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UNE ALLUMETTE SUR LA BANQUISE

(1993)

par Serge Thion

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Chapitre six

 

DU BON ET DU MAUVAIS USAGE

DU REVISIONNISME

REPONSE À ILAN HALEVI

ET AUTRES OBSERVATIONS [(*)]

 

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Depuis fort longtemps, je ne me soucie plus de répondre aux attaques invariablement médiocres et stupides qui me visent, par rafales périodiques. Il y a à cela au moins deux raisons, également dirimantes: la première est que la presse en France se soucie du droit de réponse comme d'une guigne. J'en ai fait de multiples expériences, il y a des années, et pour moi la preuve est faite: on peut vous insulter, vous diffamer de toutes les façons, vous n'aurez pas une ligne pour répondre, à moins peut-être de mettre en branle la machine de la justice. J'avais annoncé, dans un livre qui a ouvert ces polémiques, en 1980, que je n'y aurai jamais recours et je me suis tenu à cette décision. Je tiens que la liberté d'expression ne doit rien devoir à des magistrats, dont on connaît l' opportunisme foncier. La seconde raison est l'absolue mauvaise foi des rédacteurs de Globe, du Nouvel Observateur ou d'un quelconque Evénement du Jeudi dont l'imagination est entièrement débridée. "On ne discute pas avec les révisionnistes" affirme Vidal-Naquet (qui l'a pourtant beaucoup fait) suivi par la meute des plumitifs qui ne savent nullement de quoi même ils parlent. Et bien, moi, je ne discute pas non plus avec des idiots haineux.

Il faut, pour s'adresser à l'autre, un minimum de considération. Il faut le préjuger apte à saisir un raisonnement qui ne serait pas le sien de prime abord, il faut supposer un quelconque terrain d'entente, au moins une fraction de vocabulaire que l'on entendrait de part et d'autre comme porteur de sens à peu près partagé. C'est pourquoi je romps un long silence pour répondre à Ilan Halévi. En effet, je n'ai rien écrit sur la question du révisionnisme depuis 1982 [(1)], estimant que j'avais écrit absolument tout ce que j'avais à dire sur un sujet très loin d'être épuisé, mais que d'autres thèmes de réflexion requéraient mes soins. Je n'ai d'ailleurs pas l'intention, dans les lignes qui suivent, de revenir sur le fond de la question. Mais Ilan Halévi est quelqu'un qui mérite à mes yeux la considération que l'on peut devoir à un interlocuteur ou, à de certains moments, à un adversaire honorable. J'ignore tout de la biographie de M. Halévi sinon qu'il a la nationalité israélienne et qu'il a rallié l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine). Le texte que je vais critiquer m'apprend qu'il est né à Lyon en 1943, "à portée de botte de Barbie", et qu'il est présentement représentant de l'OLP auprès de l'Internationale socialiste. Pour un ressortissant d'un Etat, reconnaître que l'ennemi officiel de cet Etat puisse avoir raison, être mieux fondé en droit que l'Etat dont on relève, et tirer toutes les conséquences de ce jugement moral en passant avec armes et bagages à l'"ennemi" officiel, est un acte de courage personnel et le témoignage d'une forte conviction qu'il convient de saluer. Ce sont là choses rares, ainsi que j'ai pu le constater quand j'ai commencé à travailler avec les Algériens, pendant la guerre d'Algérie. Il y avait autour de moi beaucoup de paroles mais très peu d'actes. Techniquement, cela s'appelle de la trahison et les risques ne sont pas minces. En outre, Ilan Halévi est l'auteur d'un remarquable ouvrage, intitulé Question juive, et sous-titré La tribu, la loi, l'espace (Editions de Minuit, 1981). Il ne s'agit pas de documents originaux ou de recherches nouvelles, mais d'une vaste interprétation de l'histoire juive, qui pourrait se réclamer d'une certaine parenté intellectuelle avec les travaux de Maxime Rodinson. C'est un livre remarquable en tous points, qui aurait certainement mérité des critiques et une ample discussion si l'auteur, du fait de sa "tare" politique, sa qualité de "traître", n'avait subi un ostracisme total. Pas un mot sur le livre dans une presse qui pourtant ne nous épargne rien quand il s'agit de célébrer dans les moindres détails les fastes et les malheurs de la judaité.

 

Quand donc Ilan Halévi, représentant officiel de l'OLP, prend la plume pour écrire "Hypocrisies: du bon usage du révisionnisme" dans la Revue d'études palestiniennes (n°26, hiver 1988, p. 3-12), une excellente revue qui fournit avec ses documents et ses éphémérides les instruments qui permettent se suivre de près les événements, sans parler des essais, analyses et témoignages qui sont le plus souvent du meilleur niveau-- ainsi les textes de Jean Genet--, on doit s'attendre à quelques réflexion de bon aloi. On sait les Palestiniens prudents en ces matières: cherchant des appuis en Europe, ils évitent de se mêler de trop près à des querelles d'Européens. Pour Ilan Halévi, Israélien engagé dans le combat contre le sionisme, ces prudences apparaissent moins nécessaires.

Or ce texte est assez déroutant. A le lire, et le relire, on a la sensation d'être en présence d'une pensée en tourniquet. Sur un même sujet, l'auteur dit blanc, et puis noir, et encore blanc et ensuite à nouveau noir. La dialectique ne démarre pas, on tourne en rond: les révisionnistes sont très mauvais, ils disent des choses très bonnes, leurs adversaires, qui sont très mauvais aussi, disent des choses très mauvaises. Mais voyons ce qu'il en est plus précisément en reprenant les grandes articulations de cette démarche.

 

En épigraphe, un forte pensée de Marguerite Duras:"...Si l'on fait un sort allemand à l'horreur nazie, et non pas un sort collectif, on réduira l'homme de Belsen aux dimensions du ressortissant régional. La seule réponse à faire à ce crime est d'en faire un crime de tous. De le partager". On peut s'étonner de ce choix de la Duras comme référent. Une ancienne stalinienne passée au reaganisme le plus vulgaire peut difficilement passer pour une autorité morale [(2)]. On voit que d'entrée de jeu Ilan Halévi se passe la corde au cou: avant même son texte, il place le lecteur sous le poids de la Faute universelle qui est la seule justification universelle (n'étant pas proprement rattachée à l'histoire singulière d'Israel) de l'érection de l'Etat d'Israel. Un grand crime ayant été commis contre les juifs pendant les années 1940, nous sommes sommés-- et par un écrivain non-juif, femme, ex-communiste-- d'en partager la culpabilité, quelles que soient par ailleurs nos positions, nos prises de responsabilité politiques, juifs et non-juifs confondus. Le chemin de la rédemption est d'ailleurs implicite: nous devons tout faire pour protéger Israel et le sauver des démoniaques qui, au lieu de payer pour leur culpabilité, s'enfoncent dans l'ignominie de leur association avec le crime et les criminels. Comment un homme qui combat le sionisme peut en même temps se situer, dans le liminaire même, au point nodal de l'auto-justification sioniste et entériner de la sorte ce coup de force moral, c'est sur quoi je reviendrai un peu plus loin.

Mais je voudrais ici d'abord clarifier ma position, et celle de quelques individus de mon espèce, sur ce point, essentiel, de morale politique. En tant qu'individu relevant volens nolens d'une collectivité, ne fût-ce que l'humanité en général, je suis responsable des actes de cette collectivité, et tout particulièrement des crimes que sa politique peut entraîner. Cette responsabilité, je l'exerce soit par un acquiescement passif, soit en assumant et en justifiant le crime (la Raison d'Etat, la Protection de la Race, la Défense de la Civilisation, peu importe), soit enfin en la refusant, en prenant la défense des victimes et en réclamant la punition des coupables qui ont délibéré et commis ou fait commettre le crime. Dans ce cas, j'ai assumé cette responsabilité en refusant justement d'en assumer la culpabilité. Ce crime a été commis par d'autres que je désigne, que je dénonce à la vindicte des victimes. Lorsque je suis au Viêt-Nam, par exemple, disons en 1968, que j'assiste au napalmage des civils, je puis manifester ma sollicitude envers les victimes, leurs familles, leurs proches, ou tous ceux qui sont des victimes potentielles d'une action qui risque fort de se répéter, je puis dénoncer les coupables, par exemple dans un journal. Mon action sera ou ne sera pas efficace, sera ou ne sera pas préventive, ou réparatrice, mais quelles qu'en soient les conséquences concrètes, j'aurai refusé d'être associé à ce crime et, les coupables étant bien définis, j'aurai clairement délimité une sorte d'espace des responsabilités: à l'intérieur, les vrais coupables, exécutants, inspirateurs, complices actifs et passifs; à l'extérieur, les victimes, les non-coupables, ceux qui s'opposent au crime dans la mesure de leurs moyens, les ignorants de bonne foi et l'immense foule de ceux qui ne sont concernés en rien. Car, enfin, qu'on le veuille ou non, ces limites existent. Marguerite Duras et Ilan Halévi ne pourront pas eux-mêmes se convaincre qu'un éleveur mongol, un pêcheur eskimo, un pygmée du Congo ou un chasseur-cueilleur du haut-Amazone puissent en quelque façon être tenus pour responsables des horreurs qui se sont déroulées dans les Territoires de l'Est entre 1941 et 1945. Ou alors, on tombe dans une absurdité totale, qui se formulerait à peu près ainsi: "La vie de ces Mongols, de ces Eskimos, de ces Pygmées, etc., n'a réellement de sens que rapportée au sort des juifs". Voilà où nous mène l'implicite de Duras (et de mille autres dans les media d'aujourd'hui) qui sert de caution à Halévi [(3)].

 

Il commence son texte en disant que la moutarde lui monte au nez depuis longtemps parce qu'il s'opère ce qu'il appelle une "formidable régression du débat", en ajoutant aussitôt que l'existence même de ce débat est "obscure", qu'il est "amorphe et flottant, à la dérive", que c'est un "faux débat", qu'il "dégénère en une foire d'empoigne d'autant plus indécente qu'elle se pare des dehors de l'indignation morale", ce qui est une assez bonne qualification du traitement que la presse inflige à ce qu'il est convenu d'appeler le révisionnisme. Ilan Halévi voudra donc se démarquer, refuser cette "indécence", pour rester, on le suppose, dans les limites de la "décence". Mais hélas, les choses semblent commencer, pour Halévi, avec la "petite phrase au parfum révisionniste" de Le Pen, comme s'il ne s'était rien passé auparavant. Une affaire soulevée depuis bientôt dix ans!... Mais surtout il dit qu'il a fallu attendre cette phrase pour que Le Pen cesse d'être respectable. Il peut ignorer les violentes polémiques de la période 56-58, le poujadisme, la Bataille d'Alger, la censure, les journaux interdits, tout cela a pourtant existé et le rôle de Le Pen était parfaitement clair. L'intéressé parlait déjà haut et fort et ne cachait ni ses sentiments ni ses opinions. Pour ceux qui ont la mémoire courte, cette polémique a resurgi dans la presse en 1985, au moment où les affaires du Front national commençaient à bien marcher. J'ai dit à ce moment là ce qu'il me semblait qu'il fallait dire [(4)].

La polémique donc, "déclenchée par Le Pen" (comme si elle n'avait pas été en réalité déclenchée par une meute de journalistes aboyeurs) "évoque" le "faux débat instauré par les négateurs de l'Histoire". L'histoire des "négateurs" est assez comique. Le terme a été inventé, me semble-t-il, par un digne plumitif qui a doctement expliqué dans Le Monde que révisionniste n'étant pas un terme péjoratif et que ces gens-là "niant" quelque chose, il convenait de les appeler "négateurs". Et pour faire bonne mesure, on rajoute "de l'histoire", les hégéliano-marxistes écrivant même avec un H majuscule. Le tour est donc joué. Et pour montrer sa grande objectivité, le plumitif qui est professeur d'histoire, donne une petite bibliographie, présentée comme si elle signalait le pour et le contre, où il réussit à ne citer aucun texte révisionniste. Il n'y a pas grand chose à dire sur ce genre de procédé qui fleure bon le stalinisme ordinaire. Nous y sommes parfaitement habitués et nous avons vu pire. Le procédé en question se semble nullement incommoder Ilan Halévi puisque ces "négateurs" forment une "nébuleuse" (terme parfaitement adapté à une analyse qui ne l'est pas moins) allant de "l'extrême droite nazie la plus classique" (comme si toute extrême droite était nazie, vieux cliché toujours utile) à l'ultra-gauche "la plus prétendument libertaire". M. Halévi, qui a sûrement toutes les qualités sauf celle d'être libertaire-- autrement, il ne serait pas membre de l'OLP, une organisation que jamais personne, même Shimon Perès, n'a osé qualifier de libertaire, et qui veut un Etat, ce dont les libertaires ne veulent justement pas-- écrit donc comme la Pravda, où les adversaires se masquent toujours ignoblement derrière des "prétentions". Un peu plus loin, la nébuleuse en question devient une "coalition contre nature", ce qui est un thème particulièrement rebattu ces derniers temps et qui a maintes fois fait la une depuis que Jacques Vergès a assumé la défense de Barbie. Cette coalition provoquerait d'ailleurs une "hérétique résonance" entre Le Pen et Vergès. Ces deux là étaient pourtant face à face à Alger et le sont toujours si l'on veut bien simplement écouter ce qu'ils disent aujourd'hui. L'amalgame, cette bonne vieille lune, a encore de beaux jours à vivre dans nos journaux où l'on voit que Ilan Halévi pêche l'essentiel de sa réflexion. Mais il est plus fin, car aussitôt après avoir fait l'amalgame, il s'écrie :"Loin de moi l'idée d'amalgamer". Merveilles de la rhétorique !

Le rapport entre ces parties qui ne sont donc pas amalgamées est celui qui "articule l'hérésie de la secte faurissonienne" au "discours général sur la guerre", discours qui irait à l'encontre du droit issu de Nuremberg, Déclaration des Droits de l'Homme, Charte de l'ONU, etc. D'abord, on ne voit pas bien quel droit découle de Nuremberg puisque Nuremberg s'est précisément fait sur un droit nouveau, exceptionnel, fabriqué pour l'occasion, qui n'a plus jamais été appliqué depuis car il déroge entièrement aux règles traditionnelles. Halévi ne sait tout simplement pas de quoi il parle. En deuxième lieu, on ne voit pas bien qui tiendrait aujourd'hui un discours de guerre contre les Droits de l'Homme. Tout au contraire, le vieux néo-colonialisme français, le vieil impérialisme américain et autres forces d'oppression sont toutes rebadigeonnées aux gaies couleurs des Droits de l'Homme. Irai-je jusqu'à rappeler que cette subite vogue des Droits de l'Homme a été lancée par un Président américain, un certain Jimmy Carter, le "bon ami" du Shah d'Iran ? C'est au nom des Droits de l'Homme que l'on peut aujourd'hui affamer l'Afrique, massacrer au Liban, y intervenir militairement, financer les somozistes de la "contra", soutenir les Khmers rouges et autres fervents pratiquants du respect desdits droits. Enfin, je voudrais relever le terme d'"hérésie". Il dénote parfaitement la confusion qui domine la pensée actuelle: l'impossibilité de faire le départ entre une connaissance relative des faits et un besoin de les dramatiser qui est le propre de la religion. Certains faits sont choisis pour être sacralisés, alourdis d'une valeur transcendantale et orientés par une eschatologie. J'en prendrai un exemple loin de la présente controverse. Lorsqu'un certain nombre d'esprits vaguement stalinisés ont pris connaissance de la vision qu'un mystique russe offrait de l'histoire soviétique, ils ont sauté dessus. Dans l'ignorance complète des montagnes de documentation qui étaient disponibles depuis des dizaines d'années sur le Goulag soviétique, ils ont fait de Soljénitsyne leur prophète. Et le pauvre Glucksmann, embarrassé dans sa soutane de pope, s'est lancé dans la réécriture de l'histoire de la philosophie dans l'axe d'une nouvelle eschatologie droitdel'hommesque, surtout conçue comme une nouvelle machine de guerre froide. Succès médiatique assuré. Halévi nage dans le même bouillon d'inculture et c'est pourquoi il parle à notre propos d'hérésie. Nous dévions de la croyance sacralisée, nous attentons à l'orthodoxie. Qui dit hérétique pense bûcher nous devrons nous en souvenir.

Pour suivre, Halévi nous offre un exemple parfaitement clair de "faux-débat". Un faux débat, semble-t-il, désigne un débat sans objet, ou plutôt sans accord sur l'objet, soit parce que l'un des côtés pense que l'objet n'existe pas (par ex.: il n'y aurait pas de question à se poser sur les chambres à gaz des camps nazis), soit parce que l'un des côtés invente un objet, nourrit un fantasme et se plaint de ne pas trouver à le partager. Halévi invente "l'affirmation qu'un crime efface l'autre, qu'une horreur relativise l'autre". Je suis peut-être injuste en disant qu'il l'invente. Cette ânerie traîne dans une bonne partie de la presse qui, à force de ne pas lire les textes qu'elle prétend combattre, s'auto-intoxique en affirmant qu'ils contiennent les idées scandaleuses qu'elles leur attribue gratuitement. On nage dans le fantasme. Je n'ai même pas besoin de procéder à des citations de mes propres écrits, bien qu'Halévi me prenne à partie plusieurs fois. Je n'ai qu'à demander à ces procureurs: où avez-vous vu cela ? Halévi n'accepte pas "l'idée fausse" qui, d'après lui, unirait Jacques Vergès et Claude Lanzmann (avec une inversion des signes) et selon laquelle "l'ampleur des crimes commis par les uns [pourrait] atténuer la gravité des forfaits des autres".

Il a doublement tort. S'il avait compris la démarche de Vergès, il aurait vu que Vergès affirme justement le contraire, à savoir que tous ces crimes (ceux du nazisme, ceux du colonialisme, etc..) sont également répugnants, qu'ils ne s'excusent justement pas les uns par les autres (les résistants français qui torturent en Algérie, les rescapés des camps qui torturent en Israel), mais que le fait d'en avoir commis soi-même ne donne pas une position morale permettant de juger ceux qui en ont commis aussi; que, pour parler vite, les Français, s'ils veulent juger des Allemands qui ont commis des atrocités, auraient dû commencer par balayer devant leur porte et juger les Français qui avaient commis d'autres atrocités (que l'on ne cherche pas à comparer mais qui n'en étaient pas moins des atrocités) dans le vaste champ de la répression coloniale. Or ces Français ont été amnistiés, les Allemands ne le sont pas et on ne leur reconnaît même pas le bénéfice d'une disposition constante de tout notre doit, la prescriptibilité. Deux poids, deux mesures. Vergès dit simplement que pour juger il faudrait être propre. Il atteste que l'Etat français ne l'est pas, et il en parle en connaissance de cause puisqu'il était en première ligne pour défendre les Algériens. J'étais aussi de ce combat et je témoigne aussi de la forfaiture et de l'indignité morale de la France de cette époque. La honte d'être français pendant que mes amis algériens se faisaient ratonner dans les rues de Paris et que la Seine charriait des cadavres, elle s'est imprimée en moi comme au fer rouge. Elle n'est pas effacée.

Justice n'a pas été faite. Et cette justice-là ne se fera pas en condamnant dix millions d'Allemands. En achetant Barbie aux Boliviens et en le présentant comme un responsable des horreurs nazies pour éduquer les jeunes générations, on leur ment sur l'essentiel: le fait que la classe politique française dans son ensemble est responsable, entre 1945 et 1962, d'une incroyable série de ce que les belles âmes à la mode appellent des crimes contre l'humanité. Elle ne veut pas les assumer. Découvre-t-on un charnier en Algérie ? C'est que la presse algérienne est anti-française. Rapatrie-t-on les corps des soldats tombés en Indochine? Léotard nous affirme qu'il a pleuré à la chute de Dien Bien Phu. Et bien, moi, je n'avais que douze ans, j'ai sauté de joie. Que des soudards, incendiaires de paillotes, des incongrus dans la rizière, se fassent casser la figure par les villageois du cru, cela me paraissait juste et remplissait de joie mon âme d'enfant. Et l'un des premiers gestes de Mitterrand n'a-t-il pas été de réintégrer dans leur carrière militaire les officiers factieux et assassins chassés de l'armée sous de Gaulle? En quoi tout cela excuserait les Allemands, ou les Croates, ou qui que ce soit, ailleurs ? Mais si la justice n'est pas la même pour tous, qu'est-elle? On le sait, elle n'est que vengeance.

J'ai dit qu'Halévi se trompait deux fois. Vergès ne dit pas ce qu'il lui fait dire. Mais Lanzmann non plus. Les crimes contre l'humanité (concept que je ne prends qu'avec des pincettes un crime de sang est toujours un crime contre l'humanité) [(5)] sont le cadet de ses soucis. Il brame sur tous les toits qu'une seule chose compte dans l'histoire de l'humanité, c'est ce qui est arrivé aux juifs. Toute tentative de comparer le sort des juifs à celui d'autres parties de l'humanité lui paraît en soi scandaleuse. C'est le tribun tribal [(6)]. Tout ce qui n'est pas de l'intérieur de la tribu est impur, relève de l'intouchable. Il ne pourrait même pas dire que le crime contre les juifs, la Shoah, "efface l'autre". Il ne s'agit tout simplement pas, pour lui, de la même chose. On pourrait s'interroger sur les racines individuelles de ce délire sacralisateur, de cette kashrout tardive, son frère en a raconté déjà long. Mais ce qui est plus instructif, c'est de voir comment un délirant individuel (violent à l'occasion) devient en quelque sorte une institution dans notre pays. On sait l'énorme bide qu'a fait son film Shoah aux Etats-Unis. La communauté juive a jugé ce salmigondis tout à fait indigeste. Mais en France, c'est l'Etat lui-même qui a promu cette maladroite machine, Jack Lang en tête. Et la presse, comme toujours a docilement emboîté le pas elle nous a donné le taux d'écoute des cinq premières minutes de la première émission, quand Shoah est passé à la télévision, et ensuite rien. Qui pouvait vraiment supporter jusqu'à la fin ce montage qui brouille toutes les cartes, ces errances ferroviaires et ces monologues de comédiens maquillés en témoins, comme cet inénarrable coiffeur et cet affabulateur bien connu qui se nomme Filip Muller? [(7)]

C'est pourquoi lorsque Ilan Halévi écrit: "Un crime est un crime, et toute algèbre est ici insensée, perverse, qui transformerait une double négation de la vie en norme positive des sociétés", je l'approuve entièrement et sans réserve et, à part quelques lanzmannoides attardés, je ne vois pas qui pourrait se trouver en désaccord. J'ajouterai seulement, pour que les choses soient bien claires, que si un crime est un crime, rien n'empêche non plus de tâcher de le connaître, d'en établir la matérialité et les circonstances. Le jugement moral est une chose, l'établissement des faits-- dont je ne vois pas au nom de quoi on pourrait le refuser selon les procédures établies-- en est une autre. Lorsqu'il s'agit d'un crime massif et indubitable, les massacres de juifs pendant la guerre, les massacres polpotistes au Cambodge, une chose est de juger moralement, une autre de tenter de comprendre ce qui s'est réellement passé, d'en définir le lieu, le moment et l'étendue. J'ai déjà dit ailleurs que je ne croyais nullement aux chiffres avancés par les propagandes occidentales et soviétiques pour une fois d'accord attribuant à Pol Pot la mort de trois millions de Cambodgiens. Si l'on divise ce chiffre par deux ou par trois on sera, à mon sens, beaucoup plus près de la réalité. Mais ce chiffre fût-il divisible par dix ou par cent, le jugement que je porterais sur un régime capable de traiter les populations de la sorte serait rigoureusement le même.

Il y a certainement chez les révisionnistes des gens qui pensent autrement, pour la bonne et seule raison que le révisionnisme n'est ni une doctrine, ni une chapelle, ni un parti politique, ni même une théorie nouvelle. C'est un simple rappel des nécessités du métier d'historien, si bien illustré par le beau livre de Marc Bloch qui porte ce titre. Mais il y a certainement des révisionnistes pour qui le métier d'historien est une fadaise comme une autre. Ils ont un credo politique en commun avec une grande majorité des anti-révisionnistes qui se résume ainsi: nos morts sont plus précieux que ceux de nos ennemis. C'est même un état d'esprit extrêmement répandu et que les bonnes âmes qui nous gouvernent s'efforcent d'inculquer toujours plus aux générations nouvelles. Si l'on a vu ces dernières années tant de manipulations sournoises de l'esprit public pour le préparer à l'éventualité d'une confrontation globale, et pour faire voter de gigantesques crédits militaires, c'est bien sur cette base-là [(8)]. Et bien, en tant que "prétendu" libertaire, je refuse cette "algèbre insensée" (un signe plus ici, un signe moins là-bas) et je ne permets pas à M. Halévi de me faire dire le contraire de ce que j'ai déjà dit et que je redis ici. Les morts qui sont tués par une politique sont la honte de cette politique.

 

Poursuivant son idée, Ilan Halévi en vient à un argument qui, pour être original et ne pas être galvaudé dans la presse, n'en n'a pas moins à mes yeux une allure de paradoxe que je trouve exemplaire du confusionnisme contemporain. En effet, constatant qu'il existe un discours mythifiant qu'il dit "sioniste" ou "judéo-centriste", ceux qui "relativiseraient" les crimes nazis ne seraient plus les adversaires des tenants de ce discours mythifiant, mais des "complices". Les "négateurs", c'est-à-dire donc les révisionnistes "se rendent-ils compte que leur existence même fait le bonheur de leurs soi-disant adversaires? Que si les négateurs du génocide n'existaient pas, les professionnels du souvenir, justement ceux qui embrigadent les morts au service de politiques inhumaines, devraient les inventer? Les uns comme les autres démontrent avec éclat que les morts sont des enjeux, leur souvenir une marchandise que l'on peut s'arracher, des quantités que l'on marchande et comptabilise". Cet argument, repris plus loin, ici et là, mérite certainement qu'on s'arrête. Faisons-nous le bonheur des sionistes? Il me semble qu'il faille répondre oui et non. Je dis oui et dans les étroites limites suivantes: tout ce qui a une portée un tant soit peu critique (c'est à dire qui n'est pas de l'ordre de l'adoration) à l'égard de l'histoire contemporaine des juifs, ou du sionisme ou d'Israel, fait le bonheur des sionistes puisqu'ils ont les moyens de le présenter aussitôt à l'opinion mondiale comme une menace sur les juifs, une imminente répétition de l'holocauste. Des croix gammées dans un cimetière ou une concentration militaire prétendue de l'armée égyptienne dans le Sinai sont présentées de la même façon, comme une menace existentielle pour la totalité des juifs dans le monde. C'est la capacité de propagande du sionisme et son aptitude à toucher la corde sensible de la peur qui rendent son action efficace. Que tout ça se passe sur un fond de culpabilité juive (être survivant, ou n'avoir pas vécu à cette époque-là, ou de ne pas vouloir aller s'installer en Israel) ne change rien à l'affaire. Cette propagande était efficace déjà avant la Guerre, c'était le mot "pogrom" qui déclenchait la peur. On est donc là simplement dans un rapport de force, celui qui joue entre l'omnipotence et l'insignifiance en matière de pouvoir médiatique. Le poids de la menace de culpabilisation est énorme et j'ai dit ce que je pensais de la responsabilité plus haut.

 

Je prends un exemple de ce rapport de force entre l'omnipotence et l'insignifiance. Devant ce qui se passe actuellement dans les Territoires occupés, je prends ma plume et rédige quelques pages que j'intitule "Vers la dissolution d'Israel". J'y fait le simple constat que fondé exclusivement sur la force, Israel est condamné à disparaître comme entité politique. Comme je le fais habituellement de mes petits papiers souvent polémiques, je l'envoie au Monde en demandant le statut de "libres opinions". Le directeur, M. Fontaine, me fait une réponse fort civile en disant que certes, ce papier est logique, mais qu'il faut tenir compte de la psychologie et qu'il serait perçu comme "une agression", et donc qu'il ne convient pas de le publier. Si, dans un deuxième temps, je le publie, comme par exemple ici, dans le chapitre précédent, il sera lu par quelques centaines de lecteurs, convaincus ou non, je l'ignore. Mais à l'occasion, on pourra dire ou écrire pour des dizaines ou des centaines de millions de lecteurs ou d'auditeurs qu'un sinistre individu nommé S.T., antisioniste donc antisémite camouflé, appelle à la destruction d'Israel. J'aurai donc fait une fois de plus le bonheur de la clique au pouvoir à Jérusalem et de ses thuriféraires. Grâce à ça, et à mille autres événements microscopiques de la même eau, ils pourront réclamer une augmentation des cotisations de la diaspora et acheter vingt mille matraques de plus. C'est possible. C'est même hautement probable. Et pourtant je n'en tirerai pas la conclusion qu'il faut se taire. Qui ne dit mot consent. Je ne veux pas consentir à ce qui se passe et j'ai le droit le plus élémentaire de le faire savoir. Je suis responsable de ce que je dis, de ce que j'écris, de ce que je signe et certainement pas des déformations, des distorsions que des esprits malfaisants et orientés peuvent infliger à l'expression de ma pensée. Que le système sioniste soit une entreprise de perversion de la pensée, j'en suis convaincu depuis longtemps. Qu'un jour peut-être pas si lointain, on juge que le sionisme aura été une effroyable perversion de la pensée au même titre que le stalinisme, par exemple, pour rester dans le vingtième siècle, et l'on verra des théories d'anciens coupables venir battre leur coulpe devant les caméras, et tenter de faire une nouvelle carrière sur la dénonciation de leurs erreurs passées. On a assez vu ça. Et même si les antistaliniens des années 20 ou 30 ont eu raison trop tôt, les Rosa Luxemburg, les Boris Souvarine, les Victor Serge et quelques milliers d'autres, même si le petit père des peuples pouvait en tirer des effets certains de propagande en les classant dans les contre-révolutionnaires (qui existaient par ailleurs, bien entendu), ces gens auront sauvé pour nous l'essentiel, la lucidité, la capacité de comprendre le monde tel qu'il est, et surtout le droit de le dire. Il en va de même aujourd'hui. Si l'on a des doutes (et pour mon compte, je dis bien des doutes et non des certitudes) sur la question des chambres à gaz, qui n'est importante que par la symbolique qu'elle sous-tend, et même si c'est une aubaine pour ceux qui se chargent de la propagande sioniste (qui pourtant ne sont généralement pas à court d'idées), je crois qu'on ne peut pas se taire, qu'on ne peut pas renoncer à l'idée que le monde et son histoire, faite par des hommes, devrait être compréhensible par d'autres hommes, qui viennent après, et qui ont besoin de cette compréhension.

Que les staliniens aient qualifié leurs critiques d'hitléro-trotzkystes ou d'agents de l'impérialisme anglais ne changeait rien à l'affaire. Ilan Halévi et, dans une lettre à moi adressée, Elias Sanbar, le rédacteur-en-chef de la Revue d'Etudes palestiniennes, disent que les thèses révisionnistes font le jeu des Israéliens, que de les soumettre à l'examen du monde arabe, on chercherait à "utiliser" les Palestiniens. Le révisionnisme n'a nul besoin des Palestiniens, ni des Patagons ni de personne d'autre; encore une fois, ce n'est pas une politique. Mais qu'une entreprise historienne qui ébranle indirectement l'idéologie fondatrice de la soi-disant légitimité d'Israel, paraisse menacer dans le même temps les droits des Palestiniens parce que les sionistes vont réagir, se débattre et tenter de raffermir un fondement idéologique qui se fissure, est un argument de nature trouble. Je crois qu'il faut l'expliciter ainsi: comme je l'ai déjà dit [(9)] et comme d'autres l'ont aussi fait remarquer, le mouvement national palestinien s'est intimement imprégné du modèle sioniste. Il a une façon de se modeler sur les arguments, la symbolique, la mystique du sionisme qui relève de la fascination, et qui ne laisse pas d'inquiéter. Le dernier exemple en date est l'affaire du Sol Phryné, ce bateau que l'OLP a acheté 600.000 dollars pour mettre à son bord les expulsés des Territoires occupés et les ramener vers les côtes palestiniennes pour rejouer, devant les caméras, la "tragédie de l'Exodus". Ce remake devait toucher là aussi à un des mythes fondateurs de l'Etat hébreu. Effrayé par cette tentative de captation de symbole, le Mossad a aussitôt fait sauter le navire. Cette compulsion à rejouer les scénarios qui ont si bien réussi aux sionistes dans les années 30-40 n'amènera évidemment aucun résultat tangible. L'actuelle diaspora palestinienne ne peut en aucune façon jouer le rôle déterminant qu'a eu la diaspora juive à cette époque là. Et l'histoire ne se répète pas.

Je crois discerner dans les réactions d'Ilan Halévi, Elias Sanbar et d'autres intellectuels palestiniens en exil un sentiment de malaise devant la possibilité qu'une partie des mythes fondateurs d'Israel ne s'effondre, ou au moins ne s'érode. Dans le parallélisme des symboles, toucher à la souffrance juive reviendrait à toucher à la souffrance palestinienne. Désacraliser d'un côté obligerait à désacraliser de l'autre, tant est contraignant ce jeu de miroirs. Ce ne sont là, à mes yeux, que des jeux artificiels qui ne touchent guère qu'à la symbolique de la lutte, manipulée par des intellectuels spécialisés dans l'élaboration d'une formule nationale, sans racine dans le passé, alors que le vrai moteur de cette lutte se trouve dans l'oppression sous toutes ses formes, surtout sociales et économiques, enjeu soigneusement refoulé dans la revendication palestinienne, telle qu'elle s'exprime par ses organisations politiques et ses intellectuels "organiques".

J'ai même pensé-- pour en revenir à notre question-- et je pense encore, que les révisionnistes, c'est-à-dire quelques individus et les très dérisoires moyens qu'ils ont mis en oeuvre, bénéficiaient d'une sorte de protection occulte du Mossad. Il y a quelques années, nous avions vent, de temps à autres, par nos longues antennes, de projets vagues et violents qui nous visaient. Quelques violences furent même exercées, contre des livres ou contre des personnes. Mais on sait en même temps qu'il existe des milices juives armées, issues du Bétar et d'autres groupes extrémistes, que ces milices ont même reçu la bénédiction des autorités socialistes, Mme Castro, l'épouse de Laurent Fabius, l'a assez fait savoir avant les élections de 1986. Mais on sait aussi que ces milices sont discrètement encadrées, formées et équipées par le Mossad. Ces gens pouvaient en une heure faire ce qu'ils voulaient. Leur impunité est assez connue, elle aussi. Plusieurs Palestiniens l'ont payé de leur vie à Paris. Jusqu'à présent, ces fanatiques n'ont rien fait. On en conclura ce qu'on voudra.

J'ai dit tout à l'heure, à la question de savoir si le révisionnisme fait le bonheur des sionistes, oui et non. Si c'était le cas, on ne verrait pas dans les prétoires se déployer ces escadrons d'organisations juives, on ne verrait pas ce flot d'articles, de revues, de livres, se montant les uns sur les autres, dans le but, chaque jour plus lointain, d'écraser les impies. On ne verrait pas se multiplier les conférences internationales, toujours ressassantes, on ne verrait pas toutes ces tentatives de légiférer, quoi qu'il en coûte, contre une opinion, on ne verrait pas toute cette frénésie qui saisit le corps politique pour contourner et contenir ce qui n'est, après tout, qu'un questionnement. Surtout, comme le dit Halévi lui-même, si les révisionnistes n'existaient pas, les sionistes devraient les inventer. Ceci veut dire qu'en l'absence d'ennemis réels, les partisans et les mainteneurs de l'Etat d'Israel seraient capables de fabriquer des épouvantails. Halévi est justement celui qui a rappelé que les services israéliens n'ont pas hésité à jeter des bombes dans les synagogues de Bagdad pour amorcer l'émigration vers Israel des juifs irakiens. Beaucoup d'autres actes antisémites sont à cet égard très suspects. On sait que dans la société réelle, en France par exemple, le niveau d'antisémitisme n'a jamais été si bas, l'intégration et l'assimilation si massivement engagées, au point que les rabbins crient maintenant au danger du "génocide doux". C'est ainsi qu'ils appellent les mariages mixtes. Dans le même temps, dans la société phantasmée par la presse, on dépeint l'antisémitisme comme un danger immédiat, une force qui monte et qui doit être jugulée d'urgence. Qui invente quoi? En réalité, tous ces processus qui visent à angoisser la "communauté", à faire qu'elle se sente obligée de toujours resserrer ses liens avec Israel, étaient en place, et en pleine activité bien longtemps avant que le révisionnisme apparaisse sur la scène publique. L'argument qui consiste à dire que nous "faisons le jeu de l'ennemi", outre son aspect typiquement stalinien, ne tiendrait debout que si l'on faisait complètement abstraction des réalités sociales. Pour dire la chose gentiment, je le trouve stupide.

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