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UNE ALLUMETTE SUR LA BANQUISE

(1993)

par Serge Thion

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Chapitre deux

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LETTRE À UN DEPORTE

 

Lorsqu'au début des années 70, Pierre Guillaume et mes amis de la Vieille Taupe - qui était alors l'enseigne d'une librairie - tombèrent sur les livres de Paul Rassinier, je ne tardai pas à les lire avec le sentiment qu'il y avait là de quoi repenser ce qui s'était passé dans les camps et dont la vulgate nous donnait une version apparemment rectifiée. Néanmoins, pour convaincantes que pouvaient me paraître les analyses de Rassinier, je crus nécessaire d'en vérifier la valeur auprès des témoins, les rescapés des camps. Je fis donc le tour de tous ceux que je connaissais et, comme ils avaient tous eu l'occasion, depuis 45, de procéder à l'autocritique de leurs engagements politiques de l'époque, ils confirmèrent tous que Rassinier touchait juste dans sa perception du partage des responsabilités entre les gardiens allemands des camps de concentration et les directions politiques des prisonniers, elles-mêmes formées de prisonniers, concernant les pires aspects de la vie des camps. Lorsque l'affaire Faurisson vint sur le tapis, je les consultai à nouveau. Aucun n'avait vu de chambre à gaz en état de fonctionnement, bien qu'ils en aient tous entendu parler à leur arrivée dans les camps. L'un d'eux pensait même avoir dormi dans la chambre à gaz de Dachau, au moment de la libération, un local dont on sait parfaitement aujourd'hui qu'il n'a jamais servi à tuer qui que ce soit. Certains avaient été à Auschwitz. Je leur soumis les descriptions tirées des ouvrages de référence, les plans, les photos. Ils ne s'y reconnaissaient généralement pas. Ils tombaient d'accord pour dire que les choses qui s'étaient passées là avaient dû se passer autrement que dans les descriptions canoniques. Certains, qui se souvenaient avoir vu des gens faire la queue à l'entrée des crématoires, se disaient certains de ne pas les avoir vu en sortir. Tous, en tout cas, étaient conscients du fait que leurs souvenirs étaient parfois très imprécis, que leurs perceptions sur le moment pouvaient avoir été floues, ou même hallucinées, en raison de leur épuisement, de la faim, du travail trop dur et des coups qui abrutissaient. L'un d'eux, un vieux et cher ami, me confia quelques livres en me demandant de voir dedans, qu'il y avait sûrement toutes les preuves dans ces pages. Quelques temps après, je lui fis mon compte-rendu:

 

J'ai commencé à regarder les livres que tu m'as prêtés. C'est toujours extrêmement pénible et rebutant. Je les regarde néanmoins avec un souci bien délimité: chercher dedans ce qui peut nous éclairer sur tout ce qui concerne très précisément les chambres à gaz, leur fonctionnement, leurs effets. Il s'agit de cerner un problème concret. C'est là le noeud de l'affaire Faurisson. Comme je te l'ai dit, je ne désire pas m'engager dans un véritable travail d'historien sur le sujet. Mais je me dois de te faire part de mes réactions à ces ouvrages.

Je commence par les cinq volumes du Comité International d'.Auschwitz. On pourrait d'ailleurs dire le comité polonais, puisque toutes les contributions sont polonaises (Przeglad Lekarki Auschwitz [Comité international d'Auschwitz], Anthologie, éd. par Jerzy Rawicz, tome I-2, Médecine inhumaine, 261p.; II-1, Dans l'enfer, ils sauvaient la dignité humaine, 210 p.; II-3, Idem, 193 p.; III-1, Cela ne s'est pas terminé en 1945, 181 p.; III-2, Idem, 223 p., 1969). Il n'y a aucun texte qui traite directement de la question des chambres à gaz, ou qui en donne une description même vague. On y trouve le verdict du procès de Francfort de 1965, dit procès d'Auschwitz. On y a condamné des médecins qui avaient participé à des sélections. Le tribunal semble avoir considéré que cela équivalait à des assassinats puisque Hoess, dans ses mémoires, dit que les médecins qui sélectionnaient sur la rampe étaient aussi chargés des gazages. Il me semble évident que le témoignage de Hoes, aux mains des Polonais, a été manipulé. Mais dans quelle proportion, cela reste à déterminer. Mon attention s'est surtout fixée sur le papier du Dr. Tadeusz Paczula (Vol. II, 1, p. 38-73) qui a tenu le Totenbuch [registre des décès] pendant deux ans (mais il ne dit pas quelles années). Il est ahurissant de constater quelle énorme paperasserie engendrait l'administration du camp, en particulier, en ce qui concerne les décès. Il dit que les nombreux documents qui suivaient un décès nécessitaient 21 signatures pour une mort naturelle, et 33 pour une mort non-naturelle (p. 45). Il mentionne à ce sujet les gazés, les fusillés, les tués par injection de phénol. En ce qui concerne les fiches établies sur les arrivées des nouveaux convois, il n'est pas très clair. Cette contribution - une étude de l'administration - me paraît importante mais trop imprécise et malaisée à estimer [(3)].

Je continue par Vassili Grossmann, L'Enfer de Treblinka (Arthaud, 1945 et 1966, 91 p.). C'est apparemment une brochure soviétique à la plus grande gloire de la vaillante Armée rouge. En général, on est beaucoup moins bien renseigné sur Treblinka et les autres "petits" camps d'extermination que sur Auschwitz. Je crois que Faurisson n'a pas particulièrement abordé cette question. Grossmann semble avoir interrogé des gens après l'arrivée des troupes soviétiques, mais il ne dit pas qui, ni quand, ni comment. Le ton n'est pas précisément celui de la description factuelle. J'ai relevé deux choses. D'abord le nombre. Il fait à deux reprises, et par des moyens différents, des calculs, incroyablement arbitraires, qui l'amènent à dire que trois millions de personnes sont mortes à Treblinka. Ca ne tient pas debout. Le livre La Déportation parle de 700.000 morts. J'ignore sur la base de quoi on a fait une telle estimation. Quant aux procédés, Grossmann parle de deux systèmes, l'un par des gaz d'échappement d'un moteur, l'autre par une pompe à vide. C'est pour le moins étrange. En bref, ce texte ne paraît guère sérieux et l'auteur n'est pas un témoin direct.

Le gros livre intitulé La Déportation, édité par la FNDIRP (1968, 295 p.) est évidemment très intéressant. J'objecterai au principe même d'une préface par un Martin Chauffier que je considère comme le type du faux derche qui a "profité" de la déportation. (Jean Paulhan affirmait que Martin Chauffier avait commencé la guerre en trafiquant sur les métaux avec les Allemands, à Lyon, je crois). Mais passons. Il y a beaucoup de photos intéressantes; on regrette que les sources de ces photos ne soient pas plus explicites. Il y en a où la légende est discutable. Les quelques pages sur les chambres à gaz (p. 134 à 139) sont particulièrement peu démonstratives, comme la photo (p. 134) d'un soldat américain devant une étuve de désinfection à Dachau; elle est très connue. Donner cet endroit pour une chambre à gaz est ridicule. Celle de la p. 136 n'est pas plus sérieuse: l'endroit a deux grandes fenêtres. Pour le reste on voit des gens qui se déplacent, ce qui n'est pas très probant. Il y a aussi une photo d'une facture de Zyklon B, adressée à Gerstein. La chose est connue mais ne renseigne pas, en elle-même, sur l'usage dudit Zyklon B.

Pour Maidanek, pas de document sur la chambre à gaz. Je note que le 3 novembre 1943, les SS auraient abattu à la mitrailleuse 18.000 personnes. Je ne sais pas si la chose est vraie mais il me semble que ça rendrait les chambres à gaz pour le moins inutiles (p. 217). Sur les autres camps, Treblinka, Sobibor, Belzec, Chelmno, les photos ne nous apprennent et ne montrent rien.

On peut faire les mêmes remarques pour la brochure L'Impossible oubli (supplément au n° 363 du Patriote résistant, janvier 1970, 98 p.). Evidemment, certaines photos sont les mêmes mais il arrive que les légendes changent. C'est sans doute inévitable, les photos circulent mais on ne sait plus très bien qui les a prises, ni où ni quand. Là non plus, il n'y a pas d'éléments qui nous apporteraient des renseignements précis, sans compter les absurdités: "Il n'était pas rare qu'en un seul jour parviennent 10.000 déportés juifs à Treblinka" (p. 40). Tout le monde semble d'ailleurs dire qu'il n'y avait pas de four crématoire à Treblinka; on se demande bien pourquoi puisqu'on en a construit un grand nombre à Auschwitz et ailleurs, précisément pour faire face au problème de la montée du nombre de cadavres (quelle que soit la théorie qui explique cette situation).

J'ajouterai un seul commentaire, sur la dernière page, "le bilan de la déportation", qui reprend des chiffres couramment cités: 200 à 240.000 déportés. Où l'on cite aussi les efforts du Comité d'histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Or il se trouve que ce Comité, après vingt ans de recherches, est arrivé à un dénombrement à peu près complet. Mais il a décidé de ne pas rendre public le chiffre auquel il est parvenu pour ne pas avoir d'histoires avec les associations d'anciens déportés (j'ai les photocopies du bulletin intérieur du Comité). Par un biais que j'ignore, Faurisson a obtenu ces chiffres "secrets". Les voici: 91.000 déportés en tout, dont 28.000 "raciaux" et 63.000 "non-raciaux", pour garder la terminologie de l'époque. Sont rentrés en 1945, 3500 "raciaux" et 37.000 "non-raciaux". Les "non-raciaux" incluent évidemment des juifs déportés pour des causes précises (résistance et autres). Soient 40.000 déportés rentrés en 1945. Le bilan des pertes humaines est évidemment très lourd.

Témoignages sur Auschwitz, (Edition de l'Amicale des déportés d'.Auschwitz, 1946, 209 p.). La préface de Jean Cassou est particulièrement crapuleuse: il dit que le génie humain est l'opposé du génie allemand, que "la haine est devenue une nécessité morale et l'un des ressorts qui doivent soutenir le relèvement de la France". Parlant des collaborateurs, il dit que "ceux-là n'étaient pas conduits à une telle action par des raisons physiologiques, par cette similarité du sang qui, au dire des Allemands eux-mêmes, justifie leur singularité et en fait véritablement une "race", une race à part, une espèce à part dans l'univers biologique. Ceux-là n'étaient pas de la race". Vraiment écoeurant, non? Comment pouvait-on tenir un discours aussi précisément nazi dans un bouquin manifestement fait par des communistes [(4)]? Ces textes sont très difficiles à manier parce qu'ils manquent de toute précision chronologique, et surtout qu'ils mêlent très souvent les choses qu'ils ont vues et celles dont ils ont entendu parler. Il y a, par exemple, des histoires qui n'ont plus cours aujourd'hui: les exécutions par "plancher électrique" ou "noyade dans les douches" (p. 9). Dans ce même témoignage, le Dr. Krewer explique d'abord qu'on sélectionnait des gens pour les envoyer dans de prétendus camps de convalescence mais que c'était une ruse pour les envoyer dans la chambre à gaz (p. 12-13). Il dit ensuite qu'il a été lui-même sélectionné et envoyé dans un tel camp de convalescence: "Fait curieux, dit-il, au lieu de nous brûler, nous, foyer dangereux de dissémination de germes, on nous nourrissait, on nous soignait, on nous offrait même une convalescence de deux mois" (p. 16). Et il ne voit nulle contradiction... Je note aussi une phrase intéressante dans le témoignage de Petitjean: "Notre première nuit se passe, empilés dans le block qui servait à la désinfection des vêtements et à la fois de "chambre à gaz"" (p.33).

 

 

LETTRE À UN ANTISEMITE

 

Un certain M. Loubet, qui publie diverses brochures d'inspiration nazie, entreprit de me convaincre que je n'étais pas loin de découvrir la vraie doctrine et qu'il me fallait encore faire un effort. Lettre du 6 février 1981:

Vous vous rangez malgré vous du côté des nationalistes ou plutôt des Nationaux-Socialistes mais avec beaucoup de réticences. Combien de temps vous faudra-t-il donc pour comprendre que le Nat-Socialisme n'est rien d'autre que ce que ses adversaires implacables, les juifs et les francs-maçons en ont fait?! Combien de marques vous faudra-t-il donc encore de la perversité intrinsèque aux circoncis au 8ème jour? (Cf. le livre Essais secrets du professeur Dommergue, juif lui-même). Combien de crimes, combien de falsifications, combien d'horreurs les monstres sionistes devront-ils encore commettre pour que vous et les autres se réveillent vraiment?!

Le 20 février, je répondis à M. Loubet:

 

J'ai bien reçu votre lettre du 6 février et les publications qu'elle contenait. Je veux vous dire que je ne suis pas du tout de votre avis. Je suis politiquement anarchiste, c'est-à-dire hostile à toute idée de nation, de nationalisme, d'Etat, etc. Toutes ces doctrines, qui cherchent à assurer la domination d'un groupe sur les autres, et le national-socialisme tout particulièrement, n'aboutissent, quand elles se traduisent par des actes, qu'à des catastrophes. De même, je m'oppose à tout jugement ou à toute condamnation collective, qu'il s'agisse des juifs, des francs-maçons, des Allemands, ou des porteurs de cravate vert pomme. Je ne connais que des responsabilités individuelles.

C'est donc en éprouvant le plus complet désaccord avec les termes de votre lettre et de vos publications que je puis vous dire que je vous reconnais le droit entier pour vous et vos amis de vous exprimer, ici ou ailleurs, comme en Allemagne, et que je trouve profondément inquiétante toutes les répressions contre la pensée et l'intelligence. Souvenez-vous que l'.Allemagne nazie envoyait les gens comme moi dans les camps.

 

LETTRE À UN SIONISTE

 

J'avais publié dans Le Monde (16 juillet 1981) un commentaire sur le jugement qui était intervenu au terme du premier grand procès intenté au professeur Faurisson. Cet article (voir chapitre précédent) avait entraîné un certain Raymond Lipa, membre de la LICRA, à envoyer à ce journal une réponse que la rédaction n'a pas voulu publier parce qu'elle m'aurait ouvert, à son tour, un droit de réponse. Et les journaux français, comme on sait, ont une sainte horreur de ce fameux droit de réponse. M. Lipa, mécontent d'être ainsi forclos, m'envoya sa missive le 27 septembre 1981.

Après avoir rappelé que je n'avais pas connu l'épreuve de la déportation, "dans un blizzard européen coupant comme un rasoir", qui aurait changé mon "optique", il poursuit:

Les attestations de l'existence des chambres à gaz sont suffisamment nombreuses et sérieuses pour que l'on n'ait pas même une seconde d'attention à consacrer aux contestations de ces messieurs de la "Vieille Taupe" et consort. Ce n'est pas de la "répression" que l'on exerce contre cette équipe, mais un travail de salubrité et d'hygiène publique. Et les sanctions des tribunaux à l'encontre de M. Faurisson -- en regrettant que M. Serge Thion n'en soit pas gratifié -- ne sont que des mesures prophylactiques élémentaires.

Et plus loin:

M. Thion enfile les phrases comme des perles, mais son fil est loin d'être invisible. Il n'abusera personne d'équilibré en supposant une intention d'amalgamer le fait juif - et toutes ses conséquences réelles historiques et actuelles - à la politique de M. Begin. Quant à faire le lit de l'.antisémitisme, nous pensons qu'il serait difficile de battre l'éditeur de M. Faurisson dans cette compétition.

Les juifs n'évoluent pas dans l'univers fantasmagorique concurrentiel que s'est construit M. Thion, connaissant très exactement les incidences qui créent les "bourreaux des juifs" et ne se laissent pas abuser par quiconque entendrait les retrancher -- même mentalement -- du commun du genre humain. Ils font grâce à votre correspondant de sa "sollicitude" et l'assurent qu'ils n'ont nul besoin d'extra-historicité. L'historicité toute simple leur suffit, surtout lorsqu'ils y trouvent des Faurisson et des Thion.

Un dernier mot au sujet de l'allusion de l'assistance militaire d'Israel à l'Afrique du Sud. Je puis, pour ma part, en tant que membre de la LICRA, conscient et militant, assurer que, dans le contexte actuel du boycottage économique, politique, diplomatique, culturel, mais surtout RACISTE dont Israel est l'objet de la plupart des pays arabes et de ceux qui les soutiennent - dont l'Union soviétique qui, elle-même traficote avec le San Salvador et le Chili, entre autres pays à direction "musclée" - l'Etat hébreu n'a pas à éprouver de complexe en commerçant avec le régime de Pretoria qui, sous d'autres angles, vaut bien celui de Ryad, de Téhéran, de Baghdad, de Damas ou d'Alger chez lesquels on exige des exportateurs, transitaires et sous-traitants, des "certificats de baptême" et l'ENGAGEMENT ECRIT de ne pas employer de personnel juif à aucun stade de manipulation des denrées ou marchandises à expédier.

Ce n'était pas la première fois que je voyais ainsi des membres de la LICRA voler au secours de l'Afrique du Sud et de son régime d'apartheid. La coupe étant pleine, j'expédiai la réponse suivante le 23 octobre 1981:

 

Au retour d'un long voyage, je trouve votre lettre, copie "pour information".

Je constate que les condamnations judiciaires qui portent sur des faits d'opinion vous apparaissent comme "un travail de salubrité et d'hygiène publique". C'est là un vocabulaire qui rappelle fâcheusement celui des nazis.

Je constate également que, membre d'une organisation qui se dit antiraciste, vous ne voyez aucun inconvénient à ce que l'Etat d'Israel commerce et entretienne des relations militaires avec l'Afrique du Sud, un pays dont les dirigeants actuels furent parmi les principaux adeptes étrangers du nazisme.

Monsieur, vous avez été prisonnier en Allemagne pendant la guerre. Ce devait être une erreur. Vous auriez dû être de l'autre côté des barbelés.

 

LETTRE À UN FASCISTE

 

Le responsable de la publication d'une revue fasciste, anticapitaliste, anti-américaine, appelant au relèvement d'une Europe blanche et peut-être même aryenne, m'écrivit en avril 1987. Je lui fis cette réponse:

 

Vous me demandez l'autorisation de publier un texte qui circule sous ma plume intitulé "Pour les beaux yeux du Mossad". C'est très aimable à vous. Je vais donc vous faire une réponse qui n'est paradoxale qu'en apparence: je ne peux pas vous donner cette autorisation mais vous pouvez publier ce texte.

En effet, j'écris dans le désir de convaincre quelques-uns de mes contemporains. Mes textes sont donc dans le domaine public. Les reproduit qui veut. Je souhaite seulement qu'ils le soient dans leur intégrité. Je ne me sens évidemment tenu ni d'approuver ni de désapprouver le contenu des publications, d'ailleurs extrêmement divers, qui ont la bonté de les accueillir.

 

Le texte fut donc republié, intégralement, mais sous un autre titre, nettement moins bucolique: "Il tue, il tue... le Mossad" (Le Partisan européen, n°10-11, août 1987).

 

TELEGRAMME À CERTAINS DE MES CHERS COLLEGUES

 

Ce qu'il est convenu, sans méchant jeu de mot, d'appeler le "milieu" universitaire entra dans une forte ébullition après la parution du livre et les témoignages qui furent apportés au procès Faurisson. Il y eut de nombreuses réunions qui toutes, par un louable souci d'objectivité, se tinrent en l'absence des principaux accusés. Des pétitions circulèrent. Des accusations furent lancées. Des manoeuvres furent tentées dans maints couloirs. Je méditais une réponse longuement circonstanciée. Mais il se trouva dans ce milieu suffisamment de gens pour s'opposer à ceux qui étaient résolus à attenter à la liberté de pensée. Je me bornai donc à envoyer ce petit télégramme aux plus acharnés de mes chers collègues. C'était au lendemain de la proclamation de l'état de guerre en Pologne:

 

 

AU NOM PARTI ET ARMEES EXPRIMONS CHALEUREUSES FELICITATIONS A GROUPE CANDIDATS NANTERROIS A FONCTIONS COMMISSAIRE POLITIQUE. STOP. VOTRE LETTRE DENONCIATION DEUX CHERCHEURS REVISIONNISTES NOTEE 18/20. STOP. TECHNIQUE REDACTIONNELLE EXCELLENTE. STOP. SUSPICION ANTISEMITISME TRES UTILE DANS CONTEXTE ACTUEL OPINION OCCIDENTALE. STOP. INTENSIFIER CAMPAGNE COMME PREALABLE INTERROGATOIRE RENFORCE TOUS CHERCHEURS "À DEMARCHE SUSPECTE". STOP. DIPLOMES COMMISSAIRES DEUXIEME CLASSE ET RECRUTEMENT POLICE POLITIQUE ASSURES.

signé: JARUZIELSKI

Warszawa, 20.12.81

 

Je n'entendis plus parler d'eux.

 

LETTRE À UN JOURNALISTE

 

À M. Roland Itey, La Croix, le 7 février 1985:

 

Je lis avec attention votre article du 5 février intitulé ".Mengele court toujours". Vous écrivez que l'on estime (peut-être serait-il intéressant de savoir qui est ce "on") "à 400.000 le nombre des morts dues aux expérimentations criminelles et pseudo-scientifiques de Mengele". Cela fait un choc, pensez donc, 400.000 morts.

Je me suis dit, voyons, le camp d'.Auschwitz a fonctionné pendant à peu près trois ans, de la fin 41 à janvier 45. Si Mengele a été en service toute cette durée, ce que j'ignore, il a donc tué 130.000 personnes par an. S'il n'a pas pris de congé, qu'il était à son poste chaque jour de l'année, il a donc tué, en moyenne, 356 personnes par jour. En admettant qu'il travaillait beaucoup, disons seize heures par jour, ça fait plus de 22 personnes à l'heure, c'est-à-dire qu'il lui fallait dépêcher quelqu'un toutes les deux ou trois minutes, ce qui est un temps un peu bref, vous en conviendrez, pour faire des expériences scientifiques, fussent-elles "pseudo".

Itey missa fuit.

 

LETTRE À DEUX NOUILLES IDOLÂTRES

 

À Messieurs Poirot-Delpech et Kéchichian, plumitifs au Monde,

le 11 avril 1987:

 

Vous êtes deux pauvres nouilles et je vais vous dire pourquoi, par pur souci humanitaire. M. Patrick Kéchichian rend compte le 26 mars d'un livre de Sarah Kofman, Paroles suffoquées, ouvrage d'une philosophe qui porte sur Auschwitz et les camps, qu'elle n'a pas connus, non plus d'ailleurs que l'autre philosophe cité à l'appui, Vladimir Jankélévitch, qui pendant la guerre vivait à Toulouse. Les philosophes ont certes comme les autres la latitude de dire ce qu'ils croient pouvoir penser de cet horrible drame. Certes, la motivation avancée par Kéchichian est absolument illogique: "Dire l'expérience impensable des camps"; on ne dit pas l'impensable, même quand on est philosophe. C'est pourquoi il faut ajouter la "souffrance" devant "l'impossibilité de communiquer cela sans le ramener au pensable, sans le réduire à quelque chose de mesurable dans le langage commun", ce qui est, on en conviendra, la tâche première de la philosophie. Et Mme Kofman le fait avec des textes. Il n'y a donc rien là que de très normal dans sa fonction et le titre de Kéchichian: "Dire encore l'impensable" n'est rien d'autre qu'une idiotie à la mode dont la fonction est bien connue: nous faire croire que ce qui s'est passé dans les camps nazis est un événement unique dans les annales de l'humanité, au nom de quoi nous sommes libres d'ouvrir d'autres camps, de torturer, de massacrer en Algérie, à Madagascar, au Viêt-Nam, au Guatemala, en Argentine, en Grèce, en Turquie, en Afrique du Sud, j'en passe beaucoup, et les Soviétiques, pour les mêmes raisons, sont libres aussi chez eux de faire ce que nous savons qu'ils font. Et je ne parle pas des Israéliens qui sont au-dessus de tout soupçon. C'est avec ce baratin de l'impensable, de l'incommunicable, qu'on s'astique l'auréole. S'il n'y avait pas eu les méchants nazis, il faudrait les inventer.

C'est précisément ce que font certains. Ils inventent. Ils en rajoutent. L'un des faussaires les plus célèbres est justement celui qu'encense cette autre nouille de Poirot-Delpech, Elie Wiesel, au faîte des honneurs: son dernier livre devrait être au programme de toutes les écoles, dit notre magister. Pourtant, il ne faut pas être grand clerc pour voir, dans celui que Mme Ahrweiler à la cérémonie de la Sorbonne a appelé un "miraculeux archiviste", un charlatan qui n'est miraculeux qu'au sens de la Cour des Miracles. Ce n'est pas seulement le professeur Faurisson qui le dit (et qui le démontre) mais aussi l'anti-révisionniste patenté, Pierre Vidal-Naquet. Ne vient-il pas de déclarer au mensuel Zéro (Avril 1987, p.57): "Par exemple, vous avez le rabbin Kahane, cet extrémiste juif, qui est moins dangereux qu'un homme comme Elie Wiesel qui raconte N'IMPORTE QUOI (c'est lui qui souligne)... Il suffit de lire certaines descriptions de La Nuit pour savoir que certaines de ses descriptions ne sont pas exactes et qu'il finit par se transformer en marchand de Shoah... Eh bien lui aussi porte un tort, et un tort immense, à la vérité historique". Alors Poirot, tu as l'air de quoi maintenant? D'une pauvre nouille. Et si je citais le reste de l'article, tu ferais un vrai plat de macaronis (Le Monde, 10 avril 1987).

Et l'autre nouille de Kéchichian qui nous avertit que l'autre grossiste en Shoah business, Claude Lanzmann, "présente un nouveau témoignage accablant"... On en a déjà eu un paquet de même source, le plus beau était sans doute celui d'un audacieux menteur qui prétendait avoir passé "trois ans dans les chambres à gaz". On a bien ri, que faire d'autre?

C'est pourquoi il faut du révisionnisme, ou plutôt de la révision, pour évacuer les tombereaux d'inepties qui se disent et s'écrivent chaque jour qui passe sur la période de la guerre. Kéchichian, aussi maître d'école que son illustre aîné, veut "condamner ceux que l'on nomme pudiquement les "révisionnistes" à lire l'ouvrage de Robert Antelme, L'Espèce humaine." Mais, pauvre nouille, ce livre, ils l'ont lu bien avant toi; écrit en 47, il a été publié dix ans plus tard. Et si tu l'avais lu, nouillasse, tu verrais qu'il date d'avant la grande holocaustication, qu'il n'y a pas de monopole juif, ni même de chambre à gaz dans ce livre. Si tu l'avais lu, tu aurais compris le titre: l'espèce humaine, elle comprend les bourreaux et les victimes, et même que les pires bourreaux sont les victimes passées du côté des bourreaux. L'espèce humaine, c'est tout le monde, et pas seulement les nazis, et pas seulement les juifs. Wiesel n'écrivait pas encore, il a fallu que ce vieux curé ranci de Mauriac l'y pousse.

Vous avez beau vous débattre, et Mme Ahrweiler a beau promettre à Wiesel qu'elle maintiendra la Sorbonne, menacée sur sa "périphérie", revisionnistfrei, le révisionnisme est sous vos pieds. Vous ne pourrez plus faire un pas sans tomber dans ses trappes.

 

Ces deux nouilles restèrent coites dans leur plat, mais je reçus un coup de téléphone de la beauvoirienne de service, Josyane Savigneau, qui tenta nerveusement de me dire de petits gros mots. Elle n'était pas à l'aise en service commandé, la povrette.

 

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