AAARGH

 

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Mémoire en défense contre ceux qui m'accusent
de falsifier l'histoire

par Robert Faurisson

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Pièces annexes

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Première partie

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Un débat historique dans Le Monde

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[69]

(Pièces 1 à 5: il convient de lire ces pièces avant de lire le mémoire)

[71]

PIECE ANNEXE N. 1

 

Le Monde, le 29 décembre 1978, p. 8


Remarque sur cette pièce: Il s'agit d'un "dossier" du Monde. Ce dossier s'ouvre sur un "texte". Le texte de présentation, lui, n'est pas signé mais il est de M. Jean Planchais, journaliste du Monde. Ce dernier dit bien qu'il présente une "thèse" pour que les lecteurs puissent "juger sur pièces". Dès ce numéro du Monde, il y a une "contrepartie" et d'autres pièces en contrepartie sont d'ores et déjà annoncées pour le lendemain. M. Jean Planchais commet plusieurs erreurs dans sa présentation. Je n'en relèverai que deux. A la deuxième phrase de son texte il prétend que, pour moi: "Nul n'ignore plus [...] qu'il n'y a jamais eu de chambre à gaz dans les camps de concentration." C'est absurde. Plus loin, M. Jean Planchais écrit: "Nous publions donc le texte que diffuse inlassablement le maître de conférences de l'université de Lyon-2, avec son titre et ses notes." M. Jean Planchais omet de dire que c'est auprès de la rédaction du Monde que j'ai, pendant des années, essayé d'obtenir la publication de ce texte en droit de réponse à une abominable attaque du Monde contre ma personne et mes idées le 11/12 août 1974.


[72]

Dossier: Les chambres à gaz

 
M. Robert Faurisson a, dans une certaine mesure, réussi. Nul n'ignore plus, à l'en croire, qu'il n'y a jamais eu de chambres à gaz dans les camps de concentration. Ce qui implique qu'il n'y ait jamais eu de camps d'extermination. Selon M. Faurisson, dans une lettre "à publier" du 1er novembre 1978, "Hitler n'a jamais ordonné ni admis que quiconque fût tué en raison de sa race et de sa religion. Je ne cherche à outrager ni à réhabiliter personne".
 
Aussi aberrante que puisse paraître la thèse de M. Faurisson, elle a jeté quelque trouble, dans les jeunes générations notamment, peu disposées à accepter sans inventaire les idees acquises. Pour plusieurs de nos lecteurs, il était indispensable de juger sur pièces. Nous publions donc le texte que diffuse inlassablement le maître de conférences de l'université de Lyon-2 avec son titre et ses notes.
 
Il ne pouvait être question de le faire sans contrepartie. Aussi avons nous demandé à deux éminents spécialistes de l'histoire de la déportation de mettre les choses au point: M. Georges Wellers, maître de recherches honoraire au C. N. R. S., délégué général du comité exécutif du Centre de documentation juive contemporaine et directeur du Monde juif, a depuis longtemps examiné et dénoncé les falsifications de l'histoire en ce domaine; Mme Olga Wormser-Migot (dont nous publierons l'article dans notre prochain numéro) a soutenu une thèse et publié un ouvrage sur les camps de concentration qui font autorité.

Nous y ajouterons une lettre de M. Bernadet, président de Lyon-2 et un témoignage parmi ceux que nous avons reçus. Il montre qu'en dehors des camps d'extermination il existait des chambres à gaz "artisanales" destinées à des exécutions d'un txpe particulier.

[73]
Le texte de M. Faurisson

"Le problème des chambres à gaz (a)"
ou "la rumeur d'Auschwitz"

 
Nul ne conteste l'utilisation de fours crématoires dans certains camps allemands. La fréquence même des épidémies, dans toute l'Europe en guerre, exigeait la crémation, par exemple des cadavres de typhiques (voy. les photos).
 
C'est l'existence des "chambres à gaz", véritables abattoirs humains, qui est contestée. Depuis 1945, cette contestation va croissant. Les grands moyens d'information ne l'ignorent plus.
En 1945, la science historique officielle affirmait que des "chambres à gaz" avaient fonctionné, aussi bien dans l'ancien Reich qu'en Autriche, aussi bien en Alsace qu'en Pologne. Quinze ans plus tard, en 1960, elle révisait son jugement: il n'avait, "avant tout" (?), fonctionné de "chambres à gaz" qu'en Pologne(b). Cette révision déchirante de 1960 réduisait à néant mille "témoignages", mille "preuves" de prétendus gazages à Oranienbourg, à Buchenwald, à Bergen-Belsen, à Dachau, à Ravensbrueck, à Mauthausen. Devant les appareils judiciaires anglais ou français, les responsables de Ravensbrueck (Suhren, Schwanhuber, Dr Treite) avaient avoué l'existence d'une "chambre à gaz" dont ils avaient même décrit, de façon vague, le fonctionnement. Scénario comparable pour Ziereis, à Mauthausen, ou pour Kramer au Struthof. Après la mort des coupables, on découvrait que ces gazages n'avaient jamais existé. Fragilité des témoignages et des aveux!
Les "chambres à gaz" de Pologne -- on finira bien par l'admettre -- n'ont pas eu plus de réalité. C'est aux appareils judiciaires polonais et soviétique que nous devons l'essentiel de notre information sur elles (voy., par exemple, l'ébouriffante confession de R. Hoess: Commandant à Auschwitz).
[74]
Le visiteur actuel d'Auschwitz ou de Majdanek découvre, en fait de "chambres à gaz", des locaux où tout gazage aurait abouti à une catastrophe pour les gazeurs et leur entourage. Une exécution collective par le gaz, à supposer qu'elle soit praticable, ne pourrait s'identifier à un gazage suicidaire ou accidentel. Pour gazer un seul prisonnier à la fois, pieds et poings liés, les Américains emploient un gaz sophistiqué, et cela dans un espace réduit, d'où le gaz, après usage, est aspiré pour être ensuite neutralisé. Aussi, comment pouvait-on, par exemple à Auschwitz, faire tenir deux mille (et même trois mille) hommes dans un espace de 210 mètres carrés (!), puis déverser (!) sur eux des granulés du banal et violent insecticide appelé Zyklon B; enfin, tout de suite après la mort des victimes, envoyer sans masque à gaz, dans ce local saturé d'acide cyanhydrique, une équipe chargée d'en extraire les cadavres pénétrés de cyanure? Des documents trop peu connusc montrent d'ailleurs: 1- Que ce local, que les Allemands auraient fait sauter avant leur départ, [105] n'était qu'une morgue typique (Leichenkeller), enterrée (pour la protéger de la chaleur) et pourvue d'une seule petite porte d'entrée et de sortie; 2- Que le Zyklon B ne pouvait pas s'évacuer par une ventilation accélérée et que son évaporation exigeait au moins vingt et une heures. Tandis que sur les crématoires d'Auschwitz on possède des milliers de documents, y compris les factures, au pfennig près, on ne possède sur les "chambres à gaz", qui, paraît-il flanquaient ces crématoires, ni un ordre de construction, ni une étude, ni une commande, ni un plan, ni une facture, ni une photo. Lors de cent procès (Jérusalem, Francfort, etc.), rien n'a pu être produit.
"J'étais à Auschwitz. Il ne s'y trouvait pas de "chambre à gaz"." A peine écoute-t-on les témoins à décharge qui osent prononcer cette phrase. On les poursuit en justice. Encore en 1978, quiconque en Allemagne porte témoignage en faveur de T. Christophersen, auteur du Mensonge d'Auschwitz, risque une condamnation pour "outrage à la mémoire des morts".
Après la guerre, la Croix-Rouge internationale (qui avait [75] fait son enquête sur "la rumeur d'Auschwitz"(d), le Vatican (qui était si bien renseigné sur la Pologne), les nazis, les collabos, tous déclaraient avec bien d'autres: "Les "chambres à gaz"? nous ne savions pas." Mais comment peut-on savoir les choses quand elles n'ont pas existé?
Le nazisme est mort, et bien mort, avec son Fuehrer. Reste aujourd'hui la vérité. Osons la proclamer. L'inexistence des "chambres à gaz" est une bonne nouvelle pour la pauvre humanité. Une bonne nouvelle qu'on aurait tort de tenir plus longtemps cachée(e).
[77]

PIECE ANNEXE N. 2

Le Monde, le 29 décembre 1978, p. 8

Remarque sur cette pièce: Le fragment de texte qui intéresse directement notre sujet est marqué d'un filet. [Ici, il sera souligné. NdE] On remarquera que M. G. Wellers donne pour preuve de l'existence des "chambres à gaz" homicides le journal de J. P. Kremer. Je dis bien: le journal. Il ne mentionne pas les aveux qu'on a obtenus du médecin, après la guerre, grâce à ses geôliers polonostaliniens.

N. B.: On ne trouvera évidemment pas dans ce mémoire les nombreux textes que Le Monde a publiés en contrepartie de mes propres textes, puisque je me limite ici au témoignage du Dr Kremer, seul témoignage mentionné dans l'assignation de la partie adverse (voy. p. 228).

[78]

Dossier: Les chambres à gaz


Abondance de preuves

par G. Wellers,
(directeur du Monde juif et du Centre de documentation juive de Paris, physiologue de profession, note de l'AAARGH)

M. Faurisson lance un défi: "Je défie quiconque de m'apporter le moindre commencement de preuve de l'existence d'une chambre à gaz" dans les camps de concentration nazis.
Il faut savoir que les chambres à gaz dans les camps où étaient exterminés les Juifs et les Tziganes (Auschwitz, Belzec Maïdanek, Sobibor, Treblinka) ont été détruites par les Allemands avant la fin de la guerre, à la seule exception de Maldanek.
Cela dit, il ne s'agit pas du tout du "moindre commencement de preuve", mais d'une abondance de preuves qui sont de trois sortes: a) archives allemandes; b) témoignages des anciens S S; c) témoignages des anciens détenus.
Par exemple, dans le cas d'Auschwitz, dans la correspondance entre les industriels-constructeurs de quatre chambres à gaz perfectionnées à Auschwitz II (Birkenau), destinées à remplacer celles, "artisanales", aménagées au printemps de 194' (" bunkers", dans le jargon du camp), il est question de "I'installation d'une chambre à gaz" ("...Bestellung einer Begasungskammer") ou du "façonnage des chambres à l'acide cyanhydrique" ("... die Bearbeitung der Blausaurekammern"), etc. Ainsi, il est grotesque de prétendre qu'il n'y avait pas de chambres à gaz à Auschwitz, comme le fait le "témoin" Christophersen cité, bien entendu, par M. Faurisson et qui est allé les chercher, en 1944, à Auschwitz I, à Raïsko, à Bielitz, où elles ne se trouvaient pas. Quant à Birkenau (Auschwitz II), où elles se trouvaient derrière des clôtures interdites à tout étranger, il y est allé pour prendre en charge cent détenues affectées à Raïsko, et il n'a rien vu. Tout cela donne la mesure de son "témoignage" fait en 1973!
Toute la question est de savoir si ces chambres servaient pour les "poux", comme le dit Darquier, et comme semble le [79] penser M. Faurisson, qui note que le Zyklon B est un violent insecticide (souligné par lui), ou pour les êtres humains.
En ce qui concerne les poux, il n'existe aucune indication positive. En revanche, en ce qui concerne les êtres humains, les preuves abondent.

Voici, par exemple, ce que l'on lit dans le journal du médecin SS le professeur Kremer, découvert le 12 août 1945 à son domicile, et se rapportant à la période où ce dernier s'est trouvé à Auschwitz et où il a participé à la sélection pour les chambres à gaz (Sonderaktion): "2-9-1942: ce matin, à 3 heures, j'ai assisté pour la première fois à une Sonderaktion. Comparé à cela, I'Enfer de Dante paraît une comédie. Ce n'est pas sans raison qu'Auschwitz est appelé camp d'extermination." "12-10-1942: J'ai... assisté à une Sonderaktion dans la nuit (mille six cents personnes de Hollande). Scènes terrifiantes devant le dernier bunker." "18- 10- 1942: J'étais présent à la onzième Sonderaktion sur les Hollandais par un temps froid et humide. Scènes atroces, avec trois femmes qui suppliaient qu'on leur laisse la vie." S'agit-il des poux ou des êtres humains?

Par comparaison, le même Kremer note: "1-9-1942:... J'ai assisté l'après-midi à la désinfection d'un bloc avec Zyklon B, afin de détruire les poux". Ici il n'y a question ni de "Sonderaktion", ni de l'enfer de Dante, ni des scènes terrifiantes ou atroces, ni d'extermination...
 
Le 29 janvier 1943, dans la lettre envoyée par le chef des constructions d'Auschwitz au chef de l'administration centrale de la S S à Berlin sur l'état d'achèvement de construction (Bauzustand) du Krematorium II à Birkenau, il est question d'un four crématoire, d'un local pour les cadavres (Leichenkeller) et d'un local pour le gazage (Vergasungskeller). Pour des poux tout cela?
En juillet 1945 et en mars et avril 1946, deux importants S S d'Auschwitz (Pery Broad, responsable de la Politische Abteilung et Rudolf Hoess, commandant d'Auschwitz), ont donné, devant les autorités britanniques, puis (le second) devant le Tribunal international et, bien avant, les "appareils judiciaires polonais et soviétiques", l'un ignorant l'autre, une [80] description détaillée des chambres à gaz et de leur fonctionnement à Birkenau. Par la suite, au cours de différents procès des S S d'Auschwitz devant des tribunaux allemands, huit mernbres de la S S interrogés comme témoins, ont reconnu avoir vu de leurs yeux les chambres à gaz de Birkenau en fonctionnement. Aucun parmi quelques dizaines d'accusés n'a nié leur existence, mais seulement sa participation personnelle à leur usage.
Cinq évadés d'Auschwitz en 1943 et en 1944, parmi lesquels un officier polonais non juif, ont donné la description des chambres à gaz de Birkenau et leurs rapports ont été publiés par les soins de l'Executive Office of War Refugee Board du président des Etats-Unis en novembre 1944, en pleine guerre, en précisant que "I'Office a toutes les raisons de croire que ces rapports offrent une peinture exacte des faits horribles qui se passent dans ces camps".
D'autre part, quatre manuscrits ont été trouvés au cours des fouilles effectuées sur le territoire de Birkenau, où, avant de mourir, leurs auteurs, tous membres des Sonderkommandos affectés au nettoyage des chambres à gaz et à l'évacuation des cadavres vers les crématoires, les ont enterrés à différentes époques. Toutes ces missives d'outre-tombe parlent des chambres à gaz et de leur fonctionnement. Après la fin de la guerre, quatorze rares survivants parmi les membres des Sonderkommandos de Birkenau ont, de leur côté, donné des descriptions identiques de ces chambres. Il reste à ajouter que la menace de finir ses jours dans une chambre à gaz de Birkenau appartenait à l'arsenal disciplinaire du camp et de ses kommandos, et était inculquée à chaque détenu.
Toutes ces descriptions sont parfaitement concordantes quant à l'emplacement topographique de ces chambres à gaz à Birkenau, à leur nombre, à l'époque de leur entrée "en service", à leur fonctionnement au gaz "Zyklon B" et, bien entendu, à leur usage pour tuer les êtres humains.
 
N'empêche que sur le ton d'un spécialiste chevronné de l'assassinat de milliers d'êtres humains dans des chambres à gaz, M. Faurisson nous explique que leur utilisation "aurait abouti à une catastrophe pour les gazeurs et leur entourage" envoyés "sans masques à gaz" "tout de suite (souligné par lui) [81] après la mort des victimes... dans ce local saturé d'acide cyanhydrique- -". Car, dit-il, "... Ie Zyklon B ne pouvait pas s'évacuer par une ventilation accélérée... ".
Tout cela n'est qu'un prétentieux bavardage d'un spécialiste de la critique des textes littéraires qui se prend pour un expert en meurtres collectifs. D'autres spécialistes, infiniment mieux placés, étaient d'une tout autre opinion. Par exemple, la lettre du 29 janvier 1943 citée plus haut, dit: "L'entreprise Topf und Sohne n'a pas pu livrer à temps le dispositif d'aération et de désaération (" die Be-und Entluftungsanlage ") commandé par la direction centrale des constructions, en raison de l'indisponibilité en wagons. Après l'arrivée du dispositif dsaération et de désaération, I'incorporation de celui-ci sera aussitôt commencée, de sorte qu'on peut prévoir que le 20 février 1943 il sera complètement en service." De leur côté, Pery Broad, Hoess et d'autres disent tous que l'évacuation des cadavres se faisaient après "le dégazage à l'aide des ventilateurs" (Broad); une demi-heure après [le gazage] (G. W.) Ie ventilateur électrique était mis en marche et les corps étaient hissés jusqu'au four par un monte-charge" (Hoess, devant les Britanniques), etc.
Je ne sais pas si M. Faurisson est antisémite et partisan du nazisme. Il affirme ne pas l'être. Mais, ce que je sais, c'est que s'il l'était, il ne pourrait rien faire de plus, ni de mieux que ce qu'il fait pour calomnier et injurier les Juifs en les traitant d'imposteurs et pour innocenter le nazisme dans ce que ce dernier avait de plus abominable et de plus révoltant.
Mon propos ne s'adresse aucunement aux fanatiques, car il n'existe aucun espoir de les persuader de quoi que ce soit. Il ssadresse aux hommes et aux femmes de bonne foi ignorant les faits et qui risquent pour cette raison de prêter l'oreille aux affirmations fallacieuses des apologistes du nazisme.

[83]

PIECE ANNEXE N. 3

Le Monde, le 16 janvier 1979, p. 13

Remarque sur cette pièce: Il s'agit d'un texte en droit de réponse. Les deux fragments qui intéressent directement notre sujet sont marqués d'un filet. On notera que je mentionne explicitement "les "aveux", après la guerre, de J. P. Kremer". En ce qui concerne les trois femmes hollandaises, je montre que, par la pure critique interne, on ne peut déduire qu'une chose: c'est qu'elles ont été exécutées (et non "gazées" avec tous les membres d'un convoi). Et j'ajoute là-dessus, en note, une confirmation que nous fournit la critique externe: même dans ses "aveux" polono-staliniens le Dr Kremer nous dit que ces trois femmes ont été fusillées. Et je donne à mes lecteurs, y compris à M. G. Wellers, une référence précise qui perrnette à chacun de prendre connaissance, selon ses désirs, soit d'une simple note, soit de toute une page, soit de tout un ouvrage d'origine polonaise! Peut-on faire mieux?

[84]

Une lettre de Monsieur Faurisson

Jusqu'en 1960, j'ai cru à la réalité de ces gigantesques massacres en "chambres à gaz". Puis, à la lecture de Paul Rassinier, ancien déporté, résistant et auteur du Mensonge d'Ulysse, j'ai commencé à avoir des doutes. Après quatorze ans de réflexion personnelle. puis quatre ans d'une enquête acharnée, j'ai acquis la certitude, comme vingt autres auteurs révisionnistes, que je me trouvais devant un mensonge historique. J'ai visité et revisité Auschwitz et Birkenau où l'on nous présente une "chambre à gaz reconstituée" (1) et des ruines dites de "crématoires avec chambres à gaz". Au Struthof (Alsace) et à Majdanek (Pologne), j'ai examiné des locaux présentés comme des "chambres à gaz en état d'origine". J'ai analysé des milliers de documents, en particulier au Centre de documentation juive contemporaine de Paris : archives, sténogrammes, photographies, témoignages écrits. J'ai inlassablement poursuivi de mes questions spécialistes et historiens. J'ai cherché, mais en vain, un seul ancien déporté capable de me prouver qu'il avait réellement vu, de ses propres yeux, une "chambre à gaz". Je ne voulais surtout pas d'une illusoire abondance de preuves; j'étais prêt à me contenter d'une preuve, d'une seule preuve. Cette preuve, je ne l'ai jamais trouvée. Ce que j'ai trouvé, en revanche, ce sont beaucoup de fausses preuves, dignes des procès de sorcellerie et déshonorantes pour les magistrats qui s'en étaient accommodés. Et puis j'ai trouvé le silence, la gêne, l'hostilité et, pour terminer, les calomnies, les insultes, les coups.

Les répliques que vient de susciter mon bref article sur "La rumeur d'Auschwitz", je les ai lues plus d'une fois en dix-huit ans de recherches. Je ne mets pas en cause la sincérité de leurs auteurs, mais je dis que ces répliques fourmillent d'erreurs, depuis longtemps signalées par les Rassinier, les Scheidl et les Butz.

[85]

Par exemple dans la lettre, qu'on me cite, du 29 janvier 1943 (lettre qui ne porte même pas l'habituelle mention de "Secret"), Vergasung ne signifie pas "gazage", mais "carburation". Vergasungskeller désigne la pièce, en sous-sol, où se fait le mélange "gazeux" qui alimente le four crématoire. Ces fours, avec leur dispositif d'aération et de ventilation, venaient de la maison Topf & Fils d'Erfurt (N.4473).

Begasung désignait le gazage de vêtements en autoclaves. Si le gaz employé était le Zyklon B -- préparation de "B [lausaeure]", c'est-à-dire d'acide prussique ou cyanhydrique -- on parlait de "chambres à gaz bleues". Rien à voir avec les prétendues "chambres à gaz-abattoirs"!

Il faut citer correctement le Journal du médecin Johann Paul Kremer. On verra ainsi que, s'il parle des horreurs d'Auschwitz, c'est par allusion aux horreurs de l'épidémie de typhus de septembre-octobre 1942. Le 3 octobre, il écrira: "A Auschwitz, des rues entières sont anéanties par le typhus." Lui-même, il contractera ce qu'il appelle "la maladie d'Auschwitz". Des Allemands en mourront. Le tri des malades et des bien-portants, c'était la "sélection" ou l'une des formes de l'"action spéciale" du médecin. Ce tri se faisait soit à l'intérieur des bâtiments, soit à l'extérieur. Jamais Kremer n'a écrit qu'Auschwitz était un Vernichtungslager, c'est-à-dire, selon une terminologie inventée par les Alliés après la guerre, un "camp d'extermination" (entendez par là: un camp doté d'une "chambre à gaz"). En réalité, il a écrit: "Ce n'est pas pour rien qu'Auschwitz est appelé le camp de l'anéantissement (das Lager der Vernichtung)." Au sens étymologique du mot, le typhus anéantit ceux qu'il frappe. Autre grave erreur de citation: à la date du 2 septembre 1942, le manuscrit de Kremer porte: "Ce matin, à3 h, j'ai assisté dehors, pour la première fois, à une action spéciale." Historiens et magistrats suppriment traditionnellement le mot "dehors" (draussen) pour faire dire à Kremer que cette action se déroulait dans une "chambre à gaz". Enfin, les scènes atroces devant le "dernier bunker" (il s'agit de la cour du bunker n.11) sont des exécutions de condamnés à mort, exécutions auxquelles le [86] médecin était obligé d'assister. Parmi les condamnés se trouvent trois femmes arrivées dans un convoi de Hollande: elles sont fusillées(2) .

Les bâtiments des "Kremas" de Birkenau étaient parfaitement visibles (3) de tous. Bien des plans et des photos le prouvent, qui prouvent également l'impossibilité matérielle radicale pour ces "Kremas" d'avoir eu des "chambres à gaz".

Si, à propos d'Auschwitz, l'on me cite, une fois de plus des aveux, des mémoires ou des manuscrits -- miraculeusement -- retrouvés (tous documents que je connais déjà), je veux qu'on me montre en quoi leurs précisions imprécises diffèrent des précisions imprécises de tous les documents qui ont fait dire aux tribunaux militaires des Alliés qu'il y avait des "chambres à gaz" là où, en fin de compte, on a fini par reconnaître qu'il n'y en avait pas eu: par exemple, dans tout l'Ancien Reich!

J'avais cité les documents industriels NI-9098 et 9912. Il faut les lire avant de m'opposer les "témoignages" de Pery Broad et de R.Hoess ou, pourquoi pas, les "aveux", après la guerre, de J.P.Kremer. Ces documents établissent que le Zyklon B ne faisait pas partie des gaz qualifiés de ventilables, ses fabricants sont obligés de convenir qu'il est "difficile à ventiler, vu qu'il adhère aux surfaces". Dans un local cyanuré par le Zyklon B, on ne peut pénétrer, avec un masque au filtre "J" -- le plus sévère des filtres -- qu'au bout d'une vingtaine d'heures pour procéder à un test chimique de disparition du gaz 4 . Matelas et couvertures doivent être battus à l'air libre pendant une à deux heures. Or, Hoess écrit5: "Une demi-heure après avoir lancé le gaz, on ouvrait la porte et on mettait en marche l'appareil de ventilation. On commençait immédiatement à extraire les cadavres." Immédiatement (sofort)! Et d'ajouter que l'équipe chargée de manipuler deux mille cadavres cyanurés [87] entrait dans ce local (encore plein de gaz, n'est-ce pas?) et en tirait les corps "en mangeant et en fumant", c'est-à-dire, si je comprends bien, sans même un masque à gaz. C'est impossible. Tous les témoignages, si vagues ou discordants qu'ils soient sur le reste6 , s'accordent au moins sur ce point: l'équipe ouvrait le local, soit immédiatement, soit "peu après" la mort des victimes. Je dis que ce point, à lui seul, constitue la pierre de touche du faux témoignage.

En Alsace la "chambre à gaz" du Struthof est intéressante à visiter. On y lit sur place la confession de Josef Kramer. C'est par un "trou" (sic) que Kramer versait "une certaine quantité de sels cyanhydriques", puis "une certaine quantité d'eau": le tout dégageait un gaz qui tuait à peu près en une minute. Le "trou" qu'on voit aujourd'hui a été si grossièrement fait par un coup de burin que quatre carreaux de faïence en ont été brisés. Kramer se servait d'un "entonnoir à robinet". Je ne vois ni comment il pouvait empêcher ce gaz de refluer par ce trou grossier, ni comment il pouvait admettre que le gaz, s'évacuant par la cheminée, aille se répandre sous les fenêtres de sa villa. Qu'on passe dans une pièce voisine et, là, qu'on m'explique cette affaire de cadavres conservés pour le professeur Hirt dans des "cuves à formol", qui ne sont, en fait, que des cuves à choucroute et à pommes de terre, munies de simples abattants de bois sans étanchéité.

L'arme la plus banale, si elle est soupçonnée d'avoir tué ou blessé, fait l'objet d'une expertise judiciaire. On constate avec surprise que ces prodigieuses armes du crime que sont les "chambres à gaz" n'ont, elles, jamais fait l'objet d'une expertise officielle (judiciaire, scientifique ou archéologique) dont on puisse examiner le rapport7.

Si par malheur les Allemands avaient gagné la guerre, je suppose que leurs camps de concentration nous auraient été présentés comme des camps de rééducation. Contestant cette présentation des faits, j'aurais été sans doute accusé de faire [88] objectivement le jeu du "judéo-marxisme". Ni objectivement, ni subjectivement je ne suis judéo-marxiste ou néo-nazi. J'éprouve de l'admiration pour les Français qui ont courageusement lutté contre le nazisme. Ils défendaient la bonne cause. Aujourd'hui, si j'affirme que les "chambres à gaz" n'ont pas existé, c'est que le difficile devoir d'être vrai m'oblige à le dire.

[conformément à la loi du 29 juillet 1881, nous publions le texte de M. Faurisson. Toute répliquele mettant en cause ouvrirait à son profit un nouveau droit de réponse.
Nous n'en considérons pas pour autant comme clos le dossier ouvert par les déclarations de
Darquier de Pellepoix.]

[89]

PIECE ANNEXE N. 4

Le Monde, le 21 février 1979, p. 23

Remarque sur cette pièce. Le fragment qui intéresse directement notre sujet est marqué d'un filet. Dans cette lettre de M. G. Wellers, les incohérences sont nombreuses et graves. Je les relève à la fois dans le corps de ce mémoire et dans la pièce annexe n. 5 (droit de réponse refusé par Le Monde). J'ajouterais ici deux détails:

1. M. G. Wellers écrit: "Par contre, sur le sort de [s] 1 594 autres [personnes du convoi du 18 octobre 1942], les archives sont muettes: elles n'ont pas été introduites dans le camp, elles n'ont pas été réembarquées et renvoyées ailleurs. Elles ont disparu! Là s'arrêtent les certitudes." A quoi je répondrais: "Si les archives sont muettes, pourquoi leur faire dire tant de choses? De quel droit prétendre, notamment, que ces 1 594 autres personnes ont disparu? Et pourquoi M. G. Wellers, qui accorde toute valeur à ces archives telles que nous les ont léguées les Polonais, nous cache-t-il que, d'après le "calendrier" établi selon ces archives (" calendrier" auquel M. G. Wellers a vraisemblablement eu recours), ces 1594 personnes sont déclarées "vergast", c'est-à-dire "gazées"?

2. M. G. Wellers, qui est physiologiste de formation, se fait de l'exécution d'un homme par le gaz une idée si dérisoirement simple qu'on ne la trouverait peut-être pas chez le dernier des profanes qui, pendant une minute, réfléchirait à la question.

[90]

Un roman inspiré

Une lettre de M. Georges Wellers

Depuis quelques semaines, s'est rallumée la discussion concernant les chambres à gaz dans les camps de concentration nazis, dont l'existence est niée par certains.

Pour oser le faire, il faut obéir à quelques règles de travail historique inventées dans les années cinquante par un certain P. Rassinier. Il s'agit des problèmes se rapportant aux aspects particulièrement odieux et dramatiques du régime national-socialiste, notamment au "goulag" hitlérien, couverts par un épais secret de rigueur toujours et partout où les goulags existent. Ce qu'on en sait vient des témoignages des victimes ou des bourreaux, et de documents officiels souvent écrits dans un langage où des termes apparemment anodins couvrent les réalités les plus révoltantes et inavouables. Pour retrouver cette réalité, il faut accomplir un travail minutieux de vérificationss de recoupements, de confrontations.

Rassinier et ses imitateurs appliquent des règles de travail très simples et très pratiques. La première règle consiste à écarter tous les témoignages plus ou moins gênants, sous deux prétextes: si les témoignages sont concordants, ils sont déclarés sans valeur, soit parce que provenant de connivences nées des intérêts communs des témoins, soit parce qu'ils ont été obtenus sous la torture ou grâce à des promesses. Si les témoignages sont contradictoires, leurs auteurs sont de toute évidence des menteurs. La seconde règle consiste à prendre à la lettre les euphémismes du langage officiel, inventés pour cacher la vérité.

On se demandera peut-être: que peut-on écrire de cohérent dans ces conditions? La réponse est simple: un roman. dont l'auteur affirme catégoriquement comme vérité ce qui lui plaît. S'il le fait avec "autorité" et habileté, le "truc" risque de réussir.

Voici une illustration concrète du procédé tel qu'il a été employé récemment par un élève de Rassinier.

[91]

Depuis 1940, le médecin S. S. Kremer a tenu un journal intime où il a noté différents événements de sa vie, et qui s'est terminé le 11 août 1945, jour de son arrestation par les Anglais, dans la zone de leur occupation en Allemagne. Au cours d'une perquisition à son domicile, on découvre le journal. Entre le 29 août et le 18 novembre 1942, Kremer a été affecté au camp d Auschwitz, où il participe aux quatorze "actions spéciales" ("Sonderaktion"), qu'il note brièvement dans son journal. A la date du 18 octobre 1942, on lit: "Ce dimanche matinX par un temps froid et humide, j'ai assisté à la onzième action spéciale (Hollandais). Scènes atroces avec trois femmes qui supplient qu'on leur laisse la vie." Voilà tout ce que dit le journal de Kremer.

Un historien, circonspect par métier, se rapportera d'abord aux archives du camp d'Auschwitz, où il trouvera une documentation montrant que, en effet, le 18 octobre 1942 est arrivé un convoi de 1.710 personnes, venant du camp de Westerbock, en Hollande. Kremer n'a donc rien inventé. Notre historien pensera ensuite que la "Sonderaktion" est une opération où la vie des personnes est en jeu, puisque trois femmes supplient qu'elle leur soit laissée. Dans les archives d'Auschwitz, il verra que de ce convoi 116 personnes, uniquement des femmes, ont été introduites dans le camp. Par contre, sur le sort de 1 594 autres, les archives sont muettes: elles n'ont pas été introduites dans le camp, elles n'ont pas été réembarquées et renvoyées ailleurs. Elles ont disparu! Là s'arrêtent les certitudes.

Mais notre émule de Rassinier a ses idées sur la question. En effet, il écrit: "... les scènes atroces devant le "dernier bunker" sont des exécutions de condamnés à mort, exécutions... auxquelles le médecin était obligé d'assister. Parmi les condamnés, se trouvent trois femmes arrivées dans un convoi de Hollande: elles sont fusillées". Où prend-il tout cela? Kremer ne dit rien au sujet des condamnations à mort le 18 octobre 1942, ni des trois femmes en question, ni d'autress ni du sort réservé finalement aux premières. Du pur roman? Sûrement, mais un roman qui a l'énorme avantage de montrer au lecteur abusé que la "Sonderaktion" n'a rien à voir avec les prétendues "sélections pour les chambres à gaz", et que le cas des trois femmes est celui de "condamnées [92] à mort" (par qui, quand, et pourquoi?), et fusillées pour cela Normal, n'est-ce-pas?

Mais ce roman est un roman inspiré. En effet, après son arrestation en août 1945, le docteur Kremer est livré par les Anglais aux Polonais pour être jugé, avec trente-huit autres S. S. de la garnison d'Auschwitz, dans un procès instruit par le tribunal de Cracovie. En cours d'instruction, exactement le 18 juillet 1947, il est interrogé à propos de sa note du 18 juillet (*) 1942 et il raconte: "Lors de l'action spéciale que j'ai décrite dans mon journal à la date du 18 octobre 1942, trois Hollandaises ne voulaient pas entrer dans la chambre à gaz et suppliaient de leur laisser la vie sauve. C'étaient des femmes jeunes, en bonne santé, malgré cela, leur prière n'a pas été exaucée, et les S. S. qui participaient à l'action les ont fusillées sur place (1)" (p. 238-9). Notre romancier connaît parfaitement le texte de cette déposition, il l'a cité en référence, mais en retenant uniquement le fait que les trois femmes ont été fusillées; pour le reste, il le cache au lecteur: pas la moindre allusion au sujet des chambres à gaz, ni de l'assassinat sur place ni sur le sens évident du terme de "Sonderaktion". Il abuse. donc, son lecteur en toute connaissance de cause! Et cependant, un autre S. S., I'ex-commandant d'Auschwitz, Hoess. ignorant tout des paroles de Kremer, avait écrit à propos des sélections à l'arrivée de convois: "... Dès qu'une inquiétude se faisait sentir, on s'emparait discrètement de ceux qui la semaient, on les conduisait derrière la maison et on les tuait avec une carabine de petit calibre de façon que les autres ne puissent entendre les coups de feu" (2) (p. 100). Ainsi, Hoess confirme Kremer.

Le cercle semble bouclé, la démonstration du caractère scandaleusement abusif de la littérature de notre romancien qui se donne pour un "chercheur de vérité" scrupuleux, semble être faite. Eh bien! non. Le romancier prend les devants en écrivant qu'il ne faut pas lui "opposer les témoignages" de Pery Broad et de R. Hoess ou, pourquoi pas, les "aveux" après la guerre de J. P. Kremer. Notre romancier rejette ainsi [92] toutes les sources qui lui déplaisent, mais cependant puise à sa façon dans les "aveux" de Kremer, le renseignement concernant l'exécution de trois malheureuses femmes, parce que ce renseignement lui convient. Que le lecteur juge lui-même ces méthodes..

Le Zyklon B

Autre exemple: notre romancier s'arrête longuement sur lsimpossibilité technique de l'emploi du Zyklon B à base d'acide cyanhydrique comme moyen d'assassinat dans les chambres à gaz. Pourquoi? Parce que le "Zyklon B ne faisait pas partie des gaz... ventilables" (sic.), et, dans ces conditions, il était impossible de pouvoir envoyer "soit immédiatement", soit "peu après la mort des victimes" I'équipe chargée de retirer les cadavres de la chambre encore pleine de vapeurs. A l'appui de cette argumentation est cité un document dans lequel le fabricant précise que l'acide cyanhydrique "adhère aux surfaces" et que, pour s'en débarrasser, il faut prendre des précautions spéciales (NI-9098). Or, dans ce document, le fabricant parle de désinfection d'un appartement dans une maison d'habitation pleine de meubles, de matelas, de vêtements, etc. A Auschwitz, dans les chambres à gaz, il n'y avait que le plafond, le plancher, les quatre murs et une compacte foule de gens tout nus. Dans ces conditions, la concentration des vapeurs nocives restées dans l'atmosphère après la mort due à l'absorption de ces vapeurs par des centaines de poitrines, et après une énergique ventilation par un "dispositif d'aération et de désaération", était, sans doute, incomparablement plus faible que celle existant dans un appartement encombré de divers objets. Et s'il y avait tout de même un danger pour la santé des membres du Sonderkommando chargés de sortir les cadavres, ce danger était le dernier des soucis de Hoess et compagnie.

Enfin, notre auteur nous livre sa déception après la visite de deux chambres à gaz: celle de Maidanek et celle de Struthof. Il trouve "ces prodigieuses armes du crime" que sont les "chambres à gaz", sans aucune allure! On se demande quelle idée de "ces armes du crime" il se faisait avant ses visites. Il a dû tout de même lire que tout était fait pour tromper les victimes qui pénétraient dans une chambre à gaz dont l'aspect [94] était rendu intentionnellement banal. Il est vrai qu il s agit de "faux temoignages". Mais, pour une fois, il semble qu'on peut les croire à tel point il est évident que la S. S. avait un intérêt majeur à rassurer les futures victimes et à éviter les dé sordres, les agitations, voire les révoltes. D autre part, notre auteur, manifestement, n'a jamais songé que parmi les diverse5 "armes du crime" il est mille fois plus facile de fabriquer une chambre à gaz qu'un couteau ou un méchant pistolet. En effet tous les candidats au suicide par le gaz de ville ferment les fenêtres et les portes de leur appartement, ouvrent le robinet du gaz et meurent dans une "chambre à gaz" improvisce en une minute.

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PIECE ANNEXE N. 5

Les cinq premières pages de cette pièce constituent le texte en droit de réponse que j'ai adressé le 26 février 1979 au journal Le Monde. Il s'agissait d'une réponse à de nombreuses mises en cause de R. Faurisson dans Le Monde du 21 février 1979, p. 23, et dans celui du 23 février 1979, p. 40. R. Faurisson n'avait pas été "nommé", il est vrai, mais il avait été clairement "désigné", ce qui, aux termes de la loi, revient au même.

Néanmoins, Le Monde a, par une lettre du 27 février 1979, immédiatement refusé, et cela sans explication, la publication de ce texte. La lettre de refus du Monde constitue la sixième et dernière page de cette pièce annexe.

Remarque sur cette pièce: Le fragment qui intéresse directement notre sujet est marqué d'un filet.


J'estime que ce court fragment où j'ai dû, comme dans tout texte en droit de réponse, condenser au maximum l'expression de ma pensée, constitue une réponse suffisante - pour un lecteur attentif- à la lettre de M. G. Wellers. Je n'avais pas besoin de rédiger tout un mémoire. Si, pourtant, j'ai rédigé tout un mémoire, c'est pour être plus clair encore.

[96]

26 février 1979

Droit de réponse au Monde du 21 février 1979, p.23, et du 23 février 1979, p.40.

"Une preuve... une seule preuve"

par R.Faurisson

Dans une longue déclaration, trente-quatre historiens français viennent de nous faire savoir qu'il est certes "naturel" de se poser toutes sortes de questions sur la Seconde Guerre mondiale, mais que, néanmoins, "il n'y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz".

Pour ma part, je constate qu'il y a un débat sur l'existence ou non des "chambres à gaz" et je crois que ce débat est légitime. Longtemps, il a opposé quelques spécialistes de l'école des historiens révisionnistes à quelques spécialistes de l'histoire officielle. Ce débat s'est en quelque sorte ouvert en 1960 quand le Dr. Martin Broszat, représentant du très officiel Institut d'histoire contemporaine de Munich, a dû faire une énorme concession au révisionniste Paul Rassinier: il lui a fallu admettre qu'en dépit d'une prétendue surabondance de preuves, de documents, de témoignages et d'aveux, tous dignes de foi, il n'avait pourtant jamais existé une seule "chambre à gaz" dans tous les camps de concentration de l'Ancien Reich. En 1968, la discussion avait été relancée, du côté officiel, par Olga Wormser-Migot qui, affrontant une véritable tempête de protestations, osait parler dans sa thèse de ce qu'elle nommait alors "le problème des chambres à gaz". Depuis 1974, ce débat est peu à peu devenu public en Europe occidentale et dans tout le monde anglo-saxon (y compris, tout récemment, en Australie!). La presse française ne peut plus l'ignorer, sous peine de pratiquer une forme de censure.

Ce débat est déjà riche d'enseignements. Un lecteur attentif du Monde aura beaucoup appris de la seule lecture de son [97] journal le 21 février 1979, où toute une page est exclusivement consacrée à un exposé des thèses de l'histoire officielle. Pour commencer, le lecteur aura appris que, dans certains camps, on présente "aux pèlerins ou aux touristes" de fausses "chambres à gaz" (il est seulement dommage qu'on ne lui nomme pas ces camps). Puis, il aura appris que le chiffre de trois millions de morts pour Auschwitz est "certainement exagéré", ce qui le surprendra s'il se rappelle que le chiffre officiel est de quatre millions. Il aura constaté que, là où les archives allemandes sont déclarées "muettes" (1), on tend à les interpréter. Il aura vu que, là où les documents du IIIe Reich sont "apparemment anodins", on les interprète au point, par exemple, de dire que "traiter en conséquence" signifie... "gazer". Il aura noté que les ordres d'Himmler, soit de construire, soit de détruire les "chambres à gaz" ne font l'objet d'aucune précision; c'est qu'en fait de tels ordres n'ont apparemment jamais existé. Il aura appris que le "document" de l'ingénieur SS Gerstein est jugé "indiscutable", non pas dans sa totalité mais seulement "sur l'essentiel". Avec un peu d'attention encore, il aura remarqué que, dans ce qu'on veut bien lui citer de ce document, il est question de 700 à 800 personnes dans une "chambre à gaz" de 25 m2 de surface et d'une hauteur de 1,80 m: ce qui donne de 28 à 32 personnes debout dans un espace d'un mètre sur un mètre! Dans la liste des trente-quatre historiens, il aura peut-être remarqué qu'il ne figure qu'un seul spécialiste de l'histoire des camps. Dans la liste bibliographique, il aura deux fois rencontré le nom d'Olga Wormser-Migot pour des ouvrages secondaires mais non pour sa thèse, sans doute jugée dangereuse; et il n'aura trouvé aucun livre ni aucun article consacré aux "chambres à gaz" pour la bonne raison qu'il n'en existe, du côté officiel, ni en français, ni en aucune langue étrangère (attention, ici, à certains titres trompeurs!).

Au lecteur du Monde on parle d'un exposé sur "la solution finale du problème juif" en date du 20 janvier 1942. On se demande vraiment pourquoi le texte de cet exposé n'est pas [98] appelé, comme on le fait d'habitude, par son nom de "Protocole de Wannsee". Je note que, depuis quelque temps, on semble s'être aperçu que cet étrange procès-verbal (car le mot de "Protocole" est un faux sens) est plein de bizarreries et qu'il est dénué de toute garantie d'authenticité. Il a été dactylographié sur du papier ordinaire, sans indication de lieu ni de date de rédaction, sans indication de provenance, sans en-tête officiel, sans référence, sans signature. Cela dit, je pense que la réunion du 20 janvier 1942 a bien eu lieu et qu'elle concernait "la solution, enfin, du problème juif", c'est-à-dire que, leur émigration vers Madagascar étant rendue impossible par la guerre, on décidait le refoulement des populations juives vers l'Est européen.

Quiconque fonde quelque accusation que ce soit sur le "document" Gerstein (PS-1553) fait, par là même, la preuve de son incapacité à trouver un argument solide en faveur de l'existence des "chambres à gaz". Même le Tribunal militaire international de Nuremberg n'avait pas voulu exploiter ce texte sorti de ses archives. D'autres tribunaux, il est vrai, s'en sont contentés. La confession de R. Hoess n'a pas plus de valeur. Je ne reviendrai pas sur cet "aveu" rédigé sous la surveillance de ses geôliers polonais et staliniens. Le moindre effort d'analyse en montre le caractère fabriqué, je renvoie là-dessus aux ouvrages de Paul Rassinier et, en particulier, à son étude sur Le Procès Eichmann. Quant au Journal de Kremer écrit pendant la guerre, il est authentique, mais on en sollicite abusivement quelques passages ou bien l'on en déforme le texte pour nous faire croire que Kremer parle des horreurs des "chambres à gaz" là où, en réalité, il décrit les horreurs d'une épidémie de typhus. Après la guerre, Kremer a, bien entendu, avoué ce qu'on voulait lui faire avouer selon tous les stéréotyes des spécialistes de l'aveu. On me reproche d'avoir caché ce point. Je ne l'ai pas caché. J'ai expressément mentionné l'existence de ces "aveux". Je n'en ai pas analysé le texte tout simplement parce qu'on s'était heureusement abstenu de me le présenter comme une preuve de l'existence de "chambres à gaz" à Auschwitz! Quand Kremer parle de trois femmes fusillées, je veux bien l'en croire. Il pouvait arriver, je pensee qu'un convoi de 1710 personnes comprenne trois personnes à fusiller sur place, à Auschwitz. Mais quand Kremer, après la


 

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