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SIONISME, REVISIONNISME

ET DEMOCRATIE

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LA VIEILLE TAUPE

Organe de critique et d'orientation postmessianique

 

B.P. 98, 75224 PARIS cedex 05

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SAMIZDAT


 1.-- Le monde au bout de son rouleau | 2. -- La démocratie totalitaire | 3. -- Le règne du mensonge | 4. -- Le Révisionnisme | 5. -- On étrangle au coin des lois | 6. -- Le sens de l'histoire | 7. -- La question juive | 8.-- Le conflit israélo-arabe | 9. -- L'orage approche |

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1.-- Le monde au bout de son rouleau


Le spectacle de cette étrange fin du vingtième siècle ressemble au dernier acte d'une tragédie. Les hommes se multiplient comme des lapins, un capitalisme sauvage détruit la terre et des catastrophes écologiques se profilent à l'horizon. Une frénésie universelle de gagner de l'argent tient lieu d'idéal. La nature humaine, ce mélange d'égoisme et de rapacité, s'épanouit dans la civilisation marchande comme des tomates dans une serre. La poursuite du profit a balayé les vieilleries de la religion, des coutumes et des traditions. Toutes les grandes villes se ressemblent. De New-York à Singapour, en passant par Francfort, ce sont des buildings hideux habités par des zombies qui se nourrissent d'aliments surgelés, regardent les mêmes feuilletons télévisés et écoutent la même musique préfabriquée. Quant aux politiques, ils débitent le même discours d'un bout à l'autre de la planète, trois cent soixante-cinq jours par an: "Libertés... progrès... démocratie... croissance... droits de l'homme".

Nous vivons une époque formidable.

L'Union Soviétique s'est démembrée, le tiers-monde s'enfonce dans la misère, et de nouvelles puissances économiques émergent en Asie. L'Allemagne est réunifiée, la Yougoslavie a éclaté, tout change avec une rapidité kaléidoscopique. Nul ne sait ce qui arrivera dans un an ou dans un mois, mais une chose est sûre: ça sent le roussi. Bien entendu, il y a des gens qui trouvent que tout va bien, que nous sommes au seuil d'une ère nouvelle, que les problèmes actuels se posaient déjà dans le passé et que cela n'a pas empêché la glorieuse ascension de l'humanité. Le sida? La peste était pire; les embouteillages? Il y en avait à Rome sous Auguste; la pollution? Il suffit d'y mettre le prix pour la neutraliser; la bombe H? On ne l'utilisera pas. Ces personnes pratiquent la politique de l'autruche et leur optimisme est une forme de lâcheté. En un mot comme en cent, l'homme est le cancer de la terre: voilà la vérité.


2.--La démocratie totalitaire


La victoire de l'économie de marché a entraîné celle de la démocratie. Lorsque le consommateur est roi, le citoyen l'est également. Le laissez-faire en économie implique la liberté en politique, c'est-à-dire les élections. Le bulletin de vote équivaut au billet de banque. Aujourd'hui, tous les grands pays sont démocratiques, ou en passe de le devenir. Le résultat s'étale sous nos yeux: la démagogie, la vulgarité et le mauvais goût recouvrent le monde d'une chape de plomb.

L'hypertrophie cancéreuse de l'Etat est un phénomène majeur de notre temps. Autrefois, l'Etat était au service de la classe dominante. Aujourd'hui, c'est toute la société qui est au service de l'Etat. Celui-ci emploie, directement ou indirectement, un quart de la population active, et le contribuable, ce serf taillable et corvéable, travaille trois mois par an, au moins, pour entretenir une bureaucratie qui réglemente la vie quotidienne dans ses moindres détails. On a coutume d'opposer la démocratie -- "l'Etat de droit" comme on dit aujourd'hui -- aux régimes totalitaires, et une littérature de pacotille nous vante sur tous les tons les mérites du gouvernement représentatif. Autant en emporte le vent. Jamais l'individu n'a été aussi asservi que dans les pays démocratiques. Nous avons la liberté de choisir notre marque de voiture ou de voter pour tel ou tel guignol, mais nous sommes fichés du berceau au tombeau par les spécialistes du marketing commercial et politique et par la police de la pensée. Le principe des ordinateurs communicants permet à l'Etat moderne d'exercer un contrôle absolu sur "sa" population. L'administration française est plus tyrannique, car plus efficace, que celle de Staline ou Ceaucescu. L'inquisition fiscale, les vérifications d'identité, les brutalités policières sont entrées dans les moeurs. En Belgique, les écoutes téléphoniques ont été autorisées par une loi portant le nom de "lois sur la protection de la vie privée". A. Huxley ou G. Orwell sont dépassés. Celui qui avait le mieux prévu l'avènement de la dictature démocratique est Bernanos, le dernier prophète*.

La démocratie est devenue une religion. En dehors d'elle, pas de salut. Ses principes et ses valeurs sont sacrés, au-dessus de toute discussion, et l'intolérance qu'elle secrète ne le cède en rien à celle de l'Eglise triomphante. Chaque fois qu'un groupe, un mouvement ou un parti contestant l'ordre établi prend de l'importance, on l'interdit au nom du principe "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté". Les anarchistes, les communistes, l'extrême droite, les islamistes en ont fait l'expérience. "Assomme" dit le pouvoir, et les tribunaux frappent. A présent, c'est au tour des révisionnistes de connaître le même sort, bien que l'on voie mal en quoi le fait de nier l'existence des chambres à gaz dans les camps, il y a cinquante ans, constituerait une menace pour la liberté.

Remarquons que nos idéologues préfèrent parler de "la" liberté plutôt que "des" libertés. La première est un mot, une abstraction; les secondes sont des réalités tangibles. Or celles-ci sont toutes relatives. La liberté d'expression, inscrite dans la déclaration des droits de l'homme, n'existe plus depuis le vote de lois anti-révisionnistes dans la plupart des pays européens. Désormais, vous ne pouvez plus remettre en question l'histoire officielle de la seconde guerre mondiale, sous peine de prison. La police veille sur la vérité. Les manifestations sont soumises à autorisation et un bourgmestre peut interdire un défilé s'il estime qu'il menace l'ordre public. Un meeting, une réunion -- même privée -- , un rassemblement peuvent être interdits sous le même prétexte. Le droit d'asile n'existe plus dans "l'espace judiciaire européen". En principe la police n'a pas le droit de pénétrer chez vous pendant la nuit. Les gauchistes d'antan qui ont essayé d'empêcher la gendarmerie d'enfoncer leur porte à deux heures du matin en savent quelque chose. Un signe ne trompe pas: dans nos belles démocraties, les forces de l'ordre -- toutes polices confondues: police judiciaire, gendarmerie, polices communales,... -- dépassent, par leur budget, leurs moyens et leurs effectifs, celles des anciens pays communistes. Faut-il s'en étonner? Elles sont là pour protéger la liberté.

L'érosion des libertés fondamentales est un processus irréversible, lié au renforcement de l'Etat, et dont la responsabilité incombe, en dernier ressort, aux citoyens. Si chaque violation de domicile, chaque perquisition illégale, chaque "bavure" policière déclenchait un tollé général, le pouvoir devrait faire marche arrière. Or ce n'est pas le cas. De même qu'un gaz occupe tout l'espace disponible, le pouvoir, en démocratie comme ailleurs, a tendance à s'étendre sans limite. Il ne s'arrête que lorsqu'il rencontre des résistances.

L'écroulement du communisme a fourni à nos intellectuels un sujet de conversation apparemment inépuisable. Russes, Polonais et autres paysans du Danube allaient, nous promettaient-ils dans un premier temps, entrer au paradis démocratique après une période d'apprentissage plus ou moins longue. Car, attention, la démocratie se mérite! Or, premièrement, ce n'est pas l'amour de la liberté qui a abattu le mur de Berlin, mais l'amour des biens de consommation. Les peuples de l'Europe centrale et orientale perçoivent l'Occident comme un vaste supermarché. Deuxièmement, quand on dit qu'un peuple est mûr pour la démocratie, qu'entend-t-on par là? Très exactement qu'il est amorphe. Quand les masses ont renoncé à se mêler de leurs affaires, quand elles ne pensent plus qu'à consommer, elles remettent leur sort entre les mains de bonimenteurs professionnels et la démocratie est le règne du politicien. La démission des citoyens est une condition indispensable au fonctionnement d'une démocratie. Si les gens voulaient effectivement participer à la gestion de la chose publique, s'ils intervenaient à tout moment dans les affaires qui les concernent, les rouages de l'Etat se gripperaient. Du pain et des jeux: voilà la démocratie.

Toutes les sociétés sont en forme de pyramides, et la courbe des inégalités est la même aux USA et à Babylone avant Jésus-Christ. Il y a toujours eu des riches et des pauvres, et la démocratie ne fait pas exception à la règle. Certes, en démocratie, tous les citoyens sont égaux devant la loi, laquelle interdit aux pauvres comme aux riches de voler du pain, et autorise l'ouvrier comme le millionnaire à fonder un journal. D'autre part, la démocratie directe est impossible dès que l'on dépasse le cadre du village. Tous les régimes sont oligarchiques, et là encore, la démocratie n'a rien changé. Elle n'est qu'un mode particulier de sélection de la caste dirigeante. Les urnes ont remplacé la Sainte Ampoule, et les parlements ont hérité du droit divin des monarques. Comme disait l'autre: "En démocratie, tu votes... puis tu obéis. En dictature, tu ne perds pas ton temps à voter!" Vox populi, vox dei? Quand on considère l'insondable sottise de l'homme de la rue, on se demande si la dictature de la majorité sur la minorité représente un bien. Un individu peut avoir raison contre l'univers entier, et l'opinion publique n'est qu'un magma de réflexes primaires, de peurs irrationnelles et d'obscurantisme manipulés par les médiats. La bêtise est au pouvoir. Mais quand il s'agit de choses importantes pour le système, le gouvernement ne demande pas l'avis des électeurs. Les guerres sont déclarées d'autorité, sans consultation préalable, et la diplomatie secrète, l'activité des services d'espionnage ainsi que les opérations clandestines de toute nature continuent en temps de paix. Comme l'a dit fort justement un ministre de l'intérieur français: "La démocratie s'arrête là où commence la raison d'Etat". Autrefois, un général pouvait entrer au service d'un monarque étranger, et personne n'y trouvait à redire. Les Etats modernes n'admettent plus ce genre de fantaisie. Quand un Etat démocratique entre en guerre, ses ressortissants n'ont pas le choix de leur camp, ni même la possibilité de rester neutre. La première chose que fait un Etat démocratique quand la guerre est dans l'air? Coffrer les pacifistes! Durant la première et la seconde guerres mondiales, la mobilisation totale, l'embrigadement des consciences, le bourrage des crânes ne le cédait en rien dans les soi-disant démocraties.


3.--Le règne du mensonge


Tous les beaux discours sur les droits de l'homme, qu'on nous sert à jet continu, ne sont que de la poudre aux yeux. Hier l'Iran du Shah, l'Irak de Saddam Hussein, l'Argentine, le Chili, le Zaire, l'Algérie, aujourd'hui la Turquie, l'Arabie Saoudite, le Maroc. Ces régimes amis étaient, ou sont encore, comme chacun le sait, des modèles en matière de respect du droit des minorités et du droit de la personne. L'empire occidental n'est pas très regardant sur la conduite de ses alliés lorsque ses intérêts sont en jeu.

L'avènement de la démocratie a inauguré une ère d'hypocrisie sans précédent. Car les démocraties, qui sont aussi agressives que n'importe quel régime, ne cessent d'invoquer la morale et les droits de l'homme pour couvrir leurs agissements. Lorsque Louis XIV mettait l'Europe à feu et à sang, il ne posait pas au "libérateur". Depuis la révolution de 1789, tout cela a changé. Auparavant les guerres étaient faites par des professionnels, et les rois n'avaient pas à se justifier devant une opinion publique qui n'existait pas encore. L'une des conquêtes de la démocratie est d'envoyer tout le monde au casse-pipe, d'où la nécessité de persuader la piétaille qu'elle se bat pour la bonne cause. L'adversaire ne peut être que Satan en personne. Pendant la première guerre mondiale, les services de propagande alliés ont fait courir le bruit que les Allemands tranchaient les mains des enfants belges et transformaient les cadavres en engrais, ou même en savon! Ces "informations" ont été reprises par les journaux. De là date l'expression "bourrage de crâne". Cela a pris parce que le public est avide d'horreurs. Dès 1920-1925, tout le monde a finalement reconnu que ces allégations avaient été forgées. Entre-temps, sous la pression de la France, les vainqueurs avaient imposé à l'Allemagne l'inique traité de Versailles. Ils traitèrent les perdants comme les seuls et uniques responsables du conflit, dépecèrent l'Empire austro-hongrois, et humilièrent l'Allemagne par tous les moyens possibles. La France, la Belgique et l'Angleterre s'approprièrent ses colonies, son territoire fut coupé en deux, elle perdit une partie de son sol au profit de la Pologne, de la Tchécoslovaquie et de la Belgique. Elle fut seule et unilatéralement désarmée. Enfin, elle fut condamnée à payer les pots cassés de la guerre: "Les Boches paieront". John M. Keynes, le numéro trois de la délégation britannique -- l'un des esprits les plus lucides de ce siècle -- démissionna en disant: "Si vous imposez ces conditions scandaleuses à l'Allemagne, vous provoquerez la ruine économique de l'Europe centrale et une nouvelle guerre dans vingt ans".

"Les démocraties sont bonnes filles; elles ont l'habitude de capituler devant les dictatures". Nos chiens de garde ressassent ces formules et stigmatisent au passage "l'esprit de Munich", ce qui leur permet d'embrayer sur la nécessité d'écrabouiller tel ou tel pays -- arabe pour le moment -- qui porte ombrage à l'establishment mondial. En fait, les démocraties ne sont nullement des régimes faibles, bien au contraire. Quant à la seconde guerre mondiale, ce n'est pas Hitler qui a commencé. Les revendications de Hitler concernant les Sudètes et la ville de Dantzig étaient parfaitement légitimes. La seconde guerre mondiale, qui aurait pu être évitée, a d'ailleurs offert aux démocraties de belles occasions de manifester leur caractère pacifique. En août 1945, les Américains lâchèrent deux bombes atomiques sur le Japon. On a toujours dit qu'ils l'avaient fait pour abréger le conflit. Or, on sait à présent avec une certitude absolue que les Japonais avaient offert de capituler un mois auparavant. On sait aussi pourquoi les Américains ont fait la sourde oreille: d'une part leurs stratèges voulaient essayer leurs bombes sur de vraies villes ("Quelle belle expérience!") et, d'autre part, il s'agissait de faire comprendre à Staline que la guerre était finie et qu'il devait arrêter la progression des armées soviétiques en Asie. Au début de la même année, l'aviation anglaise avait rasé Dresde à l'aide de bombes incendiaires. Deux cent mille personnes (autant qu'à Hiroshima et Nagasaki) furent brûlées vives en l'espace d'une nuit. Une dernière vague d'assaut s'acharna sur les sauveteurs dans une ville en feu. Or la guerre en Europe était pratiquement terminée, la ville ne comptait aucune industrie ni aucune installation stratégique, et elle abritait des centaines de milliers de réfugiés qui fuyaient devant l'Armée Rouge. Dresde était l'une des plus belles villes d'art du monde. Les Anglais savaient tout cela. Ils savaient également que les bombardements massifs avaient peu d'effet sur les capacités militaires de la Wehrmacht.

En 1980, l'Irak, soutenu par l'URSS et les Occidentaux, attaquait l'Iran. La révolution islamique empêchait le monde de dormir, et l'imam Khomeiny était le "nouvel Hitler". L'ONU, ce temple du droit international, refusa de désigner l'agresseur, se bornant, après avoir longtemps traîné les pieds, à prier les belligérants d'arrêter les hostilités. La France, principal fournisseur d'armes de l'Irak, s'était opposée à une condamnation de son client. Cinq ans plus tard, les Irakiens utilisèrent des armes chimiques contre l'Iran, en violation de toutes les conventions internationales. L'ONU resta silencieuse. Finalement, les Occidentaux intervinrent militairement au coté de l'Irak, et la guerre se termina par un match nul. En 1990, notre ami Saddam occupa le Koweit, ce joyau de la démocratie mondiale. Il était tombé dans un piège tendu par les Etats-Unis, qui lui avaient laissé entendre qu'une annexion du Koweit ne les gênerait pas. Hélas pour lui, l'imam Khomeiny était mort, et c'était le tour de l'Irak d'inquiéter les Occidentaux. Le pays était devenu trop puissant, il menaçait la stabilité de l'Arabie Saoudite, principal allié, gardien du trésor pétrolier et banquier des USA dans la région, et surtout, il disposait de fusées capables d'atteindre Israel. Du coup, les Occidentaux découvrirent que le régime irakien était monstrueux, que les droits de l'homme y était bafoués, et que Saddam Hussein était le tout nouvel Hitler. En un clin d'oeil, l'ONU vota toutes les résolutions nécessaires pour utiliser la Force, toutes plus humanitaires et démocratiques les unes que les autres, et ce qu'on a appelé "la guerre du Golfe" éclata -- à vrai dire, la destruction planifiée et préméditée de l'Irak par l'aviation américaine et les supplétifs franco-britanniques.

A quoi bon multiplier les exemples? En cette fin de siècle la démocratie incarne le Bien, le Droit et la Justice. Ses adversaires sont les suppôts de l'enfer. Les agressions auxquelles se livre la démocratie sont des croisades pour la liberté. L'idéologie dominante se limite aujourd'hui à l'exaltation de la démocratie. Et cette civilisation de termites, qui est d'ailleurs en train de sombrer, secrète un discours qui est l'image inversée de la réalité. L'intelligentzia, la caste politique et la racaille médiatique rivalisent de servilité devant les nouveaux maîtres. Le silence éloquent des intellectuels lors des multiples affaires révisionnistes, leur promptitude à voler au secours du vainqueur, leur habileté à se placer dans les courants ascendants, leur courtisanerie les ont mis plus bas que les larbins de Staline.

Terminons par une observation que chacun a pu faire d'innombrable fois au sujet de la fameuse "transparence démocratique". On dit toujours que les dictatures cachent leurs catastrophes. Ce qui est vrai. Et les démocraties, alors ? Chaque fois que se produit un incident nucléaire, les pouvoirs publics (et privés) se liguent pour le cacher.


4.--Le révisionnisme


Les révisionnistes contestent l'histoire généralement admise de la seconde guerre mondiale, telle qu'elle nous est infligée par les médiats. En particulier, ils ne croient ni à l'existence de chambres à gaz dans les camps de concentration, ni à une extermination systématique, planifiée ou improvisée des Juifs. Selon les historiens révisionnistes, les Allemands ont commis des massacres de juifs, mais ils n'ont jamais exterminé les Juifs dans des abattoirs industriels, ni à Auschwitz, ni à Treblinka, ni ailleurs. Et la thèse selon laquelle six millions de Juifs ont péri par les gaz, ou autrement, est un mythe. Toujours d'après ces historiens, le nombre de victimes juives, qui pourrait être établi avec précision, est beaucoup moins élevé, et la présence de chambres à gaz dans les camps est une rumeur de guerre complaisamment avalisée au procès de Nuremberg.

Inutile de rappeler ici les arguments des révisionnistes. Il est légalement interdit de les diffuser publiquement par voie de presse ou dans des publications, mais, hélas pour leurs adversaires, ils sont convaincants, et ils sont pour le moment sans réplique autre que la censure, les historiens officiels s'étant contentés de reconduire contre les révisionnistes un anathème religieux sans répondre réellement à leurs arguments.

Demandons-nous cependant pourquoi les thèses révisionnistes suscitent une telle haine -- car le moins que l'on puisse dire, c'est que le sujet est sensible. Pourquoi la déportation des Juifs a-t-elle donné naissance au culte de la "shoah"? Pourquoi ces cérémonies officielles permanentes, ces émissions de télé permanentes, ces films, ces allusions continuelles, dans les médiats, ces livres redondants et ces commémorations? La réponse la plus courante, celle que l'on obtient quand on interroge une personne non prévenue et de bonne foi, c'est que les juifs ont été victimes du plus grand crime collectif de l'histoire, et que cela mérite, ou en tout cas explique, une expiation permanente. De plus il faudrait constamment rappeler "ce qui s'est passé" afin d'éviter que cela ne se renouvelle. Dans cette optique, ceux qui nient le génocide sont des cryptonazis qui essaient de blanchir Hitler. Cette réponse est insuffisante car des atrocités dont l'ampleur dépasse celles dont il est question ici, ont été tranquillement oubliées, la traite des noirs par exemple, ou les massacres qui ont accompagné la colonisation de l'Afrique, ou l'extermination des indigènes qui résulta de la colonisation de l'Amérique. Et, plus près de nous, la longue liste des crimes commis pour l'Humanité par les alliés. Les révisionnistes sont plus près de la vérité quand ils expliquent que l'acharnement avec lequel on les poursuit provient du fait qu'ils ont mis le doigt sur les mensonges que les Alliés ont forgés afin de légitimer la seconde guerre mondiale et l'ordre qui en est résulté. Ainsi le mythe des chambres à gaz servirait de clef de voûte au monde moderne: il justifie la destruction de l'Allemagne, les crimes commis par les vainqueurs (tout est permis pour vaincre le diable), le découpage des frontières de l'Europe (l'Allemagne a perdu un cinquième de son territoire, douze millions de ses ressortissants ont été chassés de chez eux, deux millions aux moins ont été massacrés, la Russie s'est agrandie de territoires allemands et la Pologne s'est déplacée de deux cent kilomètres vers l'ouest). Ce mythe justifie enfin la fondation de l'Etat d'Israel par "les survivants de la shoah"1. Tout cela devrait donner à réfléchir et mériterait d'être discuté, mais la loi ne le permet pas. Mais tout cela serait-il vrai, l'argumentation révisionniste ne contient pas toute la vérité. Certes l'homme de la rue est maintenant persuadé que les juifs ont frôlé l'anéantissement, et s'indigne lorsqu'on émet des doutes sur ce point. Certes l'antisémitisme est devenu un péché mortel. Certes les Israéliens peuvent tout se permettre. Nier "la shoah" s'apparente à un sacrilège. Et pourtant un résidu obscur subsiste. L'explication des révisionnistes est trop rationnelle. Pourquoi la légende d'une extermination des juifs a-t-elle si bien pris? Alors que tout un chacun peut constater, à tout le moins, que si les Juifs ont frôlé l'anéantissement -- et resterait à établir les modalités exactes de ce frôlement -- ils n'ont cependant pas été exterminés, au sens de ce mot tel qu'il est défini dans le dictionnaire. Pourquoi cette "extermination" est-elle devenue le centre de l'idéologie occidentale? La propagande n'explique pas tout. Un mythe ne se crée pas sur commande.

Commençons par le commencement. Pourquoi cette histoire de chambre à gaz a-t-elle pris une telle importance? Contrairement à ce qu'affirme M.Faurisson, qui est généralement mieux inspiré, la preuve de l'inexistence des chambres à gaz n'impliquerait pas que les "exterminationnistes" aient tort. Les Juifs étaient la bête noire de Hitler, et les nazis auraient pu nourrir l'intention de les anéantir sans recourir au gaz. Inversement, même si l'on découvrait quelque chambre à gaz dans quelque camp de concentration, cela ne prouverait pas qu'elle était destinée à tuer tous les juifs que les Allemands raflaient en Europe. Il n'y a pas de lien logique nécessaire entre le génocide et la chambre à gaz. Les deux problèmes sont disjoints, et normalement, la question des chambres à gaz aurait du être traitée comme un point particulier d'importance secondaire -- un détail. (Il y aurait même lieu de se poser la question de savoir si le texte de la loi Gayssot, interprété strictement, comme il devrait être de règle pour la loi pénale, interdit réellement de discuter l'existence de telle ou telle chambre, ou même des chambres à gaz en général. La loi interdit de nier le crime contre l'humanité, elle n'interdit pas de discuter l'instrument et les modalités du crime, d'autant plus que le jugement de Nuremberg n'évoque les chambres à gaz que de façon cursive et allusive sans donner la moindre précision ni la moindre localisation). Mais c'est tout le contraire qui est arrivé. Au lieu de dire: "Ce qui compte, c'est que les nazis ont anéanti des millions de juifs, et peu importe comment ils s'y sont pris", les pontifes de l'Holocauste se sont butés sur la chambre à gaz. Ils se sont enfermés dans un piège, fabriquant ainsi une machine infernale qui, tôt ou tard, leur explosera à la figure. Pouvaient-ils faire autrement? Non. Quand les révisionnistes ont commencé à faire parler d'eux, il y a une vingtaine d'années, il était déjà trop tard. La chambre à gaz était déjà devenue le symbole de l'Holocauste. Elle avait cristallisé en elle une telle communion émotive qu'une marche arrière n'était plus possible. On a donc bétonné, et on continue à le faire, à coup d'intimidations, de procès, d'agressions, de lois d'exception et de surenchère médiatique. Un jour cet immense barrage s'effondrera sur ceux qui l'ont construit. Mais la mobilisation forcenée contre les révisionnistes conduit à un dévoilement sans précédent du fait communautaire judaique, et les méthodes employées conduisent à s'interroger sur la véritable fonction et la véritable nature de ce lien social, auparavant largement insoupçonné.

L'histoire montre qu'une situation anormale peut durer très longtemps. Elle ne dure jamais éternellement. "Chassez le naturel, il revient au galop." Tôt ou tard la vérité finit par sortir du puits. L'idéologie s'aligne sur la réalité, et l'équilibre se rétablit. La décolonisation, la fin du "communisme", la réunification allemande comme la désunification yougoslave illustrent cette loi. La croyance aux chambres à gaz est tellement absurde, et le mythe d'une extermination des juifs tellement contraire à la vérité, qu'ils sont appelés à disparaître. Mais comme la civilisation occidentale repose sur cette croyance et sur ce mythe, qui sont aux démocraties ce qu'était la religion à l'ancien régime, la diffusion du révisionnisme entraînera des glissements de terrain spectaculaires. La classe politique l'a compris. Sentant déjà le sol se dérober sous ses pas, elle se raccroche à toutes les branches, d'où ce tam-tam permanent autour de l'holocauste, ces procès à grand spectacle où des octogénaires sont traînés devant des cours d'assises pour répondre de "crime contre l'humanité" à la définition élastique et interchangeable, pour des faits commis il y a un demi-siècle. D'où ces pèlerinages à la maison d'Anne Frank, à la maison des enfants d'Izieu, à la comique chambre à gaz du Struthof, et tout le reste.

Au procès de Nuremberg, les juges ont voilé le mode de fonctionnement des chambres à gaz dans un flou artistique. Les historiens qui ont suivi n'ont pas cherché à en savoir plus. Sous la pression des révisionnistes, ils ont été obligés de descendre au niveau des faits, de fournir des preuves, de discuter des chiffres, d'entrer dans des questions techniques. C'est le commencement de la fin. M. Faurisson n'a légalement plus le droit d'écrire publiquement ce qu'il a encore le droit de penser (voir le texte de la loi: "par un des moyens énoncés à l'article 23") mais on a le droit d'écrire: "Toute censure est un aveu. On ne bâillonne que la bouche qui dit la vérité" (Pierre Gripari).

Supposons un instant que l'inverse soit vrai, M.Faurisson est un falsificateur de l'histoire. C'est un savant fou. Les révisionnistes exploitent des contradictions mineures entre les témoignages, les montent en épingle, et essaient de semer le doute sur le plus effroyable génocide de tous les temps. Mus par un antisémitisme viscéral, ils nient le soleil à midi. Les déportés ont rapporté ce qu'ils ont vu. Les Allemands ont avoué. Que voulez-vous de plus? Fort bien... Mais alors, pourquoi interdire aux révisionnistes de parler? S'ils ont tort, il suffirait de les laisser s'exprimer pour que l'absurdité de leurs thèses éclate aux yeux de tous. "Sans doute, disent les nouveaux censeurs, mais leurs théories, aussi délirantes soient-elles, risquent de convaincre des personnes insuffisamment éclairées et informées, et de réveiller l'anti-sémitisme". Ici, les défenseurs de l'ordre montrent le bout de l'oreille: "Les thèses révisionnistes sont évidemment absurdes, mais l'évidence de leur absurdité risque d'échapper au public." Ce qui, évidemment, démontre que l'absurdité des thèses révisionnistes n'est pas évidente mais rend évidemment évidente l'absurdité de la thèse des censeurs. Ils manifestent ainsi qu'ils ne sont pas si sûrs que cela d'avoir raison. Si leur foi en la réalité du génocide et des chambres à gaz était ferme, ils n'exigeraient pas de loi antirévisionniste dogmatique. Enfin, ces démocrates avouent ingénument le peu de cas qu'ils font du principal postulat de la démocratie: la rationalité (au moins globale) du citoyen. Le fondement de la démocratie repose en effet sur l'hypothèse selon laquelle les citoyens sont, dans leur ensemble, majeurs, raisonnables, et capables de discernement. Tout cela ne présente peut-être qu'un lointain rapport avec la réalité, mais la démocratie repose sur cette hypothèse. Or ce sont les démocrates eux-mêmes qui, en prétendant censurer et emprisonner les révisionnistes, prouvent par là qu'ils ne font pas confiance en leur propre système. Tant que le bon peuple regarde les jeux télévisés et se passionne pour la politique intérieure et les matchs de football, tout va bien: vive la liberté! Mais qu'une théorie dangereuse pour la classe dominante fasse son apparition..., les masques tombent: on ne laisse pas les enfants jouer avec des allumettes.


5.--On étrangle au coin des lois


D'abord le révisionnisme, puis le "révisionnisme", ensuite le négationnisme, et maintenant le "négationnisme". "Inventer des mots nouveaux serait, selon madame de Stael, le "symptôme le plus sûr de la stérilité des idées" " (Cioran. Aveux et Anathèmes p. 15) On change d'étiquette, et l'on met des guillemets qui servent de pincettes, pour des gens que l'on ne cite jamais exactement dans le texte, et à qui l'on ne donne jamais la possibilité de répondre à leur mise en cause. Toute la presse s'est donné le mot. Quand on ne peut pas faire autre chose que les nommer, on qualifie les révisionnistes de "petite bande abjecte", de "rebuts de l'humanité", d'"excréments", ou de "lèpre". Cela rappelle les vipères lubriques et les araignées syphilitiques qui désignaient les trotskistes et autres opposants politiques. Le révisionnisme est une hérésie. Autrefois les bûchers, aujourd'hui la prison.

Dix ans de prison en Autriche, cinq en Allemagne, un an en France: c'est le tarif pour les révisionnistes. (Ne parlons pas des amendes). Après quelques pudeurs, la Suisse, l'Italie, la Belgique ont suivi. Des lois antirévisionnistes ont été promulguées. Le Canada, où ils ont subi le cuisant échec du procès Zundel, est le prochain objectif des censeurs, ainsi que les Etats-Unis. En Europe, les procès sous le régime de ces lois scélérates se multiplient, et les peines de prison ferme ont commencé à tomber. Plus aucun journal, plus aucune radio ne parle de ces procès. La conspiration du silence est au point. On étrangle au coin des lois.

Le révisionnisme concerne la liberté d'expression, la recherche historique, la question juive, le libre examen et la valeur du témoignage en histoire. Il s'ensuit que tous les auteurs qui par le passé se sont occupés de ces questions, ont dit des choses qui s'appliquent à notre sujet. On pourrait multiplier les citations. En voici trois.

 

 "Pour se reconnaître dans toute cette affaire, il fallait, à l'origine, quelque application et une certaine méthode critique, avec le loisir de l'exercer. Aussi voit-on que la lumière s'est faite d'abord chez ceux qui, par la qualité de leur esprit et la nature de leurs travaux, étaient plus aptes que d'autres à se débrouiller dans des recherches difficiles. Il ne fallut plus ensuite que du bon sens et de l'attention. Le sens commun suffit aujourd'hui.

Si la foule a longtemps résisté à la vérité pressante, c'est ce dont il ne faut pas s'étonner: on ne doit s'étonner de rien. Il y a des raisons à tout. C'est à nous de les découvrir. Dans le cas présent, il n'est pas besoin de beaucoup de réflexion pour savoir que le public a été trompé autant qu'on peut l'être, et que l'on a abusé de sa crédulité touchante. La presse a beaucoup aidé au succès du mensonge. Le gros des journaux s'étant porté au secours des faussaires, les feuilles ont publié surtout des pièces fausses ou falsifiées, des injures et des mensonges. Mais il faut reconnaître que, le plus souvent, c'était pour contenter le public et répondre aux sentiments intimes du lecteur. Et il est certain que la résistance à la vérité vint de l'instinct populaire."

Anatole France, Monsieur Bergeret à Paris.


 "D'innombrables faits prouvent la complète défiance qu'il faut avoir du témoignage des foules. {...} Les événements les plus douteux sont certainement ceux qui ont été observés par le plus grand nombre de personnes. Dire qu'un fait a été constaté par des milliers de témoins, c'est dire que le fait réel est en général fort différent du récit adopté.

Il découle clairement de ce qui précède que l'on doit considérer les livres d'histoire comme des ouvrages d'imagination pure. Ce sont des récits fantaisistes de faits mal observés, accompagnés d'explications forgées après coup".

 

Gustave Le Bon, Psychologie des foules, Paris 1895.

 "Avant qu'une théorie puisse être tenue pour juste, il est virtuellement indispensable qu'on soit parfaitement libre de la réfuter. Toute limitation, même indirecte ou lointaine, imposée à quiconque cherche à la contredire suffit à la rendre suspecte. La liberté d'exprimer sa pensée, même contre l'opinion de la majorité ou de tous, même si elle offense les sentiments de quelques-uns ou du plus grand nombre, même si elle est généralement réputée absurde ou criminelle, est toujours favorable à la découverte de la vérité objective."

Vilfredo Pareto, Traité de sociologie générale, Paris 1917-1919.

Et maintenant, une quatrième citation, qui a l'avantage d'être courte:


 "L'histoire doit, pour être fidèle, marcher dans le mépris des lois."

Jules Michelet, Histoire de France, tome 2, Paris, s.d., p. 250.

 

6.--Le sens de l'histoire


Comme tout est étrange dans cette affaire: Le poids grandissant des Juifs dans la société contemporaine, la fascination qu'ils exercent sur les intellectuels, le mythe de la Shoah devenant, pour ainsi dire, la religion de la démocratie, son arôme spirituel. En France, l'affaire Dreyfus fut une espèce de répétition générale, avec des rôles inversés, et sur une échelle réduite. L'innocence de Dreyfus impliquait la culpabilité de l'Etat-major, et celle des institutions qui le soutenaient: l'Etat, le gouvernement, l'Eglise, les conservateurs, la droite. Les révisionnistes de l'époque (les partisans du capitaine réclamant la révision de son procès) étaient déjà perçus comme des ennemis publics, bien que, contrairement aux révisionnistes actuels, ils n'aient jamais manqué du moyen de se faire entendre. Aujourd'hui, l'inexistence des chambres à gaz entraînerait l'innocence de l'Allemagne quant à ce crime-là, et la culpabilité des démocraties dans la condamnation universelle des nazis et plus généralement du peuple allemand tout entier, pour ce crime-là. L'Affaire Dreyfus a failli faire sauter la France2. Le révisionnisme menace de faire sauter le monde. Ces correspondances sont-elles fortuites? Elles tournent toutes autour de la question juive. Bizarre...

L'histoire n'est-elle que la résultante de forces identifiables? Selon les matérialistes, le déroulement de l'histoire est déterminé par des causes matérielles, principalement par des causes économiques: le progrès technique, la concentration industrielle, le choc des impérialismes. Karl Marx, qui avait lu Hegel, voyait dans l'histoire l'ascension hélicoidale de l'humanité vers le paradis communiste, et il considérait la lutte des classes comme le moteur de cette évolution. On peut se demander si le "matérialisme dialectique" ne doit rien à la vieille théorie d'une prédestination des Juifs et au messianisme judaique. Marx, à qui les Juifs n'inspiraient pas une sympathie illimitée, et qu'on a, peut-être à juste raison, taxé d'antisémitisme, n'a-t-il pas, inconsciemment, remplacé le peuple d'Israel par la classe ouvrière dans ses élucubrations. "Les prolétaires n'ont pas de patrie" ; "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous"... "Peu importe ce que chaque prolétaire pense, ou même ce que le prolétariat tout entier pense de lui-même, ce qui compte, c'est ce que la classe ouvrière sera contrainte de faire, conformément à sa nature, lorsque le temps des règlements de comptes sera venu". Remplacer le mot "prolétaire" par celui de "Juif" et le mot "prolétariat" par les mots "peuple juif", et tout s'éclaire: La révolution mondiale est un avatar du millénarisme -- l'Apocalypse selon saint Marx3.

Selon Bossuet, l'odyssée des Hébreux, telle que la rapporte l'Ecriture sainte, avait été réglée par Dieu comme un grand opéra, afin de préparer l'avènement du Messie. Pour un matérialiste, l'idée selon laquelle une nation, un peuple ou un individu, puisse être investi d'une mission relève du surnaturel. Elle est donc absurde. Ce qui arrive aujourd'hui dépend de ce qui s'est passé hier et détermine ce qui se produira demain. L'histoire est un engrenage procédant du passé vers le futur. Mais qui sait si l'avenir n'exerce aucune influence sur le présent? Qui sait si nous ne sommes pas tirés vers le futur par des forces inconnues?


Quand on considère les choses de haut, on a l'impression que le problème des chambres à gaz n'est qu'une facette d'un problème plus vaste, celui du rôle de Juifs dans l'histoire. L'idée selon laquelle les Juifs ont une mission à remplir ici-bas vient de la Bible. Les Juifs sont fiers de Moise, de Spinoza, de Marx, de Freud ou d'Einstein, en qui ils voient des représentants d'une entreprise spécifique destinée à élever le niveau de l'humanité qui, sans eux, ne serait pas tout à fait humaine, et il ne faut pas les pousser beaucoup pour leur faire admettre que leur peuple possède là comme une sorte de charge et de privilège et un monopole4: Karl Marx et Disraeli, Cohn-Bendit et les Rothschild, Barbara et Françoise Giroud, même combat. Ces rodomontades vont bien au-delà du chauvinisme commun et ne peuvent qu'alimenter la croyance réciproque en l'existence des "Sages de Sion", tels que mis en scène dans le célèbre faux Protocole. Cela dit, la singularité de la destiné des Juifs depuis deux mille ans mérite qu'on s'y attarde. Loin de s'estomper, le "problème" juif ne cesse de se ramifier et de se compliquer. D'autre part, l'antisémitisme prend souvent l'allure d'une obsession pathologique, sans commune mesure avec les griefs que l'on peut objectivement nourrir à l'égard des Juifs. Que tout cela s'explique par des causes ordinaires, ou par autre chose, peu importe. Le monde va de plus en plus mal, et la longue marche des Hébreux les a conduits au sommet de la société occidentale. Dès lors qu'on voit la question juive prendre de plus en plus d'ampleur, il est naturel de supposer qu'elle servira de détonateur à la fin du monde, la fin de ce monde.


7.--La question juive


"Aux USA, il n'y a pas de problème noir, il n'y a qu'un problème blanc" Cette formule, due à un écrivain noir américain, est exacte, et j'ai longtemps cru qu'elle s'appliquait également au problème juif: Il n'y a pas de problème juif, il n'y a qu'un problème d'antisémitisme. J'ai changé d'avis. Il existe un problème juif, qui ne tient pas au problème que poserait la présence d'un grand nombre de personnes d'origine juive ou de religion israélite, mais qui tient à la nature du lien social qui unit les membres d'une indéfinissable communauté juive, et l'existence d'une religion dont les visées sont terrestres et politiques. Et tout laisse penser que ce problème va connaître des développements considérables dans les prochaines années.

Autrefois, la question juive comportait surtout une dimension religieuse. Une communauté vivant au milieu des nations sans se fondre en elles, persistait à pratiquer une religion jugée anachronique, d'où sa mise à l'écart, et des persécutions. "Le Peuple du Livre" refusait de reconnaître que le Christ était le Messie annoncé par l'ancien testament, et tenait obstinément à sa foi. Pour les chrétiens, la naissance de Jésus avait mis fin à la mission des Hébreux et, à plusieurs reprises, ils tentèrent de convertir les israélites de gré ou de force, sans jamais y parvenir. Ajoutons à cela que les Juifs ont une vocation commerciale séculaire, encouragée par les lois médiévales sur l'usure, mais bien antérieure, et que leur réussite matérielle leur a invariablement attiré l'animosité de leurs concitoyens. Maintenant que l'Eglise a perdu sa prépondérance, et surtout qu'elle a pratiquement abandonné sa théologie fondatrice, et adopté, pour se faire "pardonner", un judéo-christianisme informe, la question juive a changé d'aspect. L'antisémitisme chrétien a, peut-être provisoirement, disparu, et s'est mué en philosémitisme. Par contre, "les rescapés de l'Holocauste" ont conquis une position dominante en Occident, et la création de l'Etat d'Israel leur a conféré un statut de double affiliation, tout en disloquant le Moyen-Orient. Le conflit israélo-arabe est sans issue, et il a provoqué une fracture entre l'Occident et le monde musulman. L'inéluctable diffusion du révisionnisme finira par mettre le feu aux poudres.

On dénombre aujourd'hui dix-sept millions de Juifs dans le monde. Après avoir longtemps été opprimés, ils font à présent partie des privilégiés, et une fraction significative d'entre eux occupe des postes importants au sein du pouvoir, de la finance, des médias et de l'université. Avec l'appui des grandes puissances, ils ont créé un Etat dans lequel ils ne s'installent pas. Les persécutions qu'ils ont subies pendant la deuxième guerre mondiale, ou plutôt leur puissance sociale collective, les mettent à l'abri de toute critique.

Depuis deux mille ans, les israélites ont des ennuis avec leurs concitoyens. Comme dirait La Palice, une telle constance provient d'une incompatibilité entre les Juifs et les peuples au milieu desquels ils vivent. Si un enfant se fait systématiquement exclure de toutes les écoles qu'il fréquente, il est raisonnable de déduire qu'il y a dans son caractère et son comportement quelque chose qui provoque l'animosité de son entourage. L'antisémitisme ne relève pas du racisme ordinaire. On peut être antisémite sans être raciste, ou raciste et philosémite. Au départ, l'hostilité envers les Juifs est un mélange de xénophobie banale, d'hostilité religieuse ("ils ont tué le Christ") et d'envie, lorsqu'ils sont riches et puissants. Mais il y a plus: les Juifs se considèrent comme supérieurs au commun des mortels, et tout est là. Au travers des vicissitudes de leur histoire, ou de la mémoire qu'ils en entretiennent, les israélites n'ont cessé de se croire foncièrement différents des gens qui les entourent, ce qui ne peut qu'exaspérer ces derniers. C'est ce sentiment des Juifs d'appartenir à une élite, découlant de la notion de peuple élu, qui confère à l'antisémitisme son cachet particulier. Même s'ils ne le disent pas ouvertement, mais leur presse interne est explicite à ce sujet, les Juifs sont fiers de former une aristocratie héréditaire, qui a traversé l'histoire et survécu à la chute des empires et des civilisations. Cette attitude n'est pas de nature à leur attirer la sympathie des populations.

Être Juif, qu'est-ce que cela veut dire? Ce n'est pas uniquement une question de religion. Des centaines de milliers de Juifs ne fréquentent pas la synagogue, sont athées ou ignorent tout du judaisme. Les Juifs forment-ils une race? Absurde: génétiquement, les Juifs blonds de Russie ou de Roumanie sont plus proches de leurs compatriotes chrétiens que des Juifs algériens. En fin de compte, être Juif signifie être né de parents juifs, ou du moins, avoir une mère juive. Tel est l'unique critère permettant de distinguer un Juif d'un non-Juif. Tel est le point de vue rabbinique, et tel était le point de vue des nazis. Là-dessus, les idéologues de la race des seigneurs s'accordaient avec les rabbins du peuple élu5.

Plus aucun pays, en dehors de l'Arabie Saoudite ou du Koweit, ne réserve un statut particulier aux israélites. Ceux-ci sont émancipés. Il n'y a plus de numerus clausus, et tous les citoyens sont égaux devant la loi. En Europe, la révolution française a fini d'abolir l'ostracisme qui visait les Juifs, déjà pratiquement émancipés par Louis XVI. Tous les autres pays ont suivi. Dans un premier temps, beaucoup de Juifs se sont assimilés en contractant des mariages mixtes, en changeant leur nom ou en se convertissant au catholicisme ou au protestantisme. En Allemagne le processus d'assimilation des Juifs inquiétait les rabbins, pas les Allemands, et si il n'y avait pas eu Hitler, les Juifs se seraient dilués dans la nation germanique. Juifs et Allemands étaient faits pour s'entendre: ils sont travailleurs, intelligents et dominateurs. En France aussi, de nombreux israélites abandonnèrent leur pratique religieuse et tout sentiment identitaire différentiel. Ils se mélangèrent à leurs concitoyens. Depuis la dernière guerre, les choses ont changé. Les Juifs font des poussés de chauvinisme et ne ratent pas une occasion de proclamer leur "Judéité".

L'ascension des Juifs dans la société moderne est un phénomène impressionnant. Sans plan, sans projet, par un mécanisme de capillarité sociale, ils se sont élevés dans les nations comme poussés par une main invisible. Cette réussite exceptionnelle s'explique par leur merveilleuse adaptation au monde actuel, et par des structures communautaires internationales souples et multiples, parfaitement adaptées, et qui permettent aux Juifs mieux que quiconque, d'être rapidement informé des opportunités dans le monde entier, et non par un complot. Le complot juif n'existe pas. On disait autrefois d'une confrérie célèbre qu'elle était une épée dont la pointe était partout et la poignée à Rome. Les israélites sont également une épée dont la pointe est partout, mais jusqu'à présent, n'avait pas de poignée. Ils étaient partout, mais ils se neutralisaient.. Trotsky contrebalançait les banquiers de Londres, et seul un paranoiaque pouvait croire qu'ils complotaient ensemble. Or la situation a évolué. Il y a des Juifs à gauche et à droite, mais ils sont maintenant reliés, par un fil invisible, à l'Etat d'Israel. De plus ils forment un front commun contre le révisionnisme -- c'est-à-dire contre la vérité en marche. La prépondérance des Juifs devrait logiquement susciter des réactions antisémites. Il n'en est rien. Le couvercle de la marmite est soudé. Non seulement on ne peut dire du mal des Juifs, mais on ne peut plus rien dire qui leur déplaise. De plus, une simple allusion à leur omniprésence déclenche des tornades médiatiques. Aujourd'hui le sujet est tabou. Or la mainmise des Juifs sur les leviers de commande crève les yeux, et de plus ils sont coalisés autour de l'Etat hébreu. Dans les années à venir, le conflit israélo-arabe conduira les Juifs de tous bords à former un formidable groupe de pression poussant à la guerre.



8.--Le conflit israélo-arabe


La création de l'Etat d'Israel, en 1948, a rendu le problème juif insoluble. Rappelons les faits. Théodore Herzl, un journaliste autrichien féru de culture germanique, avait l'ambition de résoudre le problème juif. Il avait d'abord prôné l'assimilation collective des israélites au cours de cérémonies en grande pompe dans la cathédrale St-Etienne, à Vienne. Les israélites seraient entrés en cortège dans la cathédrale, y auraient reçu le baptême, et en seraient ressortis catholiques. Plus de Juifs, plus de problème juif. Ses coreligionnaires accueillirent fraîchement cette proposition. Alors qu'il se trouvait en poste à Paris pour "couvrir l'affaire Dreyfus", Herzl eut une illumination: il faut que les Juifs retrouvent une patrie. Son idée était simple, pour ne pas dire simpliste. Dès que les Juifs auront un pays à eux, ils s'y rassembleront et deviendront un peuple comme les autres. Sa brochure, "l'Etat juif", parue en 1896, est l'acte de naissance du sionisme politique. On connaît la suite. Après un démarrage laborieux, l'idée sioniste fit son chemin, et à la veille de la seconde guerre mondiale, la Palestine comptait des centaines de colonies juives soutenues financièrement par la diaspora. Mais la Palestine n'était pas "une terre sans peuple pour un peuple sans terre". On avait oublié les Palestiniens.

En 1947, l'ONU décida le partage de la Palestine en un Etat juif et un Etat palestinien. De quel droit? De quel droit des pays comme le Venezuela et le Pérou -- sur lesquels les USA exercèrent les pressions qu'on imagine -- avaient-ils droit au chapitre? Quoi qu'il en soit, lorsque six mois plus tard, l'Etat juif fut proclamé, les pays arabes, qui avaient voté contre le plan de partage de la Palestine, déclarèrent la guerre à Israel. Ils furent battus, et des centaines de milliers de Palestiniens s'enfuirent de chez eux. Les dirigeants sionistes achevèrent de les terrifier en se livrant à des pogroms, et les Palestiniens échouèrent dans des camps de réfugiés, au Liban, en Jordanie et en Syrie. Ils y sont toujours.

La création de l'Etat juif tient de la farce et de la tragédie. Commençons par la Déclaration Balfour. Il s'agit d'une lettre de quelques lignes adressée en 1917 par Lord Balfour, alors secrétaire d'Etat aux affaires étrangères du gouvernement britannique, au banquier Rothschild. Dans cette lettre, le ministre fait savoir à son illustre correspondant que le gouvernement anglais considère favorablement l'établissement d'un "foyer national juif" en Palestine, que les Anglais venaient d'occuper. L'expression "foyer national" est déjà bizarre en elle-même. Mais il y a plus. Dans ce document, nous voyons un homme d'Etat anglais s'engager auprès d'un financier à céder à un peuple indéfini un territoire qui n'appartient pas à la Couronne. Si la Palestine avait été une île déserte, possession britannique, c'eût été différent. Poursuivons. De quel droit les Juifs ont-ils investi la Palestine en chassant une partie de ses habitants? Si tous les peuples de la terre se mettaient à revendiquer les territoires que leurs hypothétiques ancêtres occupaient il y a vingt siècles, quel remue-ménage! De toute façon, les Juifs actuels ne sont ni les héritiers, ni même les descendants des Hébreux. Au cours de ses errances, le peuple juif s'est partiellement fondu dans les nations. Au moyen âge, des communautés entières d'israélites se sont converties au christianisme et à l'islam et, inversement, diverses ethnies -- notamment des Turcs, des Arabes, des Noirs et des Slaves -- ont embrassé la foi mosaique. Bref, les Juifs d'aujourd'hui ne descendent pas des Hébreux. Et les droits de propriété qu'ils revendiquent sur la Palestine sont imaginaires. Reste l'argument sentimental selon lequel les Juifs n'ont cessé de répéter que la Palestine était leur pays et qu'ils y reviendraient. Effectivement, pendant des siècles, les adeptes du judaisme dispersés dans des villages des Carpates, les bourgs polonais et les mellahs marocains, dispersés autour de la Méditerranée, dans toute l'Europe et en Amérique, terminaient leurs prières par la formule "L'an prochain à Jérusalem". A première vue, cette phrase traduit une volonté farouche, qui tient de l'idée fixe, de retourner dans la terre promise. En réalité, elle n'avait, et elle n'a qu'une valeur incantatoire. On l'a bien vu dans les années quatre-vingts, lorsque les Juifs d'Union Soviétique, qui faisaient de grands discours sur leur attachement viscéral à Israel, s'empressaient de filer aux USA dès qu'ils avaient obtenu leur visa de sortie. Quant aux Juifs occidentaux, il n'y en a pas un sur mille qui ait émigré en Israel, ce qui ne les empêche pas de continuer à psalmodier "L'an prochain à Jérusalem". Bref, si la Palestine avait été un désert, et si les Juifs du monde entier avaient été s'y établir, le rêve de Herzl fût devenu réalité. Au lieu de cela, la création de l'Etat hébreu a rendu le problème juif inextricable, et elle a provoqué au Moyen Orient un abcès qui ne cesse de s'étendre. Les Israéliens sont devenus les Pieds Noirs du Moyen Orient.

Au départ, l'Etat d'Israel était donc conçu comme devant accueillir tous les Juifs de la Diaspora qui, de ce fait, auraient formé un peuple "normal", c'est-à-dire comparable aux autres peuples. Dans les années cinquante, les intellectuels évoquaient la "fin" du peuple juif, et l'image d'un éternel errant déposant enfin sa besace au seuil de sa maison retrouvée. Il n'en a rien été, et les israélites, qu'ils le veuillent ou non, se trouvent maintenant dans la situation d'Israéliens vivant à l'étranger! Logiquement, ils devraient choisir. S'assimiler ou émigrer. Ils ne font ni l'un ni l'autre et cette double allégeance est potentiellement explosive. Certes le lobby est tellement puissant que l'on voit mal des antagonismes surgir entre une communauté juive et un gouvernement occidental. Mais la roue de l'histoire tourne...

On parle beaucoup d'intégration aujourd'hui... Comment faire pour que des Arabes de la seconde génération, nés en Europe et naturalisés, deviennent des Français, des Belges, des Anglais? Quant aux Juifs, on fait semblant de croire qu'ils sont des citoyens comme tous les autres citoyens. Pure hypocrisie! Certes, ils s'habillent comme tout le monde, sauf une infime minorité, et ne se distinguent pas physiquement de leurs compatriotes. Mais ils revendiquent plus que jamais leur appartenance à un peuple juif, et à une communauté transnationale organisée. Ironie de l'histoire ! Les Juifs se disent que si cela tournait mal pour eux, ils auraient la possibilité de se réfugier en Israel. Mais ce pays est trop petit pour accueillir les treize millions de Juifs de la diaspora, ce qui réduit à néant le rêve d'un asile pour les Juifs. Au lieu de contribuer à la solution de la question juive, Israel a compromis la situation des Juifs même si, pour le moment, ils ne s'en doutent pas.

Le conflit israélo-arabe est sans issue et ne peut que s'aggraver. Depuis 1945, le monde a connu toutes sortes de guerres locales qui ont fini par s'arranger. Mais le conflit entre l'Etat juif et ses voisins n'a aucune chance de trouver une solution. Ce n'est pas un conflit comme les autres. D'abord, il plonge ses racines dans une histoire vieille de deux mille ans, touchant aux fondements des civilisations arabe et chrétienne. Ensuite, ce n'est pas une guerre coloniale parce qu'Israel n'est pas uniquement un Etat colonialiste. Certes les Palestiniens qui y résident encore sont des citoyens de seconde zone, et la constitution de l'Etat hébreu implique un apartheid de fait. Toutefois, le sionisme ne prévoyait pas de faire suer le burnous. Les Israéliens exploitent la main d'oeuvre indigène dans la bonne tradition coloniale, mais ils préféreraient s'en débarrasser. Le rêve des Israéliens serait de voir les Palestiniens s'évaporer. Lorsqu'ils ont pris livraison de la Palestine les Juifs furent bien embarrassés devant les Palestiniens, comme des gens qui, venant d'acheter une maison, ne savent pas quoi faire des meubles abandonnés par l'ancien propriétaire.

Israel est un Etat artificiel, qui ne cesse depuis sa fondation, entourée d'un immense battage publicitaire (raciste et scandaleux : "Le désert refleurira") de bénéficier d'un pactole financier extraordinaire: les réparations allemandes, l'aide occidentale, et le soutien de la diaspora. Le flux annuel de ces subventions, divisé par le nombre d'Israéliens, donne un chiffre trois ou quatre fois supérieur au revenu par tête des Africains. Dans ces conditions, parler d'un miracle à propos de la "résurrection" d'Israel dénote une grande complaisance.

Un mot encore. Depuis 1967, Israel occupe la Cisjordanie, le plateau du Golan, la bande de Gaza, qui vient d'être concédé à Yasser Arafat, et Jérusalem. Rarement occupation militaire aura été plus féroce. Des milliers d'hectares de terre ont été confisqués aux Palestiniens. L'Etat d'Israel, qui est décidément au-dessus des lois, implante méthodiquement des colonies de peuplement dans les territoires occupés, en expulsant les Palestiniens. Des centaines de maisons de résistants ont été dynamitées ou rasées au bulldozer; des milliers de Palestiniens -- y compris des enfants -- sont infirmes à vie, blessés par balle, ou après avoir eu les bras cassés par la soldatesque; Des escadrons de la mort, composés de Juifs orientaux, sèment la terreur dans les camps de réfugiés. Et nous avons tous vu à la télé ces colons juifs ivres de haine, le fusil-mitrailleur au poing, pourchassant de dangereux terroristes de douze ans qui leur lançaient des pierres. D'un coté, à Gaza et ailleurs, des Palestiniens clochardisés, soumis à des couvre-feux continuels, végétant dans des bidonvilles infects; de l'autre, des Juifs arrogants vivant confortablement dans des villages construits grâce à la manne américaine. L'Etat juif a détourné des avions civils, assassiné des Palestiniens jusqu'en Norvège, enlevé des chefs religieux au Liban et enfermé des dizaines de milliers de Palestiniens dans des camps de concentration. La torture est pratique courante dans les prisons. Tout cela n'empêche pas nos médias d'être à la dévotion de l'Etat sioniste -- le "seul Etat démocratique de la région"! -- et de qualifier de "terroristes" les résistants palestiniens. Lorsqu'un soldat de "Tsahal" tombe sous les coups de la résistance, il est "assassiné". Les "survivants d'Auschwitz" ont beau jeu. Pourquoi se gêneraient-ils? Le monde leur appartient.


9.--L'orage approche.


L'implantation d'un Etat juif au coeur de monde arabo-musulman est une véritable provocation dont les conséquences dévastatrices n'ont pas fini de s'étendre. Comme les Palestiniens ne renonceront pas à rentrer chez eux, et que les Israéliens ne l'accepteront jamais, le conflit continuera à pourrir. Militairement, Israel ne risque rien. Il possède la meilleure armée de la région, l'alliance américaine, et une panoplie d'armes nucléaires ultra modernes6. Ses missiles peuvent frapper toutes les capitales musulmanes depuis Téhéran jusqu'à Nouakchott. En l'espace de quelques heures, Israel peut anéantir le monde arabe. Les régimes du Moyen Orient le savent, et ne peuvent plus se permettre une collision frontale avec leur dangereux voisin. Tous les pays arabes -- ou du moins leurs gouvernements -- sont maintenant résignés à cohabiter avec l'Etat hébreu. L'Egypte, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, le Maroc, les Emirats du Golfe, sont passés sous les fourches caudines imposées par les sionistes. Ce résultat a été acquis au prix de trois guerres, toutes perdues par les Arabes, et grâce à une pression politico-financière constante exercée par l'Amérique sur ses vassaux. A première vue, les Israéliens ont gagné la partie. La greffe a pris. Eh bien non! D'abord parce que l'humiliation des Arabes par les Occidentaux commencée en 1918 avec le louche Lawrence d'Arabie, aura des conséquences. Les Arabes ont subi une blessure symbolique indélébile. Ils ont été roulés dans la farine par les Occidentaux, qui les ont colonisés, leur ont fait de fausses promesses, et leur ont imposé des frontières artificielles destinées à les diviser. (Pensons au Koweit, "l'Alsace de l'Irak".) Ensuite parce que ces régimes sont maintenant menacés de l'intérieur par la montée de l'islamisme, et qu'un lent glissement les éloigne de l'Occident, qui auparavant les attirait. Cette dérive des continents a été accélérée par l'implantation des juifs en Palestine, et le soutien inconditionnel qu'Israel reçoit de l'Europe7 et de l'Amérique. La guerre du Golfe a ouvert les yeux aux masses musulmanes. Celles-ci ont compris que leurs dirigeants étaient des traîtres, que l'ONU n'était qu'un instrument de l'Amérique, et qu'il y avait deux poids et deux mesures en politique internationale. Les traités signés entre Israel et les Etats arabes reposent donc sur des sables mouvants. De plus les foules arabes sont hypnotisées par la société de consommation, mais elles savent aussi qu'elles n'y accéderont jamais. Ce sentiment de frustration profite aux islamistes. Dans un proche avenir, les régimes arabes qui ont pactisé avec l'Occident, le Maroc, l'Egypte, l'Arabie Saoudite et ses émirs de casino, seront emportés par la vague intégriste. Souvenons-nous de l'Iran.

En septembre 1993, Israel a reconnu l'O.L.P. comme le représentant des Palestiniens, et des négociations se poursuivent cahin-caha entre les deux parties. Il était moins une. L'O.L.P., structure bureaucratique dépendant de l'aide et des pressions de toutes sortes, perdait du terrain dans les masses palestiniennes et menaçait de se désintégrer. Israel, qui avait tout fait pour obtenir ce résultat et qui était sur le point d'y parvenir, s'est rendu compte in extremis que la disparition de l'O.L.P. paverait la voie aux islamistes, et déboucherait sur une situation catastrophique. Aussi Arafat règne-t-il sur deux mouchoirs de poche concédés par les Israéliens. Il est devenu de facto l'allié, sinon le Gauleiter, des Israéliens. Gaza et Jéricho sont destinés à devenir deux Bantoustans où la Police palestinienne se comportera comme la milice du Liban-sud. La guerre civile couve entre Palestiniens. Le processus de paix n'aboutira pas, et les espoirs qu'il a fait naître seront déçus. De toute façon, même si les Palestiniens obtenaient la restitution de leurs territoires occupés, ce qui semble d'ores et déjà impossible à cause des colonies juives, et s'ils en faisaient un Etat, cela ne résoudrait pas le problème des réfugiés. Un pays d'une superficie équivalant à deux provinces belges (la Cisjordanie et Gaza) ne saurait accueillir les deux millions de Palestiniens qui descendent des six cent mille personnes ayant fui les combats de 1948, 1956 et 1967. Bref, le problème initial, une terre pour deux peuples est un problème sans autre solution que celle que préconise la Bible : l'extermination totale des ennemis d'Israel! Enfin, il y a Jérusalem que les Israéliens ne lâcheront jamais, et qui sera le détonateur du feu d'artifice et du bouquet final.

L'Amérique et l'Europe hébergent des communautés musulmanes et juives. En France, plus de trois millions de musulmans, marginalisés dans les banlieues, coexistent avec les sept cent mille Juifs bien représentés dans les sphères dirigeantes. Les médias ne se privent pas de dénoncer le péril islamiste. Alors que, naguère encore, toute réticence à l'égard de l'immigration maghrébine et de la population musulmane en France était stigmatisée comme "racisme", les médias n'hésitent plus à distiller une hystérie anti-musulmane annonciatrice des grands embrigadements et des grandes manipulations de l'opinion publique. Le mot ayatollah est devenu une insulte; une écolière qui se rend en classe avec un foulard sur la tête est renvoyée: elle menace les fondements de la République.

La question juive8 est une bombe à retardement dont la déflagration n'est plus qu'une question d'années -- pas de siècle.

Sur la subversion complète du système juridique républicain et la domestication de l'institution judiciaire par le lobby sioniste arc-bouté sur les médiats, on lira avec profit:

Ce livre est d'autant plus impressionnant qu'il est écrit par un magistrat scrupuleux, fort éloigné de la tradition antisémite.


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Sauf mention exprès motivée, tous les nouveaux abonnements débutent à partir du n.1.

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