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LA VIEILLE TAUPE

Organe de critique et d 'orientation postmessianique

 

B.P. 98, 75224 PARIS cedex 05

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DE LA MISERE

INTELLECTUELLE

EN MILIEU UNIVERSITAIRE

et notamment dans la corporation des historiens

par Pierre Guillaume

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VERIDIQUE RAPPORT SUR UN EXEMPLE CONSTERNANT

D'AVEUGLEMENT COLLECTIF ET DE CUISTRERIE PRETENTIEUSE

impliquant en leur fonction d'état des personnalités représentatives susceptibles en l'absence de réaction d'attirer le discrédit et la déconsidération sur l'ensemble de la classe intellectuelle

 

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Comité d'Action de la Pensée Libre :

A-t-on lu Pressac?

ou

Pressac, mode d'emploi.

 Jean-Claude Pressac. Les Crématoires d'Auschwitz. La machinerie du meurtre de masse. CNRS éditions. Paris 1993,156 pages, 60 ill., 140,00 F

 

Rarement livre aura bénéficié, dès sa sortie des presses, d'une telle couverture médiatique, et d'une revue de presse aussi unanimement élogieuse. L'Express a ouvert le feu (23 septembre), suivi par Libération (24 septembre), Le Monde (26 septembre), Le Nouvel Observateur (30 septembre), Témoignage Chrétien (9 octobre), L'Evénement du Jeudi (14 octobre) et probablement quelques autres. Libération revient sur le sujet le 21 octobre et Le Monde le 23 octobre dans une lettre du professeur Jacques Bariéty.

Dans le même temps l'auteur était invité à Ex libris, sur TF1, par Poivre d'Arvor et par Elkabbach sur France-Inter.

Le motif de cette agitation? C'est Témoignage Chrétien qui le formule le plus brièvement: "Les thèses négationnistes sont anéanties".

 

Que les journalistes ne lisent pas les oeuvres qu'ils commentent, c'est banal. Qu'ils traitent d'un sujet en se recopiant les uns les autres et en se préoccupant d'abord de ce que leur employeur a envie d'entendre, c'est aussi extrêmement banal. Ce qui l'est moins, c'est que cette fois la masse des mensonges, erreurs, sottises, qu'ils ont tartinés leur a été directement fournie par quelques universitaires parfaitement homologués comme François Bédarida, qui se présente à nous dans L'Express comme: "Directeur de recherche au CNRS et secrétaire général du Comité international des sciences historiques; auteur de La politique nazie d'extermination (Albin Michel)", et Denis Peschanski, "Chargé de recherche au CNRS, Institut d'histoire du temps présent."

Le livre est paru dans une collection: "Histoire du XXe siècle" dont le directeur est Denis Peschanski. Le comité scientifique est composé de François Bédarida, Serge Bernstein, Françoise Cribier, Serge Ingerflom, Jean-François Sirinelli, et Jean Steingers (sic) (C'est du moins ce qui figurait en page VI de l'exemplaire dédicacé qui m'a été envoyé par l'auteur mais, renseignement pris, il faut lire Jean Stengers, professeur à l'Université Libre de Bruxelles, dont le nom néerlandais avait été germanisé, comme les noms des Juifs allemands et des Allemands juifs, dans le premier tirage du livre, erreur rectifiée dans les tirages suivants).

François Bédarida, qui semble bien être le maître d'oeuvre et la caution intellectuelle de toute l'opération, fournit dans son article de L'Express la totalité des mensonges qui baliseront l'exploitation médiatique subséquente de l'événement. Sous le titre "Un acquis incontournable", il commence par annoncer que le livre de Pressac est "Définitivement incontestable". La légende de l'illustration - une reproduction en réduction de la page de couverture - confirme: "Un travail terrifiant et sans réplique".

Asseyons-nous un instant par terre... Prenons-nous la tête dans les mains..., et posons-nous la question: Que signifie "Définitivement incontestable"? Que signifie "Un travail sans réplique"? - C'est une incantation! Bédarida prend ses désirs pour la réalité! Et ses désirs sont révélateurs d'une visée délirante et totalitaire... Dans le monde réel des hommes réels, une thèse définitivement incontestable, un travail sans réplique, cela n'existe pas et, surtout, cela n'a aucun sens.

De toute façon, encore faudrait-il attendre de voir ce que prĂ©cisĂ©ment les rĂ©visionnistes auraient Ă©ventuellement Ă  rĂ©pliquer. Mais lĂ , il est vrai, Monsieur BĂ©darida ne risque pas grand-chose. MĂȘme si les rĂ©visionnistes prĂ©tendaient rĂ©pliquer, le public de BĂ©darida ne risque pas d'en ĂȘtre informĂ©. La censure et la loi veillent. Toute contestation du dogme par voie de presse est passible d'une peine pouvant aller jusqu'Ă  un an de prison et 300.000 francs d'amende auxquels s'ajoutent Ă©ventuellement les dommages et intĂ©rĂȘts rĂ©clamĂ©s par les associations parties civiles. Il n'y a donc aucun risque de voir publiĂ©e dans les grands mĂ©diats (sic)[(1)] la moindre réplique. Et dans la société du spectacle et du citoyen télévisionnaire, ce qui n'existe pas dans le monde du spectacle n'existe pas.

Pourtant elles existent, ces contestations et ces répliques. Elles ont même été exceptionnellement rapides puisqu'une lettre du professeur Faurisson intitulée "Sur Auschwitz: encore un scoop bidon" datée du 23 septembre 1993, répliquait le jour même de la sortie de L'Express. Elle était suivie d'une deuxième lettre, datée du 30 septembre, intitulée "Libération, Le Monde et le Nouvel Observateur sur Les Crématoires d'Auschwitz, de Jean-Claude Pressac". Par ailleurs, dans le numéro 8 de La gazette du golfe & des banlieues, novembre 93, Serge Thion donnait une recension qui constitue, à mon avis, une réfutation exhaustive du livre, intitulée "Histoire de la nuit ou du brouillard?" Ces lettres et ce bulletin confidentiel, n'étant diffusés que dans un cercle restreint d'amis, ne tombent pas sous le coup de la loi sur la presse mais, du même coup, ils ne risquent pas d'atteindre le grand public pour lequel le livre de Pressac a effectivement toutes les chances de rester "sans réplique", c'est-à-dire sans répliques médiatiques.

Dans ces conditions, les rodomontades du sieur Bédarida relèvent de l'infamie. Et l'étude du comportement de l'ensemble des "médiatiques" relèvera d'une nouvelle discipline à créer: l'infamologie.

"La démarche de Jean-Claude Pressac" aurait été, selon Bédarida, "rendue possible par l'ouverture des archives de Moscou". Cette version permet de servir au public une idée simple et efficace: On aurait découvert dans les archives moscovites, toujours un peu mystérieuses et sulfureuses, de quoi réfuter les arguments révisionnistes. Ouf!

... Et personne pour s'étonner qu'il ait fallu attendre l'ouverture de ces archives pour découvrir enfin des documents qui apporteraient la preuve de ce que la loi du 13 juillet 1990 fait à tout citoyen obligation de croire... Et personne pour s'interroger sur la valeur des preuves qui nous avaient été proposées jusqu'ici.

Mais cette version est un mensonge.

Pressac est l'auteur d'un énorme livre de 564 pages format 30/45 cm intitulé Auschwitz: Technique et Fonctionnement des Chambres à Gaz. Ce livre, écrit en français, n'a pas été publié en France. Il a été traduit en anglais, et publié à New York en novembre 1989 par la Beate Klarsfeld Foundation! Il consiste pour l'essentiel en documents tirés des archives du musée d'Auschwitz avec un commentaire très succinct. Compte tenu des délais de traduction, de correction et d'édition, il était rédigé bien avant que Pressac n'accède aux archives de Moscou et même avant que ces archives ne soient devenues accessibles. Or les quatre-vingt-seize pages de texte, non compris les illustrations et les annexes, en lesquelles consiste le nouveau livre de Pressac sont une synthèse des commentaires du livre précédent. La documentation en provenance de Moscou ne modifie en rien la thèse générale. Tous ceux qui ont eu connaissance du livre en anglais Auschwitz: Technique and operation of the gas chambers peuvent vérifier que le nouveau livre n'apporte rien de nouveau et que l'argument des archives de Moscou n'est qu'un argument médiatique pour attirer le chaland.

Même les Livres des morts, les fameux Sterbebuecher ne constituent pas une révélation pour les révisionnistes, puisque 4 volumes se trouvaient au musée d'Auschwitz, et c'est l'acharnement du professeur Faurisson qui a obligé Charles Biedermann, directeur de l'ITS (International Tracing Service) d'Arolsen, à révéler lors de son témoignage des 9, 10, 11 et 12 février 1988 au procès d'Ernst Zundel à Toronto, Canada, l'existence d'une quarantaine de volumes complémentaires à Moscou, révélation qui est à l'origine de l'intérêt soudain porté aux Livres des morts.

Ce sont donc les révisionnistes, et tout particulièrement le professeur Faurisson, qui sont à l'origine de la révélation au public de l'existence de ces documents. Et c'est en allant consulter ces documents, chose qui n'est pas possible aux révisionnistes, que l'on découvrit que les Sterbebuecher reposaient parmi un immense fonds d'archives. Or jusqu'ici ce fonds d'archives n'a rien livré de novateur qui imposerait de reconsidérer les conclusions tirées de la fraction déjà connue des archives d'Auschwitz.

Avouer prosaiquement cela aurait conduit Bédarida à admettre que le livre qu'il enfourchait comme nouveau cheval de bataille contre le révisionnisme, dans la mesure où, pour l'essentiel, il reprenait la thèse soutenue dans le livre précédent, loin d'être sans réplique, avait au contraire la particularité d'être précédé par la réplique de Faurisson. On trouvera celle-ci dans le n°3 de la Revue d'histoire révisionniste, parue en janvier 1991, soit bien avant le livre français de Pressac! Seul le contrôle des médias qui censurent toute réplique des révisionnistes permet les mensonges impudents de Bédarida [(2)].

Cette édition américaine du livre de Pressac, il n'entrait pas dans la stratégie du couple Klarsfeld de la diffuser largement, et surtout pas en France, où le livre serait tombé immédiatement sous le feu de la critique révisionniste et où la documentation qu'il contenait eût alimenté cette critique. Dans la stratégie des Klarsfeld, ce livre n'était destiné qu'à accréditer l'idée que les exterminationnistes aussi disposaient d'une documentation et d'une argumentation matérialiste et d'experts en détails. Il suffisait pour cela que le livre existe dans de "prestigieuses" bibliothèques de "prestigieuses" institutions juives. Il n'était pas nécessaire qu'il soit lu, ni souhaitable qu'il soit diffusé autrement que comme un objet de culte. L'édition américaine de Auschwitz, Technique and operation of the gas chambers suffisait pour que la rumeur circule et soit colportée par toutes les autorités responsables: "L'Opus magnum existe et il contient la preuve de la chambre et la réfutation irréfutable des thèses révisionnistes". Il n'était pas souhaitable de profaner l'indicible Vérité en la livrant au vulgaire.

L'affaire marchait bien puisque Bédarida lui-même, lors d'une conférence organisée à Normale Sup. pour protester contre l'ouverture au 12 de la rue d'Ulm de la librairie La Vieille Taupe (maintenant disparue) avait annoncé la bonne nouvelle (la réfutation définitive et exhaustive des thèses révisionnistes par Pressac) alors qu'il n'avait pas encore lu le livre! Il cherchait encore à se le procurer auprès de l'auteur plus d'une semaine après en avoir fait l'argument suprême de sa conférence! et avant d'apprendre avec stupeur que le livre mirobolant se trouvait au beau milieu de la vitrine de La Vieille Taupe, l'abominable librairie!

Comment et pourquoi Pressac a-t-il dû quitter le char des époux Klarsfeld et passer sous la houlette de Bédarida et du CNRS pour poursuivre sa carrière? Pourquoi Klarsfeld s'est-il soudain méfié de son poulain? Il a refusé en tout cas de cautionner le franchissement à reculons du mur du million de victimes à Auschwitz, alors que le chiffre de 800.000, d'ailleurs tout aussi peu fondé que les chiffres précédemment avalisés, avait déjà été lancé il y a plus de trente ans par Gérald Reitlinger (auteur exterminationniste orthodoxe qui avait osé quelques rectifications de détail à la version admise et suggéré d'abandonner quelques apocryphes trop voyants pour mieux préserver le canon de la doctrine). Pressac n'avait fait que s'y rallier provisoirement, pensant que ce précédent lui servirait de paratonnerre pour éviter les foudres prévisibles. Bédarida, informé que la documentation disponible contraindrait tôt ou tard à descendre beaucoup plus bas, se décida à sauter le pas. Pouvoir enfin révéler au peuple ébahi la preuve définitive et suffisante de l'existence de la chambre qualitative lui paraissait mériter ce sacrifice quantitatif. N'est-ce pas?

Quand on aime, on ne compte pas!

Qui, de Klarsfeld ou de Bédarida, aura été le plus judicieux? C'est selon! Car comment convaincre le peuple dans son ensemble de la réalité de J.H.W.H.[(3)] ?

Au temps du premier temple, seul le Grand-prêtre, revêtu de lin blanc, entrait une fois par an dans le Saint des Saints contempler l'Arche. N'eût-il pas été préférable de permettre au peuple de contempler l'Arche et de ressentir lui-même et directement l'ineffable? A moins que cela n'ait été le seul moyen inventé par les sacerdotes afin que le Grand-prêtre fût statutairement seul à savoir qu'il n'y avait rien à voir et que l'arche était vide. Cette méthode pour convaincre le peuple est sans doute plus efficace et plus judicieuse si l'Arche est vide...

Toujours est-il que le livre existe. Il s'intitule: "Les Crématoires d'Auschwitz" là où on s'attendrait à trouver "Les Chambres à gaz d'Auschwitz". Il est donc très en retrait quant aux prétentions affichées sur le livre précédent dont le titre était: "Technique et fonctionnement des chambres à gaz". Le sous-titre "La machinerie du meurtre de masse" indique la thèse qui sera soutenue, et sans laquelle d'ailleurs le livre ne serait pas paru, puisque cette thèse est légalement obligatoire.

Il s'agit donc d'un livre sur les crématoires d'Auschwitz qui soutient la thèse selon laquelle ces crématoires auraient été la machinerie d'un meurtre de masse.

Dès la première page nous apprenons que "Cette connaissance est fondée sur l'exploitation intensive des archives, de nouveau réunies, de l'ancienne "Direction des constructions SS" ou "Bauleitung SS" d'Auschwitz." Ces archives sont intactes, car "Contrairement à un autre service du camp, la Section politique, qui brûla en presque totalité ses archives avant l'évacuation du complexe concentrationnaire en janvier 1945, la Bauleitung laissa les siennes intactes." Le fait est surprenant. Pressac va donc fournir une explication à ce fait surprenant: "La raison de cet abandon en l'état s'expliquerait (l'explication est conditionnelle) par la personnalité (l'explication conditionnelle repose sur une personnalité) du second et dernier directeur de la Bauleitung d'Auschwitz, le lieutenant SS Werner Jothann. Ingénieur en superstructures (Hochbau), ce professionnel ne s'était pas occupé personnellement de l'aménagement homicide des crématoires qui avait été mené de fin 1942 à début 1943 par le premier directeur, le capitaine SS Karl Bischoff. Ignorant le contenu "explosif" des dossiers de construction liés à cet aménagement, Jothann partit sans s'en soucier, ne prenant aucune mesure pour les détruire."

On remarquera que la totalité de la thèse défendue dans le livre se trouve exposée ici en quelques lignes. Cette thèse est suspendue à une condition qui tiendrait à la personne du lieutenant SS Jothann. Ce lieutenant SS aurait été "ignorant". Si, par impossible, cette condition ne se trouvait pas remplie, il faudrait conclure que le lieutenant SS, chef de la Bauleitung, serait parti sans prendre aucune mesure pour détruire les archives parce que ces archives ne contenaient rien qui fût en relation avec une activité criminelle secrète et qu'il n'y avait donc rien à cacher. On sera certes surpris d'apprendre que le chef de la Bauleitung d'Auschwitz en janvier 1945 ait pu ignorer que de véritables abattoirs humains avaient fonctionné dans les locaux des crématoires construits et aménagés par les services qu'il commandait. On s'étonnera également qu'il ne se soit trouvé à la Bauleitung aucun subordonné pour informer son chef, ou que l'ancien chef, le premier directeur, le capitaine Karl Bischoff, ait omis de l'avertir, et qu'il ne se soit pas préoccupé de la destruction des documents compromettants, si du moins il était vivant et si les circonstances de la guerre lui permettaient de garder un contact. On s'étonnera également qu'il n'y ait eu ni ordres ni mesures globales prises par les instances supérieures, par les responsables et les organisateurs du "Grand Secret".

Ce qui nous est en tout cas suggéré, c'est que le chef de la Bauleitung qui se trouvait en poste au moment de l'évacuation du camp était arrivé à Auschwitz tardivement. Cela semble bien être la condition indispensable pour que la "personnalité" de Jothann permette de lever la condition indiquée par Pressac lui-même sans laquelle "l'abandon en l'état" des archives resterait inexplicable (dans le cadre de la loi).

Reportons-nous maintenant à la page 134. Sous la rubrique "Principaux noms des personnes, des organismes SS et des firmes civiles cités" nous lisons:

"JOTHANN Werner, né en 1907 à Eldenburg (Mecklemburg), SS-Obersturmfuehrer (F) et Bauleiter d'octobre 1943 jusqu'en janvier 1945. Ingénieur en superstructures, affecté début 1941 à la Bauleitung d'Auschwitz comme simple SS-Schuetze. Caporal en mars 1942, est investi par Bischoff fin 1942, malgré son grade peu élevé, des "pleins pouvoirs" en rapport avec les "actions spéciales". Est chargé en particulier de la construction de l'usine d'armement Krupp A. G. et de celle de l'installation de chauffage à longue distance. Nommé directement lieutenant spécialiste en mars 1943. Succède à Bischoff à la tête de la Bauleitung en octobre 1943 mais reste étroitement subordonné à son ancien chef. Fait réviser les fours des crématoires de Birkenau et monter la désaération des chambres à gaz du crématoire V lors de l'arrivée des Juifs hongrois en mai 1944."

Nous ne voulons rien ajouter à ce qu'a écrit l'auteur mais seulement lire ce qui est écrit. Et constater que la page 134 anéantit l'affirmation conditionnelle de la page 1. Le lecteur scrupuleux se reportera également à la notice biographique de Bischoff qu'il trouvera divisée en trois parties, pages 132, 133 et 135. Au bas de la page 132, le lecteur découvrira ceci:

"2) SS-Sonderbauleitung fuer die Errichtung eines KGL (Birkenau):

BISCHOFF Karl, né en 1897 à Nehembach. SS-Hauptsturm-fuehrer (F), Bauleiter d'octobre à novembre 1941.[...]".

Et dans la troisième partie, sous le titre:

"4) Bauinspektion der Waffen-SS und Polizei "Schlesien"," suivi de l'adresse à Kattowitz, il pourra lire:

"BISCHOFF Karl, SS-Obersturmbannfuehrer, Bauinspektor à partir d'octobre 1943 jusqu'en janvier 1945. Mort dans les années 50 sans jamais avoir été inquiété par la justice."

Bischoff est donc resté en relation avec Jothann du début de l'année 1941 jusqu'à l'évacuation du camp. Nous n'ajouterons aucun commentaire à ce qu'écrit Pressac, mais nous constaterons que la Sonderbauleitung, très antérieure à la prétendue dérive criminelle, n'a, dans ce contexte, rien de criminel, non plus que les actions spéciales pour lesquelles Jothann a été "investi des pleins pouvoirs". Tout cela constitue autant de formidables pavés dans la mare aux conards. Les révisionnistes se sont fait écharper pour en avoir dit beaucoup moins!

Après un si excellent début, passons directement à la fin de l'oeuvre. La dernière phrase de la dernière page (page 96): "Le procès des deux "architectes des crématoires" s'ouvrit à Vienne en janvier 1972 et se termina par la relaxe des deux accusés, vu que personne, juges ou prétendus experts, ne fut capable à l'époque d'exploiter l'excellent matériel historique fourni par les Polonais et les Soviétiques317."

Cette phrase contient plusieurs informations. Premièrement, les crématoires, dont on nous dit qu'ils furent la machinerie d'un meurtre de masse, ont été conçus par des architectes. Deuxièmement, ces architectes ont été accusés. Ils se sont donc expliqués. Troisièmement, ils ont été relaxés. Ces trois informations ne sont pas nouvelles pour les révisionnistes, mais jamais ils n'étaient parvenus à les faire sortir du ghetto réviso. C'est la première fois, grâce au livre de Pressac qu'un vaste public hostile au révisionnisme, si passionnément hostile qu'il refuse de lire la moindre publication révisionniste, va connaître ces informations. Et ces informations vont faire leur chemin dans les têtes... Pressac ajoute que cette relaxe n'est pas justifiée. Il nous dit que les juges et les experts se sont trompés puisqu'ils ont relaxé.(Mais les juges et les experts ne se trompent jamais quand ils condamnent!) Ils n'ont pas su exploiter "l'excellent matériel historique fourni par les Polonais et les Soviétiques." La note 317 nous informe d'ailleurs que cet excellent historien polono-soviétique précurseur de Pressac, de Bédarida, et du CNRSS n'est autre que le KGB. On nous révèle d'ailleurs dans la même page 96, les très excellentes méthodes de cet excellent historien: "Quatre interrogatoires suffirent aux Soviétiques pour régler le cas de Pruefer. Sander n'en supporta que trois et mourut d'un arrêt cardiaque avant ou pendant le quatrième, le 26 mars."

Ainsi, la première et la dernière page du texte contiennent une réaffirmation imperturbable de la plus parfaite orthodoxie exterminationniste holocaustique. Elles contiennent aussi toutes les informations qui imposeraient logiquement une conclusion révisionniste, informations que les révisionnistes, quant à eux, ne sont pas parvenus à faire circuler en dehors du tout petit milieu des chercheurs révisionnistes.

Le chapitre XII, intitulé: "Epilogue", qui ne comporte que deux pages, et 59 lignes, constitue une sorte de prouesse du genre. Il ne contient pas moins de 26 informations importantes absolument dévastatrices pour la thèse holocaustique, et la réaffirmation du dogme qui tient en deux phrases: celle déjà citée plus haut en caractères gras, concernant le procès des deux "architectes des crématoires", et la phrase suivante: "Les enquêteurs américains, obnubilés par les fours et faute de perquisition au siège de la firme, ne réussirent pas à percer le vrai secret de la Topf, son rôle dans l'aménagement des chambres à gaz homicides d'Auschwitz."

Encore faut-il constater que la réaffirmation du dogme se fait sous forme indirecte et en révélant l'existence d'arguments hétérodoxes: Les juges et prétendus experts ont eu tort de relaxer... et les enquêteurs américains ont eu tort de ne pas accuser. Seuls les excellents historiens du KGB, Pressac (et le CNRS) ont percé le secret...

Ainsi, le vrai secret de la Topf, qui est aussi le plus grand secret du Reich, les enquêteurs américains ne parvinrent pas à le percer, faute de perquisition au siège de la firme. Le plus grand secret du Reich se trouvait donc, sans aucune précaution particulière, au siège d'une firme civile. Mais aujourd'hui nous pouvons perquisitionner sur les traces du KGB dans les archives laissées intactes de la Bauleitung, ce qui s'expliquerait si la personnalité du SS Werner Jothann n'était pas celle qu'elle était... et qui nous est dévoilée page 134...!

L'ouvrage de Pressac est décidément peu banal. Il semble contenir un dispositif d'autodestruction de la thèse qu'il défend. Encore n'avons-nous analysé que les deux pages de l'introduction et les deux pages de la conclusion, soit quatre pages en tout, et nous les avons analysées très partiellement puisque nous n'avons pas encore cité une phrase qui à elle seule anéantit l'ensemble de l'historiographie officiellement admise et en particulier le catéchisme écrit par le calamiteux Bédarida à l'usage des professeurs de l'Education nationale, distribué gratuitement à des dizaines de milliers d'exemplaires par les soins des éditions Nathan. Cette phrase, qui devrait être à l'origine d'une onde de choc dévastatrice s'il subsiste un seul historien digne de ce nom, la voici: "la date communément admise du démarrage de la phase industrielle de la "Solution finale" se trouve repoussée. Cette étape ultime ne fut décidée par les autorités SS de Berlin qu'à partir de mai-juin 1942, pour être ensuite concrétisée techniquement par les SS de la Bauleitung d'Auschwitz et les ingénieurs de la firme J. A. Topf und Soehne d'Erfurt."

Autrement dit, tout en affirmant la version la plus orthodoxe, sans quoi son livre n'aurait pas pu être publié, selon laquelle Auschwitz a bien été le centre d'une "phase industrielle de la "Solution finale"", et tout en prétendant avoir trouvé précisément dans les archives des traces d'indices révélateurs, il ne trouve absolument rien de suspect ni de révélateur avant mai-juin 1942. C'est en tout cas ce qui ressort de la citation ci-dessus. En fait, si on se reporte aux explications de Pressac dans le corps de l'oeuvre, ou simplement à la "chronologie récapitulative", les premières traces de "concrétisation technique par les SS de la Bauleitung" n'apparaissent que le 27 novembre 1942 (la mention de "cave spéciale" par le sous-lieutenant SS Wolter) et le 19 décembre 1942 (le dessin rectificatif, par le sous-lieutenant SS Walter Dejaco, du sous-sol du crématoire II, dessin dans lequel la glissière à cadavres est supprimée) et dans le courant de l'année 1943.

Pour ne pas désespérer Bédarida et le comité scientifique du CNRS, Pressac a fait un effort. Il conjecture un temps de réaction assez long de 5 mois entre la décision présumée des autorités SS de Berlin et la "concrétisation" sous forme de projets d'aménagement à Auschwitz. Mais de toute façon, mai-juin 1942, c'est déjà pour les historiens terriblement troublant. C'est un peu comme s'il fallait soudain réécrire l'histoire du débarquement allié et de la campagne de France après avoir découvert que le président des Etats-Unis et le War Department n'avaient pris qu'en juin 1944 la décision d'un débarquement en Europe occidentale. Même les historiens du CNRS doivent bien comprendre qu'il ne suffirait pas de repousser de quelques mois la date du débarquement en Normandie, qu'on avait cru à tort pouvoir fixer le 6 juin 1944, et repousser de quelques mois également la date de l'évacuation de Paris par les troupes allemandes! Car si de telles erreurs avaient été commises, cela poserait le problème des sources historiques à partir desquelles de telles erreurs auraient pu être commises et, horribile dictu, cela poserait le problème de la méthode des "historiens" ayant commis de telles erreurs, les admirables Hilberg, Poliakov, Billig, Wellers, Reitlinger et alii, et, à leur décharge, cela poserait le problème du climat social général qui aurait permis que de telles erreurs s'imposassent comme parole d'évangile.

Je rappelle au lecteur que nous sommes à la page 2 du livre, et que l'historiographie généralement admise de l'holocauste est anéantie! Le dernier paragraphe de cette deuxième page lui donne le coup de grâce: "La réunion des dossiers (...) permet une reconstitution historique enfin affranchie des témoignages oraux ou écrits, toujours faillibles et se contractant en sus avec le temps." Cette phrase est assassine autant par ce qu'elle sous-entend que par ce qu'elle dit. Car il est faux que les témoignages oraux ou écrits soient toujours faillibles. Il est tout aussi faux que les témoignages écrits se contractent avec le temps. Cette assertion est dénuée de sens. Quant aux témoignages oraux, les seuls sur lesquels les historiens, révisionnistes ou exterminationnistes, puissent s'appuyer sont ceux qui ont fait l'objet d'un enregistrement par écrit ou sonore et là encore l'assertion est dénuée de sens. Ce qui par contre est vrai, c'est que les souvenirs d'une même personne ont tendance à se modifier avec le temps sous l'influence de nombreux facteurs. L'enregistrement du témoignage d'un même témoin à des époques différentes révèle souvent des évolutions stupéfiantes. Mais précisément si le récit du témoin véridique se contracte au fur et à mesure que le souvenir s'estompe, le récit mythomaniaque se développe avec le temps, et la volonté de convaincre s'adapte à la demande sociale. Le témoignage véridique a son référentiel dans le passé et le témoignage mythomaniaque a son référentiel dans le présent et dans l'avenir. Cela, la psychologie l'a établi.

De même sont établies, pour qui veut bien les connaître, les règles de la critique des témoignages, qu'il faut toujours recouper et confronter à la matérialité des faits et aux documents. Toutes choses qui n'ont jamais été faites par les prétendus historiens en ce qui concerne les témoignages holocaustiques.

Le problème n'est donc pas d'affranchir le récit historique des témoignages, il est d'affranchir le récit historique des faux-témoignages. Tout au contraire le récit historique ne peut que se trouver enrichi par des témoignages véridiques. Pressac soulève ici l'épineuse question du rôle du faux-témoignage dans l'historiographie holocaustique généralement admise. Il le fait d'une manière confuse, peut-être par crainte d'être trop clair et pour ne pas désespérer Bédarida.

En tout cas, le moins que l'on puisse dire est que cette phrase manifeste une réticence à l'égard d'une historiographie jusqu'ici trop influencée par des témoignages faillibles. Cette réticence n'a de sens qu'à proportion de la quantité de faux-témoignages que l'historiographie aurait pris jusqu'ici pour argent comptant et dans la mesure où le récit prétendument historique de l'holocauste ne reposerait sur aucune autre source documentaire. Dans ce cas la phrase de Pressac deviendrait absolument dévastatrice pour toute l'historiographie holocaustique avant Pressac... Et c'est précisément le cas!

Dans le corps de son livre, Pressac va nous apporter une surabondance de preuves que le récit prétendument historique du prétendu "holocauste" ne reposait effectivement jusqu'ici sur aucune documentation sérieuse autre que des témoignages dont il nous dira et nous montrera qu'ils ne valent pas grand'chose et il va nous fournir un nouveau récit du même holocauste qui reposera, lui, sur une documentation sérieuse (essentiellement les archives de la Bauleitung) et...! sur...? les mêmes témoignages!!!???!!!

Le livre de Pressac est décidément peu banal, et nous retrouvons là le dispositif d'autodestruction que nous avions déjà décelé. Il nous annonce en conclusion de l'introduction, page 2: "une reconstitution historique enfin affranchie des témoignages"... et tout son livre constitue une démonstration qu'en dehors de "témoignages" extrêmement suspects, il n'existe aucune autre source concernant l'"holocauste"!

Après avoir anéanti l'historiographie admise de l'holocauste, la méthode Pressac anéantit la thèse de Pressac lui-même, c'est-à-dire le nouveau récit qu'il propose de l'immuable holocauste!... Il est facile de vérifier qu'à l'appui de son récit de la construction des crématoires, il apporte des documents probants. Dès qu'il évoque des chambres à gaz ou des gazages, il se réfère à la vulgate exterminationniste sans fournir de source; ou un simple appel de note renvoie au témoignage de Hoess, de Kremer, de Langbein, de Konrad Morgen, de Henryk Tauber ou au Kalendarium de Danuta Czech qui a consigné pieusement et synthétisé sans critique les témoignages conformistes. Pressac nous donne par ailleurs toutes les bonnes raisons de douter de la fiabilité de ces témoignages et du Kalendarium !

Non seulement Pressac ne tient pas sa promesse justement sur ce point central, qui lui a valu éloges et approbations, mais il apporte la démonstration a contrario qu'en dehors de ces témoignages totalement dévalorisés, il n'existe aucune autre source!

Mais le plus étonnant, ce sont ces approbations et ces éloges universels.

Même ceux qui, comme Claude Lanzmann ou André Kaspi, attaquent la démarche de Pressac au nom de la "mémoire", ne manquent jamais de lui rendre hommage sur un point: il a anéanti le "négationnisme" en parvenant à décrire "le meurtre de masse" en se fondant uniquement sur les documents et en explicitant sa technologie. Même les Grands-prêtres de l'histoire universitaire comme Vidal-Naquet et Raul Hilberg font non seulement semblant de ne pas entendre les remarques cinglantes que Pressac leur adresse et courbent l'échine, mais ils proclament avec allégresse que Pressac est parvenu à river son clou à Faurisson sur son propre terrain, celui de la technologie.

Cet accueil enthousiaste et le soulagement qui se manifeste prouvent combien une telle réponse apparaissait nécessaire et révèlent à quel point le doute s'était généralisé quant à la valeur des témoignages sur lesquels reposait le récit holocaustique, et donc il montre que la critique révisionniste avait fait des ravages jusque dans les esprits des Grands-prêtres. Cela prouve que, passé le temps de la sidération, le film Shoah de Lanzmann n'avait convaincu personne, ni avec son Figaro en chambre, ni avec son unique document absolument irréfutable. Tellement irréfutable d'ailleurs, que j'ai oublié de quoi il s'agissait, que les révisionnistes ont oublié de le réfuter, et que les exterminationnistes ont oublié qu'il était irréfutable...!

Je rappelle que nous ne sommes encore qu'à la deuxième page du texte de Pressac, après une courte incursion dans les deux dernières pages qui constituent l'épilogue!

Entrons maintenant dans le vif du sujet. Le chapitre I s'intitule "La Préhistoire de l'Incinération dans les Camps de Concentration". Il contient des généralités et quelques contradictions qui ne révéleront leur importance décisive qu'à la fin du livre. Nous y reviendrons donc in fine.

Mais ce chapitre nous permet de découvrir le premier appel de note, l'introduction n'en comportant pas. Nous lisons donc la note 1: "Livre Brun sur l'incendie du Reichstag et la terreur hitlérienne, collection "Réquisitoires", Editions du Carrefour, septembre 1939 (erreur, lire 1933)". Fort bien. Le problème n'est pas qu'il s'agisse d'un livre de propagande antifasciste. Des adversaires politiques déclarés peuvent parfaitement dénoncer et décrire avec exactitude et honnêteté les adversaires qu'ils combattent. Mais ce n'est précisément pas le cas. Ce fameux Livre Brun est un pur produit de la propagande stalinienne. On connaît tout sur sa fabrication selon les procédés éprouvés les plus vulgaires de la propagande politique. A côté d'informations vraies, on y trouve une compilation de ragots, de montages et de fabrications. Le livre a été fabriqué par Willi Munzenberg, délégué à Paris par la Troisième internationale, pour appliquer la nouvelle ligne antifasciste du "Komintern" qui permettait d'offrir un exutoire aux nombreux bolcheviks juifs, désorientés par l'évolution stalinienne et tentés par les diverses oppositions, notamment trotskistes, et qui se mettront finalement au service du stalinisme perinde ac cadaver par souci de lutter contre l'antisémitisme. L'épouvantail nazi était déjà bien utile et bien nécessaire pour détourner les yeux de la réalité stalinienne. Tout est bon pour réaliser l'Union sacrée antifasciste.

La thèse centrale du Livre Brun consiste à attribuer aux nazis l'incendie du Reichstag. Les nazis auraient manipulé le communiste ultra-gauche Van der Lubbe.

Symétriquement, les nazis tentèrent d'abord d'imputer l'incendie aux "communistes" moscoutaires. On sait maintenant, comme Van der Lubbe l'a toujours affirmé jusqu'à la mort, qu'il a agi seul. On sait même que c'est le communiste Gustave Regler, qui avait combattu dans les souterrains du Reichstag au côté des Sociaux-démocrates dans la répression de l'insurrection prolétarienne dite "spartakiste", qui a fourni à Willi Munzenberg les informations matérielles sur les souterrains et les bâtiments du Reichstag pour étayer le montage accusateur contre les nazis.

En tout cas, tout historien compétent sait que Le Livre Brun ne peut d'aucune façon constituer une référence historique fiable. Il constitue tout au contraire une accumulation de faux témoignages (mêlés aux vrais) et de mensonges et un excellent exemple de la manière dont on peut donner l'apparence du sérieux aux mensonges les plus éhontés. Et Pressac le sait parfaitement, qui dans sa note n°5, une page plus loin, cite Henri Billig, sur la statistique des effectifs concentrationnaires, dont les chiffres démentent les affabulations du Livre Brun en 1933.

Passons aux chapitres suivants. La documentation dont il dispose permet à Pressac de décrire avec un luxe de détails totalement dénués du moindre intérêt la conception et la construction des crématoires d'Auschwitz, c'est-à-dire du crématoire I, au camp principal ou Stammlager, et des crématoires II, III, IV et V à Birkenau. Les lecteurs que cela intéresse pourront donc se reporter au livre. Mais l'existence et le fonctionnement des crématoires n'ont jamais été contestés par personne. Rien de secret dans tout cela.

Pressac dit avoir découvert dans cette documentation des éléments qui lui permettent de décrire également la mise en oeuvre "du meurtre de masse" et de sa machinerie spécifique: les chambres à gaz. Il aurait donc découvert des documents qui constituent des traces, des indices qui révèlent que les différents crématoires d'Auschwitz et de Birkenau auraient été aussi l'instrument d'un "meurtre de masse" et auraient, sous leur apparence anodine et bien connue, dissimulé ces fameuses chambres meurtrières. Il y aurait donc eu, de la part de la Bauleitung et de la part des entreprises civiles travaillant sur le site, ou du moins de certains de leurs responsables, une dérive criminelle. Pressac va donc nous raconter l'histoire de cette dérive.

Cette dérive criminelle peut être directe quand la Bauleitung en collaboration avec les entreprises civiles apporte aux locaux conçus pour être des morgues (où l'on dépose les cadavres en attendant la crémation) des modifications destinées à les transformer en chambres à gaz d'exécution. Elle peut être indirecte lorsque la Bauleitung et les entreprises civiles construisent des crématoires normaux mais destinés, selon Pressac, à incinérer des corps de victimes qui ont été gazées ailleurs, c'est-à-dire dans les fameux Bunker 1 et 2. Pressac va donc nous conter l'abominable histoire du grand méchant loup, le SS Bischoff, et de sa rencontre avec la passion commerciale et crématiste de l'ingénieur Pruefer, de la Topf und Soehne, et de quelques comparses de moindre envergure, les SS Ertl et Dejaco et l'ingénieur civil Koehler. Pressac dresse donc un acte d'accusation. (Cet acte d'accusation, il avait déjà été dressé par les "historiens" du SMERSH [(4)], notamment contre Ertl et Dejaco, mais les accusés avaient été acquittés).

Etudions donc l'acte d'accusation dressé par Pressac. C'est à la page 52 que commence le crime: "Dans son rapport sur cette réunion, Ertl désigna les Bunker 1 et 2 d'"installation de bain pour actions spéciales". A partir du 19 août, les deux participants civils, Pruefer et Koehler, surent de manière officielle que les fours et les cheminées des crématoires IV et V qu'ils allaient construire étaient liés à une opération criminelle." Page 53, on nous confirme encore qu'en août 1942, rien dans les plans, les études, les projets, la correspondance, ne vient matérialiser une intention criminelle et un usage homicide des crématoires: "Les démarches et entretiens ayant conduit à ces deux journées durant lesquelles fut fixée définitivement la construction des quatre crématoires de Birkenau, prévus alors sans chambres à gaz homicides, se résument ainsi: bien que le crématoireII ait servi de catalyseur pour le choix d'Auschwitz dans la liquidation des Juifs, il ne se rattache pas directement à cette extermination." Nous verrons ultérieurement pourquoi, selon Pressac, le crématoire aurait servi de "catalyseur". Mais constatons qu'en l'absence de tout autre indice, l'imputation criminalisante repose sur l'emploi des mots "installation de bain pour actions spéciales".

Mais Pressac s'est élevé, en particulier dans un article de la revue L'Histoire, contre l'interprétation abusive des mots "actions spéciales" comme synonymes de "gazages", interprétation à laquelle s'étaient livrés les "historiens" tels que Wellers, Poliakov, Hilberg ou autres Vidal-Naquet. Il a donné, après bien des auteurs révisionnistes, de multiples exemples d'actions spéciales (Sonderaktionen) qui n'avaient rien de criminel. Pourquoi fait-il ici une interprétation manifestement abusive qu'il a par ailleurs fustigée? A l'évidence parce qu'il n'a pas d'autres "indices" à se mettre sous la dent!

Cette accusation est liée à l'affaire des Bunker 1 et 2. Le lecteur doit retenir, comme l'établira avec un luxe de détails Jean-Claude Pressac, que la construction des bâtiments censés avoir contenu les chambres à gaz canoniques n'a été achevée qu'en mars et juin 1943. Mais la rumeur publique, bien des récits, bien des témoignages, situaient des gazages bien avant cette date, c'est-à-dire avant les chambres à gaz! Les Bunker 1 et 2 font donc office de chambres à gaz avant les chambres à gaz. Le commandant Hoess a confessé les Bunker 1 et 2 comme tout le reste. D'autres SS, judicieusement interrogés par les "historiens" du KGB, ont suivi. Les témoignages ont abondé.

Les révisionnistes n'ont jamais accordé beaucoup d'attention à ces Bunker, en fait deux fermettes polonaises dont il ne reste plus que la trace des fondations incluses dans le périmètre du camp à la lisière nord-ouest du Birkenwald (petit bois de bouleaux, proche de la zone sanitaire et des crématoires IV et V). On ne disposait pratiquement d'aucun élément matériel, d'aucun document concernant ces Bunker. Par contre on disposait d'aveux extrêmement vagues et d'une masse de témoignages contradictoires dont la compilation permettait de dresser de ces Bunker une image surréaliste absolument loufoque. J'ai étudié en détail l'un de ces "témoignages" dans mon livre Droit et Histoire, le témoignage de Moshé Garbarz, ce qui me permettait d'étudier la méthode d'un phare de la pensée historique contemporaine, la plus haute conscience morale des temps modernes, le préfacier Vidal-Naquet

Mais les révisionnistes ne s'intéressaient guère à ces Bunker, pour la bonne raison que, dans les années soixante-dix, les autorités du Musée d'Auschwitz avaient complètement cessé d'en parler! Le site n'était ni signalé ni visité. La littérature à prétention historiographique (Poliakov, Hilberg, Vidal, et alii...) n'en parlait pratiquement pas, et les autorités du Musée d'Auschwitz semblaient disposées et bien proches de faire l'impasse sur ces Bunker pourvu que les chambres canoniques soient maintenues. En fait les Fermettes polonaises n'existaient plus qu'en filigrane par le fait que la littérature de référence obligée continuait à évoquer des gazages en 1942, donc avant la construction des chambres censées les avoir contenus.

Les Fermettes devenaient donc des chevilles théologiques nécessaires qui ne pouvaient que ressusciter dès lors que de fâcheux révisionnistes donnaient une regrettable orientation matérialiste aux investigations. D'autant plus qu'il était rigoureusement impossible d'abandonner les "fermettes" sans anéantir totalement la crédibilité des aveux de Hoess. Ou, plus exactement, sans avouer publiquement l'anéantissement total de la crédibilité de ces aveux. Crédibilité qui est de toute façon bien mal en point, mais dont on ne reconnaît que l' anéantissement partiel parce que Hoess est évidemment un pilier indispensable de l'accusation.

Pressac, à la page 39, nous raconte ce que l'on croit savoir sur le Bunker 1 ou "maisonnette rouge", c'est-à-dire à peu près rien. Il se réfère au Kalendarium c'est-à-dire à la vulgate exterminationniste et reprend un récit de gazage qui ne repose absolument sur rien: "La maison comprenait deux pièces d'une superficie totale supposée de 60 à 80 m2 sur laquelle 300 à 400 hommes pouvaient être compressés." La superficie est : "supposée". Quelques lignes plus loin Pressac nous dit que cette installation "entra vraisemblablement en service fin mai 1942." Le Bunker 1, déjà parfaitement évanescent, n'en sort pas matériellement renforcé. Page 41, Vidal-Naquet nous confirme que le Bunker 1 ne comportait pas de ventilation, ce qui est plutôt gênant pour une chambre à gaz, mais, page 42, imbriqué dans un récit de gazage dont la source est... le Kalendarium (notes 141 & 143), il nous fournit pour la première fois des précisions sur le Bunker 2 ou "fermette blanche". Ces précisions sont tirées pour partie du Musée d'Auschwitz (notes 133 & 136) où les documents avaient pu passer inaperçus des révisionnistes pour la raison, signalée plus haut, du total désintérêt dans lequel étaient tombées ces "fermettes". Mais ces informations sont surtout tirées des archives conservées à Moscou, et sont donc inédites (notes 135, 137; les notes 138, 139 et 140 se réfèrent aux mêmes archives et sont consacrées au déclenchement de l'épidémie de typhus). Or la totalité des précisions fournies par Vidal-Naquet à partir des archives de Moscou concerne l'utilisation du Bunker 2 comme chambre d'épouillage. Les plans n'ont rien de mystérieux ni de criminel. Des entreprises civiles, dont la Boos, y participent. Toutes les informations concrètes révélées par Vidal-Naquet anéantissent le récit convenu auquel il se livre du "Début du Meurtre de Masse des Juifs et L'Epidémie de Typhus". Car tel est le titre du chapitre VII dont nous respectons strictement la typographie.

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