'Autorité Nationale Palestinienne et la ... CIA.

D'autre part, il impose, encore une fois, la proclamation publique par les Palestiniens de l'abrogation des articles de la Charte de l'OLP,que les Israéliens considèrent comme un appel à la destruction d'Israël.

Le mémorandum prévoit aussi la reprise des négociations pour l'ouverture des passages entre la Cisjordanie et Gaza, ainsi que le début des travaux du port de Gaza.

Signant le mémorandum de "Wye River", les parties s'engageaient à ne pas anticiper sur le statut définitif des territoires palestiniens. En clair, les questions-clés portant sur Jérusalem, le retour des réfugiés et l'avenir des colonies de peuplement étaient différées dans un avenir imprévisible. D'ailleurs, sur ces sujets, les positions des travaillistes et du Likoud ne sont pas très différentes.

Le 4 mai dernier, jour où s'achevait la période transitoire intérimaire d'autonomie, selon les échéances prévues par les accords de Taba-Oslo II, et bien que le mémorandum de "Wye River" prévît le contrôle par l'Autorité palestinienne de 13,1 % des territoires occupés de la Cisjordanie, seuls 2 % avaient été évacués par les troupes israéliennes.

 

Après avoir été élu premier ministre le 17 mai dernier, Ehoud Barak, s'est engagé à mettre un terme "à cent ans de conflit israélo-arabe". En visite au Caire chez le président égyptien Moubarak , le premier ministre a réaffirmé sa volonté de mener à bien les pourparlers de paix avec les Arabes: "Si la paix est réalisable, nous la réaliserons", dit Barak, qui rencontra le dimanche 11 juillet, le président de l'Autorité Nationale Palestinienne. "Nous n'allons pas construire de nouvelles colonies, mais nous n'allons pas en démanteler ...La question devra être discutée au cours des négociations sur le statut définitif".

Avec la Syrie et le Liban, les négociations sont au point mort depuis février 1996. Damas exige le retrait de l'armée israélienne du Golan occupé, en échange de mesures de sécurité.

De son côté, le Liban considère que toute négociation passe par le retrait inconditionnel préalable des troupes israéliennes du Liban, en vertu de la résolution 425 du Conseil de sécurité de l'ONU.

 

Certains Palestiniens se méfient de l'enthousiasme provoqué en Occident par la victoire de Barak aux dernières élections. Enthousiasme qu'ils considèrent démesuré et qui, en grand partie, s'explique par le soulagement intervenu après la défaite de Netanyahou.

Or, la longue histoire du conflit avec Israël leur a appris que c'est justement dans ces moments-là, -lors d'un large consensus international dirigé par les Occidentaux- qu'ont toujours eu lieu les pressions, pour les forcer à accepter les propositions israéliennes.

L'Autorité Nationale Palestinienne, a d'ailleurs à l'heure actuelle, une légitimité diminuée depuis les tractations initiées avec l'occupant, qui, d'autre part, l'oblige à prendre des mesures répressives contre ses concitoyens.

D'un autre côté, des pratiques autoritaires se manifestent de plus en plus chez les dirigeants de l'A.N.P., accompagnées de signes de corruption et de népotisme. Edward Said, qui n'est pas une "tête brûlée", écrivait après un récent voyage en Palestine: "L'Autorité est surtout perçue comme assurant la sécurité d'Israël et protégeant ses colons, pas du tout comme un organisme gouvernemental légitime, soucieux de son peuple et lui venant en aide...Que tant de dirigeants se permettent de construire d'ostentatoires villas en pleine période de misère est sincèrement effarant..." 25

A l'approche du nouveau millénaire, le peuple palestinien, qui a tant de fois été trompé et trahi, pourra-t-il finalement cesser de pleurer de nouveaux martyrs ?

" Mes amis, les survivants d'entre vous me suffisent
pour que je vive encore une année
il me suffit d'une année
rien qu'une autre année...
Mes amis, ne mourez pas comme vous avez pris l'habitude de mourir...
attendez-moi une autre année
rien qu'une année...
Il me suffit d'une année
pour que je vive toute ma vie
d'une seule traite
en un seul baiser
en un seul coup de feu
qui abolira mes questions
Une autre année
rien qu'une année
une année !
" 26

 

Javier Peña

 


Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <[email protected]>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.

Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.

Nous nous plaçons sous la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19 <Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.


[email protected]

L'adresse électronique de ce document est

http://aaargh-international.org/fran/fren/fran/fren/contrenuit/contrenuit42.html

 

| Accueil général | Accueil français | Echos radar | Affaire Garaudy |