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UNE ALLUMETTE SUR LA BANQUISE

(1993)

par Serge Thion

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Chapitre quatre

ANATOMIE D'UN MENSONGE TELEVISUEL

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Comment s'y prendre pour montrer le reste,
l'indicible reste, la grouillante et nauséenne
fripouillerie du journalisme contemporain?

Léon Bloy

 

 

Le 26 avril 1984, la chaîne de télévision Antenne 2 présentait un film documentaire intitulé "L'Espion qui venait de l'extrême-droite", réalisé par Annette Lévy-Willard et Ludi Bocken [(1)]. On avait rarement assisté à un pareil entassement de mensonges, d'amalgames, de ruses grossières et de propagande naive. On sait l'information télévisuelle rigoureusement encadrée et aseptisée. Mais là il fallut plonger dans un cloaque nouveau et descendre au dix-huitième sous-sol où se fabriquent habituellement, entre autres, les programmes des télévisions mongole, morave, paléosibérienne, et quelques autres sans doute.

Nous allons démonter quelques-uns des mécanismes de cette entreprise d'abrutissement public car la recette de ce démontage vaut en général.

On commence, pour abaisser les éventuelles défenses du spectateur lambda, par dire que ce document est "étrange", car "il casse notre façon habituelle de percevoir le monde du terrorisme, le monde de l'extrême-droite et les néo-nazis". "C'est vrai", ajoute le commentateur, comme pour se rassurer lui-même. C'est donc le premier amalgame. Tout au long, on fera une équation entre ces trois éléments qui deviennent ainsi complètement interchangeables. Mais on va plus loin: "Nous avons tendance à ranger le monde (sic) qui nous entoure dans des cases bien en ordre, et c'est plus confortable: une case pour l'extrême-droite, une autre pour l'extrême-gauche, et c'est faux. Souvent, elles se rejoignent et nous le démontrerons". C'est donc le deuxième temps de l'amalgame: droite égale gauche. La méthode est simple. La phrase qui suit dans le commentaire le montre bien: "Les Palestiniens et ceux qui les soutiennent sont à gauche, et donc ne fricotent pas avec les néo-nazis. C'est faux aussi. Bizarre. Etrange."

La majeure (Les Palestiniens sont à gauche) est simplement absurde. Les Palestiniens -- n'importe quel lecteur occasionnel de la presse le sait -- se répartissent sur tout l'éventail politique, de l'extrême-droite à l'extrême-gauche. Il en va de même pour ceux qui, pour une raison ou pour une autre, les soutiennent: on en trouve dans toutes les sensibilités politiques. La même chose est d'ailleurs vraie de ceux qui approuvent et soutiennent l'existence d'Israel. Il s'agit donc là d'une simplification mensongère, émise ici pour les besoins d'une cause.

Le commentateur donne un autre exemple de la même eau: "L'homme de confiance du pasteur Jessie Jackson, noir lui aussi, est un fervent admirateur d'Hitler. Il est aussi musulman, mais ce signe-là, on préfère l'occulter". L'homme n'est pas nommé, l'affirmation est donc impossible à vérifier. On veut donc nous faire penser qu'un leader de la communauté noire américaine, musulman est normalement, sans doute parce que musulman, admirateur d'Hitler et que le pasteur noir chrétien Jessie Jackson épouse les mêmes idées. On a donc une séquence logique, noir = musulman = hitlérien. C'est une vision qui est effectivement assez répandue dans certains milieux juifs américains. Elle procède d'une forme hystérique du sionisme américain qu'il est intéressant de voir ainsi importée clandestinement chez nous.

"Pour aller au delà de la surface des choses (sic), il nous fallait un guide. Ce guide, Annette Lévy-Willard et Ludi Bocken l'ont trouvé: c'est Ray Hill, l'un des leaders de l'extrême-droite anglaise".

Ce personnage est effectivement omniprésent mais le documentaire ne nous dira jamais qui il est réellement. Il est présenté comme étant "en fuite", alors qu'on le voit se promener en France comme en Angleterre. Il se cache "de ceux qu'il a dénoncés". C'est donc un dénonciateur. Voyons un peu ce qu'on apprend de lui au fur et à mesure du prétendu document.

Il dit qu'en arrivant à Roissy, "ce jour-là" (on ne sait pas lequel), il allait devoir "mener une vie de clandestin, à l'abri de mes anciens compagnons d'extrême-droite... Pour eux j'étais un mouchard". (Je souligne). Mouchard est synonyme d'indicateur de police (Lexis), d'espion de police (GLE Larousse), ce qui renvoie au titre de l'émission, L'espion qui venait de l'extrême-droite.

A ce stade, l'équivoque est complète, on ne sait s'il s'agit d'un militant d'extrême-droite qui a abandonné, puis trahi ses idées et ses amis, ou s'il s'agit simplement d'un flic infiltré dans les rangs de l'extrême-droite anglaise. D'autres éléments vont permettre, si l'on y prend garde, de résoudre cette intéressante question. Il est entré, dit-il, dans le mouvement nationaliste dans les années 60 et en est devenu "une des vedettes". Il faisait campagne pour l'expulsion des gens de couleur. Mais plus loin, cet étrange aveu: "De temps en temps, loin de ce monde-là, je me permettais de vivre une vie normale, entouré de ceux que j'étais censé hair (je souligne). En fait, pendant des années, j'ai simplement joué le rôle d'un national-socialiste convaincu. L'idée d'expulser par la force les gens, c'est pas pour moi. Pas pour moi". Ce louche individu a donc joué le double jeu pendant des années, sans croire un mot de ce qu'il disait dans ses activités publiques. On lui demande: "Dans l'extrême-droite européenne, qu'est-ce que vous êtes?" Il répond, et on entend ce qu'il dit en anglais: "A sleeper. An agent". "Un agent en sommeil" traduit le commentateur qui ajoute: "Taupe? Agent double? Peu importe". Et voilà! On a l'aveu, on tient la preuve que toute cette histoire est un trucage, qu'on a affaire à un indic, un flic de Sa gracieuse Majesté, qu'il peut donc dès lors s'agir d'une pure provocation, et le journaliste, plein d'une onctueuse déontologie, ajoute: "Peu importe". On comprend tout le décousu, la confusion mentale du commentaire: c'est le croisement monstrueux de la version policière de l'histoire, de sa recherche frénétique des "contacts", du "chef d'orchestre", de la "conspiration internationale", des élucubrations pachydermiques à la Poniatowski [(2)] avec le crétinisme journalistique, issu de ce France-Soir de gauche qu'est Libération, le canard de l'absolu conformisme des salons où l'on s'acharne à fouetter le cheval crevé d'un nazisme mort en 1945. Mais la tripaille qui s'en échappe est bien pauvre et sèche. Que voyons-nous dans ce film? Quelques personnages qui font des discours à la fête nationaliste de Dixmude, au demeurant autorisée, quelques marchands d'armes (une profession légale et bien protégée), quelques excités qui sont peut-être de la même eau que le poulet Ray Hill.

Nous allons voir, grâce à notre auxiliaire de Scotland Yard, de quoi il retourne.

D'abord, il se rend chez un type à Clichy. On nous dit que ce type appartient à la FANE. Il y a des armes. On verra plus tard que ce type vend des armes, sans doute illégalement. Formidable découverte de la télévision. En sortant de là, Hill prétend mensongèrement qu'on lui a proposé un pistolet pour 2.000 F. Dans l'échange en anglais, c'est lui qui a demandé le prix. Grâce au flair de notre nouveau Sherlock Holmes, nous allons découvrir ensuite qu'il existe en Angleterre un éditeur d'extrême-droite. Fabuleuse trouvaille. Qui l'aurait cru? Notre fidèle espion a oublié de nous dire que la firme en question, qui s'appelle Hancock, a pignon sur rue et que son adresse se trouve dans l'annuaire. On va frapper à la porte. Personne.

Ces imprimeurs impriment. Notre agent double en apporte la preuve il montre à l'écran l'ouvrage de Butz, The Hoax of the Twentieth Century, en ajoutant que l'auteur est "un Américain qui prétend avoir des diplômes, je ne sais pas de quoi". Il suffit d'ouvrir le livre de Butz pour y lire qu'il est titulaire d'un doctorat (Ph.D.) de l'Université du Minnesota et qu'il enseigne l'électronique à la Northwestern University dans l'Illinois [(3)]. Le commentateur ajoute: "L'opération Hancock a pour premier but de rendre l'idéologie nazie acceptable en effaçant et en niant les crimes d'Hitler. Bien entendu toute cette opération est clandestine". On voit qu'insensiblement le langage du journaliste devient celui d'un policier. en tout cas, c'est un mensonge délibéré. Le livre de Butz est publié en Angleterre comme aux Etats-Unis de manière ouverte et légale.

Pour étayer sa thèse fantaisiste d'une opération clandestine, notre mouchard ajoute un vague ragot: l'argent "a été fourni par les Arabes". Les Arabes, sans autre précision. S'il avait dit "par les juifs", on l'aurait aussitôt taxé d'antisémitisme. Mais à Antenne 2, on peut dire que l'argent vient des Arabes. Il dit d'ailleurs qu'il ne sait pas lesquels. Combien d'argent? "Quatre ou cinq briques". L'opération aurait coûté en tout "dans les dix briques". (C'est ce que coûte aujourd'hui n'importe quel livre). Les Arabes avaricieux n'en auraient donc fourni que la moitié. La vérité c'est que l'inspecteur Hill n'en sait fichtrement rien et qu'il peut dire n'importe quoi en toute impunité. Je n'ai évidemment aucune lumière sur le financement de l'entreprise Hancock mais je remarque que l'ouvrage de Butz a connu plusieurs éditions, depuis 1976 et donc qu'il se vend. On a donc affaire à un imprimeur qui fabrique des livres qui se vendent. Mais, depuis Sindbad le Marin, l'argent arabe a de si mystérieux attraits...

On passe ensuite à la question policière par excellence: "Existe-t-il un réseau international de terroristes?" On retrouve alors Ray Hill à Paris où, nous dit-on, "il a effectué plusieurs missions de renseignement". On ne nous dit pas pour qui.

A cette question qui dénote une sorte de candeur d'âme chez le journaliste, Hill répond avec simplicité: "Oui". Cet homme-là a donc découvert ce que toutes les polices au monde recherchent. Il a été invité chez les Hancock (sans doute un jour où il avait dû trouver leur téléphone) il a rencontré là un militant français de la FANE qui l'a invité en France, dans cet appartement de Clichy que nous avons vu et où l'on fait éventuellement un petit commerce d'armes. On nous apprend ensuite que la police française y a fait une descente pendant l'été 83. Et donc, de deux choses l'une: ou la visite filmée de Hill à cet appartement date d'avant la descente de la maison poulaga, et l'on peut soupçonner l'indicateur Hill d'avoir ensuite provoqué cette dernière ou alors la visite filmée date d'après et donc la planque est brûlée et le "document" filmé est bidon. On nage dans un tel flou qu'il est impossible de choisir. Bref, dans cette planque, les Français trouvent un phalangiste espagnol en fuite, condamné, nous dit-on, pour le meurtre de deux communistes à Madrid. Voilà tout. Des types qui ont la police aux trousses demandent à leurs amis politiques de les planquer. Révélation inattendue, propre à fournir un "étrange document" à Antenne 2.

C'est quand on arrive à l'attentat de Bologne que le flot de mensonges prend des proportions diluviennes. Ni le policier Hill ni les journalistes en carte d'Antenne 2 et de Libération ne semblent être au courant de ce qui a filtré depuis longtemps dans la presse: l'attentat de la gare de Bologne, 82 morts, est l'oeuvre des services spéciaux italiens. La chose était parfaitement claire, bien avant que les autorités italiennes ne soient contraintes d'en faire l'aveu, ainsi qu'en témoigne l'opuscule de Gianfranco Sanguinetti, [déjà longuement cité dans le chapitre premier.] Et dans ce cadre, il faut se demander ce que fait ce policier infiltré dans l'extrême-droite anglaise. Vers 1980, d'après certains journaux, 20% des adhérents de la FANE étaient des policiers. On n'atteindra sans doute pas le record du PC américain qui, dans les années cinquante, était composé pour plus de la moitié d'agents infiltrés du FBI.

Mais nous allons assister à un autre morceau de bravoure. Ce brave Hill fait "une recherche sur les sources des pamphlets racistes qui ont envahi l'Europe, car l'argent des Arabes ne suffit pas". On sait le bédouin assez démuni, en effet. Cette littérature est, d'après lui, produite par l'organisation Hancock. Il doit être mal renseigné, mais peu importe. "Qui fournit la nourriture intellectuelle de cette réécriture de l'histoire?" Diable, en effet, bonne question. A ce corps gigantesque qui couvre l'Europe, il faut un cerveau, et puissant. Sherlock Holmes a besoin de son Moriarty. "Je l'apprends bientôt". Là, on serait plutôt chez Tintin. "C'est une publication américaine connue sous le nom de "Journal de la révision de l'histoire", publiée par un institut de Los Angeles". (En fait: The Journal [la revue] of Historical Review [de critique historique]. Review ne signifie "révision" qu'au sens juridique de révision d'une loi). Le premier numéro étant sorti au printemps 1980, il faut chercher, pour les périodes antérieures un cerveau plus ancien, peut-être un cerveau reptilien... Hill sait "que cet Institut tient chaque année une conférence pour des participants triés sur le volet". C'est en effet un remarquable résultat pour une recherche qui devait être d'autant moins difficile que cet institut tient des conférences publiques dont les travaux sont publiés chaque année. Fin limier, Hill a découvert la date et le lieu de la prochaine conférence. En réalité, Annette Lévy-Willard a simplement téléphoné à Pierre Guillaume, l'éditeur de Faurisson et lui a demandé ces renseignements. C'est très simple, il n'y a pas l'ombre d'un secret mais Hill, qui veut se faire mousser, rajoute: "Trop dangereux pour moi de m'y rendre mais je donne l'information aux journalistes de l'équipe".

Toute la duplicité de ces acéphales est alors visible. Ils viennent "attendre" les participants qui arrivent à l'aéroport de Los Angeles et les filent ensuite sur l'autoroute. "Nous les suivons à distance" murmure l'héroique commentateur. A l'arrivée à l'hôtel où se tient la conférence, nos prudents héros ont caché leur caméra dans un sac et essaient d'entrer sans carte d'invitation. Ils sont refoulés. Ils ne disent évidemment pas qu'ils ne l'ont pas demandée. Le service de sécurité est si peu chien qu'on les laisse tourner devant l'hôtel et même dans le hall. On a la preuve, un instant plus tard, qu'il est dérisoirement facile d'assister à la conférence: "Une organisation antiraciste américaine a eu la même idée que nous (étonnant hasard!) et a décidé à la dernière minute d'introduire un de ses hommes dans la réunion". Toujours cette manie d'espionnage. L'espion en question a dû demander un carton d'invitation et l'obtenir. Il est intéressant de noter que ce membre, ici clandestin, d'une "organisation antiraciste" est parfaitement connu de Mme Lévy-Willard qui l'enregistre sur place. Par une pudeur soudaine, elle omet de nous donner le nom de cette valeureuse organisation. Or on sait très bien quelle est l'organisation, aux antipodes de l'antiracisme, qui mène une guerre de guérilla contre l'Institut: c'est le B'nai B'rith, organisme exclusivement sioniste, ou plus exactement, sa filiale, spécialisée dans la pression politique et l'exécution des basses oeuvres, l'Anti Defamation League (ADL)[(4)]. Nous la retrouverons plus loin. Mais quelle nouvelle révélation va nous apporter cet espion bénévole? Il y a du monde, 125 personnes il en nomme deux, David Duke, un leader du Ku-Klux-Klan et James Warner, de New Christian Crusade Church. Les enquêteurs sagaces parviennent ainsi à prouver qu'à une conférence organisée par des gens d'extrême-droite assistent au moins deux personnalités d'extrême-droite. Ensuite, on en voit d'autres, qui quittent les lieux. Ils ne veulent pas parler. Ils sont méfiants. La binette de Mme Lévy-Willardne doit pas inspirer confiance. Ils n'ont pas tort.

On le voit quand arrive le tour du professeur Faurisson. Il est là, dans le hall. On voit bien qu'il a accepté de parler puisqu'il se tient debout, face à la caméra. Ce qui suscite aussitôt le commentaire accompagnant l'image: "Il veut que personne ne puisse prouver qu'il était ici à Los Angeles". Or il se trouve que les interventions du professeur ont été publiées dans la revue de l'Institut.

Pour corser le tout, le commentaire ajoute que le professeur "se présente comme un historien de gauche". Or il se trouve que le professeur ne s'est jamais présenté ni comme historien ni comme de gauche. En réalité, il n'a jamais fait de profession de foi politique, ce qui encourageait les journaux où écrivent les Lévy-Willard à le présenter comme "de droite".

Or donc, cette prudente, dont on ne voit jamais la bobine à l'écran, pose une question: "Je ne comprends pas pourquoi vous nous avez empêché de filmer dans la salle, alors que ce n'était pas vous qui organisiez la conférence, quand même?". Suit alors ce dialogue:

-- (Faurisson) Pas de réponse.

-- Pourquoi vous refusez de répondre?

-- Pas de réponse

-- Pourquoi vous nous avez empêchés donc de filmer à l'intérieur?

-- Pas...

-- Ben... je vais me répéter tant que vous ne répondrez pas.

-- Et bien alors c'est terminé.

-- Vous ne voulez pas répondre aux questions?

-- C'est terminé. Je me refuse à répondre à vos questions.

-- C'est vous qui vous occupez de la sécurité ici?

-- C'est terminé.

-- Vous refusez de répondre?

La fausse ingénue paraît désappointée. En réalité, si le professeur a accepté de parler, comme il en a eu visiblement l'intention, c'est qu'il voulait dire quelque chose de précis et non se laisser embobiner par les ineptes bavardages d'une journaliste venue là dans l'unique intention de le piéger. Il a dû le lui faire savoir avant de se mettre devant la caméra. L'espionne aux petits pieds a dû souscrire à cette condition, faute de quoi point de suisse. Habituellement, les questionnés se tiennent cois devant la caméra et se laissent mener. Elle démarre donc sur des questions imprévues et supposées embarrassantes. Mais polope! Le professeur ne veut pas jouer son jeu à elle. Il s'arrête, elle s'acharne, sans résultat. Coupez.

Mais elle y gagne. Elle peut montrer une image authentique du professeur Faurisson qu'elle encadre de ses commentaires tendancieux: mensonge audio validé par le vrai visuel. Vieille technique [(5)].

La suite vient d'ailleurs dramatiser encore les exploits de ces nouveaux Rouletabille: "Ces historiens n'ont aucune envie de montrer leur visage. Et notre cameraman, Frédéric Vasseur, a réussi ce qu'ils craignent le plus: il filme là, en secret, et pour la première fois, les visages de ceux qui ré-écrivent l'histoire (sic), les blanchisseurs du nazisme [(6)]".

Prétention grotesque car ces gens, qui ne sont pas tous historiens, ne redoutent certainement pas la publicité, ils la désirent même sans doute. En revanche, au pays de la liberté d'expression, ils redoutent les bombes, les attaques, les incendies, les jets de vitriol et autres douceurs qui leur viennent de ces angéliques "organisations antiracistes" qui sont, il faut bien le dire, des organisations juives de répression de la pensée. En outre, ces officines dépendent toujours, d'une façon ou d'une autre d'un Etat qui les protège, et qui est, dans le cas présent, Israel. Il ne s'agit nullement d'une affirmation à la légère: deux mois et demi après le passage de la télévision française, le siège de l'Institut a été totalement dévasté par un incendie criminel. Des produits incendiaires sophistiqués ont entretenu la combustion de milliers de livres. Ce travail de professionnels n'a pas été revendiqué par l'ADL [(7)].

Mais la série continue. La caméra cachée présente furtivement Willis Carto, un homme politique "qui n'a jamais admis avoir le moindre rapport avec les révisionnistes". Cette pauvre désorbitée se trompe encore. Elle ne doit pas savoir lire. Carto est officiellement, publiquement, le fondateur et le directeur de l'Institut en question. Son nom figure sur toutes les publications. Peut-être cherche-t-elle seulement à justifier ses notes de frais en Californie, que nous payons de notre poche.

Il y a ensuite un long passage avec l'historien britannique David Irving. Il est bien connu et obtient de gros tirages en Angleterre, en France, en Allemagne et ailleurs. La journaliste essaie aussi de le piéger mais il est rodé, il la voit venir avec ses gros sabots. Elle ne peut qu'ajouter un filet de venin dans la sauce: "Nous suivons David Irving. Il s'en va vers un autre rendez-vous secret avec ses amis de Hambourg". Comme elle n'est pas invitée, elle conclut, toujours dans sa logique policière, que le rendez-vous est secret. D'ailleurs, "il est chouchouté par ses admirateurs allemands", ce qui démontre à l'évidence la perversité du personnage. David Irving a des opinions de droite. C'est un historien, un vrai. Pour le juger, il n'y a qu'à lire ses livres dont certains sont traduits en français. Mais à la télévision française, on prouve qu'Irving est un type dangereux en montrant un match de football entre l'Allemagne et la Turquie, qui se joue à Berlin, au cours duquel il aurait pu se produire des incidents. Que demande de plus le cochon de spectateur? On ne va pas lui refiler la Logique d'Aristote. Il suffit de lui dire que "la terreur règne dans le quartier turc". On a oublié Irving. On ignore aussi les attentats de l'extrême-droite turque contre les militants de gauche exilés. Non, une bonne terreur ne peut provenir que de nos ennemis héréditaires. Les Allemands font très bien l'affaire.

Envoyez le Boche! Il fallait trouver ce boche qui pose complaisamment en uniforme SS, qui parle anglais avec un authentique accent teuton. Ce Heinz Mark, qui s'est "entraîné" avec les Palestiniens, peut prendre la relève de Curd Jurgens car le cinéma est toujours friand de grotesques officiers SS. Suit un assez long entretien avec cet incontestable fasciste et probable crétin. Ce qu'on veut surtout lui faire dire, et qu'il dit avec beaucoup de facilité, c'est qu'il a subi un entraînement militaire auprès du Fatah. La chose pourrait étonner les naifs. Le Fatah est connu comme une organisation nationaliste férocement anticommuniste. Des membres de l'IRA et d'autres gauchistes européens ont cherché un entraînement militaire auprès d'organisations palestiniennes de gauche. Des fascistes et des mercenaires d'Europe ont combattu avec les phalangistes. Des Iraniens, des Turcs, des Arméniens, des Soudanais, des Tamouls, des Philippins, et j'en passe, sont venus se former à la guerre dans l'une ou l'autre des formations combattantes de la région. Il y a dans tout cela un aspect sinistre, j'en conviens, mais il faut le rappeler pour replacer dans le contexte le groupuscule dont fait partie ce Heinz Mark. Les carnages attirent les vautours.

Il faut donc à notre vaillante équipe de zorros médiatique des preuves qu'il existe une collusion entre l'extrême-droite occidentale et ces affreux Palestiniens qui menacent le saint des saints de la conscience occidentale. On interroge donc à Los Angeles un certain David McCalden qui a travaillé un temps à l'institut révisionniste.

Il s'agit de découvrir une puissante machination. Effectivement, McCalden a écrit à plusieurs organisations palestiniennes. Une seule a répondu, le bureau d'information palestinien à New York. La découverte qu'un bureau d'information répond à une demande d'information doit nous apparaître comme très révélatrice. Ce bureau a même dépêché un orateur pour parler à une conférence. Il faut tout aussitôt enquêter sur "ce Palestinien étrange". Le meilleur endroit où se renseigner sur un "Palestinien étrange" est évidemment, pour Mme Lévy-Willard, l'officine d'une "organisation juive antiraciste", comprenez l'ADL, spécialiste de l'espionnage anti-arabe et anti-soviétique. On apprend ainsi que l'auteur américain d'un livre intitulé Contre Sion a touché de l'argent des Saoudiens. On en a la preuve parce qu'il a déclaré cet argent -- au fisc. Ce n'est pas l'ADL qui aurait besoin d'argent étranger avec son budget de sept millions de dollars (en 1975) prélevé sur les juifs américains.

Mais on n'en a pas fini avec les Arabes. Toujours grâce à l'indispensable Ray Hill, on rencontre en Allemagne un ancien général reconverti dans la vente d'armes. Entre autres turpitudes, il aurait vendu des armes au FLN, ce qui montre bien que ces gens-là sont nos ennemis. Lévy-Willard, journaliste de gauche ne se gêne pas pour reprendre les lamentations de la droite pour laquelle, sans ce vilain Nasser et ces vilains Allemands marchands d'armes, nous aurions gardé notre belle Algérie française. Elle nous émeut beaucoup.

A quoi bon continuer? On pourrait relever encore d'autres mensonges, d'autres distorsions, d'autres amalgames, d'autres affabulations, comme ce mystérieux commanditaire qui aurait voulu que Ray Hill commette un attentat raciste en Grande-Bretagne. Provocateur provoqué? Guerre des polices? Toutes ces histoires sont tellement manipulées qu'une louve (fasciste) n'y retrouverait plus ses petits. Quelques images, quelques fragments d'entretiens, des phrases, des mots dans la grisaille des mensonges pervers. Klaus Barbie a été "emmené" en France. Pas enlevé, illégalement extradé, acheté, non, simplement "emmené"-- comme un enfant à la promenade. Le mépris pour le sens des mots en dit long sur l'estime dans laquelle ces gens-là tiennent leurs spectateurs.

L'extrême-droite existe. Pour la montrer, il suffirait d'aller la voir, d'en interroger les militants ou les dirigeants. S'étonner qu'ils puissent avoir des rencontres internationales est faussement ingénu. Que dire alors des philatélistes, des collectionneurs de boîtes de camembert ou des naturistes qui ont aussi leurs rencontres internationales, discrètes, sans grand tapage de presse? Les terroristes existent. Les policiers qui ont quelque chose à dire à ce sujet sont priés de revêtir leur uniforme. A vrai dire, on ne sait plus très bien si ce reportage est une opération de la police britannique, une récupération des services israélien ou un monument de bêtise spontanée. Probablement un cocktail des trois, assaisonné du conformisme de la gauche mollassonne qui nous gouverne [(8)] .

 

Décembre 1984.

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